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Full text of "Bulletin de la Société archéologique du Vendômois"

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IV e ANNEE 

4865 




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MB RA I R [ E D E V A U R E - H E N P. I O N 






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BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 



DU 



V E N D O M OIS 



VEXfiO.MI'. 

TYPOGRAPHIE & LITHOGRAPHIE LEMERC1ER 



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MOIS 



IV AN X E E 
1-805 




E DOME 

i . I ! ; i ; , I 1 , : 1 . D E\ HJRE-HEN] I 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 
DU YENDOMOIS 



4° Année. — 1 er Trimestre. 



JANVIER ±865 



<_>, 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le 12 janvier 4805, à 1 heure, au lieu ordinaire 
de ses séances. 

Etaient présents au bureau : 

MM. Launay, secrétaire, qui, en l'absence des prési- 
dent et vice - président, occupe le fauteuil comme 
doyen d'âge; G. Boutrais, trésorier; Nouel, conserva- 
teur-archiviste; de La Ilautière, secrétaire -adjoint; 
Neilz ; l'abbé Tremblay ; 

Et MM. de Bodard, l'abbé Bordier, Ch. Bouchet, l'abbé 
Bourgogne, curé d'Azé ; l'abbé Bourgogne, curé de 
Villavard; II. de Brunier, Ch. Chautard, Em. Chautard, 
de Déservillers, V. Dessaignes, Devaux, Filly, Fonté- 
moing, Fonteneau, Ch. d'Harcourt, l'abbé Ilaugou, 
Ch. Ilème, Ch. de Lavau, Mareschal - Duplessis, Mar- 
ganne , Martellière - Bourgogne , Menard - Domi oiqu< ■ , 
l'abbé Monsabré, P. Porcher, l'abbé Banc, Georges 
Renault, G. Roger, Rolland, l'abbé Roullet, B. de i Saint- 
Venant, Souriau-Porcher, Gécléon de Trémault, Trem- 
blay, Trillault, de La Vallière, l'abbé Van-Wanghen. 

IV. 1 



M. le Président déclare la séance ouverte. 

Le secrétaire fait connaître les noms des nouveaux 
membres reçus par le Bureau, depuis la séance géné- 
rale du 43 octobre dernier; ce sont: 

MM. Lebatteux, conseiller général, médecin, à Savi- 
gny ; — Franchet, conservateur des collections de M. le 
marquis de Vibraye, à Cbeverny ; — l'abbé Molard, curé 
à Gellettes ; — Allyre de Sarrazin, au château de la 
Bouteloye, c e de Lesigny; — Ach. Dupré, médecin à 
Cboisy; — Alban Ribemont, à Vendôme ; — Tremblay, 
à Vendôme ; — Fernand Dividis, à Chappe-d'Ane, c c de 
Saint - Firmin ; — Arthur Dividis, id. ; — Guinebaud, 
instituteur aux Roches; — Pierre Porcher, propriétaire, 
cultivateur à lîoussay; — Boucher de Perthes, àAbbe- 
ville ; — Dupré, bibliothécaire à Blois ; — Camille Sou- 
chay, employé à la Préfecture, à Blois; — Henry de 
Meckenheim, au château des Diorières, c c de Chauvigny ; 
— Odon de Meckenheim, id. ; — Raoul de Saint-Venant, 
au château de Villeporcher, c e de Saint-Ouen. 



M. le Président donne la parle à M. le trésorier. 

COMPTE RENDU 

DE L'ÉTAT FINANCIER DE LA SOCIÉTÉ. 

Messieurs, 

J'ai présenté mes comptes dans la séance tenue le 5 
de ce mois par les membres du Bureau de notre Société, 
auxquels s'étaient adjoints les membres nouvellement 
élus, qui doivent entrer en fonctions dans quelques in- 
stants. 

Permettez-moi de vous rappeler que, dans l'assemblée 
générale du mois de juillet dernier, il a été décidé que 
le trésorier rendrait désormais ses comptes et présente- 
rait le budget au mois de janvier, au lieu de les présenter 
au mois d'octobre, comme cela avait eu lieu jusqu'à 



présent. J'ai donc à vous rendre compte aujourd'hui 
d'une gestion embrassant une période d'environ quinze 
mois, et qui s'étend du (S octobre 1863 au 31 décem- 
bre 18Gi. Cette modification n'ayant point été prévue 
au moment du vote du dernier budget, je me suis 
trouvé chargé d'administrer les finances de la Société, 
pendant trois mois, sans avoir d'allocations régulière- 
ment votées. Une délibération du Bureau, en date du 
6 octobre 1804, m'a autorisé à prélever sur les recet- 
tes imprévues les sommes nécessaires à l'acquittement 
des dépenses de la Société, pendant cette période de 
transition. 

Messieurs, les recettes de l'exercice qui vient de 
s'écouler s'élèvent à la somme de . . . 2,282 f 66 e 

Les dépenses à celle de 1,984 78 

Différence. 297~~88~ 

L'excédant des recettes sur les dépenses est donc de 
297 f 88, que l'on pourra porter à l'avoir du budget de 
18G5. 

Voici comment se décomposent nos recettes, 

RECETTES PRÉVUES. 

Cotisations. 160 membres inscrits au 
8 octobre 1863 800 f 

Don du Conseil Général 300 

Reliquat du compte de 1863 322 86 

Cette somme s'élevait à 332 f 'SQ ; 
mais il y a lieu d'en retrancher 10 f , 
montant de deux cotisations dont il a 
été donné quittance au trésorier, par 
décision du Bureau en date du 2 juin 
1865, qui a prononcé la radiation des 
deux membres ayant refusé de payer. 

Total . . . XÎ22^8iT 

RECETTES IMPRÉVUES. 

Don du .Ministre de l'Instruction pu- 
blique 4QQ f 

A reporter. . . ~17mM~ 



4 



Report. . 400 [ 

Cotisations de 51 membres nouveaux. 255 

Allocation du Conseil municipal . . . 150 

Vente du Bulletin 44 80 

Deux cotisations non portées en re- 
cette sur Tannée 1803 10 



Total ... 859 80 



Recettes prévues 1,422 86 

Recettes imprévues 859 80 



Totai 2,282 ' 66 



Voici maintenant, Messieurs, le détail de nos dépen- 
ses, chapitre par chapitre. 

Chapitre 1. 

frais d'administration 177 85 

— Ce chapitre est resté au-dessous des 
limites de son allocation, qui, eu égard 
aux 15 mois d'exercice écoulés, aurait 
dû être de 187** 50. 

Chapitre 2. 

ACHAT ET ENTRETIEN DES COLLEC- 
TIONS. — Les dépenses ont dépassé de 
beaucoup votre allocation ; mais il est 
bon de vous rappeler que nous avons 
fait, cette année des acquisitions bien 
importantes pour notre Musée. Non-seu- 
lement nous avons acquis une collec- 
tion d'oiseaux dont M. le conservateur 
vous fera apprécier tout à l'heure la va- 
leur scientifique ; mais encore notre mé- 
dailler s'est enrichi de plusieurs monnaies 
précieuses pour l'histoire de notre pays, 
et notre galerie d'un grand nombre de 
portraits qui n'intéressent pas moins 
cette histoire. Toute dépense, d'ailleurs, 

il reporter . . . 177 85 



Report.'. . 1771' 85 

ayant toujours été votée par le Bureau 
avant d'être faite, je puis maintenant, 
sans crainte d'être blâmé, vous faire 
connaître le chiffre de 530 89 

11 avait été alloué 150 f . 

La collection d'oiseaux a été achetée 
700 f , sur laquelle somme on a versé 
comptant 200 f à valoir; le reste sera 
acquitté en trois annuités: 200 f en 
1865, 200 f en 1800, et 100 f en 
1807, conformément au traité passé avec 
M. Pesson, de Savigny, propriétaire de 
cette collection qu'il avait formée lui- 
même. 

Chapitre 3. 

FOUILLES ET RECHERCHES ARCHÉO- 
LOGIQUES. — Je rentre enfin dans des 
chapitres dont les allocations n'ont pas 
été dépassées. 

Sur une allocation de 150 f dont je 
pouvais disposer, il n'a été employé que 
11 francs , , . Il 

Cette modeste somme nous a procuré 
quelques pièces de la belle collection des 
vases de Pezou. 

Chapitre 4. 

dépenses imprévues. — 50 f étaient 
alloués; 30 f 25 ont été dépensés, et 
19 f 75 virés sur un autre chapitre, mais 
non sans l'autorisation du Bureau . . . 30 25 

Chapitre 5. 

fonds de réserve. — La seule dé- 
pense faite est un virement de 48 f 35. 
Ce chapitre avait un crédit de 180 f . . » » 

A reporter . . . 755 99 



Report. . , 755 f 99 

Chapitre 6. 

loyer. — Je dois vous rappeler que 
nous avons eu à payer trois semestres 
au lieu de deux, ci 270 

Chapitre 7. 

impression du bulletin. — Mes- 
sieurs, vous ne m'aviez confié, pour sub- 
venir aux frais d'impression de notre 
Bulletin, «prune somme de 022 f 80. 
Mais je ne devais être chargé que de la 
publication de quatre numéros, et non 
de celle de cinq. J'ai dû solder en outre 
l'augmentation de dépenses d'un tirage 
à 250 exemplaires au lieu de 200, et des 
frais de réimpression de deux numéros 
de la première aimée, qui n'avaient été 
tirés qu'à 100 ou 150 exemplaires. Cette 
dernière dépense, du reste, n'est qu'une 
avance de fonds, et devra rentrer petit 
à petit dans la caisse de la Société par 
la vente annuelle de notre Bulletin faite 
aux membres nouvellement reçus dans 
la Société, qui voudront compléter leur 
collection. 

Je crois donc pouvoir avouer mainte- 
nant le chiffre des dépenses de ce cha- 
pitre, qui s'élève à 958 70 

Tel est, Messieurs, le détail de nos 

dépenses, dont je vous ai donné plus 

haut l'ensemble, s'élevant à 1,984 f 78 



Le budget des dépenses voté en 186:3 n'étant que de 
1 122 f 80, nous avons donc dû demander à celui des re- 
cettes imprévues la somme de 561 f 92, qu'il a pu nous 
fournir tout en conservant un excédant de recettes de 
-207 f 88. <]ui forme le solde du compte de 1 8(>i. 



Permettez-moi, je vous prie, avant de quitter cette 
place, de remercier chaleureusement mes collègues de 
la bienveillance soutenue et de la confiance qu'ils ont 
bien voulu m'accorder pendant toute la durée de mes 
modestes fonctions. 

La Société approuve les comptes de M. le trésorier, 
et lui donne quittance définitive de sa gestion. 



M. le Président donne ensuite la parole à M. le con- 
servateur. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

DES OBJETS 

offerts à la Société ou acquis par elle 

depuis la séance du 13 octobre 1864. 

I. OBJETS D'ANTIQUITÉ. 

2 CLEFS, dont une en cuivre, trouvées dans les travaux du 
pont Saint-Bié. 

Don des Ouvriers du pont. 

Un ancien BRIQUET ou fusil, trouvé dans les mêmes fonda- 
tions et offert par les Ouvriers'. 

Un petit BOULET du poids de 1 k. 220, trouvé sur la monta- 
gne, à quelques mètres de la tour de Poitiers, au commence- 
ment de ce siècle, par M. Jacquelin, qui le donne à la Société. 

Petite STATUETTE en fer forgé, de 11 centimètres de hau- 
teur, représentant un ouvrier en costume de travail, un saint 
Eloi (?). 

Don de M. E. Renou. 

'Ce briquet est tel qu'il est représenté sur certaines monnaies 
ou jetons des derniers ducs de Bourgogne. Philippe-le-Bon, duc 
de Dourgogne (1419-4467), avait pris pour devise un fusil avec 
un caillou dardant des étincelles et pour devise Ante ferii quam 
flamma micet. (Note de M. Bouchet. ) 



— «S — 

Petits CISEAUX d'une forme particulière, trouvés dans les 
fondations d'une vieille construction aux Roches. 

Don de M. Guinebaud, instituteur de la commune. 

ASSIETTE en verre bleu, provenant des fouilles de Pezou ' . 
Don de M. Philippe, chef d'atelier du chemin de fer. 

2 PIERRES TUMULAIRES en marbre noir, provenant de Sa- 
vigny. 

Don de M. Adrien Ghautard. 

Lot de SILEX TAILLÉS, trouvés aux Diorières (commune de 
Ghauvigny). 

Don de MM. de Mecke.niieim -. 

Un SCEAU de César de Vendôme, reproduit par la galvano- 
plastie, d'après l'original qui existe au musée d'Epinal (Vosges). 
Diam. 0,046. 

Don de M. Jules Chautard, professeur à la faculté des 
sciences de Nancy. 

Armes de Bourbon-Vendôme avec le bâton chargé de 3 lion- 
ceaux d'argent, entourées des colliers de St-Michel et du St- 
Esprit, et se détachant sur le manteau de prince - pair ; par 
derrière sont passées en sautoir les deux ancres de grand-ami- 
ral, le tout sommé de la couronne de prince du sang, et accosté 
de deux C couronnés, initiales de César. Autour en légende : 
CESAR DVC DE VANDOSME PAIR GRAND MAISTRE CHEF 
ET SVRINdakt CN*l DE LA NAVIGA°* ET COMERCE DE 
FRANCE. 

II. GRAVURES. 

Portrait gravé de CHARLES DE BOURBON, cardinal arche- 
vêque de Rouen, mort en 1590. 
Don de M. A. de Trémault. 

Une suite de 7 gravures, format in-12, représentant les TROIS 
VERTUS THÉOLOGALES ( la Foi, l'Espérance et la Charité), 
et les QUATRE VERTUS PRINCIPALES chez les Anciens (la 
Justice, la Prudence, le Courage et la Tempérance ), gravées 

1 Voir dans le môme No la Note de M. Launay. 
- Voir plus loin une Notice sur ces silex. 



— 9 — 

d'après Martin de Vos, par Crispin de Pas, dans cette manière 
fine et précieuse qui distingue ceux qu'on est convenu d'appeler 
en gravure les petits maîtres. 
Plus 3 autres planches et 2 miniatures sur parchemin. 
Don de M. Paul Martellière, qui observe avec raison que 
les pièces de Crispin de Pas doivent être rares, et que 
plusieurs ont un véritable mérite artistique. 

Une lithographie ( 38 c. sur 24 c. ), représentant le fameux 
VIADUC DE C1IAUMONT, sur le chemin de fer de l'Est. Ce 
viaduc a GOO de long et 50" de hauteur au milieu. 

Envoi de M. Ruitat, ancien économe du lycée de Ven- 
dôme, actuellement économe au lycée de Chaumont et 
membre de notre Société. 

III. NUMISMATIQUE. 

Article de M. Bouchet. 
Nous avons reçu : 

1° De M. de Na.dail.lac : 

Quatre pièces, parmi lesquelles : 

Un J. César GB 1 , bien conservé, mais non authentique; tou- 
tefois il n'en est pas moins intéressant, car c'est une des médailles 
du radouan. On sait que cet artiste, dont le vrai nom est Jean 
Cavino, est un des graveurs les plus célèbres du XVIe siècle, et 
qu'il passa sa vie à contrefaire ou à inventer des pièces antiques. 
Celle-ci est de ce dernier nombre. Ces pièces sont néanmoins re- 
cherchées des amateurs. 

Et un jeton en argent assez curieux : 

D'un côté plusieurs rangées de jetons sont disposées horizon- 
talement, mais en retrait les unes sur les autres. Légende: 
ORDINE POLLENT. Exergue : 1649. — Au revers, l'écu de 
France — NIL N1SI C0NS1LI0. — Cette pièce nous indique la 
manière dont on comptait avec des jetons, qui se disposaient sur 

1 On sait que les initiales GB. — MB. — PB. signifient grand 
bronze, moyen bronze, petitbronze. Nous emploierons désormais 
ces abréviations, qui sont fort usitées. 



— 10 — 

une sorte d'échiquier ou à'abaque, et recevaient une valeur dif- 
férente, selon la rangée où ils se trouvaient. C'est à quoi fait al- 
lusion la devise: ORDINE POLLENT; mais elle renferme en- 
core un autre sens, comme presque toutes les devises, et signifie 
que c'est par l'ordre que les finances prospèrent. 

2o De M. Em. Renou : 

28 pièces, savoir : 

8 françaises, — monnaies ou jetons ; 

19 étrangères modernes, la plupart des Etats de l'Allemagne ; 

1 indéterminée (brisée et fruste). 

Nous remarquons un teston et un demi-teston de François 1er 
pour le Dauphiné, malheureusement fort endommagés. 

1 jeton de la Société Académique de Blois aux armes de la ville. 

1 pièce arabe en argent, de grand module, à laquelle on a 
adapté une petite bélière pour la suspendre. 

3° De M. Guignon : 

2 pièces, dont une de Charlemagne, fausse, un sceau et 2 me- 
nus objets. 

L'autre pièce, en cuivre, à l'effigie de Bonaparte, 1er consul, a 
été frappée par le procédé de Gengembre, mécanicien de la Mon- 
naie. - 

Le sceau est celui de PIERRE DE MALLES. Il porte ses armes : 
un oiseau perché sur la pointe d'un pin (?). XVe siècle. 

4» De M. Froger, entrepreneur du pont St-Bié (mort depuis): 
5 pièces trouvées dans les fondations de ce pont, savoir: 
4 doubles tournois de la première moitié du XVIIe siècle ; 
Et 1 mereau en cuivre portant au droit, dans le champ, le mo- 
nogramme de Jésus (1HS), en caractères gothiques. Légende: 
SALVATOR SECVLI OR (a pro nohis) — R. — Croix pattée» 
cantonnée de 4 étoiles. Autour : DOMINVS JHESUS CIIRISTVS 
REX. Le tout en caractères gothiques. Fin du XV e ou commence- 
ment du XYIe siècle. — Quelques autres pièces à peu près sembla- 
bles ont été déjà trouvées à Vendôme, ce qui nous fait croire qu'elles 
sont d'origine vendûmoise. Nous le croyons d'autant plus volon- 
tiers que notre exemplaire porte au-dessous du monogramme une 
sorte de V renversé, analogue à celui qui se rencontre sur la plu- 
pari des monnaies vendômoises. La présence des étoiles com- 
munes à ces monnaies et à notre mereau serait encore un indice. 



5° De M. Lebariher, employé de la poste: 
Une petite pièce d'argent de Louis XIV, dite Quatre sens des 
Traitants. Lyon. 1077 ('?). 

6° De M. Fougère, instituteur à Villebarou : 
Deux impériales romaines, à peu près frustes, (il). — Trou- 
vées à Challay près Montoire. 

7" De M. l'abbé Bourgeois : 
2 pièces trouvées à Artins, savoir : 

Un Tibère, au revers de ROMETAYG. —PB. Très- effacé. 
Un Vespasien OB. - ANNONA AVG. 

8° De M. l'abbé Delaunay : 

.'{ i)ièces, savoir : 

2 impériales romaines GB. (Hadrien et Vérus.) 

Et 1 Grand Blanc de Gaston de Foix, seigneur de Béarn(4436- 
71 ). Au droit: FAX ETHONOR FORQVIE MORLANI. Ecusson 
portant un dextrochère tenant une épée en pal, accostée de 2 va- 
ches en cbef. Le tout dans 4 tours de compas. — Au R. : GASTO 
BEI GRA DOMINVS BEABNII. Croix pattée, anglée de 2 épées 
et de 2 vaches, et enfermée dans 4 tours de compas. 

Frappée à Morlaas en Béarn (Basses-Pyrénées). 

Cette pièce est une des plus belles qui nous aient été offertes 
jusqu'ici. 

9o De M. deMassol : 

10 pièces trouvées en Bourgogne, savoir : 

15 impériales romaines, dont 7 en argent plus ou moins pur, 
le reste en billon ou en cuivre, MB. et PB. Parmi les pièces d'ar- 
gent se trouvent une tète de Trajan bien conservée et une de 
Gordien III ( Plus) remarquable par l'expression et le style. 

Plus une petite pièce de billon au nom et à l'effigie de Charles- 
Quint, frappée à Besançon en 1557. 

10° De M. FONTÉMOING : 

19 pièces, savoir : 
1 impériale romaine ; 
5 royales françaises : 
:'. féodales ; 



— 12 — 

Et 10 étrangères modernes. 

Nous avons remarqué: un jeton, en cuivre de Henri 11, à la 
date de 1554; 

Un gros de Louis de Mâle, comte de Flandre ( 134G-84) ; 

Et un jeton en cuivre de la Chambre des Comptes de Lille (?), 
portant le buste de Philippe II, roi d'Espagne, bien conservé. 

11° De M. Gadeau : 
Une médaille de piété en cuivre. 

12o D'un anonyme : 
Un cachet de franc-maçon ; 

Et un jeton en cuivre de Louis XIV. Ordinaire des guerres. 
1654. 

13° De M. Louis Buffereau : 

Un jeton ou médaille en cuivre d'Antoine de Bourbon, père de 
Henri IV, trouvé dans les fondations du pontSaint-Bié. Au droit : 
ANTOINE -DVC-DE-VENDOSMOYS. Armes de Bourbon-Ven- 
dôme , couronne de duc, collier de Saint - Michel. — Au 
revers : -J- PER • DE ■ FRANCE ■ CONTE -DE ■ MARLE • ET • S. 
( oissons ). Dans le champ un loup, ou plutôt un animal un peu 
fantastique. — Nous croyons que cette pièce était un jeton de la 
Chambre des Comptes de Vendôme. L'animal est peut-être une 
espèce de griffon, symbole de la garde des trésors. 

Un exemplaire mieux conservé, également trouvé dans les 
fondations du pont Saint-Bié, a été acquis par la Société. Nous 
connaissons plusieurs spécimens de cette pièce dans le pays. 

14° Enfin de M. Caron, avoué à Paris : 
3 pièces féodales d'argent du XIL siècle, provenant d'une trou- 
vaille faite en Poitou. Nous laissons à M. Caron lui-môme le soin 
de les décrire : 

«l*o RICA Croix au-dessus, oméga au-dessous. 
« RDVS 

«, ûj. _ ACVTTANIE. Croix simple. 

« Richard Cœur-de-Lion pour l'Aquitaine. 

« 2o RAIMVNDVS. Croix simple 

« r), — DE TVRENA. Deux croisettes et deux cruciformes, 
■ dégénérescence du monogramme d'Eudes, 
a Raimond de Turenne. 



— 13 — 

« 3° SGS MARCIAL. Tète barbue du saint patron de Limoges, 
« dont on a promené les reliques pour arrêter le terrible incendie 
« qui s'est déclaré il y a quatre mois. 

« R). — LEMOYICENS1S. Croix cantonnée d'annelets. 
« Abbaye Saint-Martial de Limoges. » 



IV. ARCHIVES. 

Un livre intitulé : Le Tableau de la Croix représenté dans 

les cérémonies de la sainte Messe... (Paris. F. Mazot. 4651 . 

Petit in-8°. ) 

Don de M. l'abbé Follet. 

C'est une série de gravures représentant les divers moments 
de la Passion et les cérémonies de la Messe qui en sont le sym- 
bole... etc. Au commencement se trouve un beau portrait de 
Cbarles de L'Aubespine, garde des sceaux, par Guill. de Geyn. 
Le texte de l'ouvrage est lui-même gravé ; la reliure ancienne en 
maroquin rouge, couverte d'ornements à petits fers, est aujour- 
d'hui malheureusement bien passée. 

MÉMOIRES lus à la Sorbonne dans les séances extraordinaires 
du Comité impérial des travaux historiques et des Sociétés sa- 
vantes, tenues les 8, 9 et 10 avril 1863. 

2 vol. in-8°. Paris. Imprimerie impériale. 1864. 

RÉUNION ANNUELLE des Sociétés savantes et distribution 
des récompenses en 186L 

REVUE des Sociétés savantes des départements. Numéros de 

juillet à octobre 1864. 

Ces divers ouvrages nous sont adressés par le Ministère de 
l'Instruction publique. 

M. Jules Chaetard, professeur à la faculté des sciences de 
Nancy, nous fait hommage des quatre brochures suivantes dont 
il est l'auteur : 

1° RÉSUME des Observations météorologiques faites à Nancy 
en 1863. 

2° LEÇON d'ouverture du Cours de Physique de la faculté des 
sciences de Nancy, le* décembre 1864. 

3° DESCRIPTION de différentes monnaies trouvées en Lor- 
raine. 



— 14 — 

4° NOTICE sur M. Auguste Monnier, membre associé de la 

Société de Numismatique belge. 

Un CALENDRIER ecclésiastique pour l'année MDCCXLI, avec 
un nécrologe des personnes les plus dévouées à Port-Royal, et 
un abrégé chronologique des événements relatifs à la constitu- 
tion Unigenitus. (Utrech. Aux dépens de la Compagnie. 1741.) 

Ouvrage tout janséniste. 

Un vol. petit in-lG. 

Don de M. de La Vallière. 

NOTE sur le mode de reproduction de la Bruniera vivipara 
( Lemna arrbiza. Lin. ), par M. A. Franchet. — Hommage de 
Fauteur. 

NOTICE historique sur la maison de Sarrazin ( originaire d'Au- 
vergne), tirée à 100 exemplaires, par Allyre de Sarrazin. 1864. 
Offert par l'auteur. 

Un AUTOGRAPHE de M. de Musset-Patbay, père d'Alfred et de 
Paul de Musset, et auteur lui-même d'un grand nombre d'ou- 
vrages. — Il consent à une procuration en tant qu'on ne pourra 
avoir de recours contre lui. — La Vaudorière. 1788. 

Don de M. de La Vallière, contrôl. des contrib. dir. 



Un LOT assez considérable de parchemins contenant des pièces 
extrêmement intéressantes pour l'bistoire du Yendômois. 

Il en sera donné une analyse, et nous publierons même in ex- 
ienso les plus curieuses. 

DondeM'"c Besnard au nom de M. Derovjin fils. 

Onze CARTES géograpbiques, la plupart de la fin du dernier 
sièle ( de 1781 à 1700), dressées par Guill. Delisle et Ph. Buaclie 
et revues par Dezauchc pour l'usage du roi. 

Nous signalerons entre autres : 
La Terre-Sainte moderne, par N. de Fer. 
La Paissie d'Europe en 1700. pour l'intelligence de la guerre 



— 15 — 

d'alors entre la Russie, la Pologne , et les Turcs. Sur une grande 
échelle, par Moithey. 

L'Europe en 1789, par G. Delisle et Ph. Buaclie. 

Enfin la France en 1816, d'après les actes du congrès de Vienne, 
par Chaumier etMauborgne. — Dimensions extraordinaires. 

Don de Mme BESNARD. 

Plusieurs feuilles de la CARTE DE CASSINI, réunies en un 
seul morceau et comprenant parleur ensemble le département de 
Loir-et-Cher. 

Celte carte précieuse est malheureusement en très-mauvais 
état. 

Elle nous est offerte par M. L.,par l'intermédiaire de M. de 
La Vallière. 



V. HISTOIRE NATURELLE. 

M. Bourgeois nous adresse un LOT DE FOSSILES représen- 
tant la série presque complète des espèces crétacées de Y Etage 
Turonien d'Orb. ou Zone de V Ammonites Peramplus (craie mi- 
cacée de Dujardin et d'Archiac ). Cette assise se montre sur les 
coteaux de la vallée du Loir, aux Roches, à Montoire, à Trûo, à 
Sougé, à Artins et à Yilledieu. Ces espèces dans notre pays, 
comme presque partout ailleurs, sont peu nombreuses, et on se 
les procure difficilement. 

Tout le monde appréciera l'importance de cet envoi, accompa- 
gné de la promesse de compléter cette série et d'y ajouter suc- 
cessivement toute la faune des autres zones du terrain crétacé 
du Yendômois. 

BOIS FOSSILE du terrain crétacé, extrait d'une carrière des 
Roches. 

Don de M. Guinebaud, instituteur. 

COLLECTION D'OISEAUX de M. T. Pesson, ancien juge de 
paix àSavigny-sur-Braye, acquise par la Société Archéologique, 



— 16 — 

le 23 octobre 1804. ( V. plus loin la Note relative à celte col" 
lection. ) 

Jeune AIGLE abattu à Selommcs, par M. Eugène Colas, cul- 
tivateur au Boucbct, qui en fait don au Musée de Vendôme. ( Voir 
plus loin pour les détails. ) 



M, le Président dit que les fonctions conférées à MM. 
de Saint-Venant, président, Em. Renou, vice-président, 
Launav, secrétaire, G. Boutrais, trésorier, Nouel, con- 
servateur ; Lacroix de Bochamheau, de La Sauzaye et 
l'abbé Tremblay, membres du Bureau, sont terminées. 
Il invite les membres élus dans la séance du 13 octo- 
bre 1804 à prendre place au Bureau. 

« Je ne quitterai pas, ajoute M. Launay, mes fonc- 
tions de secrétaire, sans remercier la Société de sa 
bienveillante sympathie ; elle m'en a donné une nouvelle 
preuve, en profitant de la modification apportée à l'ar- 
ticle 8 de nos statuts, pour me maintenir dans le Bu- 
reau, où je continuerai, par mes constants efforts, à 
travailler au succès d'une Société qui prend tous les 
jours de nouveaux développements. » 

M. Em. Benou, président pour 1865, est absent. 

Prennent place au Bureau: MM. Ch. de Lavau, vice- 
président; Gh. Ghautard, secrétaire; V. Dessaignes, 
trésorier; Nouel, conservateur-archiviste ( réélu); Ch. 
Bouchet, Filly et Launay, membres du Bureau. 

Restent membres du Bureau pour 1865 : MM. de La 
ïlautière, secrétaire-adjoint: l'abbé Bourgeois, de Na- 
daillac et Neilz. 



- 17 — 

M. Gh. de Lavau, vice-président, prononce le discours 
suivant : 

« Messieurs, 

« A peine installé dans les fonctions de vice-président, 
que je dois à votre bienveillance, je me vois obligé, par 
une circonstance que je déplore pour vous comme pour 
moi, l'absence du savant M. Renou, de monter au siège 
même de la présidence, et cela au moment où un autre 
savant, M. de Saint-Venant, vient de descendre de ce 
siège. C'est donc entre ces deux hommes distingués par 
leur savoir et leurs travaux sérieux, que se présente de- 
vant vous mon impuissance scientifique, pour un temps 
limité, j'espère ; tout au moins, pardonnez-moi d'en 
éprouver quelque trouble. 

« Quoi qu'il en soit, et pour me rendre compte de 
mes devoirs, j'ai dû rechercher le mobile de cette bien- 
veillance à mon égard ; certes ce ne pouvait être cette 
impuissance scientifique, dont je m'accuse sans peine ; 
vous avez pu l'apprécier vous-mêmes, depuis le premier 
jour de vos assemblées où j'ai dû vous paraître un de 
vos membres les plus inutiles. En acceptant, dans l'âge 
de la décadence et du repos forcé, de faire partie de 
votre Société, j'ai cru pouvoir renfermer mon modeste 
rôle dans le seul plaisir d'écouter et d'apprendre. C'est 
donc pour d'autres causes que vous avez bien voulu 
jeter les yeux sur moi. 

« Serait-ce que sous mes cheveux blancs vous avez 
cru reconnaître quelques débris archéologiques des idées, 
des coutumes, des usages et des formes d'un autre âge, 
séparé par des abîmes de celui où nous vivons, et que, 
vous avez pensé pouvoir, comme on l'a vu parfois à 
l'Académie française, mettre en honneur parmi vous un 
homme du monde des anciens jours? A voiries succès 
croissants obtenus par nos savants archéologues, qui 
vont découvrir sous toutes les couches de notre globe 
les monuments des peuples presque antédiluviens, je 
iv. 2 



— 18 — 

puis espérer, peut-être, que les générations qui me sui- 
vent prendront plaisir, plus tard, à exhumer et à re- 
mettre en lumière quelques souvenirs effacés de mon 
vieux temps. 

« Mais je serais plus disposé à croire que vos regards 
avaient vu briller en moi quelques reflets de l'es- 
time et de la considération dont jouit, parmi vous, 
une famille enracinée dans votre sol et dévouée à tous 
les intérêts de votre beau pays. 

« Quelle que soit la valeur de toutes ces conjectures, 
du moins, Messieurs, veuillez croire que ma reconnais- 
sance pour le choix que vous avez bien voulu faire est 
d'autant plus grande, que je devais moins m'y attendre. 

« Quant aux devoirs que ce choix m'impose, je crois 
comprendre qu'il me faudra surtout me consacrer, dans 
la mesure de mes forces, à la bonne administration des 
affaires de notre Société et au développement de son 
influence. Ici, la tâche me sera d'autant plus facile, que 
je serai soutenu et conseillé par les hommes dont vous 
m'avez entouré dans votre nouveau Bureau. Sur ce ter- 
rain, qu'avons-nous à faire autre chose, qu'à suivre, pas 
à pas, les traces de nos devanciers? 

« En effet, en jetant les yeux sur l'histoire de notre 
Société, depuis sa fondation jusqu'à ce jour, je rencontre 
d'abord nos premiers fondateurs : sans doute, il me faut 
regretter de ne pas les trouver tous réunis autour de 
moi dans ce Bureau que vous venez de reconstituer; 
mais, si la rigueur et aussi la prudence de vos règle- 
ments en ont fait sortir successivement quelques-uns, 
je me réjouis pourtant d'y retrouver quelques autres, 
que vous y avez fait rentrer, et dont l'expérience nous 
éclairera et maintiendra, avec leurs traditions, l'esprit 
et la sagesse qui ont présidé à notre fondation. 

« Dès l'origine, quelques-uns ont pu hésiter à croire 
au succès de cette œuvre : eh bien, à notre première 
séance générale du 9 janvier 1862, nous étions 81 mem- 
bres inscrits; à la séance d'aujourd'hui, on vous pré- 
sente une liste de plus de 230. 






— 19 — 

« Votre Bulletin a pris depuis ce temps une impor- 
tance toujours croissante, et c'est à la valeur des tra- 
vaux scientifiques, historiques et littéraires qu'il con- 
tient, qu'il faut surtout attribuer l'accroissement progres- 
sif de nos nouveaux associés, et nos précieux rapports 
établis avec plusieurs sociétés savantes qui échangent 
leurs publications avec les nôtres. Notre Musée s'est 
accru dans la même proportion, grâce à la plus habile 
direction, et offre déjà à l'étude ou à la curiosité pu- 
blique d'importantes collections d'archéologie, de géo- 
logie, de minéralogie, de numismatique et d'ornitho- 
logie. Ces succès n'ont pas été obtenus sans des dépenses 
relativement considérables. Vous venez d'entendre le 
compte rendu, précis et détaillé, de nos modestes finan- 
ces, et vous avez pu juger que leur intelligente admi- 
nistration a pu suflire à tout. 

« Tel est, Messieurs, le tableau résumé de l'histoire 
de notre Société jusqu'à ce jour : l'honneur en revient 
certainement à tous ceux qui nous ont précédés ; ren- 
dons grâces à ces hommes de cœur pour leur constance 
à poursuivre le but qu'ils s'étaient proposé dès l'origine, 
à savoir la réunion, sur le terrain commun de la science, 
de l'histoire, de la littérature et des arts, d'hommes venus 
de tous les horizons, heureux de se reconnaître et de 
s'estimer. Honneur à ceux qui ont rassemblé, coordonné, 
fécondé et développé ces éléments divers ! Leurs tradi- 
tions nous obligent : pour ma part, dans la mission pas- 
sagère que j'ai à remplir, je n'ai rien à faire qu'à mar- 
cher dans la même voie, qu'à conserver, avec fidélité, 
toutes les conditions de nos règlements, qu'à maintenir 
à chacun la liberté de ses appréciations, en même temps 
que les égards mutuels que vous avez L'habitude d'ob- 
server entre vous. C'est dans ces limites, Messieurs, que 
doit se renfermer celui qui a l'honneur de vous prési- 
der; et c'est ainsi qu'il se rendra digue de ses prédé- 
cesseurs et de vous. » 



— -20 — 

M. le Président dit que dans sa séance du 1 er décem- 
bre 1804, le Bureau a modifié sa décision relative au 
prix des Bulletins, insérée au Bulletin de 1803, page 90. 
A l'avenir, le Bulletin de la première année, 1802, sera 
vendu 3 francs ; tous les autres seront vendus 5 francs. 
— Les nouveaux membres de la Société qui désireront 
compléter leur collection, pourront s'adresser au con- 
servateur-archiviste : les autres personnes se procure- 
ront les Bulletins à la Librairie Devaure-Henrion. 

M. le Président annonce que la séance générale d'avril, 
ne pouvant avoir lieu le second jeudi du mois à cause 
des fêtes de PAques, se tiendra le jeudi 0. 

Le secrétaire donne lecture de deux lettres adressées 
par M. le Ministre de l'Instruction publique à M. le Pré- 
sident delà Société. Dans l'une, M. le Ministre invite la 
Société à lui indiquer les ouvrages relatifs à la littéra- 
ture, l'histoire, les sciences, etc., qui, présentant un ca- 
ractère particulier et local, pourraient être plus utilement 
distribués, par son département, dans les écoles pri- 
maires de l'arrondissement de Vendôme. Une commis- 
sion est nommée pour répondre à la demande de M. le 
Ministre: elle est composée de MM. Ch. Bouchet, biblio- 
thécaire ; de Déservillers, ancien président de la Société 
archéologique, propriétaire-agriculteur; de La Hautière, 
avocat ; et l'abbé Monsabré, curé de la Madeleine de 
Vendôme. 

Dans une autre lettre, M. le Ministre informe M. le 
Président de la Société que la distribution des récom- 
penses qui seront décernées aux Sociétés savantes, à la 
suite du concours de 1804, aura lieu dans les premiers 
jours d'avril 1805 ; il invite les membres qui voudraient, 
dans le cours des réunions, prendre part aux lectures 
publiques, à lui transmettre leurs manuscrits avant le 
1 er mars prochain. 

Sur la proposition d'un membre, une commission est 
nommée pour s'occuper spécialement des fouilles à faire 



— 21 — 

sut' l'emplacement de l'ancien théâtre d'Areines. Cette 
commission est composée de MM. de Bodard, G. Bou- 
trais, II. de Brunier, Launay, de La Vallière et Neilz. 



M. le Président donne la parole à M. le trésorier. 

BUDGET DE 1865. 
Recettes. 

Reliquat de 1864 297 r 88 

1. Cotisations de 211 membres . . . 1055 

2. Cotisations de 20 membres nouveaux . 100 

3. Diplômes 46 

4. Vente de Bulletins 20 

5. Allocation du Conseil municipal . . 1 50 

TOTAL DES RECETTES. . 1668 88 



Dépenses. 

1. Frais d'administration 150 f 

2. Achat et entretien des collections. . 300 

3. Fouilles et recherches archéologiques. 80 
h. Dépenses imprévues 50 

5. Loyer 180 

6. Impression du Bulletin 900 



TOTAL DES DÉPENSES. . 1660 

Report des recettes. . 1668 88 



EXCÉDANT DES RECETTES. . 8 88 

M. le Président met aux voix le projet de budget pro- 
posé par M. le trésorier; il est adopté à l'unanimité. 



NOTE 
srn use 

COLLECTION D'OISEAUX 

Acquise par la Société Archéologique, le 23 octobre 1864, 
Par M. Nouel, Conservateur du Musée. 



Messieurs, 

Une acquisition très-importante a été faite par la So- 
ciété depuis la dernière séance. Ce mois d'octobre der- 
nier, nous avons été prévenu que M. Pesson, ancien juge 
de paix à Savigny, désirait se défaire de sa belle collec- 
tion d'oiseaux. Cette collection, commencée il y au moins 
trente ans par cet amateur, se compose de plus de 500 
pièces bien préparées, qui comprennent outre les es- 
pèces sédentaires du pays avec leurs variétés, la plupart 
des oiseaux de passage que l'on peut observer dans nos 
contrées et dont plusieurs sont très-rares. Il y a en outre 
un certain nombre d'oiseaux d'Europe étrangers au dé- 
partement. 

Le Bureau a jugé que cette collection faite dans notre 
arrondissement, et qui comprend presque toutes les es- 
pèces du pays, était une véritable trouvaille pour notre 
Musée, dont la principale ambition est de devenir une 
collection locale complète sous tous les rapports. Aussi 
nous a-t-il chargés, M. Jules Chautard et moi, d'aller la 
visiter et d'entrer en marché avec son propriétaire. 
Après bien des pour parlers qu'il est inutile de rappor- 
ter ici, l'affaire a été conclue le 23 octobre dernier \ 

M. Pesson nous a abandonné, outre ses oiseaux, un 
assez grand nombre d'œufs d'oiseaux du pays bien dé- 
terminés, et plusieurs boîtes renfermant des papillons 
également du pays, qui formeront le noyau d'une col- 
lection plus complète de ces charmants insectes. 

Je m'occupe de dresser un catalogue de cette collec- 
tion et d'étiqueter chaque pièce. Quoique ce travail soit 

' Pour plus, de détails, V. le compte rendu du Trésorier. 



— 23 — 

loin d'être terminé, je puis dès à présent indiquer som- 
mairement quelques-uns des sujets les plus rares. 

La partie la plus remarquable de la collection est sans 
contredit celle qui comprend les oiseaux de rivage, ou 
echassiers, et les oiseaux d'eau, ou palmipèdes . La vallée 
de la Braye a fourni, sous ce rapport, à M. Pesson une 
série des plus complètes, dans laquelle on remarque de 
véritables raretés. — Citons : 

1. La Spatule blanche (Platalea leucorodia. Lin.). Jeune 
individu tué à Savigny. 

2. La Grue cendrée ( Ardea Grus. Lin. ). Bel oiseau de 1"' 
de hauteur, tué à Savigny. 

3. L'Avocette ( Recurvirostra Avocetta. Lin. ). Tué dans le 
pays. 

4. Le Courlis cendré, vulgairement Grand Courlis (Nume- 
nius Arcuatus. Vieillot). Savigny. 

5. L'Ardéole Blongios ( Ardea Minuta. Lin.). Petite espèce 
de héron. Tué dans le pays. Cet oiseau est assez rare en France. 

G. Le Héron Crabier, vulgairement Crabier de Mahon ( Ar- 
dea comata Pallas ). Tué à Sougé sur le Loir. Commun dans le 
midi de l'Europe. 

7. Le Chevalier Gambette, vulgairement Chevalier aux pieds 
rouges (Totanus Calidris de Bechstein ). 

8. L'Outarde Canepetière (Otistetrax. Lin.). Rare dans nos 
pays. 

7. La Grande Outarde ( Otis tarda. Lin. ). Le plus gros des 
oiseaux d'Europe. Individu femelle tué à Sougé. 

10. Le Plongeon Imbrim, ou Grand Plongeon du Nord ( Co- 
lymhus Glacialis. Lin. ). Tué à Thoré, dans un grand hiver. 

11. Le Cormoran ordinaire (Pelecanus Garho. Lin. ). Tué à 
Lunay. 

12. Le Harle vulgaire ou Harle bièvre ( Mergus Merganser. 
Lin. ). Du pays. 

13. Le Harle Huppé ( Mergus serrator. Din. ). 

14. Le Piette, ou petit Harle Huppé ( Mergus Minutas. Lui. ). 



— u — 

Les oiseaux de proie diurnes et nocturnes sont éga- 
lement très au complet. — Comme espèces remarqua- 
bles, citons : 

1. L'Aigle Botté (Aquila pennata. Brehm. ). Le plus petit de 
nos aigles. Rare en France. Jeune individu mâle tué dans la forêt 
de la Gaudinière. 

2. Le Balbusard ( Pandion Fluviatilis. Sav. ). Forêt de la Gau- 
dinière. 

3. Le Milan Royal ( Milvus regalis. Brisson. ). Tué dans le 
canton de Savigny. 

Parmi les espèces communes, plusieurs offrent des 
variétés remarquables et rares. Exemple : la perdrix 
grise ; variété blanche. La perdrix rouge ; variété blan- 
che. Le merle est représenté par plusieurs variétés, 
entre autres le fameux merle blanc, tué dans le pays. 

Parmi les espèces étrangères au pays, citons : 

1. LcFlammant (Phœnicopterus ruber. Lin. ). 

2. Le Hibou Grand-Duc ( Bubo Europaîus. Lesson. ). 

3. La Chouette Harfang ( Strix Nyctea. Lin. ). Qui habite le 
nord de l'Europe. 

4. L'Eider ( Anas Mollissima. Lin. ). Dont le duvet constitue 
l'édredon. 

5. Le Sterne Arctique, des bords de la mer. Etc. 

J'ajouterai, en terminant, qu'il me paraît important 
que cette collection soit continuée par nos soins en tant 
que collection locale. J'engagerai donc les chasseurs qui 
tueront des oiseaux rares ou des mammifères remarqua- 
bles à nous les apporter; s'ils manquent à la collection 
ou s'ils y sont mal représentés, nous les ferons mon- 
ter, et par ce moyen cette partie de notre Musée de- 
viendra aussi complète que possible. 

Comme il ne suffit pas d'avoir des pièces à préparer, 
mais qu'il faut encore qu'elles soient bien montées pour 
donner une idée exacte des individus et figurer avanta- 
geusement dans un musée, je me suis assuré la coopé- 
ration d'un bon préparateur d'histoire naturelle, savoir 



— -25 — 

M. G. Souchay, employé à la pré fer tare de Blois, enfant 
de Vendôme, et qui a bien voulu se faire inscrire comme 
membre de notre Société. Je m'étais d'abord adressé à 
M. Lutandu, dont le talent est incontestable, mais qui 
m'a dit avoir tout à fait renoncé à ce genre de travail. 

L'AIGLE DE SELOMMES. 

Tout dernièrement j'ai eu une belle occasion d'enri- 
chir la collection d'oiseaux. 

Je fus informé, ce mois de décembre, qu'un aigle avait 
été abattu au Bouehet, près de Selommes, par M. Eu- 
gène Colas, cultivateur, et que, n'étant que blessé, il 
avait pu être conservé vivant et élevé par son vainqueur. 
J'allai le visiter et pus me convaincre que c'était bien 
un aigle de montagne (jeune âge ). J'engageai forte- 
ment le maître de l'oiseau à l'offrir à notre Musée, où il 
figurerait avec beaucoup d'avantage. 

Le 30 décembre dernier, M. Colas me l'apporta vi- 
vant, en très-bon état, et voulut bien nous le laisser en 
pur don pour nos étrennes. Je l'ai chaleureusement re- 
mercié au nom de la-Société tout entière. L'oiseau, tué 
par asphyxie, a été envoyé à Blois, à M. Camille Sou- 
chay, préparateur du Musée de Vendôme, qui l'a monté, 
et qui nous l'enverra aussitôt qu'il sera sec. 

Voici les dimensions de ce bel oiseau : longueur depuis 
le sommet de la tète jusqu'au bout de la queue, m ,85; 
envergure, 2 m ,15. 

C'est un aigle mâle (jeune âge ). 



RAPPORT 

SUR UNE 

DÉCOUVERTE DE SILEX TAILLÉS 

Faite par MM. de Meckenheim 
AUX DIORIÉRES, COMMUNE DE CHAUVIGNY, 

Par M. Nouel, Conservateur du Musée. 



Messieurs, 

Vous vous rappelez que dans notre dernière séance 
du 43 octobre 1804, à la suite de la communication si 
intéressante de M. l'abbé Bourgeois, relative aux moyens 
de reconnaître l'âge des instruments de pierre, M. de 
La Vallière nous fit part d'une découverte de silex taillés 
qui venait d'être faite aux Diorières (commune de Chau- 
vigny) par MM. de Meckenheim. Cette découverte joi- 
gnait à son mérite intrinsèque celui de l'à-propos, et il 
fut décidé qu'une commission se transporterait sur les 
lieux pour examiner en détail les objets trouvés et leur 
gisement 1 . Quelques jours après (le 18 octobre), les mem- 
bres se rendirent en effet aux. Diorières, et je viens au- 
jourd'hui, en qualité de rapporteur, vous faire part des 
résultats de notre mission. Nous nous rendîmes donc le 
18 octobre sur le lieu delà découverte, où nous atten- 
daient les deux MM. de Meckenheim, qui nous ont servi 
de guides, dans toute celte journée, avec une complaisance 
et une amabilité à laquelle je dois rendre hommage au 
nom de tous les membres de la réunion. 

Le terrain où se trouvent les silex taillés forme une 
colline basse exposée au midi et comprise entre deux ruis- 
seaux, l'un descendant de Chauvigny, l'autre longeant 
les bois de Grattcloup (forêt de Fréteval). Ces deux 
cours d'eau, en se réunissant au pied de ce mamelon, 
constituent le ruisseau de La Ville-aux-Clercs, qui des- 
cend ensuite par Busloup pour se jeter dans le Loir à 
Pezou. 

1 Cette commission se composait de MM. Bouchot ., Launay, de 
Nadaillac, Nouel, Queyroy & de La Vallière. 



J 



~li 



Ce champ, parfaitement convenable pour une station 
de peuplades celtiques, est entièrement parsemé de silex 
grisâtres qui proviennent de l'argile à silex, assise qui 
présente à Chauvigny une puissance de 20 mètres. C'est 
au milieu de ces pierres, qui couvrent le sol, qu'on trouve 
un grand nombre de silex manifestement taillés par la 
main de l'homme. La plupart des échantillons, que l'on 
peut immédiatement ramasser en se baissant, et qu'un 
peu d'habitude fait distinguer des silex à cassures acci- 
dentelles, ne sont que de simples éclats présentant peu 
de retouches à petits coups, et dont les usages sont un 
peu douteux. On y reconnaît cependant bien les formes 
habituelles, qui ont été désignées sous les noms de cou- 
teaux, grattoirs, fers de lance, etc. ; mais beaucoup ne 
paraissent être que des éclats provenant de la taille de 
morceaux plus importants. C'est au milieu de ces silex 
que MM. de Meckenheim ont trouvé plusieurs belles 
pièces, que l'on peut désigner sous le nom général de 
haches. La plupart sont très-grossières, mais quelques- 
unes sont d'un travail remarquable. Aucune de celles 
rencontrées jusqu'à présent dans cette localité n'est po- 
lie ; mais M. le curé de Chauvigny a trouvé dans sa com- 
mune, sur un tas de pierres destinées à l'entretien des 
routes, une hache polie dont une extrémité est brisée, 
et qui est faite avec un silex de la localité. 

Une seule hache a été ramassée par nous dans notre 
exploration ; mais, en nous rendant au château des Dio- 
riéres, nous avons pu examiner le produit de recherches 
antérieures faites par MM. de Meckenheim, et, grâce à 
leur générosité et à leur complaisance, nous pouvons vous 
faire voir ici la plupart des morceaux les plus curieux 
qu'ils ont trouvés jusqu'à présent. 

Je n'essaierai pas de décrire ces formes variées ; leur 
vue seule ou celle des planches bien faites peuvent en 
donner une idée convenable, et je passerai de suite à la 
question suivante : 

Quel est l'âge de ces instruments? Sont-ils diluviens 
ou celtiques? Mettant à profit la leçon si claire que 
M. Bourgeois nous a faite dans notre dernière séance, 



— 28 — 

je commence par remarquer que les caractères strati- 
graphiques et paléontologiques nous font ici complè- 
tement défaut, puisque ces instruments de pierre se ren- 
contrent à la surface du sol dans la terre végétale et sans 
être associés à des restes organiques. Il ne nous reste 
donc que les caractères intrinsèques, savoir : la forme 
de l'objet, sa nature minéralogique et le genre du tra- 
vail. 

J'ai déjà parlé de la nature minéralogique ; les silex 
qui ont servi à faire ces instruments appartiennent à 
l'argile à silex qui forme le sons-sol à une grande pro- 
fondeur, et il n'y a rien à conclure de ce côté. Quant nu 
genre de travail, il ne décide rien non plus; ces haches 
n'étant pas polies, mais obtenues par de simples éclats 
enlevés irrégulièrement de la surface, absolument comme 
dans les haches diluviennes. Il ne nous reste donc que 
la forme, qui heureusement est caractéristique. Suivant 
la remarque très-simple de M. John Evans, dans les 
haches diluviennes c'est toujours l'extrémité la plus 
étroite qui est destinée à percer ou à trancher, tandis 
que dans les instruments celtiques c'est le gros bout qui 
forme le tranchant. Or, il suffit de passer en revue les 
haches de pierre des Diorières pour y reconnaître le type 
celtique proprement dit. Dans tous les échantillons qui 
sont déposés sous vos yeux, c'est bien évidemment le 
gros bout qui est façonné pour servir de tranchant. 
Quant aux petits fragments, ils sont bien certainement 
de la même époque que les haches. Nous avons donc 
là un curieux spécimen des pierres taillées de l'âge cel- 
tique. Il esta remarquer en outre que tous ces objets sont 
frais et ne présentent ni dendrites, ni incrustations cal- 
caires, ni cacholong ; ils n'ont jamais été enfouis que dans 
la terre végétale, et n'ont pas séjourné sous les eaux. 
Cette observation vient s'ajouter au caractère de la 
forme pour fixer nettement l'Age de ces instruments de 
pierre. Il ressort de là une conséquence importante. 
Pendant longtemps on n'a appelé hache celtique que les 
haches polies, les seules d'ailleurs que Ton ramassât, et 
c'est plus tard que les haches simplement dégrossies par 



2<> 

éclats ont été remarquées; mais c'étaient des haches di- 
luviennes bien distinctes, non-seulement par la nature du 
travail, mais par la forme générale. C'est beaucoup plus 
récemment que l'on a distingué les haches celtiques sim- 
plement dégrossies et non polies, reconnaissables, non 
plus par la nature du travail, mais seulement par 
la forme. Pour mon compte, c'est dans le travail de 
M. Bourgeois, imprimé dans notre dernier Bulletin, que 
j'ai pour la première fois remarqué cette distinction im- 
portante, qui m'a de suite fait penser que les silex 
taillés des Diorières, quoique non polis, devaient appar- 
tenir à la période celtique. 

Je n'aurais pas d'ailleurs osé prendre sur moi de déci- 
der cette question, étant aussi novice dans ce genre 
d'études; aussi ai-je pris le parti prudent d'en référer à 
M. Bourgeois, qui, avec son obligeance habituelle, a bien 
voulu examiner les principaux types rapportés par nous 
des Diorières et me donner par écrit son opinion sur leur 
âge. J'ai été seulement heureux de voir l'opinion du 
maître confirmer celle du disciple, et c'est appuyé de son 
approbation et de l'autorité de son nom que je vous 
expose ces conclusions. 

Mais ici se présente une autre question. Toutes les 
formes celtiques grossières que l'on rencontre étaient- 
elles destinées à être polies, et doivent-elles être consi- 
dérées comme des instruments seulement ébauchés et 
qui attendaient un dernier travail? A priori la réponse 
est douteuse ; car, si d'une part il est vrai de dire que 
toute hache destinée à être polie a été d'abord dégros- 
sie par éclats, d'un autre côté il n'est pas évident que 
toute hache ébauchée fut destinée à être polie. Beau- 
coup pouvaient être employées à cet état, comme l'étaient 
toujours les haches de la période diluvienne. M. Bour- 
geois, à qui j'ai communiqué cette manière devoir, me 
fait remarquer qu'en général les haches celtiques gros- 
sières sont rares, et ne se trouvent en grand nombre 
que dans les ateliers de fabrication. Partout ailleurs, là 
où les haches celtiques ne se rencontrent qu'accidentel- 
lement, elles sont presque toutes polies. Ainsi la plaine 



— r30 — 

de Pont-Levoy, que MM. Delaunay et Bourgeois ont si 
minutieusement explorée ou fait explorer sous le rap- 
port des silex taillés, ne leur a fourni jusqu'à présent, 
contre une centaine de haches polies, que trois exem- 
plaires de haches celtiques ébauchées. En Suisse, les 
milliers de haches trouvées dans les habitations lacus- 
tres sont polies. Ces faits donneraient donc à penser que 
la plupart des haches de l'Age celtique n'étaient livrées à 
la circulation qu'après avoir subi le polissage. Mais le 
premier travail était toujours la taille par éclats, qui est 
la seule manière de dégrossir le silex. 

En résumé, le champ des Diorières nous offre le pre- 
mier exemple signalé jusqu'à présent dans notre dépar- 
tement d'un atelier de fabrication de haches celtiques, où 
se faisait seulement le premier travail qui donnait aux 
silex leur forme générale. Le polissage se faisait ailleurs. 
Si on remonte à environ 15 kilomètres plus au nord, jus- 
qu'à Droué, localité encore éminemment celtique, on 
trouve à 4 kilomètre à l'est du bourg un groupe de ro- 
chers siliceux (qui a été déjà signalé par M. Baillet: V. I re 
année de notre Bulletin, p. 54) ; parmi ces rochers, il s'en 
trouve un à fleur de terre, de 2 m de longueur surO m ,00 
de largeur environ, connu dans le pays sous le nom de 
pierre cochée. Elle porte environ 25 coches ou sillons de 
formes variables produits par le frottement des silex qui 
ont été usés à leur surface. C'est vraisemblablement 
dans ce lieu que se terminait le travail des haches ébau- 
chées à Ghauvigny. 

Cette pierre très-remarquable est sans contredit le plus 
beau polissoir qui ait encore été signalé en France. Aussi 
je ne ferai que le rappeler de nouveau à votre attention, 
ne voulant pas anticiper sur une description plus com- 
plète qui pourra en être faite dans un prochain Bul- 
letin. 



Il n'est peut-être pas sans intérêt, à propos de la dé- 
couverte des Diorières, do passer rapidement en revue 



— 31 — 

les trouvailles de silex taillés faites dans les environs de 
Vendôme, et qui ont précédé celle dont il s'agit. 

Je les rangerai par époques. 

Silex de l'époque celtique. 

1° Haches polies. 

Dans les dons offerts jusqu'à ce jour ta la Société se 
trouvent 3 haches polies rencontrées dans le pays : l'une 
offerte par M. Em. Chautard, et trouvée à La Ville-aux- 
Clercs ; l'autre ramassée par M. de Nadaillac àSaint-Jean- 
Froidmentel en octobre 1863; la troisième enfin trouvée 
en 1864 à Coulommiers par M. Bruère. Je rappellerai 
en outre celle trouvée à Chauvigny et dont il a été ques- 
tion dans ce travail. J'ajouterai enfin qu'à Droué, feu 
M. Hamonnière, ancien régisseur du château, en avait 
découvert plusieurs, qui ont été offertes à M. Jameson 
Conrad, propriétaire du château. Nous avons eu occa- 
sion de les voir; elles sont au nombre de 5, et plusieurs 
assez curieuses. Une petite (de 8 e , 5 de longueur et de 
4 e , 5 de largeur au tranchant) est faite avec le grès qui 
forme les rochers de la pierre cochée. Une autre en si- 
lex blond de 10 e de longueur sur 5 e de largeur est taillée 
à facettes, et n'a subi qu'un commencement de polis- 
sage ; elle forme naturellement le passage à la catégorie 
suivante. 

2° Haches celtiques non jwlies. 

C'est de ces haches qu'il a été question dans la première 
partie de cette notice. Avant celles des Diorières, on en 
avait déjà trouvé plusieurs dans le Vendômois. Citons 
d'abord un échantillon magnifique trouvé à Saint- Vrin, il 
y a déjà longtemps, et offert par M. Bouchet (longueur, 
18 e ; largeur, 8 C ,5). M. de Bodard de la Jacopière en pos- 
sède un autre échantillon un peu moins grand, mais tout 
pareil, trouvé dans nos environs. Enfin le frère Nar- 
cisse, à Iluisseau, a trouvé autour du village plusieurs 
haches en pierre non polies que M. Buurgeois a vues et 
qu'il regarde comme celtiques. 



— 33 — 

Silex appartenant à la période quaternaire on diluvienne. 

Notre Musée ne possède encore aucun échantillon de 
cet âge trouvé dans le pays , mais voici ce qui a été si- 
gnalé jusqu'à présent : 

i° Echantillons trouvés en place (m situ/, et dont l'âge est 
nettement déterminé par le caractère stratigraphique. 

M. Bourgeois m'écrit qu'il a trouvé des éclats travail- 
lés dans le diluvium du Loir à Artins (Loir-et-Cher) et à 
Poncé (Sarthe). M. Bouchet, qui s'occupe avec beaucoup 
d'ardeur de cette intéressante question des silex tra- 
vaillés, fait depuis plus d'un an des recherches dans nos 
carrières de sable et dans la tranchée du chemin de fer; 
il possède plusieurs échantillons incontestables d'éclats 
de silex travaillés, trouvés en place dans le diluvium de 
Vendôme. J'en possède également quelques-uns que j'ai 
ramassés moi-même in situ. Aucune hache diluvienne 
n'a encore été trouvée en place ici. 

2° Silex trouvés à la surface du sol 
et se rapportant probablement à l'époque quaternaire. 

En septembre 1863, M. Bourgeois rencontra à Songé, 
à la surface du sol, une hache en pierre du type fer-de- 
lance, un peu tronquée dans sa petite extrémité, et que 
sa forme lui fait rapporter à l'époque quaternaire. Tout 
dernièrement, le même observateur a rencontré dans un 
lot de silex des Diorières qui lui était apporté par un des 
MM. de Meckeinheim, une petite hachette du type sub- 
triangulaire, finement travaillée comme les exemplaires 
de Pont-Levoy ; il la regarde comme diluvienne. 

Enfin j'ajouterai qu'à partir du commencement d'oc- 
tobre 1 803, sur les recommandations amicales de M. Bour- 
geois, je me suis mis à explorer les champs qui entou- 
rent la ville et que j'y ai rencontré un assez grand nom- 
bre de silex taillés ; malheureusement pas de haches, 
mais seulement des éclats très-simples (couteaux, grat- 
toirs, fers de lance, nuclei, etc.), dont la forme n'est pas 
caractéristique. Cependant l'état de leur surface (den- 
drites, cacholong, marques d'érosion) porte à croire qu'ils 



Q3 



sont quaternaires et qu'ils no se trouvent dans la terre 
végétale que parce que cette couche s'est formée aux 
dépens de la couche superficielle du diluvium sous- 
jacent. 

Tel est, Messieurs, le bilan des découvertes en silex 
qui ont été faites jusqu'à ce jour dans le Vendômois. 



IV. 



TROIS CHARTES DU Xili SIÈCLE 
ET UNE VU XVI e 

Relatives à une ancienne maison de Vendôme, 

Par M. Auguste DE TRÉMAULT. 



L'un des buts de la Société Archéologique du Ven- 
dômois étant de tirer de l'oubli et de préserver d'une 
destruction complète ce qui peut rester d'anciens mo- 
numents locaux, il semble qu'à ce titre on peut faire en- 
trer dans le cadre de son programme trois chartes du 
XIII e siècle, essentiellement vendômoises et par le lieu 
de leur date et par leur objet. La première est de l'an- 
née 1377, les deux autres de 1278. Toutes les trois 
concernent une ancienne maison de la ville de Vendôme, 
qu'il est possible de reconnaître, malgré les transforma- 
tions qu'elles a subies, et se rattachant à l'abbaye de la 
Virginité, sur laquelle il ne nous reste malheureusement 
que bien peu de documents. On a pensé que par leur 
double objet elles pourraient offrir quelque intérêt. 

Elles ne sont postérieures que d'un demi-siècle envi- 
ron à la fondation du couvent de la Virginité, car, suivant 
la chronique des comtes de Vendôme, écrite par les au- 
teurs de Y Art de vérifia' les dates, c'est en 1220 que 
Jean IV de Montoire et Aiglantine sa femme en jetèrent 
les premiers fondements, sur les bords d'une fontaine 
arrosant un vallon étroit et sauvage, situé dans la pa- 
roisse des Roches-l'Evêque, et qui encore aujourd'hui 
semble comme perdu au milieu de bois dont une partie 
portait le nom de bois l'Evêque, vers la fin du XVI e 
siècle '. Ils y établirent une communauté de filles sous 
la règle de Citeaux; et ce n'est qu'en 1247 que leur fils 
Pierre de Montoire, devenu comte de Vendôme en 1240, 
acheva l'œuvre commencée par ses père et mère. 

1 Registre ms. des titres du fief de la Barre de Lunav. 



35 



Ces chartes, sur un parchemin que le temps a bruni et 
rendu comme demi-transparent par endroits, sont toutes 
les trois d'une jolie écriture minuscule gothique, parfai- 
tement nette et rangée, et évidemment l'œuvre d'une 
même main. L'encre a pris la teinte de la rouille; quel- 
ques mots à moitié effacés ont pu être restitués ; d'au- 
tres, en petit nombre, sont complètement disparus; 
mais leur absence ne nuit pas à l'intelligence générale 
du texte. 

Une remarque qu'il convient de faire à cet égard, 
c'est qu'étant écrites en langue vulgaire, elles appar- 
tiennent par leur date aux premiers temps où l'on sub- 
titua cette forme de langage au latin, dans la rédaction 
des chartes. C'est, en effet, sous le règne de Philippe-lc- 
Hardi (1270-4285), suivant l'opinion de M. Natalis de 
AVailly (Éléments de Paléographie , t. I, p. 457), que 
cette transformation s'accomplit dans les usages, et que 
les chartes en langue vulgaire, fort rares antérieurement 
à la deuxième moitié du XIII e siècle, commencèrent à 
devenir communes ' . Sous ce rapport encore, elles sont 
curieuses, et peut-être même précieuses pour l'histoire 
du langage en ce pays. 

Les deux premières sont des actes de vente d'uni! 
maison dont l'emplacement est occupé par celle qui 
porte aujourd'hui le N° 13 de la rue Guesnault, ainsi 
qu'il résulte de différentes pièces qui seront citées. 

Voici une analyse succincte de ces actes, passés par 
devant un personnage qui n'y est pas dénommé, mais 
qui était cependant revêtu d'un caractère public, comme 
le prouve cette formule initiale : « Quenne chouse soit 
« que par devant nos establiz en droit... » Par le pre- 
mier, André le Fièvre, clerc, fds de feu Henri le Fièvre, 
reconnaît avoir vendu et vend à Johan dit Arcemon le 
coutelier et à ffressane sa femme et à leurs héritiers, une 
maison telle qu'elle se poursuit avec ses appartenances 



1 C'est en 4530 seulement que François 1er, par son ordon- 
nance de Villers-Gotterets, rendit obligatoire l'usage du français 
à l'exclusion du latin, dans la rédaction des contrats. 



— 36 — 

devant ot de côté, située à la Planchette, joignant au 
four aux Nonnins de la Virginité, en la censive de Geuf- 
i'roi de Noiers, écuyer. Cette vente est faite à perpétuité, 
moyennant le prix de quinze livres de la monnaie cou- 
rant au pays, que le vendeur reconnaît avoir reçus en 
deniers nombres en présence du magistrat... « Ce fut 
« fet et scellé à la requeste doudevant dit André, au 
« sceau de notre cort de Vendôme, en l'an de grâce 
« Notre Seigneur M. GC. seissante et diz et sept au mois 
« d'aoust. » 

Par la seconde, les nouveaux acquéreurs Johan dit 
Arcemon de Vendôme, coutelier, flïessane sa femme 
et .lohannin leur fils, vendent librement et à perpétuité 
à l'abbaye et au couvent de la Virginité une maison avec 
une treille et un courtil situés à côté, et une voie allant 
jusqu'au Loir, le fonds, la propriété et toutes les appar- 
tenances de ladite maison, « qui sont scanz le ponceau 
« joignant » d'une part au four desdites abbeye et cou- 
vent en la censive de Monseigneur Philippe de Noiers, 
chevalier. L'acte de cette vente, conclue moyennant le 
prix de nnef livres de la monnaie courant au pays, « fut 
« fet et scellé à la requeste des dits vendeors au seau 
« as causes de notre cort de Vendôme sauve la droï- 
« ture de Monseigneur le C te an lan de grâce Notre 
« Seigneur, mil CC seixantv diz et oct au maes de oc- 
« touvre. » 

On voit par ces pièces que l'abbaye de la Virginité 
possédait dans la ville de Vendôme un four qui devait 
être et était en effet un four banal, comme l'établit un 
titre plus récent que nous aurons occasion de citer; que 
ce four était contigu à une maison dont le couvent, pro- 
bablement dans un but d'agrandissement, fit l'acquisi- 
tion ainsi que de ses dépendances, consistant en un 
certain terrain planté de vignes et une allée conduisant 
au Loir. Ces héritages étaient situés sur le petit bras de 
la rivière qui, après avoir traversé l'enclos de l'abbaye 
de la Trinité, coule aujourd'hui dans un canal couvert 
sous une partie de la place d'Armes. Nous avons la preuve 
qu'au XIII e siècle déjà ce cours d'eau était désigné par 



— 37 — 

le nom de Ponceau, qu'il a constamment porté depuis, 
car celui de Pontereau, qui lui est quelquefois donné 
au XVII e et au commencement du XVII I e siècle, n'est 
qu'une variante du nom primitif, et que dès cette épo- 
que il y était établi une planchette destinée, sans aucun 
doute, à faciliter le passage des piétons. Ces biens, situés 
au centre de la ville, étaient tenus à cens de seigneurs du 
nom de Noiers, dont l'un, appelé Geuffroi, vivait en 1477. 
Il est vraisemblable qu'il mourut vers celte époque, car 
ce n'est plus lui que l'on trouve nommé l'année suivante, 
mais Philippe de Noiers, qui était sans doute son fds et 
certainement son successeur. 

On ne peut déterminer aujourd'hui le motif de la dif- 
férence remarquée entre les prix portés à ces deux ven- 
tes, qui semblent avoir eu cependant le même objet. En 
effet, ce prix est fixé dans la première à 15 livres, et 
dans la seconde à 9 livres de la monnaie courant au 
pays; désignation bien vague pour une époque où les 
mosnaies seigneuriales circulaient à côté de celle du 
roi. Mais quelle qu'ait été le motif de cette différence, 
si l'on cherche à évaluer en monnaie actuelle les sommes 
exprimées, et si pour terme de comparaison l'on prend 
le blé au prix moyen de 20 francs l'hectolitre, sachant 
que le septier valait environ 5 sous vers la fin du du XIII e 
siècle ', on trouve que la première représenterait environ 
1800 fr. et la seconde 1080 fr. de notre monnaie. 

La lecture de ces deux pièces donne à penser que la 
confiance qu'inspirait, à cette époque, un contrat même 
passé en la forme authentique, n'était pas assez grande 
pour que l'on ne crût prudent d'en corroborer la valeur 
par d'autres garanties ; et pour cela on faisait prêter au 
vendeur, entre les mains du magistrat, un serment dont 
nous trouvons les nombreux objets détaillés avec soin. 
suivant lequel il devait exécuter loyalement toutes les 
clauses du contrat, garantir la jouissance de la chose 
vendue, ne rien faire, soit directement, soit par per- 
sonnes tierces, qui pût y apporter quelque trouble, re- 
noncer à toute espèce de privilège et d'exemption, ne 

1 Histoire de Chartres et du pays Chartrain par M. Doyen. 



— 38 — 

réclamer devant aucune cour le prix de la vente, et en 
outre engager encore tous ses biens, meubles et im- 
meubles, présents et à venir. Une telle énumération de 
tout ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire, peut 
sembler un luxe de précautions capables de donner une 
assez mince idée de la bonne foi privée en ces temps 
où l'on avait sans cesse recours à des serments qui n'é- 
taient que trop souvent violés. 

Cette coutume d'exiger des serments en toutes occa- 
sions, eut pour conséquence directe de multiplier les 
parjures, car c'est une des imperfections inhérentes à la 
faiblesse humaine de perdre bientôt, par un usage trop 
fréquent, le respect des choses même les plus saintes. 
Or, il arrivait souvent que l'entraînement de l'ambi- 
tion, la puissance des intérêts, ou la violence des pas- 
sions, ne savaient pas se contenir ni s'arrêter en face 
d'engagements même solennellement jurés sur des re- 
liques ou sur des évangiles ; car, pour rendre au ser- 
ment un peu de la valeur qu'il perdait par l'emploi trop 
habituel que l'on en faisait, on commença à le faire prê- 
ter sur les reliques des saints, que l'on prenait ainsi à 
témoins. Mais bientôt l'intérêt personnel, si ingénieux 
pour préparer à la conscience des facilités de capituler 
avec le devoir, s'arma d'un certain esprit de critique, et 
établit des degrés de mérite entre les reliques des saints, 
qui n'eurent plus toutes droit à une égale vénération. L'ab- 
bé de Vertot, dans une curieuse dissertation sur la forme 
des serments, constate l'usage où furent les princes, 
dans les serments garantissant les traités politiques, de 
déterminer de part et d'autre les reliques sur lesquelles 
on devait jurer, chacun désignant à sa partie adverse 
celles sur lesquelles elle devait faire serment. Parfois il 
y en avait que l'on convenait de ne pas employer, ainsi 
que cela arriva lors du deuxième traité d'Arras entre 
Louis XI et François duc de Bretagne, qui réservèrent 
de ne point être tenus de faire serment sur le précieux 
corps de Notre Seigneur, ni sur le bois de la vraie croix 
étant en l'église de Monsieur S 1 Lô d'Angers. 

« La vénération que l'on avoit pour les reliques de 



— 39 — 

« ce saint, «lit l'abbé de Vertot, dépassoit celle inspirée 
« par S 1 Martin lui-même, et si Louis XI ne vouloitpas 
« entendre d'y prêter serment, sous prétexte que c'étoit 
« profaner l'instrument de notre salut, un de ses his- 
« toriens nous apprend que sa répugnance ne venoit que 
« d'une vieille croyance que ceux qui se parjuraient en 
« jurant sur cette relique mouraient dans l'année, et 
« le bon prince, qui étoit aussi attaché à la vie qu'il 
« l'étoit peu à sa parole, dissimuloit sa crainte sous un 
« respect religieux. » 

Mais le désir de rapporter cette citation, si conforme 
au caractère cauteleux de ce monarque, nous a conduit 
bien loin de nos actes de vente, dont cependant il nous 
reste encore un mot à dire pour les faire entièrement 
connaître. 

Le contrat faisait bien loi entre les parties, mais il 
n'avait pas pour effet d'opérer la mutation de la pro- 
priété, qui n'était transférée que par l'intervention du 
magistrat; aussi nos chartes contiennent-elles cette men- 
tion que le vendeur se dessaisit de la chose vendue en- 
tre les mains de celui-ci, pour qu'il en saisisse l'acqué- 
reur et l'en vêtisse immédiatement, suivant l'ancienne 
expression. Enfin il est fait une réserve relative aux droits 
du suzerain : Sauve la droiture de monseigneur le Comte. 

La troisième charte contient des lettres d'amortisse- 
ment, du genre que l'on appelait mixte, c'est-à-dire 
portant à la fois sur des objets déterminés et sur d'au- 
tres qui ne l'étaient pas. Elles sont données par Phelippe 
de Noiers, chevalier, en faveur des religieuses dames et 
couvent de l'abbaye de la Virginité, de Tordre de Ci- 
teaux, diocèse du Mans, pour l'acquisition qu'elles ont 
faite (l'une maison appartenant jadis à feu Henri le Fièvre, 
sise à Vendôme, joignant leur four, et encore pour le 
manoir de la Pousse ' et toutes ses appartenances. assis 
en la paroisse d'Azé et en quelque autre, lieu que ce 
soit de ses fiefs, et enfin pour toutes acquisitions qu'elles 

1 On trouve sur la carte de Cassini un lieu du nom de la Fosse, 
sur le coteau de la rive gauche de la rivière de Boulon, à peu près 

à la hauteur de Galette. 



— 40 — 

auraient pu faire à titre onéreux ou gratuit ( pour reson 
d'achat ou d'aumosne) de quelques personnes que ce 
soit, de tous biens situés dans ses fiefs ; promettant que 
ni lui, ni ses héritiers, ni ses successeurs ne réclameront 
rien de ces choses pour raison de fief ou de domaine, ni 
pour aucune autre reson que ce soit, et ne molesteront 
en aucune manière lesdites religieuses. Et pour que ce 
soit ferme et établi, il leur en donne ces présentes lettres 
scellées de son propre sceau, témoin de vérité. Donné 
et scellé en l'an de l'Incarnation de Notre Seigneur mil 
deux cent soixante et diz et oct, au maes de Novembre. 

On peut faire cette remarque, que ces lettres ne sont 
(pie de trois années postérieures à l'ordonnance rendue 
en 1275 par Philippe-le-Hardi, la plus ancienne connue 
sur le droit d'amortissement dont l'usage était cepen- 
dant établi bien antérieurement à cette date. 

On sait que l'amortissement était la faculté de pos- 
séder des biens, que le souverain accordait à des gens 
de mainmorte. Les anciennes constitutions du royaume 
ne permettaient ni aux églises, ni aux couvents, ni aux 
communautés laïques ou ecclésiastiques, de posséder 
des biens-fonds. Cette interdiction était motivée sur le 
préjudice qu'éprouvait l'Etat, lorsque des biens tombant 
entre les mains de communautés qui étaient perpétuel- 
les, malgré le décès successif des membres qui les com- 
posaient, sortaient à tout jamais du commerce, et de- 
venaient affranchis des charges et services dont ils étaient 
grevés auparavant. Les églises et les ecclésiastiques ac- 
quirent néanmoins des biens, qui, restant indéfiniment 
la propriété d'une même personne civile, tout en pas- 
sant par les mains d'usufruitiers successifs, ne donnaient 
plus lieu à l'ouverture d'aucun de ces droits de muta- 
tion perçus par les seigneurs et que l'on appelait profits 
de fief. Aussi arriva-t-il souvent que ceux-ci troublèrent 
les ecclésiastiques pour les forcer à se dessaisir de leurs 
acquisitions. Ces derniers portèrent même leurs plaintes 
au pape Clément IV, et saint Louis, voulant déférer aux 
représentations du Saint-Père, trouva cet expédient, de 
leur accorder la grâce d'acquérir des fonds, mais à la 



— u — 

condition de lui payer une certaine somme, qui, dans 
sa pensée, devait être fixée à un taux assez élevé pour 
l'aire de cette obligation une entrave capable de com- 
battre la multiplicité d'acquisitions aussi contraires au 
bien de l'Etat. 

Il voulut encore qu'outre le droit d'amortissement, 
c'est-à-dire la somme à payer en échange de la grâce 
([lie le roi avait seul pouvoir d'accorder et qu'il fixait 
arbitrairement, une indemnité fut payée aux seigneurs à 
raison des acquisitions de biens faites dans leurs fiefs ou 
censives, comme dédommagement et compensation des 
droits que ces biens auraient produits s'ils étaient res- 
tés dans le commerce. 

La législation se trouvait ainsi fixée ; mais les faits n'y 
étaient pas toujours conformes. Aussi n'y a-t-il rien de 
surprenant si les lettres d'amortissement qui nous oc- 
cupent n'émanent pas du roi, mais d'un simple sei- 
gneur ; car, à cette époque, la puissance souveraine n'a- 
vait encore qu'une action limitée et souvent contestée 
par des grands vassaux sans cesse travaillés du désir 
de s'en affranchir, et, à leur exemple, chaque seigneur 
de fief, se considérant comme souverain dans ses do- 
maines, s'attribuait tout ou partie des droits régaliens 
et des prérogatives de la couronne. 

Après ce qui vient d'être dit sur les biens de main- 
morte, on ne s'étonnera pas de retrouver, au XVI e siè- 
cle, l'abbaye de la Virginité encore en possession du four 
à ban de Vendôme. Seulement, à cette époque, ce four 
et les maisons qui en dépendaient étaient dans un tel état 
de délabrement et de ruine, que, bien qu'ils fussent af- 
fermés pour 50 livres tournois par an, la communauté 
n'en tirait que peu de profit, attendu qu'il fallait pré- 
lever sur cette somme le prix des réparations les plus 
urgentes faites par le fermier. Les religieuses résolurent 
alors de les donner à bail à long terme, en considération 
de cet état de choses, et « aussi pour la grande cherté 
« qui est et sera encore plus grande à l'advenir au dit 
« Vendôme et es environs, » dit la pièce qui nous four- 
nit ces détails. C'est un bail, dont il existe une grosse 



— 42 — 

en parchemin, passé en la cour du roi de Navarre à Ven- 
dôme, par devant Michel Fouscher, notaire juré, et sui- 
vant lequel « Jehan Dulae, marchand fournier, boullan- 
« ger de Vendôme, prend et accepte à tittre de rente 
« emphytéotique de honorable et discret maître Michel 
« Garrault, chanoine de l'église collégiale de S 1 Martin 
« de Troô, au nom et comme procureur des religieuses 
« abbaye et couvent de la Virginité, le four à ban ap- 
« partenant aux dites religieuses abbaye et couvent vul- 
« gairement appelé le four aux Nonnains, situé devant 
« la rivière du Ponceau en cette dite ville, avec toutes 
« et chacune des maisons, ouvrouers et boutiques, 
« court, jardins, etc.... avec le droit de contraindre 
« suivant la coutume du pays, tous les banequiers, sub- 
« jetz et estaigiers du dit four; lequel, avec ses appar- 
« tenances, est joignant d'un côté à la maison 4 et ap- 
« partenances de la malladryedontjoyssaient les enfants 
« de deffunt maître Jehan Tesnière, vyvant bailly de 
« Vendomois, d'un bout par derrière à une traite ou 
« ruelle commune tendant de la rue du Pont S 1 Byé au 



1 Cotte maison faisait partie des biens appartenant à des éta- 
blissements bospitaliers, tels que maladries, hôpitaux, maisons- 
Dieu, etc. . . . qui, par Edit de décembre 167'2, furent donnés et 
réunis à l'ordre de Notre-Dame de Montcarmel et de St-Lazare. 
Comme beaucoup de ces biens étaient détenus par des communau- 
tés régulières ou séculières ou par des tiers qui, dans le but de 
se perpétuer dans ces usurpations, s'étaient efforcés de les faire 
réunir à des bénéfices, ou avaient surpris des concessions, ou 
même supprimé ou supposé des titres, un arrêt fut rendu le 4 mars 
4G73 par la chambre royale siégeant à l'Arsenal, sur la requête du 
vicaire général et chancelier de l'ordre, ordonnant à tous les dé- 
tenteurs de ces biens de s'en dessaisir entre des mains de Tordre 
et d"en rapporter les titres avec les fruits des vingt-neuf der- 
nières années. 

C'est en exécution de cet arrêt que par assignation du 13 oc- 
tobre '1087 donnée par Jacques Froger, Ici' huissier au siège 
présidial de Blois, noble homme Godineau, conseille! du roi, 
Elu et grénetier (du grenier à sel) en l'élection de Vendôme, fut 
cité à comparaître devant ladite chambre de l'Arsenal pour se 
voir condamner à se dessaisir d'un corps de logis situé rue Gucs- 
nault à Vendôme, et d'en rapporter les titres cl les fruits depuis 
vingt-neuf ans. 



A;) 



« ruisseau du Ponceau, en laquelle traite le dit Cour a 
« droit, et d'autre bout par devant à la rue du dit 
« Ponceau. » 

Mais, pour se rendre compte de cet acte, il convient 
peu-être de rappeler sommairement ici ce qu'était le 
contrat d'emphytéose. 

Ce contrat d'un genre particulier, que les mutations 
de la propriété si multipliées de nos jours ont à peu 
prés fait abandonner, était au contraire d'un usage trés- 
fréquent dans l'ancien droit, surtout à Tégard des biens 
de mainmorte. Il offrait cet avantage de faciliter en quel- 
que sorte la transformation de ces biens dont la pro- 
priété était immuable, et d'atténuer dans une certaine 
mesure les inconvénients de cet état de choses. On sait 
en effet que c'était une sorte de bail d'un héritage et 
souvent de terres incultes, à la charge de les cultiver et 
de les améliorer, — ou d'un fonds, à la charge d'y con- 
struire, — ou d'une maison, à la condition de la rebâ- 
tir et de la réparer, moyennant une somme modique, 
payable chaque année par le preneur, qui habituelle- 
ment donnait encore, au moment du contrat, une somme 
déterminée. 

Il pouvait être temporaire, mais toujours fait à long 
terme, pour 30, 40, 50, 00, 80 ans, sans dépasser ce- 
pendant la limite de 99 ans, au delà de laquelle il cessait 
d'être temporaire pour devenir perpétuel 1 . 

Le laps de temps pour lequel l'emphytéose était con- 
sentie n'était pas toujours déterminé d'avance d'une 
manière précise. Elle pouvait être faite pour la vie du 
preneur seul, — ou bien pour la vie du preneur et de 
ses enfants, — ou bien du preneur, de ses enfants et des 
enfants de ses enfants. Quelquefois même on ajoutait 
encore un terme de cinquante années après la troisième 
génération \ Alors elle prenait fin par l'extinction de 

1 La loi des 48-29 août 4790 abolît l'emphytéose perpétuelle, 
qui, comme toutes les autres rentes foncières perpétuelles, lut dé- 
clarée essentiellement l'achetable. 

2 En 4507 les chanoines du chapitre de la collégiale de Saiut- 
Georges, donnèrent à bail en cette forme, leurs moulins de la 



_ 44 — 

la famille ou de celui des degrés en faveur duquel elle 
avait été stipulée. 

Ces formes, qui peuvent sembler singulières aujour- 
d'hui, sont parfaitement observées dans le bail que nous 
analysons, et la jouissance y est ainsi réglée : « Pour 
« joyr des dites choses baillées au dit tiltre, par le dit 
« preneur et Catherine Tenier sa femme pour une vie, 
« — pour les enfants du dit preneur et de Marie Guil- 
« Ion, sa première femme, qui sont Nicolas Dulac et 
« Laurent Dulac, et même pour les enfants nés et à 
« nestre du mariage de lui et de la dite Tenier sa 
« femme, et du plus vivant des dits enfants de l'un et 
« l'autre mariage, pour la seconde vie, — et pour les 
« enfants légitimes qui proviendront et seront nés du 
« mariage des enfants du dit Dulac et de sa première et 
« seconde femme pour la troisième vie. » 

Quant aux charges, elles sont de plusieurs sortes; il 
est stipulé d'abord que les preneurs seront tenus d'em- 
ployer dans le temps de deux années une somme de 
soixante-six écus deux tiers d'écus d'or sol, au prix de 
soixante sols tournois chaque, pour faire aux bâtiments 
et dépendances, celles des réparations qui, d'après 
l'avis d'experts, seront jugées les plus urgentes par les 
bailleresses et le preneur, « et en ce comptera le pavé 
« que les eschevins pourront faire mettre devant la 
« maison dudit four, comme l'on a commencé faire es 
« autres rues et endroits de cette dite ville. » 

Nous avons ainsi la preuve que cette partie de la ville, 
tout centrale qu'elle est, n'était point pavée en 1578, 
bien qu'il y eût déjà plus de quarante années que Charles 
de Bourbon, premier duc de Vendôme, avait abandonné 
à la ville le droit de barrage qui se percevait à l'entrée 
( 1531 ), « à la charge de faire tenir et entretenir les pa- 
« vés de la dite ville et forsbourgs au dedans des dites 
« limites et barrières, tant es rues qu'es places et car- 
te refours, le plus commodément que taire se pourra ! . » 

Fontaine, paroisse de Thoré, à Mathurin Minier et à sa femme, 
leur vie durant, et après eux à leurs entants légitimes, et pour 40 
années encore après le dernier survivant. 

1 Histoire du Vendômoia, par M. de Pétigny, p. 330. 



— 45 — 

Non-seulement l'entretien des bâtiments était à la 
charge du preneur, mais encore il devait les remettre à 
la fin du bail en tel et si bon état qu'ils auront été trou- 
vés, suivant rapport dressé par gens à ce connaissant, 
après que la somme de soixante-six écus, stipulée pour 
les réparations, y aura été dépensée. Les bailleresses se 
réservaient en outre la faculté de pouvoir y faire, suivant 
la coutume, la recette de leurs cens, ventes, moissons, 
tant en grains qu'en deniers, des choses situées dans la 
chastellenie de Vendôme, et d'y faire tenir les plaids de 
leur justice foncière des fiefs de Puteaulx, de Curris, de 
la Nonnetière et Araines, quand bon leur semblera. 

Enfin la rente annuelle dont le paiement devait être 
effectué au couvent même de la Virginité, en deux ter- 
mes, l'un à la Saint-Jean, l'autre à Noël, était fixée à 
seize écus tournois. Le fermier était en outre tenu d'al- 
ler tous les ans « au 1 er janvier, estrenner les dites 
« dames de deux gâteaux de chacun un boisseau de blé 
« froment, quatre chappons et un écu ; fait et passé en 
« la court de Vendôme, en présence de honorable homme, 
« maître Laurent Bry, licencié es lois, advocat au dit Ven- 
« dôme, bailly des fiefs, terres et seigneuries de la dite 
« abbaye de la Virginité, et François Moulin, marchant, 
« demeurant au dit Vendôme, témoins, le deux juin 
« 1578, » 

Le 22 du même mois, les religieuses ratifièrent ce 
contrat par devant Gilles Girard, notaire, en la cour du 
roi de Navarre, en présence de vénérable et discret frère 
Mathurin Lemercier, religieux de l'ordre de Citeaulx, 
curé de Saint-Rimay, et messire Marin Moreau, prêtre 
demeurant en la dite abbaye ' . 

C'est peu d'années seulement avant la révolution de 
80 que le couvent de la Virginité cessa de posséder le 

1 Les religieuses nommées comme présentes à cette ratification 
sont : Florence de Cremauwille, abbesse ; Loyse de Gouttons, 
prieure ; Charlotte de Gourtous, chantre ; Marguerite de Yille- 
blanche et Ambroise de Paigny, souhs-chantres ; Jacqueline le 
Paouvre; Suzanne deBaillet ; Marie de Saint-Léonard : Charlotte 
deMailly; Françoise Lemcsurcur; Suzanne de la Ghasteigne- 
raye, et Anne de Gourtoux. 



— 46 — 

four banal de la rue Guesnault. A celte époque, M. Char- 
les-Joseph de Tremault, ancien mousquetaire de la garde 
du roi, désirant agrandir sa maison, qui était contiguë 
à ce four,proposa aux religieuses de le lui céder, leur of- 
frant en échange une pièce de six quartiers de prés, située 
à la Croix-de-Ris, paroisse des Roches, et dépendant de la 
terre de la Barre. A cet effet, celles-ci adressèrent à 
Monseigneur Trouvé, abbé et supérieur général de Ci- 
teaux, une supplique, pour être autorisées à effectuer cet 
échange, dont elles font ressortir les avantages pour leur 
communauté, le pré situé dans le voisinage de l'abbaye 
étant loué pour 130 livres par an, tandis que le four, 
sujet à de fréquentes réparations, n'était affermé que 
100 livres. 

L'autorisation leur fut donnée le 30 juillet 4778. 
Elles obtinrent des lettres patentes du roi du mois de 
juin 1779, enregistrées au parlement le 15 décembre 
1780. 

Entre autres clauses du contrat passé par Gobert, no- 
taire royal à Montoire le 11 juin 1782, devant la grille 
du principal parloir de l'abbaye, il est stipulé que la mai- 
son de Vendôme restera grevée de 3 deniers de cens 
annuel envers le fief de la Nonnetière appartenant au mo- 
nastère, et que le pré sera chargé d'un denier de cens 
envers la terre de la Barre 1 . 

Tel est le contrat qui fit rentrer dans le droit commun 
ce fonds qui depuis cinq siècles était immuable entre 
les mains des religieuses. Bientôt après, sur le terrain 
du four qui fut rasé, s'éleva le corps de logis qui est au- 
jourd'hui en façade sur la Place d'Armes. 



1 Les religieuses nommées comme présentes sont : M mc Marie 
de Murât, abbesse ; Dame Aimée-Amable Riet de Maugay, prieu- 
re; Dame Marie Proust; Dame Julienne Bouteillier; Dame Ca- 
therine Charles; Dame Anne Favereau ; Dame Marie-Anne Du- 
pré ; Dame Marie de Torquat; Dame Marie Cilles et Dame Louise- 
Armande de Combarel deSartiges. Au bas de la requête à l'abbé 
«le Citeaux se lisent les mêmes noms, plus encore ceux de sœur 
Lebert et de sœur de Fretay. 



— Al — 

Les deux actes de vente étant identiques dans leur 
forme et conçus en termes à peu près semblables, on en 
transcrit un seul ici, en suppléant seulement aux abrévia- 
tions assez nombreuses d'ailleurs. 

l re PIÈCE. — ACTE DE VENTE. 

Quenue chouse soit atouz que pardevant nos establiz 
endroit. Johan dit Arcemon de Vendôme coutelier et 
t'ressane sa femme et iohannin lor fuiz Requenurent et 
endroit pardevant nos que il avoient vendu etespeciaument 
vendirent encores par devant nos, d'un commun accort 
d'un assentement et d'une volonté alabbaesse et au convent 
de la Virginité une meson ofonz (o. avec; ofonz, avec le 
fonds) etopropriete et otreille et cortil séant detries (de 
côté) ladite meson et o une voie alant des ladicte meson jus- 
ques au Loir par detries et si comme la dite meson et 
la dite treille et ledit cortil et la dite voie alant au Loir 
se porsieent loue et le omerien J et opierre apartenanz a 
la dite meson et as autres dites chouses vendues et estanz 
dedanz. Lesqueles chouses sont seanzjouste le ponceau 
joignant dune partie aufor as dites abbaesse et convant 
en la censive monseigneur phelippe de noiers chevalier 
a avoir atenir et a porseoir heritaument et perdurable- 
ment pesiblement quittement et ampez (en paix) de la 
dite abbaesse et doudit convant qui ores sont et de cel- 
les qui sont avenir desores en avant par non et par reson 
dachat Et fut fête la dite vencion le pris de nuef livres 
de la monoie courant au pais si comme lidevant diz ven- 
deors requenurent en droit pardevant nos. Et desquex 
deniers devant diz lidevant diz vendeors se tindrent an- 
tigirement (entièrement) et pleinement por touz paies par- 
devant nos en deniers nombrez senz endemander des- 
ores en avant ret.... en nulle cort. Toutes lesqueles 
chouses vendues cidesus devisees otoutes les aparte- 
nances et si corne elles se porsieent devant et detries 
lidevant diz vendeors promissent pardevant nos et sont 
lenuz par les foys de lor cors donees en notre main def- 
fandre garentir et délivrer de touz et contre touz et en 

1 Merain, matériaux de bois. 



— 48 — 

jugement et dehors a la dite abbaesse et au convant et 
alor commandement et icelles qui seront après ; contre 
toutes personnes tant que droit doura . et promistent 
ensor que tout li diz vendeors et par les foys devant 
dites que encontre la devant dite vencion si comme elle 
est ci-dessus devisee desores en avant niront ne ne feront 
aler ne es devant dites chouses vendues ne en lor apar- 
tenances, Riens ne demanderont ne neferont demander 
ne reclamer par aus (eux) ne par autres en nulle ma- 
nière ne par nulle reson, ne par reson de conqueste ne 
de heritaige ne de retraite ne par reson de decevance ou- 
tre moitié de droit pris audedanz ne pour autre reson 
quelle que elle soit ains deffandront et garderont la dite 
abbaesse et convant ez lar commandement sur la dite ven- 
cion de touz domaiges. Et se des seisirent li devant diz 
vendeors de toutes cestcs chouses vendues cidessus 
devisees de toutes les apartenances dou tout en tout en 
notre main. Et nos a la requesle diceux vendeors ves- 
times et sessimes la devant dite abbaesse et ledit convant 
et meimes en corporel possession et perdurable de tou- 
tes icelles chouses vendues et de toutes lor apartenences 
par la baillée de cestes présentes Lestres. Et quant a 
toutes cestes chouses cidessus devisees et chacune pour 
soy feir. Segre tenir et acomplir fermement et leaument 
senz maumestre et senz aler encontre en nulle ma- 
nière li devant diz vendeors en obligent par devant nos 
a la dite abbaesse et audit convant ous (eux) et lors hers 
et touz les biens muebles et nonmuebles presenz et ave- 
nir en quelqueleu quils soient trouves a prendre et a 
vendre de ior en ior (de jour en jour)* par les mains de 
noz aloez 2 seil défaillaient dacomplir aucune des dites 
chouses et chacun por le tout. Et renuncerent en cest fet 
pardevant lidevant dit vendeors et par les foys devant 
dites atoutes excepeions resons et allegacions de fet de 
droit de coustume de canon et de lay de cort deglise et 
de cort laie et a tout privileige de croiz done et a doner 

1 Ou de toz on toz, de tout on tout. 

- Aloé gl. allocatus. — Celui qui agit pour et au nom d'une au- 
tre personne, procureur. 



— 49 — 

et atouz establissements fez et a fere de quicunquez per- 
sones. Et atoute decevance de mal et de fraude et de tri- 
cherie et atoutes autres resons et allégations par quoi la 
dite vencion si comme elle est ci dessus devisee peust cs- 
tre ampeschee retarde rappelée ou anneantee ou en tout 
ou en partie ; Et ce nos avon avigie (avisé) a tenir par le 
jugement de notre cort. Ce fut fet et scelle a la requeste 
des diz vendeors au seau as causes de notre cort de Ven- 
dôme, sauve la droiture monseigneur le comte an lan de 
grâce notre seigneur mil ce seixante diz et ocl au maes de 
oc ton vre. 



La formule de renonciation à tous privilèges contenue 
dans le premier acte de vente est encore plus détaillée : la 
voici : 

Et renunce en cost fet pardevant nos cil andre et par 
la foy dessus dite a touz privileige de croiz done et adoner 
et a toutes exceptions resons et allegacions de fet de droit 
de coustume de canon de lay et a toute indulgence da- 
postoire ((d'apostoile, de pape) et de roi donee et adoner 
et a toute decevance de boidie (de fraude) et de tricherie, 
et a tout aide de droit de cort d'église et de cort laie et a 
toute autres resons et allegacions qui li périssent valoir, et 
as diz achateors nuire et a tout droit esciït et non escrit 
et a touz establissemenz feiz et a fere dequelcunquesper- 
sones, par lesquex cestes chouses si que elles sont ci- 
dessus devisees ou aucune de celles puesseint estre am- 
pechees ou aneantee. 



Les privilèges désignés ici parle nom de privilèges de 
croix sont ceux que le souverain pontife ou les princes ac- 
cordaient aux fidèles qui prenaient la croix pour passer en 
terre sainte. Ils étaient nombreux, et divers; les princi- 
paux consistaient dans la faculté accordée aux croisés de 
n'être pas tenus de payer leurs dettes pendant le temps de 
leur voyage ni même pendanl un certain délai après leur 

IV. ï 



— ou — 

retour (constitutions de Saint-Louis — octobre 1243), 
dans la possibilité de donner leurs biens en gage aux 
églises ou à des ecclésiastiques sans le consentement des 
seigneurs, de voir leurs personnes et leurs biens sous la 
protection de saint Pierre et du pape, et leur procès ju- 
gés en cour d'église, etc.; mais le croisé qui se rendait 
coupable de quelque crime cessait de jouir de ces pri- 
vilèges. 

Du reste ils cessèrent avec le temps d'être un avan- 
tage, et devinrent plutôt une entrave pour les privilégiés 
eux-mêmes en multipliant les difficultés qu'ils rencon- 
traient à se procurer les ressources dont ils avaient be- 
soin : et cette situation amena l'usage de ces formules de 
renonciation. 



"1 e PIÈGE. LETTRES D'AMORTISSEMENT. 

A touz ceux qui cestes présentes Lestres verront et 
oiront phelippe de noiers chevalier. Salut en notre 
seigneur. Sachent tout que gie por. Lamor de dieu et le 
remède de marne (mon âme) et de mes peines veult et ac- 
cor. . . que religieuses Dames Laltbaesse et le convant 
«le la Virginité de lordre de Gisteaux de la dyocese du 
Mans Tiengnent et porsieent quittement pesiblement 
amortiement et perdurablement. La meson qui fut jadis 
feu Henri le fevre ofonz. . , . propriété et otoutesses 
apartenances queles que elles soient. La quele meson 
otoutes ses apartenences siet.. (à) Vendôme joignant au 
for as dites Religieuses ; et le manaer de la fousse otou- 
tes ses apartenances queles que elles soient et en quel- 
que leu que elles soient assises ; en la paroisse daze et 
quelcumqzs autres leus en mes fiez. Et toutes autres chou- 
ses quelles que elles soient que les dites Religieuses . ont 
acquises en mes liez de quicunques persones parreson 
dachat ou daumonne ou par quelcunque autre reson. Et 
promet que ie en toutes les devant dites chouses ne en 
nulle de celles riens ne demandere ne moy ne mes hers 
ne mes successors .reson de lie ne de domaine ne par 



— 51 — 

nulle autre resou [>ar quelle que tille soit, .le, les de- 
vaud dites religieuses sur les chouses devant dites, ne 
molestere des ores en avant ne ne fere molester ne moy 
ne mes hers ne mes successors en nulle manière ne pour 
nulle raison quelle que elle soit. Et que ce soit ferm et 
estable atoziorz (à toujours). Gie phelippe dessus dit en a 
done as dites religieuses . cestes présentes Lestres sel- 
lées de mon propre seau . en tesmoing de vérité. Ce fut 
fet done et saelle an Lan de lincarnation notre seigneur 
mil . Deuscenz seixante diz et oct au maes de Novambre. 



RENSEIGNEMENTS 

SUR LA 

STATISTIQUE RELIGIEUSE (avM789) DES PAROISSES 

de l'arrondissement actuel de Vendôme', 

Par M. Dupré, bibliothécaire à Blois. 

Observations préliminaires & plan du travail. 

La majeure partie du fonds des archives départcmen- 
mentalesde Loir-et-Cher (à la Préfecture de Blois) s'ap- 
plique aux anciens établissements religieux du pays, 
monastères, prieurés, églises paroissiales, chapelles, etc. 

Dans les liasses des paroisses, on remarque trois ca- 
tégories de titres : ceux des biens de la cure, — ceux 
des biens de la fabrique paroissiale, de Yéglise propre- 
ment dite, — ceux des confréries pieuses ou charitables, 
autrement nommées boîtes. 

Chaque cure avait ordinairement un présentateur, qui 
choisissait les titulaires ; ensuite, l'évêque diocésain leur 
conférait l'institution canonique ( à peu près comme au- 
jourd'hui le Gouvernement nomme les évèques et les 
présente à l'approbation décisive du souverain pontife). 
Quelquefois, néanmoins, l'évêque nommait seul aux cu- 
res, comme plein colla leur. 

Un certain nombre de cures étaient à la présentation 
de l'archidiacre dans le ressort duquel elles se trou- 
vaient. 

J'ai emprunté l'indication exacte des présentateurs : 
1° à deux anciens pouillés, l'un du diocèse de Chartres, 

1 J'ai fait pareil travail sur les deux arrondissements de Blois 
et de Romorantin qui, réunis à celui de Vendôme, forment le dio- 
cèse actuel de Blois (le département de Loir-et-Cher). L'arrondis- 
sement de Vendôme forme aussi un archidiaconé. Avant la Révo- 
lution, cet archidiaconé était composé différemment; sa circon- 
scription, d'origine immémoriale, correspondait à celle de l'ancien 
pagus Vindocinensis, subdivision franque et peut-être gallo-ro- 
maine de la Civitas Camotensis. 



— 53 — 

dressé au XIII siècle, et publié par M. Guérard dans 
les prolégomènes de l'abbaye de Saint-Père de Chartres 1 ; 
2° à l'Almanach historique de l'Orléanais, de 1 788 ; 3° 
à l'Essai statistique de Gamin sur le département de la 
Sarthe et sur l'ancien diocèse du Mans -. 

L'abbaye de la Trinité, la principale communauté re- 
ligieuse du Vendômois, possédait sa bonne part des 
présentations aux cures. 

Quant au plan du travail, je suivrai Tordre alphabé- 
tique des noms des paroisses. J'indiquerai sommaire- 
ment l'ancienne désignation latine de chaque localité, le 
diocèse et l'archidiaconé dont elle dépendait, les églises, 
chapelles, monastères, prieurés, communautés religieu- 
ses, établissements de charité ou d'instruction publique 
qu'elle possédait, l'origine de ces différentes institu- 
tions, avec une notice très-succincte de leurs titres exis- 
tants et de leurs principales vicissitudes jusqu'en 1781); 
les saints, les personnages pieux ou les ecclésiastiques 
distingués, nés dans chacune de ces villes ou paroisses. 

Les'sources auxquelles j'ai puisé sont: 1° les archives 
delà Préfecture, que je cite par les initiales A. D. ; — 
2° deux registres de la Bibliothèque communale de 
Blois, marqués A. B. ; — 3° divers ouvrages imprimés, 
entre autres, les livres de MM de Passac et de Pétigny 
sur l'histoire du Vendômois. 

J'ai laissé de côté la partie archéologique et monu- 
mentale, pour m'occuper exclusivement des institutions 
religieuses du pays, considérées en elles-mêmes, indé- 
pendamment des édifices plus ou moins anciens, plus 
ou moins curieux, qui en furent le siège et qui conti- 
nuent de les rappeler au souvenir de la génération pré- 
sente. 

1 Collection des Documents inédits sur l'Histoire de France, 
publiés par ordre du gouvernement. 

2 On sait que le Bas-Vendùuiois dépendait de l'ancien diocèse 
du Mans. 



— 54 — 
AMBLOY. 

(Saint Martin, patron. ) 

Diocèse du Mans et archidiaconé de Châleau-du-Loir . 

L'évêque du Mans, plein collateur. 

A. D. Liasse, composée de testaments de divers par- 
ticuliers, contenant des dispositions pieuses, XVII et 
XVIII e siècles, — Inventaire de ces mêmes testaments, 
dressé en 4770. — Comptes de la fabrique, de 1682 à 
1789. (Série incomplète.) 

AREINES. 

(Armas.) — Notre-Dame du Mont-Carmel. 

Diocèse de Blois. —Archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : le prévôt de Mazangé, chanoine digni- 
taire du chapitre de la cathédrale de Chartres. 

Paroisse portée sur le pouillé Chartrain du XIII e siècle 
( édition G uérard). 

Ancienne dévotion à la sainte Vierge, pèlerinage, et 
confrérie du scapulaire ' . 

ART1NS. 

(Saint Pierre. ) 

Diocèse du Mans, et archidiaconé de Château-du-Loir, 
Présentateur : le Chapitre de la cathédrale du Mans. 
Les anciennes légendes du Maine attribuaient à saint 
Julien, premier évêque du diocèse, plusieurs miracles 
accomplis en ce lieu 2 . Suivant ces traditions, une église 
aurait été érigée, à Artins même, dès les premiers siè- 
cles du christianisme, sur les ruines d'un temple païen, 
renversé par saint Julien en personne 3 . 

1 Notre-Dame de France, t. I, p, 479 (Nouvelle Histoire du 
culte de la sainte Vierge en France, par M. le curé de Saint-Sul- 
pice). 

- Histoire du Vendômois, par M. de Passac,p. 84. 

3 Vie des premiers évêques du Mans, par l'abbé Voisin, p. /< s 
et sniv. 



— - .JO — ■ 

Il y avait en cette Localité une commanderie de l'ordre 
de Malte ( autrement dit de de Saint-Jean de Jérusalem), 
à laquelle furent unis les biens de celle des Gogners, 
dans le département actuel de la Sarthe 1 . 

A. D. Copie, faite en 1779-1780, d'un supplément au 
terrier de cette commanderie ( 1 registre). 

Les archives du département de la Vienne gardent. 
en outre, plusieurs liasses de pièces concernant ce bé- 
néfice; on cite, entre autres, une sentence arbitrale de 
1282, rendue au profit de Ihospitale de Artins' 2 . 

Quelques restes de la chapelle de la commanderie 
d'Artins se voient encore. 

ARVILLE. 

Arida Villa. ( La Sainte Vierge. ) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé de Châteaudun. 
Présentateur : le commandeur de Sours et d'Àrville. 

Paroisse portée sur le pouillé Chartrain du Xlll*' 
siècle. 

Ancienne dévotion à la Sainte Vierge, patronne de la 
paroisse 3 . 

A. D. Liasse de testaments et titres récognitifs de 
rentes, XVII e et XVIII e siècles. 

Il existait à Arville, dès le XIII e siècle, une comman- 
derie de l'ordre de Malte \ 

A. D. Registre terrier des cens et droits féodaux dont 
cette commanderie jouissait sur le territoire de Ville- 
joint, près Blois, dressé en 1722. — Autre terrier des 
mêmes redevances, dressé en 1740. 



1 Analyse des documents historiques conservés dans les archi- 
ves de la Sarthe, par Ed. Bilard, n<> 770. 

2 DePétigny, p. 264et265. — Cette commanderie fut d'abord 
un bénéfice ou prieuré de Templiers, fondé au XI le siècle, el don- 
né à Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, au XIV 1 ', après la des- 
truction des Templiers (De Pétigny. ibidem ). 

"' Notre-Dame de France, t. 1, p. 170. 

1 L'abbé Bordas, Histoire du Dunois, Chorographie, p. 27. 



— 56 — 

A, 13. '. Bail fait en 1696 des biens dudit fief de 
Villejoint. 

La commanderie d'Arville avait été réunie à celle de 
Sours, située dans le voisinage; et ces deux bénéfices 
n'en formaient plus qu'un seul au siècle dernier. 

AZAY, ou AZY. 

( Saint Pierre. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

A. D. Quelques pièces concernant les réparations exé- 
cutées à une chapelle de Saint-Sulpice, située auprès 
du bourg d'Azay, et la répartition de cette dépense par 
voie de taxe sur les habitants de la paroisse, 1778-1783. 

Au village de Courtozé (Curtozillum ou Curtis Ozilli), 
existait un prieuré dépendant de l'abbaye de la Trinité 
de Vendôme 2 ; sa fondation remontait aux premiers 
temps des monastères 3 . 

A Beaulieu s'élevait une chapelle de la Sainte Vierge 4 . 

AUTHON. 

( Saint Hilaire. ) 

Diocèse de Dlois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Cette église est inscrite, sous le nom à'Autlieneum, 
dans la bulle que le pape Clément II accorda en 1047 
à l'abbaye de la Trinité, tout nouvellement fondée, pour 
lui confirmer ses premières possessions 5 . La paroisse 

1 Ces initiales désignent deux registres actuellement déposés à 
la Bibliothèque communale de Blois, et contenant, l'un, les décla- 
rations du revenu des biens de mainmorte de l'ancien diocèse de 
Blois, l'autre, L'enregistrement des baux de ces mêmes biens. 

- De Passac, leVendômois, p. 50. 

3 Histoire de Vendôme, par l'abbé Simon, t. 3, p. 243 et suiv. 

4 Notre-Dame de France, t.I, p. 179. 

3 Dissertation de Launay sur les titres les plus anciens de cette 
abbaye, t. 3, p. 247 de ses œuvres complètes ; et Histoire du Ven- 
dômois, par M. de Pétigny, p. 192. 



d'Aulhon se trouve aussi mentionnée dans un acte de 
1263 \ 

Sur son territoire on rencontrait l'abbaye de Saint- 
Sauveur de ['Etoile, ordre de Prémontré, située au 
fond d'une vallée étroite qui se terminait en pointe 
comme une étoile, d'où lui vint son nom. Elle fut fon- 
dée, vers 1130, par Geoffroy 111 Grisegonelle, comte de 
Vendôme, sous l'invocation de la Sainte-Trinité ou de 
Saint Sauveur. Les comtes de Vendôme et ceux de 
Blois, les évoques de Chartres et du Mans, figurent par- 
mi ses bienfaiteurs. La Commende s'y introduisit en 
1560. Jean de Lavardin, savant théologien, originaire 
de Lavardin, en Vendômois, fut le premier abbé de 
cette catégorie abusive. En 1666, les prémontrés réfor- 
més y rétablirent la discipline et la bonne administration 
du temporel 2 . 

A. D. Papier censif ( état des cens dus à cette maison ), 
dressé en 1555, mais déchiré en plusieurs endroits. 

Liasse de pièces, du XV e au XVIII e siècles. — Baux 
et autres actes : procédures, etc. — Collations et prises 
de possessions du prieuré simple et de la chapelle de 
Sainte-Radegonde, situés dans la paroisse de Busloup, 
avec d'autres pièces concernant le même bénéfice. (Voir 
ci-après l'article de Busloup. ) 

A. B. Déclaration du revenu de l'abbaye de l'Etoile 
en 1693. 

Mo r de Caumartin, 2 e évoque de Blois, prélat dis- 
tingué par son esprit et son talent littéraire, naquit en 
1008, au château du Fresue, situé dans ladite paroisse 
d'Authon. 3 

1 Analyse déjà citée des archives de la Sarthe, par M. Bil- 
lault, p. 005. 

- Gallla christiana, t. 8, col. 1402 et suiv. — De Pétigny, 
p. 249. 

3 Histoire de Vendôme, par l'abbé Simon, t. 3, p. 558. 



(Nous regrettons de ne pouvoir publier aujourd'hui qu'une 
courte partie de l'excellent travail de M. Dupré; nous le ter- 
minerons certainement dans le cours de l'année 1805.) 






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Jours de pluie. 
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de plus d'un centimètre. 



Jours de neige . 
Id. de brouillard . 
Id. de gelée blanche 
Id. de gelée . . . 

Jours de tonnerre . . 



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51 

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Jours sereins. . 
Id. 1/4 couverts 
Id. 1/2 couverts 
ld. 3/4 couverts 
Id. couverts . 



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NOTE SUPPLEMENTAIRE 

RELATIVE AUX FOUILLES LE PEZOU 
Par M. Launay. 



Messieurs, 

Depuis la publication du rapport sur les fouilles du ci- 
metière gallo-romain de Pezou, inséré dans le Bulletin du 
mois de juillet dernier, nous avons été informé de l'exis- 
tence de plusieurs objets qui avaient été découverts et 
qui avaient échappé à nos recherches. Une nouvelle ex- 
cursion faite sur les lieux nous a permis de voir ces ob- 
jets et de les dessiner avec soin, de manière à vous les 
décrire exactement. 

Nous citerons d'abord une petite clef en argent de 
0" 1 , 04 de long, portant à un demi-centimètre de l'extré- 
mité de la tige un anneau plat de m , 009 de diamètre 
percé d'un trou de 1!1 . 004, destiné à la suspendre; le 
long de la tige, des rainures ou entailles réunies deux 
à deux dans le sens du panneton, assez semblable aux 
pannetons de nos clefs. 

C'était sans doute la clef d'un petit coffret renfermé 
dans la tombe de femme où se trouvaient le bracelet en ar- 
gent et les épingles à cheveux dont nous avons déjà parlé. 
Il contenait aussi une grande quantité d'anneaux en bronze 
guilloché, d'un centimètre de diamètre, avec enroule- 
ments intérieurs à jour. La bélière destinée à les sus- 
pendre indique qu'ils faisaient partie d'un collier. Nous 
possédons un de ces anneaux, mais il nous a été im- 
possible d'obtenir du propriétaire la cession de la petite 
clef en argent. 

La découverte la plus importante, toujours dans la 
même fosse et dans le même coffret, est celle d'une 
bague en or massif, dont le chaton renferme une pierre 
d'un bleu opaque, que nous croyons être un lapis la- 
zuli, et sur laquelle est gravé un sujet représentant un 
homme assis sur un fragment de rocher et avant à ses 



— 01 — 

côtés son bâton de voyageur. Un chien semble se pré- 
cipiter vers lui. 

Ce sujet pourrait bien indiquer Ulysse reconnu par 
son chien. 

Le possesseur de ce bijou, d'une parfaite conservation, 
n'a malheureusement pas voulu s'en dessaisir, malgré 
les offres que nous lui avons faites. 

Nous regrettons aussi de ne pas avoir connu plus 
tôt la découverte de ces objets, que nous eussions fait 
figurer dans la planche de notre rapport sur le cime- 
tière de Pczou. 

Nous avons trouvé dans les mêmes mains : 

-1° Une médaille, en bas argent, de Constantin 1 er , 
portant d'un côté la tête de cet empereur diadêmée, 
à droite, avec l'inscription (CONS) TANTINUS; un P et 
AV; et au revers la déesse Piome assise, tenant de la 
main droite une Victoire, Victoria AV, et à l'exergue : 
S-M-T-; 

2° Une coupe ou assiette en verre d'un beau bleu 
foncé, que nous avions déjà signalée, sous le n° 13, 
sans qu'elle fût en notre possession, mais qui mainte- 
nant va contribuer à l'ornement de notre Musée. 

Des renseignements nouveaux, que nous avons eu 
occasion de vérifier, nous permettent d'espérer que 
nous n'en avons pas fini avec les découvertes gallo-ro- 
maines dans les environs de Pezou. 



MILLEVOYE. 



Que j'aime de tes vers la suave harmonie, 
Quand ton luth inspiré parle dans l'élégie 

Le doux langage d'un amant, 
Ou que, triste et plaintif, de la mélancolie 

Tu peins le charme attendrissant! 

Mon âme doucement bercée, 

Rêveuse et tendre tour à tour, 
Dans un vague enchanteur laisse errer sa pensée, 
Ou palpite agitée au nom seul de l'amour. 

Mais tu fais résonner la trompette guerrière, 

Soudain la gloire enflamme ma valeur: 
Des preux de Charlemagne arborant la bannière, 
Par tes vers entraîné, je vole au champ d'honneur. 

Tu présageais ta triste destinée. 
Ton teint pâle et flétri comme une Heur fanée, 
Helas! te faisait pressentir 
Qu'au doux matin de la journée, 
Malheureux ! tu devais mourir. 

Tu disais : « Jeune encor je vais quitter la vie, 
Lorsque je vois briller l'étoile du bonheur. 
Adieu mon pauvre enfant... adieu mère chérie... 
Pour la dernière fois pressez-vous sur mon cœur... 

La mort brise ma lyre et mes rêves de gloire. 
Je descends dans la tombe oublié pour toujours. 
A la postérité, la muse de l'histoire 
Ne dira pas mon nom, mes vers ni mes amours... » 

Alors des pleurs amers coulaient de ta paupière 
Et ton front se couvrait d'une froide sueur... 
Le poète expirait ; sa fervente prière 
Implorait le divin Sauveur. 



— 63 — 

Tel que le dernier son d'une harpe plaintive, 
Son âme tendre et fugitive 
Exhala le dernier soupir... 

On dit qu'au lever de l'aurore, 
Quelquefois sur sa tombe au souffle du zéphyr, 
Emu, l'on croit entendre encore 
Son luth harmonieux gémir. 

.1 . Fontémoing. 



HYMNE A JEAN BART. 



Jean Bart, salut ! salut à ta mémoire! 
De tes exploits tu remplis l'univers. 
Ton seul aspect commandait la victoire 
Et, sans rival, tu régnas sur les mers. 
Un feu sublime embrasait ton courage: 
La hache au poing, affrontant le trépas, 
Tu t'élançais, terrible, à l'abordage, 
Tel qu'un lion au milieu des combats. 

Jean Bart! Jean Bart ! la voix de la patrie 
Te rend hommage et monte jusqu'au ciel, 
Et la cité qui te donna la vie 
Redit ta gloire et ton nom immortel. 

Enfant du peuple, il conquit sa noblesse, 
Dompta l'anglais, les flots et le destin, 



— (H — 

Et son épée, aux jours de la détresse, 
Sauva la France en lui donnant du pain. 
Son pavillon, symbole de la gloire, 
D'un saint amour faisait ballrc son cœur, 
Car, dans ses plis, il portait la victoire 
Sur l'océan qui fut son champ d'honneur. 

Jean Bart ! Jean Bart i la voix de la patrie 
Te rend hommage et monte jusqu'au ciel, 
Et la cité qui te donna la vie 
Redit ta gloire et ton nom immortel. 

Découvrons-nous... Sculpté par le génie, 

Jean Bart renaît dans ce bronze éloquent: 

Et toi qui fus l'idole de sa vie, 

Son glaive encore, ô France! le défend. 

Si l'ennemi qui pâlit à sa vue, 

Dans son délire osait nous outrager, 

Du piédestal qui porte sa statue 

Il descendrait armé pour nous venger. 

Jean Bart ! Jean Bart! la voix de la patrie 
Te rend hommage et monte jusqu'au ciel, 
Et la cité qui le donna la vie 
Bcdit ta gloire et ton nom immortel. 

.1. FONTÉMOÏNG 



Vendôme.. T-yp. &Lith. Lemcrcier. 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 
DU VENDOMOIS 



4 e Année. — 2° Trimeslre. 



AVRIL 1865 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le 6 avril 1865, à 1 heure, au lieu ordinaire 
de ses séances. 

Etaienl présents, au Bureau : 

MM. Ch. de Lavau, vice-président; V. Dessaignes, 
trésorier: Nouël, conservateur-archiviste; Ch. Chautanl. 
secrétaire, de La Ilautière, secrétaire -adjoint: Ch. 
Bouchet, Filly, Launay, de Nadaillac et Neilz; 

Et MM. l'abbé Bertin, G. Eoutrais, II. de Brunier, 
Dattin, de Déservillers, Deshayes, Devaux, A. Dividis, 
Duriez, Faton, Franchet, de Geotïre, de Gouvcllo, Gui- 
nebaud, Ilème, Ilinulais, A. de Lavau. Mac-Léod, L. 
Martellière, Martellière-Bourgogne, 0. de Meckenheim, 
l'abbé Monsabré, Picard, l'abbé Renou, Ribemont, 
Rolland, H. de Saint- Venant, .). de Saint- Venant, l'abbé 
Sangninètle, G. de Trémanlt, l'abbé Tremblay. Valée, 
de La Vallièiv, l'abbé Van-Wanghen. 

M. le président déchire la séance ouverte. 

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— 66 — 

Le procès-verbal de la séance générale du 12 janvier 
1865 est lu et adopté. 

Le secrétaire fait connaître les noms des nouveaux 
membres reçus par le Bureau depuis la dernière séance 
générale : ce sont : 

MM. Picard, avoué à Vendôme; llinglais, professeur 
au lycée, à Vendôme ; Galien-Arnoult, professeur de phi- 
losophie cà la faculté des lettres, à Toulouse ; Louis Mar- 
tellière, architecte, à Paris; l'abbé Gaudron, à Che- 
verny ; Julien de Saint-Venant, au château de Villepor- 
cher, commune de Saint-Ouen ; l'abbé Berlin, vicaire de 
la Madeleine, à Vendôme. 

La Société a perdu un de ses membres, M. Leroy- 
Buffereau, à Vendôme. 



M. le Président donne la parole à M. le conserva- 
teur-archiviste. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 
des Objets offerts à la Société 

depuis la séance du 12 janvier 1865. 

1. OBJETS D'ANTIQUITÉ. 

-1 . CLEF gallo-romaine trouvée à Saint-Rimay par M. Henri 
Brulon, et offerte par M. d'Harcourt. 

2. CLEF en fer trouvée dans la muraille de l'église de Yil- 
lavard. 

Don de M. Bourgogne, curé de Villavard. 

3. POIDS ROMAIN (?) en pierre, trouvé à Saint-Rimay. 
Don de M. d'Harcourt. 

4. POICNARD HAÏTIEN rapporté d'Haïti à la fin du dernier 
siècle par M. Frédureau de Villedrouin. 

Don de M. d'Harcourt. 



— 07 — 

5. HACHE en silex, ébauchée. Type celtique trouvée à Chu 
lommiers. 
Echantillon remarquable. 
Don de M. Trillaut, percepteur. 

G. Un ÉPERON, un MORS de cheval, et deux FERS de flèche, 
trouvés dans les fouilles du vieux château du Rouillis. 

Don de M. Haugou, percepteur à ha Yille-aux-Clercs. 

7. Fragment d'un ancien VITRAIL, représentant une tête de 
Christ en grisaille, trouvé dans un mur des anciens greniers de 
l'abbaye de la Trinité. 

Offert par M. Tr0UILI,eb0ULT. 

II. NUMISMATIQUE 

(Note de M. Rouciiet.) 
Depuis notre dernière réunion, nous avons reçu : 

lo De M. l'abbé Landau : 

Quatre pièces, parmi lesquelles : 

l'n jeton en cuivre Pour la maison commune de Blois, avec le 
nom et la devise de Henri III : Manet ultimacœlo. 

Et un autre également en cuivre de G. Forget, Sr de Baudry, 
maire de Tours, 1593,1594. 

2° De M. Lerarbier, employé de la poste : 
Un jeton en cuivre de Louis de Gonzague et de Henriette de 
Clèves, duc et duchesse de Nevers. D'un côté, leurs armoiries; 
de l'autre un symbole. Date effacée. 

3o De M. l'abbé Bourgeois : 
Une pièce gauloise trouée, en bronze. D'un côté un cheval sur- 
monté de deux globules, surmontés eux-mêmes d'un croissant ; 
de l'autre un ensemble d'objets qu'il serait difficile de délinir. 
Très-barbare. 

4° De M. l'abbé Haugou. vicaire à Onzain : 
Quarante -quatre pièces françaises et étrangères, parmi les- 
quelles : 



— 68 — 

Un beau jeton en cuivre portant d'un côté la tète de Louis XV 
entant; de l'autre, les armes de la ville d'Angers. Autour : Assi- 
du i s consiliis. 

Un double de Sedan. Pale effacée. 

Un jeton en cuivre de Louis de Gonzague et Henriette de Glè- 
vès(1624), semblable à celui que nous avons décrit au N° 2. 

Une pièce en cuivre de 4 maravédis, de Philippe V, roi d'Es- 
pagne ( 1743). 

Une autre de 8 maravédis, de Charles III ( 1775 ). Belle. 

5» De M. Hinglais, professeur au Lycée : 

Six pièces (deux romaines et quatre étrangères), parmi les- 
quelles : 

Deux pièces en cuivre de Philippe II, roi d'Espagne, pour la 
Flandre. 

Et une de Philippe V, de 1722. 

0° De M. de Nadaillac : 
Un quart d'écu de Charles X, roi de la ligue (4590), trouvé 
à Buslou. On sait que Charles X était fils de Charles de Bourbon, 
duc de Vendôme. 

'7° De MM. Em. Renou, G. Boutrais, Rolland, notaire, 
Trillaut, Labbé et Quentin fils : 
Neuf pièces, françaises ou étrangères, monnaies ou jetons. 

8° De M. l'abbé Boudevillain : 
Un jeton en cuivre, frappé au sujet du mariage de Louis XIV. 

9» De M. Renard, menuisier : 
Un autre Pour la maison commune dcBlois. 1630. 

10° De M. Ruet et de M. Gadeau : 
Sept assignats de 125 livres du 7 vendémiaire, an II. 
Et un de 200 livres du 31 août 1792. 

11° De M. SOURIAU-PORCHER, 

Des assignats de 1000, 100 et 50 fr. 



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12° De M""' veuve G.vdiou : 

Dix pièces qu'elle nous a prié de choisir dans la collection de 
son mari. Toutes mériteraient d'être décrites, malheureusement 
nous sommes forcé d'abréger. Nous nous contenterons donc de 
signaler : 

Une impériale romaine, Sévère II. Génie du peuple romain. 
M. B. Bien conservé. 

Un jeton en cuivre à l'effigie d'Anne d'Autriche. II. — Une 
lune dans son plein : Nullos passura labores. 1654. 

Un très-beau jeton en cuivre à l'efiigie de Louis XIV. — La 
Flandre subjuguée. 1677. 

Une pièce ohsidionale de Lille. Armes du maréchal de Boufflers. 
11. — X. S. Pro defensionc urbis et patriœ. 1708. Belle. 

Un teston de Savoie : CABOLYS DVX SABAVDIE IL Buste du 
duc à de. coiffé d'une toque. — K. — T NIL DEEST.... DEVM 
1. P. F. Ecusson à la croix de Savoie, surmonté du lacs d'amour 
et accosté de la devise de l'ordre : FE — Bï. Mal conservé. 

Une pièce en cuivre de Jacques II, roi d'Angleterre (1690), 
avec cette devise : Christo victore trivmpho. 

13° Enfin de M. Eug. Dehargne : 
Vingt-sept pièces, savoir : 
(Quatorze impériales romaines, M. B.; 
Cinq françaises ou étrangères; 
Huit frustes. 

Parmi les romaines : un Marc-Aurèle César, imberbe, un Sep- 
time Sévère, deux Alexandre Sévère et une Julie Mammée, bien 
ou assez Lien conservés. 

Parmi les françaises et étrangères : un jeton en cuivre, Pour la 
maison commune de Btois, au nom d'Henri IV, et deux petites 
pièces d'argent ( Louis IV et Espagne ). 

Nous prions toutes les personnes qui ont bien voulu nous faire 
quelque offrande d'agréer ici les sincères remerciements de la 
Société. 



— 70 — 

III. ARCHIVES. 

1. MEMOIRE sur les Sépultures en forme de puits, depuis les 
temps les plus reculés jusqu'à nos jours, par M. le comte A. E. 
de Rochambeau. Extrait du Bulletin Monumental, publié à Gaen 
par M. de Caumont. — Caen, 4664. 

Offert par l'auteur. 

2. ALMANACH de l'Archéologue Français, par les membres 
île la Société française d'Archéologie. Ire année. Caen, 1865. 

Acquis pour le compte de la Société. 

3. MÉMOIRES delà Société des Sciences et Lettres de Blois. 
Tome 1er. —Rlois, 1834. 

Don de Muse veuve Cadioi*. 

4. UN MOT sur l'Histoire de France en général et sur celle du 
Comté de Blois en particulier, par A. de Martonne, archiviste 
du département de Loir-et-Gber. — Brochure in-8°. Imprimerie 
Impériale, 1864. 

Hommage de V Auteur. 

5. REVUE des Sociétés savantes des départements. Novembre- 
décembre 1864. Paris. 

Envoi du Ministère. 

6. RAPPORT fait à l'Académie des Inscriptions et Belles-Let- 
tres, au nom de la Commission des Antiquités de la France, par 
M. B. Ilauréau. Séance du 29 juillet 1864. —Paris, 1864. 

Envoi du Ministère. 

M. G. Boutrajs a offert une grande CHARTE sur parchemin 
de 0m,59 sur 0,40. 
M. Bouchet m'a remis à ce sujet la note suivante : 
Cette charte contient le testament d'un nommé Jean Georget, 
Elu de Vendôme (Elecius Vindocincusis), en date du 19 avril 
1487. Ce testament est en latin et renferme des dispositions cu- 
rieuses; il mériterait d'être reproduit in extenso; malheureuse- 
ment il a été fort endommagé par l'humidité, qui a détruit, ou à 
peu près, une partie des mots. Nous essaierons néanmoins de le 



— 71 — 

déchiffrer et d'en donner le texte dans un prochain numéro du 
Bulletin. Ce n'est, il est vrai, qu'un vidimus (copie authentique ), 
mais contemporain de l'original (G juillet 1487). 

IV. HISTOIRE NATURELLE. 

1. Quelques FOSSILES de Saint-Rimay. 

Don de M. d'IIarcourt . 

2. Reçu, le 18 février, de M. Chauvin de Montoire, un Harle 
bièvre ( Mergus Mergauser. Lin. ). 

On l'a fait dépouiller, et il pourra être remonté plus tard. Il 
existe d'ailleurs dans notre collection. 

3. Le lundi 13 mars, M. Chautard (ancien pharmacien ) m'a 
apporté un oiseau de passage très-rare dans nos contrées. C'est 
un jeune Plongeon Imbrinx ( Colymbus glacialis, Lin. ), pris aux 
Fontaines, près Vendôme. Quoique nous en ayons déjà un indi- 
vidu, à cause delà rareté du sujet, je l'ai fait remonter. 

4. Enfin M. Billard, négociant à Montoire, nous a adressé un 
Courlis cendre (Numenius arcuatus, Vieillot ), mais trop endom- 
magé pour être utilisé. D'ailleurs nous le possédons en très-bon 
état déjà. 



M. le président annonce que le Bureau de la Société 
a reçu de M. le maire de Vendôme une lettre, en date 
du 23 mars, dans laquelle ce fonctionnaire dit qu'au 
moment où la ville a l'intention de construire une salle 
qui pourrait être destinée aux collections de la Société 
Archéologique, il a pensé qu'il était opportun de ré- 
glerles conditions auxquelles serait faite la translation 
des objets d'antiquité et autres composant ces collec- 
tions. 

M. le président ajoute, après que le secrétaire ;i 
donné lecture de la correspondance échangée entre .M . le 
maire et le Bureau, que M. le maire ne lui ayant pas 
fait connaître ses intentions positives, niais ayant insisté 



— 72 — 

pour que la Société elle-même lui fil ses offres, il a cru 
pouvoir poser, après avoir pris l'avis du Bureau, comme 
hases des conventions à intervenir entre la ville de Ven- 
dôme et la Société Archéologique, les points suivants : 

1° Modification de l'article 10 des Statuts, en ce qui 
touche la réserve, en cas de dissolution de la Société, 
des objets composant les collections; 

2° Abandon, dans ce cas, de la propriété de ces col- 
lections, au profit de la ville de Vendôme; 

3° En attendant l'exécution de cette nouvelle attribu- 
tion de propriété, réserve du droit d'administration et 
de surveillance des collections, mais publicité du musée, 
dès qu'il sera installé dans les bâtiments municipaux. 

Après discussion, et avec réserve du droit prévu dans 
l'article 15 des Statuts, de disposer des fonds qui pour- 
raient rester en caisse le jour de la dissolution de la 
Société, l'assemblée adopte à l'unanimité les propositions 
de M. le président, et autorise le Bureau à s'entendre 
avec M. le maire pour la rédaction de la convention dé- 
finitive, et pour toute autre mesure d'exécution, après la 
décision du conseil municipal. 

M. le président dit : 

Que sur la proposition de M. de La Vallière, membre 
de la Société, le Bureau a décidé que des affiches se- 
ront apposées dans les communes de l'arrondissement 
de Vendôme, afin de faire mieux connaître à tous le 
but de la Société Archéologique, en fondant le musée 
vendômois pour la conservation des objets intéressant 
l'histoire locale; il ajoute que M. le sous-préfet a bien 
voulu se charger de l'envoi de ces affiches à MM. les 
maires, avec recommandation de leur donner la plus 
grande publicité ; 

Qu'un membre du Bureau a fait la proposition de re- 
cueillir les mots anciens qui semblent propres au Ven- 
dômois et qui disparaissent chaque jour du langage po- 
pulaire: le Bureau ayant approuyé cette proposition, il 
ensaffeles membres de la Société à rassembler les ma- 



73 



tériaux de ce travail, <pii pourrait plus tard former le 
glossaire <lrs mots el locutions populaires <lu Ventlô- 
mois ; 

Enfin que, sur la proposition d'un autre de ses mem- 
bres, le Bureau a émis le-vœu de rappeler brièvement, 
à la fin de chaque année, les laits intéressants arrivés 
dans le Vendômois, tels que constructions ou répara- 
tions de monuments, inondations, ouvertures de rues 
ou de routes, événements d'un intérêt général dans 
la commune, etc.; il invite ses collègues à noter les 
faits locaux et à les communiquer au Bureau, qui les réu- 
nira dans une notice et les sauvera de l'oubli. 



VIE D'HILDEBERT 



M. DE DÉSERVILLEUS. 



CI1APITKE II 



Gravité de l'élection d'Hildebert. — Ancienne forme de l'élection 
des évêques en Occident. — Querelle des investitures. — Atti- 
tude de Guillaume-le-Conquérant pendant la lutte des investitu- 
res. — Guillaume-le-Roux. — Le comte Hélie du Maine. — 
Opposition des chanoines du Mans contre l'élection d'Hildebert. 

— Ils l'accusent d'immoralité près d'Yves, évoque de Chartres. 

— Lettre d'Yves de Chartres; son authenticité douteuse. — Le 
comte Hélie, après avoir contesté l'élection d'Hildebert, la re- 
connaît. — Sacre d'Hildebert comme évêque du Mans. — Fureur 
du roi Guillaume-le-Roux. — 11 envahit le comté du Maine. — 
Portraits d'Hélie du Maine et de Guillaume-le-Roux, roi d'An- 
gleterre. 

Le temps, les lieux, les circonstances, la disposition 
des esprits, tout concourait à augmenter la gravité de 
l'élection d'Hildebert. Elle survenait au milieu de la que- 
relle des investitures: c'était, pour ainsi dire, le peuple 
et le clergé tranchant la question, revenant aux anciens 
usages et aux anciens canons, sans s'inquiéter des pré- 
tentions de la féodalité ; et cela dans le pays du Maine, 
sur lequel le roi Guillaume-le-Roux, prince colère, des- 
pote et entiché de sa domination sur l'Eglise, faisait 
valoir de prétendus droits à la souveraineté. 

Cet acte d'indépendance du peuple et du clergé du 
Mans avait donc le double caractère religieux et national, 
car Hildebert avait toujours été étranger aux intrigues 
comme aux faveurs des princes normands. 



— /D — 

Ce n'étail pas ainsi qu'avait eu lieu l'avénemenl d'Hoël, 
prédécesseur d'Hildebert, sur le siège du Mans, 

Voici la manière piquante dont Orderic Vital raconte 
ic choix que lii de lui Guillaume -le -Conquérant, roi 
d'Angleterre. 

A la mort d'Ernauld, évêque du Mans, le roi Guil- 
laume dit à Samson de Bayeux, son chapelain : « Le 
« siège de l'évêché du Mans est privé do son pontife, 
« et, avec la permission de Dieu, je veux t'y placer. 
« Le Mans, qui tire son nom de la rage canine 1 , est 
« une ville ancienne dont le peuple *st insolent etsan- 
« guinaire pour ses voisins, en même temps qu'il est 
« toujours opposé à ses maîtres, et avide de révoltes. 
« C'est pourquoi je juge à propos de te remettre les 
« rênes pontificales, à toi que j'ai nourri dès l'enfance, 
« et que j'ai toujours aimé. Je désire maintenant t'éle- 
« ver au rang des plus grands seigneurs de mon 
« royaume. » Samson répondit : « D'après les tradi- 
« tions apostoliques, un évêque doit être irrépréhensi- 
« ble; quant à moi, je suis loin d'être dans ce cas, 
« pour toutes les circonstances de ma vie ; à la face de 
« Dieu mon âme et mon corps sont souillés de crimes, 
« et je ne puis, à cause de ces souillures, recevoir tant 
« d'honneurs, malheureux et méprisable que je suis. » 
Le roi reprit : « Tu as de l'esprit, et tu vois habilement 
(( qu'il convient que tu te confesses pécheur. Je ne 
« m'en arrête pas moins à mon projet, et je ne per- 
te mettrai pas que vous persistiez à refuser l'évêché, ou 
« que vous ne désigniez pas quelqu'un pour l'occuper, » 
A ces mots, Samson, plein de joie, répondit : « Main- 
ci tenant, seigneur roi, vous avez très-bien parlé, et 
« vous me trouverez, avec l'aide de Dieu, disposé à 
« vous servir. Vous avez, dans votre chapelle, un cer- 
« tain clerc qui est pauvre, mais qui est noble et de 
« bonnes mœurs. Confiez-lui l'évêché du Mans dans la 
« crainte du Seigneur, parce qu'il est, comme je le 

1 Cœtiomanis à caninct rabie. Etvmologie absurde, 



— 70 — 

« pense., digne d'un tel honneur. >» Le rui ayant de- 
mandé quel était ce clerc, Samson ajouta : « On l'ap- 
« pelle Hoël, il est originaire de Bretagne ; mais il est 
« humble et véritablement homme de bien. » Le roi 
donna ordre de mander Hoël, qui ignorait encore pour- 
quoi on l'appelait. Le roi, Tayaut trouvé jeune, maigre 
et vêtu simplement, conçut pour lui du mépris, et, s'é- 
tant tourné vers Samson, il lui dit : « Voilà donc l'homme 
« que vous exaltez tant ? » Samson reprit : « Oui, sei- 
« gneur, je le loue en toute fidélité et sans aucun doute ; 
« et c'est avec raison que je le mets avant moi et mes 
« semblables. 11 est'doux et bienveillant, et parconsé- 
« quent digne du siège épiscopal. Que sa maigreur ne 
« vous le fasse point mépriser. Ses vêtements simples 
« ne le rendent que plus agréable aux sages. Dieu ne 
« s'arrête pas à l'extérieur, mais il considère ce qui est 
«caché intérieurement. » Le roi, qui était prudent, 
réfléchit au discours du sage et commença un examen 
plein de sagacité. Ayant t'ait un retour sur lui-même, il 
resserra peu à peu, dans les liens de la raison, ses pen- 
sées diffuses, manda aussitôt le clerc dont il s'agit, et 
lui confia le soin et les droits séculiers de Pévêché du 
Mans '. 

Certes, l'élection d'Hildebert était bien différente de 
celle-là : non-seulement le roi d'Angleterre n'avait pas 
été consulté, mais le peuple et le clergé du Maine, en 
enlevant l'élection et laissant de côté Geoffroy, avaient 
voulu se donner un évêque étranger aux influences nor- 
mandes. Ils avaient présent à la' mémoire l'appui que 
les princes anglo-normands avaient trouvé chez lloël, 
dans toutes les luttes précédentes, et les sérieux incon- 
vénients qui en étaient résultés pour le pays du Maine. 
Mais, pour bien comprendre toute l'importance de cette 
élection, pour bien saisir comment elle eut sur toute la 
vie d'Hildebert une influence si marquée, il est néces- 
saire de jeter un coup d'œil sur les événements qui 

1 Orderic Vital, L. IV. Collection des Mémoires relatifs à l'His- 
toire de France. 



— / / — 

l'avaienl précédée, sur la crise qui agitait alors la catho- 
licité, sur la politique suivie par Gmllaume-Ie-Conqué- 

rant vis-à-vis de l'Eglise, et continuée par ses succes- 
seurs. 

L'ancien usage de l'Eglise était que les évoques lus- 
sent nommés par les suffrages réunis du clergé et du 
peuple. Plus tard, en Orient, l'usage prévalut que le 
suffrage populaire ne fût plus réclamé dans les élec- 
tions, après le synode de Nicée, dans lequel il n'est 
fait aucune mention du suffrage du clergé, et qui or- 
donne que les évéques soient laits et ordonnés par les 
évêques de la province; mais, en Occident, le droit 
pour le peuple d'intervenir dans les élections s*est con- 
servé même après le concile de Nicée, et les décrets 
de plusieurs papes ordonnent de procéder aux élections 
dans cette forme. Sous la domination romaine, les élec- 
tions des évêques se faisaient, dans la Gaule, par le 
suffrage du clergé et du peuple. Plus tard, sous la con- 
quête C\q^ Germains, les fonctions épiscopales conquirent 
une giande importance politique, et les princes ne cru- 
rent pas devoir les laisser conférer sans leur interven- 
tion et leur volonté. Les évêques réclamèrent souvent, 
dans les conciles, contre cette prétention des souverains, 
et s'efforcèrent de conserver aux élections leur ancienne 
liberté. L'autorité des rois remporta, et ils établirent 
qu'aucun évêque ne serait fait sans leur consentement, 
et que s'ils étaient demandés par le clergé et par le 
peuple, sans leur approbation 1 ; ce qui était juste et rai- 
sonnable, car les évêcliés possédaient des liefs importants, 
et les prélats qui en étaient investis ne pouvaient, selon la 
loi du temps, rester étrangers au seigneur suzerain. Mais 
de là à nommer directement les évêques, sans l'interven- 
tion du clergé et du peuple, il n'y avait qu'un pas; il l'ut 
bientôt franchi, et les souverains concédèrent les évêcliés 
et investirent les évêques de leurs fonctions. Ainsi choisis 
par le souverain, investis par lui de leur pouvoir tem- 
porel et spirituel par le don de l'anneau et du bâton 

1 Recueil des Histoires des Gaules et delaFrance. 



— 78 — 

pastoral, ces deux emblèmes de la puissances pontifi- 
cale, à une époque où les emblèmes avaient une si grande 
puissance sur les imaginations, les évêques se trou- 
vaient livrés complètement à la puissance politique et 
séparés du souverain pontife, leur chef spirituel. 

Cette rupture de la hiérarchie sacerdotale avait eu lés 
plus déplorables effets sur les mœurs du clergé ; rentré 
dans le siècle, il en avait pris non-seulement les habitu- 
des, mais les vices. Aussi son caractère avait-il perdu, 
aux yeux des peuples et à ses propres yeux, son côté 
spirituel et apostolique. Quant aux souverains, ils pous- 
saient l'oubli des intérêts religieux au point d'investir de 
ces saintes fonctions des hommes pervers et corrom- 
pus ; les positions ecclésiastiques parent être briguées 
par tout le monde ; l'oubli des devoirs qu'elles imposent 
était complet; l'intrigue, la simonie, quelquefois même 
la violence, tous, les moyens les plus honteux étaient 
employés pour obtenir des souverains les fonctions sa- 
cerdotales, qui semblaient n'obliger plus à aucune rete- 
nue. Les choses en étaient là quand Grégoire VII parut. 
Il comprit tout de suite qu'au milieu de ce débordement 
des passions et des habitudes mondaines dans le clergé, 
c'en était fait du sacerdoce et de l'Eglise, si dune main 
il ne reprenait pas à la puissance politique le droit d'in- 
vestiture des évêques, et si de l'autre il ne ramenait pas 
les ecclésiastiques aux devoirs d'une vie sainte, conti- 
nente, exceptionnelle. 11 souleva contre lui les souverains 
et cette masse de prêtres qui avaient intérêt à la con- 
servation des abus. Ce fut même du côté du clergé qu'il 
rencontra l'obstacle, non-seulement le plus pénible, mais 
le plus obstiné. Des chapitres tout entiers se révoltèrent 
contre les projets de réforme. A Lucques, les chanoines 
soulevèrent la population en leur faveur. A Cambrai, ils 
écrivent à ceux de Reims: Si vous avez du cœur, vous 
mépriserez lot/secs conciles qui nous œuvrent de confu- 
sion. Pour nous, noire parti est pris; nous garderons 
nos usages, qui oui été sagement établis par l'indulgence 
de nos pères, et nous ne consentirons pus aux nouvelles 



— 70 — 

traditions qu'on veut introduire*. Cotte résistance des 
chapitres est à remarquer; nous verrons plus tard quelle 
louche à l'opposition et aux protestations qui suivirent 
l'élection d'Hildebert. 

Pendant que Grégoire VII tenait tête aux passions 
brutales d'Henri IV, empereur d'Allemagne, à la dépra- 
vation du roi de France, Philippe I er , à la violence de 
quelques prélats, à la résistance de toute la féodalité, à 
la démoralisation presque générale du clergé séculier, 
Guillaume I er , conquérant d'Angleterre, suivit au milieu 
de ce grand conflit une marche toute particulière, qui 
est tout à la fois l'expression de son caractère, de son 
intérêt et de ses principes. Son merveilleux tact poli- 
tique lui fit voir que dans cette querelle des investitures 
il y avait une question de fond, celle de l'origine du pou- 
voir spirituel, et une question de forme, celle du mau- 
vais choix des ecclésiastiques, et qu'en sacrifiant la forme 
il pourrait maintenir son autorité absolue sur l'Eglise. 
Guillaume ne trompa pas Grégoire VII, qui lui aussi avait 
une grande pénétration; mais, au milieu des scandales 
inouïs qui se produisaient de toutes parts, il crut devoir 
ménager un prince qui tout au moins sauvait les conve- 
nances, et qui, toutes les fois que son intérêt n'y était 
pas engagé, se faisait volontiers le champion de la reli- 
gion et de la morale, et puis, il faut le reconnaître, son 
éducation avait laissé dans son esprit des impressions re- 
ligieuses qui ne s'effacèrent jamais 2 . Guillaume-le-Con- 
quérant put donc masquer de l'intérêt religieux l'envahis- 
sement qu'il effectua au profit des Normands de tous les 
bénéfices de toutes les positions ecclésiastiques. 

Le clergé anglo-saxon était ignorant et corrompu, et 
avait à sa tête Stigaud, archevêque de Cantorbéry, qui 
avait, aux yeux de Guillaume, le double tort d'avoir été un 
des plus rudes champions de l'indépendance de son 
pays et d'avoir eu une ordination irrégulière. Il fut rem- 
placé par Lanfranc. qui allait couvrir de l'autorité de son 

1 Histoire do l'Eglise gallicane, t. VII, p. 430. 

2 Docteur John Lingard ; Guillaumelc, t. 11. 



— 80 — 

nom et de ses vertus la grande spoliation que Guillaume 
méditait. Lanfranc, séduit par les avantages de rempla- 
cer des ecclésiastiques ignorants et dissolus par des 
prêtres pieux et instruits, crut sincèrement, en opérant 
ce changement, rendre service à l'Eglise. Stigaucl fut dé- 
posé au concile de Winchester et jeté en prison. Sa 
chute fut le signal de la proscription de tous les évêques 
et bientôt après de tous les ecclésiastiques anglo-saxons. 
Les Normands qui furent misa leur place étaient, pour 
la plupart, de bonnes mœurs, et réalisaient le but de 
Guillaume d'avoir sous sa dépendance directe et absolue 
un clergé rangé et discipliné, lui devant toutes ses posi- 
tions et étant pour lui un auxiliaire utile dans l'accom- 
plissement de son idée fixe, rétablissement inébranlable 
de sa conquête. C'est ainsi que tout le clergé d'Angle- 
terre fut placé dans la main du roi : Se relie omnes bacu- 
los pastorales Anglicœ ht manu sua tenere, disent les 
anciens auteurs de l'histoire d'Angleterre 1 . Guillaume-le- 
Bâtard, pardes voies différentes, avait donc atteint le ré- 
sultat que l'empereur d'Allemagne, Henri IV, poursuivit 
avec tant de scandales sans pouvoir l'atteindre d'une ma- 
nière durable, tant il est vrai que les effets de la violence 
passent et s'alïacent, tandis que ceux de la ruse gran- 
dissent avec le temps. Cette domination que Guillaume- 
le-Conquérant s'attribua sur les ecclésiastiques eut sur 
les destinées religieuses de l'Angleterre une incalcula- 
ble influence, et fut le point de départ de cette série de 
persécutions dont saint Anselme et Hildebert furenUes 
premières victimes, saint Thomas de Cantorbéry le mar- 
tyr, et qui aboutirent au schisme de l'église d'Angle- 
terre. 

Le savant et pieux Lanfranc, qui avait été le principal 
instrument de Guillaume dans la spoliation du clergé an- 
glais, ne tarda pas à concevoir des inquiétudes pour l'ave- 
nir; il prévit l'abus que les successeurs du Conquérant 
feraient de cette autorité immodérée qu'il avait contri- 
bué à établir. « Je vous conjure au nom de Dieu, écrit- 

1 Historiée Angîicanœ scriptores ; (''dit. Roger Twisden, p. 132. 



— 81 — 

« il au pape Alexandre, que comme vous m'avez im- 
« posé ce fardeau par votre autorité, à laquelle il ne 
« m'a pas été possible de résister, vous me déchargiez 
« par la même autorité, et me permettiez de retourner 

« à la vie monastique, que j'aime sur toutes choses. » 
Il conclut en demandant au pape de prier pour la lon- 
gue vie du roi d'Angleterre : « car, ajoutc-t-il, de son 
« vivant nous avons quelque sorte de paix; après sa 
« mort nous n'espérons ni paix ni aucun bien. » 

La prédiction de Lanfranc ne tarda pas à se réaliser. 
Le conquérant mourut, et Guillaume-le-Roux, son se- 
cond fils, fut choisi par son père pour lui succéder dans 
ses possessions d'Angleterre, parce qu'il reconnaissait 
en lui sa ténacité, sa fermeté, sa politique, la même 
disposition à tout sacrifier, la nation elle-même, à la 
conservation de sa conquête. Guillaume-le-Roux avait 
de moins que son père le respect des convenances et 
rattachement à la religion. Pour lui, les ecclésiastiques 
n'étaient que des tributaires; il s'empara de l'adminis- 
tration de tous les grands bénéfices vacants; et, s'il 
consentait à nommer un titulaire, il prenait soin que le 
nouveau prélat payât d'avance, à l'échiquier, une somme 
proportionnée à la valeur du bénéfice 1 . 

Prodigue, sans mœurs, sans foi, colère jusqu'à la 
fureur, Guillaume-le-Roux ne respectait rien et brisait 
tout ce qui faisait obstacle à sa volonté. Saint Anselme, 
archevêque de Cantorbéry, avait essayé de résister dou- 
cement à cette nature despotique et irascible ; il avait 
été obligé de fuir le sol de l'Angleterre, emportant avec 
lui les menaces et les imprécations du roi. 

Voilà quel était le souverain contre la volonté duquel 
Hildebert avait été élu, et ce n'était pas seulement la 
politique traditionnelle de son père, le Conquérant, qui 
se trouvait déjouée; c'était aussi ses prétentions à la 
suzeraineté du Maine qui étaient contestées et mécon- 
nues; ce qui devait lui être d'autant plus sensible, 
qu'elles étaient moins fondées et qu'elles ne reposaient 

1 Docteur John Lingard. — Guillaume IL lll. — Orderic Vital. 

iv. 



— 82 — 

réellement que sur la force. Guillaume-le-Roux ne re- 
présentait que les prétentions de Robert, son frère 
aîné, duc de Normandie, qui, en partant pour la terre 
sainte, lui avait remis pour cinq ans son duché, moyen- 
nant dix mille marcs d'argent, et Robert, lui-môme, 
n'avait à taire valoir sur le Maine que les droits d'une 
fiancée qu'il n'avait jamais épousée '. 

11 existait encore un descendant direct des anciens 
comtes du Maine, issus du sang de Charlemagne, c'é- 
tait le comte Ilélie, arriére-petit-fils d'IIerbert-Eveille- 
Chien, par Paule, son aïeule paternelle, femme de Lan- 
celin I er , sire de Beaugency \ 

Ilélie était donc le représentant des droits hérédi- 
taires des anciens comtes du Maine et aussi des intérêts 
nationaux. Autour de lui se groupaient les hommes dé- 
voués à leur pays, qui préféraient aux honneurs, aux 
richesses et aux séductions des princes anglo-normands, 
le souvenir du passé et l'espérance de voir revivre 
pour l'avenir, une indépendance et une existence na- 
tionale prêtes à disparaître, ilélie était digne, à tous 
égards, d'être l'expression de ces intérêts et le chef de 
cette cause ; il était le type, dans sa primitive gran- 
deur et dans sa simplicité, du chevalier chrétien; il 
joignait à la force du corps l'élévation de l'âme ; brave, 
sincère, pieux, magnanime, désintéressé, en lui se réu- 
nissaient la vaillance du soldat et la sainteté du moine. 
ces deux grandeurs de. son temps; aussi était-il géné- 
ralement aimé et admiré, et s'il n'avait pu réunir toutes 
les forces vives du comté du Maine pour repousser les 
Normands, cela tenait aux institutions du temps et au 

1 Marguerite, fille d'Herbert II, avait été fiancée à Robert, fils 
aîné de Guillaume-le-Bâtard. Elle mourut avant la consommation 
de son mariage, et fut inhumée à Fécamp. Ce fut en considération 
de ces fiançailles qu'Herbert transmit en mourant le comté du 
Maine à Guillaume, recommandant aux Manceaux de le recon- 
naître pour leur seigneur s'ils voulaient vivre en paix. — Art de 
vérifier les dates. Comtes du Maine ; Herbert II, p. 837. 

- Art de vérifier les dates. Comtes du Maine; Hélie, p. 845. 



— N> — 

caractère inconstant et remuanl des Manceaux, qui, pla- 
cés entre les prétentions des dues de Normandie, sous 
la suzeraineté des comtes d'Anjou, et les droits héré- 
ditaires des desrendants d'Ilerbert-le-Yieux, préféraient 
cette situation flottante, favorable à leur goût de révolte 
et à leur amour du changement, à la stabilité et à la 
paix. Inquiet, jaloux de tout pouvoir, le peuple du Mans. 
incapable de se gouverner soi-même, aimait à changer 
de maître: il avait encore souvenir de ce privilège uni- 
que qui lui avait été accordé par Childebert de ne re- 
cevoir aucun duc et aucun comte que choisis par l'évê- 
que et par le peuple '. 

Quant aux seigneurs du Maine, les contestations et les 
fréquents changements de leurs suzerains les avaient 
habitués à suivre le parti où ils voyaient leur intérêt; 
il n'y avait entre eux aucun lien, et c'était autour d'Hé- 
lie que se réunissaient quelques chevaliers manceaux 
ayant au cœur des sentiments de patriotisme, et pensant 
à autre chose qu'à la vengeance personnelle ou à l'agran- 
dissement de leurs domaines. Le comte Ilélie n'avait, 
lui, aucune ambition personnelle ; il eût volontiers aban- 
donné tous ses intérêts et tous ses droits pour aller com- 
battre en terre sainte, s'il n'avait pas considéré la pro- 
tection de son pays comme un devoir sacré. 

Quand le pape Urbain II était venu à Clermont, en 
1005, prêcher la croisade et soulever, comme une mer, 
les chevaliers de l'Occident, Ilélie était de ceux qui 
avaient répondu Dieu le veut! et il s'était croisé avec 
Robert duc de Normandie, dont il était l'ami et qui l'a- 
vait laissé, sans l'inquiéter, jouir de son comté du Maine. 
Mais Robert, ayant remis son duché et ses droits entre 
les mains de son frère Guillaume-le-Roux, Ilélie, inquiet 
des dispositions du roi d'Angleterre, et ne voulant pas 
abandonner les Manceaux à la merci des Normands, dont 
le joug, au dire d'un chroniqueur contemporain -, étoit 

1 Mabillon cite la charte do Childebert nui concèdeaux Man- 
ceaux ce privilège unique en France. Veiera analata, \>. 221. 

- Orderic Vital. 



(( 



« 



— 84 — 

très-louvd pour ccn.i auxquels il êloit imposé, résolut 
d'aller sonder lui-même quelles étaient les intentions du 
loi anglo-normand, lise rendit donc à Rouen," à la cour 
du roi. Après s'être longtemps entretenu avec Robert, 
il s'adressa au roi et lui dit : 

« Seigneur roi, d'après l'avis* du pape, j'ai pris la 
« croix du Sauveur pour son service, et je lui ai fait 
vœu d'entreprendre le voyage de Jérusalem avec beau- 
ce coup de nobles pèlerins. Je vous demande votre ami- 
« tié comme votre fidèle sujet, et je désire entrepren- 
« dre ce voyage dans votre paix. » 
Le roi répondit: « Allez où vous voudrez; mais re- 
mettez moi la ville du Mans avec tout le comté, pane 
« que je veux avoir tout ce qu'avoit mon père. » 

llélie repartit : « C'est par droit héréditaire que je 
« possède le comté de mes ancêtres, et, avec l'aide de 
« Dieu, je le laisserai libre à mes enfants, comme je 
« l'ai maintenant. Si vous voulez plaider, je subirai vo- 
« lontiers le jugement, et je perdrai ou garderai mon 
« patrimoine d'après la décision des rois, des comtes 
« et des évêques. » 

Le roi reprit en ces termes : « Je plaiderai avec 
« vous, mais ce sera avec des épées, des lances et 
« d'innombrables traits. » 

llélie continua : « Je voulois combattre au nom du Sei- 
« gneur contre les païens ; mais voici un nouveau champ 
« de bataille contre les ennemis du Christ; car tout 
« homme qui résiste à la vérité et à la justice prouve 
« par là qu'il est ennemi de Dieu, qui est la véritable 
« vérité et le soleil de la justice. Il a daigné me confier 
« le comté du Maine, que je ne dois pas, par légèreté, 
« abandonner follement, de peur que le peuple de Dieu 
« ne soit livré aux brigands, comme les brebis au 
« loup en l'absence des pasteurs. Vous tous, seigneurs, 
« ici présents, écoutez la révélation publique de l'avis 
« que le ciel a inspiré à mon esprit. Je ne quitterai 
« pas la croix de notre Sauveur, que j'ai prise à la ma- 
« nière des pèlerins ; mais je la placerai sur mon bou- 
« cher, sur mon casque, sur toutes mes armes, ainsi 



— 85 — 

« que sur la selle et la bride de mon cheval. Fort d'un 

« tel caractère, je marcherai contre les ennemis de la 

« paix et de l'équité, et je défendrai, le glaive à la 

« main, le territoire des chrétiens. Mon cheval et mon 

« armure seront marqués d'un signe sacré, et tous les 

« ennemis qui m'attaqueront combattront contre un 

« soldat du Christ. Je me confie en celui qui gouverne 

« le monde, parce qu'il connaît le fond de mon cœur. 

« Sa clémence me fera trouver le temps favorable à 

« l'accomplissement d'un vœu qui m'est cher. » 

Le roi Guillaume lui fit cette réponse : « Allez où il 
« vous plaira, et faites ce que vous voudrez. Je ne veux 
« pas combattre contre les croisés, mais je n 'abandon- 
ce nerai pas la ville dont mon père étoit propriétaire au 



i 



» 



« jour de sa mort 

Hélie était donc revenu dans le comté du Maine pour 
veiller à sa défense et pour se préparer à recevoir vi- 
goureusement le roi d'Angleterre quand il se présen- 
terait comme il l'avait promis, entouré d'innombrables 
lances. Guillaume, distrait par d'autres guerres, avait 
laissé s'écouler deux années avant de réaliser ses me- 
naces. 

Voilà dans quelle situation était le comté du Maine 
quand Iloël mourut, et qu'IIildebert fut, à l'âge de qua- 
rante ans, acclamé évoque du Mans. 

Le comte Hélie, comme nous l'avons vu, avait choisi 
Geoffroy, doyen de l'église du Mans, pour remplacer Iloël. 
Vivement blessé de ce que le peuple et le clergé n'avaient 
pas tenu compte de son choix, son premier mouvement 
fut de résister et de s'opposer de toutes ses forces à celte 
nomination ; mais Hélie était sincèrement et profondé- 
ment pieux. De sages ecclésiastiques se firent facilement 
écouter, quand ils lui représentèrent que les intérêts de 
la religion se trouvaient engagés dans cette affaire, cl 
qu'il ne devait pas préférer son choix, à l'élection ecclé- 
siastique. La crainte d'être l'occasion d'un schisme dan- 

1 Orderic Vital, livre X. 



— 86 — 

gereux parmi le clergé du Mans le fit céder, et il consen- 
tit à reconnaître cette élection faite selon les formes ca- 
noniques 1 . 

Il n'en fut pas de même de Guillaume-le-Roux ; celle 
nomination d'Hildebert froissait à la fois son amour- 
propre, ses intérêts, ses prétentions et ses idées. La 
reconnaissance qu'en avait faite Ilélie, son rival, la lui 
rendait encore plus odieuse. Aussi mit-il tout en œuvre 
pour l'annuler. 

La plupart des chanoines du Mans, soit par ambition, 
soit par reconnaissance, étaient" du parti anglais; les an- 
tres appartenaient à cette faction plus honnête, mais crain- 
tive, que l'on trouve dans tous les conflits, prête à tout 
sacrifiera la tranquillité, et qui protège d'autant mieux 
les abus qu'elle en profite moins. Presque tous étaient 
partisans de leur doyen Geoffroy, et avaient vu avec irri- 
tation que leur préférence avait été négligée par le bas 
clergé et par le peuple. Aussi étaient-ils disposés à secon- 
der Guillaume-le-Roux dans ses efforts pour annuler 
l'élection. 

Dès le jour de son élection, Ilildebert vit donc se for- 
mer les orages qui ne cessèrent de fondre sur lui pen- 
dant tout le cours de son épiscopat. S'il ne recula pas, 
ce n"est pas qu'il aimât la lutte ; son caractère pacifique, 
ses habitudes studieuses, sa piété douce, tout la lui fai- 
sait redouter ; mais il était de ces natures qui puisent 
dans leur conscience une force surhumaine, et qui ont 
d'autant plus de mérite de ne reculer jamais qu'elles ne 
s'avancent qu'en tremblant dans le sentier du devoir. 

On avait vu dans ce siècle les plus saints et les plus 
fermes champions de l'Eglise se défier de leur force en 
présence des passions et des obstacles qui se dressaient 
devant eux. Lanfranc, saint Anselme n'avaient pour ainsi 
dire cédé qu'à la force ; Grégoire VII lui-même se sentit 
défaillir après son élection, et il resta quelques jours ma- 
lade et comme écrasé sous le poids qui lui était imposé. 

1 Et ne lethale in membris EcclesisG schisma fieret, canonieis 
consentit. — Ordericus Vitalis. Ecoles. Histor., lib. X. 



— 87 — 

Victor III, son successeur, pour échapper à la tiare et au 
fardeau qui l'accompagne, s'enfuit dans son couvent un 
montGassin, et ne cède qu'après une année d'instances 
et de prières. Ces exemples étaient récents. Les chanoi- 
nes du Mans pensèrent donc qu'il leur serait possible 
d'effrayer Hildebert en le calomniant: ils ne r réfléchirent 
pas qu'il va certaines accusations devant lesquelles une 
conscience pure se révolte et ne cède pas. Hélie, en re- 
connaissant l'élection d'Hildebert, l'avait confirmée; car 
un évêque ne pouvait pas être sacré sans le consentement 
du comte 1 . Il ne leur restait donc plus que la chance de 
le l'aire renoncer à l'épiscopat, et il s'agissait de le lui 
l'aire conseiller par une voix ayant autorité. 

Il y avait alors sur le trône épiscopal de Chartres un 
saint et illustre évêque nommé Yves, à qui ses vertus, sa 
science, son énergie, les persécutions qu'il avaient endu- 
rées, donnaient une grande prépondérance. Sa parole, 
comme un flambeau, venait apporter la lumière au mi- 
lieu du chaos des passions du temps. Aucune considéra- 
tion humaine ne l'avait jamais fait tenir la vérité sous le 
boisseau, lorsqu'il y avait un abus à signaler, des vices à 
combattre, des erreurs à dissiper. Les papes, les rois, les 
évêques, les monastères recevaient de lui ces lumineuses 
lettres qui sont arrivées jusqu'à nous, et qui lui ont valu 
dans son siècle le nom bien mérité àeLucema juris. 

Les chanoines, partisans de Geoffroy, stimulés par les 
intrigues du roi Guillaume, conçurent le projet de faire 
intervenir le saint évêque de Chartres pour engager Hil- 
debert à ne pas accepter l'épiscopat. Ils lui adressèrent 
donc une protestation contre l'élection d'Hildebert, dans 
laquelle ils accusent le nouvel éludes plus odieuses dé- 
bauches. 

Cette dénonciation n'est pas arrivée jusqu'à nous : 
mais on devine facilement ce qu'elle devait contenu' par 
la lettre attribuée à Yves de Chartres et adressée à Hil- 
debert. Cette lettre a été acceptée par quelques auteurs 

: Notœ in praecedcntiaGenomancnsium ciuscoporum yo la do< 
tissimi D. Lovauté. 



— 88 — 

comme une preuve suffisante qu'Hildebert avait eu des 
mœurs dissolues pendant son arcliidiacon.it. Nous pour- 
rions citer ce document, faire ressortir que loin d'être po- 
sitif il ne manifeste que des doutes, et ne prouve qu'une 
chose, c'est que le parti de Geoffroy, le parti anglais, fit 
essai des plus odieux moyens pour arriver à son but. 
Nous ne le ferons pas pour deux raisons: la première, 
c'est que cette lettre nous semble, avec le docte Loyauté, 
avec Dom Beaugendre, avec le Père Bondonnet, avec eu- 
lin les savants auteurs de l'histoire littéraire de France, 
d'une authenticité tout au moins douteuse: la seconde, 
c'est que certaines grandes figures se trouvent au-dessus 
de la justification, et qu'il suffit d'opposer leur vie tout 
entière, les événements, la tradition aux sourdes menées 
de l'envie ' . 

Cette lettre, attribuée à Yves de Chartres, se trouve, dit 
Dom Beaugendre, dans très-peu de manuscrits ; il y a six 
exemplaires manuscrits des lettres d'Yves de Chartres 
dans la bibliothèque royale, elle ne se trouve que dans 
un seul, et encore est-elle la pénultième. Dans les neuf 
manuscrits de la bibliothèque de Colbert, il n'y en a qu'un 
où elle se trouve, et écrite, comme on peut le voir, d'une 
manière différente. Elle ne se trouve point dans le ma- 
nuscrit de Saint-Germain. Dans le manuscrit de Saint- 
Victor, elle est adressée à Adalbcrt, et le nom d'Yves ne 
s'y trouve pas ; elle est inscrite après les autres, dont 
elle est séparée par une page vide, de façon qu'on peut 
penser qu'elle ne fait pas partie de l'ouvrage. Elle est donc 
exclue de la plupart des manuscrits, et même, dans ceux 
où elle se trouve, elle n'occupe pas la place qu'elle doit 
avoir, puisqu'elle se trouve dans lesdernières. tandis que, 
suivant l'ordre de la raison et du temps, elle devrait être 
placée dans les premières ( avec les lettres qui ont été 
écrites l'an 1097). Comme aussi, ajoute Dom Beaugendre, 

1 L'abbé Simon, dans son Histoire de Vendôme, discute la let- 
tre d'Yvesde Chartres. Hildebert sort de cette discussion complé» 
tementlavé de toute accusation d'in^pureté, mais incontestable- 
ment amoindri, 



— 8!) — 

le nom a été changé, elle doit être rejetée comme apo- 
cryphe; c'est ce que pensent les savants Juret, Souchet, 
Bondonnet, Jean de Maan 1 . 

C'est le cardinal Baronius qui, en la publiant dans ses 
annales, à l'année 1088 2 , lui a donné de l'importance. 
Baroniusla cite au sujet de Réranger, pour les erreurs du- 
quel il est sans miséricorde, et dans l'intention évidente 
de détruire l'effet des louanges qu'un homme de l'auto- 
rité d'Hildebcrt donne au trop fameux hérésiarque. Dans 
une épitaphe dont nous nous sommes occupé dans le 
précédent chapitre, il dit : « Quand Ilildebert écrivit ces 
« louanges, iln'étoit pas encore évèque; il étoit seule- 
« ment archidiacre, et menoit une vie dissolue, comme 
« on le voit d'après la lettre que lui écrivit Yves de Char- 
« très, lorsqu'il hit nommé évêque. » Il cite alors la lettre 
en question, sans dire un mot des circonstances qui l'a- 
vaient précédé! 1 , sans examiner les doutes qu'elle mani- 
feste ni le peu d'authenticité qu'elle peut avoir. 

Nous pensons, dit franchement Dom Beaugendre, que 
le cardinal Baronius fut injuste pour notre prélat. L'émi- 
nent orateur des Annales ecclésiastiques, dit le docte 
Loyauté, fut injurieux et injuste en portant atteinte à la 
réputation d'un homme aussi saint, et en se servant dans 
un esprit hostile et prévenu du témoignage d'Yves de 
Chartres. Je n'ai l'intention en écrivant ni de médire, 
ni de '.'éprendre, ajoute le savant conseiller 3 ; je ne suis 
mû que par l'amour de la vérité, pour laquelle j'ai tou- 
jours professé un culte, .le vénère pieusement la mémoire 
de cet homme incomparable, sans pour cela avoir à sa- 
crifier la vérité ''. 

Hâtons-nous d'ajouter que les rapports d'une cordiale 
et réciproque déférence ne cessèrent jamais de régner 

1 Iieaugendro, "Vcncràbili&H'ddeberti Vita,ip. XIX. 

2 Annales ecclcsiastici Baronii, an IÔ88, § XII, y. 1-594. 
r> Loyauté était conseiller au parlcmenl de Paris. 

4 Noies doclissimi /'. Loyauté. 



— 90 — 

entre saint Yves et Hildebert. Nous avons, lui écrit Yves, 
une liante idée de votre piété, parce que aussitôt que la 
vérité vous apparaît vous ne vous écartez plus <le la droite 
voie'. 

Il n'existe aucune trace, de l'époque d'Hildebert, qui 
justifie les calomnies signalées dans la lettre d'Yves de 
Chartres. Les Actesdes évêques du Mans les contredisent 
positivement; ils disent: Post decessum ipsius (Hoëlli), 
Hildebertus propter scientiœ et honestatis meritum , com- 
muni cleri plebisque assensu in ejus loco sub&titutus 
est. 

Après la mortd'Hoèl, Hildebert, à cause de sa science 
et de l'honnêteté de ses mœurs, lui succéda par l'assenti- 
ment du clergé et du peuple. Comment supposer que cel 
assentiment si général eût pu être acquis à un homme 
de mœurs scandaleuses ? N'est-il pas raisonnable et juste 
de s'en rapporter plutôt à cette vénérable tradition qui 
nous dit que cet enthousiasme fut inspiré par les vertus 
et par la science que nous retrouvons partout, dans les 
actes et dans les œuvres d'Hildebert ? 

Non-seulement le tradition et toute la vie d'Hildebert 
viennent démentir ces accusations ; mais aussi toutes les 
circonstances de son élection les rendent inadmissibles. 
Le peuple et le clergé, au milieu desquels il vivait, l'ac- 
clament quand il entre dans l'église, et deux princes sont 
irrités de cette domination improvisée : l'un, d'une piété 
éminente et reconnue; l'autre, indifférent et corrompu. 
Ni l'un ni l'autre ne font valoir l'indignité du nouvel élu. 
Ilélie cède à la crainte d'être l'occasion d'un schisme dans 
l'église du Mans; certainement il eût persisté dans son 
refus si la moindre tache avait existé sur la réputation 
d'Hildebert: sa résistance eût eu alors un toul autre motif 
que des considérations personnelles, et les ecclésiatiques 
qui le calmèrent n'eurent pas pu lui dire qu'il //<• devoit 



1 ho Carn. Epis., 167. 



— 91 — 

pas préfère)' son choix à celui du Clergé et du peuple te- 
nnis. Quant à Guillaume, il put bien favoriser les intri- 
gues par lesquelles on chercha à intimider Hildebert; 
mais il ne crut pus devoir produire en plein jour les ca- 
lomnies qui s'ourdissaient dans l'ombre. 

Si cette élection échauffa les passions au point de faire 
employer par les partisans de Geoffroy des moyens dés- 
espérés, c'est qu'elle renfermait autre chose que des 
préférences de personnes ; elle renfermait une lutte de 
principes et de répulsion nationale. Geoffroy représen- 
tait, tout à la fois, le candidat imposé par la féodalité 
et le parti normand : tandis qu'Hildebert était l'expres- 
sion du droit d'intervention du clergé et du peuple, 
selon les anciennes formes canoniques, et de l'indépen- 
dance nationale. Guillaume-le-Roux ne s'y trompait pas ; 
il fit tous ses efforts pour annuler cette élection cléri- 
cale et populaire: menaces, promesses, calomnies, 
bruits mensongers, tout fut employé ; mais tout fut inu- 
tile. Raoul, archevêque de Tours, comme métropolitain, 
sacra Hildebert le jour de Noël de l'année 4097. Le 
comte llélie assista au sacre l , pour témoigner avec 
éclat qu'il avait abandonné toute opposition, et qu'il ap- 
prouvait franchement et sans réserve le choix dllilde- 
bert. 

Guillaume-le-Roux, exaspéré, profite de cette cir- 
constance pour revendiquer ses prétendus droits de sou- 
veraineté sur le Maine, et, à la tête d'une formidable 
armée, il entre dans le Maine, ravage les domaines de 
l'évêque, rase ses maisons de campagne et met tout à 
feu et à sang. Hélie se hâte de réunir autour de son 
étendard ses valeureux chevaliers et tous ses partisans, 
qu'animait le double sentiment de dévouement pour lui 
et de la haine de la domination normande. 

Voilà donc le comte llélie devenu le champion de 
l'évêque. C'est dans cette première lutte que se for- 
mèrent les liens de mutuelle affection, qui ne se rom- 

1 Ex Tabulario Prulliacensi. 



(1-) 

pirent qu'au moment où le saint évoque ferma les yeux 
et ouvrit le ciel au brave chevalier. 

Il y a toujours eu, à toutes les époques, des sympa- 
thies profondes entre le prêtre et le soldat chrétien. Ces 
sympathies ont leur source dans la partie la plus noble 
et la plus élevée de rame, dans le sentiment du de- 
vouement, commun au prêtre et au soldat : l'un et 
l'autre l'admirent sous une forme différente que celle 
sous laquelle ils sont appelés à la pratiquer. Le soldat, 
pour le prêtre, représente l'homme toujours prêt, à se 
dévouer jusqu'à la mort à son pays, à son devoir. Le 
prêtre est, pour le soldat, l'ange de l'abnégation con- 
stante, maîtrisant en lui toutes les passions humaines 
pour être, et toujours et partout, prêt à servir. Chez 
le prêtre, le dévouement a quelque chose de profondé- 
ment réfléchi, et il apparaît, au guerrier, comme péné- 
tré d'une lumière divine qui transfigure la partie la plus 
intime et la plus noble de ses propres sentiments. 

A ces affinités générales se joignaient des idées, des 
sentiments et des intérêts communs qui rapprochaient 
d'une manière toute particulière Ilildebert et le comte 
Hélie : tous deux avaient une foi vive et une piété ten- 
dre; l'un et l'autre appartenaient au pays du Maine, 
qu'ils désiraient voir délivré du joug des Normands ; 
l'évoque par son élection, le comte par ses droits héré- 
ditaires étaient l'expression complète des intérêts pa- 
triotiques. 

Tout dans Guillaume-le-Roux contrastait avec ces sen- 
timents, et l'opposition qui existait entre son caractère 
et celui d'Ilélie se faisait remarquer dans ses mœurs, 
dans ses habitudes et même dans son extérieur. 

« Le comte Hélie, dit Ordéric Vital, étoit d'une haute 
« taille, d'une force extraordinaire, nerveux sans em- 
« bonpoint. Il avoit le visage basané, la barbe hérissée 
« et les cheveux tondus comme un prêtre. Il parloit 
« avec agrément et facilité. Les personnes tranquilles 
« et soumises n'avoient qu'à se louer de lui : mais il 
« trailoil rudement les brouillons et les rebelles. Il ob- 
P servoil et faisoit observer rigoureusemenl les lois de 



- 93 - 

« la justice. Pénétré <h i la crainte de Dion, il pratiquôit 
« avec ferveur toils les exercices de la religion. Sa piété 
« tendre et affective lui faisoit souvent verser des larmes 
« dans la prière. 11 jeûnoit fréquemment, et passoit ré- 
« gulièrement tous les vendredis sans manger. Les 
« Eglises trouvèrent en lui un zélé défenseur, et les 
« pauvres un père charitable 1 . » 

Guillaume était de petite taille et très-replet; il avait 
les cheveux blonds et plats, et le visage couperosé, ce 
qui lui fit donner le surnom de Rùfus ou le Roux. Dans 
la conversation ordinaire sa prononciation était lente et 
embarrassée ; dans l'emportement de la passion elle de- 
venait précipitée et inintelligible. En public il affectait 
un port majestueux, promenait fièrement ses regards sur 
les spectateurs, et tâchait, par le ton de sa voix et la 
forme de ses réponses, d'intimider ceux qui s'adres- 
saient à lui \ 

Adonné aux plus honteuses débauches 3 , autour de 
lui se pressaient ces effœminati si souvent mentionnés 
par les anciens écrivains. Ils portaient des tuniques à 
grandes manches et des manteaux à queue. La pointe 
de leurs souliers était fourrée d'étoupes et entortillée de 
manière à imiter les cornes d'un bouc ou les replis d'un 
serpent, invention récemment introduite par Foulques, 
comte d'Anjou, pour cacher la difformité de ses pieds. 
Leurs cheveux étaient séparés sur le front et flottaient 
sur leurs épaules. 

Quand un intérêt l'appelait, Guillaume quittait facile- 
ment eette tourbe, dont il partageait l'obscène liberti- 
nage. Dur et sans pitié pour le pauvre pendant la paix, 
soit dédain, soit fierté chevaleresque, il n'était pas sans 
générosité envers ceux que ses armes avaient vaincus. 

1 Ordeiïc Vital. 

2 Docteur John Lingard, Histoire d'Angleterre, Guillaume II. 

3 Lasciviio et animi desideriis deditus, pauperum intolerabilis 
op|>rcssoi\ ecclesiarum crudelis exactor, et irreverentissimus re- 
tentor et dissipator. — Suger. 



— 94 — 

Voilà les principaux traits que les chroniqueurs du 
temps nous ont transmis des deux princes qui allaient 
se disputer la souveraineté du comté du Maine. L'un le 
meilleur ami, l'autre le plus terrible et le plus constant 
ennemi du saint évêque Hildebert. 



NOUVEAUX DOCUMENTS 

SUR 

L'HISTOIRE DU VEND0M01S 

Par M. Gli. Bouchet. 



Nous avons parlé dans le dernier numéro du Bulletin 
d'un lot assez considérable de parchemins offerts à la 
Société par M me Besnard, au nom de M. Derouin lils. 
Ces pièces, au nombre de quarante-neuf, offrent en gé- 
néral un véritable intérêt au point de vue local; quel- 
ques-unes même sont d'une importance réellement his- 
torique pour le Vendômois. D'autres, il est vrai, ne 
donnent en passant qu'un simple renseignement, mais 
ce renseignement même a son prix, et il est utile de 
le recueillir. Malheureusement ces titres ne remontent 
pas très-haut; le plus ancien est de 1515, mais ils se 
continuent à des intervalles plus ou moins rapprochés 
jusqu'en 1791. Quant à leur origine, elle est assez in- 
certaine : les uns proviennent assurément de l'étude 
du grand-père de M. Derouin, qui était huissier à Ven- 
dôme ; les autres, et ce sont les plus importants, fai- 
saient sans doute partie, dans le principe, de ces nom- 
breuses liasses qui existaient à l'hôtel-de-ville, sous la 
Restauration, et qui furent alors vendues comme pièces 
inutiles. Ce lot sera tombé entre les mains de M. De- 
rouin, et c'est à lui que nous en devons la conserva- 
tion. Mais on pourra juger par là de la perte que nous 
avons faite. Quoi qu'il en soit, nous allons donner une 
analyse de chacun de ces documents, en renvoyant à 
la fin de cet article la copie textuelle des plus remar- 
quables. Sans entrer dans une discussion complète, ce 
qui nous entraînerait trop loin, nous les accompagne- 
rons de notes et d'éclaircissements, lorsque nous le 
jugerons utile. Nous prévenons aussi une fois pour tentes 
que tous ces titres sonl des originaux, ce qui nous a 



— 96 — 

engagé à en suivre très-scrupuleusement l'orthographe 
dans les transcriptions que nous en donnons. Les sceaux, 
lorsqu'il y en avait, ont disparu. 

Nous procéderons dans l'ordre chronologique. 

1. — 8 juin 1515. — Protestation des habitants 

DE VENDOME CONTRE LA NOMINATION D'UN GOUVER- 
NEUR. — Le duc de Vendôme avait nommé à cet office 
Jean d'IUiers, chevalier, seigneur des Radretz. Mais, 
dans la réception qui lui fut faite en assemhlée géné- 
rale, les quatre échevins de la ville, au nom de tous les 
habitants, protestèrent que le don et octroi de cette 
charge, ainsi que l'institution qui en était conférée, ne 
devait point nuire ni préjudiciel 1 pour l'avenir « aux 
« droiz, franchises et lihertez que iceulx manansdelad. 
« ville de Vendosme maintiennent auoir dicelluy office 
« de gouuerneur nommer et présenter a mondit Sci- 
« gneur le duc. » Maître Jacques d'Amours, son procu- 
reur, proteste en sens contraire. Les courageux échevins, 
ou du moins trois d'entre eux, Guillaume de la Fosse, 
licencié ès-lois, Jean Mauguy et Jean Mingres, requirent 
deux notaires de leur donner acte de leur protestation, 
ce qui leur fut accordé ainsi qu'au procureur du duc. 
C'est cette protestation des échevins que nous possédons 
aujourd'hui, signée Laurent et Mautrôte (notaires). 

Pièce en travers, de 0»>,37 sur 0,18, écriture soignée qui rap- 
pelle encore celle de la lin du XVe siècle. Voy. à la lin, N° 1. 

Nous n'avons pas besoin de faire ressortir l'extrême 
importance de cette pièce. C'est une page nouvelle pour 
l'histoire du Yendômois. Le duc était alors Charles de 
Bourbon, fils de François de Bourbon et de Marie de 
Luxembourg. Son comté venait d'être érigé en duché, 
l'année précédente, par François I er . ( Février 1514. 
Vieux style. ) Il parait que le nouveau duc avait hâte. 



— <>7 — 

à l'exemple do son maître, avail Hâte de mettre sa petite 
royauté hors depage. — Quant à la famille d'Ilhers, cé- 
lèbre dès le XIV e siècle, elle se disait issue des anciens 
comtes de Vendôme. Celle qui porte aujourd'hui ce nom 
n'en est point une descendance. 

11. — 7 juillet 1531. — Accord entre Michel 
Gauguyn, prieur de Lancôme, et l'arraye de la 
trlmté, d'une part, et Pierre Sauvage, ancien 
valet de chambre de la feue royne dernière décédée*, 
demeurant à Blois, d'autre part. — 11 s'agissait de cer- 
tains profits de fiefs et ventes de certaines terres as- 
sises au lieu de Cléiice, paroisse de Lancôme, et tenues 
à terragedudit prieur, à cause de son prieuré. Sauvage 
disait n'être point astreint à payer ces droits; un pro- 
cès s'en était suivi, et un jugement avait été rendu au 
profit de Gauguyn. Mais Sauvage en avait appelé par 
devant le juge d'Anjou ou son lieutenant à son siège de 
Daugè-. Là, nouvelle sentence confirmative de la pre- 
mière. Sauvage alors en appelle en parlement. Mais, 
pendant que le procès était encore indécis, les parties 
se présentèrent par-devant Jean Sublet, notaire à Blois. 
L'abbaye était représentée par André Du Val, grand- 
prieur du cloître de ladite abbaye et armoisier dicelle, 
prieur de Combergen et de Surgères. Les parties en 
vinrent à un arrangement. Sauvage promit payer à Gau- 
guyn la somme de six vingts livres tournois, donl il 
paya comptant 20 livres ; le reste payable, savoir: dans 
huit jours M) livres, et GO livres à la Toussaint suivante; 
moyennant quoi il acquiesça, sous le bon plaisir dé la 



1 Claude de France, femme de François l ,M '. morte à Blois, le 
20 juillet 1524, à l'âge de 25 ans. 

- On sait que c'esl là qu'étaient relevés les appels de Ven- 
dôme. 

iv. 7 



— 98 — 

cour, à la sentence de Baugé, etc., etc. L'acte se ter- 
mine par les formules ordinaires. Présents : François 
de Sonsches, conseiller et avocat à Blois, Jehan de 
Sonsches et Pierre Raoul. Date. Signé J. Sublet. 

Pièce en travers, de 0'«,55 sur 0,50. Grande et belle écriture. 

Jean Sublet était un des ancêtres, ou du moins un 
des parents ascendants de Michel Sublet, qui fut abbé 
de la Trinité de 1590 à 1649 ». On sait en effet qu'il 
était originaire de Blois. André Du Val était un des per- 
sonnages importants de l'abbaye à cette époque. En 
1514-, celle-ci ayant songé à faire imprimer pour la 
première fois son Bréviaire, A. Du Val, qui était alors 
quart-prieur, fut choisi pour présidera celte opération. 
En 1531, il cumulait à la fois, comme on vient de le 
voir, les fonctions et les bénéfices de grand-prieur du 
cloître 2 , armoisier 3 , c'est-à-dire bibliothécaire, et prieur 
de deux prieurés, situés l'un dans le Vendômois et 
l'autre dans l'Aunis, et ne résidant ni dans l'un ni dans 
l'autre. On voit quels abus s'étaient introduits déjà dans 
la discipline monastique. Quelques années plus tard, 
Antoine de Crevant chargea son suppléant de faire pour 
le Missel ce qu'il avait fait pour le Bréviaire; et en effet 
cet ouvrage, après une révision savante, fut imprimé 
à Tours, chez Jean Bosset, en 1536. C'est un vrai 
chef-d'œuvre typographique \ 

111. — 25 juillet 1578. — Lettres patentes de 
Henri 111 aux trésoriers de la généralité d'Or- 
léans, ordonnant la levée d'un impôt sur tout le duché 

1 Et non à 4G43, comme le dit l'abbé Simon. Yoy. GaUia 
christ., et l'avènement du successeur de Midi. Sublet. 

2 L'abbé, qui était alors Antoine de Grevant, étant presque tou- 
jours absent de son abbaye, il avait fallu nommer un supérieur 
pour le remplacer. Ge nouveau dignitaire prenait le nom de 
grand-prieur du cloître ou prieur claustral. 

3 Armarius, qui a le soin de l'armoire. On disait aussi ar- 
moiries. 

'' La bibliothèque de Vendôme en possède un exemplaire. 



s 



— 99 — 

de Vendômois, à l'effet d'amortir la rente de la maison 
de Cliicheraj ' que la ville de Vendôme avait louée pour 
y établir un collège. — Les habitants de Vendôme s'é- 
taient réunis plusieurs lois en assemblées générales, 
pour traiter <le leurs affaires, et avaient décidé, entre 
autres, de fonder un collège composé d'un principal et 
sépl ou huit régents, qui pussent donner à la jeunesse 
de la ville et des environs l'instruction convenable. Ils 
avaient loué à cet effet une grande maison, dite la mai- 
son de Ghicheray, appartenant à un conseiller du par- 
lement de Paris, nommé Charles de Marillac 2 . Le nou- 
vel établissement n'avait pas tardé à prospérer et à 
compter cinq ou six cents écoliers, tant du Vendômois 
que autres villes et lieux. Encouragés par un tel succès, 
les habitants résolurent d'acheter cette maison, et dé- 
putèrent deux de leurs échevins à Paris vers le sieur de 
.Marillac et sa femme. Ceux-ci consentirent à céder leur 
maison moyennant une rente de 102 écus 7 3 d'écu sol 3 , 
et 6 sous 8 deniers tournois, amortissable pour la 
somme de 1283 écus 7 3 d'écu sol en un seul paiement. 
Acte fut passé de ces conventions par-devant deux no- 



1 Aujourd'hui bâtiments de l'hospice, du moins en partie. 

2 II était en même temps seigneur de Freschines, comme on le 
verra plus bas." Nous trouvons en 1531 un J. Ch. Cueillette sei- 
gneur de Freschines et de Chicheray. Ch. de Marillac lui avait 
sans doute succédé dans ses propriétés et ses titres. Il ne faut 
pas le confondre avec un autre Charles de Marillac, qui fut l'un 
des plus habiles diplomates des rois François 1er et Henri II, et 
mourut en 1560. Peut-être le nôtre était-il son fils ('?). 

3 L'écu sol ou écu au soleil était une monnaie d'or dont la va- 
leur avait été fixée par édit du mois de novembre 1577 à 3 livres, 
l'n autre édit du mois de septembre précédent avait ordonné 
qu'à partir du 1er janvier 157N, on ne compterait plus par livres, 
mais bien par écus. 11 en était résulté (pie le signe qui servait à 
exprimer dans l'écriture h' mot livre fui employé à désigner le 
mol écu, et c'est ce qui arrive plus d'une fois dans nos chartes. 



— 100 — 

taires du Châtelet de Paris. Cependant la ville de Ven- 
dôme n'avail ni fonds ni biens patrimoniaux pour ser- 
vir cette rente, et les échevins s'étaient engagés en leurs 
propres et juives noms d'en opérer le rachat. La ville 
n'avait donc d'antre ressource que de solliciter du roi 
l'assiette d'un impôt local : ce qui lui fut octroyé. En 
conséquence le roi adressa l'ordre à ses trésoriers gé- 
néraux à Orléans d'avoir à faire lever, par le ministère 
des Elus, tant sur les habitants de la ville de Vendôme 
que sur tous et chacuns les paroissiens de toutes les pa-* 
roisses du pays et duché de Vendômois, au sol la livre, 
à raison des tailles ordinaires, ladite somme de \iloo 
écus un tiers d'écu sol, ensemble les frais taxés à la 
somme de 35 écus, et ce en 2 années prochaines. Les 
deniers en provenant devront être délivrés aux échevins 
de Vendôme, et par eux employés au rachat de ladite 
rente, et non ailleurs, sous peine d'en répondre. 
Donné à Paris le.... etc. 

Par le roi en son Conseil. Rotier (?) 

Pièce en travers de 0'",54 sur 0,30. Ecriture fine offrant quel- 
ques difficultés de lecture. Yoy. à la fin, N° II. 

Ce document, comme l'on voit, ne le cède guère en 
importance au premier que nous avons analysé : il est, 
pour ainsi dire, la charte de fondation d'un établisse-, 
ment qui a toujours fait la gloire de Vendôme. Mais il 
atteste en même temps, sans rien diminuer de la re- 
connaissance que nous devons à César, que le premier 
et le véritable fondateur, c'est la ville elle-même, ce 
sont les manants et habitants et leurs échevins; c'est 
à leur initiative et à leur dévouement que nous devons 
ce collège qui dès l'origine acquit de si grandes propor- 
tions. Ce n'est pas, à vrai dire, qu'il n'existât alors à Ven- 
dôme aucun établissement d'instruction publique un peu 
important, car nous trouvons dans l'Histoire manuscrite 



— loi — 

(le Saint-Georges, parle chanoine du Bellay (p. 144), 
que, vers ir>li:2, le revenu d'une prébende de cette église 
fut affecté à l'entretien du collège ', ce qui dura, af- 
firme l'auteur, jusqu'à l'établissement des Pères de 
l'Oratoire en cett" ville. Mais ce collège, qui devait être 
peu de chose, puisqu'il n'a pas laissé d'autre souvenir, 
fut précisément remplacé par celui que créèrent les ha- 
bitants, et c'est de cette époque que date sa prospérité, 
on peut dire sa véritable fondation. Elle est due, au 
reste, à une pensée toute religieuse. Les habitants avaient 
vu en 1562 Jeanne d'Albret confier l'éducation de leurs 
enfants a un maître huguenot; puis, forcée par la cla- 
meur de l'opinion, le remplacer par un catholique. Ils 
avaient vu le gouvernement accorder ou retirer to;r à 
tour aux protestants, selon les vicissitudes de la guerre, 
le droit de tenir des écoles et collèges 2 . Ils résolurent, 
en ce qui les concernait, de trancher enfin la question 
par une institution définitive. La Ligue d'ailleurs était 
déjà dans toute sa force et enflammait les esprits. Ven- 
dôme l'avait embrassée avec ardeur. On conçoit qu'un 
collège fondé sous de tels auspices dut obtenir prompte- 
ment une vogue immense. Il l'obtint d'autant plus que 
beaucoup de villes environnantes ne possédaient encore, 
à ce qu'il paraît, aucun établissement de ce genre un peu 
considérable, puisque les enfants affinaient à Vendôme 
tant du Vendômois que autres villes et lieux. Ce qui est 
certain, c'est que Blois n'avait encore que ses Grandes- 

1 Ce renseignement doit être exact, car l'ordonnance rendue 
par Charles IX, aux États généraux d'Orléans en 1500, dispose, 
article 9, que « en chacune église cathédrale ou collégiale... une 
« prébende ou le revenu d'ieelle demeurera destiné poiuTentre- 
i' tellement d'un précepteur, qui sera tenu, moyennant ce, in- 
« struire les jeunes entants de la ville gratuitement cl sans sa- 
is laire. o — Au reste, il est probable qu'àYendôme le nouveau 
collège fut fondé d'accord avec le chapitre de Saint-Georges, qui 
de tout temps avait eu le monopole de l'instruction dans cette 
ville. Pourtant les lettres du roi n'en disent rien. 

* Ordonnance de Charles l\ de 1570. — Paix de Monsieur, 
1576. 



— 102 — 

Ecoles, son collège n'ayant été érigé qu'en 1581 l . Celui 
de Chartres, fondé par l'évêque, est de 1587. Toutes ces 
institutions sont dues à la même cause, an même esprit, 
au désir d'assurer l'avenir catholique de la France. Peut- 
être aussi les villes et les campagnes de nos environs 
trouvaient-elles plus de motifs de sécurité à placer leurs 
enfants dans une ville catholique appartenant à un prince 
protestant. On avait ainsi des garanties des deux côtés. 
Tout ceci explique suffisamment, il nous semble, ce 
chiffre de cinq à six cents écoliers, qui au premier abord 
paraît exagéré. 

Le roi, qui venait de se déclarer lui-même chef delà 
Ligue (1577), dans l'espoir d'y supplanter l'influence 
du (hu- de Guise, entra avec empressement dans les vues 
des habitants de Vendôme, puisque le contrat passé avec 
le sieur de Marillac est du 23 juillet, et l'autorisation du 
roi du 25. Quant au duc de Vendôme, à ce prince pro- 
testant dont nous parlions tout à l'heure, c'était Henri, 
roi de Navarre, depuis Henri IV. On conçoit qu'il dut 
rester entièrement étranger à une fondation faite dans 
un esprit aussi orthodoxe. D'ailleurs toujours absent de 
son duché, il avait alors bien d'autres intérêts en vue. 
.Mais plus tard, devenu catholique et roi de France, il 
accueillit avec une extrême faveur une requête des ha- 
bitants au sujet de leur collège. Il les combla de préro- 
gatives et d'immunités, eux et surtout le principal et 
les régents (1505). On peut voir rénumération de toutes 
ces grâces dans M. de Pétigny, p. 300. Mais la charte 
elle-même nous semble si curieuse, elle fait suite si na- 
turellement à celle de Henri 111, que nous demandons 
la permission de la reproduire intégralement, quoiqu'elle 
ne fasse pas partie de celles «pie nous analysons. On la 
trouvera à la fin sous le N° III, d'après une copie que 
M. A. Goudron a léguée à la bibliothèque de celle ville. 
Nous ignorons ce qu'est devenu l'original. 



1 Voy. A. de Martonne. Les Grandes Ecoles et h- Collège de 
Bloie. — Bluis. Lccesnc. 1855. Broch. in-8°, 



— 103 — 

Ce fut sans doute cette prospérité extraordinaire du 
collège qui détermina César à le transférer depuis dans 
un local plus vaste et mieux approprié. Mais la conclu- 
sion la plus générale qui nous paraisse ressortir des 
divers documents que nous avons vus jusqu'ici, c'est de 
nous faire voir combien la vie municipale et même la 
vie intellectuelle étaient actives dans nos pays au XVI e 
siècle. Les querelles religieuses n'avaient pas peu con- 
tribué, comme nous l'avons dit, à ce mouvement des 
esprits, et c'était en quelque sorte la compensation de 
ce malheureux état de choses. 

Qu'il nous soit permis d'approfondir encore notre 
charte à un autre point de vue, au point de vue finan- 
cier, et elle va nous révéler sous ce rapport d'antres 
détails non moins curieux : en effet, la ville y déclare 
qu'elle ne possède ni fonds ni biens patrimoniaux. Ce- 
pendant en 1514 (V. S.) le duc Charles avait abandonné 
aux habitants le droit de barrage (d'octroi) qu'il per- 
cevait depuis longtemps, mais sur lequel il entretenait le 
pavé de la ville. Il est vrai que la commune, en entrant 
en jouissance de ce droit, fut astreinte à faire le même 
emploi du revenu, et de plus à payer tous les ans au 
duc et à ses successeurs 2 sous G deniers tournois de 
devoir et reconnaissance le premier jour de l'an. Il est 
dit encore dans l'acte de concession que « à l'acom- 
« plissement, effect et exécution desquelles charges et 
« choses dessus dictes les dicts manans et habitans tant 
« pour eulx que pour leurs dicts successeurs seront 
« tenus eulx snbmectre soubz obligation et hypothèque 

« DES BIENS ET CHOSES APPARTENAIS A LEUR COM- 

« munaulté, tant et si avant que l'on peult faire en tel 
« cas ' . » 

Ainsi la ville avait des fonds ; elle avait le revenu de 
son octroi et le revenu de la prébende de Saint-Georges, 



1 Voy. à la bibliothèque de Vendôme une copie do cette pièce 
qui porte la date de -1514. Si elle est exacte, comme tout le fail 
présumer, elle peut servir à rectifier M. de Pétigny, qui la re- 
porte à Tan 1534. 



— 104 — 

spécialement affectée au collège; mais ces fonds étaienl 
certainement insuffisants, puisque M. A. de Trémault a 
démontré, «dans son dernier article 1 , que précisément 
en cette même année 1578, la partie centrale de la ville 
n'était pas encore pavée, e/est-à-dire que le produit de 
l'octroi ne s'étant pas accru, on n'avait pu pourvoir 
même au pavage de ce quartier, qui avait dû rester 
dans le même état que par le passé. 

Quant aux biens patrimoniaux que la ville possédait 
en 151 ï, sans doute aussi le malheur des temps, les 
guerres civiles, les exactions multipliées, le renchérisse- 
ment excessif de toutes choses Pavaient forcée de les 
aliéner en tout ou en partie. Elle exagérait donc un peu 
en disant qu'elle n'avait ni fonds ni biens, mais assuré- 
ment elle n'était pas fort éloignée de la vérité. La misère 
générale en effet était telle, que Henri 111 avait essayé 
d'y porter remède, et -par un édit du mois de novembre 
1577 s'était efforcé de réduire le prix des denrées. Dans 
cette autre ordonnance que nous citions plus haut, et 
par laquelle il prend désormais l'écu pour pied et fon- 
dement de son système monétaire, il dit en parlant des 
extrêmes abus qui s'étaient introduits à ce sujet : « dont 
« est à craindre que toutes les choses de nostre estât 
« tombent en si grand désordre et confusion que sans 
« doute il s'en ensuyve l'entière ruine d'iceluy 2 . » Ajou- 
tez à cela les charges sans nombre qui pesaient sur les 
citoyens et dont on peut voir la triste énumération dans 
les Lettres de Henri IV, en faveur du collège (Pièces 
justifie, N° III), et l'on comprendra que la ville fut dans 
la nécessité de recourir à un impôt. Ceci posé, elle trou- 
vait juste sans doute de faire supporter à tout le pays 
une dépense dont tout le pays profitait. 

Encore un mot sur cette charte si intéressante : on 
aimerait savoir à quelle somme équivaudrait aujourd'hui 
cet impôt de 1268 écus 7,. Malheureusement la réponse 



1 Voy. le précédent numéro do ce Bulletin, p. 41. 
- Isambert. Recueil des anciennes lois françaises. 



— 105 — 

à cette question esl presque impossible., tant le problème 
se complique d'éléments divers el même d'éléments mo- 
raux. Tout ce que nous pouvons dire ici, c'est qui; la 
livre tournois contenail alors autant d'argent en poids 
qu'en contiennent aujourd'hui 3 fV, lie. Par conséquent 
un écu valant 3 livres, 1268 écus '/ 3 valaient 3,805 li- 
vres et contenaient 11,94*7 fr. 70 c. d'argent. Mais nous 
ne connaissons pas ce qu'on appelle le pouvoir ancien 
de l'argent relativement à son pouvoir actuel. Au reste, 
ceux qui désireraient étudier plus à lond cette question 
pourront consulter le beau Mémoire de M. Mantellier 
sur la valeur des principales denrées et marchandises... 
a Orléans, au cours des XIV e - XVIII e siècles. (V. Mém. 
de la Soc. Archéol. de l'Orléanais. T. V. En particulier 
pp. 103 et suivv. 133 et 134..) 
Mais hâtons-nous enfin de passer à la pièce suivante. 

IV. — -21 août 1578. — Transfert de la rente 

DU COLLÈGE FAIT PAR Cit. DE MARILLAC A MATHIEU 

de Lor. — A tous ceux... Anthoinedu Prat ', seigneur 
de Nantouillet, garde de la Prévôté de Paris, Salut. 
Ch. de Marillac, conseiller au parlement, seigneur de 
Ferriéres et de Freschaiues et damoiselle Love Preu- 
dhomme sa femme, vendent et transportent « à hono- 
« rable homme Mathieu de Lor, maistre au faict d'ar- 
« mes, bourgeois de Paris, Cent deux escuz et deux tiers 
« dor soleil, Six solz huict deniers tourn. Revenans à 
« Trois cent huict livres, six solz huict deniers tournois 
« de rente 2 , » qui leur sont dus par les échevins et ha- 
bitants de Vendôme, payables à Paris, à deux termes, 
par moitié, avec faculté de rachat, suivant l'acte passé 

1 Petit-fils du célèbre chancelier. 

* Ce passage donne, comme l'on voit, le rapport de l'écu soleil 
à la livre pour cette époque. Si l'on fait le calcul, <>n trouvera 
que cet écu valait eu effet 3 livres, euiuuie uous l'avons dit plus 
haut. 



— 106 — 

par-devant Mathurin Mitait (?) ' et Phil. Cothereau. Ladite 
vente faite moyennant le prix de 1233 écus et un tiers 
que ledit acheteur a payés comptant... etc., etc. 2 . For- 
mules finales très-développées. Date. — Signé Duboys. 
P. Cothereau. 

Sur la marge du premier feuillet on lit : « Les cent 
« deux escuz deux tiers descu six solz lmict deniers 
« tourn. de rente mentionnes en ces présentes ont este 
« racheptez et les arreraiges paiez parlesd. de Rotelle 3 
« et Pasquier escheuins susd. es mains de M rc Michel 
« Maupeou, conseiller du Roy et maistre des comptes 
« à Paris, selon qu'il est contenu en la quictance de ce 
« faicte et passée par deuanl les notaires soubzsignez ce 
« jourdhuy vnziesme jour de mars mil V e II1I VX . » Si- 
gné P. Cothereau. Boïntemps. 

Contrat de G feuillets petit in-folio sur vélin. Belle et large 
écriture, à la fois régulière et hardie. 

On voit que les échevins de Vendôme avaient été fidèles 
à leurs engagements, et qu'ils avaient même anticipé 
le terme, puisqu'il leur était accordé deux ans pour se 
libérer à partir du 25 juillet 1578, et que le 11 mars 
1580 la rente était entièremeut amortie. Cela démontre 
que l'impôt était rentré avec la plus grande facilité, 
parce que l'objet en était populaire. Il n'en sera pas de 
même de celui que nous allons voir. 

V. — 13 ou H août 4 1593. — Lettres patentes 
de Henri IV aux trésoriers de la généralité 



1 Mot corrigé et surchargé dans le manuscrit. 

2 Les autres conditions ne nous intéressent plus aussi direc- 
tement. 

3 Ce nom est essentiellement vendômois ; il se rencontre fré- 
quemment dans nos anciens titres. 

* Cette date est confuse dans l'original. Le roi, dans ses pre- 
mières lettres de jussion (Voy. plus bas), rappelle ses lettres 
du 13* jour d'août, et dans ses deux dernières il dit : Nos let- 
tres du 14. Les trésoriers ont lu constamment : le 13. 



— 107 — 

d'Orléans. Edit d'imposition. Cette pièce et les 
six suivantes sont relatives au même objet. Il s'agit en- 
core d'un impôt que la ville de Vendôme demandait l'au- 
torisation d'asseoir sur le pays. Mais cette affaire est 
particulièrement curieuse en ce qu'elle nous fait con- 
naître un conflit qui s'éleva, à ce sujet, entre l'autorité 
royale et l'administration financière. Voici d'abord l'ana- 
lyse de la première pièce : Les échevins et habitants de 
Vendôme avaient fait un bail au rabais par-devant les 
Elus, pour la fourniture du gros bois, des fagots et de 
la chandelle nécessaires à l'entretien des corps-de-garde 
établis aux quatre portes de la ville, à l'endroit des 
Cordeliers et autres lieux. L'adjudication avait été faite 
au taux de 50 sous pour chaque jour d'été, commen- 
çant le 1 er mars 1593 et devant finir le 1 er septembre 
suivant, et au taux de unécu 2 / 3 pour chaque jour d'hi- 
ver, commençant le 1 er septembre et finissant le 1 er mars 
suivant. Le tout revenantpour l'année entière à 450 écus ', 
qui devaient être payés à René Champenois, adjudica- 
taire. Les habitants demandent au roi la permission 
d'imposer cette somme sur toutes les paroisses de l'É- 
lection 2 . Le roi le leur accorde, et en conséquence 

1 L'écu valait encore à cette époque 3 livres ou 60 sous, valeur 
qu'il conserva jusqu'en 1G02. Un écu 2/3 valait par conséquent 
100 sous, c'est-à-dire que le jour d'hiver se payait le double du 
jour d'été. Le chiffre de 450 écus indique d'ailleurs que l'année 
n'avait été calculée qu'à raison de 360 jours. 

2 On sait que l'Election était une certaine circonscription finan- 
cière, une subdivision de la Généralité ; ainsi la Généralité d'Or- 
léans comprenait douze Elections. Chacune se composait d'un 
président, un lieutenant criminel vérificateur des rôles, un lieu- 
tenant civil, plusieurs Élus, qui ne dépassaient pas le nombre de 
sept, un procureur du roi et un greffier. (Extrait d'un Mémoire 
manuscrit sur la Généralité d'Orléans, dressé en 1690 par un 
M. de Bouville. ) D'après l'auteur : a L'Election de Vendosme 
« compte 80 villes, bourgs et paroisses et 8672 feux. Elle a rap- 
« porté en l'année 1008 1 19,040 livres 9 sous. » — Ce Mémoire 
sera publié dans le présent Bulletin par M. A., de Trémault. 



— 108 — 

mande aux trésoriers généraux d'Orléans de faire établir 
cet impôt par les Élus, conformément à la requête des 
exposants, en y ajoutant les frais de la levée et ceux de 
l'obtention de la demande, ces derniers taxés à 10 écus. 
Donné à Saint-Denys, le... etc. Contresigné De Verton. 

Pièce en travers, de 0m,45 sur 0,19, un peu usée. Petite écri- 
ture régulière et lisible. Voy. à la fin, N° IV. 

Ainsi il y avait encore une garnison protestante à Ven- 
dôme; elle y était certainement depuis la prise de la 
ville en 1589. La ville d'ailleurs devait être alors fort 
gênée, puisqu'elle ne pouvait suffire, à laide de ses 
seules ressources, à l'entretien de bois et de ebandelle 
de six ou huit corps-de-garde pendant une année, et 
qu'il lui semblait même trop lourd de supporter à elle 
seule cet impôt. Elle en était réduite à demander qu'il 
fût réparti sur tout un pays qui ne profitait qu'indirec- 
tement du bénéfice de la dépense, c'est-à-dire de la sé- 
curité de la ville. En sorte (pie Vendôme, d'après cette 
combinaison, ne devait contribuer (pie pour l / a environ 
de cette charge, autant qu'il est possible d'apprécier au- 
jourd'hui cette proportion 1 . Tout cela démontre assez 
l'état indigent où ses finances étaient tombées, état 
qui existait déjà quinze ans auparavant, et que nous 
avons constaté dans cette charte de Henri 111 où la 
ville déclare n'avoir ni fonds ni biens patrimoniaux. 
Quant à la valeur actuelle des 450 écus, nous renver- 
rons à ce que nous avons dit plus haut, au sujet de 
l'impôt de 1578, en observant que la livre tournois, 
en 159.3, contenait toujours la même quantité d'argent. 
Par conséquent 450 écus, ou plutôt 400 ( y compris les 
frais d'obtention), ou, ce qui était la même chose, 1380 

1 Nous avons vu «que l'Election comptait en 1699 89 villes, 
bourgs et paroisses, et 8,672 feux. 11 serait difficile dédire pour 
combien Vendôme entrait dans ce nombre de feux. Le 1/6 serait 
1445, qui, à raison de 4 personnes par feu, donnerait i">,780. Telle 
devait être en effet, à peuples, la population de la ville. Aujour- 
d'hui le rapport de cette population à celle de l'arrondissement 
( 110 communes) est de 1 à 8,78. 



— 109 — 

livres contenaient 4,333 fr. 20 e. d'argent. Mais, nous le 
répétons, nous ne savons pas ce que l'on pouvait autre- 
lois avec telle quantité d'argent déterminée. Voici néan- 
moins quelques prix que nous donnons d'après le Mé- 
moire de M. Mantellier: 

A Orléans, dans le dernier quart du XVI e siècle : 
Les céréales valaient autant qu'aujourd'hui. ( Vol. 
cité, p. 415. ) 

La viande de consommation de même. (P. 119. ) 
Le sel, trois fois sa valeur actuelle. (P. 124.) 
La journée d'un manœuvre ( fin du XVI e siècle ), 
1 fr. 09, un peu moins de la moitié de ce qu'il reçoit 
aujourd'hui. (P. 132-133.) 

Le transport d'une pièce de vin à Paris, 17 fr. 77. 
En 1860, par chemin de fer, 6 fr. 50. (P. 132.) 

La chandelle de suif pour corps-de-garde, de 0,94 c. 
à 1 fr. 17 la livre ( en moyenne 1 fr. 09 ), c'est-à- 
dire une fois et demie environ la valeur actuelle. ( P. 324 
et 489. ) 

Le bois de chauffage (bois de moule, le millier), en 
1593-94, de 29 fr. 89 à 45 fr. 62, en moyenne 37 fr. 
75. (P. 328.) 

Mais tout ceci, nous ne saurions trop le répéter, ex- 
prime simplement que dans les monnaies anciennes, 
qui représentent le prix de chaque denrée, il entrait 
autant d'argent que dans la somme moderne corres- 
pondante. Si l'on réfléchit maintenant aux prix que nous 
venons de donner des choses les plus nécessaires à la 
vie, et à la rareté de l'argent à cette époque, relati- 
vement à son abondance actuelle, on pourra se faire une 
certaine idée de la misère des peuples '. On peut éga- 
lement par là prendre un aperçu de la difficulté du pro- 
blème qui se propose de chercher non plus la valeur 
intrinsèque d'une somme ancienne en monnaie mo- 



' Rien que ces prix soient donnés pour Orléans, on peut néan- 
moins, jusqu'à un certain point, en tirer une conclusion analogue 
pour le Vendômois. 



— 11(1 — 

derne, mais la valeur morale pour ainsi due qu'avait 
autrefois et qu'aurait aujourd'hui cette ancienne somme. 
On voit en effet que les prix des mêmes objets aux deux 
époques que l'on considère, ne sont point proportion- 
nels. De là l'extrême difficulté; pas de commune me- 
sure, pas d'étalon général. Il faudrait que tous les élé- 
ments entrassent en ligne de compte, c'est-à-dire que 
tout ce qui peut s'échanger contre de l'argent devînt 
l'acteur de l'opération. 

On nous pardonnera sans doute d'être entré dans ces 
détails, à raison de l'intérêt qu'ils présentent. Mais 
voyons quelle fut la réponse des trésoriers à l'ordre du 
roi. 

VI. — 1 er septembre 4593. — Ordonnance des 
Trésoriers généraux d'Orléans adressée aux 
Élus de Vendôme. — Vu les lettres du Roi, par les- 
quelles il leur enjoint défaire lever sur les habitants de 
Vendôme et les paroisses de l'Élection la somme de 
450 écus, pour fourniture... etc. Vu le contrat de bail et 
adjudication.... Us consentent l'entérinement et accom- 
plissement desdites lettres, pour être ladite somme 
cueiHie et levée sur tous les liabitans de lencloz de 
lad. ville de vendosme seulement. Ordonnent aux Elus 
la faire asseoir sur lesdits habitants avec la somme de 
10 écus, à laquelle ont été taxés les frais de l'obtcn- 
tention, pour lesdites sommes être baillées à René 
Champenois. — Date. — Signé Delagrange. Baudet. 
Letonnellier. — Contresigné Choppin. 

Pièce en travers de O m ,3G sur 0,34. Ecriture fine, contournée, 
hardie, offrant quelques difficultés de lecture 1 . 

Ainsi les trésoriers ne faisaient même pas peser l'im- 
pôt sur les faubourgs de la ville, loin de rétendre à 

1 Nous n'avons pas cru devoir donner toutes les pièces justi- 
ficatives de cette affaire, à cause des nombreuses répétitions 
qu'elles contiennent el qui auraient trop allongé cet article. 



— 111 — 

toutes lt s paroisses <le l'Élection. Selon eux, les habi- 
tants <le ['enelos seulement y devaient contribuer, at- 
tendu que les corps-de-garde, étant renfermés dans l'en- 
ceinte, ne protégeaient qu'elle. Il y avait là, il faut le 
dire, un peu d'exagération et de mauvais vouloir. 

VIL — 24 septembre 1593. — Lettres de jus- 
sion ' du Roi aux Trésoriers généraux. — Les 
échevins et habitants de Vendôme lui ont fait remon- 
trer que par le moien de la garnison dud. vendosme 
tous scs subicctz de leslection estaient daultant mieulx 
consente: et gardez des voler ges et incursions de ses 
ennemis. En conséquence, après avoir rappelé ses pre- 
mières lettres, ainsi que l'ordonnance des Trésoriers, 
contraire à son vouloir et intention, ne voulant pas que 
les habitants de la ville fussent contraints seuls à sup- 
porter les frais en question, de l'avis de son conseil, il 
leur mande, commande et très-expressément enjoint 
que, sans avoir égard aux motifs qui ont déterminé leur 
première décision, ils aient à faire imposer et lever 
ladite somme de i50 écus, tant sur les habitants de la 
ville que sur ceux des paroisses de l'Élection, en sorte 
que les exposants n'aient plus occasion de recourir par 
devers lui pour cet effet. Donné à Chartres le.... etc. 
Par le Roy en son conseil. Bonnet. 

Pièce en travers, de 0">,57 sur 0,2G. Ecriture régulière et li- 
sible. 

• VIII. — 15 octobre 1593. — Deuxièmes Lettres 
des Trésoriers généraux d'Orléans aux Élus de 
Vendôme. Remontrances au Roi. — Vu les pre- 
mières lettres du roi; vu leur ordonnance par laquelle 

1 On appelait ainsi des lettres adressées par le roi soit aux par- 
lements, soit à toute autre cour, pour leur enjoindre d'enregis- 
trer un édit. 



— 112 — 

ils avaient déridé que levée sérail faite des -450 écus 
sur les habitants de l'enclos de la ville seulement, vu 
les lettres de jussion (\u roi, ils consentent l'entérine- 
ment et accomplissement de ces lettres, « pour estre 
« lad. somme.... cuillye et leuee sur tous les habitans 
« de lad. ville et faulxbourgs de vendosme seulement; 
« auecq la somme de dix neuf escuz cinquante solz a la- 
ce quelle auons taxe les fraiz faietz par lesd. Escheuins 
« de vendosme pour paruenir alexecution desd. lettres. 
« Et quant adee qui nous est mande par lesd. lettres 
« comprendre en lad. leuee les habitans des paroisses 
« de lad. eslection, nous faisons treshumbles remon- 
« strances au Roy ou a Nosseigneurs de son conseil quil 
« nest raisonnable que lad. somme de I1II C L escuz ou 
« partie dicelle soit leuee sur les paroisses dieelle ellec- 
« tion, attendu l'incursion des gens de guerre qui logent 
« et fouraigent continuellement en leur maison et les 
« grandes et execessiues leuees de deniers et contri- 
« butions qui se font par les ennemis de sa Majesté. 
« Aussy que lesd. paroisses ne recoyuent aulcun soul- 
« laigement de lentretenement desd. corps de garde. A 
« quoy supplions sad. Majesté et Nosseigneurs de son 
« Conseil auoir esgard. » — Date. Signatures. 

Pièce en travers, de0'n,36 sur 0,30. Ecriture semblable à colle 
de la première ordonnance. Voy. à la lin, N° V. 

Les trésoriers font ici une première concession : ils 
comprennent dans la circonscription de l'impôt les fau- 
bourgs de la ville qu'ils avaient d'abord exemptés, et ils 
taxent les déboursés laits par les érlievins à 19 écus 
50 sous, au lieu de 10 écus que portail la première or- 
donnance. 

IX. — novembre 1.7.»;!. — Secondes Lettres de 
jussion aux Trésoriers d'Orléans, conçues à peu 



— 143 — . 

près dans les mêmes termes que les précédentes. La 
dernière ordonnance des trésoriers a contraint les habi- 
tants de Vendôme de recourir au roi et de le supplier 
humblement sur ce leur pouruoir. En conséquence il 
réitère son ordre de faire répartir les 450 écus sur 
toutes les paroisses de L'Élection, et termine en les in- 
vitant à ne plus donner subject ans dictz exposons retour- 
ner pardeuers lui plaintif: pour cest efj'ert. — Donné à 
Tours le, etc. — Par le Roy en son conseil. 

Desonxart. 

Pièce en travers, de Om.49 sur 0,21. Ecriture assez négligée. 
On y remarque une forme de c fort singulière; la lettre est re- 
tournée et barrée horizontalement. 

Ici devrait se placer une nouvelle ordonnance des 
trésoriers, maintenant toujours leur première décision. 
Cette pièce nous manque, mais il y est fait allusion dam 
les deux suivantes, principalement dans la seconde, où 
Ton voit qu'elle était datée du 13 novembr 



s 



T 



X. — 22 janvier 1504. — Troisièmes Lettres de 
JUSSION. — Le roi rappelle toutes les pièces qui précè- 
dent et en énonce sommairement le contenu, particulié- 
ment de ses dernières, où il leur commandait de pro- 
céder à la vérification de ses patentes purement et sim- 
plement 1 , sans avoir égard à leurs ordonnances et sans 
plus y faire difficulté. Et néanmoins ils avaient, au mé- 
pris et contempnement de sa volonté, décidé que leur 
première ordonnance tiendrait, occasion que les expo- 
sants ont été obligés de nouveau de recourir à lui. A ces 
causes, après avoir fait voir et mûrement délibérer en 
son conseil les pièces ci-dessus, il leur mande, com- 
mande et très-expressément enjoint par ces présentes, 
signées de sa main, qu'ils prendront pour dernière ci 
finale jussion, sur peine de lui désobéir et de plus grande 
syelley eschet, d'avoir à procéder purement et simple- 

1 Ceci n'est pas exprimé textuellement dans la pièce. 
iv. x 



— 114 — 

menl à la vérification de ses lettres, sans -s'arrêter à 
leurs ordonnances, qu'il veut demeurer nulles, sans ef- 
fet et comme non avenues. Qu'ils aient à imposer et lever 
ladite somme de -450 éeus sur les habitants de la ville et 
Election de Vendôme, ensemble les frais qu'ils taxeront 
le plus justement et modérément que faire se pourra. 
« Car tri est notre plaisir. » Donné à Mante le etc. 

— Si<jné Henry. Contresigné RuzÉ. 

Pièce en travers, de0m,40 sur 0,30 ; parchemin de qualité su- 
périeure; écriture soignée, régulière et lisible. Tout annonce une 
pièce qui devait recevoir la signature autographe du roi. On com- 
prend donc combien cette charte est précieuse pour nous. Yov. 
à latin, N°"VI. 

Après une sommation aussi impérieuse, il ne restait 
plus aux trésoriers qu'à s'exécuterr C'est ce qu'us firent 
par l'ordonnance suivante. 

XI. — 25 février 1594. — Ordonnance définitive 
des Trésoriers, adressée aux Élus de Vendôme. 

— Ils commencent, selon l'usage, par rappeler toutes 
les pièces qui précèdent, et la marche de l'affaire jus- 
qu'à ce jour. Ils énoncent, entre autres, leur ordon- 
nance du 13 novembre 1593 \ par laquelle ils avaient 
décidé que celle du 15 octobre serait maintenue, toujours 
par les mêmes motifs. Enfin ils consentent l'entérine- 
ment et accomplissement des lettres royales, selon leur 
forme et teneur, et mandent aux Elus de faire asseoir et 
lever sur tous les contribuables aux tailles de la ville et 
Élection de Vendôme, le fort portant le faible, le plus 
justement et également que faire se pourra, ladite somme 
de 4-50 écus, plus 84 écus 27 sous 6 deniers, somme à 
laquelle ils ont taxé les frais avancés par les habitants, 
tant pour l'obtention des lettres d'assiette et dejussion 
que de tout ce qui s'en était suivi. Lesdits deniers une 

1 La pièce qui nous manque. 



— 115 

fois levés devront être mis aux mains du receveur des 
tailles de l'Élection et par lui employés au paiement de 
la somme due à René Champenois, et les 84 écus 27 
sous 6 deniers au remboursement des échevins. Donné 
audit bureau le... etc. - Signatures de quatre tréso- 
riers. 

Pièce en travers, de 0>",46 sur 0,30. Ecriture à peu près sem- 
blable à celle des ordonnances précédentes, peut-être un peu plus 
soignée. Voy. à la fin, N°VII. 

Ainsi se termina cette petite affaire. C'était bien du 
bruit, il faut en convenir, pour une pauvre somme de 
450 écus. On y ferait moins de façons aujourd'hui. On 
remarquera que les avances faites par les habitants sont 
ici évaluées à plifs de 84 écus, tandis que dans l'ordon- 
nance du 15 octobre elles n'étaient taxées qu'à 19 écus 
50 sous. 11 est vrai que depuis cette ordonnance il y avait 
eu deux lettres de jussion, et ces lettres, comme il pa- 
raît, ne s'accordaient pas pour rien. Il est encore vrai 
que les trésoriers ajoutent au coût des lettres tout ce 
qui s'en est suivi. Au reste, cette question des frais n'est 
pas assez nettement établie pour qu'on en puisse raison- 
ner avec certitude. Elle n'est d'ailleurs que d'une impor- 
tance secondaire. Essayons de nous élever à des consi- 
dérations plus hautes. 

On s'étonnera peut-être de voir une simple adminis- 
tration provinciale, des officiers de finance résister avec 
tant de fermeté à l'autorité royale ; mais il faut songer 
qu'à cette époque la vie politique des provinces était 
beaucoup plus forte qu'elle ne l'est aujourd'hui. Paris 
n'avait pas encore tout absorbé. Presque toutes les gran- 
des villes du royaume avaient, pour ainsi dire, leur exis- 
tence propre. Nous en avons vu un exemple au com- 
mencement de cet article, dans notre petite ville elle- 
même, qui revendiquait te droit de nommer son gou- 
verneur. L'esprit féodal, c'est-à-dire l'esprit d'individua- 
lité et de résistance à l'unité régnait partout, surtout 
dans les grands corps administratifs et judiciaires. Ce fut 



— 116 — 

môme là son dernier refuge. Ajoutons que les bureaux 
de finance, créés par Henri III en 4577 (?)* étaient en- 
core dans toute la ferveur de leur institution nouvelle. 
Chargés, entre autres objets, de la répartition des impôts, 
ils étaient convaincus qu'il leur appartenait de décider 
quelle partie de leur circonscription devait supporter 
telle ou telle charge. Ils s'étaient donc posés, comme on 
le voit, sur le pied des parlements; et de même que 
ceux-ci s'étaient arrogé le droit de refuser, en certains 
cas, l'enregistrement des édits et d'adresser des remon- 
trances aux rois, de même les bureaux de finances, qui 
devaient entériner les édits d'impositions locales, se 
montrèrent parfois récalcitrants, et ne cédèrent aussi que- 
sur nu très-exprès commandement du roi. L'autorité de 
Henri IV, comme roi, d'ailleurs, à l'époque qui nous oc- 
cupe, était loin encore d'être parfaitement établie. Il 
n'était point encore maître de Paris, où il n'entra que le 
31 mars 1504. 11 venait à peine de faire son abjuration à 
Saint-Denis, trois semaines environ avant ses premières 
lettres aux trésoriers, lesquelles sont précisément datées 
de cette ville. Il n'avait pas encore été sacré, et ne le fut 
que le surlendemain de ses dernières lettres dejussion, 
délivrées à Chartres, où devait avoir lieu la cérémonie. 
Ainsi c'est entre ces deux grands actes, si décisifs pour 
l'avenir de sa royauté, que Henri trouvait le moyen 
■de s'occuper des minces affaires de notre pays. Peut- 
être, au moment de se séparer moralement et religieu- 
sement de ses anciens compagnons d'armes, prenait-il 
plus que jamais à cœur le soin de leurs intérêts, et te- 
nait-il à leur prouver qu'il ne les abandonnait pas en- 
tièrement. Pourtant on peut observer que, quelle que 
fût la décision définitive dans ce conflit, qu'elle fût en 
faveur de la ville ou en faveur de l'Election, les intérêts 
de la garnison n'en étaient pas moins sauvegardés, les 
corps-de-garde étaient toujours sûrs d'être entretenus. 
II convient donc réellement d'attribuer la détermination 



1 Du moins ceux des principales villes. Celui d'Orléans paraît 
remonter ;ï 1573, mais il ne fonctionna que deux ans après. 



du roi à une marque particulière de bienveillance envers 
une viUe qui était le berceau de ses ancêtres; à moins 
que Ton ne préfère y voir un calcul et le désir de s'as- 
surer moralement d'une place, en gagnant l'esprit de 
ses habitants, au moment où il pouvait s'aliéner ceux de 
ses hérétiques soldats. 

Nous nous sommes demandé si l'opposition que lui 
tirent les trésoriers était fondée en raison, ou si elle 
n'était pas, au contraire, purement politique et inspirée 
par le vieil esprit ligueur. Il ne le paraît pas : partout 
le langage de ces magistrats est extrêmement modéré e! 
respectueux; partout le roi y est traité de .Majesté, el 
ceux qui portent les armes contre lui sont les ennemis 
de Sa Majesté. Leur résistance ne doit donc être attribuée 
qu'à des considérations financières. A ce point de vue, 
on peut se demander encore qui avait raison d'eux ou i\n 
roi. Le roi disait : La garnison de Vendôme assure la 
tranquillité de tout le pays: par conséquent il est juste 
que tout le pays contribue à son entretien. Les tré- 
soriers répondaient : C'est une erreur; la garnison ne 
protège pas les campagnes: elle ne les garantit ni d'^ 
incursions des gens de guerre, ni des levées d'argent et 
contributions de toute sorte dont elles sont accablées, 
ni du logement continuel des soldats qui viennent s'in- 
staller et fourrager chez le paysan. — On peut croire 
qiril y avait beaucoup de vrai dans ce tableau, et Henri 
devait le savoir mieux que personne. Mais, comme nous 
l'avons dit, il voulait sans doute favoriser Vendôme, et 
lui faire oublier le dur traitement qu'il lui avait infligé, 
quatre années auparavant, lorsqu'il l'avait prise d'as- 
saut. Quoi qu'il en soit, il nous semble que le roi gas- 
con a dû sourire plus d'une fois, au milieu de ses gra- 
ves préoccupations, en songeant aux 450 vc\\> de René 
Champenois. 

Nous bornerons ici l'analyse de nos documents, sauf 
à la reprendre dans un prochain numéro. Nous pour- 
rons être alors plus concis et pins sobre de réflexions, 
attendu que les pièces suivantes n'offrent pas le même 



— 118 — 

degré d'intérêt. Nous nous sommes étendu peut-être 
un peu longuement sur celles qui précèdent et en parti- 
culier sur la dernière affaire. On nous le pardonnera, 
nous l'espérons, puisque Henri IV lui-même a daigné 
s'en occuper si longtemps. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES. 



1. 

PROTESTATION DES HABITANTS DE VENDÔME CONTRE 
LA NOMINATION D'UN GOUVERNEUR. 

— 1515. 8 Juin. — 

Aujourduy huitiesme de juing Lan mil Cinq cens et 
quinze. En la présence de nous Guillaume Laurent et Jac- 
ques Mautrote, notaires jurez soubz les sceaulx aux con- 
tracta de vendosme, Les officiers et quatre de lad. ville 
de vendosme ' Pour les manans et habitans dicelie ville, 
En la Recepcion par eulx ce jourduy faicte en lassem- 
blee generalle et congrégation desd. manans et habi- 
tans de lad. ville, De îoffîce de gouuerneur dicelie ville 
pays et duché de véndosmois Nagueres donnée et con- 
férée par monseigneur le duc A noble et puissant S r 
missire ( sic ) Jehan dilliers chcuallier seigneur des 
Raddrez Ont proteste que le don et octroy dicelluy of- 
fice de gouuerneur fait par mond. S r le duc aud. S r 
des Raddrez Ensemble linstitucion dicelluy office ne leur 
puisse nuyre preiudicier ne desroger pour laduenir Aux 
droiz franchises et libertez que iceulx manans de lad. 
ville de vendosme maintiennent auoir dicelluy office de 
gouuerneur nommer et présenter a mond. S 1 ' le duc Et 
ace faire estoient presens honnorable homme maistre 
Jacques damours licencie es loix procureur de mon- 
dit seigneur Lequel a proteste au contraire, honnorable 

1 II ne faut pas entendre ce passage comme s'il y avait : Les 
officiers, plus quatre habitants de la ville. Il s'agit des mêmes 
personnages, c'est-à-dire des échevins, qui étaient au nombre 
de quatre. C'est pourquoi on les appelait souvent les quatre. \ us . 
à la fin de cette même pièce un autre passage qui confirme ce 
que nous disons. Voy. aussi M. de Pétigny, p. 340. 



— 140 — 

homme et saige maistre guillaume de la fusse aussi li- 
cencie es loix Jehan mauguy et Jehan myngres Lesquelz 
comme des quatre escheuins et officiers de lad. ville 
Pour lesd. manans et habitans nous ont requis et de- 
mande ce présent acte que leur auons octroyé et audil 
procureur pour mond. seigneur 1 En temps et lieu ce 
que de raison. En tesmoing de vérité nous auons signe 
ces présentes de noz seings manuclz, Cy mis les jour 
e! an dessusd. 

Signé Laurent Mautrote 



II. 

LETTRES PATENTES DE HENRI III, RELATIVES 
AL COLLEGE DE VENDÔME. 

— 1578. 45 Juillet. — 

Henry par la grâce de dieu Roy de France et de 
Pologne A Noz ainez et feaulx conseillers Trésoriers Ge- 
neraulx de france au Bureau de noz finances estably a Or- 
léans Salut Noz chers et bien amez Les Escheuins manans 
k habitans de La Ville de Vendosme Nous ont faict dire Se 
remonstrer que cydeuant ilz auroient faict faire plusieurs 
assemblées generalles en lad. ville Pour traicter aduiser 
k conférer des affaires dicelle Esquelles assemblées au- 
roit este aduise que pour luttilite public estoit besoing 
k nécessaire faire ediffier k establir en lad. ville vng 
collège compose dun principal k sept ou huict regens 
pour linstruction de la jeunesse de lad. ville de, vendosme 
duché de vendosinois k pais circonuoisins Ce qui au- 
roit este faict k accomply, Pour lexercice duquel collège 
auroient iceulx escheuins manans et habitans de lad. ville 
prins a ferme ou loyer vue grande maison size en lad. 
ville appellee la maison de chicherav appartenant a nos- 
Ire aine et féal conseiller en nostre court de parlement 

1 Le copiste a passé les mots : Pour loir servir. 



— m — 

M re Charles de mari llac Comme estant la plus commode 

pour ce faire. El voyant par euls le bon exercice & 
deuoir qui ce t'aict par lesd. principal el regens a [in- 
struction de lad. jeunesse Kl que de jour en jour led. 
collège florit et augmente pour y voir Cinq ou six cens 
escolliers tant dud, pays que aultres villes k lieux El, 
le grand nombre de pensionnaires, auroient de rechef 
faict aultres assemblées Esquelles auroit este conclud 
dachepter lad. maison et appartenances, Et pour cesl 
effect choisy Se deppute deux desd. escheuins pour ^ache- 
miner en no^re bonne ville de paris El prier au nom de 
lad. ville led. sieur de Marillac el sa femme de leur 'vou- 
loir vendre ou bailler a renie lad. maison et apparte- 
nances pour faire led. exercice, lesquelz ayans eu esgard 
a lestablissemenl dud. collège se seroient condescenduz 
a lad. requeste aumoien dequoy auroient lesd. Escheuins 
prinsarente diceulx lad. maison et appartenances Poul- 
ie pris de Cent deux escus deux tiers descu sol et six 
solz huict deniers tournois amortissable pour la somme 
de douze cens trente trois escus vng tiers descu sol a 
vng seul paiement Suiuant le contract de ce faict et passe 
entre eulx pardeuant deux notercs de nostre Chaste- 
let de paris le XXIII e juillet dernier passe çy auec les 
extraietz desd. assemblées attache soubz le contreseel 
de nostre chancellerie. Et dautant que ce leur seroit vne 
grande surcharge & ruyne de payer et continuer lad. 
rente nayant aucuns biens patrimoniaux ny fous pour 
ce faire, Joinct que lesd. Escheuins sont obligez en leurs 
propres êc priuez noms et enuers (? ) leurs caution den 
faire le rachapt Auquel il leur est impossible paruenir 
Sinon en leur permettant de faire assoir et leuer sur 
eulx ensemble sur toutes les parroisses du pays k du- 
ché de Vandosmois jusques a la concurrance de lad, 
somme de douze cens trente trois escus vng tiers descu 
sol ensemble, des fraiz pour lamortissement de lad, 
rente, Nous requerans treshumblemeut attendu que 
cest pour le profiict public leur octroyer lettres dassiette 
a ce necesseres Nous a ces causes de laduis de nostre 
conseil qui a veu les susd. contract de bail a rente Jv 



1*)^ 

Extraictz desd. assemblées Inclinans libéralement a la 
supplication k requeste desd. Escheuins et habitans 
ayans esgard a icelle Et pour les considérations cy des- 
sus Vous mandons ordonnons k enjoignons Que par les 
Esleuz sur le faict de noz aydes et tailles aud. vendosme 
appeliez ceux qui seront a app lier faictes assoir impo- 
ser et leuer Tant sur lesd. inanans et habitans de lad. 
ville de vendosme fauxbourgs dicelle Que sur tous & 
chacuns les parroissiens manans k habitans de toutes 
les parroisses du pays cl duché de vendosmois sans au- 
cune parroisse excepter le fort portant le foible le plus 
justement etgailement que faire ce pourra au sol la 
Hure araison de noz tailles ordinaires La somme de 
douze cens trente trois escus vng tiers descu sol Ensem- 
ble les fraiz pour limpetration et exécution de ces pré- 
sentes, que nous a nous modérez a la somme de Trente 
cinq escus Et ce en deus annes prochenes * Voulans 
que lesd. habitans tant de lad. ville que de toutes lesd. 
parroisses des pays et duché de vendosmois soient con- 
trainetz a payer chacun sa cottite par les contrainctes 
accoustumees pour noz deniers k affaires Nonobstant 
oppositions k appellations quelconques Pour lesquelles 
k sans préjudice dicelles ne voulons estre diffère, Vou- 
lant que lesd. deniers soient baillez k deliurez ausd. 
Escheuins de vendosme Et par eulx employez au rachapt 
k amortissement de lad. rente, Et non ailleurs ny a 
aultres effeetz Sur peyne den respondre. Mandant au 
premier nostre huissier ou sergent sur ce requis faire 
toutes signiffications et contrainctes a ce requises pour- 
ueu que noz deniers ne soient retardez ' Et en oultre 
A tous noz justiciers et officiers que a vous et a chacun 
de vous soit obey Car tel est nostre plaisir Nonobstant 
quelconques ordonnances mandemens deffences k let- 



1 Trente-cinq escus.. .dais annes prochenes. Ces mots ont été 
ajoutés après coup par une autre main. 

1 Pourucu que nos deniers ne soient retardez. Ces mots ont 
été écrits après coup sur un endroit gratté du parchemin. 



très a ce contraiies. Donne a Paris le XXV e jour de 
juillet Lan de grâce mil cinq cens Soixante dix. huict Et 
de nostre règne le cinquiesme 

Par le Roy en son Conseil 

Rotier (?) 



III. 

PRIVILÈGES ACCORDÉS PAR HENRI IV AU COLLEGE 

DE VENDÔME. 

— 1595. 7 Décembre. — 

Henry par la grâce de dieu Roy de France et de Na- 
varre A tous présens et à venir Salit. Nos chers et bien 
amés, les eschevins, manans et habitans de nostre ville 
de Vendosme nous ont très humblement fait remonstrer 
que, dès lan mil cinq cens soixante et dix huict au moys 
de juillet, pour le bien et utillité public et avoir moyen 
de nourrir, instruire et eslever la jeunesse, au service, 
craincte, honneur, et reverance de dieu et en la congnois- 
sance des lettres et sciences, ils achepterent de leurs 
propres deniers une maison et hostel anciennement ap- 
partenant aux seigneurs de Chicheray desquels la dicte 
maison portoit le nom, où depuis ils establirent un prin- 
cipal nommé M c Guillaume Girard, homme docte, de 
bonne Vye et condition qui auroit tousjours tenu prés de 
luy bon nombre de régents selon les moyens et entrete- 
nements qui luy ont esté par eulx donnés, non sans 
grande despence mais aussy avec beaucoup de fruictef 
contantement jusque à ce que le dict girard trouvant 
party et commodité plus grande en la ville de Tours au- 
roit prins congé d'eulx et se seroit retiré au dict tours, 
au lieu et place duquel ils nous ont très humblement 
supplié et requis que en suivant ceste première insti- 
tution, il leur soit loysible establir auïtre principal au 
dict collège' à leurs despens, sans qu'aultres, quels 



— 124 — 

qu'ils soient se puissent attribuer la disposition de la dicte 
charge de principal ne appropryer l'usage de la dicte 
maison,, ne s'en prévaloir à aultre quelqu'il soit, et sur 
ce leur en octroyer toutes déclarations et confirmations 
nécessaires, Nous louant et jugeant la bonne et sincère 
intention et institution des dicls exposans, voulant qu'elle 
ayt lieu et soit entièrement s livie et accomplye etyad- 
jouster nos grâces, franchises et immunités à l'honneur 
de dieu et mémoire de nous, avons de nostre grâce spé- 
cial, plaisir, puissance et auctorité royal dict et statué, 
voulu, déclaré et ordonné, disons, statuons, voulons, 
déclarons et ordonnons que la dicte maison dicte de chi- 
eheray avec les appartenances et deppendances seize en 
la rue de la porte S 1 . Michel de nostre dicte ville de Ven- 
dosme en laquelle a esté et est encore estably le collège 
de la dicte ville soit et demeure affectée au dict collège et 
non à aucuns aultres effects ni usages quels qu'ils puis- 
sent estre et en la libre disposition du corps et commu- 
neaulté des habitans de nostre dicte ville, pour estre par 
eulx eslablis, logés et entretenus personnes de religion 
catholique, apostolique et romaine , doctes et bien re- 
nommés et non aultres pour avoir la charge de princi- 
paulx avec la conduicte et administration du dict collège 
à mesure qu'elle vacquera, qui y serviront avec le meil- 
leur nombre de régens de semblable religion, pietté et 
condition pour l'instruction de la jeunesse qu'il convien- 
dra et que les moyens des dicts principaulx ou habitans 
le pouront porter et jouiront des droicts, gratiffications 
aulmosnes, et bienfaiets qui sont jà affectés, ordonnés et 
délégués au dict collège et y seront cy après, donnons 
quant et quant pouvoir aus dicts habitans de mettre et 
déposséder les dicts principaulx et régens de leurs 
dictes charges quant par leur mauvaise vye, déporte- 
ment ou aultres occasions de mauvaise conséquence et 
exemple ils en donneront occasion, lesquels principaulx 
régens et leurs domestiques actuellement résidens et 
servans au dict collège, nous avons de nostre plus ample 
grâce, privilège et libéralité spéciale affranchis, quiètes 
r\ deschargés, quictons, affranchissons et deschargeons 



— 1-25 — 

de toutes tailles, aydes, taillon, solde de prévosts des 
maréchaux, crues, levées, emprunets et impositions, 
solde, entretenemens, logement de personnes passans 
et repassans par la dicte ville comme aussy de tous gens 
de guerre, garnisons, fournitures d'ustancittes, boys et 
aultres choses pour eulx desquelles les habitans de la 
dicte ville pourroyent estre cottisés, comme aussy de la 
garde des portes, murs, eircuitz, Chasteau et aultres 
lieux, tant de nuict que de jour, tbrtiffications, corvées 
et réparacions tant de nostre dicte ville et château que 
des faulxbourgs d'iceulx, demeurant aussy en leur estât 
et force les règlemens, ordonnances et décrets faicts 
pour l'érection, continuation et conservation du dict 
collège pour estre suivis gardés et observés selon qu'ils 
ont esté dès lors de leur première institution et pareeque 
depuis l'absence du dict Girard précédent principal les 
dicts habitans ont d'un commun accord advis et consen- 
tement choisy et esleu pour succéder en sa charge M e 
René Collas maistre es arts nous avons l'eslection et in- 
stitution d'icelluy M e René Collas agréable, icelle ap- 
prouvons et consentons, voulons et nous plaist qu'il 
en jouisse et des droicts, fruicts et esmolumens qui en 
deppendent pleinement et paisiblement tant et si longue- 
ment que par le corps et communeauté générale des 
dicts habitans il sera jugé digne et cappable, faisant 
deffence à toutes personnes de le troubler ou inquietter 
en sorte et façon que ce soit, ne les aultres qui après 
luy succéderont légitimement et par les formes cy pres- 
criptes en la dicte charge, comme aussy de s'immiscer 
en telle et semblable charge ne entreprendre l'instruc- 
tion de la jeunesse en public en la dicte ville sans le sceu, 
permission, auctorisation, commandement et consente- 
ment du dict corps général et communaulté des dicts 
habitans. Sy donnons en mandement à nos amés et 
féaux les gens tenant nostre court de parlement, court 
des aydes, président et trésoriers généraulx de france, 
Railly de Vendosmois ou ses lieutenans que les présen- 
tes ils facenl lire, publier et registrer et du contenu 
d'icelles jouir et user le corps général et communeauté 



— 126 — 

des habitans de nostre dicte ville et ceux qui seront 
ores et pour Padvenir promeus et admis aus dictes 
charges de principal et regens ou leurs domestiques ser- 
vant actuellement au dict collège, cessant et faisan l ces- 
ser tous troubles et empeschemens au contraire. Cartel 
est nostre plaisir et al'fin que ce soit chose ferme et sta- 
ble à tousjours, nous avons faict mettre notre scel à 
ces dictes présentes. 

Donné au camp devant la fère le vn me jour de décem- 
bre l'an de grâce mil cinq cens quatre vingt et quinze et 
de nostre Règne le septième. 

Signé Henry. 

Sur le repli est écrit : Registre ouy le procureur gé- 
néral du Roy, pour jouyr par les dicts impetrans de 
l'effect du contenu en icelles. A paris en parlement le 
vingt deuxiesme janvier l'an mil cinq cens quatre vingt 
dix sept. 

Signé Voysin. 



IV. 

LETTRES PATENTES DE HENRI IV AUX TRÉSORIERS 
D'ORLÉANS. ÉDIT D'IMPOSITION. 

— 1593. 13 ou 14 Août. — 

Henry par la grâce de dieu Roy de France et de 
Navarre A Noz amez et feaulx Conseillers les presidens 
et trésoriers generaulx de franco en la generallite dorleans 
transférée a bloys Salut. Noz chers et bien amez les 
escheuins manans et habitans de nostre ville de vendosme 
nous ont faict remonstrer quil auoient faict bail judiciaire 
pour vng an pardeuant noz esleuz dud. vendosme au ra- 
bais et moings disant ' , La fourniture du gros bois fa- 
gotz et chandelles nécessaires pour le 2 corps de garde 

1 II y a ici un mot passe, par ex. le mot pour. 
s Le au Hou de les. 



— 127 — 

des soldatz de la garnison et habitans qui se font aux 
quatre portes et a lendroict des cordelliers et aultres 
lieux de lad. ville de vendosme pour la Somme de Cin- 
quante solz pour chacun jour deste commancant au pre- 
mier jour de mars dernier et finissant au premier jour de 
septembre prochain & vng cscu deux tiers pour chacun 
jour diuer commancant aud-. premier jour de Septembre 
jusques au premier jour de mars prochain ensuivant lesd. 
sommes pour chacun jour de lad. présente année re- 
uenant ensemble a la somme de quatre Cens Cinquante 
escuz Laquelle lesd. exposantz desireroient estre payée 
et fournye a René champenois Enchérisseur moings di- 
sant et adjudicataire Sil nous plaisoit leur permettre as- 
seoir et imposer icelle somme sur eulx et tous les aultres 
habitans de lad. ville et parroisses de lellection dud. ven- 
dosme Ce quilz nous ont treshumblement faict supplier 
et requérir voulloir faire et surce leur octroyer noz let- 
tres ace nécessaires A ces causes de laduis de nos- 
tre conseil qui auroit veu lad. adjudication et consan- 
temens desd. habitans faict pardeuant les ellus dud. ven- 
dosme Cy attache soubz nostre contreseel vous man- 
dons commandons et enjoignons faire asseoir et impo- 
ser cueullir k leuerpar nosd. esleuz de vendosme lad. 
somme de IIII c L escuz pour estre payée et rendue aud. 
René champenois adjudicataire k icelle estre employée 
aud. gros bois fagotz et chandelles qui leur est néces- 
saire pour lesd. corps de garde quil a conuenu k con- 
uiendra faire aud. vendosme en ceste présente année 
commancant le premier jour de mars dernier k finis- 
sent apareil jour dud. mois de mars prochain ensuiuant 
auec les fraiz dicelle leuee raisonnables et les fraietz 
de lobtention des présentes qu'auons taxez et modérez 
ala somme de dixs esus Sur tous lesd. exposantz et 
habitans des parroisses & ellection dud. vendosme le 
plus justement k esgallement que faire ce pourra le fort 
portant le foible et Iceux contraignez k faictes con- 
trandre au payement de leurs taxes k dettos (?) ' par 

' Les doux premières lettres sont effacées 



— 128 — 

foules voyes deues et raisonnables nonobstant opposi- 
tions ou appellations quelconques et sans préjudice di- 
celles pourueu que noz deniers nen soient aulcunement 
retardez Car tel est nostre plaisir Donne a S 1 Denis Le 
xm e jour de Aoust Lan de grâce mil Cinq Cens quatre 
vingtz treize et de nostre Règne Le Cinquiesme. 

Par le Roy en son conseil 

Deverton 



V. 

DEUXIÈMES LETTRES DES TRÉSORIERS GÉNÉRAUX D'OR- 
LÉANS AUX ÉLUS RE VENDÔME. REMONTRANCES AU 
ROI. 

■f 

— 150:]. 15 Octobre. — 

Les Trésoriers cenerailx de France Au bureau 
des finances dorleans transfère a blois Aux président/, 
lieutenants esleuz et contrôleur conseillers pour le Roy 
en lellection de vendosme Salut Veu par nous les let- 
tres patentes du Roy données a s 1 dénis le XIII e jour 
d Aoust dernier signées par le Roy en son conseil de 
verton Se scellées a nous addressantes Par lesquelles Se 
pour les causes y contenues Sa Majesté nous Mande 
commect et enjoinct Que lacions asseoir imposer et le- 
uer sur les habitans de la ville de vendosme Se des par- 
roisses de lellection dud. vendosme La somme de Quatre 
cens cinquante escuz a laquelle se trouue monter la four- 
niture faicte par René Champenois de Gros boys fagotz 
& chandelles nécessaires pour les Corps de Garde qui se 
l'ont aux Quatres portes et endroict des Cordelliers et 
aultres lieux de lad. ville de vendosme durant vne année 
Commance Le premier jour du mois de Mars dernier Se 
finissant au premier jour de Mars prochain Qui est a 
raison de Cinquante solz tournoiz pour chacun jour deste 
Et vng escu deux tiers pour chacun jour dhiuer suiuant 
le bail judiciaire qui en a este faict par les esleuz de lad. 



— 129 — 

ellection de vendosme aud. Champenois comme moins 
disant selon quil est plus au long porté par lesd. lettres 
Nostre attache sur tcelles par laquelle auons ordonne Que 
leuee seroit faicte delad. somme de Quatre Cens Cin- 
quante escuz sur tous les habitans de lencloz de lad. 
ville de vendosme seullement aultres lettres patentes 
de jussion données a Chartres Le XXIII e jour de sep- 
tembre dernier signées par le Roy en conseil Bonnet Se 
scellées a Nous adressantes Par lesquelles Sa Majesté de 
laduis de son conseil Nous mande commect i - très ex- 
pressément enjoinct Que sans nous arrester aux Causes 
qui nous auroient meu a Consentir la leuee de lad. 
somme de 1111° L escuz sur les habitans de lencloz de 
lad. ville Nous ayons a icelle faire imposer Se leuer tant 
sur les habitans delad. ville de vendosme que sur les 
habitans des parroisses delad. Ellection selon quil est 
plus au long contenu et déclare par lesd. lettres des- 
quelles En tant qu" a nous est Consentons lcntherine- 
ment Se accomplissement Pour estre lad. somme de 
1111 e L escuz cuillye Se leuee sur tous les habitants delad. 
ville Se faulxbourgs de vendosme seullement auecq la 
somme de dix neuf escuz cinquante solz a laquelle auons 
taxe les fraiz faietz par lesd. Escheuins de vendosme 
pour paruenir a lexecution desd. lettres Et quant adee 
qui nous est mande par lesd. lettres comprendre en lad. 
leuee les habitans des parroisses delad. eslection Nous 
faisons treshumbles Remonstrances au Roy et a Nos- 
seigneurs de son Conseil quilnest raisonnable Que lad. 
somme de 1111 e L escuz ou partie dicelle soit leuee sur 
les parroisses dicelle ellection attendu lincursion des 
Gens de Guerre qui logent <5c fouraigent continuellement 
en leurs maison (sic ) Se les Grandes Se execessiues leuees 
de deniers Se contributions qui se font par les ennemis 
de sa Majesté Aussy que lesd. parroisses ne recoyuent 
aulcun soullaigement de lentretenement desd. Corps de 
Garde A quoy supplions sad. Majesté et nosseigneurs de 
son Conseil auoir esgard Donne aud. bureau Le XV me 
jour de Octobre Mil V e IIII" treize. 

Baudet Le Tonnellier 

iv. 9 



— lâO — 

Par les Trésoriers generaulx de Franee au bureau 
dorleans tranfere a Bloys 

Drion 



VI. 

TROISIÈMES LETTRES DE JUSSION DU ROI AUX 
TRÉSORIERS GÉNÉRAUX D'ORLÉANS. 

— 1594. 22 Janvier. — 

Henry tar la grâce de Dieu Roy de France et de 
Nauarre A Nos amez et feaulx Conseillers les présidents 
et trésoriers generaulx de franee, transferez a blois 
salut. Par noz patantes du quatorziesme jour d'aoust 
dernier nous aurions ordonne estre leue sur les habi- 
tans de nostre ville et eslection de vendosme, la somme 
de quatre cens cinquante escuz, pour le bois et chan- 
delle quil conuient fournir durant la présente année 
aux corps de gardes des soldatz de la garnison de lad. 
ville. Lesquelles vous ayant este présentées, au lieu de 
suiure nostre intention, vous auriez ordonne que lad. 
somme seroit leuee sur les habitans de lad. ville seul- 
ement Occasion que par aultres noz patantes du vingt 
quatriesme septembre dernier, Nous vous aurions or- 
donne fere cuillir et leuer lad. somme tant sur les ha- 
bitans de la ville, que ellection dud. vendosme, Nonob- 
stant vostre ordonnance, que nous aurions voullu de- 
meurer sans effect, Mais au lieu de satisfere a noz voul- 
loir et intention Vous auriez orlonne par aultre vostre 
attache, du quinziesme jour d'Octobre aussy dernier, 
que lad. somme de 1111 e L escuz seroit leuee sur les ha- 
b.tans de la ville Se faulxbourgs dud. vendosme seule- 
ment, et non sur les habitans de lad. ellection, Attendu 
l'Incursion et gens de guerre, et les grandes et exces- 
sifues leuees de deniers, et contributions, qui se font par 
noz ennemys, Aussy que lesd. paroisses ne recoiuent 
aulcun soulngoment de lenlretpnpment desd. corps do 



— lâl — 

garde, Combien que par le moyen de la garnison duel, 
veadosme noz ' subieetz de lad. ellection sont daultant 
mieulx consentez et gardez des volleryes et incursions 
de nosd. ennemys, surquoypar aultres nozpatantes du 
VI e nouembre dernier. Nous vous aurions mande et 
enjoinct procéder a la veriffication de nosusd. patantes, 
purement et simplement, nonobstant et sans auoir es- 
gard a vosd. ordonnances ne aux causes et motetz di- 
celles, Et sans plus y fere difficulté, Et neanlmoins vous 
auriez au mespris et contempnement de nostre vollonté, 
Ordonne que vostre première ordonnance tiendroit, Oc- 
casion que lesd. expos' 2 nous ont treshumblement faict 
supplyer sur ce leur pourueoir. A ces causes, Desi- 
rans que nosd. premières patantes, comme justes et rai- 
sonnables, sortent leur plain et entier effect Aprez auoir 
faict veoir et muremement ( sic ) desliberé en nostre 
conseil les pièces justifficatifues de ce que dessus, Cy 
attachées soubz nostre contresel, De laduis dlcelluy 
Vous mandons commandons et tresexpressement enjoi- 
gnons par ces présentes signées de nostre main, que 
vous prendrez pour dernière et finalle jussion, et sans 
plus donner occasion ausd. exposants recourir plaintifs 
pardeuers nous, sur peyne de nous desobeyr, et de plus 
grande sy elle y eschet Vous ayez a procéder purement 
et simplement a la veriffication de nos susd. lettres, Et 
ce faisant sans auoir esgard a voz ordonnances Que nous 
voulions demeurer nulles, sans effect, et comme non 
aduenues, vous faictes imposer, ceullir et leuer par nosd. 
ellus de vendosme lad. somme de 1111 e Lescuz sur les 
habitans de nostred. ville et ellection, ensemble les fraiz 
qui ont este et seront faietz, a la poursuittede nosd. pa- 
tantes, vos ordonnances et leuee de lad. somme, que 
vous liquiderez et taxerez le plus justement et modéré- 
ment que faire ce pourra, pour estre le tout couuerty el 
employé a leiïect susd. De ce fere nous vous auons 
donne et donnons, pouuoir puissance et authoiïlé. 
Nonobstant tout ce que dessus. Et toutes autres choses 

1 Le manuscrit : Nov, par erreur, 



— \Si — 

a ce contraires, A Quoy nous Auons desroge et desro- 
geons par cesd. présentes. Car tel est nostre plaisir 
Donne a Ma!) te le XXU e jour de Januier Lan de grâce 
Mil cinq cens quatre vingtz quatorze, Et de nostre règne 
le Cinquiesme. 

Henry 
Par le Roy 

Rizé, 



VII. 

ORDONNANCE DÉFINITIVE DES TRÉSORIERS, ADRESSÉE 
AUX ÉLUS DE VENDÔME. 

— 1594. 25 Février. — 

Les Trésoriers generaulx de France au bureau 
des finances estably a orleans transfère a bloys Aux 
presidens lieutenans & Esleuz par le Roy en lellec- 
tion <le Vendosme Salut Veu par nous les lettres pa- 
tentes du roy données a S 1 Denis le XIIJ e jour daoust 
dernier signées par le Roy en son conseil de verton 
k scellées a nous adressantes Par lesquelles Sa Ma- 
jesté nous mande fere par vous asseoir imposer k le- 
uer sur les habitans de lellection dud. Vendosme La 
somme de Quatre cens cinquante escuz A laquelle se 
trouue monter la fourniture faicte par rené Champe- 
noys de gros bois fagotz k chandelle nécessaires pour 
les corps de gardes qui se font aux Quatre portes k 
endroit des Cordelliers k aultres lieux de lad. ville de 
vendosme durant vne année Commancee le premier 
jour de mars dernier qui est a raison de cinquante solz 
par chacun jour dhiuer Suiuant le bailjudiciaire qui en a 
este par vousfaict aud. champenois Comme moings di- 
sant Selon quil est plus au long porté par lesd. lettres 
Nostre attache sur icelles du premier septembre der- 
nier portant que leuee seroit faicte de lad. somme de 
IIII C I. escuz Sur Ips habitans delencloz delad. villp de 



— 133 — 

vendosme seullement Aultres lettres patentes données 
a Chartres Le XXlIlI e Septembre aussy dernier signées 
par le Roy en son conseil bonnet k scellées Par les- 
quelles sad. Majesté veult lad. somme estre imposée k 
lenee tant sur les habitans de la ville dud. vendosme 
que sur les habitans des parroisses delad. ellection 
Aultre nostre attache sur icelles du quinzeiesme octobre 
dernier Par laquelle Aurions ordonné que lad. somme 
de quatre cens Cinquante escuz seroit cueillie k leuee 
sur tous les habitans delad. ville k faulxbourgs de 
vendosme seullement Et quant a ce quil estoit mandé 
comprendre en lad . leuee les habitans des parroisses de 
lad. ellection Aurions faict treshumbles remonstrances 
a Sad. majesté quil nestoit raisonnable que lad. somme 
feust leuee sur tous les habitans dicelle ellection Attendu 
1 Incursion des gens de guerre k plusieurs aultres causes 
portées par icelles Autres lettres de jussion données a 
Tours Le sixiesme du présent mois Par lesquelles nous 
estoit mande que sans nous arrester a aulcune modiffi- 
cation ou restrinction Eussions a fere leuer icelle somme 
de IIII C L escuz sur tous les habitans delad. ville k faux- 
bourgs de vendosme k sur les habitans des parroisses 
delad. ellection Nostre ordonnance sur icelles du XIII e 
nouembre dernier Par laquelle aurions ordonne que 
nostre ordonnance du XV e octobre dernier tiendroit 
pour les raisons portées par icelles Aultres lettres de 
jussion donnée A mante le XXII e januier dernier si- 
gnées henry k plus bas par le Roy Ruze et scellées 
Par lesquelles Sad. Majesté nous mande et tresexpres- 
sement enjoinct qu" ayons a procedder purement et 
simplement a la veriffication de sesd. lettres du XIII e 
jour daoust dernier Sans auoir esgard a noz ordonnan- 
ces quelle veult estre k demourer nulles et sans effect 
k comme non aduenues Et en ce faisant ayons a fin 1 
imposer cueillir k leuer lad. somme de quatre cens cin- 
quante escuz ensemble les fraiz qui ont este faietz a la 
poursuicte des susd. lettres patentes, Le tout selon quil 
est plus au long porte par lesd. lettres de jussion Des- 
quelles En tant, qu a nous est Consentons lentherinemenl 



— m — 

k accomplissement selon leur l'orme et teneur Et ce fai- 
sant vous mandons 1ère asseoir cueillir Se leuer sur tous 
les contribuables aux tailles delad. ville k eslection de 
vendosme Le fort portant le faible Se le plus justement 
Se esgalement que 1ère ce pourra Lad. somme de Quatre 
cens cinquante escnz Auccq la somme de quatre vingtz 
quatre escuz vingt sept solz six deniers A laquelle auons 
taxe Se liquide les fraiz aduancez par lesd. habitans tant 
pour lobtention desd. lettres dassiette que de jussion 
Se tout ce qui sen seroit ensuiuy Pour lesd. deniers estans 
leuez estre mis es mains du receueur des tailles delad. 
elleclion de vendosme Se par luy employez au paiement 
delad. somme de quatre cens cinquante escuz deue aud. 
champenoys Et la somme de quatre vingtz quatre escuz 
vingt sept solz six deniers au remboursement desd. fraiz 
aduancez par lesd. escheuins Contraignans ou faisant con- 
traindre au paiement de leurs taxes Se cottites tous ceulx 
qui pour ce seront a contraindre par toutes voyes k ma- 
nières deues Se acoustumees Se nonobstant oppositions 
ou appellations quelconques k sans preiudice dicelles 
Donne aud. Bureau Le XXV e jour de feburier Mil V e 
quatre vingtz quatorze. 

Lasne Delaguange MalreyÇ?) 

Baudet 



RENSEIGNEMENTS 

SUR LA 

STATISTIQUE RELIGIEUSE (av l 1789) DES PAROISSES 

de l'arrondissement actuel de Vendôme 1 , 

Par .M. Dupré, bibliothécaire à Blois. 

, Suite. J 

* 

ERRATA. 

Il s'est glissé dans le dernier article de M. Dupré plusieurs 
fautes que nous nous empressons de corriger: 

l'âge 52, fin de la note, au lieu de Camotcnsls, lisez Carno- 
hnsïs. 

Page 55, 2 e ligne, le mot de se trouve répété inutilement 
avant Suint-Jean de Jérusalem. 

Même page, 3 e ligne, au lieu de: des Cogners, lisez: de 
Cogneis. 

Page 56, on a placé l'article Azay avant Aulhon, contraire- 
ment à l'ordre alphabétique. 

Même page, 17 e ligne, au lieu des monastères, lisez du mo- 
nastère. 

Même page, dernière note, au lieu de Launay, lisez I.aunoi. 

Page 57, l re note, au lieu de Dillault, lisez BVard. 



BA1GNAUX. 

Bahiculi. (Saint Pierre.) 

Diocèse de Rlois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur: l'abbé de la Trinité de Vendôme. 

Paroisse portée sur la bulle du pape Clément II, en 
1047, confirmative des biens de cette abbaye, alors 
l'ondée depuis peu '. 

En 1090, Geoffroy de Preuilly, comte de Vendôme, 
renouvela en faveur de la même abbaye le don de cette 

1 De Pétigny, \>. 181. 



— 136 — 

église, déjà concédée à la Trinité par ses nobles prédé- 
cesseurs ' . 

L'abbaye de la Trinité avait établi un prieuré à Bai- 
gnaux. 

BA1LLOU. 

(Saint Jean-Baptiste.) 

Diocèse du Mans, archidiaconné de Montfort. 
Présentateur : le seigneur du lieu. 

La fondation de cette église est attribuée à saint Ju- 
lien, premier évêque du Mans, l'apôtre de ces contrées '. 

A. D. Quelques titres de propriété, et baux des biens 
de la cure, XVII e et XVIII e siècles. 

BEAUCHESNE. 

(Saint Jacques.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de Saint-Georges-du-Bois, au 
diocèse du Mans, maison de chanoines réguliers 3 . 

A. D. Liasse de titres de rentes et testaments, au 
profit de la fabrique, XVII e et XVIII e siècles. — Entre 
autres, le testament très-pieux d'un curé de Beauchesne, 
en 1681. 

BONNEVAU. 

Bona Vallis. (Saint Jean- Baptiste.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur : le chapitre de Trôo. 

A. D. Liasse de testaments et autres titres de pro- 
priété concernant quelques biens-fonds et rentes de la 
cure, XVII e et XVIII e siècles, 

1 De Passac, le Vendômois, p. 90, 

8 De Pétigny, p. 181. 

3 A la différence des moines proprement dits (comme les Béné- 
dictins, les Bernardins, etc.), les chanoines réguliers desservaient 
eux -mêmes les cures qui dépendaient de leurs abbayes ou prieu- 
rés : on appelait ces desservants curés blancs, à cause de la cou- 
leur de l'habit religieux qu'ils continuaient de porter dans l'exer- 
cice des fonctions curiales, 



— 137 — 

Prieuré de Saint-Médard, fondé très-anciennenient 

par les bénédictins de Saint-Médard île Soissons 1 . 

BOUFFRY. 

Bofferium. ( La Sainte Vierge et Saint-Jean.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : le chapitre de la cathédrale de Char- 
tres. 

A. D. Liasse de testaments et de titres constitutifs ou 
récognitifs de rentes foncières, XVI e , XVII e et XVIII* 
siècles. Quelques pièces concernant le prieuré de S l - 
Nicolas des Fouteaux (de Forlellis), situé dans ladite 
paroisse de Bouffry. 

Ce prieuré avait été fondé, sur la iin du XI e siècle, 
par un comte de Blois, en faveur de l'abbaye de S l - 
Sauveur de Tiron : il possédait le droit de haute jus- 
tice accompagné du titre de baronnie. — La chapelle 
de ce prieuré existait encore au siècle dernier; mais 
celle de S l -Jacques, jadis érigée sur le même territoire, 
n'appartenait déjà plus au culte avant 1789 " 2 . 

La paroisse de Bouffry ou Bofery est portée dans 
une bulle papale de 1175, comme appartenant déjà au 
chapitre de Notre-Dame de Chartres 3 . 

BOURSAY. 

Borsecium ou Bourseium. (Saint Pierre.) 

Diocèse de Blois et archidiaconé de Dunois. 

Présentateur : l'abbesse de S 1 - Avit-lès-Chateaudun 
(abbaye de Bénédictines). 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e 
siècle, et mentionnée par l'abbé Bordas 4 . 

1 De Pétigny, Histoire du Vendômois, p. 89. 
- L'abbé Bordas, Ghorographie du Dunois, pp. 52 et 53. 
"' Cortulaire de ladite église, récemment publié par la Société 
archéologique d'Eure-et-Loir, p, 191. 
1 Chorographie du Dunois. p. 54, 



- 138 — 

A. I). Liasse de testaments, litres de rentes, baux et 
sentences, XVI e , XVII e et XVIII e siècles. — Comptes 
de la fabrique de 1720 à 1789. 

MÉVAIN VILLE. 

Brcoeinvilla ou Bevreinvilla. (Saint-Médard.) 

Diocèse de Blois et archidiaconé de Dunois. 

Présentateur : l'abbé de Bonneval ' . 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

BUSLOUP. 

Bullotum ou Bucelliun.. (Sainte Anne et Saint Pierre.) 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 
Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité. 

Cette église fut une des plus anciennes possessions 
de la Trinité de Vendôme 2 . S'il faut en croire une tra- 
dition, elle aurait été donnée, dès 1072, aux Bénédic- 
dictins de ce couvent, par un seigneur désireux d'ex- 
pier ses fautes 3 . Ces religieux fondèrent aussitôt à 
Busloup un prieuré régulier, qui tomba depuis en com- 
mende 4 . 

Dans cette paroisse étaient la fontaine et la chapelle de 
S'-Étienne, où Ton amenait les enfants malades. — 
Autre pèlerinage à la chapelle de S te -Radegonde, an- 
ciennement dite de S tc -Madeleine, dans la même pa- 
roisse. Ce dernier bénéfice, situé au village de l'Ecot- 
tière, formait un prieuré simple relevant de l'abbaye des 
Prémontrés de l'Etoile. 

A. D. Liasse de titres, du XVI e au XVIII e siècles, 
concernant le prieuré de Busloup, membre dépendant 
de la Trinité de Vendôme. 

1 Chorographie du Dunois. p. 54. 

* De Passac, p. 68. 

De Pétigny, Histoire archéologique du Vendômois, p. 813. 

* J/abhé Simon, Histoire de Vendôme, p. 242 du tçma III. 



m 



CELLE. 

Celleyum. (Notre-Dame.) 

Diocèse du Mans, archidiacciné de Ghâteau-du-Loir. 
Présentateur, l'abbé de S^Laumer. 

Eu 870, Robert, évêque du Mans, donnait aux moines 
de Gorbion, transférés ensuite à Blois, le village de Celle, 
pour y fonder une église et un prieuré de Notre-Dame, 
qui depuis ont toujours dépendu de l'abbaye de S*- 
Laumer, devenue l'héritière de celle de Gorbion 1 . 

L'ancienne église de Celle était un lieu de pèleri- 
nage en l'honneur de la Vierge 2 . 

A. D. Terrier, aveux, dénombrements et déclarations 
censuelles pour ce prieuré, qui avait le titre de ba- 
ronnie. (Un registre, de 1585 à 1720.) 

Liasse de déclarations censuelles et féodales concer- 
nant ledit prieuré, actes originaux de 1587 à 10(30. On 
y voit que ce bénéfice fut souvent tenu en commende 
par des seigneurs séculiers. 

Autre liasse renfermant les titres de l'église parois- 
siale, savoir : titres de rentes et biens-fonds, procédures 
et sentences, testaments, acquisitions, baux, délibéra- 
tions des assemblées de la paroisse (XVII e et XVIII e 
siècles); deux inventaires sommaires des titres, en 1009 
et 1725, déclaration de biens-fonds en 1092. — Piè- 
ces relatives à une confrérie du Saint-Sacrement qui 
existait en 105,3. — Testament pieux de M. René Le- 
moyne, prêtre, habitant la paroisse ; il demandait qu'on 
l'inhumât dans l'église de Celle, au droit de l'image de 
Notre Dame (1653). 

11 y avait, au hameau de la llcrbercherie, une cha- 
pelle de Sainte- A nue, d'abord consacrée au culte, puis 
abandonnée et réduite en un bénéfice simple, qui était 
desservi dans la cathédrale du Mans. 



1 l)c Pétigny. p. 1 1 i, et Noël .Mais (Histoire manuscrite de 
l'abbaye de Saint-Laumer). 

* Notre- Dame de France, Histoire du culte de la Sainte 
Vierge en France (par M. Ifamon, curé de Saint-Sulpice), t. I. 
p. 178. 



— 1-40 — 

Celle possédait aussi an petit couvent de Camaldules, 
fondé en 1659, par le S r Renard, écuyer. En 1787, 
cette maison religieuse fut supprimée, et ses biens, 
très-modiques, furent unis au collège de S'-Calais 1 . 

CHAPELLE-ENCHER1 \ 

Cupella Anscherici. (Saint Sulpice.) 

Diocèse de Blois et archidiaconé de Dunois. 
Présentateur; l'abbé de la Trinité de Vendôme. 

Eglise inscrite sous le nom de Villa Anscherici dans 
la bulle du pape Clément 11, octroyée en 1 047 à l'ab- 
baye de la Trinité, fondée depuis peu 



3 



CHAPELLE-VICOMTESSE. 

Capella vice-comitissœ. (Saint Michel.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur : Tabbé de Tiron ( au pays cliartrain ). 

Paroisse portée sur le pouillé cliartrain du XIII e 
siècle. 

A. D. Liasse de titres de propriétés foncières ou de 
rentes et testaments au profit de la cure et de la fa- 
brique, XVII e et XVI11 P siècles. — Comptes de fabri- 
que, de 1643 à 1787. — Marché passé entre Pierre 
Janvier, peintre demeurant à Mondoubleau, le curé et 
les marguilliers, pour la confection d'un tableau de la 
Résurrection, destiné au maître-autel. 

Prieuré anciennement fondé par une vicomtesse de 
Châteaudun, dame de Mondoubleau, en faveur de l'ab- 
baye des Bénédictins de Tiron, d'où sera venu proba- 
blement le nom de la paroisse 4 . Ce bénéfice, qui por- 

' Cauvin, Essai sur la statistique du département de la Sarthe, 
p. 181. 

2 Et non pas Enchèrie, comme on dit vulgairement. On de- 
vrait plutôt écrire Anschéri, pour se conformer à l'étymologie, ti- 
rée d' An fichericus, nom propre d'homme (probablement du fonda- 
teur de la primitive église ou chapelle). 

5 Gallia christiana, t. 8, col. 416. lnstrum. eccl. Blas. 

1 L'abbé Bordas, Ghorographie du Dunois, p. 102. 



_ 141 — 

lait le titre seigneurial de ehâtellenie et vicomte, relevait 
directement du comté du Maine sous le rapport féodal. 
Il fut uni au séminaire de Blois en 1737, et dès lors 
cessa d'être donné en commende. 

A. D. Registre de l'état des biens de ce prieuré en 
1746. Deux liasses de baux, déclarations censuelles et 
titres de rentes, du XV e au XVIII e siècles.— Arpentages 
et plans des bois, en 1731 et 1755. 

A. B. Déclaration des biens et revenus du prieuré 
en 1705. 

On voyait en cette même paroisse une chapelle de 
S'-BÏaise, déjà fondée au XII e siècle, et appartenant aux 
frères condonnés dp l'hôtel-Dieu de Chàteaudun. 

CHAUVIGNY. 

Calviniacum. (La Sainte Vierge et Saint Jean.) 

Diocèse de Blois et archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Cette abbaye possédait à Chauvigny un prieuré fondé 
au XII e siècle par les libéralités des seigneurs du pays. 
( De Pétigny, p. -209. ) 

A. D. "Liasse de testaments, XVII e et XVIII e siècle. 
— Acquisitions, baux, titres de rentes et actes de pro- 
cédures des mêmes siècles. — Devis de réparations à 
faire à l'église, 1778. — Inventaire des titres de la fa- 
brique, 1778. — Procès-verbaux de l'élection des mar- 
guilliers par l'assemblée des principaux habitants, 1773, 
75 et 76. 

Sur le territoire de Chauvigny est l'ancienne chapelle 
de SMulderie ( ou Joudrv ), but d'un pèlerinage accré- 
dité ». 

CHOUE. 

Choia. (Saint Clément.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur: l'abbé de La Madeleine de Chàteaudun. 

1 Bréviaire de Rlnis. 14 mai. 



— 14-2 — 

Kglise portée sur le pouillé chartrain du XÏH* siècle. 

A. D. Titres du presbytère, construit vers 1617; ces 
actes sont de 1-469, 1617 et 16-46. — Titres des im- 
meubles et rentes du prieuré-cure, XVI e , XVII e et XVIII e 
siècles. — Baux de ces mêmes biens, XVII e et XVIII e 
siècles. 

CORMENON. 

Curia Menants ou Cormarium. (Saint Pierre.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité de Vendôme. 

En 1314, un vicomte de Châteaudun confirmait à cette 
abbaye bénédictine la possession de l'église de Corme- 
non 1 . Les Bénédictins de Vendôme établirent en ce lieu 
un prieuré, dit de Savigny. 

A. D. Liasse de baux et titres de rentes de la cure, XVII e 
et XVIII e siècles; état sommaire de ses biens, XVIII e 
siècle. — Sentence arbitrale rendue à la suite de procé- 
dures longues et compliquées, entre le prieur de Savi- 
gny-Cormenon et le seigneur de Mondoubleau, en 1496. 
(C'est une grande pièce composée de bandes de par- 
chemin, qui mesurent plus de deux mètres en longueur. ) 

La fondation dudit prieuré de Savigny remontait à la 
fin du XI e siècle 2 . 

COULOMMILBS. 

Anciennement dit Colwrimiers (Colomberite 

ou Colummcriœ). 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur: l'abbé de la Trinité. 

L'église et ses dépendances furent données à cette ab- 
baye, en 1080, par le chevalier Robert de Montcontour, 
aux termes d'une charte publiée par l'abbé Simon \ 
Aussitôt après, les Bénédictins de la Trinité établirent 
en ce lieu un prieuré de leur ordre. 

1 De Pétigny, Histoire du Vendômois, p. 257. 

1 De Pétigny, Histoire du Vendômois, p. 213 et 216. 

5 Histoire de Vendôme, t. III. p. 2G7 et 268. 



— 143 — 

A. D. Titres de la maison presbytérale, XVII e et XVIII 8 
siècles. Titres de rentes dues à la cure, XVI e , XVII e et 
XVIII e siècles. — Mémoire sur une contestation rela- 
tive aux dîmes et novales perçues dans la paroisse, 
XVIII e siècle. ( Une liasse. ) 

COUTURE. 

Cultura. (Saints Gênais et Protais.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
L'évêque du Mans, plein collatcur. 

La fondation de cette église, comme de plusieurs au- 
tres du même territoire, est attribuée à saint Julien, 
premier évêque du Mans, et à saint Thurîbe, son suc- 
cesseur ' . 

A. D. Liasse contenant ce qui suit : Inventaire des 
titres de la fabrique en 1729. — Titres de cette même 
fabrique, XVII e et XVIII e siècles. — Titres de rentes 
dues à la cure, XVIII e siècle. — Déclaration faite en 1733 
des biens de la cure tenus à cens de la terre de la Pois- 
sonnière \ — Un testament de 108 1 . — Inventaire des 
titres de la confrérie du Rosaire, 1707. — Extraits de 
ces titres et de divers actes de fondation au profit de la 
même confrérie; entre autres, du testament de M. Du- 
bois, sieur du Poirier, valet de chambre de Louis XIV, 
fondateur de la chapelle du Rosaire (1609), testament 
rédigé en termes très-pieux ( Notre Dame de France, 
1. 1, p. 179 et 180). — Titres de la chapelle de S ,e -Ca- 
therine desservie en l'église de Couture, XVIII e siècle. 
— Titres de la chapelle de S L René, fondée en l'église 
de Couture en 1054, par René Boucher, prêtre chape- 
lain de Sainte-Croix, demeurant à Couture. — Titres de 
la chapelle de Sainte-Catherine, desservie en l'église pa- 



1 Vie de Saint Julien et de ses premiers successeurs, par 
M. l'abbé Voisin, p. 55; et Histoire du Yendomois, par M. de 
Passac, p. 85. 

* Ancienne propriété de la famille de Ronsard, le célèbre poète 

vendomois. 



— 144 — 

roissiale. — Fondation d'une prestimonie, petit bénéfice 
affecté à l'entretien d'une école de paroisse; laquelle 
fondation résultait du testament de Nicolas Dufeu et de 
sa femme Louise Castonet. — Cauvin attribue cette 
même fondation à Charles Lemoine, seigneur de Bel- 
lisle, en 166-4 '. 

CRUCHERAV ou CRUCIIERÉ. 

Cruchercium. (Saint Pierre.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Marmoutier-lés-Tours. 

L'église de Crucheray fut très-anciennement (en 1122) 
cédée'à ladite abbaye par un seigneur du pays, avec le 
consentement de Févêque de Chartres " 



2 



DANZE. 

Danzeium. (Saint Martin.) 

Diocèse de Blois. archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité. 

A. D. Liasse de testaments, titres de rentes et baux 
pour la fabrique paroissiale, XVII e et XVIII e siècles. — 
Inventaire des ornements et autres objets mobiliers de 
l'église, dressé en 1650 et années suivantes. — Procé- 
dures au sujet du droit d'inhumer dans le chœur, droit 
que les Bénédictins de Vendôme contestaient à la cure 
et à la fabrique, XVII e siècle. 

Il y avait, en cette église, une chapelle de S l -Aignan. 

L'abbaye de la Trinité possédait à Danzé un de ses 
anciens prieurés, qu'elle tenait de la charité d'un che- 
valier nommé Josselin Bodeau. et dont la première fon- 
dation remontait à 1082 3 . 



1 Statistique des établissements de charité et d'instruction pu- 
blique de l'ancien diocèse du Mans, p. 135. 

* Mabillon, Annal. Rened.. t. 6, lib. 74; et Gallia christiana, 
t. 8, col. 1135. 

5 L"abbé Simon. I. 3. p. 253. et de Pétipnv. p. 213. 



- i r> — 

DROUÉ. 

Droveum ou Druacum (Saint Nicolas et Saint Claude.) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé de Dunois (partie 
septentrionale, demeurée au diocèse de Chartres après 
le démembrement qui forma le diocèse de Blois, en 
1698). 

Présentatrice : l'abbesse de S'-Avit près Châteaudun. 

Il y avait deux églises : celle de Notre-Dame, à Bois- 
seleau, était la principale; celle de Saint-Nicolas, àBois- 
guérin, lui servait de succursale '. L'une et l'autre sont 
mentionnées dans la bulle du pape Alexandre III, ac- 
cordée, en 1177, à l'abbaye de S'-Avit". Celle deBois- 
guérin ( Burgus Guarini ou Garnerii) est inscrite au 
pouiilé chartrain du XIII e siècle, 

A. D. Liasse de testaments et titres de rentes au pro- 
fit de ces deux églises ; actes de procédures, XVI e , XVII e 
et XVIII e siècles; comptes de In confrérie de N.-D. du 
Mont-Carmel, instituée dans l'église de Boisseleau, et 
de celle du Rosaire, établie dans l'église de Boisguéiïn. 
de 1 HO 1 à 1773 (un cahier à part ). 

EPIAIS. 

Esperiœ. (Saint Martin.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de S l -Georges-du-Bois ( dans le 
Bas-Vendômois). 

A. D. Liasse de testaments, de 1043 à 1650, avec 
quelques titres de propriété en faveur de l'église. 

ÉPUISÉ. 

Espircium. (Saint Etienne.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'archidiacre. 

1 Jusqu'au XVII siècle, Droué demeura un simple village sans 
importance; le gros de la population habitait les bourgs de Bois- 
seleau et de Boisguérin, que Droué séparait. (L'abbé Bordas, GhQ- 
rographie du Dunois, p. 177 et suiv.) 

■ L'abbé Bordas, p. SI 

iv. 10 



— 146 — 

Église portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

A. D. Quelques titres de biens et rentes de la cure et 
de la fabrique, XVI e . XVII e et XVIII e siècles. 

ESPÉREUSE. 

Essa petrosa. (Notre-Dame.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de S l -Georges-du-Bois i . 

A. D. Liasse de titres de propriété et d'actes de pro- 
cédures, concernant les droits féodaux du prieuré-cure 
d'Espéreuse, XV e , XVI e , XVII e et XVIII e siècles. 

LES ESSARTS. 

Essarta. (Saint Georges.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

L'évêque du Mans, plein collateur. 

Il y avait un prieuré de Notre-Dame, dépendant de la 
Trinité de Vendôme 2 . 

Sur la même paroisse s'élevait une chapelle rurale de 
Notre-Dame. En 14-53, ce bénéfice formait un petit 
prieuré appartenant à l'abbaye bénédictine de Bourgueil 
en Anjou 3 . En 1780, le titulaire de ladite chapelle af- 
fermait des biens qui en dépendaient, situés sur le ter- 
ritoire de la paroisse des Essarts 4 . 

FAYE ou FÉE. 

Fagia. (Saint Brice.) 

Diocèse de Blois et archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'archidiacre. 

1 L'abbaye de Saint-Georges-dn-Bois, comme celle de Bourg- 
moyen de Blois, appartenait à des chanoines réguliers de l'ordre 
de Saint- Augustin ; par conséquent, les cures qui en dépendaient 
portaient aussi le titre de prieurés. 

2 Gauvin, Essai sur la statistique du département de la Sarthe, 
p. 172. 

5 Inventaire des titres de la seigneurie de La Roche-Turpin, 
t. III, p. 777. (Archives départementales.) 
4 Pièce des mêmes archives. 



m 



A. D. Deux liasses de titres de propriété, baux et 
actes de procédures concernant les biens de la cure, 
avec plusieurs délibérations des assemblées d'habitants 
pour l'administration de ces biens et pour les autres af- 
faires de la paroisse, XVII e et XVIII e siècles. — Testa- 
ment très-pieux d'un curé de la paroisse en 1684. — 
Inventaire des meubles, effets mobiliers, titres et pa- 
piers de l'église, dressé en 1790. 

FONTAINE- EN -BEAUGE. 

Fontanœ. (Saint Pierre.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de Saint-Calais. 

A. D. Titres de rentes dues à la fabrique, XVII e et 
XVIII e siècles, entre autres, d'une rente ( léguée vers 
1600) de l'huile nécessaire à l'entretien dune lampe 
qui devait être allumée jour et nuit devant le maître- 
autel de l'église, et du vin employé aux ablutions des 
communiants de la paroisse pendant la quinzaine de 
Pâques ' . r 

Un prieuré de S l -Blaise, situé dans cette paroisse, au 
village de Grand-Ry, dépendait de l'abbaye du Gué-de- 
Launay, au diocèse du Mans, ordre de SMtenoît. Il avait 
été fondé vers 1155 2 . 

FONTAINE -RAOUL. 

Fons Radulphi. (Saint Marc.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Danois. 
Présentateur : l'abbé de Tiron. 

A. D. Liasse de titres de rentes et baux des biens de 
la fabrique, XVII e et XVIII e siècles. — Testaments de 

1 L'usage de ces ablutions, très-ancien dans l'Église, existait 
encore en France pour les laïcs au XYIIe siècle, en certaines lo- 
calités du moins ; aujourd'hui, les prêtres seuls font l'ablution 
après avoir communié, en célébrant la messe. (Dictionnaire de 
Liturgie dans l'encyclopédie Migne). 

2 De Pétigny, Histoire du Vendômois, p. 260; et Cauvin, Sta- 
tistique du département de la Sarthe, p. 173. 



— 148 — 

1629 à 1088. — Testament d'un curé de cette paroisse, 
daté de 1747 et 1740: procès-verbal de la vente de ses 
meubles à l'encan, après sa mort, en 1750. 

Autre liasse de titres des XVI e et XVII e siècles, con- 
cernant le prieuré simple de Fontaine-Raoul, dépendant 
d'abord de l'abbaye de Tiron, et uni au séminaire de 
Rlois dans le siècle dernier. 

Bail, en 1788, des propriétés du bénéfice de S te -Cé- 
cile, situé dans la même paroisse. Cette cbapelle rurale 
avait été donnée en 1 224 aux frères religieux desservant 
l'hôtel-Dieu de Cliâteaudun '. 

Il y avait aussi une ancienne chapelle do la Madeleine, 
située dans la forêt de Fréteval 2 . 

LA FONTENELLE. 

Juvenis Fontenella. (Saint Lou et Saint Gilles.) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé du Dunois. 
Présentateur : le chapitre de la cathédrale de Char- 
tres. 

Église portée sur le cartulaire chartrain du XIII e siè- 
cle, et précédemment sur la bulle de 1175, confirma- 
tive des possessions et droits du chapitre de Chartres 3 . 

A. D. Liasse contenant : un inventaire des titres de 
la fabrique, dressé en 1758 et 1759 ; — titres de ren- 
tes, baux, testaments et autres actes pour la cure et la 
fabrique, XVI e , XVII e et XVIII e siècles ; — comptes de 
fabrique, de 1778 à 1776 ; — testaments et autres actes 
en faveur d'une confrérie du Saint-Rosaire. XVII e siècle. 

FORTAN. 

(Saint Calais.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Montfort. 
Présentateur : l'abbé de Saint-Calais. 

1 L'abbé Bordas, Histoire du Dunois, p. 163 et 183, et Ghoro- 
graphie du même pays, p. 83. 

2 Ibidem, p. 83. 

5 Cartulaire de .Notre-Dame de Chartres, publié par la So- 
ciété Archéologique d'Eure-et-Loir, p. 101, 



— 149 — 

A. D. Liasse de titres de rentes, XVIII e siècle; un 
testament de 4741 ; baux pour l'église et pour la cure, 
XVII e et XVIII e siècles. Comptes de fabrique, de 1509 
à 1731 (série incomplète). On voit par ces comptes, 
qu'au XVII e siècle, la fête de Saint-Biaise était célébrée 
avec solennité, et qu'à certains jours de Tannée la pa- 
roisse allait en procession à Lunay, à Celle, à Vendôme, 
à Saint-Calais, à Villa vard. 

Il y avait à Fortan un prieuré de l'abbaye des Béné- 
dictins de Saint-Calais. 

A. B. Liasse d'actes concernant ce bénéfice simple. 

FRÉTEVAL. 

Fracta Yallis. (Suint Nicolas.) 

Diocèse de Bluis, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : Tabbé de Marmoutier. 

Anciennement il y eut deux paroisses à Fréleval, S L 
Nicolas et S l -Victor; cette dernière cessa d'exister au 
XVII e siècle 1 . 

Prieuré dépendant de Marmoutier, fondé au XI e siè- 
cle, et depuis tombé en commende. 

Petite collégiale de chanoines, instituée pour desservir 
la chapelle de S l -Georges, dans le château de Fréteval, 
supprimée au XVII e siècle, lorsque' les comtes de Dunois 
abandonnèrent cette résidence 2 . 

Ancienne maladrerie et chapelle de S l -Marc, unie en- 
suite à l'hôtel-Dieu de Morée, et réduite dès lors en une 
simple chapelle rurale. Il existe un titre de 1537, relatif 
à cette fondation charitable 3 . 

A. D. Liasse concernant le prieuré : chartes originales 
des XI e , XII e , XIII e et XIV e siècles. Baux, pièces de pro- 
cédures, et autres actes relatifs à la possession des biens, 
dîmes, droits féodaux, dépendant du prieuré de Frè- 
te val, XVI e siècle. 

1 L'abbé Bordas, Chorographie du Dunois, p. < s "> et 86. 
- Ibidem, j>. 86. 

"' Ibidem, p. '.^2. Il ne reste plus de cette cbapelle que quel- 
ques ruines. (De Pétigny, p. l'i.) 



— 150 — 

A. B. Bail des biens dudit prieuré en 1693. 

A. D. Liasse pour les deux paroisses de S l -Nicolas et 
de S l -Victor. Originaux, copies ou extraits de testa- 
ments faits par des paroissiens, XV e , XVI e , XVII e et 
XVIII e siècles. — Titres et actes de procédures con- 
cernant des rentes dues à la fabrique, du XV e au XVIII e 
siècle. — Acquisitions, échanges et baux, XVI e , XVII e 
et XVIII e siècles. — Mémoire au sujet des dîmes-nova- 
les, 1631. — Deux inventaires des titres, biens, reve- 
nus, rentes, legs, donations et fondations de l'église S l - 
Nicolas; l'un du XVII e siècle, l'autre du XVIII e . — In- 
ventaire des vases sacrés, linges et ornements, 1754. 
— Liste informe et incomplète des messes qui se di- 
saient pour les bienfaiteurs, au XVII e siècle. — Procès- 
verbal de la réception solennelle d'une relique de Saint 
Romain, prêtre, neveu de saint Julien ( premier évoque 
du Mans ), extraite de la châsse de saint Romain, ap- 
partenant aux religieuses du Pré au Mans, et donnée 
par l'abbesse de ce couvent à l'église de Fréteval ( 24 
mai 1651). La fête de la translation de cette relique 
fut fixée au.... juillet, jour déjà adopté dans l'église du 
Mans pour l'anniversaire de la translation des corps de 
saint Romain, de saint Julien et d'autres saints du pays. 
A la suite dudit procès-verbal sont transcrits les actes 
authentiques qui constatent l'extraction et le don de la 
relique en question, et qui permettent de la vénérer... 
Mais, suivant une note écrite depuis au dos de cette 
copie de pièces, la relique susdite ne se retrouvait plus, 
même avant 1 789 ' . 

Registre contenant un inventaire des titres de la fabri- 
que de Fréteval, XVIII e siècle. 

LE GALJLT. 

Gaudus. (Autrefois Saint Etienne, aujourd'hui Sainte. Anne.) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé de Dunois, 

Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Eglise inscrite sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

1 Les actes de saint Julien ne font point mention de ce saint 
Romain, son prétendu neveu. 



— 151 — 

A. D. Liasse de testaments et de litres de rentes, 
XVII e et XVIII e siècles. 

GOMBERGEAN. 
Gombergentum. (Saint Georges.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de la Trinité de Vendôme. 

A. D. Liasse d'acquisitions de biens-fonds, faites par 
la cure, de 4553 à 4558. 

Prieuré simple, de l'abbaye de la Trinité, fondé au 
XI e siècle * . 

A. B. Bail des biens de ce prieuré. 

LES HAYES. 

Haice. (Saint Léonard.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

Présentateur : l'abbé de l'Etoile, ordre de Prémontré, 
du diocèse de Blois. 

A. D. Liasse de titres de rentes et testaments, XVII e 
et XVIII e siècles. Inventaire des titres de la fabrique, 
4770. 

Dans cette paroisse était le prieuré simple de S te -Ma- 
deleine de Croixval, dépendant de l'abbaye des Bénédic- 
tins de Tiron. Le célèbre poëte vendômois, Ronsard, a 
joui de ce bénéfice, au XVI e siècle 2 . 

Ancienne chapelle de la Sainte-Vierge, aujourd'hui 
détruite 3 . 

HOUSSAY. 

Jlusseium. (Saint Jacques.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité de Vendôme. 
On attribue la fondation de cette église à Renaud, 
évêque de Paris et seigneur de Vendôme au XI e siècle \ 

1 L'abbé Simon, t. III, p. 250; et de Pétigny, p. 213. 

- Le Passac, le Vendômois, p. 82. 

7> Notre-Dame de France, t. I, p. 179. 

4 Le Pétigny, Histoire du Vendômois. p. 155. 



— 152 — 

Les Bénédictins do la Trinité possédaient à Houssay 
un prieuré simple, d'où leur vint le droit de présenter 
à la cure. Ceux de Marmoutier jouissaient, dans la même 
paroisse, du prieuré simple de S^Etienne d'Origné ou 
Origny. 

A. D. Inventaire des titres de la cure et du vicariat, 
dressé en 1784, en exécution d'une délibération de l'as- 
semblée des habitants. 

Liasse de titres concernant en particulier le prieuré 
susdit de la Trinité. 

HUISSEAU-EN-BEAUCE. 

Vissael ou Uxellum. (Notre-Dame.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Eglise inscrite au pouillé chartrain du XIII e siècle. 

Liasse de testaments, XVI e , XVII e et XVII 1° siècles. 
— Inventaire du mobilier sacré en 1624. — Note des 
terres dépendant de cette même église au XVII e siècle. 
Il y avait, en 1647, une confrérie et une boite du Saint- 
Rosaire. 

LANCÉ. 

Laaœium. (Saint Martin.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Eglise portée au pouillé chartrain du XIII e siècle. 

En 1090, deux nobles chevaliers donnèrent le vil- 
lage de Lancé aux religieux de Marmoutier, qui établi- 
rent un prieuré en ce lieu ' . Ledit prieuré passa à la 
nomination du roi, depuis l'union de la mense abba- 
tiale de Marmoutier à l'archevêché de Tours, en 1787, 
et il en fut de même des autres prieurés de la même 
obédience \ 



1 De Pétigny, p. 246; Salmon. Chroniques deTouraine, p. 320. 
1 Calendrier ecclésiastique de 17S-2. pp, 338 et 355. 



:>;! 



A. I). Liasse de donations, testaments el fondations 
religieuses, XVI e , XVII e et XVIII e siècles; procédures 
faites pour obtenir l'accomplissement de certaines fon- 
dations religieuses tonifiées en litige. XVII e siècle. 

A. R. Bail des biens du prieuré simple de Lancé, 
tenu alors eu commende, 1694. 



LAVARDIN. 

Lubricinum ou Lavardinum. (Saint Genès ) 

Diocèse du Mans, arcliidiaconé de Ghâteau-d a-Loir. 
Présentateur : l'abbé de Sak;t-CiCorges-du-Bois. 

Prieuré simple de S t -Gildric ou S l -Martin, fondé au 
XI e siècle, par un seigneur de Lavardin, en faveur de 
l'abbaye de Marmoutier i . 

Ancien établissement de Templiers. 

Léproserie ou maladrerie, fondée avant le XV 1 ' siècle, 
el unie en 1699 à l'hôtel-Dieu de Montoire 2 . 

A. D. Liasse de titres de birms-fonds et de rentes, 
testaments et baux, XVII e et XVIII e siècles. — Comptes 
de la fabrique, 1781, 82 et $3. — Testament de M. 
Laurent, prêtre, demeurant à Lavardin, qui fonda la 
chapelle du grand cimetière, en 1559. 

Autre liasse d'actes concernant le prieuré des Béné- 
dictins de Marmoutier. 

Le vénérable Hildebert, évêque du Mans, puis arche- 
vêque de Tours, mort en 1134-, était né à Lavardin. Il 
a laissé des écrits en latin, vers et prose, fort estimés 3 . 

Jean de Lavardin, abbé de l'Etoile, savant théologien 
du XVI e siècle, appartient à la même ville '*. 



1 De Pétigny, p. "208. — (La fondation du prieuré eut lieu sous 
le titre île saint Gildric, changé depuis en celui de saint Mar- 
tin.) 

- Cauvin, Statistique des établissements de charité et d'instruc- 
tion de l'ancien diocèse du Mans, p, 19. 

s L'abbé Simon, Histoire du Vendôinois, t. III, p. 368. 
1 Ibidem, p. 17 '. 



— 15 -i — 
LIGNIÈRES. 

Lineriœ (Saint Aignan.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : Fabbé de la Trinité. 
Eglise portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 
A. D. Un bail des terres de la cure en 1787. 

LISLE. 
Insula. (Saint Jacques.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de Saint-Georges-du-Bois. 

Eglise portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

A. B. Déclaration des biens et revenus du prieuré- 
cure. 

Outre cette cure, de l'ordre de S^Augustin ( à cause 
des chanoines réguliers de S l -Georges-du-Bois ), il y 
avait, dans la paroisse de Lisle, un prieuré de S l -Jae- 
ques, appartenant aux Bénédictins de la Trinité de Ven- 
dôme, qui étaient, a ce titre, principaux seigneurs de la 
paroisse de Lisle. 

A. D. Petit cahier des eens dus à ce prieuré simple. 

LONGPRÉ. 

Longum pratum. (Saint Pierre.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de S'-Georges-du-Bois. 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siè- 
cle : alors elle était à la présentation de l'abbé de la 
Trinité de Vendôme. 

A. D. Un bail de biens-fonds appartenant à la fabrique, 
en 1759. 

LUNAY. 

Luniacum. (Saint .Martin.) 

Diocèse du .Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur: l'abbé d'Evron au Maine, de l'ordre de 

s' -Benoît. 



I 



).) 



D'anciennes chroniques faisaient remonter jusqu'à 
saint Thuribe, deuxième évêque du Mans, successeur 
de saint Julien, la consécration de la primitive église de 
Lunay ' . 

Prieuré de S^Martin, dépendant de l'abbaye d'Évron. 

A. D. Liasse de baux des biens de la cure, XVIII e siè- 
cle. — Sentence de 1582 qui ordonne le paiement d'une 
rente litigieuse. — Pièces concernant les réparations 
exécutées au presbytère en 1787. — Bail des biens 
du prieuré, aussi en 1787. 

Lunay avait, outre son église paroissiale, une cha- 
pelle de Notre-Dame des Douleurs, objet de la dévotion 
populaire, et fréquentée surtout par une confrérie de 
Notre-Dame de Pitié 2 . 

MARCÉ. 
Ma rceium. 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Ghâteau-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité de Vendôme. 
Paroisse maintenant réunie à celle de Montrouveau. 

MARCILLY - EN - BEAUCE. 

Marcilliacum (Saint Pierre.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Paroisse inscrite au pouillé chartrain du XIII e siècle. 

MAZANGÉ. 

Mazangeium. (Saint Lubin.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : le prévôt de Mazangé, membre digni- 
taire du chapitre de la cathédrale de Chartres, et, à ce 
titre, principal seigneur du lieu 3 . 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

1 De Pétigny, Histoire du Vendômois, p. 66. 

- Notre-Dame de France, ouvrage déjà cité, t. I, p. 17 i. 

3 De Pétigny. Histoire du Vendômois, pp. 304et305, 



— 156 — 

Prévôté du chapitre de Notre-Dame de Chartres, bé- 
néfice important 1 . Cette prévôté figure dans une bulle 
de 1175, qui confirmait les biens, droits et privilèges de 
l'église de Notre-Dame de Chartres 2 . 

Le hameau de la Bonne-Aventure possédait une cha- 
pelle de St-Bonaventure, où les Cordeliers de Vendôme 
venaient quelquefois en procession, pour honorer la 
mémoire du saint patron de ce sanctuaire, un des pre- 
miers pères de l'ordre des religieux Mineurs, dont les 
Cordeliers formaient une branche considérable 3 . 

MESLAY. 

(Saint Calais.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'archidiacre. 

A. D. Testaments, qui contiennent des fondations 
pieuses et des legs en faveur de l'église, XVII e siècle. 
— Bail des biens de cette église, en 1765. 

MONDOUBLEAU. 

Mons Dubelli (Saint Denis.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de la Madeleine de Châteaudun. 

Paroisse démembrée, vers 1500, de celle de Choue, 
dont Mondoubleau n'était auparavant qu'une succursale. 

Les premiers seigneurs du lieu fondèrent dans l'en- 
ceinte du château une église collégiale, ou prieuré, 
sous le titre de Notre-Dame de l'Annonciation. Cette 
église fut donnée, en 1070, aux Bénédictins de S l -Vin- 
cent du Mans. Plus tard (en 1238), ledit prieuré fui 



1 Les prévôtés des chapitres séculiers correspondaient aux 
prieurés des ordres monastiques. 

*- Cartulaire publié par la Société archéologique d'Eure-et 
Loir, p. 192. 

3 De l'assar, Histoire du Vendômois, p. CI. 



— 1.»/ — 

transféré à Guéritault, village auprès deChoue, et con- 
tinua d'appartenir à l'abbaye de S'-Vincent 1 . 

Mondoubleau avait une très-ancienne maison - Dieu, 
qui fut, au XVII e siècle, érigée en hôpital, au moyen de 
l'annexion de deux maladreries voisines 2 . En 178.3, ce 
petit hôpital était administré par deux directeurs laïcs 
et par les échevins de la ville. On a conservé, aux ar- 
chives de la Préfecture, quelques baux de ses biens- 
fonds, passés par lesdits administrateurs dans le cours 
du siècle dernier. 

Deux prieurés, Notre-Dame de Chêne-Galon et S te - 
Catherine de Beaufeu, situés sur le territoire de Mon- 
rloubleau, appartenaient à Tordre de Gramraont. 

Le village d'AUeray avait une chapelle de S l -Antoine. 

À. D. Livres de recettes et dépenses de la fabrique 
paroissiale, 1658-59. — Registre des délibérations de 
cette même fabrique, 1777-1788. 

Deux liasses de pièces. 

( Première liasse ) : — Pour la fabrique : Arrêt du 
parlement, relatif à une concession de banc dans l'église. 
— Titres de propriété, XVII e siècle. — Donations et 
testaments, titres de rentes et baux, XVI e , XVII e et 
XVIII e siècles. — Pour la cure : Baux, titres de pro- 
priété et de rentes, XVII e et XVIII e siècles. — Titre de 
1640 pour la chapelle de Notre-Dame des Douleurs, si- 
tuée dans le Grand-Cimetière z . 

i Deuxième liasse ) : Actes des assemblées d'habitants 
pour les affaires de l'église et de la paroisse, XVIII e siè- 
cle: entre autres, plusieurs dé ibérations pour subvenir 
à la dépense d'un vicaire. XVIII e siècle. — État général 
des rentes ducs à la fabrique, de 1764. — domptes de 
la fabrique, de 1700 à 1786. — Inventaire des titres, 
en 1699. — Ordonnance de M9 r de Caumartin, évêque 
de Blois, en 1729, qui fixe au 8 octobre la fête patro- 

1 Dictionnaire delà France, t. IV, p. 824; Gall. christ., 
t. XIV, col. 132; de Pètigny, pp. 275, 27G et 345. 

- De Passac, p. 71 ; Annuaire de Loir-et-Cher pour IS06, p, 55. 

3 Voir aussi le livre de Notre-Dame <lc France, t. I. y. 17 \. 



— 158 — 

nale de l'église, consacrée sous le vocable de S'-Denis. 
— Ordonnance de M9 r de Themines évêque de Blois, 
en 1780, pour la suppression du petit cimetière, atte- 
nant à l'église. 

A. B. Déclaration des biens et revenus du prieuré de 
Beaufeu et de la chapelle d'AUeray, en 1691. 

Mondoubleau est la patrie de Laneau, fameux mis- 
sionnaire en Orient, évêque de Metellopolis, que l'on 
pense avoir souffert le martyre par ordre d'un roi de 
Siam \ 

4 Dictionnaire de la France, t. IV, p. 825. 

I La suite au prochain Bulletin.) 



LES BORDS DU LOIR 



A la Société Littéraire de Vendôme. 



Ille ïerrttruvn mihi prœteromnex 
Angulus ridet. 

Horace. 



« Bref, quelque part que j'erre, 
« Tant le ciel m'y soit dous, 
« Ce petit coin de terre 
« Me rira par sus tous 1 . » 



Aux beaux jours du jeune âge, 
Tel, sur les bords du Loir, 
Caché sous le feuillage, 
Aux approches du soir, 

De notre vieux poëte, 
Sur l'émail des prés verts. 
Parmi l'ombre secrète, 
Je répétais les vers ; 

Et pour ces chants fertiles. 
Ces coteaux et ces bois, 
Que ses rimes faciles 
Ont chantés tant de fois ; 

Pour cette onde paisible 
Qui, plus lente en son cours. 
D'une pente insensible 
S'égare en longs détours ; 

Pour la clarté sereine 
Qui d'un'ciel pur m'a lui, 
Je me laissais sans peine 
Eprendre comme lui. 

Oh ! trop heureux, disais-je. 
Qui, sous l'ombrage errant. 
Ou couché sur un siège 
De gazon odorant. 



De tout soin qui le grève 
Affranchi pour toujours, 
Au doux loisir, au rêve, 
Livre là tous ses jours ! 

Et qui, sur la colline, 
Au sentier tournoyant, 
Qui par degrés s'incline 
Vers le pré rosoyant, 

Possède une cabane 
Où, dans la paix des champs. 
Loin d'un monde profane, 
Loin des sots, des méchants, 

Il n'élit que grâce à rendre 
Au Dieu qui daigne ainsi 
Sous sa garde le prendre 
En sa sainte merci ! 

Ah ! par faveur suprême 
S'il te plaisait, mon Dieu, 
Avec tout ce que j'aime, 
M'abriter en ce lieu ! 

Pour célébrer ta gloire, 
Et partout, à jamais 
Consacrer la mémoire 
Des côlestos bienfaits. 



1. Ronsard, ode 13, livre II. 



ï, 



— Kill 



Quels vers pleins d'harmonie, 
Quels chants redits en chœur, 
A défaut de génie, 
Saurait trouver mon cour ! 

Puis comme avec délices 
Je chanterais aussi 
Les fleurs aux frais calices 
Qui n'éclosent qu'ici ; 

Et la vierge timide 
Qui, d'un pied si léger. 
Effleure l'herbe humide 
Et l'émail du verger ; 

Et vous, molles prairies 
Qu'éclaire un si beau jour. 
Du poëte chéries, 
Des Muses le séjour ; 

Et l'agreste richesse, 
Et les divers trésors, 
Avec tant de largesse 
Etalés sur ces bords ! 



Plage heureuse et féconde, 
Doux sol du Vendômois, 
Sois béni dans ton onde, 
Tes vallons et tes bois ! 

Dans l'épi qui couronne 
Tes guérets triomphants ; 
Dans le ciel qui rayonne 
Sur tes joyeux enfants ! 

i terre bienfaisante 
I Où partout chaque seuil 

Au voyageur présente 

Un fraternel accueil ; 

Où des plus nobles flammes 
Les feux brillent encor ; 
Où revivent les âmes 
De l'antique âge d'or ! 

Ah ! sans autre but suivre, 
Sans plus au loin courir, 
C'est là qu'on voudrait vivre. 
Là qu'on voudrait mourir ! 



GlNDRE DE MaNCY. 



Vendôme. Tvp. & Lith. Lemercier 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 
DU VENDOMOIS 



4 e Année. — o e Trimeslre. 



JUILLET 18GÔ 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le 13 juillet 1865, à 1 heure, au lieu ordi- 
naire de ses séances. 

Étaient présents au Bureau : 

MM. Ém. Renou, président; Ch. de Lavau, vice- 
président; V. Dessaignes, trésorier; Notiel, conserva- 
teur-archiviste; A. Queyroy, conservateur-adjoint; Ch. 
Chautard, secrétaire; Ch. Bouchet, l'abbé Bourgeois. 
Filly et Launay; 

Et MM. de Bodard de la Jacopière, l'abbé F. Bour- 
gogne, l'abbé C. Bourgogne, G. Boutrais, Bruland, II. 
de Brunier, Km. Chautard, Dehargne, l'abbé Delaunay. 
de Dézervillers, A. Dividis, Dourze, Franchet, Cadeau. 
Oct. Gendron, de Geoffre, d'Harcourt, Hinglais, Le- 
batteux, Martellière, Martellière - Bourgogne, II. de 
Meckenheim, 0. de Meckenheim, D. Menard, l'abbé 
Monsabré, Picard, Rolland, l'abbé Renou, de Saint- 
Venant, J. de Saint-Venant, R. de Saint-Venant, Tho- 
raux , Tremblay, Ulysse Besnard. de la Vallière , 
de Vibraye. 

' ,v. u 



— 162 — 

M. le Président déclare la séance ouverte. 

Le procès-verbal de la séance générale du 6 avril 
1865 est lu et adopté. 

Le secrétaire fait connaître les noms des nouveaux 
membres reçus par le Bureau depuis cette séance ; 
ce sont : 

MM. Aug. Arnoul, directeur du journal l'Institut, à 
Paris ; Béon, ancien principal du collège de Blois, rue 
Mogador, 15, à Paris; Briançon, capitaine au 2 e Ca- 
rabiniers, à Vendôme; de Froberville, propriétaire, au 
château de Yillelouet, commune de Chailles; Lorieux, 
vétérinaire, a Vendôme. 



M. le Président donne la parole à M. le conserva- 
teur-archiviste. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

des Objets offerts à la Société ou acquis par elle 
depuis la séance du 6 avril 1865. 

I. OBJETS D'ANTIQUITÉ. 

1. MM. de Meckenheim nous ont fait remettre à la séance du 
6 avril dernier UN LOT DE SILEX TAILLÉS provenant des 
Diorières. 

2. BOULE EN SILEX dont la surface est criblée de cassures 
écailleuses. 

Trouvée dans le ruisseau deDroué. 

L'âge, l'origine et l'usage de cet objet singulier restent indé- 
terminés. 

Don île M. Vannier, huissier à Droué. 



— 163 — 

3. HACHETTE POLIE en roche volcanique verte, de 9 cent, 
de longueur, trouvée dans le ruisseau de Droué. Très-bien con- 
servée. 

Don de M. Van m eu. 

4. HACHE CELTIQUE de 15 cent, de longueur, en roche 
trachytique. 

Trouvée dans une cour du Grand-Faubourg par M. Véret, di- 
recteur des Enfants trouvés, qui l'offre à la Société 1 . 

5. ARME EN BRONZE, trouvée près de Naveil dans une sé- 
pulture. 

Cet objet important l'ait le sujet d'une petite notice qui sera lue 
à la séance de ce jour. 

Don de M. l'abbé Bourgeois. 

G. AGRAFES DE BAUDRIER, en cuivre, trouvées à Sargé. 
Don de M. Ravier, propriétaire à Sargé. 

7. EPERON ANCIEN en 1er, trouvé dans les fondations 
d une maison près de l'École mutuelle. 

Don de M. Neilz. 

8. EPERON EN FER, du Moyen âge, trouvé par M. Belot, 
rue Ferme, dans une cave au pied du château. Cette cave dépen- 
dait des souterrains du château. 

Don de M. Belot. 

'.>. DEUX MOULES EN SCHISTE, destinés à couler des ob- 
jets de piété. 

L'un, incomplet, porte la date de 1650, et représente une croix. 

L'autre, complet, sans date, représente une petite croix qui 
porte un long appendice dont le sujet est difficile à préciser. 
Don de M. Gueluek, concierge de Mme Dessaignes. 

1 Ces deux haches, trouvées dans le pays, quoique fabriquées 
avec des pierres étrangères à la contrée, nous offrent une preuve 
remarquable des relations commerciales étendues qui existaient 
déjà ;'i l'époque celtique entre les peuples de la (laide et de l'Eu- 
rope. 



— 164 — 
II. ARCHIVES 

I . CAHIER EN PARCHEMIN de (3 feuillets in-4», contenant 
plusieurs pièces relatives à l'abbaye de Vendôme. 

Don de M. de Barthélémy, secrétaire du Conseil du sceau au 
ministère de la Justice. 

M. Bouchef m'a remis la note suivante à ce sujet: 

Ces pièces, au nombre de quatre, sont en général des extraits 
des originaux, en ce qui concerne les possessions de l'abbaye 
dans l'île d'Oléron, extraits authentiques (railleurs, c'est-à-dire 
faits par devant notaires en 1772 et 1775, pour le besoin d'une 
cause ou procès. 

Le 1er est tiré de la charte de fondation même de l'abbaye. 
Agnès de Poitiers, femme du fondateur, donne l'église Saint- 
Georges d'Oléron, avec le quart de l'île, et l'église Notre-Dame 
qui était située dans l'intérieur même du château. — La charte 
a été publiée en entier par Mabillon et Launoi. 

La seconde pièce est la confirmation de la première par Guil- 
laume, duc d'Aquitaine, fils d'Agnès. On la trouvera dans l'abbé 
Simon, T. II, pp. 57-58. 

La 3c renferme des privilèges accordés à l'abbaye par Char- 
les V en 1325 et confirmés par Philippe de Valois en 1328, tou- 
jours en ce qui concerne l'île d'Oléron. L'original existe aux ar- 
chives de Blois ! . 

La 4 e enfin contient la mention des précédentes, plus de deux 
autres, savoir : une charte de confirmation de Louis VII, donnée 
en 1146, dont l'original est également à Blois 2 , et une réclama- 
tion de droits d'amortissement par le roi François I*r en 1522, 
droits qui furent en effet payés par l'abbaye. Nous ne nous souve- 



1 II s'en trouve également une double copie aux archives de La 
Rochelle, où nous l'avons transcrite en 1852. 

2 Une belle copie contemporaine existe aux archives de l'Em- 
pire, où nous l'avons transcrite. 



— 165 — 

nous pas il avoir vu nulle autre pari mention de ce dernier do- 
cument. 

La Société remercie sincèrement M. de Barthélémy. 

2. NOTICE historique sur la chapelle Saint-Jacques, l'église et 
le collège de Vendôme, par M. A. Gendron. 
Vendôme. Librairie Henrion. 1847. 
Don de M. L. Martellière. 

U. ITINÉRAIRE de l'expédition de César à'Àgendicum à Ger- 
govia Boiorumetà. Avaricum, par M. A. Bréan. 
Brochure grand in-8° avec planches. Orléans, 1805. 
Don de RI. L. Martellière. 

i. NOTE relative à l'iconologie de la sainte Vierge, saint Geor- 
ges et saint Cheron, parM. Huron de Montoire. 
Don de M. L. Martellière. 

5. DEUX BROCHURES, offertes par leurs auteurs, en réponse 
à une communication faite par M. E. Robert, à la séance du 
8 avril 1865, à l'Académie des Sciences, où il prétendait que les 
silex taillés du Grand-Pressigny étaient simplement des résidus 
de fabrication de pierre à fusil. 

La première de ces réponses, un peu vive dans la forme, est 
intitulée: Les Mystifiés de l'Académie des Sciences, défi adressé 
éi MM. Decaisne et Elie de Bcaumont par M. G. de Mortillet. 
Paris, 1865. 

L'autre, beaucoup plus académique, de M. Bourgeois, est in- 
titulée: Réponse aux observations critiques de M. E. Robert, 
sur l'âge de pierre. 

(}. Nous avons reçu du Ministère : 

MÉMOIRES lus à la Sorbonne, dans les séances extraordi- 
naires du Comité impérial des Travaux historiques et des Socié- 
tés savantes, les 30, 31 mars etl^r avril 1804. — 1 2 volumes in-8° 
Histoire, Philologie, et Sciences morales ; — Archéologie. 

Paris. Imprimerie impériale, 1865, 



— 166 — 

DISCOURS prononcé par S. Exe. fe Ministre de l'Instruction 
publique à la Réunion des Sociétés savantes, le 22 avril 1865. 
Imprimerie impériale. Avril 1865. 

7. Nous avons reçu de diverses Sociétés savantes avec les- 
quelles nous sommes en échange de publications : 

BULLETIN de la Société Polymathique du Morbihan,2e se- 
mestre 1864; 

BULLETIN de la Société Archéologique de l'Orléanais, 3c et 4<J 
trimestres 1 864 ; 

BULLETIN de la Société Archéologique, Sciences, Leltrcs el 
Arts de Seine-et-Marne, -Le année, 1864. 

8. PARCHEMINS remis par M. de La Valiière de la part de 
M. Pezière-Pasquier (Jean), à Villeneuve de Lunay. Sans im- 
portance. 

III. NUMISMATIQUE 

Nous avons reçu : 

1° De M. Aubert, ancien boulanger: 

8 pièces en cuivre, parmi lesquelles : 

Un sou de Louis XVI. La Rochelle. 178 h Bien conservé. 

Une médaille frappée à l'occasion de la mort de Mb 1 Sibour, 
archevêque de Paris, avec effigie. 

Un petit jeton en cuivre de Charles II, roi d'Angleterre, portant 
pour devise un chardon : Nemo me impune lacessit. 1677. Mal- 
heureusement bien effacé. 

2° De M. Beau.metz, propriétaire à Prépatour : 
il pièces rapportées de Naplcs (8 romaines et 1 étrangère). 
La plus remarquable estime once de fabrique campanienne 
Tète de femme casquée à dr. — R. : Proue de vaisseau, au-des- 
sus ROMA, au-dessous un gros point. P.B. Bien conservé. 
(V. Hoffmann. Consulair., N<* 960 ej MCI.» 



— 167 — 

Nous signalerons encore un denier de la famille Egnatuleia : 
C. EGNATVLEI C. F. Tète laurée d'Apollon ; au-dessous Q. — 
R. : Victoire écrivant sur un bouclier au-devant d'un trophée. 
Dans le champ Q. A l'exergue ROMA. Conservation médiocre. 

Un Domitien, au revers de Jupiter vainqueur. G. B. 

1 Trajan-Dèce. — Génie debout près d'une enseigne militaire. 
M. B. — Tous deux mal conservés. 

La pièce étrangère est un Charles III, roi des Deux-Siciles. 
1757. 

3<j De M. Ravier, à Sargé : 
Un jeton en cuivre du XlVe siècle, à l'instar des gros à la cou- 
ronne du roi Jean. On lit du côté de la croix, en caractères gothi- 
ques : PAR AMOVRS SVI DONE. S. (?) C. De l'autre la légende 
est presque effacée. 

4» De M. Vannier, huissier à Droué : 
5 pièces trouvées dans cette localité, parmi lesquelles : 
1 Antonin G. B., bien conservé. 

Et 2 gauloises en bronze très-barbares. — Type de l'animal 
aux jambes repliées. 

5<j De MM. Filly, avoué, Javary, juge de paix à Droué, le 
curé de Saint-Jean-Froidinentel et un anonyme : 

4 pièces, entre lesquelles une petite monnaie d'argent, de 
Louis XIV, 1692. 

G° De M. le capitaine Picard, du 2e Carabiniers : 
4 impériales romaines G. et M. B. ( 1 Trajan, 2 Adrien et 1 Com- 
mode) fort mal conservées, mais trouvées à 200 pas environ du 
théâtre d'Areines. Elles sont à peu près de la môme époque que 
celles qui ont été trouvées déjà dans le voisinage et qui ont été si- 
gnalées dans le Bulletin de 1863, p. 27. Ces dernières en effet 
étaient de Domitien, Trajan, Adrien et Marc-Aurèle. 

Nous devons rectifier â cette occasion les conclusions que noiu 
tuions alors de l'existence du théâtre sur tel emplacement. Nou> 
avions cru en effet pouvoir en induire que Vendôme se groupai! 



— 168 — 

alors autour de cet édifice, induction prématurée, attendu que 
îles théâtres semblables ont été reconnus quelquefois sur des 
emplacements où certainement aucune ville n'avait existé. 

7° Enfin la Société a acquis : 

1. Un beau jeton en argent, de l'époque de la Renaissance, 
trouvé dans les fondations du pont Saint-Bié. La signification ne 
nous en est pas bien connue. 

2. Un petit sceau en cuivre, trouvé dans le Faubourg-Ghar- 
train, en creusant les canaux du gaz. Il représente un écu penché, 
portant une fasce accompagnée de 3 trèfles. Au - dessus, un 
heaume ou casque de profil ; autour: s. ieiian le tout, en ca- 
ractères gothiques du XVe siècle. 



La Société a acquis en outre par échange avec M. Dupuy, li- 
braire, 

10 gravures ou lithographies, savoir : 

5 portraits de la famille royale des Bourbons : Louis XVIII , 
alors roi, le comte d'Artois, le duc de Berry, le duc et la du- 
chesse d'Angoulème, dessinés et gravés par John Godefroy. 

Un portrait de La Fayette, jeune, gravé en 1792 par Christophe 
Guérin, d'après la peinture de Jean Weyler. C'est la plus belle 
pièce du lot. 

3 portraits lithographies : Casimir Périer, par Aubry-Lecomte, 
d'après Hersent ; Prudent le pianiste par Alophe, et statue de 
Washington par Garnier. 

Enfin une vue d'Edimbourg, gravée au trait par Ilichardson 
d'après le tableau de Hills. 

Plusieurs volumes dont voici les titres : 

Ordonnances royaux sur le faict de la Justice, etc. — Lyon, 
1000. 2 vol. petit in-8°. 

Dcsid. Erasmi colloquia, — Amsterdam. Louis Elzevier, 1050. 
1 vol. petit in-8°. 



— 160 — 

Les Œuvres d'Ovide. — Amsterdam, Elzevier. 1G7(Î. 

Philosophie du rire, par P. Seudo. — Vendôme, imprimerie de 
Henrîon, 1840. Gr. in-18. 

Enfin une pièce en cuivre, de l'église St-Georges de Vendôme, 
de in ,02 de diamètre. D'un côté saint Georges à cheval terras- 
sant le dragon ; la tète du saint est nimbée; à droite et à gauche 
les initiales S. G. ; devant la tète du cheval, 2 étoiles l'une au-des- 
sus de l'autre. — Au revers : f : S : GEORGIVS : DE : VINDO- 
CINO : (mélange de caractères romains et gothiques) ; dans le 
champ ii (gothiques) entre deux traits horizontaux ; dans les 
intervalles, trois gros points en losange. 

Cette pièce d'un joli style, d'une bonne conservation 1 , remonte, 
selon nous, au XIIIc siècle; elle a été trouvée dans les fondations 
de la maison que l'on reconstruit en ce moment à l'angle de la 
rue du Puits, à droite. — C'est un mereau, et le chiffre qu'elle 
porte en indique la valeur conventionnelle, c'est-à-dire sans 
doute 2 deniers. C'est du reste le premier mereau de Saint-Geor- 
ges que nous voyions. Pourtant M. Cottereau en possédait un à 
peu près semblable, dont il a donné la description dans l'An- 
nuaire de Loir-et-Cher pour 1S2S. Il ne portait que le chiffre 1 , 
et était large a comme une ancienne petite pièce de 10 centimes », 
mais il était en billon. 



IV. OBJETS D'ART 

1" PORTRAIT de Jean I de Bourbon, comte de la Marché^ de 
Vendôme et de Castres, mort en 1393. 

Dessin aquarelle fait par M. A. Queyroy d'après une miniature 
de la collection Gaignières, à la Bibliothèque Impériale. 

Don de M. A. Queyroy. 



1 Grâce aux soins de M. Dupuy, qui l'a nettoyée avec intelli 

•■lire. 



— 17(1 — 

2° VITRAIL d'une chapelle de la Trinité de Vendôme, repré- 
sentant la Vierge portant l'enfant Jésus sur ses genoux. Première 
moitié du XlIIe siècle. Dessin colorié de M. A. Queyroy, qui 
l'offre à la Société. 

Ce vitrail a été publié par Gailhabaud et cité par M. F. de Las- 
teyrie dans son ouvrage sur la peinture sur verre. 

3o Trois PORTRAITS encadrés, achetés à la vente de W> Ve de 
Surville, au château de Surville à Montereau (Yonne). 
Don de M. P. Martellière. 

Deux sont ovales et sont des aquarelles représentant des por- 
traits d'enfants. 

L'autre est un in-4°, gravé, avant la lettre, du moins avant 
le nom du personnage. Au bas on lit : L. Vigée pinx. — C. A. 
Littret se. 1765. Plus 2 autres légendes et des armoiries. Le 
personnage doit être M. de Sartines, lieutenant de police. 

V. HISTOIRE NATURELLE 

1° M. BuffEREAU, capitaine d'infanterie de marine, nous offre 
deux crânes de calao, oiseau bizarre qui habite les Indes Orien- 
tales. 

2" Nous avons reçu de M. Ch. d'Harcourt une caisse de fos- 
siles crétacés, provenant de Saint-Rimay, et offerts par lui et plu- 
sieurs personnes de la localité. 



AI. le Président donne la parole à M. Launay, mem- 
bre délégué par la Société Archéologique pour assister 
aux réunions des Sociétés savantes à la Sorbonne. 

Messieurs. 

A l'occasion de la réunion des délégués des Sociétés 
savantes des départements, qui a en lieu à la Sorbonne 



— 1/1 — 

[es 19, 20, -21 et 22 avril dernier, la Société Àrchéo- 
gique du Vendômois avait désigné quelques-uns de ses 
membres pour assister à ces séances. 

Ces membres se sont fait un devoir de répondre à 
l'appel de la Société; ce sont : MM. A. de Tréinault, de 
Nadaillac, Lacroix de Rochàmbeau et Launay. 

M. Renou, notre Président, comme membre du co- 
mité établi auprès du ministère de l'instruction publique, 
y avait sa place marquée. Notre collègue, M. J. Chau- 
tard, professeur à la faculté (k'6 sciences de Nancy, s'y 
était rendu de son côté. 

Le comité se compose de trois sections : 

1° Section d'histoire et de philologie: 
"2° Section d'archéologie; 
3° Section des sciences. 

Nous avons surtout assisté à la section d'archéolo- 
gie, où des questions intéressantes ont été traitées. 
Vous aurez occasion de les apprécier, lors de l'envoi 
qui nous sera fait du compte-rendu de ces séances. 
Voici, sur le bureau, le volume qui contient celui des 
réunions de l'année dernière, dont chaque membre de 
la Société peut prendre connaissance, et se rendre 
compte de la nature et de l'importance des questions 
qui y sont traitées. 

Entre autres travaux présentés cette année dans la 
section d'archéologie, nous avons remarqué un rapport 
de M. Leguay, architecte, sur une pierre cochée décou- 
verte aux environs de Paris; un autre, sur les sépultures 
mérovingiennes dans le Soissonnais; un troisième, sur 
un buste de Bacchus trouvé à Troyes; un quatrième, 
enfin, sur une sépulture gallo-romaine découverte à 
Lillebonne (Normandie) par M. l'abbé Cochet. 

Nous avons un regret à exprimer, c'est qu'aucun 
travail spécial au Vendômois n'ait été envoyé par notre 
Société, qui a déjà reçu tU^ marques flatteuses d'ap- 
probation pour ses publications. Cependant (Wux de nos 
membres, dont les travaux ne sont malheureusement 



— 17-2 — 

pas relatifs à notre pays, M. J. Chautard et M. Merlet, 

archiviste du département d'Eure-et-Loir, ont lu des 
Mémoires intéressants, le premier sur divers phénomènes 
découverts par lui dans les spectres lumineux obtenus à 
l'aide des tubes de Geissler ; le second a reçu une mé- 
daille bien méritée pour un travail présenté à la section 
d'histoire. 

Nous terminerons en engageant certains membres à 
donner une nouvelle preuve de leur dévouement par 
l'envoi de productions qui ne pourront que faire hon- 
neur à la Société. 



RAPPORT 

SUR UNE 

EXCURSION ARCHÉOLOGIQUE A SARGÉ 

Par M. Vf, Latnay. 



Messieurs. 

Dans les premiers jours de mai, nous tûmes préve- 
nus, par l'instituteur de Sargé, qu'on venait de décou- 
vrir, dans cette commune, des restes de constructions 
assez importantes, paraissant être de l'époque gallo-ro- 
maine. Nous nous y transportâmes, MM. Bouchot, Nouel 
et moi, et c'est de cette excursion que je viens vous 
rendre compte. 

A l'angle aigu formé par les deux routes de Vendôme 
à Saint-Calais et de Sargé à Savigny, au lieu dit Mon- 
plaisir, dans un terrain appelé la Petite-Pommeraye, et 
porté au cadastre sous le n° 397, le sieur Besnard, en 
creusant dans son jardin les fondations d'une maison, a 
rencontré, dans différentes directions, une certaine éten- 
due de murailles enfouies. Le besoin de matériaux pour 
son bâtiment à élever Ta engagé à poursuivre ses re- 
cherches, qui ont abouti à la découverte d'une con- 
struction circulaire à laquelle des murailles venaient 
aboutir. 

Arrivés sur les lieux, nous avons voulu nous rendre 
un compte exact de l'étendue et de la disposition de 
ces bâtiments. 

Après en avoir levé le plan, nous avons fait fouiller 
l'espèce de tour dans le centre de laquelle s'élevait un 
arbre fruitier. La forme de cette tour n'est pas complè- 
tement circulaire, c'est celle d'un segment de cercle 
plus grand que la demi-circonférence dont le diamètre 
intérieur est de v 2 m A(); l'épaisseur des murs est de 
0.80. A un mètre de profondeur, nous avons trouvé une 



— 174 — 

aire parfaitement unie, composée d'une couche épaisse 
de cimenl romain, dont on s'était servi en même temps 
pour enduire les parois des murs à l'intérieur et à l'ex- 
lé rieur. 

L'arasement régulier et parfaitement horizontal de 
ces derniers fait supposer que la construction en ma- 
çonnerie s'arrêtait à cette hauteur, et que celle qui s'é- 
levait au-dessus était en bois ou enterre. L'absence de 
portes pour entrer dans celte tour, le soin avec lequel 
les murs avaient été enduits, nous ont fait penser que 
sa destination était celle d'une citerne, pouvant conte- 
nir environ 4 mètres cubes d'eau. 

Autour de cette construction, gisait une quantité con- 
sidérable de Iniques de toutes formes, creuses et à re- 
bords, de grands pavés, des fragments de mosaïque. 

Là venaient se relier deux murs, dont l'un, parallèle 
à la route de Sargé à Savigny, mesure 8 m .G0 de lon- 
gueur. Sur ce dernier, et faisant avec lui un angle obtus, 
vient aboutir une autre fondation qu'on ne peut évaluer 
à moins de 26 m de long, son prolongement sous la route 
nouvelle de Vendôme n'ayant pas permis d'en détermi- 
ner la longueur totale. Une autre fondation transversale, 
parallèle à la première et à 14 m de distance, n'a été 
fouillée que sur une étendue de quelques mètres. 

Ces murs sont généralement construits avec de lions 
matériaux, liés entre eux par un mortier-ciment très-dur. 

Il n'est pas douteux pour nous, d'après l'inspection 
des lieux et des matériaux, que les Romains ont dû avoir 
élevé là une de ces stations dont la position s'explique 
d'autant mieux qu'une voie romaine du Mans à Orléans, 
indiquée sur la carte archéologique de la Sarthe, vient 
aboutir au pont de Sargé, à 1500 mètres de là. C'est 
cette même voie dont nous trouvons le prolongement 
en plusieurs endroits dans la plaine de Vendôme, et 
tout porte à croire qu'elle devait même passer au pied 
des constructions dont nous venons de parler. 

La présence des Romains dans la pittoresque vallée 
de la Braye est encore attestée par les recherches et les 
découvertes de M. l'abbé Voisin, qui a trouvé, sur la 



— 175 — 

hauteur qui domine Sargé et sur l'emplacement de l'an- 
cien bourg de Saint-Martin, un vaste amas dé ruines an- 
tiques, de briques creuses et à rebords et de pavages en 
mosaïque. 

Sargé et ses environs n'ont pas cessé, depuis l'époque 
gallo-romaine, d'être un centre d'habitations importan- 
tes; car on retrouve aussi de nombreuses traces de 
l'époque mérovingienne, entre autres des cercueils de 
pierre découverts à plusieurs pieds de profondeur dans les 
jardins et sous quelques maisons du bourg. L'un d'eux 
renfermait une curieuse agrafe de baudrier dont M. Ra- 
vier, propriétaire, a bien voulu enrichir notre Musée. 

Que vous dire maintenant des constructions de Sargé, 
sinon que la position était parfaitement choisie, à quel- 
ques cents mètres de la Braye, qui coule au milieu de 
riches prairies, sur la pente d'un coteau boisé, dans le 
voisinage d'une voie romaine ? N'était-ce pas là une de 
ces stations ou forteresses élevées par les Romains pour 
protéger leurs excursions, ou bien une de ces villas 
importantes que la beauté pittoresque du pays aurait 
fait élever? Il ne subsiste rien d'assez caractéristique 
pour déterminer d'une manière positive l'ancienne des- 
tination; toujours est-il que ces constructions datent de 
l'époque gallo-romaine ; qu'elles devaient être considé- 
rables, à en juger par leur étendue, et qu'elles attestent 
une fois de plus que les Romains ont exercé leur domi- 
nation sur toute la surface de notre arrondissement. 



NOTE 
SUR UNE ARME DE L'AGE DE BRONZE 

Découverte à Naveil, près Vendôme, 
Par !U. C.li. BoucHET. 



M. l'abbé Bourgeois fait don d'un très-curieux objet. 
C'est une lame de lance en bronze, trouvée près de 
Naveil, dans une carrière de sable qu'a fait ouvrir l'ad- 
ministration du chemin du fer. A une profondeur d'un 
mètre environ, sur une couche de diluvium, les ouvriers 
ont mis à jour un squelette presque entier, dans une 
position à peu près horizontale. Auprès de la tête se 
trouvait cette lame. Malheureusement ils ont rejeté les 
ossements, qui étaient déjà ensevelis de nouveau sous 
un épais monceau de jars, lorsque l'arme a été remise 
à M. l'abbé Bourgeois, en sorte que ces os, et en par- 
ticulier le crâne, n'ont pu être recueillis. Or c'est un 
petit événement archéologique que cette découverte, 
car ce n'est rien moins que celle de l'Age de bronze 
dans notre pays. Il ne faudrait pas, en effet, attribuer 
à cette époque les fibules, anneaux, bracelets, etc., 
que nous possédons. Ils sont bien postérieurs, et ap- 
partiennent à la période gallo-romaine ou mérovingienne. 
Les armes que Ton a rencontrées associées à ces ob- 
jets étaient toujours en fer, jamais en bronze. Celle-ci, 
au contraire, est formée de cet alliage, et remonte à 
ces temps reculés où les hommes, ayant enfin découvert 
les premiers métaux, commencèrent à abandonner l'u- 
sage de la pierre. M. l'abbé Bourgeois fait remarquer 
d'ailleurs que les armes en bronze sont en général fort 
rares dans notre département. Celle-ci est de la forme 
la plus simple et in plus élémentaire, autre preuve de sa 
haute antiquité. Plate et mince, sans être relevée en 
arête au milieu, seulement tranchante sur les bords. 



/ / 



elle présente une surface triangulaire allongée de m , 10 
de hauteur environ 1 sur m ,065 de largeur, et se ter- 
mine à la base par une queue ou appendice également 
plat, de m ,03 de long sur m ,028 dans sa plus grande 
largeur. L'épaisseur est presque partout la même, el 
n'excède guère (> m .0l)l là où elle est la plus forte, c'est- 
à-dire à la ligne d'insertion avec le manche. Quatre 
trous pratiqués le long de la base-, el un autre un peu 
au-dessous dans l'appendice permettaient de fixer l'arme 
au moyen de clous dont un subsiste encore. Elle est 
en outre bordée sur ses deux faces, le long des grands 
côtés, de trois filets minces gravés en creux, d'une main 
sûre, qui offrent assurément l'un des premiers essais 
de la gravure sur métaux. On sait d'ailleurs que, dans 
l'âge de pierre, les hommes gravaient déjà sur des os. 
Quant à l'insertion, elle dut avoir lieu au moyen d'une 
lente pratiquée dans le bout de la hampe, et dans la- 
quelle entrait l'appendice. Le système de trous dont 
nous avons parlé l'indique suffisamment. M. Nouel a re- 
marqué d'ailleurs que l'oxydation de la lame avait dessiné 
sur les deux faces, près de la base, deux contours pa- 
rallèles qui marquent les extrémités du manche. 

Il résulte pour nous de ce système d'insertion que l'on 
ne connaissait pas encore à cette époque la manière de 
façonner une douille, car il n'est pas douteux que l'on 
n'eût préféré ce mode si simple et si universellement 
adopté depuis". On peut conclure enfin, il nous sein 
ble, du peu d'épaisseur de noire lame, que les armes 
défensives n'étaient pas encore connues, du moins des 
peuples gaulois de cette époque, car il n'est pas de 



1 En réalité, elfe n'a que 0,42 e , parce que la pointe manque. 

- Un de ces trous a disparu par suite de l'ébrécheiïienl de la 
lame en cet endroit. 

r> Dans le cimetière mérovingien d'Envermeu, M. l'abbé Cochet 
a trouvé quelques lances larges et plates comme la nôtre; mais 
elles étaient en fer, el toutes avaient une douille. ( Normandie 
souterraine, is.V'i. p. -l'.^l.) 

iv. 1-2 



s 



— 178 — 

cuirasse ni même de bouclier eu bois qui n'eût re- 
poussé sans peine le choc d'une pareille feuille de métal. 
Evidemment on eût songé à lui donner plus de force. 
Telle est aussi l'opinion de M. le commandant Innocenli 
du 2 e Carabiniers. 

Nous remercions vivement M. l'abbé Bourgeois de son 
présent, en regrettant de n'en pouvoir donner ici un 
dessin. 



OBSERVATION DE M HE VÏBRAYE. 



Aussitôt après cette lecture, M. le marquis de Vibraye, après 
avoir examiné avec attention L'arme en question, a demandé la 
parole. 

Son opinion est que cette lame de bronze n'est pas une lance, 
niais bien un poignard. Il a vu, dit-il, à Zurich, dans la collec- 
tion d'objets retirés des lacs de la Suisse, des poignards de bronze 
avec manche de même métal, dont la lame avait l'angle aussi ou- 
vert que celui-ci. La lame était emmanchée de la même manière 
avec des clous de bronze. Il a encore revu le même type à Paris, 
chez M. Pesnoyers, bibliothécaire du Muséum, qui possède une 
armure complète en bronze de cette époque. 

Le poignard trouvé à Vendôme avait vraisemblablement un 
manche de bois qui s'est détruit dans la terre. 

E. N. 

M. Bouchét n'insiste pas et fait observer seulement pour sa 
justification que n'ayant à sa disposition aucun ouvrage sur ces 
matières il n'a pu faire aucune recherche, aucun rapproche- 
ment ; 

Qu'il ne s'est chargé de cette notice qu'au refus et à la prière de 
M. l'abbé Bourgeois ; 

Qu'il était naturel de penser qu'une lame qui offrait Gcenti- 
timèlres et demi de largeur à la base devait appartenir plutôt à 
une lance qu'à un poignard ; 

Enfin et surtout que l'ouvrier qui l'a découverte a affirmé 
qu'elle était placée près de la tête du squelette, ce qui est la posi- 
tion ordinaire des fers de lance dans ces anciennes sépultures. 

Au reste tout ceci n'a qu'une importance secondaire. L'essen- 
tiel est que cette arme, quelle qu'elle soit, soit un monument de 
l'âge de bronze, dont elle constate ainsi l'existence dans notre 
pays. 



TABLE ALPHABÉTIQUE & ANALYTIQUE 

DES 

Matières de l'HISTCIRE DU VENDOMOIS de M. de Pétigny, 
Par M. de Froberyille. 

Compte rendu par Vi. Gh. Chautaru. 



Messieurs, 

Il existait une lacune dans l'Histoire Afcliéologique du 
Vendômois, par M. de Pétigny. Cette œuvre remarqua- 
ble à tant de titres, et qui charme le lecteur par l'agré- 
ment du style comme par la science historique, tut pu- 
bliée par livraisons, de 1845 à 1849. Le nombre des 
livraisons ne devait point dépasser vingt ; mais le savant 
et consciencieux auteur, entraîné par son sujet, ne se 
limita point au chiffre annoncé aux souscripteurs, et, 
sans augmentation de prix, conduisit notre histoire jus- 
qu'à l'époque « où, réduite, dit-il, à la condition de. 
« simple chef-lieu de bailliage, la ville de Vendôme vit 
« disparaître peu à peu les souvenirs de si m ancienne 
« splendeur. » 

L'ouvrage, divisé en trois livres, subdivisés eux-mêmes 
par époques, offre quelques difficultés pour les recher- 
ches. M. de Pétigny se proposait, je crois, d'en donner 
une seconde édition, lorsque la mort l'enleva dans un 
âge qui permettait d'espérer encore que sa tâche d'his- 
torien n'était point accomplie, et il eût probablement 
rempli celte lacune dont je parlais à l'instant, en faisant 
suivre le livre d'une table des matières. Celte table, com- 
plément indispensable de l'œuvre, vient d'être faite avec 
un soin filial, une grande exactitude et une remarquable 
intelligence du texte, par M. de Froberville, gendre de 
M. de Pétigny; elle ne confient pas moins de 137 pages 



— 181 — 

in-i". à deux colonnes: elle est en même temps analy- 
tique et alphabétique, de sorte que sous chaque nom. 
dont la recherche est devenue facile, se trouve une ana- 
lyse complète de tous les passages qui y ont rapport : 
c'est un abrégé de l'ouvrage dont la lecture même n'est 
pas sans intérêt; vous en pourrez juger par une seule 
citation. J'ouvre la table au mot : Chàpelle-Vendô- 

MOISE. 



« Dolmen de la Chapelle- Vendômoise; dimensions, orienta- 
tion; trois plateformes graduées; rigole aboutissant à un bassin 
percé d'une ouverture étroite. — Le plus beau dolmen qui existe 
en France. — Commune de l'arrondissement de Blois, taisant par- 
tie du pagus vendômois. — Nom donné par le comte Foulques 
à une ancienne chapelle. — Le dolmen de la Ghapelle-Vendô- 
moise reconnu comme borne des comtés de Vendôme et de Blois, 
par un traité entre Foulques l'Oison et Thibaut (vers Tan 1057). 
— Par un traité de délimitation conclu en 1339, entre Bou- 
chard VI et Guy de Châtillon, la limite du Vendômois est reportée 
du dolmen à l'hôtellerie du Breuil. o 



Voilà. .Messieurs, une note excellente qui, en nous feu- 
voyant aux pages 17, 1S. 19, 23, 200 et 318 de ['His- 
toire du Vendômois, résume ce qui y est dit du bourg 
et du dolmen de laChapelle-Vendômoise. Je vous ai cité 
l'une des plus courtes analyses; il en est qui, comme 
le mot Trinité de Vendôme, ne comprennent pas 
moins de quinze colonnes, dans lesquelles on retrouve 
l'histoire entière de notre célèbre abbaye. 

Je n'ai pas besoin de vous dire, Messieurs, de quelle 
utilité sera une table qui est moins encore une œuvre de 
patience qu'un savant travail, conçu et achevé par un 
digne continuateur de M. de Pétigny. L'auteur fait hom- 
mage à notre Société d'un exemplaire manuscrit de celte 
table, qui, par la netteté de récriture, l'heureuse dispo- 
sition des matières, montre les soins minutieux apportés 
à son exécution, et qui sans doute indique aussi chez 



— 182 — 

railleur la pensée que nulle part, autant que chez nous, 
serait accueilli avec reconnaissance un travail qui se re- 
commande doublement, et par lui-même, et par le sou- 
venir du nom aimé et illustre de M. de Pétigny. 



LA LEGENDE 

DE 

La Vierge noire de Villavard, 

Par M. l'abbé G' Bourgogne. 



Le voyageur qui va de Vendôme à Montoire, un peu 

avant cette dernière ville aperçoit sur sa gauche une pe- 
tite église au toit élancé, surmonté d'un clocher d'ar- 
doises assez élégant, entouré de quelques maisons; 
c'est l'église de Villavard. Je vais exposer simplement la 
légende que les habitants de ce pays racontent sur la 
statue ancienne de la Vierge noire que possède actuel- 
ment leur église. 

« Au bas du coteau de Villavard, à l'endroit où est 
bâtie l'église, on trouva autrefois, dans un massif de 
coudriers, une statue taillée grossièrement, d'un bois 
très-brun, et c'est cette même statue qui aujourd'hui 
est en vénération dans l'église de Villavard sous le nom 
de Vierge Noire. 

« Aussitôt on eut la pensée de bâtir une chapelle pour 
y vénérer la statue noire de la sainte Vierge ; et comme 
l'endroit où elle avait été trouvée était souvent rempli 
d'eau, on commença à construire sur un terrain plus 
élevé, à une distance d'environ cent mètres. Mais ce 
l'ut en vain qu'on travailla, chaque nuit voyait détruire 
l'ouvrage de la journée. 

« On comprit alors que la sainte Vierge voulait être 
honorée au lieu même qu'elle avait indiqué par sa sta- 
tue, et l'on construisit sur cet emplacement une église 
sous le titre de N. D. de Villavard. Dans cette église, 
la statue noire de la sainte Vierge fut toujours honorée 
avec une singulière dévotion. » 

Voilà la légende qur les habitants de Villavard ra- 
content depuis plusieurs siècles sur la statue de la Vierge 



— 18 5- — 

(|'i ils possèdent. Colle légende n'est pas indigne de fixer 
l'attention des archéologues. 

Selon cette légende, l'endroit où lui trouvée !;i statue 
était souvent rempli d'eau. Il suffit de considérer l'em- 
placement où s'élève actuellement l'église, dont une 
partie fut très-probablement la première chapelle con- 
struite pour recevoir la statue de la Vierge, il suffit de 
considérer cet emplacement pour être convaincu qu'au- 
trefois il a pu être souvent rempli d'eau. Presque de- 
vant l'église maintenant encore, après de grandes pluies, 
l'eau séjourne plusieurs jours, bien qu'on ait fait (\v> 
fosses d'écoulement. 

D'après la légeude, wnc chapelle ou église fut con- 
struite à Villa vard pour recevoir la statue trouvée dans 
un massif de coudriers, sans savoir par qui ni comment 
elle y avait été portée. La légende suppose que celle 
statue est la même que celle pour laquelle les habitants 
de Villavard et des paroisses voisines ont actuellement 
une très-grande vénération. L'archéologue, en cher- 
chant à quelle époque fut probablement sculptée la sta- 
tue de la Vierge noire et fui construite l'église qui la 
possède, trouvera peut-être la confirmation des faits 
attestés par la légende. 

En effet, la statue de Villavard, haute de 0,75 cen- 
timètres, représentant la sainte Vierge portant l'enfant 
Jésus sur son bras gauche, n'a plus extérieurement au- 
cun signe d'antiquité ; elle est richement vêtue et ornée 
de cœurs et de diadèmes. Affreusement mutilée en 17!);!. 
elle a été réparée il y a près de vingt ans; le visage 
et les mains de la sainte Vierge et de l'enfant Jésus lu- 
rent recouverts de plâtre et peints d'un noir très-bril- 
lant; mais quelques planchettes de bois recouvertes 
aussi de plâtre soutiennent le reste de la statue, et der- 
rière le cou apparaît le vieux bois dans lequel elle fut 
sculptée, qui est probablement du noyer. 

M. M..., un de mes prédécesseurs, a décrit la statue 
telle qu'elle était autrefois avant qu'on fût obligé de la 
réparer. Je transcris cette description, 



- 185 - 

« La tète de la Vierge étail très-longue et le bas de 
ta ligure, ovale: un simple cercle de boi s adhérent for- 
mait sa couronne, et l'enfanl Jésus étail au milieu de la 
poitrine. Cette statu? avait beaucoup de ressemblance 
avec celle de N. D. de Chartres, si ce n'est que celle- 
ci est assise, tandis que la statue de Villavard est de- 
bout. 9 

J'ai t'ait connaître cette description à un savant béné 
dictio, domPiolin, qui m'a fait cette réponse: « ...Pour 
la statue de la sainte Vierge, je pense qu'elle est du \l'' 
siècle. J'ai vu un assez grand nombre de statues de 
celte époque, elles portaient tontes les caractères que 
vous lui assignez. Si la tête du divin enfant se trouvait 
au milieu de" la poitrine de sa sainte mère, c'est proba- 
blement que dans l'origine celle-ci était assise. » 

L'abside et le sanctuaire de l'église actuelle de Villa- 
vard semblent, comme la statue de la Vierge, être du 
XI e siècle ; c'est le sentiment des différents archéolo- 
gues qui ont visité cette église ', 

L'abside et le sanctuaire seraient donc contempo- 
rains de la statue elle-même. Oui ne voit en cela une 
confirmation de cette partie de la légende qui rapporte 
que l'église fut construite pour recevoir la statue? 

Je termine ce petit travail par quelques détails sur le 
culte tout particulier rendu à la Vierge dans notre 
église. Depuis des siècles, elle est un lieu de pèleri- 
nage eu l'honneur de la sainte Vierge, et elle porte 
le titre de Notre-Dame de Villavard. Au XVII e siècle, une 
confrérie de la sainte Vierge était érigée dans cette 
église. On lit, en effet, dans le registre paroissial de 
1674, qu'en cette année, à la demande (h 1 messire 
Jean Leclerc, curé de la paroisse, messire Anthoine Mar- 
tin de la Fuyïe, piètre officiai du diocèse du Mans, 
régla les honneurs dus pour la fondation d'une messe à 
dire tous les vendredis et samedis de chaque semaine, 

1 Ici l'auteur en donne une description où il prouve que cer- 
taines portions en eflbl sont du KI« siècle, 



— 186 — 

el de prières à l'aire tous les dimanches pour les con- 
frères et sœurs de la confrérie Les habitants ont con- 
servé le souvenir de la cessation soudaine d'une grande 
sécheresse accordée, au XVIII e siècle, aux habitants 
d'une paroisse éloignée de 25 à 30 kilomètres, venus 
en grand nombre pour invoquer la sainte patrone en 
son modeste sanctuaire : et des vieillards affirmaient, 
il y a peu d'années, qu'il y avait autrefois une grande 
aflluence de pèlerins à la i'ète paroissiale (la Nativité), 
et aux fêtes de Notre-Dame des Avents et de mars 
(l'Immaculée Conception et l'Annonciation ). 

.le crois avoir suffisamment montré que la légende qui 
vient d'être racontée n'est pas un récit populaire indigne 
de fixer l'attention des archéologues. Cette légende, ajou- 
tée à d'autres qui lui ressemblent, sera un nouveau do- 
cument à consulter pour l'histoire des pèlerinages en 
l'honneur de la sainte Vierge. 



< 



N O T E 



NIK LE 



DILUVIUM DE VENDOME 

Par M. l'abbé Bouhgeois 



.Messieurs. 

Le 10 avril 1863, en vous parlant de silex taillés 
trouvés à Pont-Levoy, je vous disais qu'un joui\on en 
([('couvrirait aussi «huis notre gracieuse vallée du Loir, 
qui de tout temps a dû être pour l'homme un séjour de 
prédilection. 

Deux membres distingués de notre Société, toujours 
pleins de zèle quand il s'agit de concourir aux^rogrès de 
la science, MM. Nouel et Bouchet, se mirent de suite à 
l'œuvre, étudièrent le diluvium à cailloux roulés dans les 
fosses creusées près de la ville pour l'extraction du sable, 
et ne tardèrent pas à y remarquer des silex qui portaient 
des traces incontestables d'un travail humain. 

Depuis cette époque, des terrassements nécessités 
par la construction du chemin de fer nous ont permis 
d'observer une surface plus étendue, et nous avons re- 
cueilli des instruments de pierre si nombreux, si variés 
dans leurs formes, que Vendôme peut être cité aujour- 
d'hui comme une des localités les plus riches sous ce 
rapport. 

La voie ferrée, entre cette ville et Saint-Ouen, coupe 
une sorte de terrasse diluvienne, jusqu'à la profondeur 
moyenne de 4 m , sur une longueur d'environ 1200. Le 
terrain se compose des deux couches suivantes de haut 
en bas : 

1° Limon sableux, gris ou jaunâtre, présentant cer- 
taines analogies avec le loess. C'est un dépôt très-irrégu- 
lier qui disparait totalement en certains endroits et sur 



— 188 — 

d'autres points, au contraire, acquiert une puissance de 
3 m , aux dépens de la couche inférieure. Sa puissance 
moyenne est de m ,50. 

2° Cailloux routés avec petits lits de sable horizontaux, 
plus ou moins ondulés, colorés en jaune ou en noir par 
la limonite et l'oxyde de manganèse. Cette couche re- 
pose immédiatement sur la craie à spondylus trun- 
catus. 

Les éléments minéralogiques dont ce diluvium est for- 
mé sont tous empruntés à des roches traversées parle 
Loir et ses affluents 1 . On peut les énumérer ainsi dans 
l'ordre de leur importance : 

1° Galets siliceux demi-roulés, provenant des assises 
crétacées dénudées par la rivière, c'est-à-dire de l'ar- 
gile à silex, de la craie à spondylus spinosus, et de celle 
à spondylus truncatus. Ils constituent presque totalement 
la couche diluvienne inférieure. 

2° Petits grains de quartz arrondis et déjà roulés an- 
térieurement. Ces éléments granitiques peuvent provenir 
d'un remaniement des grès du Main \ qui affleurent sur 
plusieurs points du Perche, notamment à la butte de 
Cormont (Fontaine-Raoul), et de sables tertiaires supé- 
rieurs au calcaire de Beauce, dont nous avons constaté 
la présence à Moisy. près Morée. 



1 Nous devons mentionner une exception, sinon pour Ven- 
dôme, du moins pour la vallée du Loir. Nous avons rencontré 
sur le remblai du chemin de fer, près du château de Rougemont, 
entre la station de Gloyes et celle de Saint-Hilaire, un schiste ar- 
gileux roulé, assez épais, présentant deux sillons, l'un en dessus, 
l'autre en dessous, qui se dirigent dans le sens du grand axe et se 
rejoignent sur la tranche. Ces sillons, larges et profonds, parais- 
sent avoir été creusés par un silex, dans le but de diviser l'objet 
en deux parties. Il existe dans les cavernes du Périgord des no- 
lissoirs d'un très-petit volume en matière schisteuse. On voulait 
peut-être fabriquer des instruments de ce genre. Les portions de 
sable fin dont les cavités et les fissures sont remplies prouvent que 
ce schiste appartient à la couche diluvienne supérieure exploitée 
te long de la voie pour furmer le remblai. Quant à la roche dont 
il ;i été détaché, elle est étrangère au bassin du Loir. 



— 181) — 

3° Grès et poudingues de la période éocène \ Ils sont 
rares, mais atteignent un volume considérable, car il en 
est qui mesurent plus d'un mètre dans leur grand dia- 
mètre. Ces masses plus ou moins arrondies et fortement 
érodées ne peuvent avoir été charriées que par un cou- 
rant d'une grande violence. 

¥ Fragments de craie roulés. Ils ne sont abondants 
qu'au pont des Coulis. 

C'est dans la couche à cailloux roulés que se trouvent 
les silex travaillés. 

Nous devons signaler avant tout les instruments dési- 
gnés ordinairement sons le nom impropre de haches, et 
remarqués pour la première fois par M. Boucher de Fer- 
tiles dans le diluvium de la Somme. Sur dix exemplaires 
que nous avons pu nous procurer, neuf appartiennent au 
type en fer de lance. Le dixième, qui est d'un beau tra- 
vail et parfaitement conservé, se rapproche du type sub- 
triangulaire de Pont-Levoy dont nous avons déjà fait la 
description. La rareté de ces haches peut s'expliquer par 
cette considération qu'elles proviennent presque toutes 
des assises voisines de la craie, qui n'affleurent qu'au 
fond des fossés pratiqués de chaque côté de la voie. 

Les instruments tels que couteaux, grattoirs, scies, 
tètes de lance, têtes de flèche, et beaucoup d'autres que 
nous ne pouvons pas nommer, parce que nous n'en con- 
naissons pas la destination, sont en nombre incalculable. 
Ce n'est pas sans une vive satisfaction que nous avons 
rencontré là, in situ, dans des dépôts quaternaires bien 
caractérisés, presque tous les types recueillis par nous 
sur le sol dans les environs de Pont-Levoy. 

1 On peut constater l'âge de ces roches qui soûl de même for- 
mation à la Chaume, prèsde Villedieu (Loir-et-Cher), où les grès 
sont recouverts par le travertin inférieur à lymnea longiscata. 
Comme elles se rencontrent fréquemment à l'état de blocs au-des- 
sus de notre sol crétacé, elles ont été util sées pendant l'âge de 
la pierre polie par les peuples qui nous ont laissé les monuments 
mégalithiques. Je puis citer, comme exemple de grès, le beau 
polissoir de Droué, et, comme exemple de poudingues, la pierre 
levée du Temple, prèsde la ville. 



— 190 — 

La plupart de ces objets sont roulés, el parfois même 
il faut un œil exercé pour les reconnaître : mais il en est 
qui, sans doute enfouis sur place., ont conservé leur 
fraîcheur primitive. 

Cette question de l'âge de pierre qui préoccupe au- 
jourd'hui le monde scientifique étant encore enveloppée 
de nuages, nous devons être sobres de théories. Quant 
aux faits, il importe de les étudier minutieusement ; c'est 
pourquoi nous voulons consigner ici quelques observa- 
tions qui nous paraissent dignes de remarque. 

La matière des objets travaillés est quelquefois le silex 
pris dans sa position originelle, mais le plus souvent 
c'est un silex à l'état de galet complètement identique à 
celui qui compose en majeure partie l'alluvion caillou- 
teuse de la vallée. Il y a même certains instruments qui 
après avoir été roulés par les eaux ont été de nouveau 
taillés, puis ensuite enfouis une seconde fois là où ils 
sont aujourd'hui. Ce fait est rendu manifeste par des re- 
touches fraîches qui existent sur d'anciennes facettes 
plus ou moins érodées. 

Nous devons noter aussi que, malgré des recherches 
persévérantes, nous n'avons pu découvrir un seul silex 
qui fût décoloré et fendillé par le feu, comme il en existe 
assez communément sur le sol à Pont-Levoy. 

Mais ce qu'il y a de plus digne d'attention peut-être 
dans le diluvium de Vendôme, c'est l'existence d'une 
incroyable quantité de très-petits instruments qui sem- 
blent n'être qu'une imitation, pour ainsi dire microsco- 
pique, des instruments d'un volume ordinaire. C'est là 
que nous les avons observés pour la première fois, lis 
nous présentaient bien tous les caractères d'authenticité, 
savoir: la convexité qui résulte de la cassure conchoïdale. 
les retouches nombreuses, les entailles symétriques et 
la fréquente répétition de formes trop compliquées pour 
qu'on puisse les attribuer au hasard. Cependant le nom- 
bre nous effrayait. Pour éclairer la question, nous avons 
observé les cailloux roulés du lit actuel de la Loire : nous 
avons soigneusement examiné, sur la commune de Pont- 
Levoy, un dépûl tertiaire exploité pour l'extraction i\u 



— 101 — 

sable comme les dépôts quaternaires de Vendôme. Or y 

malgré l'identité des conditions au point de vue du trans- 
port par un courant et des chocs fortuits qui pouvaient 
en résulter, nous n'avons rien rencontré de semblable à 
ce que nous signalons ici. Le doute ne peut donc plus 
subsister. 

Mais comment expliquer la multiplicité de ces instru- 
ments de toute dimension? Nous avouerons volontiers 
que cette question nous embarrasse : toutefois, nous sou- 
mettons à votre appréciation les idées suivantes : 

1° Une matière première inépuisable était sous la main 
de nos grossiers industriels, et sans doute ils ne la ména- 
geaient pas ; 

2° Le silex est une substance réfractaire qui ne se 
prête que difficilement à la production d'une forme in- 
tentionnelle, et par conséquent pour obtenir un instru- 
ment il fallait en ébaucher un grand nombre; 

3° Le silex est inaltérable et il peut braver l'influence 
des agents atmosphériques . 

4° La position des instruments de pierre au sein de 
couches plus ou moins profondes et, en tout cas, leur 
inutilité depuis l'invention ou l'importation des métaux, 
les ont protégés contre l'action destructive de l'homme. 

5° Nous sommes probablement dans le faux quand 
nous considérons tous les silex ouvrés comme des ou- 
tils pour l'industrie ou des armes pour la guerre. Il y a 
longtemps déjà que M. Boucher de Perthes a remarqué 
des silex votifs accumulés en nombre prodigieux dans 
les anciennes sépultures. Nous avons vu récemment à 
Paris chez M. Leguay, bien connu par ses intéressants 
travaux d'archéologie, une immense quantité de très- 
petits silex travaillés, recueillis par lui dans quelques 
tombeaux qui appartiennent à l'époque de la pierre po- 
lie. Ces objets sont aussi petits que les miniatures dont 
nous vous signalons l'existence dans notre diluvium, et 
généralement leurs formes sont moins soignées. Cette 
coutume de consacrer aux mânes des morts un si grand 
nombre de silex plus ou moins travaillés pouvait exister 
déjà pendant la première époque de l'âge de pierre, et. 



— 192 — 

en nous expliquant le nombre des instruments en géné- 
ral, elle nous donne en particulier la raison de ceux qui 
sont trop petits pour avoir été utilisés dans une indus- 
trie quelconque. 

Le savant que nous venons de citer en dernier lieu 
s'est assuré aussi que, pendant l'âge de la pierre polie, 
des silex travaillés étaient jetés sur les bûchers là où 
existait l'usage d'incinérer. C'est peut-être à la même 
époque et à la même cause qu'il faut attribuer les silex 
de Pont-Levoy modifiés par l'action du feu. La non-exis- 
tence de ce phénomène au sein de nos couches dilu- 
viennes tient peut-être à ce que, dans ces temps les 
plus reculés, on ne brûlait pas encore les morts. Du reste, 
il est naturel de supposer que l'inhumation a précédé, 
l'incinération. 

Nous pourrions poursuivre ces détails, mais étant 
dans l'intention de compléter prochainement notre Note 
en faisant figurer dans le Bulletin, si la Société le per- 
met, les principaux types de notre diluvimn 1 , nous ter- 
minerons en disant la raison de l'importance que le 
monde savant semble attacher aujourd'hui à ces gros- 
siers vestiges de l'industrie primitive en Europe, Ce 
n'est pas une simple affaire de curiosité, bien légitime 
pourtant quand il s'agit de connaître l'existence mysté- 
rieuse des peuples qui ont habité le pays que, nous ha- 
bitons et sur lesquels l'histoire est complètement muette. 
Il y a là en outre un grave problème de philosophie qui 
agite et passionne les esprits. Vous n'ignorez pas, si vous 
suivez la marche des idées en France, en Allemagne et 
en Angleterre, que le matérialisme contemporain a mis 
à l'ordre du joui' trois questions qui sont unies logique- 
ment comme les anneaux d'une même chaîne, savoir: 
la génération spontanée, la mutabilité indéfinie de l'es- 
pèce et l'origine simienne de l'homme. Une première 
monade s'est organisée d'elle-même, an sein i\rf> eaux. 



1 Los formes signalées jusqu'à ce jour dans le diluvimn à cail- 
loux ro'.ilés sont peu nombreuses, et par conséquent une mono- 
graphie de uns types vendômois serait très-intéressante. 



— [93 — 

sous la triple influence de la lumière, de la chaleur cl de 
l'électricité. Elle s'est perfectionnée graduellement en 
montant les degrés de l'échelle animale; elle est deve- 
nue le singe puis une forme intermédiaire plus voisine 
de l'orang-outang que le sauvage, un être sans nom 
précis, auquel nous devons les premiers silex taillés, 
et enfin l'homme, qui, marchant de progrès en progrès, 
en est venu à courber les lois de la nature sous le joug 
de sa volonté. En face de ce système, dont les consé- 
quences antisociales sont manifestes, se dresse le spi- 
ritualisme chrétien, qui affirme positivement l'interven- 
tion directe de Dieu dans la création de l'homme comme 
espèce fixe et distincte, qui considère le sauvage comme 
un Adam dégénéré et non comme un singe perfectionné, 
qui reconnaît dans les plus informes débris de l'art et 
de l'industrie quaternaire les traces non équivoques 
d'une raison dont le quadrumane anthropomorphe est 
fatalement dépourvu. Entre ces deux solutions si nette- 
ment formulées, il n'existe pas de milieu. Il n'est donc 
plus permis aujourd'hui de jeter un voile sur le berceau 
de l'humanité, de nous dire avec le chef de l'éclec- 
tisme que l'homme est né d'une sublime expansion de la 
nature; et c'est là un bien, car la vérité n'aime pas les 
nuages. 

Nous pensons qu'il suffit d'exposer ainsi l'état actuel 
de ces débats scientifiques pour en faire apprécier la 
gravité et nous laver du reproche de jouer aux cail- 
loux. 



iv. 13 



RENSEIGNEMENTS 

SUR LA 

STATISTIQUE RELIGIEUSE (avM789) DES PAROISSES 

de l'arrondissement actuel de Vendôme, 

Par M. Pi'pré, bibliothécaire à Blois. 

(Suite.) 



MONTOIRE. 

Mons aureus, (Saint Laurent et Saint Oustrille.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur: l'abbé de Saint-Calais. 

Cette abbaye avait à Monloire un prieuré de S'-Gilles, 
fondé au X e siècle par les seigneurs du pays ', possédé 
en commende, au XVI e siècle, par le poëte Ronsard 2 . Le 
prieur de S l -Gilles jouissait, dans la même ville, de 
quelques droits seigneuriaux et du titre de curé-pri- 
mitif. 

Avant la Révolution, Montoire comptait deux parois- 
ses : S'-Laurent et S'-Oustrillo 3 ; cette dernière a été 
supprimée. 

Une chapelle de Notre-Dame de Pitié attirait, de 
temps immémorial, la dévotion publique à Montoire 4 . 

A. D. (Liasse de la paroisse S l -Laurent); Permis- 
sion accordée par l'évêque du Mans de célébrer solen- 
nellement la fête de Notre-Dame de Pitié dans la cha- 
pelle de ce nom, le vendredi avant le dimanche de la 
Passion, 1040. — Accord et règlement pour les sépul- 

1 De Pétigny, pp. 104 et 134. 

2 De Passac, p. 244. 

3 Ce saint patron, appelé aussi Austregisile (du nom latin 
Austrcgisilus), était un évoque de Bourges, mort en 624; sa fête 
est marquée au 20 mai. 

4 Notre-Dame de France, t. I, p. 174. 



- 195 — 

lures qui se feront dans ladite chapelle, 1621. — En- 
quête et autres procédures au sujet de la même cha- 
pelle, XVII e siècle. — Ordonnance de l'évêque du Mans, 
qui institue, dans l'église paroissiale de S'-Laurent, une 
confrérie du Saint-Sacrement, et qui en approuve les 
statuts (3 juillet 1658). — Autres pièces et actes épi- 
scopaux, relatifs à la même dévotion, XVII e et XVIII e 
siècles. — Requête des habitants au comte de Ven- 
dôme, François de Bourbon, pour obtenir la réédifica- 
tion, dans l'intérieur de la ville, de leur église S L Lau- 
rent, qui se trouvait alors dans les champs, disaient-ils. 

— Ordonnance conforme de François de Bourbon, por- 
tant la signature autographe de ce prince (1492). — 
Titres de l'établissement d'une confrérie du Rosaire 
dans l'église de Notre-Dame de Pitié, en 1618. — Titre 
de l'institution de la confrérie de S l -Jacques en la même 
église, avec les statuts approuvés, 1520. — Actes d'ac- 
quisition de plusieurs terrains pour la construction et 
l'agrandissement de la même église, et en particulier 
pour l'établissement d'une chapelle annexe du Rosaire, 
XVII e siècle. — Testaments et titres de rentes au profit 
de la fabrique paroissiale de S e -Laurent, XVII e et XVIII e 
siècles. — Testaments, titres de propriétés foncières et 
de rentes pour la cure, XVI e , XVII e et XVIII e siècles. 

— Compte de la fabrique, de 1785 à 1788. 

( Liasse de la paroisse S t -Oustrille ) : — Testaments, 
titres de propriétés et de rentes pour la fabrique et pour 
la cure, XVII e et XVIII e siècles. — Pièces sur une an- 
cienne fondation religieuse dont il avait fallu, en 1732, 
réduire les charges, à cause de l'insuffisance du revenu. 

Couvent d'ermites de l'ordre de Saint-Augustin, établi 
en 1427 par les libéralités de Louis de Bourbon, comte 
de Vendôme *-. 

A. D. Testament de Louis Ronsard, chevalier, sei- 
gneur de La Poissonnière et gouverneur du Vendômois, 
en date du 13 mai 1578, qui lègue auxdits Augustins 

1 De Pétigny, p. 320. — Gamin. Statistique du départemenl 
de la Sarthe, p. 180. 



— 196 — 

une rente de deux septiers de seigle, assignée sur sa 
terre de La Poissonnière en Vendômois. ( Ce Louis Ron- 
sard était parent du poète, son frère peut-être. ) — 
Acte du 1 er octobre 1594, par lequel Jacqueline du 
Bellay, veuve de Louis Dampierre de La Chenelière, lè- 
gue au même couvent une rente de méteil. — Titres 
divers de rentes et baux de biens-fonds, au profit de 
cette maison religieuse. — Donation par César, duc de 
Vendôme, auxdits Augustins, des bâtiments et de la 
chapelle de l'Hermitage, situés à Montoire, à la charge 
de quelques services religieux, 14 octobre 1059. (Une 
liasse. ) 

Le manoir de la Voûte, bâti auprès de Montoire, ap- 
partenait aux Augustins; il renfermait une chapelle de 
Notre-Dame de Lorrette, où se disaient, à certains jours, 
des messes de fondation. 

Hôtel-Dieu, constitué en 1096 et 1699 par l'union 
de plusieurs anciennes maladreries, notamment de celles 
de La Madeleine et de S^Léonard de Montoire, de celles 
de Trôo, des Roches-l'Evêque et de Lavardin '.. Il était 
administré par une commission, composée des éche- 
vins de la ville et des officiers de la justice du lieu. 

A. D. Plusieurs titres de fondations religieuses faites 
dans la chapelle de cet hôtel-Dieu. — Fondation spé- 
ciale et à perpétuité, faite au nom des habitants et dans 
l'église paroissiale de S^Laurent, de messes qui devaient 
s'y dire pour M. et M me de Querhoent, seigneurs de 
Montoire et bienfaiteurs des pauvres du pays. (Une 
liasse.) 

La congrégation, connue encore sous le nom de 
Sœurs de la Charité de Montoire, fut instituée au XVII e 
siècle, par M. Moreau, curé de la ville, mort en odeur 
de sainteté 2 . En 1790, elle desservait quarante-cinq 

1 Cauvin, Statistique des établissements de charité et d'in- 
struction publique dans l'ancien diocèse du Mans, p. 58. — An- 
nuaire de Loir-et-Cher pour 1806, p. 55. 

2 Voir sa vie imprimée. 



— 197 — 

établissements ; depuis, elle a été transférée à Bourges, 
son chef-lieu actuel ' . 

MONTROUVEAU. 

( Saint Biaise. ) 

Diocèse du Mans, archidiaconé île Ghâteau-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de Tiron. 

MORÉE. 

Morœcia ou Moresium. ( Notre Dame. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Eglise portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 
Elle s'appelait primitivement Notre-Dame des Hautes- 
Forêts, à cause du voisinage de la forêt longue (sylva 
longa ). L'abbaye de Marmoutier possédait en ce lieu 
le prieuré de Francheville de Franco Villa, fondé à la 
fin du XI e siècle 2 . 

A. D. Testaments, titres de rentes et baux pour la 
cure et pour l'église, XVII e et XVIII e siècles. — Compte 
de fabrique en 1757, avec des pièces de procédures 
qui s'y rapportent. ( Une liasse. ) 

Hôpital, fondé en 1614 par M. Amelot de Chaillou, 
maître des requêtes. Sa sœur, madame Béon de Luxem- 
bourg, ajouta à cette fondation une donation d'héri- 
tages, spécialement destinée à l'entretien d'une sœur re- 
ligieuse qui tiendrait les petites écoles delà paroisse. La 
maladrerie de Saint-Marc de Fréteval fut réunie plus 
tard à l'hospice de Morée \ 



1 Cauvin, Statistique du département de la Sarthe, p. 18G. — 
Le même, Recherches sur les établissements de charité, etc., 
p. 95, où se lit un abrégé des statuts de cette congrégation mé- 
ritante. 

- De Pétigny, p. 46, note. 

r> L'abbé Bordas, pp. 92 cl 156. — De Passac, p. 65. — an- 
nuaire de Loir-et-Cher pour 1806. p. ">ï. 



— 198 — 

La chapelle de Saint-Cyr, située aux enviions du bourg, 
dépendait de L'abbaye de Marmoutier, comme le prieuré 
de Francheville. 

NAVEIL. 

Navolium (Saint Gervais. ). 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 
Eglise portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 
L'abbaye de Marmoutier possédait un très - ancien 
prieuré, au village de S'-Marc, dépendant de Naveil. 

A. D. Titres de propriété du presbytère acquis en 
1589 (XVI e et XVII e siècles ). — Baux des biens de la 
cure, et titres de rentes qui lui appartenaient, XVII e et 
XVIII e siècles. — Titres et procédures concernant les 
dîmes et novales de la paroisse. (Une liasse.) 

NOURAY. 

Noreium. (La Sainte Vierge. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Cette église fut donnée, en 1122, à ladite abbaye 
par Geoffroy de Lèves, évîque de Chartres, aupara- 
vant archidiacre de Vendôme ' . Elle est inscrite au 
pouillé chartrain du XIII e siècle. 

01GNY. 

Oigniacum. (La Sainte Vierge.) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur : l'abbé de S L Calais. 

A. D. Titres d'une rente foncière, XVII e siècle. 

PÉRIGNY. 

Perigniacum. (Saint Lubin. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de S'-Laumer. 

1 Gallia christiana, l. 8, col. 1135, et Mabillon, Annal. Bénèd., 
t. 6, lib. 74. 



— 199 — 

Cette abbaye possédait, à Périgny, un prieuré fondé 
au XI e siècle '. L'église paroissiale est portée sur les 
bulles obtenues par l'abbaye au XII e siècle et sur le 
pouillé chartrain du XIII e . 

A. I). Registre contenant l'aveu et le dénombrement 
des biens dudit prieuré, qui relevaient du comté de 
Vendôme en 1466. 

Une petite liasse de titres, savoir : quelques testa- 
ments pour la cure et la fabrique, au XVII e siècle, 
entre autres un testament, de 1035, qui fonde un vi- 
cariat à Périgny. — Devis, procès-verbal d'adjudication, 
et autres pièces concernant les travaux de restauration 
faits à l'église en 1780, moyennant une somme de 
4,575 fr. 

PEZOU. 

Pizoturn ou Pezotum. ( Saint Pierre. ) 

Diocèse de Blois, arehidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de la Trinité. 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XII l'- 



Ancien prieuré de S tc -Catherine, donné en 1079 à 
l'abbaye de la Trinité 2 . 

A. D. Registre-minute des testaments faits par les 
paroissiens de Pezou et rédigés par le curé, de 1553 a 
1575. — Autre registre contenant un état des biens de 
l'église en 1009. 

En 1617, Françoise Guerry, veuve de M. Marescot, 
seigneur du pays, donna à la fabrique un capital de 
7,200 livres pour la fondation et l'entretien d'un vi- 
caire, qui serait en même temps chapelain du château 
de Chicheray, situé dans la paroisse. 

1 Histoire manuscrite (;\ la Bibliothèque de Blois). 

- L'abbé Simon, l. 3, p. 281! et suiv. — De Passac. p. 07. — 
De Pétigny, ]>. L 2\2. 



200 



LE PLESSIS-DORIN. 

Plessiacum Borini. ( Saint Jean-Baptiste. ) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur : l'abbé de S'-Calais. 

A. D. Titres de biens-fonds et de rentes appartenant 
à l'église et à la cure, XVI e , XVII e et XVIII e siècles. - 
Testaments au profit de l'église, XVI e et XVII e siècles; 
entre autres, celui de M. de Neveu, seigneur du Plessis- 
Dorin, en 1738. 

LE POISLAY. 

Poleium. ( Saint Peregrin. ) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur : le chapitre de la cathédrale. 

A. D. Donations, testaments, titres de biens-fonds et 
de rentes, échanges, baux, procédures et sentences pour 
la fabrique, XVI e , XVII e et XVIII e siècles. - - Entre autres 
sentences, une de 1706 concernant une rente due à la 
cure. 

PRAY. 

( Saint Pierre. ) 

Diocèse de Dlois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Ancien prieuré, membre dépendant de cette abbaye. 

A. D. ( Une liasse. ) Testaments et baux de terres, 
au profit de l'église et de la cure, XVII e et XVIII e siè- 
cles. — Deux transactions entre les religieux de Mar- 
moutier, seigneurs de la paroisse, et le curé de Pray. 
au sujet des dîmes, de la portion congrue, et des droits 
féodaux, 1655 et 1688. Acquisition d'un terrain pour 
établir un nouveau cimetière. 178 k 

PRUNAY. 

Prunetum. ( Sainl Jean-Baptiste. ) 
Diocèse de Blois, archidiaconé do Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Pontlevoy. 



— 201 — 

Ancien prieuré de celle abbaye, existant dès le XI e 
siècle, et fondé en même temps que la maison-mère 1 . 
L'église de Prunay est portée sur la bulle du pape Clé- 
ment II, en 10 57, qui énumère et confirme les premières 
possessions de l'abbaye vendômoise -. La même paroisse 
se trouve mentionnée dans un titre de 1263 3 . 

A. I). ( Une liasse. ) Devis, adjudication de travaux, 
et autres pièces concernant les réparations faites à l'é- 
glise en 17S7. 

RENAY. 

Haut. ( Saint Gilles. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de la Trinité. 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

RHODON. 

Rliodo. ( Saint Cloud. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

A. D. Testament d'un curé de Rhodon, en 1726, qui 
lègue quelques terres à la boîte de la charité pour secou- 
rir les pauvres de sa paroisse. — Déclarations à terrier, 
fournies au censif de l'église de Rhodon par les tribu- 
taires dudit censif. (Cahier sur parchemin. ) 

ROCK. 

Roceium. (Saint Pierre.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'archidiacre. 

A. D. Titres de rentes, titres de propriété et baux de 
biens-fonds, pour la cure. — Pièces concernant la cure. 

1 L'abbé Simon, t. 3, p. 248. — De Passae, p. 88. 

- De Launoy, Dissertation sur les anciennes chartes des privi- 
lèges de ladite abbaye(t. 3, p. 347 de ses œuvres complètes). 

3 Analyse déjà citée des documents conservés aux Archives 'lu 
Mans, No605. 



JQ4 

— Pièces sur les réparations faites au presbytère en 
1780. — Accord du curé avec les habitants pour réu- 
nir au jardin du presbytère un ancien passage public, 
en 1645. (Une liasse. ) 

LES ROCHES -L'ÉVÊQUE 

EN VENDÔMOIS. 
Rochœ. ( Saint Almir. ) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

Présentateur : l'abbé d'Evron. 

Le nom de cette paroisse lui vint de ce que L'évo- 
que de Chartres en était seigneur, par une ancienne 
concession 1 . 

A. D. Baux des biens-fonds de la cure. 

Maladrerie de peu d'importance, fermée vers 1600, 
par suite des désordres qui s'y étaient introduits, et de 
l'insuffisance de ses revenus. ( Procès-verbal du 2 avril 
1098, où se lisent des détails curieux sur les circon- 
stances qui avaient amené la ruine de cette maison de 
charité.) Ses biens furent, en 1000, unis à l'Hôtel- 
Dieu de Montoire, érigé vers cette même époque 2 . 

Dans la paroisse des Roches se trouvait l'abbaye de 
la Virginité de Notre-Dame, fondée en 1230 par Jean de 
Montoire, comte de Vendôme 3 , d'autres disent en 1247, 
par Pierre de Montoire, son fils et son successeur 4 . Ce 
couvent de Bernardines, religieuses de l'ordre de Ci- 
teaux, a eu pour abbesses plusieurs nobles dames de 
l'illustre maison de Vendôme. L'église abbatiale avait été 
consacrée, en septembre 1283, par un archevêque de 
Tours s . 

1 De Pétigny, p. 316. 

* Cauvin, Statistique des établissements de charité et d'instruc- 
tion de l'ancien diocèse du Mans, p. 58. 

3 De Pétigny, p. 213. — De Passac, p. 540. — G allia chris- 
tiana, 1. 14, p. 540. 

* Cauvin, Statistique du département de la Saillie, p. 101. 

3 Gallia christiana, I. 14, cul. 500 du texte cl 92 des Instru- 
menta. 



— 203 — 

A. D. Donation d'une rente en froment au profit des- 
clites religieuses. (Pièce égarée dans la liasse des titres 
de la paroisse de S te -Gemme ci-après mentionnée. ) 

Deux, chapelles existaient, en outre, dans cette pa- 
roisse, celle de S^-Gervais, auprès du bourg 1 , et celle de 
Si-Nicolas, au village du même nom. Le titulaire de ce 
second bénéfice était tenu de faire l'école aux enfants 
de la paroisse. La chapelle de SMNicolas, qui dépendait 
de l'abbaye de S^Georges-du-Bois ci-après relatée, fut 
unie à la cure des Roches-l'Evêque, en 1701 2 . 

Le bourg des Roches a vu naître Geoffroy Freslon, 
40 e évèque du Mans, prélat vertueux, ennemi des abus, 
et plein de zèle pour la discipline ecclésiastique, qu'il 
s'attacha particulièrement à faire revivre dans son dio- 
cèse. Il mourut en 1274 3 . 

RCMILLY. 

Romiliacum, ( La Sainte Vierge.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Saint- Avit-lès-Châteaudun. 

A. D. ( Une liasse. ) Actes de procédure; sentence 
de l'officiante de Chartres, 1572, et arrêt du parlement, 
1558, au sujet d'une dîme. — Transaction sur une 
autre dîme, 1646. — Déclaration des biens-fonds et 
rentes de la cure, 4712. — Déclarations des biens de 
la fabrique, fournies en 1007 et 1705. — Donations et 
testaments, titres de rentes, pour la cure et la fabrique, 
XVI e , XVII e et XVIII e siècles. — Procédures faites dans 
l'intérêt de l'église paroissiale, XVII e et XVIII e siècles. 

LE ROUILL1S. 

(La Madeleine.) 

Diocèse de lllois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité. 

* DePétigny, p, 39. 

2 Cauvin, Statistique des établissements etc., p. 189, 

r ' L'abbé Simon, t. :*, |>. 359 H suiv. 



— 204 — 

Église portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

A. D. Titres des biens-fonds de la cure, et notamment 
du presbytère. — Ancien plan de la maison presbyté- 
rale. — Testaments et titres de rentes au profit de la 
fabrique, XVI e , XVII e et XVIII e siècles. — Titres de pro- 
priété et baux des biens-fonds de l'église, mêmes siè- 
cles. — Comptes delà fabrique, de 1061 à 1757. (Une 
) 



RUAlX. 

Rothomagum. ( Saint Valerian.) 

Diocèse de Blois, arcliidiaconé de Dunois. 

Présentateur: l'abbé de La Madeleine de Ghâteaudun. 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

La possession de cette église fut confirmée, en 1131, 
aux chanoines réguliers de l'abbaye de La Madeleine '. 

Prieuré simple, au village des Fouteaux, dépendant 
de l'abbaye des Bénédictins de Tyron 2 . 

SARGÉ. 

Cergeium. ( Saint Gyr et Saint Martin. ) 

Diocèse du Mans, arcliidiaconé de Château-du-Loir. 

Deux paroisses : S L Cyr et S l -Martin. La première 
subsiste seule aujourd'hui. (L'église de S l -Martin a ce- 
pendant été conservée, mais comme simple chapelle. ) 

Présentateurs : à la cure de S'-Cyr, l'abbé de S l - 
Denis-lès-Paris ; et à celle de S^Martin, le chapitre de 
S l -Pierre de S l -Calais. 

La fondation de la primitive église et du bourg de 
Sargé est généralement attribuée à saint Julien, pre- 
mier évoque du Mans, ou à saint Thuribe, son succes- 
seur immédiat 3 . — L'église de S l -Cyr, avec ses dépen- 
dances, fut donnée, en 1183, par un seigneur de Mon- 
doubleau et par unévêque du Mans, à l'abbaye bénédic- 

1 L'abbé Bordas, p. I7(i. 

2 Ibidem. 

"' t)t> Pétigny, p. (50. 



— 205 — 

dictine de.S^Denis-lès-Paris 1 . Cette abbaye en fit bien- 
tôt un prieuré 2 . 

Une paroisse de Sargé ( soit S'-Cyr, soit S^Martin ) 
est mentionnée dans plusieurs chartes du XIII e siècle, 
une entre autres de 4230 3 . 

A. I). (Une liasse. ) 
-Paroisse de S'-Cyr : Titre de dîme, 1714. — Piè- 
ces concernant le legs de fondation fait par M. Lebout, 
pour rétablissement de deux sœurs et d'un maître 
d'école dans ladite paroisse. — Comptes de la fabrique, 
de 1780 à 1788. 

— Paroisse de S 1 -Martin : Titres de rentes et de 
biens-fonds appartenant à l'église ou à la cure, XVII e et 
XVIII e siècles. — Titres de la maison presbytérale, 
XVIII e siècle. 

Dans l'église de S'-Cyr, confrérie du Saint-Sacrement, 
à laquelle le pape Innocent II avait accordé des indul- 
gences 4 . 

Prieuré simple dépendant de l'abbaye de S'-Calais. 

Il y eut anciennement à Sargé un établissement de 
Templiers. 

SASNIËRES. 

Sasneriœ. ( Saint Martin, abbé de Vertou. ) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité de Vendôme. 
Paroisse mentionnée dans un titre de 1288 5 . 



1 Histoire de cette abbaye par DomFélibien, pp. 205 et 206. — 
L'abbé Bordas, Histoire du Danois, \>. 163. — Rapport de M. de 
Martonne sur les archives départementales, année 1861, p. xxxj 
(ce passade du rapport signale un recueil de pièces intéressantes 
sur l'église de Saint -Cyr, conservées au presbytère actuel de 
Sargé). 

2 De Pétigny, p. 276. 

3 Ed. Bilard, Analyse de documents des Archives départemen- 
tales de la Sarthe, No 438. 

4 Rapport déjà cité de M. de Martonne. 

? Analyse des Archives de la Sarthe, N°625. 



— 200 — 

À. D. Titres de biens-fonds et de rentes appartenant 
à l'église on à la cure. — Testaments concernant des 
dispositions pieuses en faveur de l'une et de l'autre, 
XVII e et XVIII e siècles. — Déclaration des biens de la 
cure sujets aux droits de cens à terrier, 1686. — Titre 
de 1620 pour la boite des trépassés. (Une liasse.) 

Prieuré de la Ilubaudière, fondé à la fin du XIII e 
siècle pour Tordre de Grammont par Bouchard IV, 
comte de Vendôme, et Hugues II, sieur de Chaumont- 
sur-Loire 1 . Les archives départementales de la Sarthe 
conservent les chartes des concessions des biens, droits 
et privilèges accordés à ce prieuré au XIII e siècle \ 



SAVIGNY. 

Saviniacum.' ( Saint Pierre. ) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

Présentateur : l'abbé de la Trinité de Vendôme. 

On croit que cette église a été fondée, au IV e siècle, 
par saint Julien, premier évêque du Mans, ou par son 
successeur saint Tliuribe 3 . En 1090, Geoffroy de Preuilly, 
comte de Vendôme, la donnait, avec ses dépendances, 
aux Bénédictins de la Trinité, qui formèrent en ce lieu 
un prieuré dit de St-Sauveur*. Il y avait une confrérie 
de S te -Barbc et une du Rosaire, en 1685. 

A. D. Deux liasses de litres de propriété et de baux 
pour ce prieuré. Une liasse spéciale pour la paroisse, 
savoir : — Titres de propriété et baux des biens, droits 
et dîmes de la cure, XVI e , XVII e et XVIII e siècles. — 
Titres particuliers de la maison du presbytère, 1680 et 
1725. — Titres de rentes dues à la cure ou à l'église; 
testaments et autres actes en faveur des mêmes, XVI e , 



1 Cauvin, Statistique du départemenl de la Saillie, p. 169. — 
De Pétigny, p. 281. 

- Ed. Bilard, Analyse déjà citée, N?s 588 et suiv. 

3 De Pétigny, p. 246. 

4 De Passac, p. 2-16, et .le Pétigny, p. 222. 



— 207 — 

XVII e et XVIII e siècles. — Adjudications de bancs dans 
l'église, faites par l'autorité et au nom de l'assemblée 
des notables habitants, XVIII e siècle. — Compte de fa- 
brique, 171 4. — Inventaire des titres et papiers de 
l'église, 1730. 

Registre où sont transcrits les titres-nouvels des ren- 
tes dues à la fabrique, de 1668 à 1688. — Autre re- 
gistre, contenant un inventaire des titres et papiers de 
la même église, dressé en 1770. 



SELOMMES. 

Selommœ. (La Sainte Vierge. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Bourgmoven. 

c t. 

Paroisse portée sur la bulle de 1154, du cartulaire de 
Bourgmoven, et sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

A. D. Donations, testaments et autres titres de biens- 
fonds ou de rentes pour la fabrique; XVII e et XVIII e 
siècles, sauf un acte daté de 1521, et le procès-verbal 
d'arpentage et de bornage d'une pièce de terre de la- 
dite fabrique, dressé en 1578. — Inventaire des titres, 
papiers, ornements et mobilier de l'église, 1754. — 
Comptes de la fabrique, de 1774 à 1788. ( Une liasse. ) 
Livre-registre des rentes dues à la même fabrique, 
XVIII e siècle. 

SOUDAY. 

Soldaium ou Soudaium. ( Saint Pierre. ) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

Présentateur : l'abbé de S l -Vincent du Mans. 

Eglise donnée avec ses dépendances, en 1070, parle 
seigneur du lieu à cette abbaye, qui en fit un prieuré '. 

Le village de Glatigny, qui dépend aujourd'hui de la 
paroisse de Souday, formait autrefois une paroisse dis- 



1 De Pétigny, p. 336. — Ghalmel, Tablettes chronologiques 
de Touraine, |>. 514. 



— 208 

tïnçte, dont la cure était à la présentation du seigneur 
de l'endroit '. 

En 1 724, furent fondées, en faveur des deux paroisses 
deSouday et de Glatigny, les petites écoles, placées sous 
la direction des Sœurs de charité de Montoire. Cet éta- 
blissement d'instruction populaire et gratuite jouissait de 
trois métairies successivement léguées par différents 
bienfaiteurs 2 . 

La chapelle des Pesé liants fut établie, en 1390, sur 
le territoire de Souday, par une famille qui lui donna 
son nom. Un décret de l'évêque du Mans, daté du 
3 mai 1738, convertit ce même bénéfice en école de 
charité 3 . 

SOUGÉ. 

Sougeixxm ( Saint Quentin. ) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Cliâteau-du-Loir. 
L'évêque du Mans collateur. 

A. D. (Une liasse.) Titres de rentes dues à l'église; le 
plus ancien est de 1494. — Procédures relatives à quel- 
ques-unes de ces rentes, XVIII e siècle. — Comptes de 
la fabrique, 1764, 05 et 66. — Legs de biens-fonds à la 
cure pour services religieux, XVI e et XVII e siècles. — 
— Legs faits, en 1647, au profit de la chapelle d'une 
confrérie du Rosaire, érigée en ladite église. 

L'école de Sougê est qualifiée collège dans un testa- 
ment de 1697, qui lègue 400 livres pour aider à la sub- 
sistance du principal de ce petit établissement d'instruc- 
tion publique. 

SAINT-AGIL. 

Sanctus Agilius. (Saint Agit. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur : l'abbesse de S'-Avit-lès-Châteaudun. 

1 Cauvin, Statistique du département delà Sarthe, p. 113. 

2 Cauvin, Statistique des établissements de charité H d'instruc- 
tion publique de l'ancien diocèse du Mans, p. Os. 

r ' Cauvin, Statistique des établissements, etc, p. 144. 



— 2Û9 — 

En 1190, lliiiini's, vicomte de Châteaudun, l'ourla un 
prieuré do S'-Aail pour les religieuses bénédictines de 
SQvjt 1 . 

A. D. Bail et plan au lavis d'un moulin dépendant 
dudit prieuré. 

SAINT-AMAND. 
S. Amandus. ( Saint Amand. » 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'archidiacre. 

Paroisse inscrite sur le pouillé chartrain du XIII e 
siècle, et mentionnée aussi dans un titre de 1252 2 . 

A. I). Etats des biens et revenus de la cure, dressés 
en 1644 et 1005. — Déclarations censuelles et féoda- 
les, actes de foi et hommage des propriétés de ce béné- 
fice. — Déclarations préalables pour le défrichement 
de quelques bois qui en dépendaient, de 1681 à 1785. 
— Titres et baux des biens-fonds de la même cure, -de 
168!! à 175!»: entre autres, l'acte de prise de posses- 
sion d'un prieûr-cûré commendataire en 1732. — Tes- 
taments, titres de rentes, baux et procédures pour la 
fabrique paroissiale, du XVI e au XVIII e siècle. — Comp- 
tes de cette même fabrique, de 1705 à 1770. ( Une 
liasse. ) 

Déclaration des biens et revenus de la Boite du Bo- 
saire. en 1692. 

Sur le territoire de S'-Ainandse trouve la chapelle de 
Notre-Dame de Villethion ou Villethiou ( Villa Thionis 
ou Villatio ), célèbre par un ancien pèlerinage en l'hon- 
neur de la Sainte Vierge. Cette dévotion a repris de 
nos jours une nouvelle faveur, sous les auspices de 
.M'!' des Essarts, évêque de Blois. Le sanctuaire de Vil- 

1 L'abbé Bordas, p. 178. 

- Ed. Bilard, Analyse des Archives du départemenl de la 
Sarthe,N° 591. 

iv. 14 



— 210 — 

lethiou était autrefois le siège d'un petit prieuré dépen- 
dant de l'abbaye de SMjeorges-du-Bois 1 . 



SAINTE-ANNE. 

S. Anna. ( Sainte Anne. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de S l -Georges-du-Bois. 

Paroisse inscrite sur le pouillé chartrain du XIII e 
.siècle. 



SAINT-ARNOULT. 

S. Arnulphus. ( Saint Arnoult. ) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

Présentateur : l'abbé de S l -Georges-du-Bois. 

Cette paroisse portait le nom d'un saint évêque de 
Gap, né à Vendôme, mort vers l'an 1074, et honoré, le 
19 septembre, dans le diocèse de Blois" 2 . 

SAINT-AV1T ou AVIT. 

Avitus. ( Saint Avit et la Sainte "Vierge. ) 

Diocèse de Chartres, archidiaconé de Dunois. 

Présentateur : l'abbé de Saint-Calais. 

Paroisse inscrite au pouillé chartrain du XIII e siècle. 

Saint Avit, pieux anachorète du VI e siècle, habita, 
dit-on, ce lieu alors inculte et désert, avant de se fixer 
auprès de Châteaudun, où il fonda un monastère 3 . 



1 De Pétigny, p. 55, et Pièces des Archives départementales 
de Loir-et-Cher. — Voir aussi l'Année de Marie, t. 2, p. 115. — 
Voir entin l'excellente notice publiée en 18t3 sur ce sanctuaire, 
par M. l'abbé Landau, curé de Ghouzy-lès-Blois. 

a Brev. Blés., 19 septembre. 

3 Brev. Blés., 17 juin, et l'abbé Bordas, p. 179. 



— 211 — 

A. D. Testaments, titres d'acquisitions et baux de 
biens-fonds, titres de rentes pour l'église, XVI e XVII e et 
XVIII e siècles. — Un acte concernant le presbytère, 
4644. — Compte de fabrique, pour 1668; autre, de 
1773 à 1770. — Inventaire de titres de cette même 
fabrique, 1717. 

Prieuré de S L Avit, qualifié baronnie, appartenant à 
la congrégation de CI my, possédé à titre de commende 
en 1044, redevenu régulier en 1781), année où l'on 
voit un religieux de Cl my, titulaire de ce bénéfice, en 
affermer les biens par un bail in extremis, que la Révo- 
lution ne tarda pas à résilier. 

Chapelle de S l -Eti-nne, démolie en 1733, faute de 
revenus suffisants pour l'entretenir 1 . 

SAINT - CLAUDE - FROIDMENTEL. 

S. Claudius de Frigido Mantello. 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Dunois. 

Présentateur : l'abbé de Saint-Laumer. 

Cette abbaye possédait, en ladite paroisse, un prieuré 
de S l -Etienne, tenu en commende en 1772. 

Au siècle dernier, la paroisse de S'-Claude-Froidmen- 
tel était desservie par le curé de S'-Jean-Froidmentel 2 ; 
maintenant elle est réunie à celle de Brévainville. 

A. D. Titres d'acquêts et baux de biens-fonds pour 
l'église de S l -Claude; donations et testaments pour la 
même, XVI I e et XVIII e siècles. — Titres de rentes, 
XVI e , XVII e et XVIII e siècles. — Etat de ces rentes, 
dressé en 1097. — Déclaration du revenu général de. 
la fabrique paroissiale en 1693. — Déclaration de ses 
héritages tenus à cens du prieuré de Morée, membre 
dépendant de l'abbaye de Marmoutier, 1770. — Etat 
des baux de la même fabrique, en 1739. 



1 Pièces des Archives départementales de Loir-et-Cher. 

2 L'abbé Bordas, p. 180. 



212 

A. B. Déclaration faite en 1705, des biens et revenus 
de la chapelle de S l -Etienne, située à une certaine dis- 
tance du bourg de St-Claude-Froidmentel, et dépendant 
aussi de l'abbave de S'-Lanmor. 



SAINT-FIRMIN-DES-PRÉS. 

S. Firminus de Praiis. (Saint Firmin. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de S^Georges-du-Bois. 
Paroisse portée sur le pôuillé chartrain du XIII e 
siècle. 

A. D. Pièces relatives aux réparations exécutées à la 
sacristie vers '1778, et aux difficultés que cette dépense 
occasionna. — Bail des biens de la fabrique paroissiale 
en 1784. — Compte de la même fabrique. (Une liasse.) 

Dans la paroisse de S'-Firmin-des-Prés se trouve une 
ancienne chapelle de S'-Vrin, avec une fontaine sacrée. 
Ce sanctuaire, très-renommé dans le pays, attire, du- 
rant toute l'année, mais surtout au mois de mai, de 
nombreux pèlerins, qui s'y rendent pour demander la 
santé et les autres grâces promises à la dévotion pu- 
blique \ 

SAINTE-GEMME. 

>S' t; » Gemma. (Sainte Gemme. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateurs : les religieux de Marmoutier. 
Paroisse portée sur le pouillé chartrain du Xlllr 
siècle. _ 

SAINT - HILAIRE - LA - GRAVÉLLÈ. 

S. Hilarius de Calcula. (Saint Hilaire.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

1 De Pétigny, pp. 53 el 67. 



— 243 
Eglise portée sûr le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

SAINT-JACQUES-DES-GUÉRETS. 

S. Jacobus de Blemars. (Saint Jacques-le-Majeur.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Cliâteau-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de S^Georges-du-Bois. 

SAINT-JEAN-FROIDMENTEL. 

S. Joannes de frigido Mantello. (Saint Jean-Baptiste.) 

Présentateur : l'abbé de S l -Laumer. 

Paroisse portée sur la bulle de 1107, donnée en fa- 
veur de cette abbaye, et sur le pouillé chartrain du 
XIII e siècle. La même bulle mentionne une église de 
S le -Opportune-de-Froidmcntei, depuis réduite à l'état 
de simple chapelle. Cette église, la première nommée 
en ladite bulle, était le siège et le titre d'un prieuré 
que les Bénédictins de Biois possédaient au même lieu ' . 

A. D. Actes de foi et hommage que les curés ren- 
dirent pour certains héritages tenus en fief de seigneurs 
laïcs, aux XVII e et XVIII e siècles. — Titre d'une pièce 
déterre, acquise par la cure en 1714. (Une liasse. ) 

A. B. Déclaration des biens et revenus du prieuré de 
S te -Opportune, en 1692. 

SAINT-LUBIN-DES-PRÉS. 

S. Leobinus dePratis. (Saint Lubin. ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Dunois. 
Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siè- 
cle. Elle a été réunie à celle de Fréteval. depuis la Ré- 
volution. 

1 L'abbé Bordas, p. 187. 



— 214 — 

A. I>. Baux des terres et prés de l'église de S^Lu- 
]iin, XVIII e siècle. ( Une liasse. ) 

A. 15. Bail des biens de l'ancienne maladrerie de 
cette paroisse, XVII e siècle. 



SAINT - MARC - DU - COU. 

>'. Medai'duis. (^Saint Médard.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur: l'abbé de la Madeleine de Cbâteaudim. 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e siè- 
cle. Son nom devrait s'écrire S l -Mars, abrégé de S [ - 
Médwd, et non S 1 -Marc, comme on récrit aujour- 
d'hui. 

A. D. Titres de biens-fonds et de rentes, testaments, 
baux, procédures, etc., pour le prieuré -cure et pour 
l'église, XVI e , XVII e et XVIII e siècles. — Comptes de la 
fabrique paroissiale, de 1570 à 178!). 



SAINT-MARTIN-DU-B01S. 

5'. Martinus de Nemore. (Saint Martin.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur: l'abbé de S L Georges-du-Bois. 

A. I). Titre d'une rente duc au prieuré-cure de cette 
paroisse. 

SAINT-OUEN. 

S. AudornHs. (Saint Ouen.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'abbé de la Madeleine de Chàleaudun 
( ordre des chanoines réguliers de S l -Augustin ). 

Eglise inscrite au pouillé chartrain du XIII e siècle. 



— 215 — 

A. h. Sentence du bailliage de Vendôme, rendue au 
profil de la fabrique, 177i; procédures et autres pièces 
se rattachant à la même affaire. — Testament d'un curé 

dt 1 S'-Ouen, 1735. — Titres de rentes et baux de biens- 
fonds pour le prieuré-cure et pour la fabrique, XVII e 
et XVIII e siècles. — Longues procédures et autres pièces 
relatives à l'acquittement d'une fondation faite dans la- 
dite église, en 1499 ( XVII e et XVIII e siècles. ). —Autres 
procédures, à l'effet d'obtenir le paiement d'une rente 
due à la fabrique, XVII e et XVIII e siècles. — Pièces con- 
cernant d'autres fondations religieuses, ainsi que des 
rentes constituées, au profit de la cure ou de la fa- 
brique. XVIII e siècle. 



SA1NT-PIERRE-DU-B01S. 

N. Petrus de Nemore. (Saint Pierre.) 

Diocèse du .Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur: l'abbé de S L Georges-du-Bois. 
Petite paroisse, maintenant réunie à S 1 -Martin- du - 
Bois, ci-dessus inscrite. 

A. D. Bail des biens du prieuré-cure en 178."!. — Deux 
ordonnances de l'intendant d'Orléans, pour les répa- 
rations à l'aire à l'égiise et au presbytère, 1770 et 1782. 

Abbaye de St-George-du-Bois, fondée avant 542 par 
le roi Childeberl et la reine Ultrogothe sa femme; ré- 
tablie et augmentée eu 1048 par Geoffroy Martel, comte 
d'Anjou et de Vendôme, qui introduisit dans cette mai- 
son les chanoines réguliers de Tordre de S'-Augustin ; 
elle passa, eu I7i ) ii. aux Prémontrés réformés'. 



1 Gallia christiana (eontin.), t. 14, col. 508 et suiv. — L'abbé 
\oisin. Histoire des premiers évêques 'lu Mans, p. 289, et His- 
toire de saint Calais, pp. 58, 59 et 60. — Oc Pétigny, pp. IT.'i ri 
210. — Gauvin, Statistique du départemenl de la Sarthe, pp. 164 

■ •i it:!. 



î 16 



SAINT-QUENTIN-DES-VARENNES. 

Quintinusi (Saint Quentin.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
L'évêquc du Mans collateur. 

Eglise fondée, assure-t-on, au XII e . siècle, par le vé- 
nérable Hildebert, évêque du Mans, qui était, comme 
nous l'avons vu. originaire de Lavardin en Vendômois 1 . 



SAINT-RIMAY. 

S. Richimirins (Saint Rimay.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

Présentateur : l'abbé de S^Georges-du-Bois. 

Richimir, vulgairement appelé Rimay, saint anacho- 
rète du VII e siècle, fonda auprès de la fontaine de Gon- 
drée un petit monastère, qui n'existait déjà plus au XI e 
siècle ; mais sa chapelle demeura debout et devint même 
église paroissiale 2 . 

A. D. Quelques titres de rentes au profit de la fabri- 
que, XVI e XVII e et XVIII e siècles. — Bail d'héritages 
dépendant de la cure, en 1777. — Donation faite à la 
fabrique en 1699. — Testament en faveur de la même, 
en 1664. (Une liasse. ) 

La chapelle de S l -Nicolas, dotée de quelques biens- 
fonds, formait un petit bénéfice, situé dans cette pa- 
roisse. 

TERNAY. 

(Saint Pierre et Saint Paul.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur : l'abbe de Tiron. 

1 De Passac, p. 83. 

' J L'abbé Simon, t. 3, p. 302, et de Pétigny, pp. 91 et suiv. 



~2i7 - 

Celte abbaye possédait, à Croix-Val, dans la paroisse 
de Ternay, le prieuré de S te -Madeleine, fondé sur la (in 
du XII siècle '. Ce bénéfice avait le titre (h 1 baronnie; 
lepoëte Ronsard en jouissait par commende, au XVI e 
siècle 2 . Le théologien Collet, prêtre de la mission, na- 
quit à Ternay, en 1693. 

A. D. Titres de rentes dues à la cure, XVI e , XVII e et 
XVIII e siècles. — Acquêts de biens-fonds par la même 
cure, XVII e siècle. — Actes de foi et hommage, rendus 
par les curés, à raison d'un fief dépendant de leur cure, 
du XV e au XVIII e siècle. — Bail fait, en 1788, d'une 
maison appartenant à la chapelle de S te -Anne érigée dans 
l'église paroissiaie. 

LE TEMPLE. 
Templum. (La Sainte Vierge.) 

Diocèse de Blois, archidiacôné de Vendôme. 
Présentateur : le commandeur de Sours et d'Arville. 
de l'ordre de Malte. 

Cette paroisse, portée sur le pouillé charlrain du XIII e 
siècle, doit son nom à un é(abliss°ment de Templiers 
qui existait audit lieu en l'année 1134, et qui fut sup- 
primé avec Tordre i ntier, au XIV e siècle \ 

Ancien pèlerinage établi en l'honneur de la Sainte 
Vierge, mais tombé en désuétude depuis 1789 4 . 

THQRÉ. 

Toreia. (Saint Denis.) 

Diocèse du Mans, archidiacôné de Château-du-Loir , 
Présentateur: l'abbé de la Trinité de Vendôme. 

1 De l'étiym, p. 284. 

2 De Passac, p. 244. 

5 De Pétigny, p. 264. 

' Noire-Dame de France, I. I, p. 179. 



— 218 — 

Prieuré, fondé au XI siècle en faveur de cette ab- 
baye i . 

A. D. Inventaire des titres et papiers de l'église, dressé 
en 1781. (Un registre. ) 

— Deux liasses de pièces : 

(l re liasse): Testaments et titres de rentes pour la 
cure et la fabrique, XVII e < t XVIII e siècles. — Compte 
de la fabrique en 1748, 

( 2 e liasse ) : Donations, legs et autres acquêts de 
biens-fonds et de rentes, pour la cure et la fabrique; 
baux d'héritages et titres-nouvels de rentes pour les mê- 
mes; sentences rendues au profit des mêmes, XVI e , 
XVII e et XVIII e siècles. — Le plus ancien de ces actes 
est le testament de M. René Vimeur de Rochambeau, 
seigneur de la paroisse de Thoré, qui constituait une 
rente au profit de l'église, pour des prières spécifiées 
dans l'acte. — Legs à l'église de certaine somme des- 
tinée à Taciiat d'une chappe de taffetas rouge, 1710. 

— Legs fait à la confrérie du Rosaire en 1 677 et 1689. 

— Déclarations des biens et revenus de la cure en 1658 
et 1719. — Arpentage des prés dépendant de cette 
même cure, en 1659. 

TOURAILLES. 

(Saint Jean.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de l'Epau, de l'ordre de Citeaux, 
du diocèse du Mans. 

Paroisse portée sur le pouillé chartrain du XIII e 
siècle. 

TRÉHET. 

(La Sainte Vierge.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Chàteau-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de la Trinité de Vendôme. 

1 L'abbé Simon, t. 3, pp. 251 et suiv. 



— 219 — 

Ancienne maladrerie, annexée en 1696 à l'Hôtel-Dieu 
de Château-du-Loir ' . 

A. D. Quelques titres de rentes dues à la cure ou à 
l'église, XVIII e siècle. — Legs de biens-fonds à l'é- 
glise sous la condition de services religieux, 1644. — 
Un titre de rente foncière au profit de la cure, daté de 
1493. 

TROO. 

Trugiœ, Treuga, Troia, Trous, Trou. 
(Saint Martin et Saint Jacques.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 

Présentateur : l'abbé de Marmoutier. 

Prieuré de Notre-Dame-des-Mcn chais, fondé, en 1124, 
en faveur de cette abbaye 2 . Ce prieuré était à nomi- 
nation loyale, depuis la réunion de la mense abbatiale 
de Marmoutier à l'archevêché de Tours en 1737 3 . L'é- 
glise priorale détraite par la Révolution était un lieu de 
pèlerinage en l'honneur de la Sainte Vierge 4 . 

Eglise collégiale et paroissiale de S l -Martin, érigée 
au XI e siècle, au moyen des libéralités de Geoffroy Mar- 
tel, comte d'Anjou et du Vendômois. Le chapitre de 
Trôo se composait de six chanoines, dont le doyen était 
ordinairement curé de la paroisse 5 . 

Autre église paroissiale, appelée S l -Jacques: 

Maladrerie de S te -Catherine, instituée avant le XIIP 
siècle, unie en 1699 à l'Hôtel-Dieu de Montoire 6 . 



1 Gamin, Statistique des établissements de charité et d'instruc- 
tion publique du département de laSarthe, pp. 11 et 63. 

2 Mabillon, Annal. Bened., t. G, lib. 74. — De Pétiamv, PP. 32, 
114et247. 

r> France ecclésiastique, pour l'année 1782, pp. 338 et 357. 

4 Notre-Dame de France, t. 1 , p. 1 . 8. 

5 DePétigny, p. 198, et de Passac, p. 83. 

6 De Pétigny, p. 322. el Cauvin, Etablissements de charité, etc., 
p. 63. 



*)•£{) _ 

A. 1>. Une liasse de titres eonceraantle chapitre, du 
XV e au XVII e siècle. — Autre liasse concernant la pa- 
roisse. — Testaments et autres titres de rentes dues à 
la fabrique de l'église paroissiale de S*-Màrtïri, XVII e 
et XVIII e siècles. — Testament pieux d'un ancien curé 
de cette paroisse, qui lègue des biens-fonds à la cure, 
1694. 

Pierre Leroyer, né à Trôo, fut d'abord chanoine en 
la cathédrale du Mans, puis archidiacre de Château- 
du-Loir, et enfin évêque du Mans; il mourut en 4295 
ou 1296, après une seule année d'épiscopat l . — Son 
petit-neveu, Jean Leroyer, né aussi à Trôo, fut em- 
ployé dans des négociations importantes, obtint l'ami- 
tié et la confiance du cardinal de La Forêt, devint évê- 
que de Meaux, remplit avec édification les devoirs de 
cette charge, et mourut en 1378 2 . 

1 L'abbé Simon, ]>. 361. 
- Idem, p. 303. 



[La fin au prochain Bulletin.) 



Vendôme. Typ. & Lith. Lemercier. 



SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE 
DU YENDOMOIS 

4° Année. — 4 e Trimestre. 



OCTOBRE 18C5 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le 12 octobre 1805, à 1 heure, au lieu ordi- 
naire de ses séances. 

Étaient présents au Bureau : 

MM. Ém. Renou, président, Ch. de Lavau, vice- 
président; V. Dessaignes, trésorier; Nouel, conserva- 
teur-archiviste; de la Hautière, secrétaire-adjoint; Ch. 
Bouchet, Launay, de Nadaillac et Neilz; 

Et MM. de Bodard, l'abbé Bordicr, G. Boutrais, 
Bruland, II. de Brunier, l'abbé Caille, J. Chaulard, de 
Dézervillers, Deshayes, Devaux, Dupuy, Duriez, Faton, 
Fontémoing, Gadeau, 0. Gcndron, dllarcourt, Ilin- 
glais, Laillaut de Wacquand, de Linas, l'abbé Loisean, 
Marcschal-Duplessis, H. de Meckcnhchn, D. Menard, de 
Monterno, Poussin, l'abbé Rauc, l'abbé Benon, L. de 
Bochambeau, Rolland, l'abbé Boullet, de Saint-Venant, 
R. de Saint-Venant, .1. de Saint-Venant, Souriau, de La 
Vallière, l'abbé Van-Wanghen. 

M. le Président déclare la séance ouverte, 

Le procès-verbal de la séance générale du 13 juillet 
1805 est lu cl adopté 

iv. 15 



cw 

hJ — _ 

Le secrétaire-adjoint fait connaître les noms des nou- 
veaux membres reçus par le Bureau depuis celle réu- 
nion ; ce sont : 

MM. Cli. Dénier, inaire de Sasnières; l'abbé Roger, 
curé à Lignières; l'abbé Rabier, curé aux Ilayes ; Cli. 
de Galembert, propriétaire, à Etteveaux ( Nièvre ) ; 
Luce, propriétaire, au château de Maugué, commune de 
La Chapelle-Enchérie ; Moreau, juge de paix, à Saint- 
Amand (Loir-et-Cher); A. de Gontaut-Biron, proprié- 
taire, au château de Courtalain ( Eure-et-Loir); de Châ- 
teau-Bardon, propriétaire, à Vendôme. 

Le secrétaire-adjoint annonce que la Société a perdu 
deux de ses membres, M. Vallée, jardinier -pépiniériste, 
décédé à Vendôme, et le général d'Orgoni, mort en 
Birmanie, à qui le musée doit sa curieuse collection 
d'objets de ce pays. — Nous regrettons que le défaut 
d'espace ne nous permette pas de lui consacrer une no- 
tice que nous nous efforcerons de donner plus tard. 



M. le Président donne la parole à M. le conservateur- 
archiviste. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

des Objets offerts à la Société ou acquis par elle 

depuis la séance du 43 juillet 18G5. 

I. OBJETS D'ANTIQUITÉ. 

i . HACHE EN PIERRE, type fer de lance, trouvée par M. 
l'abbé Bourgeois dans le diluvium de Vendôme ( tranchée du 
chemin de fer ), et offerte par lui à notre musée l . 

1 Voir, au sujet de cette bâche, la notice remarquable sur le 
diluvium de Vendôme, présentée par M. l'abbé Bourgeois à la 
séance du 13 juillet 18G5. 



223 

2. LUT DE SILEX TAILLÉS du Grand-Pressigny. Ce lot se 

compose de neuf gros blocs ou nuclei ( dits livres de beurre dans 
le pays) et d'un certain nombre d'éclats ( couteaux, etc. ). 

Cet envoi important nous a été fait par M. Besmer, de Sas- 
nières. 

3. Quelques menus OBJETS EN BBONZE, entre autres une 
bague et un instrument cylindrique en os, que l'on regarde 
comme une flûte romaine. 

Ces objets, ainsi que des monnaies qui seront décrites plus 
loin, proviennent du cimetière gallo-romain de Saint-Acbeul. Ils 
ont été rapportés par M. Bourgeois (septembre 18G5), qui les 
offre à notre musée. 

4. CARABINE ESPAGNOLE, à pierre ; provenant probable- 
ment de la guerre de 1808. 

Don de M. Claveau, maire de La Ville-aux-Clercs. 



IL NUMISMATIQUE. 

(Note de M. Bouchet. ) 

Nous avons reçu : 

lu De M. l'entrepreneur des travaux du cloeber de Morée 
deux pièces trouvées dans les fouilles de ce cloeber, savoir : 

Un Blanc au K de Charles V ; 

Et une médaille satirique en cuivre, dont voici la description : 
D'un côté, le lion de Flandre, accroupi, est attacbé par le cou à 
une colonne, au haut de laquelle se dresse une statue de femme. 
Un rat ronge le collier du lion ; on y lit INQV(tsifio). La légende 
est : ROSIS LEONM (sic pro leonem) LOUIS MVS LIBERAT. 
Au revers, le lion est libre ; le roi d'Espagne, Philippe II, lui 
présente une branche d'olivier, tandis que de l'autre main il 
tient caché derrière lui un carcan qu'il voudrait de nouveau lui 
passer autour du cou. Près du roi est le papeGrégoire X11I eu 
grand costume pontifical. Autour on lit : LIBER REVINCIRI 
LEO PERNEGAT. — Allusion à l'insurrection des Pavs-Bas cl à 



— 224 — 

une paix trompeuse qui leur était offerte par le roi d'Espagne, 
en 1579, et qu'ils refusèrent en faisant frapper cette médaille 
comme un témoignage de leurs sentiments. Elle a été décrite et 
expliquée par M. de Fontenay, dans son Manuel de l'Amateur 
de jetons, p. 153-4. Elle n'est pas rare, mais notre exemplaire 
est bien conservé. 

2° De Madame Giieerbrant : 
G pièces (3 françaises et 3 étrangères, dont 2 en argent). 
Parmi les françaises, 2 jetons en cuivre : 
L'un de Louis X1Y {Lcntrée de la royneà Paris)', 
L'autre : IEGT. DE LA CHAMBRE DES COMPTES DE BAR. 
Armes de Bar, couronne ducale. 1G-5C. Au revers : PLVS PEN- 
SER QVE DIRE. Trois pensées. — Très-bien conservé. 

3o De M. G indre de Mancy : 

G pièces ( 2 françaises et 4 suisses, dont 3 en argent). 

Les françaises sont : une petite pièce d'argent de Louis XV, 
frappée à Tours ( date effacée ), et une médaille en commémora- 
tion de la naissance du duc de Bordeaux. 

4° De M. l'abbé Delaunay, à Pont-Levoy : 
Un quart d'écu de Henri III, frappé à Rennes (?). Date indis- 
tincte. — Trouvé à Montoire. 

5° De M. Victor Dessaignes : 
3 pièces françaises en cuivre, parmi lesquelles : 
Un jeton, malbeureusementbien effacé, de François d'Alençon, 

frère de Henri III. D'un côté, les armes de France, FRAN. D. 

ALEN. FIL. FR. 1578. De l'autre, un soleil au milieu des nuages. 

FOVET . ET . DISCVTIT. 

6° De M. l'abbé Bourgeois : 
10 pièces romaines en bronze, très-oxydées, provenant d'un 
cimetière gallo-romain de Saint- Acbeul. Elles paraissent être du 
IVc siècle. — Plus 2 pièces relativement modernes, qu'il est diffi- 
cile de déebiffrer. 



— 225 — 

7o De Madame Fournier : 
UnTrajan M. B., du second consulat. — R. Figure voilée sa- 
crifiant devant un autel. Assez bien conservé. — Cette pièce étant 
du second consulat, est de l'an 98 de J. G. ou première année du 
règne du prince. Elle porte le nom de son père adoptif en tou- 
tes lettres, NERVA, et le sien propre en abrégé, TRAIAN., suivi 
du surnom de Germanicus que Nerva lui avait donné en l'adop- 
tant. 

III. ARCHIVES. 

Un manuscrit in-folio, sur papier, de 234 feuillets, contenant 
Le compte tant en recepte que dépense rendu par deuant M. 
Mrc le Grand Conseiller au Parlement, p> ar Robert Crcnel 1 
solliciteur et ayant charge des affaires et procès des sieurs 
créanciers de deffunetz Messires François de Vandôme et Jehan 
de Ferrières, viuans vidâmes de Chartres, et de dame Bérauldc 
de Ferrières, leur héritière, et ce, suiuant Varrest du Parle- 
ment, en datte du XXIfc jour de feburicr MDCIII. » 

Ce registre, divisé en 46 chapitres, paraît n'être, ou à peu près, 
qu'un long Mémoire de frais faits auprès des gens d'affaires, par 
suite de la ruine et de la liquidation de deux grands seigneurs -. 
On n'y trouvera aucun renseignement sur notre histoire locale ; 
mais il pourrait bien s'en rencontrer d'assez intéressants sur celle 
des vidâmes de Chartres, et même à un point de vue plus géné- 
ral. On en jugera par l'intitulé des chapitres suivants : 

Ile Ghap. — En l'instance pour faire sortir Madame de Beauvoir 
et Monsieur le vidame du château de la Ferté. — « Tout ainsy 
comme Ion avoit fait au précédant feu Monsieur le vidame der- 
nier décédé. » ( Dans le corps du chapitre. ) 

III e Ghap. — Pour la sixiesme criée des terres de Beaussart et 
La Ferté. 

1 Ou Crcvcl. 

2 Les Préliminaires et la Recette ne comprennent pas plus de 
4 feuillets. La mise seule en remplit 228. Il y a 2 feuillets blancs. 



— 220 — 

IXc Ghap — Autres frais faicts à la poursuitte d'une cinquiesme 

criée, vente et adjudication par décret de la terre et baronnie de 
Confolant. 

Autres chapitres relatifs aux terres de Lassay, Champlay, Ma- 
ligny, Thiffaulges, Loubert, et instances contre M. de La Mothe 
Fénélon et les commissaires. Criées de l'hôtel et maison de Gra- 
ville. Instances contre un grand nombre de personnages, entre 
autres contre M. le marquis de Boissy. 

Le 45e chapitre nous apprend que le rendant compte était entré 
au service des créanciers dès le 16 juin 1583. Ainsi cette procé- 
dure durait depuis plus de vingt années ! Pendant tout ce temps, 
le rendant n'avait point été payé de ses gages, qui, à raison de 
six vingts écus par an, donnaient 2,4G0 écus ou 7,380 livres. — 
Il remontre en outre aux créanciers que durant tout ce temps il 
a éprouvé beaucoup de perte non-seulement par les avances qu'il 
lui a fallu faire, mais encore parce qu'il n'a pu placer son argent 
à intérêt. Enfin il a été obligé de prendre un clerc, auquel il 
donne gages et nourriture ; en un mot il ne peut plus supporter 
tous ces frais, d'autant qu'il est un pauvre Jiommc, chargé de 
neuf jictits enfants. — Nous ne savons si les créanciers se seront 
laissé attendrir. 

On aimerait à connaître le total de cette immense procédure. 
Malheureusement le compte restait à faire, plusieurs articles 
n'ayant pas encore été taxés et demeurant en blanc. 

Ce manuscrit, endommagé par l'humidité, aura besoin de quel- 
ques réparations. Il a été acheté à Paris, chez un bouquiniste, 
par les soins de M. A. de Rochambeau, et c'est M. Gh. deLavau, 
notre vice-président, qui a bien voulu faire les frais de l'acquisi- 
tion. La Société l'en remercie bien sincèrement. Ce document 
fera suite en quelque sorte au testament d'un autre François de 
"Vendôme, également vidame de Chartres, en date de 1500, pièce 
qui a été léguée par M. de Pétigny à la bibliothèque de Ven- 
dôme l , et qu'il avait lui-même publiée clans la BibliotJièque de 

1 Ce n'est qu'une copie datée de 1503. 



— 227 — 

l'Ecole des Charles, numéro de mars-avril 1850. — (Note de 
M. Bouciiet.) 

M. Rolland, notaire, offre quatre pièces sur parchemin ou sur 
papier, parmi lesquelles : Un congé militaire délivré au nommé 
René Verry, natif de Sougé en Vendûmois, soldat au régiment 
royal d'infanterie, compagnie de Brunier. Mahon, 9 août 17C0. 
Signé du chevalier Brunier ( sic ) et du colonel Du Tillet. 

La Réception de René Verry, comme maître tonnelier. 29 oc- 
tobre 17G5. — Pièce assez curieuse. 

Et un Brevet de lieutenant dans la garde nationale. 31 août 
1818. Signature autographe de Charles-Philippe, depuis Char- 
les X. 

Nous avons reçu à titre d'échanges : 

lo Les BULLETINS de la Société d'Agriculture, Sciences et 
Arts de la Sarthe, de 1848 à 18C4, et la première livraison de 
1865. 

2. ANALYSE DES TRAVAUX de la Société royale des Arts du 
Mans, depuis l'époque de son institution ( 1794 ) jusqu'à la fin 
de 1819. — Ire partie. Sciences mathématiques et physiques. Le 
Mans, 1820. 1 vol. in-8°. 

3» MÉMOIRES de la Société Archéologique de Touraine. 3c 
et 4e trimestres 1864. 

4° BULLETIN de la Société Polymathique du Morbihan. Ici- se- 
mestre 1865. 

5o PROCÈS - VERBAUX de la Société Dunoise. Ire année. 
1865. 

Par envoi du Ministère : 

lo REVUE des Sociétés savantes des départements. Janvier, 
février, mars et avril 1865. 

2" DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES accordées aux Socié 
tés savantes le 22 avril 1865 



— 2-28 — 

3° RAPPORT fait à l'Académie des Inscriptions et Belles-Let- 
tres, au nom de la Commission des Antiquités de la France, par 
M. B. Ilauréau. Lu à la séance du 7 juillet 1865. — Paris. Didot, 
18G5. 



LART GAULOIS, ou Les Gaulois d'après leurs médailles, par 
Eugène Hucher. — Le Mans. Monnoyer, 18G5. — lrc et 2« li- 
vraisons. — Abonnement de la Société. 

NOTICE sur la Grotte de la Chaise ( Charente), par MM. 
Bourgeois et Delaunay. 1 planche. — Extrait de la Revue Ar- 
chéologique, 1865. — Offerte par les auteurs. 

SOUVENIRS d'un Voyage en Sicile, par le baron de Galem- 
bert. — Autun, 18G1. — Hommage de l'auteur. 

PRIX MOYEN, par périodes quinquennales, de l'hectare de 
terres, pris dans les diverses communes du canton de Condé- 
sur-Escaut (Nord ), depuis 1790 jusqu'à 1865. Relevé fait par 
M. Martel, notaire à Condé. Manuscrit offert par M. de Saint- 
Venant comme modèle d'un travail du même genre à entrepren- 
dre dans notre arrondissement. 

M. Vital Duray, curé de Landelies ( Belgique ), nous fait 
hommage d'une carte intitulée : MONDE à évangéliser par les 
douze apôtres. Cette carte, qui fait partie de l'Atlas Universel 
de l'Eglise, du même auteur, contient un Planisphère dressé sur 
les proportions proposées par M. Mareschal-Duplessis à la So- 
ciété Archéologique du Vendômois '. 

ORFÈVRERIE MÉROVINGIENNE. Les Œuvres de saint Éloi 
et la Verroterie cloisonnée. — P. Didron et Demichclis. 18G4. 
Gr. in-8°, avec planches. — Don de l'auteur, M. Ch. de Linas. 

Cet ouvrage a obtenu une 2« mention au Concours des Antiqui- 
tés nationales de cette année. ( V. Rapport de M. Ilauréau à 
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. ) 

1 Voir le Bulletin de 1864, p. 54, 



— 2-29 — 

IV. OBJETS D'HISTOIRE NATURELLE. 

1" Deux PERRUCHES empaillées. Offertes par M. Gaston de 
Lavau. 

2« Une AMMONITE du terrain crétacé ( moule extérieur con- 
tenant une portion de l'intérieur ) ; provenant de Couture. 

Don de MM. Trillaut, percepteur à Couture, et Gerbaut, 
carrier. 

3o COQUILLES EOSSILES tertiaires ( terrain subapennin de 
la montagne d'El-Bordj, près Mascara, province d'Oran ). 
Envoi de M. de La Sauzaye, commandant du Génie. 



Après cette lecture, on procède à l'élection indiquée 
par l'ordre du jour. 

M. le Président rappelle qu'en vertu de la modifica- 
tion de l'article 8 des Statuts, un membre du B ireau 
pouvant être appelé à y remplir d'autres fonctions, 
M. Ch. de Lavan, dont la vice-piésidence n'expire que 
dans un an, a été, à l'unanimité, présenté par le Bu- 
reau comme candidat à la présidence. 

Le nombre des votants est de 41. 

Le dépouillement du scrutin donne le résultat sui- 
vant : 

Président: M. Ch. de Lavau, 40 voix; 
Vice-Président : M. G. Boutrais, 37 voix : 
Membres du Bureau : MM. ïlinglais, M voix; — 

de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville, 40 voix ; 

— l'abbé Roullct, 40 voix; — de La Vallière, 39 voix. 

Les membres sortants du Bureau au 31 décembre 
1805 sont MM. Em. Renou, président; de La Ilau- 
tière, secrétaire-adjoint; l'abbé Bourgeois, de Nadaillac 
et Neilz. 



NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS 

SUR 

LA MAISON DE RONSARD, A PARIS 

Par M. le etc Achillle de Rociiambeau. 

Lettre à MM. les Membres 
de la Société Archéologique du Vendômois. 



Messieurs, 

Vous n'avez pas oublié, j'en suis convaincu, l'inté- 
ressante étude qu'un de nos plus spirituels causeurs 
vous a donnée en lSGi sur Ronsard, notre poëte ven- 
dômois : le travail se terminait par une provocation 
adressée aux chercheurs et amis du poète. « Quelle mai- 
son habitait Ronsard à Paris? Cette maison existe-t-elle 
encore? » A cette demande, le respectable M. de Mar- 
tonne répondit par l'organe de notre cher bibliothécaire 
que l'ancienne maison de Ronsard, possédée ensuite par 
Golletet, existait rue Neuve-Saint-Etienne-du-Mont, autre- 
fois rue du Mûrier, derrière le Panthéon. 

La question a été étudiée ici, depuis 1861, par des 
hommes très-compétents, et le résultat de leurs inves- 
tigations a été de nous faire révoquer en doute la par- 
faite fidélité de souvenirs de notre honorable collègue. 

M. Prosper Blanchemain, éditeur si apprécié de Ron- 
sard, M. Paul Lacroix, qui a publié les œuvres choisies 
du poëte, enfin M. Berty, un chercheur émérite qui con- 
naît l'ancien Paris mieux peut-être que le nouveau, ont 
chacun pris la plume pour défendre leur opinion à ce 
sujet. 

Nous, modeste ouvrier de la dernière heure, nous 
nous sommes mis en rapport direct avec chacun de ces 

' Voir le Bulletin de 1863, p. 43 el 90. 



— 231 — 

messieurs; nous profiterons de leurs travaux, et si, en 
les complétant par nos recherches particulières, nous 
parvenons à élucider la question, nous serons heureux 
de vous avoir fait connaître un point obscur dans la vie 
de notre illustre compatriote. 

Nous devons d'abord établir un fait certain, c'est que 
la maison que nous cherchons a été habitée par Guil- 
laume Colletet après avoir appartenu à Ronsard. Col- 
letet le dit lui-même en termes non équivoques. Mais 
laquelle de ses maisons était celle de Ronsard? Colletet 
avait eu dans son temps une réputation bien établie, il 
fut un de nos premiers académiciens : aussi eut-il ses 
moments de richesse. « Dans la maturité de son âge, 
dit-il dans sa Vie de Ronsard, il ' aimoit le séjour de 
l'entrée du faux-bourg Saint-Marcel, à cause de la pu- 
reté de l'air et de cette agréable montagne que j'appelle 
son Parnasse et le mien. Et certes, je marqueray tou- 
jours d'un éternel crayon ce jour bienheureux que la 
faveur du ministre de nos roys 2 me donna moyen d'a- 
chepter une des maisons qu'il aimoit autrefois habiter, 
en ce même faux-bourg, et sans doute après celle de 
Raïf 3 , qu'il aima le plus. » Ainsi parle Colletet; après 
avoir gueuse de cette manière tout le long d'un livre, 
dit Tallemant des Réaux, il finit par ce sonnet : 

SUR LA MAISON DE L'AUTEUR QUI ÉTOIT AUTREFOIS LA DEMEURE 
DE RONSARD, AU FAUBOURG SAINT-MARCEL. — 1G38. 

Je ne voy rien ici qui ne flatte mes yeux. 
Geste cour du Ballustre est gaye et magnifique. 
Ces superbes lyons qui gardent ce portique 
Adoucissent pour moy leurs regards furieux. 



1 Ronsard. 

2 Richelieu. 

3 Cette maison de Baïf, que fl'on considère généralement 
comme le berceau de l'Académie française, était dans la rue des 
Fossés-Saint-Victor. Elle était occupée jusqu'à ces derniers temps 
par le couvent des Chanoinesses anglaises, appelé Notre-Dame 
de Sion ou Couvent îles Anglaises. Elle a été démolie en 18G0. 



— 232 — 

Ce feuillage animé d'un vent délicieux 
Joint au chant des oiseaux sa tremblante musique. 
Ce parterre de fleurs, par un secret magique, 
Semble avoir dérobé les estoiles des deux. 

L'aimable promenoir de ces doubles allées, 
Qui de prophanes pas n'ont point esté foulées, 
Garde encore, ô Ronsard, les vestiges des tiens. 
Etc., etc. 

Ce sonnet est pour Tallemant l'objet des plus piquan- 
tes railleries ; suivant lui, la cour du Ballustre a quatre 
pieds carrés; le feuillage est celui d'un grand mûrier 
dont Colletet vendait les mûres, et les allées sont de 
quatre pieds chacune ' . C'est là que Guillaume filait des 
jours heureux avec sa Claudine adorée. « 11 étoit volup- 
tueux, dit Chevreau; et pour le tenter, il ne falloit être 
ni jeune ni belle. Gomme il ne vouloit pas être en scan- 
dale à son voisinage, et qu'il ne pouvoit vivre sans quel- 
que servante, il épousoit celle qu'il avoit prise, et qui 
n'étoit pas plus tôt morte qu'il en cherchoit quelqu'autre 
dont il ne manquoit pas de faire sa femme. Nous allions 
bien souvent manger chez luy, à condition que chacun y 
feroit porter son pain, son plat avec deux bouteilles de 
vin de Champagne ou de Bourgogne; et par ce moyen 
nousn'étions pas à charge à notre hôte. 11 ne fournis- 
soit qu'une vieille table de pierre, sur laquelle Ronsard, 
Jodelle, Belleau, Bayf, Amadis, Jamyn, etc., avoient fait 
en leur temps d'assez bons repas , et comme le présent 
nous occupoit seul, l'avenir et le passé n'y entroient 
jamais en ligne de compte. Claudine, avec quelques vers 
qu'elle chantoit, y choquoit de verre avec le premier 
qu'elle entreprenoit, et son cher époux M. Colletet nous 
recitoit, dans les intermèdes du repas, ou quelque son- 
net de sa façon, ou quelque fragment de nos vieux poètes 
que l'on ne retrouve pas dans leurs livres.... 2 » 

1 Tallemant des Iléaux, Historiettes. Paris, chez Dellove, 1840. 
in-42, t. IX. 

- Extrait des Ghevrœana ou Mélanges de M. Chevreau. 2 vol, 
in-12. Paris, chez Florentin et Pierre Delaulne. M. DG. XGV1I. 
Biblioth. Mazar. 22616. F G. 



— 2,1.-3 — 

Tout ce que nous avons dit prouve assez, ce nous 
semble, que la maison dont nous venons de vous entre- 
tenir est bien, de toutes celles qu'a habitées Colletet, 
celle qu'il a possédée en propre et qu'a illustrée pour lui 
le souvenir de Ronsard. Grâce au sonnet précité, grâce 
aux malignes critiques de Tallemant des Réaux, nous 
pouvons nous la représenter avec sa cour séparée du 
jardin par une balustrade ; à l'entrée de ce jardin une 
porte dont les piliers sont surmontés de deux lions en 
pierre ; au milieu un magnifique mûrier, et à l'ombre de 
cet arbre la vieille table de pierre autour de laquelle 
s'étaient réunis jadis les membres de la Pléiade. 

Il nous reste maintenant à chercher dans quelle rue 
du faubourg Saint-Marcel était située cette maison. 

M. Blanchemain a découvert dans les papiers de Col- 
letet, à la Bibliothèque du Louvre, un sonnet manuscrit 
de J. Leblanc, adressé à Colletet, son ami, vers 1015, 
qui va nous le révéler. 

A M. COLLETET, SUR SA MAISON DU FAUBOURG SAINT-MARCEL. 

Dans une région dite la Morfondue, 
D'autant qu'elle est sujette au frileux Aquilon, 
Colletet, embrasé des flammes d'Apollon, 
Va faire maintenant sa demeure assidue. 

Cette région froide à sa flamme était due : 
Son feu tempérera l'hémisphère Gelon ; 
Desja sa Muse y balle au son du violon, 
Sous l'ombre d'un meurier parla cour espandue. 

Les poëtes voisins, pour desdier ces lieux, 
Ont fait un sacrifice aux domestiques dieux, 
Affin que tout arrive à bien au nouvel hôte. 

Garnier avec Leblanc et le père Thomas 
Le trouvèrent, ayant au chef une calotte, 
Et par les vins fumeux chassèrent les frimas. 

A ce sonnet, Colletet répondit par ce galimatias ri- 
dicule : 



2-i 



>•* 



GALIMATHIAS A YN POETE SCIENTIFIQUE, 

Pour responce à ses vers faicls sur la maison de VAutheur. 

Grand didascale de mon fils 
Le Blanc, mon docte Musagette 1 
Dont la dextre porte-sagette 
Rend tous les haineux déconfits, 

Tes vers que j'ayme autant qu'Iphis 

Ayma la gente Anaxarette, 

Ont tant exalté ma logette 

Qu'elle est plus noble que Memphis. 

Cotisé de cette bugade 

Qui vint chez moi faire gambade 

Au son du luth Aonien ; 

Pour ton loyer puissent tes Muses 

Vaincre l'effort du Gronien 

Et rendre les miennes camuses 2 ! 

C'est donc dans la rue des Morfondus qu'était notre 
maison, et c'est vers 1615 que Colletet en a fait l'acqui- 
sition. Jaillot et le plan de Gomboust nous apprennent 
que la rue des Morfondus s'appela ensuite rue du Puits- 
de-Fer, puis rue Neuve -Saint- Etienne -du -Mont. Les 
mêmes indications résultent des plans de Paris de P>u- 
ret \ architecte du roi, du plan Turgot ', et de celui de 
La Caille 5 . 

Du reste, elle remplit bien les conditions indiquées 
dans le sonnet de Leblanc. Elle est située sur le versant 



1 Musagette,, surnom d'Apollon, chef des Muses. 

2 Poésies diverses de M. Colletet, quatorzain burlesque, son- 
net 9. 

3 Le Plan de Paris, etc., par Buret, architecte du Roy. 

4 Plan de Paris, commencé en 1734, achevé en 1739, dessiné 
par Bretez et gravi- par Lucas; appelé généralement Plan Tur- 
got, parce que c'est ce dernier qui le lit exécuter. 

5 Plan de la Ville, Cité et Université de Paris, ses Faubourgs 
et ses Environs, par La Caille, 171-4. 



ZtXJKJ 

nord-est de la montagne Sainte- Geneviève, et doit être 
bien sujette l'hiver au frileux Aquilon. Celte rue sem- 
ble, nous ne savons à quel titre, avoir été le séjour pri- 
vilégié de plus d'un écrivain célèbre : après Ronsard y 
vécut Pascal, puis ensuite Rollin, dont la demeure est 
encore signalée par une inscription. 

M. de Martonne dit que la rue Neuve-Saint-Etienne- 
du-Mont s'appelait, au temps de Ronsard, rue du Mû- 
rier. Nous le croyons dans l'erreur : nous avons exa- 
miné avec attention plusieurs plans de Paris, et nous y 
avons acquis la conviction que ces deux rues ont toujours 
été parfaitement distinctes. La rue du Mûrier s'appelait 
d'abord rue Pavée. Elle prend le nom de rue du Meurier 
vers le XV e siècle. Le plan Turgot indique bien la rue du 
Meurier ou Mûrier, tenant à la rue Saint-Victor et abou- 
tissant à la rue Traversine, entre la rue du Paon et la 
rue Saint-Nicolas, près Saint-Nicolas-du-Gliardonnet et 
la rue Neuve-Saint-Etienne-du-Mont ou des Morfondus, 
commençant à la rue Contrescarpe et finissant à la rue 
Lacépède. La Caille, de quelques années antérieur à 
Ronsard, marque aux mêmes endroits la rue du Meurier, 
qui possédait de son temps 15 maisons et 2 lanternes, 
et la rue Neuve-Saint-Etienne-du-Mont ou des Morfon- 
dus. 

Maintenant que nous avons démontré l'identité de la 
maison de Ronsard et de celle de Colletet, maintenant 
que nous avons indiqué le quartier et la rue qu'elle oc- 
cupait ( car hélas ! il n'en reste plus trace depuis long- 
temps, et, sans doute, c'est dans sa plus tendre jeu- 
nesse que M. de Martonne a vu les lions qui en gardaient 
le portique), il nous reste, pour être complet, à en fixer 
l'emplacement exact. 

M. Berty s'est chargé de cette partie du programme : 
il a fait des recherches dans 1rs archives de l'abbaye 
Sainte-Geneviève, dont le fief comprenait la rue du Mû- 
rier et la rue Neuve-Saint-Etienne-du-Mont. 11 a trouvé 
dans le censier de 1040, sous la rubrique de « Rue du 
Puitz-de-Fcr, aliàs dos Morfondus, » les paragraphes 
suivants : « M e Guillaume Colletet. advocat an Parle- 



— 236 — 

ment et au Conseil du Roy, pour une maison où est 
pour enseigne L'Image de Sainct Nicolas, qu'il a ac- 
quise de Nicolas Lcfèvrc, douse deniers parisis xnd. 

— Iceluy, pour une maison suivant, où est pour en- 
seigne L'Image de Sainct François, qui fut à Guillaume 
Massieu, à cause de sa femme, fille de Lucian de la 
Mare, quatorze deniers parisis. Pour ce.... xmi d. — 
Gilles Naudé, controlleur des décimes du Nivernois, pour 
une maison par luy acquise dudit sieur Colletet, advo- 
cat, qui fut à Jean Massieu, à cause de sa femme, fille 
de Lucien de la Mare, à laquelle maison est pour en- 
seigne Le Coffin d'Or, quatorze deniers parisis. Pour 
ce.... xiiii d. (Arch. de l'Empire, reg. S, 1035, f° 106, 
2°. ) » 

Un autre censier de 1030 confirme ces détails (Reg. 
S., 1634, P 100, 2°), et l'on voit, par celui de 1003, 
que la maison de Saint-Nicolas appartenait alors au po- 
tier de terre Guillaume Marboutin, qui en avait été en- 
saisiné dès le 4 septembre 1053. Guillaume Colletet 
s'en défit donc plusieurs années avant de mourir, puis 
il décéda en 1059. Les trois maisons qu'il possédait en 
forment aujourd'hui quatre, distinguées par les n os 33, 
35, 37, et 39. Ce sont de très-petites habitations, sans 
cour ni porte cochère, et derrière lesquelles se voient 
quelques petits bosquets. Elles sont très-légèrement con- 
struites, et paraissent remonter à un siècle tout au plus ; 
nous les avons visitées autant que possible, sans avoir pu 
y découvrir le moindre vestige du passé. 

Nous avons avancé [dus haut que, contrairement aux 
allégations de M. de Martonne, la rue Neuve-St-Etienne- 
du-Mont ne s'était jamais appelée rue du Mûrier. Ce 
qui a peut-être induit en erreur notre honorable collè- 
gue, c'est que François Colletet, fils de Guillaume, a ha- 
bité la rue du Mûrier. M. Paul Lacroix pense même que 
c'est là qu'il faut chercher la maison de Ronsard. Entre 
autres arguments, il allègue que la maison de Guillaume 
Colletet renfermait un mûrier, objet des railleries de 
Tallemant des Réaux, et il suppose que ce mûrier a 
donné son nom à l'ancienne rue Pavée, à cause de la 



— 237 — 

célébrité des réunions de la Pléiade à l'ombre de cet 
arbre. Puis il nous présente le journal des affiches, édité 
par François Colletet en 1670, qui porte ce titre : Jour- 
nal des avis et des affaires de Paris, contenant ce qui 
s'y fasse tous les jours de plus considérable pour le bien 
public. ( Paris, du Bureau des journaux des avis et af- 
faires publiques, rue du Meurier, proche Saint-Nicolas- 
du-Chardonnet, 1676, in-4° de 152 pages.) A la fin de 
chaque numéro, on annonce que « Les cahiers du jour- 
nal se distribuent tous les jeudis chez le sieur Colletet, 
rue du Meurier, proche Saint-Nicolas-du-Chardonnet. » 
A ces arguments nous répondrons que la rue du Mû- 
rier portait ce nom bien avant Ronsard ; ensuite, nous 
lui dirons, avec M. Berty, que les maisons possédées par 
Guill. Colletet de 1646 à 1653, et celle possédée ou plu- 
tôt habitée par François Colletet, son fils, en 1676, n'ont 
aucun caractère d'identité, et que d'ailleurs Colletet 
n'aurait pu considérer comme située à l'entrée du fau- 
bourg Saint-Marcel, une maison de la rue du Mûrier, 
puisqu'elle se trouvait en deçà du mur de Philippe-Au- 
guste. Puis, dans la rue du Mûrier, pas la moindre 
trace du nom de Morfondus, tandis que la rue Neuve- 
Saint-Etienne-du-Mont, qui est froide en hiver, peut avoir 
mérité d'abord le qualificatif qui est devenu son nom 
propre. 

Enfin, nous avons étudié avec soin la physionomie ac- 
tuelle des deux rues. Dans la rue Saint-Etienne-du-Mont. 
tout est moderne, et par conséquent la maison de Ron- 
sard peut y avoir existé au siècle dernier sans qu'il en 
reste vestige. La rue du Mûrier, au contraire, renferme 
un assez grand nombre d'anciens hôtels paraissant re- 
monter à l'ancien Paris, au Paris du XV e ou XVI e siècle. 
Les maisons sont bâties en bonnes pierres de taille et les 
murs noircis par le temps. Il y a presque partout des 
cours, jadis assez grandes, aujourd'hui encoml nées d'af- 
freuses masures en planches disjointes ; les anciens sa- 
lons sont devenus les bouges d'une population hétéro- 
clite, qui remplace les vitres par des papiers huilés et 
les antiques bahuts par des tas (le chiffons infects et la 
iv. 16 



— 338 — 

hotte traditionnelle. Mais pas de traces de lions de pierre, 
pas apparence de jardins, ni même de la place qu'ils 
auraient pu occuper. 

Gollctet avait eu, nous l'avons dit, des moments de 
richesse; il avait ses maisons intra mutos, dont nous 
avons parlé. Chevreau le trouve un admirable tempéra- 
ment et vante sa complaisance. Il parle de ses nombreu- 
ses habitations; il est vrai qu'à l'époque de Colletet 
( 1598-1659) les maisons ne coûtaient pas cher; aussi 
notre poëte dit : 

J'ay des maisons aux champs, j'ay des maisons en ville. 

Ces maisons, Chevreau les croit in partibus infidelium. 
Nous pensons que c'est à tort : si elles n'ont pas toutes 
les qualités et les splendeurs dont Colletet se plaît à re- 
vêtir tout ce qui lui appartient, au moins elles ont existé. 
Tallemant desRéaux, qui ne flatte pas le poëte, comme 
nous l'avons vu, dit sérieusement que Guillaume Colletet 
avait à Runguis, à trois lieues de Paris, sur la route de 
Choisy à Versailles un Juguriolum ( cabane, maison- 
nette) \ et le poëte dit lui-même quelque part : 

J'abandonne la cour puisqu'elle m'abandonne. 
Je veux porter ailleurs la lyre que je sonne -. 



Mon jardin, mon vallon, mon bois et mon ruisseau, 
Exerceront chez moi ma lyre peu commune. 

Telle était, en 4 651 une des propriétés de Colletet ; 
ce luxe d'une maison de campagne nous paraît du reste 
le dernier crépuscule de sa richesse. Il finit par tomber 
dans le dénûment, et fut obligé de vendre l'ancienne 
maison de Ronsard, la maison de Sainct-Nicolas, en 

1 Tallemant des Réaux, Historiettes. Paris, Delloye, 1840, 
in-12,t. IX, p. 184. 

2 Poésies diverses de M. Colletet, Amours de Claudine; Re- 
traite des Muses, Sonnet, 42 (an ÎGGI ). 



— 239 — 

1653, six avant sa mort, au potier de terre Guillaume 
Marboutin. Son inconduite l'avait réduit à la misère, et 
les trois servantes qu'il épousa successivement prirent si 
bien l'intérêt du ménage, qu'il ne laissa à M. son fils, 
dit Chevreau, que le nom de Collctet pour tout héritage. 
Du reste, il paraît que le nom de Colletet ne valait pas 
grand'chose, car le pauvre François, crotté jusqu'à l'é- 
chiné, allait quêter son pain de cuisine en cuisine ' . Où 
demeurait-il? Il demeurait partout ; à chaque instant il 
changeait de gîte, comme ceux qui n'ont pas de quoi 
payer leur loyer et qu'un propriétaire inflexible met ri- 
goureusement à la porte. Toujours est-il qu'en 1G60 il 
demeurait près la porte Saint-Michel; dans une lettre 
burlesque que François écrivait, le 10 mars de cette 
année, à M. Richelet, professeur au collège de Vitry-le- 
Français, il lui donne son adresse : 

Près de la Porte Suint Michel, 
Chez Madame Robert, mercière, 
Voisine d'une chandelière.... - 

Dans le même recueil se trouve une autre épître qu'il 
adresse à M. de Riantz, et qu'il date de la Porte-Saint- 
Marcel. Vers 4065, date de la première édition du Tracas 
de Paris, il habite la paroisse Saint -Médard; enfin, 
vers 4670, on le retrouve rue du Mûrier, sur la paroisse 
de Saint -Etienne -du- Mont. Il nous serait difficile de 
reconnaître dans ce pauvre diable le propriétaire de la 
maison de Ronsard. 

2 Boileau. 

2 Poésies manuscrites de Colletet, Bibl. du Louvre, n°2398. 



Par M. Hinclats. 



Messieurs, 

Le poëte pour lequel je demande l'hospitalité de vo- 
tre Bulletin, a eu le bonheur d'être à la fois un auteur 
émincnt et un honnête homme. Les Allemands l'appel- 
lent notre Hans Sachs, notre bon Hans Sachs. Sa gloire 
n'a pas eu cet éclat fugitif qui s'éteint avec la vie et qui 
force le biographe de l'avenir à user de toutes les res- 
sources de la rhétorique pour remettre quelques chairs 
sur des ossements desséchés. Hans Sachs, pour me ser- 
vir d'une comparaison chère à ses compatriotes, a été 
comme ces astres remarquables qui s'éclipsent de temps 
à autre pour reparaître avec une lumière toujours plus 
pure et plus radieuse. 11 semble que ces éclipses soient 
nécessaires pour tempérer la monotonie d'une gloire 
interrompue, et pour amener les explosions d'enthou- 
siasme qui retentissent, comme à l'apparition d'un sou- 
verain, chaque fois que de vieux maîtres oubliés sont 
rappelés à la mémoire des peuples. 

L'Allemagne du moyen âge eut deux époques parti- 
culièrement fécondes en œuvres poétiques; celle des 
Minnesinger, appelée aussi période souabe, qui com- 
mence avec le règne des Hohenstauffen et s'arrête à 
l'origine des universités allemandes (4137-4346); et 
celle des Meistersinger , ou période rhénane, qui prend 
naissance avec les universités et dure jusqu'au commen- 
cement des temps modernes, jusqu'à ce prodigieux mou- 
vement que la Réforme de Luther opéra aussi bien dans 
la littérature que dans l'Eglise (4346-4523). Les noms 
de période souabe, période rhénane, de même que ce- 
lui de période saxonne donné à l'époque de Luther, in- 
diquent les principaux dialectes alors en honneur. 



— 241 — 

Les minnesinger, chanteurs d'amour et de grands 
coups d'épée, représentent la chevalerie dans le domaine 
des lettres. Presque tous étaient nobles, et leurs accents, 
toujours mélodieux et inspirés, s'élèvent souvent à une 
hauteur que n'ont pas dépassée les poètes des temps les 
plus heureux de la littérature allemande. 

Mais quand les discordes qui naquirent à la chute des 
llohenstauffen eurent plongé la noblesse dans les bri- 
gandages de la guerre civile, les muses effarouchées s'en- 
fuirent loin d'elle, et se réfugièrent dans les rangs les 
plus humbles de la bourgeoisie. Les artisans les ac- 
cueillirent, et, pour leur donner une retraite plus sûre, 
ils s'établirent en corporations de poètes où l'on prenait 
ses grades, comme dans les corporations de métiers, de- 
puis celui de compagnon-chanteur jusqu'à celui de maî- 
tre. Cette hospitalité porta ses fruits : vivant avec le 
peuple, les muses se firent son écho ; elles en prirent le 
ton satirique et railleur, mais aussi le bon sens et la 
droiture ; elles perdirent l'esprit délicat, sublime et che- 
valeresque, qu'elles avaient eu avec les minnesinger ; 
mais avec les meistersinger, leur langage, rigoureuse- 
ment asservi à la mesure du vers, répandit dans les 
masses le respect de la justice et de la morale, et ven- 
gea l'une et l'autre des outrages qu'elles subissaient 
dans les classes plus élevées de la société. 

Notre vanité nationale et notre dédain pour tout ce 
dont nous n'avons pas l'initiative, nous ont bien fait con- 
naître superficiellement les productions des minnesinger, 
élèves, plus grands que leurs maîtres, des ménestrels 
français ; mais nous ignorons si complètement les maî- 
tres-chanteurs, que nous avons regardé comme un phé- 
nomène unique l'apparition en ce siècle d'artisans-poëtes 
comme Reboul et Jasmin. Pour les rattacher au passé, 
nous avons exhumé de sa profonde sépulture maître 
Adam, le charpentier; mais personne, que je sache, 
n'a songé aux maîtres-chanteurs si nombreux en Alle- 
magne que la seule ville de Nuremberg en eut jusqu'à 
deux cent cinquante fréquentant ou même temps les 
écoles de maîtrise. 



ûm 

llans Sachs, surnommé £e dernier et le maître dos 
maîtres - chanteurs, naquit en cette ville fortunée, en 
14-94. Son père était tailleur; lui-même exerça l'état de 
cordonnier ; un tisserand, Léonard Nunnenbeck, fut son 
premier maître en poésie, et lui communiqua la con- 
naissance de la tablature, le code poétique des meis- 
tersinger. A dix-sept ans, il entreprit son tour d'Eu- 
rope, et visita successivement toutes les villes renommées 
par leurs écoles de chant. Cinq ans après, également 
perfectionné dans sa double profession de cordonnier et 
de poëte, il revint s'établir dans sa ville natale, et com- 
mença la longue série de ses œuvres par une Ode à la 
Trinité. Dès lors plus de repos dans sa laborieuse car- 
rière : des lectures multipliées, sérieuses et variées, oc- 
cupèrent ses loisirs et lui rendirent familiers, non-seule- 
ment les écrivains de son temps et de son pays, mais 
aussi les auteurs grecs et latins dont il lisait les œuvres 
dans les traductions paraphrasées du XVI e siècle. 

Quelque longue qu'ait été sa vie, quelque féconde sa 
facilité à écrire en vers, on se demande avec étonne- 
ment comment cet artisan, obligé de pourvoir par son 
travail manuel aux besoins d'une femme et de sept en- 
fants, a trouvé le temps de composer les G0i8 pièces, 
très-étendues pour la plupart, qui forment la somme de 
ses œuvres, et dont le quart seulement, parvenu jus- 
qu'à nous, remplit cinq volumes in-f". C'est ici que l'on 
se rappelle la légende du malin esprit refusant de ten- 
ter le solitaire adonné au travail : en effet, dans une 
existence de quatre-vingt-deux ans, les historiens de 
Hans Sachs ne trouvent pas un devoir négligé, pas une 
action blâmable. 11 vieillit doucement, entouré du res- 
pect et de l'affection de ses concitoyens. Supérieur à la 
fortune, il porta d'une âme égale la douleur que la mort 
de tous les siens appesantit sur lui. Un de ses élèves, 
le cordonnier Adam Puschmann, nous le montre dans 
la dernière année de sa vie, alors que ses facultés in- 
tellectuelles entraient déjà dans ce repos avant-coureur 
chez les vieillards du repos éternel de la tombe. 



— ±iS — 

« Dans une salle, dit Puschmann, percée de fenêtres 
par lesquelles on pouvait voir les fruits des jardins d'a- 
lentour, se trouvait une table couverte d'un tapis de 
soie verte. A cette table était assis un vieillard, gris et 
blanc comme une colombe ; une grande barbe lui des- 
cendait sur la poitrine, et ses yeux s'arrêtaient sur les 
pages d'un grand livre richement garni d'or et posé de- 
vant lui sur un pupitre. Sur des bancs tout auprès se 
voyait une foule de gros livres précieux, tous bien fer- 
rés, et sur lesquels le vieux maître portait de temps en 
temps ses regards. Quiconque venait auprès du vieux 
maître dans cette belle salle et le saluait de loin, le vieux 
maître le regardait sans rien dire; seulement il incli- 
nait silencieusement vers lui son chef affaibli, car sa pa- 
role et sou ouïe tendaient à leur déclin, et ses facul- 
tés affaiblies se mouraient dans leur source. » 

Qui de nous, Messieurs, à ce touchant tableau, ne 
songe au doux soleil d'automne s'éteignant lentement cà 
l'horizon, après une journée qui a porté partout la joie 
tranquille, le bien-être et la chaleur? 

Ilans Sachs a cultivé tous les genres de poésie ; s'il 
n'en a porté aucun à la perfection, il a su se tenir au- 
dessus de la médiocrité qui ne résiste pas à répreuve 
du temps. Toujours aimable et séduisante, parfois acerbe 
et railleuse, sa naïveté est souvent noble, élevée, su- 
blime. Ce qui rendra ses œuvres impérissables, c'est 
qu'elles sont la peinture parfaite du temps où vivait 
notre poëte. Partout s'y montrent la pureté des mœurs, 
la naïve franchise, le dévouement constant et loyal, 
l'amour de la famille et du foyer, modestes mais si ai- 
mables et si précieuses vertus de la race allemande. 
Ilans Sachs excella surtout dans les contes et récits 
dont il prenait les sujets dans la mythologie, dans l'his- 
toire, dans la Bible, ou dans les Nouvelles en vogue 
de son temps. Le plus souvent cité est celui que j'ai 
essayé de traduire en vers fiançais, en lui conservant, 
autant que le comporte notre langue, sa naïve sim- 
plicité. Puisse la lecture de cette pièce nous donner une 



244 



idée de la manière d'écrire du vieux maître, et vous im- 
primer dans l'âme peur son nom respecté un souve- 
nir d'amour et de vénération ! 



SAINT PIERRE ET LA CHÈVRE. 

Au temps où Jésus-Christ était encor sur terre 
Et qu'avec lui marchait saint Pierre, 
D'un village sortant un jour, 
L'apôtre commença tout près d'un carrefour : 
« Seigneur Dieu, mon maître, 
Combien m'étonne ta bonté ; 
La toute -puissance est ton être. 
Et cependant en vérité, 

Sans crue cela t'inquiète, 
Partout dans ce pauvre univers 
Tout va sans cesse de travers, 
Comme le dit Habacuc, le prophète. 
La force et l'injustice en place du bon droit ; 
L'équité sans appui, les talents sans issues ; 
L'impiété l'emportant sur la foi ; 
Toutes doctrines confondues, 
Comme poissons dans l'Océan ; 
L'un toujours l'autre dévorant, 
Le bon traqué par le méchant. 
Ainsi tout marche à la dérive 
En tous états^» 
En haut, en bas. 
N'importe quelle chose arrive , 
Tu la vois, tu te tais ! 
On dirait que fort peu vraiment il t'en soucie 

Et que tu n'y peux mais ! 
Cependant pour briser les efforts de l'impie, 
De ta foudre ta main n'a qu'à saisir les traits. 
Oh ! que ne suis-je Dieu seulement une année ! 
Que ne m'est pour ce temps ta puissance donnée ! 
J'y veillerais bien autrement. 
Tout le long de l'échelle 
De la condition mortelle 



— 245 — 

Quel (ilus sage gouvernement ! 
Celte main briserait usure, perfidie, 
Rébellions, vol, incendie; 
Et la paix, grâce à moi, régnerait dans la vie. — 
Ça, Pierre, dis-moi donc, répondit le Seigneur, 
Penses-tu nous fournir plus sage directeur ; 
Mieux régler toute cbose et porter sur la terre 
Ton aide aux gens pieux, aux méchants ta colère? — 
Et saint Pierre de répéter : 
« J'établirais, je te l'assure, 
Dans ce monde plus de mesure, 
Et tout ce pêle-mêle en voudrais bien ûter 
Pour une meilleure ordonnance. » 
Lors le Seigneur dit : « Prends donc ma puissance, 
Pierre, je le mets en mon lieu, 
Aujourd'hui tu seras bon Dieu. 
Agis et commande à ta guise ; 
Sois bienveillant ou rigoureux, 
Bon, secourable ou dur aux malheureux. 
Dispense le beau temps, ou bien tout écraser. 

Tu peux punir, tu peux récompenser, 
Soutenir, épargner, ou la pluie et la bise. 
En un mot que ma force à ton bras appartienne, 
De ce jour elle est tienne. » — 
Et des mains du Seigneur 
Le sceptre va parer celles du serviteur. 
Pierre ne se sent pas de joie, 
La puissance luv sied si bien ! 

Voici paraître sur la voie 
Une vieille au tremblant maintien, 

Les pieds nus, en haillons, la face pâle et sèche, 

Qui va menant sa chèvre en quête d'herbe fraîche. 

.lusquesau carrefour lentement elle vient; 
Et là : « Va donc, au nom de Dieu, dit-elle ; 
Dieu te conserve et te prenne en tutelle 
Contre le loup, contre le mauvais temps ! 

Jamais plus loin qu'ici ne t'ai-je accompagnée ; 

Si je ne gagnais pas chaque jour ma journée, 

Je n'aurais pas de pain, ni mes petits enfants. 

Va donc, où tu pourras, quêter ta nourriture, 



— 246 — 

Et que la main de Dieu t'assure ! » — 
La pauvresse à ces mots regagne le hameau 
Et laisse la chevrette aller seule au coteau. 

Alors le Seigneur dit à Pierre : 
« De cette pauvre femme entends-tu la prière? 

Il te faut prendre en pitié sa misère ; 
Et puisque de hon Dieu tu portes qualité, 

C'est un devoir de cette dignité 
De conserver sa chèvre en ta garde assidue, 
Et d'exaucer sa prière ingénue. 
Jusqu'au soir il te faut veiller 
Qu'elle n'aille se fourvoyer 
Dans les buissons; qu'aux larrons cherchant proie, 
Aux loups, aux ours elle n'échoie ; 
Que saine en son logis, sur le déclin du jour. 
Auprès de sa maîtresse elle soit de retour. 
A l'œuvre donc et du courage ! » — 
Du Christ écoutant le langage, 
De l'animal Pierre se fait pasteur, 
Et le conduit au pâturage. 
Pauvre disciple, quel labeur ! 
La bique était d'humeur joyeuse, 
Jeune, vive et capricieuse. 
La voilà déjà loin de lui ! 
A droite, à gauche elle s'enfuit, 
Dans la pâture court et saute, 
Tantôt grimpe au rocher, tantôt descend la côte, 
Ou disparaît çà, là, dans les épais buissons. 
Soupirant, essoufflé, la gorge haletante, 
Pierre poursuit ses écarts vagabonds ; 
Et du soleil la chaleur accablante 
A ruisseaux sur son corps fait couler la sueur. 
Le vieillard sans repos consume la journée. 
Enfin, lorsque bien tard, brisé de son labeur, 
La chèvre en sa chaumine est par lui ramenée, 
Il s'arrête épuisé, sans force et sans vigueur. 
Avec un doux souris Jésus le considère : 
« Démon pouvoir, dit-il, veux-tu plus longtemps, Pierre? 
Mon bon Seigneur, répond le téméraire, 
Reprends ton sceptre et ton pouvoir ; 
Puissè-je ne jamais me voir 



— iïl — 

Gérant de ta toute-puissance ! 
D'une chevrette ma prudence, 
Malgré tous mes efforts, mes soins et mes tracas, 
A peine, je le sens, peut diriger les pas. 
Seigneur, pardonne à ma folie ! 
Aussi longue que soit ma vie, 
Je ne veux plus te blâmer désormais. — 
Ainsi fais, tu vivras dans une heureuse paix, 
Dit le Seigneur ; et vois sans défiance 
Du monde entre mes mains reposer l'ordonnance. < 



RENSEIGNEMENTS 

SUR LA 

STATISTIQUE RELIGIEUSE (avM789) DES PAROISSES 

de l'arrondissement actuel de Vendôme, 

Par M. Dupré, bibliothécaire à Blois. 

(Suite et fin.) 



VENDOME. 

Vindocinium '. 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

L'origine de cet archidiaconé, comme celui de Blois, 
remonte à la division primitive de l'ancien diocèse de 
Chartres, dont le Blésois et le Vendômois faisaient par- 
tie 2 . L'archidiaconé de Vendôme entra dans la compo- 
sition du nouveau diocèse de Blois, formé en 1G98. 

§ I. ÉGLISE COLLÉGIALE DE SAINT-GEORGES. 

Geoffroy - Martel, comte d'Anjou et de Vendôme, 
fonda cette église en 1032 (ou 1047), tout auprès du 
Château, dont elle devint le sanctuaire domestique et la 
sainte chapelle \ En dernier lieu, le chapitre de S l - 



1 On attribue communément cette circonscription à saint 
Lubin, évoque de Gbartres, qui vivait au VI e siècle de l'ère chré- 
tienne. (Ghevart, Histoire de Chartres, 1. 1, p. 269.) 

2 Les ouvrages de l'abbé Simon, de M. de Passac et de M. de 
Pétigny, sur Vendôme et le Vendômois, me dispensent d'entrer 
dans les détails du sujet; je me bornerai donc à un résumé très- 
succinct de ces publications estimables, en ce qui concerne les éta- 
blissements religieux de Vendôme. 

5 De Passac, p. c 20, et de Pétigny, p. 173. 



— 249 — 

Georges se composait de douze chanoines titulaires, 
sept hebdomadiers, et deux vicaires chapelains 1 . 

A. D. Vingt-une liasses de titres, dont plusieurs pa- 
raissent fort anciens 2 . 



S II. PAROISSES. 
Saint-Martin. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Cette église fut bâtie, dit-on, sur le lieu même où 
saint Martin, allant de Tours à Chartres, aurait annoncé 
l'évangile au peuple encore païen, et aurait ressuscité 
un enfant, comme le rapporte son historien Sulpice Sé- 
vère 3 . 

A. D. Inventaires des titres et nécrologie (9 registres 
in-folio). Plus trois liasses de titres. A l'aide de ces do- 
cuments, M. de Mai tonne, archiviste, a pu donner sur 
ladite paroisse un travail complet et très-bien fait, au- 
quel nous renvoyons les curieux 4 ; on y trouvera large- 
ment traité tout ce qui regarde les vicissitudes histori- 
ques, le patrimoine, l'administration, les institutions 
pieuses et charitables de cette paroisse, la plus ancienne 
et longtemps la seule qu'ait eue la ville de Vendôme. 
Entre autres confréries, celle de la sainte Vierge y flo- 
rissait 5 . 

Saint-Lubin. 

Présentateur : l'abbé de Saint-Georges-du-Bois. 
Eglise fondée vers la fin du VI e siècle, comme simple 

1 Calendrier historique de l'Orléanais pourl789, p. 193. 

2 L'abbé Simon en a relevé un grand nombre (T. ï,passim). 

3 De Pétigny, p. 170. 

4 Mémoires de la Société des Sciences et Lettres de Blois, t. VI, 
pp. 3 à 98. ' 

5 Notre-Dame de France, p. 477. 



— 250 — 

chapelle, par saint Bouchard, pieux solitaire, disciple de 
saint Lubin, évêque de Chartres; érigée plus tard en pa- 
roisse 1 . 

A. D. Une liasse de titres des biens-fonds et des rentes, 
de baux, de procédures, etc. Parmi ces pièces diverses, 
on remarque un questionnaire de statistique religieuse, 
adressé au curé par l'évêque de Chartres en 1692, avec 
les réponses écrites en marge. (C'est le seul document de 
ce genre que nous puissions signaler dans les Archives de 
la Préfecture: Userait à désirer que ce dépôt fournît des 
renseignements semblables pour d'autres paroisses.) 

Saint-Bié ou Bienheuré (Bcatus). 

Présentateur : l'archidiacre. 

La Chapelle de Sairit-Bienheuré fut bâtie sur la grotte 
même que ce saint solitaire avait habitée, et dans la- 
quelle son corps reposait : cette grotte et le dragon qui 
s'y cachait d'abord font le sujet d'une légende miracu- 
leuse accréditée dans le pays' 2 . La chapelle, devenue en- 
suite église paroissiale, fut donnée à l'abbaye de la Tri- 
nité de Vendôme avant 4047, puisqu'elle figurait déjà 
dans une bulle datée de cette année, et confirmative des 
possessions du monastère bénédictin 3 . 

A. D. Une liasse de titres. 

La Madeleine. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Eglise érigée en 1474, comme simple succursale de 
la paroisse, et devenue paroissiale en 4 487 4 . 



1 De Pétigny, p. 83, et dePassac, p. 48. 

2 Bréviaire de Blois, 8 mai, et de Pétigny, pp. 71 et suiv. 
r> De Passac, p. 47, et l'abbé Simon, t. III, p. 02. 

4 De Pètigny, p. 331, el notedep. 332. —De Passai-, p. 47, 



— 251 — 
A. 1). Trois liasses de titres. 

Nota. — En 1780, il y avait donc à Vendôme quatre 
paroisses : Saint-Martin et la Madeleine pour la ville intrà 
muros, Saint-Lubin et Saint-Bienhcuré pour les deux fau- 
bourgs de mêmes noms. Depuis, la paroisse Saint-Mar- 
tin a été transférée dans l'église abbatiale de la Trinité ci- 
après mentionnée ; celles de Saint-Lubin et Saint-Bien- 
heuré ont été supprimées, et leurs églises démolies. 
L'église de Saint-Martin a été pareillement détruite de 
nos jours, à l'exception du clocher. Seule des quatre an- 
ciennes paroisses de Vendôme, la Madeleine a conservé 
son église d'autrefois. 



j t>' 



§ III. CHAPELLES ET PRIEURÉS. 

L'origine de la chapelle de Saint-Pierre-la-Motte, si- 
tuée au bord du Loir, paraissait remonter jusqu'aux 
temps mérovingiens 1 ; dans le XI e siècle, elle passa sous 
la dépendance du chapitre de Saint-Georges 2 . 

La chapelle de Saint -Denis, bâtie hors la ville, à 
l'Ilette, sur l'ancienne route de Paris 3 , a été détruite 
avant la fin du XVIII e siècle 4 . 

La chapelle de Saint-Jacques-du-Bourbier (au fau- 
bourg Saint-Georges), ruinée pendant les guerres de reli- 
gion, n'était plus, au siècle dernier, qu'un pauvre béné- 
fice 5 . 



1 De Pétigny, p. 80. 

2 De Pétigny, p. 174. Voir aussi, sur le registre de la biblio- 
thèque de Blois, la déclaration des revenus de ce bénéfice en 1705. 

3 De Pétigny, p. 349. 

4 L'abbé Simon, t. III, p. 201. 

5 Déclaration des revenus de cette chapelle en 1705, f°s 150 et 
151 du registre des biens de main moite de l'ancien diocèse de 
1 *. 1 1 > i s (Bibliothèque communale). 



— 252 — 

Le prieuré de Saint-Léonard, contigu à l'église de 
Saint-Lubin, appartenait à l'ordre de Premontré 1 . 

Le prieuré de Sainl-Médard-lès-Vendôme (vulgaire- 
ment appelé Saint-Mars ou Saint-Marc) avait été fondé, 
au XI e siècle, par les bénédictins de Marmoutier-lès 
Tours 2 . Le hameau de Courtiras avait une chapelle de 
Saint-Hubert, consacrée le 5 décembre 1514. (Notice 
ci-après du docteur Gendron.) 

Il existait aussi une chapelle dans le grand cimetière 
commun v.u\ deux paroisses de Saint-Martin et de la 
Madeleine'. 

Le prieuré de Sainte-Croix-de-la-Bretonnei ie, établi au 
faubourg du Temple, appartint d'abord aux Templiers, 
qui donnèrent leur nom à ce lieu : après l'abolition de 
cet ordre (XIV e siècle), il fut donné à l'abbaye des Ber- 
nardins de Notre-Damc-de-l'Espace, située à peu de dis- 
tance du Mans 4 . 



§ IV. MONASTÈRES. 
Bénédictins. 

Abbaye fondée en 1030, sous l'invocation de la Sainte 
Trinité, par Geoffroy-Martel, comte d'Anjou et de Ven- 
dôme, et par la comtesse Agnès, sa femme 5 ; obtint, 
en 1068, par concession, du pape Alexandre 111, le titre 
cardinalice de S te -Prisque 6 , d'où vint la haute qualifi- 

1 De Passac, p. 48. 

2 De Pétigny, p. 159. 

3 De Passac, p. 50, et de Martonne, p. 34, du travail déjà cité 
sur l'église paroissiale de Saint-Martin. 

4 De Passac. p. 57. 

5 De Pétigny, pp. 04 et suiv. — Gallia christiana, t. VIII, col. 
13G4, et suiv. L'abbé Simon, 2e volume consacré presque tout en- 
tier à l'abbaye de la Trinité. 

6 L'église cardinalice de S'o-Prisque est située à Rome sur le 
mont Aventin. 



— 253 — 

cation de cardinal, donnée à ses abbés 1 ; tomba en 
commende à partir de 45.10 a . Son dernier abbé com- 
menditaire fut Mo r de Bourdeilles, évêque de Soissons 
en 1789 3 . L'église abbatiale se glorifiait de posséder 
une des larmes que Notre-Seigneur versa sur le tombeau 
du Lazare; cette insigne relique était l'objet d'une dévo- 
tion célèbre dans le Vendômois. Le peuple vénérait 
aussi une image de la sainte Vierge peinte sur un des vi- 
traux de la même église. Ce temple, heureusement con- 
servé, est devenu, depuis 1791, le siège de la principale 
paroisse de Vendôme; il reste d'ailleurs l'un des beaux 
monuments religieux du diocèse actuel de Blois. 

A. D. 4 petits cahiers d'actes concernant le temporel 
des prieurés de La Trinité, situés en dehors du diocèse, 
XV e , XVI e et XVII e siècles. — Registre des déclarations 
faites au fief du prieuré de Gombergean, qui dépendait 
de l'abbaye de La Trinité, par les vassaux et tributaires 
de cette seigneurie ecclésiastique, 1770 et 4771. — 51 
liasses de pièces, savoir : 24 pour les menses abbatiale et 
conventuelle, et 27 pour les prieurés. 

Chapelle de Notre-Dame-de-Pitié, établie en 1070 par 
les Bénédictins dans l'enceinte de leur monastère, au 
milieu de leur cimetière particulier 4 . 



Templiers. 

Etablis en 1150 dans le local qu'occupèrent au siècle 
suivant les Pères cordeliers. — Ces chevaliers furent 
alors transférés dans le faubourg ou village qui a gardé 



1 De Pétigny, pp. 204 et 309; de Passac, pp. 30 etsuiv.; l'abbé 
Simon, t. II, p. 80. pp. 205 et suiv. 

8 L'abbé Simon, t. II, p. 357. 

3 Calendrier lnstorique de l'Orléanais pour 4789, p. 194. 

4 De Pétit>ny, p. 214; do Passac, p. 217: l'abbé Simon, t. III, 
p. 201. 

iv. 17 



— 254 — 

le nom de Temple, malgré leur suppression au XI \ v 
siècle ' . 

Cordeliers. 

Ce couvent de Franciscains, fondé en 1 223, fut une 
des premières maisons que Tordre austère de Saint- 
François-d'Assise eût en France 2 . Auprès de l'église des 
Cordeliers s'élevait une chapelle du Saint-Sépulcre, qui 
en dépendait 3 . 

A. D. Une liasse de titres. 

Capucins. 

Etablis en 1605, par les libéralités de César, duc de 
Vendôme (fils naturel d'Henri IV), et parles soins de la 
duchesse, sa femme, Françoise de Lorraine-Mercœur. '* 

Calvairiennes. 

Maison de religieuses bénédictines réformées, établie 
en 1626 par les mêmes personnages 5 . Elle existe encore, 
et continue de se livrer à l'instruction des jeunes per- 
sonnes. 

A. D. Trois liasses de titres. 

Ursulines. 

Instituées en 4632, grâce aux mêmes bienfaiteurs; 
elles tenaient une école et un pensionnat prospères 6 . 
A. D. Trois liasses de titres. 



1 De Pétigny, pp. 363 et suiv. ; l'abbé Simon, t. III, p. 84. 

2 L'abbé Simon, t. III, p. 84; de Passac, p. 39 : de Pétigny, 
p. 313. 

3 De Passac, p. 40. 

4 De Passac, p. 46 ; de Pétigny, p. 366. 

s L'abbé Simon, t. III, pp. 118 et suiv. ; de Passac, p. 41. 
6 L'abbé Simon, t. III, p. 139; de Passac, p. 43; de Pétigny, 
p. 366. 



- 255 



S Y. ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION ET DE CHARITÉ 

Collège. 

En 1573, les habitants de Vendôme fondèrent immo- 
deste collège, qui eut d'abord peu de succès. En 1623, 
César, duc de Vendôme, agrandit cette première institu- 
tion, et la ville, secondant les généreuses intentions du 
prince, confia le nouvel établissement aux Oratoriens. 
Sous cette habile direction, le collège devint florissant et 
célèbre, surtout pour les mathématiques, qui étaient 
alors peu cultivées dans l'université ou dans les maisons 
tenues par les ordres religieux ' . 

A. D. Inventaire et extraits des titres des biens de 
l'ancienne maladrerie (ou hôpital) Saint-Jacques ; les- 
quels biens devinrent, en 1023, le patrimoine du collège; 
cet inventaire, dressé au XVIII e siècle, comprend une 
suite d'actes passés depuis 1203 jusqu'à 1733. — Livre 
des cens, terrages, dîmes et rentes du même patrimoine, 
XVIII e siècle. — Plus, dix liasses de pièces, la plupart 
inscrites et analysées dans l'inventaire ci-dessus men- 
tionné. 

Hôtel-Dieu. 

Fondé, à la fin du XII e siècle, sous l'invocation de 
Saint-Jacques, et desservi par des Frères Gondonnés qui 
mettaient leurs biens en commun. En 1022, les bâti- 
ments et les biens de cet hôpital furent cédés aux Orato- 
riens pour former la dotation du collège, à la charge par 
eux de payer une indemnité au nouvel hôtel Dieu, qui 



1 L'abbé Simon, t. III, pp. 205 etsuiv.; de Passac, p. 43; de 
Pétigny, pp. 305 et suiv. — Calendrier historique de l'Orléanais 
pour 1789, p. 494. Voir aussi une notice publiée en 1 84-7 par M. le 
docteur Gendron sur la chapelle de l'ancien hôpital Saint-Jacques 
el sur le collège des Oratoriens. 



— 250 — 

remplaça rétablissement supprimé. La chapelle fut res- 
taurée pour l'usage du collège ; depuis, elle a conservé 
cette destination; et le vocable primitif de Saint-Jacques 
lui est également demeuré, en mémoire de son origine 1 . 

A. D. Inventaire des titres de l'hôpital Saint-Jacques, 
dressé au XVI e siècle (un registre). — Une liasse de 
titres particuliers au nouvel hôtel-Dieu, depuis 1022. 



§ 0. PERSONNAGES ECCLÉSIASTIQUES 
NÉS A VENDOME. 

Saint-Arnoult, d'abord religieux dans l'abbaye de la 
Trinité, puis évêque de Gap, vivait au XI e siècle, Il est 
honoré le 19 septembre, et demeure le patron d'une pa- 
roisse du Vendômois 2 . 

Mathieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis et régent 
du royaume sous le règne de saint Louis, mourut en 
1280 s . 

Denis Lefevre, professeur des langues grecque et la- 
tine en l'université de Paris, puis religieux Célestin, mort 
au commencement du XVII e siècle dans les plus grands 
sentiments de piété 4 . 

Le père Agalhangc, Capucin de la maison alors nais- 
sante de Vendôme (Noury était son nom de famille); fut 
missionnaire dans la Turquie, la Syrie et l'Egypte ; après 



1 L'abbé Simon, t. III, pp. 205 et suiv.; de Passac, pp. 43 et 
46. — Annuaire de 1806, p. 53. — Chorographie de Loir-et-Cher, 
par Anthony Genevoix, pp. 116 et 117. — Notice déjà citée du doc- 
teur G endron. 

2 L'abbé Simon, t. III, p. 309. 

3 L'abbé Simon, t. III, p. 318, et la Biographie Michaud. 

4 L'abbé Simon, t. III, p. 328. 



— 257 — 

bien des fatigues et des persécutions, il tomba sous les 
coups des barbares Ethiopiens, et mourut martyr de la 
foi en 1038'. 



VILLÂVARD. 

Villavurdi. (La sainte Vierge.) 

Diocèse du Mans, archidiaconédeChâteau-du-Loir. 
Présentateur : l'abbé de Saint-Calais. 

Paroisse dont les dîmes furent le sujet d'une charte de 
4228 2 . Elle est aussi mentionnée dans un titre de 1274 
et dans d'autres actes du même siècle 3 . 

Ancienne dévotion à la sainte Vierge ; pèlerinage et 
confrérie en son honneur 4 . 

A. D. Quelques titres de rentes dues à la fabrique, 
XVIII* siècle. 

Ancien établissement de Templiers, ordre aboli au 
XIV e siècle. 

VILLE-AUX-GLERCS. 
Villa clericorum. (Saint Barthélémy ) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

L'évêque était collateur direct de la cure. 

Un saint Gildéric ou Joudry, originaire de la Grande- 
Bretagne, était particulièrement honoré dans cette pa- 
roisse et dans plusieurs autres du voisinage 5 . 

1 L'abbé Simon, t. III, p. 332. 

2 Analyse de documents tirés des Archives départementales de 
la Sarthe, par Ed. Bilard, n° 3. 

3 Ibidem, n° 615. 

4 Notre-Dame de France, t. 1. p. 1TN. 
3 Bréviaire de Blois, 14 mai. 



— 258 — 
VILLEBOUT ou VILLEBON. 

Villa Rébon. (Saint Jean-Baptiste.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Dunois. 

Présentateur: L'abbé delà Madeleine de Châteaudun. 

Eglise portée sur la bulle du pape Adrien IV en faveur 
de cette abbaye (XII e siècle), et sur le ponillé chartrain 
du XIII e siècle 1 . 

A. D. (Une liasse): Testaments et autres titres de 
biens-fonds, de rentes et de fondations religieuses pour 
la fabrique, du XV e au XVIII e siècle. Le plus ancien de 
ces actes est un testament de 1488. — Baux d'héritages 
acquis en vertu des actes ci-dessus. — Derniers comptes 
de la fabrique, de 1780 à 1791. 

VILLECHAUVE, 

Villa calva. (Saint Gatien.) 

Diocèse de Tours, archidiaconé d'Outre-Loire. 
Présentateur: le doyen du chapitre de la cathédrale. 
Eglise inscrite au cartulaire de l'archevêché de Tours, 
1290 2 . 

A. D. (Une liasse.) Testaments et autres titres de pro- 
priété de biens-fonds ou de rentes appartenant à l'église 
ou à la cure, XVII e et XVIII e siècles : un seul de ces actes 
(un testament) remonte au XVI e siècle. — Déclarations 
détaillées des biens et revenus de la cure, en 1092 et 
et 1704. 

VILLEMEU-EN-BEAUCE. 

Villa Dci. (Saint Jean- Baptiste.) 

Diocèse du Mans, archidiaconé de Château-du-Loir. 
Présentateur: l'abbé de la Trinité de Vendôme. 



1 L'abbé Bordas, p. 246. 

- Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, t. IX, 
p. 357. 



— 250 — 

Cette abbaye eut, dès son origine, un prieuré de Saint- 
Jean, fondé àVilledieu, en 1037, parunévèqueduMans 1 . 
Ce bénéfice, qui devint riche en possessions territoriales, 
jouissait des droits épiscopaux sur le pays, et portait le 
titre noble de baronnie. 

Un autre prieuré, fondé vers Tan 1 153, existait à Gas- 
tineau, auprès du bourg de Villedieu, et dépendait de 
la même abbaye ; on lui donnait aussi le titre de baron- 
nie 2 . 

La chapelle de Notre-Dame fut la première église pa- 
roissiale du lieu ; une très-ancienne statue de la sainte 
Vierge, conservée dans ce sanctuaire, était l'objet de la 
dévotion publique ; et les habitants s'opposèrent énergi- 
quement à ce qu'on l'enlevât de sa place, comme on es- 
saya de le faire au XVII e siècle 3 . Cette chapelle était ja- 
dis le but d'un pèlerinage célèbre, en l'honneur de Marie. 
L'édifice n'est plus qu'une ruine; mais la dévotion qu'il 
abritait se continue dans l'église paroissiale actuelle, où 
a été transféré le beau groupe de Notre-Dame de Pitié 4 . 

A. D. Trois cahiers pour la perception des cens du 
prieuré de Gastineau, XVI e siècle. — Sentence du bail- 
liage de Vendôme, en faveur dudit prieuré. 

(Une liasse.) Legs de quelques terres à la fabrique par 
un testament de 1030. — Titres, procédures et senten- 
ces delà justice du prieuré-baronnie de Villedieu, con- 
cernant des rentes dues à la fabrique, XV e , XVI e , XVII e 
et XVIII e siècles. Le plus ancien de ces actes est un tes- 
tament de 1483, rédigé en latin, au profit de l'église pa- 
roissiale. — Comptes de fabrique, de 1707 à 1772. — 
Titres dune confrérie delà sainte Vierge, XVIII e siècle. 
— Titres particuliers d'une chapelle de Saint-Laurent, 



1 L'abbé Simon, t. 111, p. 322, et de Pétigny, i>. 181. 

2 Pc Pétigny, p. 208. 

3 Simon, t. III, p. 229, el <!<• Passac, p. 85. 

4 Notre-Dame de France, t. 1. p. 171. 



— 200 — 

située en dehors du bourg, XVI e et XVII e siècles. — 
Déclarations des biens de la cure de Villedieu et de la 
chapelle de Saint-Laurent, lesquels biens relevaient féo- 
dalementdu prieuré, 1699. 

VILLEMARDY. 

Villa Marditii ou Materdi. (Saint Martin.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'abbé de la Trinité. 

Prieuré dépendant de cette abbaye. 

Eglise inscrite au pouillé chartrain du XIII e siècle. 

Le prieuré fut fondé, au commencement du XII e siè- 
cle, en faveur de l'abbaye de la Trinité, qui avait reçu en 
pur don cette église et ses premières dépendances * . 

A. D. Cahier des cens, des rentes et autres revenus 
dudit prieuré, de 1468 à 1507. — Registre de déclara- 
tions féodales au profit du même bénéfice, 4595-1602. 
— Plus une petite liasse de titres relatifs aux cens et 
rentes de ce prieuré. 

Autres pièces concernant la paroisse, savoir : un bail 
de terres qui appartenaient à la cure, 1 79 1 ; — acte de 
nomination d'un curé par l'abbé et les religieux de La 
Trinité, en 1420, sauf l'institution canonique, réservée à 
l'évêque de Chartres, collateur ordinaire des bénéfices 
de son diocèse ; — titre de propriété d'une pièce de 
terre, donnée à la boîte des Trépassés en 1533. 

VILLEPORCHER. 

Villa porchct'ii. (Saint Pierre.) 

Diocèse de Tours, archidiaconé d'Outre-Loire. 
Présentateur : le doyen du chapitre de la cathédrale de 
Tours. 



1 L'abbé Simon, t. III, pp. 2C1 et suiv.; de Pétigny, p. 251, 
note 4. 



— -2151 — 

Eglise mentionnée dans le cartulaire de l'archevêché 
de Tours, en 1 290 ' . 

A. D. Dons et legs faits à la cure, XVII e et XVIIl^ siè- 
cles. 

VILLERABLE. 

(Saint Denis.) 

Diocèse de Biois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

L'abbaye de La Trinité possédait, peu de temps après 
sa fondation, l'église et le territoire de Villerable, sui- 
vant la bulle du pape Clément II, datée de 10i7 2 . 

A. D. Déclarations féodales des héritages de la cure te- 
nus à cens de divers seigneurs, XVII e et XVIII e siècles. 

— Déclaration générale de ses possessions et revenus. 

— Pièces de procédures, et sentence rendue en 1774, 
au sujet des dîmes, XVIII e siècle. 

VILLEROMAIN. 

Villa Romani. (Saint Etienne.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Eglise portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

Au XII e siècle, un évèque de Chartres remit l'abbaye 
de Saint-Lanmer en possession de cette église, dont cer- 
tains seigneurs laïcs du voisinage avaient usurpé les dî- 
mes et les autres droits \ 



1 Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, t. IX, 
p. 362. 

2 De Launoy, Dissertation sur les anciens titres et privilèges de 
l'abbaye de la Trinité (t. III, p. 347 de ses œuvres complètes). 
Voir aussi de Pétigny, p. 192. 

3 Charte insérée dans l'Histoire manuscrite de Suint-Laumer. 
t't>44, v o (à la Bibliothèque de Blois). 



-20-2 



VILLETRUN. 

Villetrum. (Saint Martin.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Eglise inscrite au pouillé chartrain du XIII e siècle. 

VILLIERS. 

Villare. (Saint Hilaire.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 

Présentateur : l'archidiacre. 

Eglise portée sur le pouillé chartrain du XIII e siècle. 

VILLIERSFAUX. 

(Saint Georges.) 

Diocèse de Blois, archidiaconé de Vendôme. 
Présentateur : l'archidiacre, et auparavant, l'abbé de 
Saint-Georges-du-Bois. 



lOMMUNICATlON SCIENTIFIQU 



SUR LE 



PLANISPHÈRE RÉDUIT 

Par M. M a it esc: 11 al- Di r les si s 1 . 



Messieurs, 

L'an dernier, j'ai eu l'honneur de soumettre à la So- 
ciété un travail dans lequel, appelant Ilipparque à mon 
aide, je proposais, pour les atlas d'enseignement, la ré- 
forme de nos planisphères modernes, et le retour de 
celui de Mercatorà sa véritable destination, la carte ma- 
rine. Il faut croire qu'on n'est pas prophète dans son 
pays, ou qu'en France l'autorité scientifique ne peut se 
décentraliser plus aisément que l'autorité politique, car 
une seule approbation française, venue d'ailleurs d'as- 
sez haut, m'est parvenue jusqu'à ce jour; mais, dans 
un pays presque français, en Belgique, la nouvelle pro- 
jection, qui est née au milieu de vous, a promptement 
triomphé de la routine ; on lui rend justice, elle est pra- 
tiquée dans le grand établissement géographique de 
Bruxelles. 

Nous devons ce résultat à M. l'abbé Duray, curé de 
Landelies, petit bourg des environs de Charleroi, sur 
notre frontière. M. Duray est un géographe renommé 
qui a entrepris un ouvrage immense, l'Atlas universel des 
différentes églises, 30 cartes, grand in-folio et historico- 
géographiques, pour lesquelles il n'épargne ni soins, 
ni veilles, ni argent, et il est déjà arrivé au tiers de son 
travail. Après avoir admiré Tordre et la richesse des 
enseignements qui s'y trouvent, j'ai déposé ce premier 
tiers sur le bureau, invitant nos collègues à s'édifier à 
leur tour sur une œuvre qui sera, au dire des savants 
les plus autorisés, un véritable monument élevé à l'his- 
toire religieuse de l'humanité, dans tous les temps et 
dans tous les lieux. 

1 Voir le Bulletin de 1864, y. 54. 



— 264 — 

Or vous avez rendu à M. l'abbé Duray un grand ser- 
vice en publiant le système de projection planisphérique 
qui vous était soumis. Il s'est empressé de l'adopter, 
car, en présence des innombrables éléments qu'il avait 
à classer, il y trouvait une ressource pour économiser 
l'espace, tout en restant dans la vérité. La 9 e carte, celle 
du Paganisme, qu'il m'adresse pour vous être offerte, 
renferme la première application qui ait été faite de 
notre nouveau planisphère, et, par une attention déli- 
cate, il a mentionné mon nom sur le bord du cadre. Il 
m'écrit d'ailleurs, à la date du 11 août dernier, que, 
lorsqu'il dessinera les cartes 25, 26, 29 et 30, il em- 
ploiera la môme projection sur une échelle tout à fait 
grande. 

Ce n'est point sans une intention spéciale que je com- 
munique au Bureau ce bel et important ouvrage : j'ai 
pensé qu'il pouvait être l'objet d'un rapport, qu'il serait 
naturel de confier à l'un des savants ecclésiastiques qui 
font partie de notre société. 

J'ajoute que le travail de M. Duray porte, dans les 
temps anciens, le caractère le plus archéologique; et 
que les fouilles géographiques qu'il a dû opérer ont 
même amené une découverte qui ne manquera pas de 
piquer la curiosité : en sondant la Cosmograpliie univer- 
selle de Sébastien Munster, il y a trouvé, à la date de 
1552, une projection qui a le rapport le plus intime avec 
la projection homolagraphique de M. Babinet. Il serait 
à désirer que quelqu'un de nos collègues de Paris vou- 
lût bien chercher l'ouvrage dans une des bibliothèques, 
prendre le calque de cette projection et nous l'adresser 
avec copie du texte, si elle en était accompagnée. 



RÉSUME 

DE LA 

Communication verbale de M. J. Chautard 

Sur les propriétés éclairantes du Magnésium & le pouvoir 
phosphogénique de cette lumière. 



Après la lecture de M. Mareschal, la parole a été 
donnée à M. Jules Chautard, professeur de physique à 
la faculté des sciences de Nancy. Dans une improvisa- 
tion pleine d'intérêt, notre savant compatriote a fait 
connaître à rassemblée les propriétés éclairantes d'un 
métal nouvellement introduit dans le commerce, le Ma- 
gnésium, et notamment le pouvoir phosphogénique de 
cette lumière, propriété curieuse qu'il a découverte ré- 
cemment. 11 a accompagné ses explications d'expériences 
qui ont vivement intéressé son auditoire. 

Voici le résumé de cette causerie scientifique. 

Le métal dont il s'agit existe, en combinaison, dans 
la magnésie blanche des pharmaciens, dans le sulfate 
de magnésie, ou sel d'Epsom, également usité en phar- 
macie. 11 existe aussi à l'état de chlorure dans les eaux 
de la mer. Ce corps est donc très-répandu dans la na- 
ture à l'état de combinaison , mais son extraction a pré- 
senté de grandes difficultés aux chimistes. 

Ce n'est qu'en 1831 que M. Bussy parvint à Fisolcr 
en petite quantité. 11 resta à l'état de rareté chimique 
jusqu'en 1855, époque à laquelle M. Bunsen le prépara 
en plus grande masse, et reconnut sa propriété de brû- 
ler à l'air avec une flamme très-éclairante lorsqu'il est 
réduit en fil mince. 

Enfin, il y a quelques années (186-2 environ ), MM. 
Deville et Caron ont perfectionné le procédé de M. 
Bussy et donné un procédé industriel de préparation de 
ce métal. Aussi son prix, qui était en 1801 de 7à8fr. 
le gramme, est-il tombé successivement à 2 IV. 50. 



— -201) — 

1 lï., et actuellement on peut se procurer des iiis de 
magnésium à f ,25 le gramme. 

Arrivons maintenant à la propriété éclairante du ma- 
gnésium. Si on plonge l'extrémité d'un fil fin de ce 
métal dans la flamme d'une lampe à alcool ou même 
d'une bougie, on voit le fil fondre et s'allumer, pour 
brûler ensuite dans l'air avec une flamme blanche 
éblouissante. Le produit de la combustion est de la 
magnésie, substance blanche et fixe qui donne à la 
flamme son éclat extraordinaire. Cette lumière est des- 
tinée certainement à rendre de grands services à l'in- 
dustrie. 

D'abord son pouvoir éclairant considérable ( un fil 
de 7 3 de millimètre de diamètre répand en brûlant 
autant de lumière que 74 bougies ordinaires ) l'a fait 
proposer pour éclairer les travaux des mines et ceux 
qui s'exécutent la nuit, pour l'éclairage de pbares, etc. 

En outre, cette lumière a toutes les propriétés chi- 
miques de celle du soleil. Il suffit d'éclairer un objet 
avec un fil de magnésium en combustion pour pouvoir 
le reproduire par la photographie, comme s'il était 
frappé par la lumière du jour. On s'en sert déjà avec 
succès pour prendre ainsi les intérieurs de cathédrales, 
les cryptes, les grottes, etc. On a pu dernièrement 
photographier l'intérieur des pyramides d'Egypte à l'aide 
de ce procédé. 

Enfin, tout dernièrement M. J. Chautard a reconnu 
que cette même lumière avait un grand pouvoir phos- 
phogénique, c'est-à-dire jouissait de la faculté de déve- 
lopper la phosphorescence dans les substances aptes à 
produire ce genre de phénomènes. 

Ces substances phosphorescentes qui donnent les ef- 
fets les plus remarquables sont les sulfures de calcium, 
de baryum, et de strontium. Ces matières en poudres 
blanches, enfermées dans des tubes de verre scellés, 
étant exposées quelques instants à la lumière solaire di- 
recte, puis reportées dans l'obscurité, émettent une 
lumière faible qui s'éteint peu à peu et qui présente 
des nuances variées ( jaunes, bleues, violettes), suivant 



— 2(17 — 

la nature et le mode de préparation de la substance. 
M. Chautard a rappelé avec beaucoup d'à-propos que la 
découverte des principaux phénomènes de la phospho- 
rescence était due aux beaux travaux de M. Dessaignes, 
l'ancien directeur du collège de Vendôme. 

La difticulté d'avoir le soleil pour répéter ces expé- 
riences dans les cours de physique avait fait employer la 
lumière électrique qui exige un maniement long et dis- 
pendieux, lorsque M. Chautard imagina d'éclairer sim- 
plement les substances phosphorescentes avec la lumière 
du magnésium. Quelques secondes d'exposition suffisent 
pour développer le phénomène dans tout son éclat. Il 
sera donc maintenant très-facile de réaliser ce genre 
d'expériences dans les cours de physique. 

M. Chautard a pu immédiatement, à l'aide d'un fil de 
magnésium qu'il avait apporté et de tubes contenant les 
sulfures phosphorescents, rendre les membres de la 
réunion témoins de ces curieux phénomènes, peu con- 
nus jusqu'à présent, même des physiciens. 

E. Nouel. 



PIECES DE VERS 

ENVOYEES AU CONCOURS D'UN ORPHÉON 
Par M. Mareschàl-Duplessis. 



Les Saisons à la Campagne. 

J'aime au printemps le réveil de l'année 
Chant des oiseaux, renaissance des fleurs; 
L'homme donnant à la terre hivernée 

Nouveaux labeurs ; 

Air qui s'épure 

Et jour qui dure 

Vont promettant 

Aux prés verdure, 

Et moisson sûre 

A qui l'attend. 

J'aime en été la tranquille rivière 
Où le bateau peut suivre le nageur; 
J'aime des bois l'aventureux mystère 

Et la fraîcheur. 

Belles glaneuses 

Et moissonneuses, 

En grands chapeaux, 

Passent chanteuses 

Et vont rieuses 

Par nos hameaux. 

J'aime l'automne et le fruit qu'elle dore 
Sous son brouillard échauffé du soleil ; 
J^a violette est là qui prend encore 

Un doux réveil. 

Au premier signe, 

Monte à la vigne 

Fille ou garçon ; 



— 20!» — 

Puis, quand on foule, 

Le vin s'écoule 

Ah ! qu'il est bon ! 

J'aime en hiver la neige amoncelée ; 
Je prends la grive arrêtée au gluau, 
Ou vais glisser le long de la vallée 

Sur un traîneau. 

A la veillée, 

Chanson rimée 

Qui dit surtout : 

Sage est sur terre 

Qui sait se faire 

Content de tout. 



La Légende de S te Geneviève. 

Apprenez comme, au temps jadis, 

Simple bergère 

De Nanterre 
Devint patronne de Paris. 

Sa tête de fleurs était ceinte 

Quand un jour l'évêque Germain 

Dit sur elle imposant la main : 

« Geneviève, tu seras sainte. 

« Va donc, enfant, prends ton essor ; 

« Mais au front point d'argenterie ; 

« Qu'on y lise ta belle vie : 

« Un cœur pur est plus beau que l'or. » 

El voilà comme 

Donc, en la ville sans pareille, 
Pour les pauvres tendant la main, 
De vierges se fit un essaim 
Dont elle tut la mère abeille ; 
iv. 18 



— c 270 — 

Et quêta môme, entons chemins, 
Onze grands bateaux de farine 
Que ces filles, en la famine, 
Boulangèrent à belles mains. 
Et voilà comme 

Et quand les Huns vinrent en guerre, 
Tout bourgeois voulait fuir Taris. 
« Non pas, dit-elle, mes amis, 
Gà, mettons-nous tous en prière ! » 
Et le bon Dieu vite envoya 
De brouillards une épaisee nue 
Qui cacha la ville éperdue 
Et fit rebrousser Attila. 
Et voilà comme 

Elle habitait sur la montagne 

Qui porte aujourd'hui son beau nom. 

A sa châsse de grand renom 

Qui va prier toujours y gagne. 

Il est juste à présent que l'or 

Et la plus belle argenterie 

Couvrent les restes de sa vie. 

Taris, c'est là ton trésor ! 

Et voilà comme 



Les Français. 

Quand, loin de la France, 
Ses fils vont porter 
Honneur et vaillance, 
Mépris du danger, 
L'étranger s'écrie : 
Ah ! je les connais ; 
Je sais leur patrie, 
Ce sont des Français. 



— 271 — 

Qui de la bataille, 
Semble faire un jeu ? 
Qui prend la muraille 
Quanti elle est en feu? 

— L'étranger s'écrie. . 

Qui, sur l'onde amère, 
Malgré le danger, 
Pour sauver un frère, 
Reste à louvoyer ? 

— L'étranger s'écrie. . 

Qui de l'injustice 
Redresse le tort '.' 
Qui, pour un service 
Sait refuser l'or ? 

— L'étranger s'écrie. . 

Consul, c'est la peste ; 
Sœurs de charité, 
Fuyez! — Non, je reste. 
Et tout est resté ! 

— L'étranger s'écrie. . 

A notre patrie 
Toujours notre cœur, 
Toujours notre vie 
Et toujours honneur ! 
Que l'étranger dise : 
Ah ! je les connais : 
Gloire est leur devise, 
Ce sont des Français. 



Tri 



ERRATA. 

Page 00, dernière ligne, effacez avait hâte, répété à la 
ligne suivante. 

Page 183, ligne 4, au lieu de entouré, lisez entourée. 

Page 184, ligne 12, au lieu de fosses, lisez fossés. 

Page 185, avant-dernière ligne, au lieu de honneurs, lisez 
honoraires. 



T A !'» L E 



Séance du 12 janvier 1865. 

Liste des membres présents Page 1 

Liste des membres admis depuis la séance du 13 oc- 
tobre 1864 2 

Compte rendu de l'état financier de la Société . . . • 2 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété ou acquis par elle depuis la réunion du 
13 octobre 1864 1 

Installation du Président et des membres du Bureau 
élus le 13 octobre 1865 16 

Discours du Vice-Président 17 

Fixation nouvelle par le Bureau du prix des Bul- 
letins , . 20 

Communication de deux lettres de M. le Ministre de 

l'Instruction publique 20 

Nomination d'une commission chargée des fouilles à 
faire à Areines ..." 20 

Budget de 1865 21 

Note sur une collection d'oiseaux acquise par la 
Société, par .M. Nouel 22 

Rapport sur une découverte de silex taillés, 

commune de Chauvigny, par M. Nouel 26 

Trois chartes du xm e siècle et une du xiv e , re- 
latives à une ancienne maison de Vendôme, par 
M. Auguste de Trémault 34 



274 



:t 



Renseignements sur la statistique religieuse (av« 
1780) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Du pré 52 

Résumé de l'année météorologique 1864, par M. G. 
Boutrais 58 

Note supplémentaire relative aux fouilles de 

pezou, par M. Launay GO 

Poésie. — Millevoye. — Hymne a Jean Bart, par 

M. Fontémoing 61 



Séance du 6 avril 1865. 

Liste des membres présents 65 

Liste des membres admis depuis la séance du 12 jan- 
vier 1865 66 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété depuis la séance du 12 janvier 1865 66 

Communications du Président: 1° relativement à la 
convention à faire entre la Société et la ville de Ven- 
dôme au eas de la construction d'un Musée; 2° à 
l'apposition d'affiches dans les communes de l'ar- 
rondissement de Vendôme, faisant connaître le but 
du Musée; 3° à la proposition de recueillir les mots 
anciens propres au Vendômois; 4° à celle de rappe- 
ler, à la fin de chaque année, les faits intéressants 

arrivés dans le Vendômois 71 

Vie d'IIilderert, chapitre II, par M. de Déservillers. 74 

Nouveaux documents sur l'histoire du vendômois, 

par M. Ch. Bouchet 95 

Pièces justificatives . . . . . 119 

Renseignements sur la statistique religieuse (av< 
1789) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Duprc. — Suite 135 

Poésie. — Les rords du Loir, par- M. Gindre de 
Mancv 159 



— 275 — 

Séance du 13 juillet 1865. 

Liste des membres présents 161 

Liste des membres admis depuis la séance du G avril- 
18G5 162 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété ou acquis par elle depuis la séance du G 
avril 1865 162 

Communication relative aux réunions des Sociétés 
savantes à la Sorbonne, en avril 1865 170 

Rapport sur une excursion archéologique a sargé. 
par M. Launay 173 

Note sur une arme de l'âge de bronze découverte 

a naveil, par M. Ch. Bouchot 176 

Observation de M. de Vibraye 179 

Compte rendu, par M. Ch. Chautard, de la table des 
matières de l'Histoire du Vendômois, de M, de Péti- 
gny, par M. de Froberville 180 



La légende de la vierge noire de Villavard 



par 



M. l'abbé C. Bourgogne 183 

note sur le diluvium de Vendôme, par M. l'abbé 

Bourgeois 187 

Renseignements sur la statistique religieuse (a\ l 
1789) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Dupré. — Suite 194 



Séance du 12 octobre 1865. 

Liste des membres présents 221 

Liste des membres admis depuis la séance du 13 juil- 
let 1865 222 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété ou acquis tar elle depuis la séance du 13 
13 juillet 1865 222 



— 270 — 

Election du Président, du Vice-Président &. de quatre 
membres du Bureau 22 ( .l 

Nouveaux renseignements sur la maison de Ron- 
sard a paris, par M. Achille de Rochambeau. . . 230 

Hans Sachs, par M. Hinglais 243 

Renseignements sur la statistique religieuse (av l 
1789) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Duprc. — Suite et fin 248 

Communication scientifique sur le planisphère 
réduit, par M. Mareschal-Duplessis 263 

Résumé de la communication verrale de M. J. Chau- 
tard sur les propriétés éclairantes du Magné- 
sium & LE pouvoir phosphogénique de cette lu- 
mière, par M. Nouel 2G. r > 

Pièces de vers envoyées au concours d'un or- 
phéon, par M. Mareschal-Duplessis 2G8 



FIN. 



Vendôme. Typ. & Lith. Lemercier. 



— 200 — 

Fuis, quand on foule, 

Le vin s'écoule 

Ah ! qu'il est bon ! 

J'aime en hiver la neige amoncelée ; 
Je prends la grive arrêtée au gluau, 
Ou vais glisser le long de la vallée- 
Sur un traîneau. 

A la veillée, 

Chanson rimée 

Qui dit surtout : 

Sage est sur terre 

Qui sait se faire 

Content de tout. 



La Légende de S tc Geneviève. 

Apprenez comme, au temps jadis, 

Simple bergère 

De Nanterre 
Devint patronne de Paris. 

Sa tête de fleurs était ceinte 

Quand un jour l'évêque Germain 

Dit sur elle imposant la main : 

« Geneviève, tu seras sainte. 

« Va donc, enfant, prends ton essor ; 

« Mais au front point d'argenterie ; 

« Qu'on y lise ta belle vie : . 

« Un cœur pur est plus beau que l'or. » 

Et voilà comme 

Donc, en la ville sans pareille, 
Pour les pauvres tendant la main, 
De vierges se fit un essaim 
Dont elle fut la mère abeille ; 

IV. 



18 



— 270 — 

Et quêta même, entons chemins, 
Onze grands bateaux de farine 
Que ces filles, en la famine, 
Boulangèrent à belles mains. 
Et voilà comme 

Et quand les Huns vinrent en guerre, 
Tout bourgeois voulait fuir Paris. 
« Non pas, dit-elle, mes amis, 
Cà, mettons-nous tous en prière ! » 
Et le bon Dieu vite envoya 
De brouillards une épaisee nue 
Qui cacha la ville éperdue 
Et fit rebrousser Attila. 
Et voilà comme. .... 

Elle habitait sur la montagne 

Qui porte aujourd'hui son beau nom. 

A sa châsse de grand renom 

Qui va prier toujours y gagne . 

Il est juste à présent que l'or 

Et la plus belle argenterie 

Couvrent les restes de sa vie. 

Paris, c'est là ton trésor ! 

Et voilà comme 



Les Français. 

Quand, loin de la France, 
Ses fils vont porter 
Honneur et vaillance, 
Mépris du danger, 
L'étranger s'écrie : 
Ah ! je les connais ; 
Je sais leur patrie, 
Ce sont des Français. 



— 271 — 

Qui de la bataille, 
Semble faire un jeu ? 
Qui prend la muraille 
Quand elle est en feu? 

— L'étranger s'écrie. . 

Qui, sur l'onde amère, 
Malgré le danger, 
Pour sauver un frère, 
Reste à louvoyer ? 

— L'étranger s'écrie. . 

Qui de l'injustice 
Redresse le tort ? 
Qui, pour un service 
Sait refuser l'or? 

— L'étranger s'écrie. . 

Consul, c'est la peste ; 
Sœurs de charité, 
Fuyez! — Non, je reste. 
Et tout est resté ! 

— L'étranger s'écrie. . 

A notre patrie 
Toujours notre cœur, 
Toujours notre vie 
Et toujours honneur ! 
Que l'étranger dise : 
Ah ! je les connais : 
Gloire est leur devise, 
Ce sont des Français. 



27^2 



ERRATA. 



Page 96, dernière ligne, effacez avait hâte, répété à la 
ligne suivante. 

Page 183, ligne 4, au lieu de entouré, lisez entourée. 

Page 184, ligne 12, au lieu de fosses, lisez fossés. 

Page 185, avant-dernière ligue, au lieu de honneurs, lisez 
honoraires. 



T A II L E 



Séance du 12 janvier 1865. 

Liste des membres présents Page 1 

Liste des membres admis depuis la séance du 13 oc- 
tobre 1864 2 

Compte rendu de l'état financier de la Société . . . • 2 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété ou acquis par elle depuis la réunion du 
13 octobre 1864 7 

Installation du Président et des membres du Bureau 
élus le 13 octobre 1865 16 

Discours du Vice-Président 17 

Fixation nouvelle par le Bureau du prix des Bul- 
letins , . 20 

Communication de deux lettres de M. le Ministre de 
l'Instruction publique 20 

Nomination d'une commission chargée des fouilles à 
faire à Areines . . . • 20 

Budget de 1865 21 

Note sur une collection d'oiseaux acquise par la 
Société, par M. Nouel 22 

Rapport sur une découverte de silex taillés, 

commune de Chauvigny, par M. Nouel 26 

Trois chartes du xm e siècle et une du xiv e , re- 
latives à une ancienne maison de Vendôme, par 
M. Auguste de Trémault 34 



274 

,•1 



Renseignements sur la statistique religieuse (av l 
1789) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Dupré 52 

Résumé de l'année météorologique 18G-1, par M. G. 
Boutrais 58 

Note supplémentaire relative aux fouilles de 

pezou, par M. Launay GO 

Poésie. — Millevoye. — Hymne a Jean Bart, par 

M. Fontémoing Gl 






Séance du 6 avril 1865. 

Liste des membres présents G5 

Liste des membres admis depuis la séance du 12 jan- 
vier 18G5 GG 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété depuis la séance du 12 janvier 1865 GG 

Communications du Président: 1° relativement à la 
convention à faire entre la Société et la ville de Ven- 
dôme au cas de la construction d'un Musée; 2" à 
l'apposition d'affiches dans les communes de l'ar- 
rondissement de Vendôme, faisant connaître le but 
du Musée; 3° à la proposition de recueillir les mots 
anciens propres au Vendômois; 4° à celle de rappe- 
ler, à la fin de chaque année, les faits intéressants 

arrivés dans le Vendômois 71 

Vie d'IIildebert, chapitre //, par M. de Déservillers. 74 

Nouveaux documents sur l'histoire du vendômois, 

par M. Ch. Bouchet 95 

Pièces justificatives , . . . . 119 

Renseignements sur la statistique religieuse (av l 
1789) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Dupré. — Suite 135 

Poésie. — Les bords du Loir, par M. Gindre de 
Mancy 159 



— 275 — 

Séance du 13 juillet 1865. 

Liste des membres présents 461 

Liste des membres admis depuis la séance du avril- 
18G5 162 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété ou acquis par elle depuis la séance du 6 
avril 1865 162 

Communication relative aux réunions des Sociétés 
savantes à la Sorbonne, en avril 1865 170 

Rapport sur une excursion archéologique a sargé. 
par M. Launay 173 

Note sur une arme de l'âge de bronze découverte 

a naveil, par M. Ch. Bouchct 176 

Observation de M. de Vibraye 179 

Compte rendu, par M. Ch. Chautard, de la table des 
matières de l'Histoire du Vendômois, de M, de Péti- 
gny, par M. de Froberville 180 

La légende de la vierge noire de Villavard, par 
M. l'abbé C. Bourgogne 183 

note sur le diluvium de Vendôme, par M. l'abbé 
Bourgeois 187 

Renseignements sur la statistique religieuse (av« 
4 789) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Dupré. — Suite . 194 



Séance du 12 octobre 1885. 

Liste des membres présents 221 

Liste des membres admis depuis la séance du 13 juil- 
let 1865 222 

Description sommaire des objets offerts a la so- 
ciété ou acquis par elle depuis la séance du 13 
13 juillet 1865 ±1± 



— 276 — 

Election du Président, du Vice-Président &. de quatre 
membres du Bureau 229 

Nouveaux renseignements sur la maison de Ron- 
sard a paris, par M. Achille de Rochambeau. . . 230 

Hans Sachs, par M. Hinglais 243 

Renseignements sur la statistique religieuse (av l 
1789) des paroisses de l'arrondissement de Ven- 
dôme, par M. Dupré. — Suite et fin 248 

Communication scientifique sur le planisphère 
réduit, par M. Mareschal-Duplessis 263 

RÉSUMÉ DE LA COMMUNICATION VERBALE de M. J. GlQU- 

tard sur les propriétés éclairantes du Magné- 
sium & LE POUVOIR PHOSPHOGÉNIQUE DE CETTE LU- 
MIÈRE, par M. Nouel 2G5 

Pièces de vers envoyées au concours d'un or- 
phéon, par M. Mareschal-Duplessis 2G8 



FIN. 



Vendôme, Typ. & Lith. Lcmercier. 



BULLETIN 



DE LA 



r > 



SOCIETE ARCHEOLOGIQUE 



DU 



VENDOMOIS 



VENDOME 

TYPOGRAPHIE & LITHOGRAPHIE LEMERCIER 



BULLETIN 



DE LA 



r r 



«TE ARCHEOLOGIQUE 



DU 



VENDOMOIS 



V e ANNÉE 



186(3 




VENDOME 
LIBRAIRIE DEVAL'RE-HENRION 



V 









SOCIÉTÉ 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU VENDOMOIS 



5 e Année. — 1 er Trimeslrc. 



JANVIER 186G 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le jeudi 11 janvier 1866, à 1 heure, au lieu 
ordinaire de ses séances. 

Etaient présents au Bureau : 

MM. Ch. de Lavau, vice-président; V. Dessaignes, 
trésorier; Noue!, conservateur; de La Hautière, secré- 
taire-adjoint; Ch. Bouchet, Filly, Launay, de Nadaillac 
et Neilz; 

Et MM. de Bodard de la Jacopière, l'abbé L. Bour- 
gogne, l'abbé C. Bourgogne, G. Boutrais, Bruland, II. 
de Brunier, Dourze, Faton, Ilinglais, Ad. de Lavau, 
Martellière-Bourgogne, de Martonne père, II. de Mec- 
kenheim, 0. de Meckenheim, D. Menard, G. Renaud, 
l'âbbé Renou, C. Roger, Rolland, l'abbé Roullet, l'abbé 
Sanguinède, Gédéon de Trémault, l'abbé Tremblay et 
de La Vallière. 

M. le Présidenl déclare la séance ouverte. 



— 2 — 

Le secrétaire-adjoint fait connaître les noms des mem- 
bres reçus par le Bureau depuis la séance générale du 
\i octobre 1805; ce sont: 

MM. Léon Légué, tanneur à Mondoubleau; l'abbé 
Em. Guinebaud, château de La Roncière, près Neuville- 
au-Uois (Loiret); Alph.de Rochebrune, à Angouléme; 
et Philibert Lalande, à Brives-la-Gaillarde. 

Le secrétaire-adjoint dit qu'il a le regret d'annoncer 
que la Société a perdu un de ses membres, 11. Devaure, 
libraire à Vendôme, décédé au mois de novembre 1865. 

M. le Vice-Président dit que les fonctions conférées à 
MM. Em. Renou, président ; de La Hautière, secrétaire- 
adjoint; l'abbé Bourgeois, de Nadaillac et Neilz, mem- 
bres du Bureau, sont terminées. 11 invite les membres 
élus dans la séance .du 12 octobre dernier à prendre 
place au Bureau. 

Prennent place au Bureau : MM. Geoffroy Boutrais, 
vice-président ; llinglais, l'abbé Boullet et de La Vallière. 

M. de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville, mem- 
bre du Bureau, est absent. 

Restent membres du Bureau pour 1800 : MM. Ch. de 
Lavan, président; Ch. Chautard, secrétaire; Filly, secré- 
taire-adjoint; V. Dessaignes, trésorier; Nouel, conser- 
vateur; Ch.Bouchet, bibliothécaire-archiviste, etLaunay. 

M. Ch. de Lavau, président, prononce L'allocution sui- 
vante : 

« Messieurs, 

« Cette place que j'occupe en ce moment, vous m'y 
« avez fait asseoir depuis assez longtemps déjà; mais 
« je n'y suis monté aujourd'hui que sous l'influence 
« d'une plus sérieuse préoccupation. Il est vrai, et je 
« vous en dois une profonde gratitude, vous avez élevé 
« mon titre d'honneur jusqu'à la Présidence de votre 
« Société, mais, en même temps, vous avez aggravé le 
« poids de ma charge et de mes devoirs. 

« Cependant, Messieurs, en présence de ce témoi- 
« gnage renouvelé, persistant, agrandi, de votre bien- 



• > 



" veillance, j'aurais mauvaise grâce à vous reparler en- 

« core de l'intime sentiment de ma faiblesse : bien plutôt 

« serais-je disposé, à concevoir quelques sentiments de 

« fierté; mais, rassurez-vous, je suis trop vieux pour 

« vouloir remonter le cours de mon âge, et pour me 

« laisser entraîner à l'enfantillage d'une vanité puérile; 

« et puis je n'oublierai pas que pour la défense de vos 

« intérêts, pour le développement de vos travaux et de 

« votre influence, vous m'avez entouré d'un conseil dont 

« l'expérience et les lumières seront ma règle et mon 

« appui, a 

M. le Président engage ensuite les membres de la So- 
ciété à s'occuper activement de rassembler les documents 
nécessaires à la rédaction du Dictionnaire géographique 
de l'arrondissement, et à collectionner les matériaux 
propres à former le Glossaire des vieux mots vendômois. 
Il ajoute que la commission chargée de faire des fouilles 
sur l'emplacement de l'ancien théâtre d'Areines devra se 
réunir dès que la saison permettra de commencer les 
travaux. — Il rappelle enfin aux membres de la Société 
que les mémoires, destinés à être lus dans les séances 
générales, doivent être soumis à l'examen du Bureau 
un mois avant ces séances. 



_ 4 — 

M. le Président donne la parole à M. le conservateur- 
archiviste. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 
des Objets offerts à la Société 

depuis la séance du 12 octobre 1865 1 . 

I. OBJETS D'ART. 

M. Ch. de Lavau, notre président, a fait don d'une somme de 
25 francs pour l'acquisition d'un PORTRAIT DE FRANÇOIS 
DE VENDOME (le roi des Halles), qui devait être vendu à Pa- 
ris, à la vente Camberlyn 2 , dans le cours du mois de novembre 
dernier. 

Ce portrait, gravé par Robert Nanteuil d'après Nocret, était une 
fort belle épreuve du premier état. Si elle eût été absolument sans 
défauts, elle eût coûté plus de GO fr., car ce portrait est fort recher- 
ché ; mais elle avait quelques-unes de ces imperfections qui ne 
sont sensibles qu'aux yeux des connaisseurs, en sorte que nous 
avons pu l'obtenir au prix de 32 f 55, frais compris. M. Boucbet, 

1 Les 4 premiers chapitres de ce Rapport sont de M. Boucbet. 

2 Le chevalier Camberlyn, de Bruxelles, était un des plus grands 
amateurs qu'il y eût en Europe. Il est mort en 1861 . Sa vente d'es- 
tampes a eu lieu, à Paris, en deux fois ; la première au mois 
d'avril 1865, la seconde du 22 au 28 novembre suivant. Ce n'est 
point ici le lieu d'énumérer toutes les merveilles que renfermait 
cette collection. Il nous suffira de dire qu'un autre portrait de 
Robert Nanteuil, chef-d'œuvre de l'artiste, s'est élevé à 705 fr. 
Mais la pièce qui a obtenu les honneurs de la vente a été le Jean 
Lutma de Rembrandt, qui a été adjugé à2,605fr. Il est vrai qu'il 
est difficile de concevoir rien de plus beau comme eau-forte et 
comme condition. Il se trouvait également parmi ces chefs-d'œu- 
vre un petit portrait de César de Vendôme, à l'âge de 4 ans, par 
Jérôme Wiérix, pièce de quelques centimètres carrés, mais d'une 
insigne rareté. M. Rolland, négociant à Paris, L'a poussée jusqu'à 
60 fr., dans l'intention de l'offrir à la Société ; elle a été adjugée à 
63. Citons encore un Henri de Bourbon, roi de Navarre et duc de 
Vendôme (dux Vendomœ), 27 fr., et une Marie de Médicis, femme 
de Henri IV, superbe épreuve, 151 fr. Ces deux derniers por- 
traits par le même Wiérix. 



— 5 — 

qui se trouvait alors à Paris, s'est chargé de l'acquisition. Cette 
gravure, lorsqu'elle sera un jour encadrée, sera l'un des orne- 
ments de notre Musée. 

M. l'abbé Boudevillain, curé de Ruan, fait don d'une gravure 
représentant le MARTYRE DE St LAURENT, par Io. Giacomo 
Rossi, à Rome, pièce médiocre, mais qui n'est pas sans intérêt 
pour nous. Elle reproduit en effet un tableau composé également 
par un maître italien, et qui se trouve aujourd'hui dans l'église de 
Ruan. Ce tableau lui a été donné, nous ne savons à quelle époque, 
par un M. Bonnefons de la Yialle. L'église est d'ailleurs sous le pa- 
tronage de St Laurent '. 

M. Paul Martellière offre un ALBUM représentant un grand 
nombre d'objets celtiques ou gallo-romains, trouvés à Gien-le- 
Yieux et photographiés d'après les aquarelles de MM. Martellière, 
Patron et Marois. Le donateur se proposant de faire un article 
pour notre Bulletin à ce sujet, nous nous dispenserons d'entrer 
ici dans plus de détails. 

M. Pinet, membre de la Société, nous offre une VUE PHOTO- 
GRAPHIÉE du château de Pau, où est né Henri IV. Dimensions : 
30 cent, sur 20 cent. 

II. NUMISMATIQUE. 

Nous avons reçu : 

1° De M. de la Vallière : 
3 pièces de cuivre, dont un Tibère au revers de l'autel de 
Lyon. 

2° De M. l'abbé Boudevillain : 

5 pièces du même métal, parmi lesquelles un jeton de Louis 
XIV de 1G53, faisant allusion sans doute à la rentrée du roi dans 
Paris après les troubles de la Fronde. (21 octobre 1052.) 

Et un autre jeton des Etats de Lille, portant un héliotrope 
tourné vers le soleil, avec cette devise : VNI SERVAVIT AMO- 

1 V. Notice sur Ruan par M. Boudevillain. 



— (i — 

ElEM. — 1713. Ce qui signifie, si nous ne nous trompons, que la 
ville avait conserve'' son amour au roi, quoiqu'elle eût été prise 
8 ans auparavant par les Anglais et les Impériaux. 

3o De M. Picard, de Morée, par l'entremise obligeante de 
M. Buifereau, commissaire-priseur: 

43 pièces trouvées dans cette localité. Ce sont des douzains de 
la fin du XVIe siècle, parmi lesquels : 

1 de Henri IV comme roi de Navarre ; 

1 de Charles X, roi de la Ligue, à la date de 1597, bien que ce 
prince fût mort dès l'an 1590. Frappé à Nantes. En outre, le nom 
du prince est du côté de la croix et la date au bout de cette lé- 
gende, tandis que le SIT NOMEN.... est du côté de l'écu ; 

1 de Henri, prince de Dombes, seigneur de Montpensier , 
1597 ('.')• 

1 d'un vice-légat du pape à Avignon; l'écu accosté de deux A. 
Nom et date indistincts. 

4» De M. de Bellenoue, 15 pièces, savoir ; 

'2 romaines en bronze (Constance 1er, Tétricus); 

7 irançaises, dont une petite en argent de Louis XIV, 1703. 

1 seigneuriale enbillon, liardde Navarre d'Antoine de Bourbon 
et Jeanne d'Albret ; 

5 étrangères, cuivre ou billon, parmi lesquelles une charmante 
pièce de Marie-Thérèse d' Autriche, à l'usage des Pays-Bas, 1749. 

La Société remercie sincèrement les donateurs que nous vê- 
lions de nommer. 

En outre, il a été trouvé dans notre arrondissement pendant 
l'année 18G5 deux pièces intéressantes : 

1. Un Yalentinien 1er en or. Au revers: RESTITVTOR REI- 
PYBL1CAE. L'Empereur debout, en habit militaire, tient d'une 
main le labarum et de l'autre un globe surmonté d'une Victoire 
qui lui tend une couronne. A droite du prince, dans le champ, 
une petite croix latine. A l'exergue: ANT S. Trouvée à Morée (?). 

2. Une gauloise en or. Tète laurée d'Apollon, profil assez pur, 
chevelure légèrement flamboyante. — II: Cheval androcéphale 



conduit par un aurige tenant au bout d'un stimulus un tableau 
carré. Sous le cheval, personnage babillé à la gauloise, tenant par 
la chevelure une tète humaine (?) — Type des Cénomans. Pièce 
légèrement bombée et un peu usée. Trouvée à Huisseau. 

III. ARCHIVES. 

M. Iïesnier de Sasnières a fait don de 2 CHARTES originales 
du XI1I U siècle, dont Tune porte un fragment de sceau. C'est la 
confirmation par Jean, comte de Vendôme, et par Jean de Mon- 
toire d'une donation faite par un chevalier nommé Pierre de Turne 
à l'église de la Trinité de Vendôme et consistant en un fief nom- 
mé le Corilet ou le Chevalet, paroisse de Houssay (1217). — Nous 
donnerons à la fin du présent Bulletin le texte et la traduction de 
l'une de ces chartes, dont l'autre n'est qu'une répétition, 

En outre, M. Besniera bien voulu nous confier provisoirement 
un grand nombre de liasses relatives à Sasnières et à Houssay. 
Elles nous paraissent renfermer des titres intéressants, et nous en 
rendrons compte dans un de nos prochains numéros. 

M. Octave Gendron, conservateur des hypothèques à Ven- 
dôme, fait don de 5 CONTRATS sur parchemin, relatifs au bail à 
ferme de divers offices de la prévôté d'Orléans de 1618 à 173i. 
Nous donnons l'analyse de trois de ces pièces. 

1° 1630. 12 octobre. — Antoine Goussault, seigneur Dessouvi- 
gnière, membre des Conseils d'Etat et privé, baille à ferme pour 
trois années consécutives à Robert Barberousse, ci-devant greffier 
au bailliage et prévôté de Lorris, la jouissance du greffe criminel 
d'Orléans, moyennant la somme de 750 livres tournois par an. Si 
pendant le présent bail il arrive que le sieur Goussault soit rem- 
boursé de la finance par lui payée pour ledit greffe et qu'ainsi il 
ne puisse faire jouir le preneur le reste du temps qui resterait à 
courir, ou que vente en fut faite par le bailleur, il ne sera tenu 
d'aucun dédommagement..,, etc. — Et en faveur des présentes, 
le preneur devra fournir et envoyer et faire présent au bailleur en 
sa maison à Paris deux douzaines de boîtes de cotignac homiâtt 



— 8 — 

et recevable, par chacune desdites trois années, en saison propre, 
et sans diminution de prix dud. bail. — Sera tenu en outre le pre- 
neur de foire ratifier ces présentes par sa femme et la foire obli- 
ger avec lui solidairement. Fait à Paris...., etc. 

2° 1718. 30 mars. — Françoise Lemaire, fille majeure, baille à 
ferme pour 9 ans à Jean Toupet, praticien, une des sergenteries 
fieffées du bailliage d'Orléans, à elle appartenant à Ascbères. Le 
preneur sera tenu de se faire recevoir et admettre en ladite ser- 
genterie, par-devant M. le bailli d'Orléans. Bail fait moyennant 
la somme de 30 livres et 6 chapons par an, évalués ensemble à 
4 livres 10 sous. Fait à Orléans. 

Pièce presque entièrement effacée; deux autres sur papier y 
sont annexées. 

3o 1734. 28 octobre. — 1° Samuel Menjot, seigneur de Dammar- 
tin-en-Brie, tant en son nom que comme procureur de Ch. An- 
dré Renouard, S' - de Montaigu, garde de ses deux enfants mi- 
neurs, et se faisant fort des dames Delagrange et de Pinceloup; 
2<j Louise Menjot, majeure ; 3° Nicol. Leelerc de Ghambray, an- 
cien maître-d'hôtel du roi ; tous propriétaires des quarante-uniè- 
mes portions dont les 42 font le tout des greffes d'Orléans ci-après ; 
lesdits Sr et demoiselle Menjot et Sr de Chambray pour les 31 
parts 3/4. Quant aux 9 autres parts 1/4, elles appartiennent au- 
dit sieur Renouard et aux susnommés. 

Tous baillent à ferme pour neuf années consécutives à M e ilie- 
rosme Gaillard, greffier civil du bailliage d'Orléans, la jouissance 
desdites 41 portions des greffe civil et contrôle du bailliage d'Or- 
léans, cbâtellenies en dépendant, places de clercs en iceux, avec 
le droit de parisis, y compris le greffe des affirmations de voyage, 
excepté toutefois les greffes des cbâtellenies d'Yèvre-le-Ghâtel, 
d'Yenville et de Beaugency, desquelles cbâtellenies d'Yenville et 
de Beaugency ledit preneur pourra prendre le parisis seulement, 
à la réserve des contrôles desdites châtellenies qui ne lui sont 
pas affermés, non plus que le greffe criminel d'Orléans. Ledit bail 
est fait moyennant la somme de 2,400 livres par an, payable aux- 



dits Sr et demoiselle bailleurs, chacun pour la portion qui leur 
revient, et ce en espèces d'or et d'argent ayant cours, sans aucuns 
billets ni papiers 1 . Fait à Paris. 

M. Buffeueau, commissaire-priseur, qui nous donne de si fré- 
quentes preuves de son z Me, nous offre encore aujourd'hui 4 RAP- 
PORTS manuscrits adressés au roi Louis XVIII, les trois premiers 
par le duc d'Otrante (Fouché), à la date des 9, 12 et 25 août 18'] 5, 
et le quatrième par les ministres, en donnant leur démission au 
mois d'octobre de la même année. Dans ces rapports fort curieux 
l'habile chef de la police trace à grands traits un tableau de la 
France et de l'état des partis à cette époque, tableau dont il as- 
sombrit à dessein les couleurs, afin de se faire considérer comme 
indispensable et de se maintenir au pouvoir. C'était au mo- 
ment, en effet, où le nouveau gouvernement songeait à se dé- 
barrasser de cet étrange auxiliaire. 

Deux de ces mémoires (les deux premiers) ont été publiés; ils 
ont même reçu dans le temps, par les soins de leur auteur, une 
immense publicité. Nous ignorons si les deux autres ont vu le 
jour. Les manuscrits offerts ont d'ailleurs extérieurement tous les 
caractères de l'époque, on peut dire même un certain caractère 
officiel. Peut-être sont-ils sortis des bureaux du ministre. 

M. Buffereau offre en outre 2 FEUILLES volantes imprimées, 
dont l'une est relative à l'emprunt forcé de l'an IV. 

IV. OUVRAGES OFFERTS. 

CATALOGUE des inscriptions du Musée gallo-romain de Sens, 
par M. G. Julliot, conservateur de ce Musée. — Sens. Duche- 
min.S. D. (18C5?) Brochure in-8°. 

Envoi de F Auteur. 

FRAGMENTS des Mémoires inédits de Dubois, gentilhomme 
servant du roi, valet de chambre de Louis XIII et de Louis XIV, 
par M. L. Aubineau, ancien élève de l'Ecole des Cbartes, archi- 

1 Allusion au système de Law, dont la chute avait eu lieu en 
1720. 



— Kl — 

vistc d'Indre-&-Loire. ' (Paris. Typ. de Firmin Didot. 1847.) — 
Brochure grand in-8°. 

Don des descendants de Dubois, par l'entremise obligeante de 
M. Trillault, percepteur à Couture. 

EMPLOI MÉDICAL des Eaux minérales de Vais (Ardèche) 
par M. le docteur Tourrette. Valence. Iiuprim. Jules Céas et 
fds. S. D. (18G5?) — Brochure in-8°. 

Envoi de 1' Auteur.- 

BULLETIN de la Société de la Sarthe. 1865. 2e Trimestre. 
Br. in-8°. 

BEVUE des Sociétés Savantes des Départements. Numéros de 
mai-juin, juillet, août et septembre 18C5. (Imprim. impér.) 4 
broch. in-8o. 

Envoi du Ministère. 

ANNALES de la Société historique et archéologique de Châ- 
teau-Thierry (Aisne). 1854. De année. Broch. in-8 ,J . 

Envoi de la Société. 

MÉMOIRE présenté par M. A. Boudevillain de Gisors (Eure) 
pour proposer à l'agrément du gouvernement l'admission d'une 
langue nouvelle internationale. Mars 1865. Broch. in-8° 

NOTICE sur le château de Lavardin (Loir-et-Cher), avec 3 
planches renfermant plusieurs plans et un essai de restitution 
du château, par A. de Salies. Tours. J. Bouserez. 1865. Broch. 
gr. in-8°. 

Il sera rendu compte dans un prochain bulletin de cet ouvrage 
intéressant. 

V. OBJETS D'ANTIQUITÉ. 

2 HACHETTES gallo-romaines en bronze dites ecltac, et une 
lampe en bronze d'un style moderne. 

Don de M. Louis Martellière, architecte â Paris. 
POLISSOIB CELTIQUE DE MONDOUBLEAU.— Depuis notre 

dernière séance, le musée s'est enrichi d'une pièce tort impor- 

1 Dubois habita Montoire et plus tard Coulure, où il bâtit le 
manoir de Poirier. Les événements de ces deux localités, ainsi 
que ceux de Vendôme, sont souvent relatés dans ses Mémoires. 



— 11 — 

tante par sa masse d'abord, puis par sa rareté et son intérêt 
vendômois. Il s'agit de l'énorme polissoir celtique qui est déposé 
en bas dans la cour du musée. Ce bloc est un poudingue quart- 
zeux, c'est-à-dire une agglomération de silex rougeâtres réunis 
par un ciment siliceux. Il a une forme allongée et arrondie, dont 
voici les dimensions approchées : 

Longueur, li», 30 ; — Largeur, ()>", 75 ; — Hauteur, <>», 57. 

Par suite son volume est égal à0""', 500, et, en prenant pour 
sa densité 2,0, on trouve que son poids est égal a 1450 kil., ou 
environ 1500 Kilos. 

Ce n'est donc pas un polissoir portatif comme la plupart de 
ceux qui ont été signalés en France jusqu'ici. 

Le dessus de la pierre, qui mesure 1>»,30 sur 0» 1 , 75, affecte 
une forme convexe irrégulière, et présente à un bout une partie 
plane assez étendue, évidemment usée par le frottement; puis, 
dans l'autre moitié, 9 entailles plus ou moins profondes, les unes 
en forme de dépression allongée et polie, les autres en forme de 
rainures à section angulaire, mais dont le fond est arrondi. La 
plus grande de ces entailles a 40 cent, delongeur et une profon- 
deur moyenne de 5 cent. 

L'usage et l'antiquité de cet objet ne font plus l'objet d'aucun 
doute pour personne à présent. C'est un polissoir qui servait dans 
l'âge de la pierre à polir ces bacbes celtiques que l'on retrouve 
fréquemment à la surface du sol. 

L'attention des savants est dirigée depuis quelques années seu- 
lement sur ces instruments primitifs, et le nombre des polissoirs 
décrits est encore très-restreint jusqu'à présent. Le Vendômois 
paraît un des points de la France les plus riches sous ce rapport. 
— Au Grand-Pressigny, on en a trouvé plusieurs 1 , dont le plus 
beau appartient à M. le docteur Léveillé. M. John Evans, un des 
savants le plus versés dans ce genre d'études, dit en le citant : « Le 
polissoir de M. le docteur Léveillé est presque sans rivaux-. » Or 

1 D'après M. de Vibraye. Note sur le silex de Pressigny, 
Comptes rendus de l'Académie îles Sciences, 17 juillet 1865 
- Lettre à M. de Mortillet, is mai 1865. 



— 1-2 — 

ce polissoir est : « un bloc de grès de 40 à 50 cent, de longueur 
sur 25 à 30 cent, de largeur, tout sillonné de rainures de section 
angulaire '. » 

Notre polissoir est certainement plus important que celui-là 
et serait peut-être sans rival sans le magnifique polissoir de Droué 
dit pierre cochée, déjà mentionné dans notre Bulletin 2 . 

L'importance pour notre Musée de cette pierre, dont l'extérieur 
n'est pas séduisant, il faut l'avouer, vous paraîtra, je l'espère, 
suffisamment démontrée par ce qui précède. M. Launay s'engage 
à en publier un dessin exact dans notre Bulletin, afin de le faire 
connaître aux personnes étrangères qui ne peuvent venir l'exa- 
miner ici. 

Cette pierre a été découverte en 1805 par M. l'abbé Delaunay 
à Mondoubleau, sur le talus d'un chemin, ce qui la rendait pro- 
priété communale. Il avait d'abord l'intention d'en enrichir sa col- 
lection ; mais, en présence de notre vif désir et de celui de M. le 
Maire de Mondoubleau de voir figurer cette pièce dans notre Mu- 
sée, il a bien voulu se désister en notre faveur de ses prétentions. 
Nous avons donc à remercier à la fois M. le Maire de Mondou- 
bleau et M. l'abbé Delaunay du don d'un objet que plus d'un mu- 
sée nous enviera. 

V. OBJETS D'HISTOIRE NATURELLE. 

Un morceau de SEL GEMME provenant d'une saline près 
Bayonne de 45m de profondeur. 
Don de M. Pinet. 

UNE VALVE D'HUITBE A PERLE et UNE PORCELAINE 
TIGRÉE. 
Don de Mme Douciiement. 



1 Lettre de M. l'abbé Chevalier à Elie de Beaumont, Séance de 
l'Académie des Sciences du 17 août 1804. 



- V. Iro Année, p. 54, el4e Année, p. 30. 



— 13 — 

UNE COQUILLE fossile bivalve de la craie de Bourré (Loir 
&-Cher). 
Don de M»ie Douchement. 



M. le Président invite M. le Trésorier à présenter les 
comptes de la Société. 



COMPTES DE L'ANNÉE 18G5. 



RECETTES ORDINAIRES 

Avoir en caisse au 1 er janvier 1865. . 24 f 88 
Produit des cotisations (41 appartenaient 

à 1864) 1092 » 

Produit des diplômes 18 » 

Vente des bulletins 51 80 



Total des recettes ordinaires. . 1186 68 



RECETTES EXTRAORDINAIRES. 

Allocation du Conseil municipal. . . 250 
Don de M. de Lavau 25 

Total des recettes extraordinaires. 



Recettes ordinaires. . , 
Recettes extraordinaires . 

Total des Recettes. 



275 


« 


1186 

275 


68 


1461 


60 



/, 



DÉPENSES ORDINAIRES. 

Frais d'administration 220 f 54 

Lover 180 

Entretien des collections 152 20 

Fouilles et recherches 27 50 

Frais des bulletins ( le quatrième tri- 
mestre reste à payer) 015 

Dépenses imprévues 30 10 

Total des dépenses ordinaires. . 1234 43 

DÉPENSES EXTRAORDINAIRES. 

Deuxième à-compte sur le prix de la col- 
lection de M. Pesson 200 



Total des Dépenses. 1434 43 

RÉCAPITULATION. 

Total des Recettes 1461 68 

Total des Dépenses 1 434 43 

Excédant des Recettes au 1 er janvier 

1866 27 25 



BUDGET DE 1866. 



1 il Section. 

REPORT DES RECETTES ET DES DÉPENSES NON EFFECTUÉES 

en 1865. 
Recettes à recouvrer sur 1865. 

1. Excédant en caisse au I er janvier 

1800 28 25 

2. A recevoir 56 cotisations arriérées. 280 » 



Total des Recettes à recouvre)'. 307 25 



— 15 — 

Dépenses à payer .sur 1865. 

1. Frais dos bulletins, 4 e trimestre 

1865 108 ^8 

2. Prix d*une gravure achetée par M. 

Bouchet 32 55 

2. Don au bureau de bienfaisance de 

Mondoubleau 20 » 



Total des dépenses à payer. 250 1)3 



Recettes à recouvrer. 307 25 
Dépenses à payer. 250 93 



Excédant des Recettes à reporter 

à la 2 e section 50 32 



2e Section. 

Recettes ordinaires. 

1. Excédant des Recettes de la l re sect. 56 32 

2. Produit des cotisations (220 réalisa- 
bles) 1100 ■ .» 

3. Produit des Diplômes 20 » 

4. Vente du bulletin 30 » 



Total des Recettes ordinaires. 1200 32 



Dépenses ordinaires . 

1 . Frais d'administration (Timbres, 85 ' ; 
Personnel, 25 f ; Impressions diver- 
ses, 80*'; Bois, 20 f 210 » 

2. Loyer 180 » 

3. Entretien des collections .... 100 » 

4. Fouilles et recherches 50 » 

5. Frais du bulletin 820 

0. Dépenses imprévues 40 » 



Total des Dépenses ordinaires. 1400 



» 



— 10 — 

Dépenses ordinaires. 1400 f » 
Recettes ordinaires. 1300 3-2 



Excédant des Dépenses à reporter 
à la 3 e section 193 68 



3 e Section. 

Recettes extraordinaires . 

1. Allocation du Conseil municipal. . 200 

2. Subvention du Ministre 300 



» 



Total des Recettes extraordinaires. 500 



Dépenses extraordinaires. 

1. Report de l'excédant de dépenses du 

budget ordinaire 193 08 

2. 3 e à-compte sur le prix de la collec- 
tion Pesson 200 

Total des Dépenses extraordinaires. 



Recettes extraordinaires. 
Dépenses extraordinaires. 

Excédant des Recettes du budget 
de 1866 



Les comptes de M. le trésorier sont approuvés, et le 
budget de 1806 est voté à l'unanimité. 



393 


08 


500 

393 


» 
08 


106 


32 



UNE EXCURSION A PALMYRE 

(KOVEMBRE 18't'i) 

Par M. le Marquis i>e Na.daïllac. 



Le jour de notre départie Damas est fixé au 19 no- 
vembre, et l'heure donnée pour huit heures du matin; 
mais nous avons affaire à des Orientaux, et, malgré nos 
impatiences, nos menaces, nos promesses même, nous 
perdons deux longues heures avant de pouvoir quitter 
la maison de M. Wood, consul d'Angleterre, où était le 
rendez-vous général. 

Notre expédition, que nous préparions depuis plu- 
sieurs jours, avait fait grand bruit dans la ville. Les gra- 
ves Turcs ne comprennent guère cette curiosité franque, 
qui nous entraîne si loin pour visiter quelques ruines. 
Les plus fins s'imaginent que nous espérons des trésors 
cachés ; mais, il fauf le dire, tous nous regardent pas- 
ser avec une bienveillance inaccoutumée. Dans leur 
crainte des Arabes nomades, dans la haine qu'ils leur 
portent, ils oublient un moment leur vieille haine pour 
les chrétiens, et les bénédictions, les invocations à Allah, 
les souhaits de bon voyage, se font entendre de tous 
les côtés, tandis que notre caravane défile gaîment, aux 
rayons d'un beau soleil d'automne. Quant aux chrétiens, 
ils étaient accourus en grand nombre, dès le matin, an 
couvent Franciscain, nous saluer et prier pour nous. La 
confraternité religieuse est un lien immense; il faut 
avoir parcouru l'Orient pour comprendre toute sa puis- 
sance. Symbole de notre nationalité, le chapeau, que 
nous n'avions pas voulu quitter, était pour les pauvres 
chrétiens de Damas comme un signe de protection; 
mieux encore, comme une espérance de temps meil- 
leurs: bien peu d'années, en effet, auparavant, nul n'au- 
v. ^ 



— 18 — 

îait osé paraître dans les rues de cette ville fanatique 
avec le costume européen. 

Nous étions nombreux : des Anglais, un Autrichien, 
nos compagnons habituels. Le consul de France et M. 
Wood s'étaient joints à nous et aux domestiques venus 
avec nous d'Europe, sur lesquels nous pouvions entiè- 
rement compter. Puis tout un monde de drogmans, de 
cavas, de seis, de meucres, toute la suite, en un mot, 
indispensable en Orient. D'énergiques représentations, 
et surtout un bachis supplémentaire, ont seuls pu mettre 
On à leurs lamentations et les décider à nous accompa- 
gner dans une expédition dont ils s'exagèrent les dan- 
gers. Un prince persan, proche parent du shah, exile 
de son pays, complète notre société. Son chambellan, 
son médecin, son iman raccompagnent. Comme autre- 
fois, pour un chevalier de haut parage, ses fauconniers 
le suivent le faucon encapuchonné sur le poing; des 
valets conduisent ses lévriers accouplés. Tous ces Per- 
sans portent le costume pittoresque et le grand bonnet 
national. Ils vivent entre eux, et forment au milieu de 
nous une bande complètement à part. Les sectateurs 
d'Ali haïssent leurs coreligionnaires de la secte schiite 
plus peut-être que les chrétiens eux-mêmes. Tous, j'ai 
à peine besoin de l'ajouter, nous étions armés jusqu'aux 
dents, parfaitement décidés à repousser toute agression. 

Nous sortons par la porte d'Alep, et après une heure 
et demie de marche nous arrivons au village de Ca- 
rista, où se terminent les jardins, fameux dans tout 
l'Orient, qui entourent Damas comme d'une verte cein- 
ture. Tout le pays est très-peuplé et parfaitement cultivé 
jusqu'à la dernière chaîne de 1 Anti-Liban. Au pied de la 
montagne est le tombeau d'un santon vénéré ; en face 
un khan beau et vaste, qui sert de première halte à la 
caravane d'Alep. Tout autour sont des tentes de Bédouins, 
les premières que nous ayons encore rencontrées. Notre 
première marche se termine à Xtifa, petit et médiocre 
village où nous devons passer la nuit. 

Le 20 novembre au point du jour, nous sommes à che- 
val, et à huit heures nous arrivons à Djeroud, village du 



— 19 — 

sheik Phares, le chef d'une des tribus irrégulières à la 

solde de la Porte. Phares était dans son harem, et, pen- 
dant qu'on le réveillait avec toutes les précautions vou- 
lues par l'étiquette orientale, pour le prévenir de notre 
arrivée, nous avons tout le loisir d'examiner sa demeure. 
Elle est de la plus grande simplicité; la principale ri- 
chesse du sheik consiste en des juments magnifiques, 
rapporte la chronique, car nous n'avons pu en juger par 
nous-mêmes : malgré les amulettes et les sentences du 
Koran dont elles étaient couvertes, Phares ne put se ré- 
soudre à les faire amener devant nous, tant il redoutait 
pour elles le mauvais œil et la funeste influence d'un infi- 
dèle. Peut-être aussi ne se souciait-il pas que leur re- 
nommée arrivât jusqu'à Damas. Il savait par expérience 
que le pacha et ses principaux officiers ne se gêneraient 
guère pour exiger de lui le don d'une de ses juments trop 
vantées. 

Notre sheik paraît enfin, et vient nous saluera la tête 
de ses plus proches parents. Il nous introduit dans sa 
salle d'audience. Nous nous accroupissons de notre 
mieux sur des coussins. On nous offre la pipe et le café; 
puis nos drogmans lisent l'ordre du Pacha, qui enjoi- 
gnait à Phares de nous accompagner lui-même à Pal- 
myrc avec 450 de ses meilleurs cavaliers. Cet ordre con- 
trarie très-visiblement les Arabes. De toutes parts des ob- 
jections s'élèvent ; fatigues, dangers, obstacles, tout est 
retracé, commenté, amplifié avec une exagération ridi- 
cule. Mais nous n'étions pas venus si loin pour reculer 
de prime abord; notre réponse invariable « Nous le vou- 
lons, » transmise par M. Wood, qui par sa connaissance 
parfaite de la langue arabe nous a rendu d'immenses 
services, finit par vaincre la mauvaise volonté évidente 
de tout ce monde, et l'ordre du départ est enfin arraché 
pour sept heures du soir. 

A l'heure dite, un petit tambour, sur lequel on frappe 
avec une seule baguette et qui résonne comme un glas 
funèbre, se fait entendre Les principaux de la tribu vien- 
nent chercher le drapeau du Sheik. C'est un lambeau 
d'étoffe d'un vert foncé, la couleur du Prophète. Phares 



— 20 — 

le remet à son neveu, mais seulement après qu'un véné- 
rable vieillard eut prononcé une fervente prière pour 
attirer la bénédiction d'Allah sur notre expédition, sur 
la tribu et sur son chef. Ce drapeau joue un grand rôle 
dans les guerres fréquentes des tribus. Une importance 
superstitieuse est attachée à sa possession, et, s'il vient à 
être pris, les vaincus ne cherchent plus à combattre. 
Les vêtements de nos Arabes sont brillants et ressem- 
blent peu aux misérables haillons que nous devions voir 
plus tard dans le désert. Une robe en soie pour les plus 
marquants ; sur la tête un keffié rouge et jaune serré 
autour des tempes par une corde en poils de chameau; 
un mashallah à larges raies blanches et noires, des pan- 
talons blancs qui viennent à mi-jambes et de petites bot- 
tines en maroquin rouge forment un costume des plus 
gracieux et des plus pittoresques. Les chevaux qu'ils 
montent sont vifs et légers ; aucun, sauf peut-être celui 
du Sheik, ne mérite d'être cité. 

En quittant Djeroud, nous laissons à notre droite un lac 
que les habitants prétendent être le lac de Sodôme, fable 
fondée uniquement sur l'extrême amertume de ses eaux 
qui les rend impossibles à boire ; à gauche un autre lac, 
le Bahr-el-Merdge, où vient se perdre la Barada. 

La nuit arrive peu de temps après notre départ; le 
pays que nous traversons ajoute à la tristesse de la mar- 
che. C'est le désert, mais le désert faute de culture, et 
je ne sais rien de plus désolant que la vue de tout ce 
pays, qui pourrait, qui devrait être fertile, qui n'a pas 
manqué à l'homme, mais auquel l'homme a manqué. 
Pendant toute cette nuit, le froid est vif. Nos Bédouins 
allument à chaque instant de grands feux, pour servir 
de ralliement à ceux d'entre nous qui se seraient écartés, 
et autour desquels nous nous serrons avec joie. A neuf 
heures et demie du matin nous sommes à Kaiiatcin. 

Kariatein est le dernier village qui reconnaisse l'auto- 
rité du Pacha de Damas, et encore cette autorité est-elle 
plutôt nominale que réelle. Le Sheik peut au besoin met- 
tre mille cavaliers sous les armes ; mais cette force ne 
es rassure guère. Chaque maison, chaque jardin, chaque 



— 24 — 

champ même sont entourés de murs construits en boue 
comme les maisons elles-mêmes. C'est la défense des 
habitants de Kariatein contre les Arabes nomades, avec 
qui ils vivent dans un état de guerre continuelle. Un tiers 
environ de la population est catholique, et appartient au 
rit syrien. C'est chez le prêtre qui dirige cette petite 
communauté que nous établissons notre demeure. Nos 
quartiers, disons-le en passant, sont autrement beaux 
et autrement propres que ceux que nous avons rencon- 
trés dans le Liban, où la civilisation est comparative- 
ment bien plus avancée. 

Nous venons de dire que le Sheik de Kariatein est in- 
dépendant du Pacha de Damas. Il nous le fit bien voir 
dés notre arrivée, en voulant exiger de nous un présent 
de bienvenue. La connaissance que M. Wood avait de 
tout le pays, le ton qu'il prit vis-à-vis du Sheik forcèrent 
celui-ci à renoncer à sa prétention. Après une lutte de plu- 
sieurs heures, marquée à la fois par toute la ténacité et 
toute l'avidité arabe, le Sheik se rabattit à demander que 
cinquante de ses cavaliers se joignissent à la caravane, à 
nos frais bien entendu, pour aider à notre défense contre 
les dangers qui nous menaçaient selon lui. Le consul sut 
encore refuser : « Des Francs, répondit-il fièrement, 
passent partout ; ils ont une escorte pour leur faire hon- 
neur, ils n'ont besoin de personno pour les défendre. » 
En 1751, MM. Wood et Dawkins, qui nous ont laissé les 
meilleures ou plutôt les seules vues que nous avions de 
Palmyre jusqu'à la découverte de la photographie, par- 
tirent comme nous de Kariatein. Wood parle même 
d'un grand nombre de chapiteaux corinthiens enchâssés 
dans les murailles, qui annonçaient son importance pas- 
sée. Kariatein était en effet une station pour les cara- 
vanes de Damas. Les caravanes cessèrent, et la prospérité 
de la ville cessa avec elles. 

Vingt-qnatre heures de route séparent Kariatein de 
Palmyre. Il faut les faire sans nous arrêter; le désert 
où nous allons entrer n'offre aucune eau potable, el 
il est impossible de se procurer les chameaux pour 
en porter la quantité nécessaire à nos chevaux et à ceux 



— 22 — 

de notre escorte. Il était donc urgent d'exécuter cette 
marche avec toute la célérité possible. 

Le 22 novembre, nous partons à 10 h. 30 du matin. 
Nous pénétrons silencieusement dans le désert inculte 
et sablonneux qui de tout temps a séparé Damas de 
Palmyre, ce désert où l'empereur Aurelien eut tant à 
souffrir du manque d'eau et des nomades. Dans le loin- 
tain, nous apercevions les feux de ces mêmes Arabes, 
qui probablement étaient alors ce qu'ils sont encore 
aujourd'hui. Nous nous attendons à une attaque certaine 
de leur part. Leurs espions, en effet, étaient venus toute 
la journée à Kariatein se promener au milieu de nous 
et observer chacune de nos actions. Notre nombre pro- 
bablement, les armes dont nous faisions parade les 
avaient intimidés, et aucun d'eux ne jugea convenable 
d'inquiéter notre marche. Nous traversons une vaste 
plaine sans un arbre, sans un buisson même qui vienne 
en relever la monotonie. A droite et à gauche, comme 
horizon deux chaînes de montagnes qui se rejoignent à 
peu de distance de Palmyre et en interceptent la vue. 
Notre route fait sur tous une profonde impression : 

Omnia nuda, 

Omnia déserta, ostentant omnia mortem 1 . 

À six heures environ, nous faisons notre première 
halte auprès d'une vieille tour, évidemment de con- 
struction romaine et destinée selon toutes les apparen- 
ces à protéger les marchands qui portaient à Rome les 
richesses de l'Inde. A côté, un riche entablement de 
porte. Sur les murs presque écroulés, une croix, gros- 
sièrement sculptée, vient encourager le voyageur. C'était 
pour nous l'espérance au milieu des ruines, l'espérance 
à côté de la mort. Après une halte d'une heure et 
demie environ, nous recommençons notre route. La 
nuit était profonde, et nous retrouvons les mêmes épi- 
sodes et les mêmes ennuis que la veille. Pour ma part, 

1 Catulle. 



— 23 — 

il ne me souvient que «le mes efforts constants pour vain- 
cre le sommeil qui me gagnait; ce sommeil pouvait être 
dangereux, car mon cheval avait le désagrément de 
s'arrêter volontiers, et si un de nous était resté en arrière, 
on ne s'en serait guère aperçu qu'au jour, et le malheu- 
reux sans défense serait infailliblement tombé au pouvoir 
des nomades, qui nous suivaient en grand nombre, 
selon le rapport que venaient, à chaque instant, nous 
faire les gens de notre escorte. Au point du jour, se 
place un petit épisode qui faillit devenir tragique. 
Nos éclaireurs accourent à toute bride nous annoncer 
une troupe nombreuse déjà en ordre de bataille. Pha- 
res, en général expérimenté, donne aussitôt ses ordres. 
Nous nous rangeons sur deux lignes ; son tambour 
s'évertue à battre de toutes ses forces, le fameux dra- 
peau vert est déployé, nos armes préparées. Il était 
temps, car, à un quart de lieue environ, nous distin- 
guons une ligne noire présentant un front très-étendu. 
Sont-ce des ennemis? Sont-ce des amis? Le doute n'est 
pas long ; car un instant après les coups de fusil se font 
entendre sur toute la ligne ; et nos Arabes de riposter, 
pour brûler de la poudre, apparemment, car il était 
impossible que leurs balles produisissent le moindre ef- 
fet. Nous découvrons heureusement notre erreur avant 
qu'elle ne fût irréparable. Nos « féroces ennemis » 
étaient de pauvres marchands de sel, voisins et amis de 
Phares, qui étaient venus dans le désert chercher leur 
marchandise '. En nous apercevant si nombreux, ils s'é- 
taient crus perdus, et, pour nous détourner du projet 
qu'ils nous supposaient de leur enlevai- leurs chameaux, 
ils les avaient fait accroupir, de manière à présenter de 
loin une formidable apparence; et leurs coups de fusil 
devaient nous prouver qu'ils étaient armés et bien ré- 
solus à se défendre. Bientôt après, ces pauvres gens 

4 Le sel se trouve en abondance dans une vallée, à v 2 lieues 
environ auS.-E. de Palmyre. On place dans cette vallée le théâ- 
tre d'une victoire de David sur les Syriens. (Rois, II, c. vin. 

y 13.) 



u 



nous passaient avec force salams, encore tout émus de 
leurs terreurs. 

Le Djebel Rouag et le Djebel Abiad, tel est le nom 
des deux chaînes qui, comme nous venons de le dire, 
forment un arc de cercle qui, de loin, paraît n'offrir 
aucune issue. A leur pied même, s'ouvre une petite 
vallée triste et morne, comme tout le pays que nous ve- 
nons de traverser. Nous la suivons en jetant un regard 
distrait sur les sépulcres et les restes d'aqueduc ' qui 
paraissent se renouveler à chaque pas. Tout à coup les 
montagnes s'écartent, et nos yeux étonnés découvrent 
toute une immensité de ruines. Nous sommes à Pal- 
myre, et nous doutons encore du bonheur qui nous y 
a conduits. 

Il faut remonter à près de trente siècles et au grand 
nom de Salomon pour trouver l'origine de Palmyre. 
L'Ecriture nous dit que le fils de David bâtit « Gazer et 
Rethoron la Basse et Baalath et Tedmor au désert \ » 
Tedmor était sans doute destinée à protéger le pas- 
sage des caravanes, qui, dès cette époque reculée, se 
rendaient de la Mésopotamie en Syrie. Jean d'Antioche, 
chroniqueur byzantin du VI e siècle 3 , ajoute que cette 
ville s'éleva au lieu même où David tua le géant Goliath. 
Ce qui est plus sûr, et ce que nous confirment au besoin 
Josèphe 4 et S 1 Jérôme 5 , c'est que Tedmor est la ville 
que les Grecs et les Romains appelèrent plus tard Pal- 



1 Procope rapporte (pic ces aqueducs furent réparés par Jus- 
tinien. 

2 Rois, III, cb. ix, y 17 et 18. Voy. aussi Paralipomènes, 1. II, 
ch. vin, y 4. 

3 Gron. liv V. Son vrai nom est Malula. La tradition qu'il rap- 
porte est plus qu'apocryphe, car on est d'accord pour placer le 
théâtre de ce combat fameux dans une vallée qu'on traverse en al- 
lant de Ramla à Jérusalem. Voy. Rois, 1. 1, ch. xvn. 

4 Ant. lad., 1. VIII, édit. Fcverahendt, Francfort- sur-Mein, 
1680. 

:i Lettres. 



— 25 — 

myre. Tedmor en hébreu signifie palmier*, et ce nom 
est encore le seul que connaissent les Arabes et sous le- 
quel ils célèbrent avec une poétique exagération toutes 
les magnificences de Palmyre. Lors de la visite de 
Wood, ces mêmes Arabes lui avaient montré avec res- 
pect le palais, le harem et le tombeau (l'une des concu- 
bines de « Soleyman ebnDaoud, » le fondateur de Ted- 
mor. Aucune tradition, on le voit, ne se perd au désert. 

Jean d'Antioche, dont nous venons de parler, autorité 
assez médiocre, convient-il d'ajouter, raconte que la ville 
de Salomon fut détruite par Nabuchodonosor quelque 
temps avant la prise de Jérusalem. Puis il nous fait sau- 
ter de Nabuchodonosor à Marc Antoine, du monarque 
assyrien au triumvir romain. Celui-ci attaqua les Palmy- 
renéens, sous le prétexte qu'ils n'avaient pas gardé une 
neutralité assez stricte dans la guerre qu'il faisait aux 
Parthes. Appien 2 ajoute que le véritable motif de Marc 
Antoine fut de s'emparer des richesses considérables 
que renfermait, à celte époque, Palmyre ; mais son avi- 
dité fut déçue. Les habitants se défendirent avec éner- 
gie et repoussèrent les légions romaines. 

« Palmyre, rapporte Pline 3 , ville célèbre par sa situa- 
tion, par la richesse de son sol et ses eaux agréables, 
est entourée par une vaste ceinture de sables. Séparée 
pour ainsi dire du reste de la terre par la nature, elle 
jouit de l'indépendance entre deux empires très-puis- 
sants, les Romains et les Parthes, attirant, en cas de 
discorde, la première pensée des uns et des autres. 
Elle est éloignée de Séleucie, sur le Tigre, de 337,000 
pas: de la côte syrienne la plus voisine, de 203,000, 
et de Damas, de 170,000. » 

J'ai tenu à rappeler cette description de Pline, les sa- 
bles seuls en attestent aujourd'hui la vérité. Les eaux 

1 Thamar, palmier en hébreu. Thadamoram eam appellavit. 

Jos., loc. au*., cit. 

8 DeBello civili, lib. V. 

3 Hist. Nat., lil». V, c. 25. Trad. Littré. 



— 26 — 

ont disparu: toute fertilité a disparu avec elles. Quel- 
ques palmiers, derniers témoins des temps anciens, 
croissent encore, mornes et tristes eux-mêmes, au mi- 
lieu de la désolation et de la mort. 

Si nous devons en croire une inscription relevée par 
Wood, Hadrien visita Palmyre, qui, en l'honneur de 
cette visite impériale, s'appela Hadrianopolis. Des mé- 
dailles nous apprennent encore que sous Caracalla elle 
reçut le titre envié de colonie romaine ; une autre in- 
scription, enfin, que, sous Alexandre Sévère, les Palmy- 
renéens prirent part à une expédition contre les Parthes. 
Puis nous retombons dans l'ignorance jusqu'à Gallien, 
où Palmyre vient occuper un instant l'attention du 
monde. Quelques historiens veulent qu'elle ait eu jus- 
ques-là un gouvernement républicain ; d'autres, au con- 
traire, lui attribuent des princes indépendants. Le mé- 
decin persan, savant distingué, qui voyageait avec nous, 
me citait une suite de noms des chefs qui, selon lui, 
avaient à cette époque gouverné Palmyre. Nous avons 
regretté que l'absence d'un drogman persan nous mît 
dans l'impossibilité de profiter de son érudition autant 
que nous l'aurions voulu. 

Le plus célèbre de tous ces chefs, le seul plutôt dont 
l'histoire ait conservé le nom, est Odenath '. Sapor ve- 
nait de vaincre et de faire prisonnier l'empereur Va- 
lérien 2 . Odenath lui envoya des ambassadeurs chargés de 
le féliciter et de lui offrir des présents. Le roi de Perse, 
enivré de sa victoire, les repoussa avec dédain. Odenath 
irrité lui déclara la guerre, le défit complètement, et le 
poursuivit jusqu'à Ctésiphon. Gallien, le fils et le suc- 
cesseur de Valérien, se hâta de décerner au vainqueur 
je titre d'Auguste ; mais Odenath ne jouit pas longtemps 



1 Nous savons peu de chose sur son origine. Agathias, histo- 
rien byzantin du Vie siècle, le dit d'une humble famille. Zozime le 
Veut riche et puissant. Procope l'appelle même un prince sar- 
rasin. 

■ '200 ap. J.-C. 



— ±1 — 

de ses succès. Il périt assassiné par son neveu M<eo- 
nius, et Zénobie sa veuve lui succéda 1 . 

Septimia Zenobia nous oiïre un type rare dans toute 
l'histoire de l'Orient, celui d'une reine sachant secouer 
l'indolence caractéristique de son sexe dans ces climats 
brûlants, et les historiens, dans une juste admiration, 
semblent oublier pour elle le trop fameux Yœ victis! qui 
déshonore si souvent leurs pages et ne leur laisse des 
louanges et des adulations que pour les seuls vain- 
queurs. 

D'une grande beauté, d'une force corporelle remar- 
quable, d'une chasteté qui étonnait ses faciles contem- 
porains, d'un esprit élevé, d'un caractère allier, Zénobie 
se vantait de descendre des Ptolémées et que le sang de 
la belle Gléopâtre coulait dans ses veines. Le philosophe 
Longin 2 fut son maître, et, grâce à son habile enseigne- 
ment, elle parlait avec perfection le grec, le syriaque, 
l'égyptien et le latin. Elle avait composé pour son usage 
un abrégé de toute l'histoire orientale, et sa conversation 
familière roulait souvent sur les beautés de Platon ou 
d'Homère. Son courage égalait celui d'Odenath. Elle se 
plaisait à l'accompagner dans ses chasses aux lions, aux 
léopards et aux ours, et même dans ses expéditions 
guerrières, où son mari lui dut, si nous devons en croire 
Aurelien 3 , une partie de ses succès. Zénobie aimait aussi 
la pompe et la magnificence. Aux occasions solennelles, 
elle offrait de somptueux banquets où elle paraissait vêtue 



1 Trebellius Pollio (Vie de Zénobie) assure qu'elle fut com- 
plice du meurtre de son mari, bien qu'elle tira une vengeance 
éclatante de ses assassins. Gibbon se prononce énergiquement 
contre cette accusation ; nous nous rangeons pleinement à son 
avis. 

2 Longin naquit à Einèse vers 213 (ap. J.-C). 11 était, rap- 
porte-t-on, neveu par sa mère de Plutarque, et, ce qui est plus 
certain, il fut le maître de Porphyre. La critique moderne a pré- 
tendu avec raison que le traité du Sublime n'était pas de lui. — 
Voy. Vaucher, in-8". tlenève, 1854. 

T ' Voy. Treb. Pollio, Lettre d' Aurelien au Sénat. 



— 28 — 

de la pourpre royale et le diadème sur la tête. Trebellius 
Pollio ajoute qu'elle invitait à ces festins, avec ses cour- 
tisans et les cliefs de Palmyre, les Perses et les Armé- 
niens, grands buveurs, et que, mettant de côté sa so- 
briété habituelle, elle prétendait même les vaincre à 
table, ne voulant être inférieure à personne en aucune 
chose 1 . 

Zénobie, avec le caractère que nous venons de tracer, 
ne pouvait accepter le joug des Romains. Après avoir 
vengé la mort d'Odenath, son premier soin fut de mar- 
cher contre eux. Elle défit Héraclianus, leur général, et 
soumit, à la suite de sa victoire, toute la Syrie. Elle sut 
ensuite profiter, en habile politique, des désordres qui 
suivirent la mort de Gallien. Par ses ordres, Zabdas 2 
s'empara de l'Egypte, qu'elle regardait comme un héri- 
tage de famille. Le gouverneur Probus avait voulu ré- 
sister : il avait été vaincu et fait prisonnier, et, avec 
une énergie qui n'appartenait plus aux Romains dégé- 
nérés des Césars, il s'était tué pour ne pas survivre à 
sa défaite. 

Aurélien, à peine ceint de la couronne impériale, 
voulut venger de tels échecs. A la tête des valeureuses 
légions du Danube, il passa en Asie, défit complète- 
ment les Palmyrenéens auprès d'Antioche et à Emèse 3 , 
et Zénobie, qui avait voulu commander elle-même ses 
armées, fut bientôt réduite à défendre sa capitale. Les 
habitants opposèrent une héroïque résistance, et une 



1 Bibit sœpè cum ducibus cum osset alias sobria bibit et etiam 
cum Persis et Armenis ut eos vinceret. (Treb. Pollio, Hist. Aug.) 
Voy. aussi Gibbon, ch. XL Ce grand historien résume à merveille 
la vie de Zénob'e ; il réfute toutes les accusations portées contre 
elle, notamment celle d'avoir été complice de la mort de son 
mari. 

2 Zabdas était parent d'Odenath. Voici une inscription qui le 
concerne, retrouvée à Palmyre par M. de Vogiie: « A Septimia 
Zenobia la très-illustre et pieuse reine, Zabdas le grand général 
et Zabbaios le chef qui commande en ces lieux. Puissants à leur 
souveraine la 582<= année au mois de lous (août 270ap. J.-C). » 

5 Vopiscus. Hist. Aug. — Zozime, in vila Aurelianî, liv. I. 



2<) 

lettre d'Aurélien lui-même à un de ses amis nous a con- 
servé le récit des difficultés qu'il eut à vaincre. « Les 
Romains, dit-il, parlent avec mépris de la guerre que je 
fais à une femme. Ils ignorent et le pouvoir et le ca- 
ractère de Zénobie; il est impossible d'énumérer ses 
vastes préparatifs, les amas immenses de pierres, de 
flèches, de toute espèce d'armes de guerre. Chaque par- 
tie des murailles est défendue par deux ou trois balis- 
tes, et ses machines lancent des feux artificiels. La 
crainte de la punition qui l'attend Ta réduite au déses- 
poir. Mais j'ai mis mon assurance dans les dieux tuté- 
laires de Rome, qui m'ont accordé jusqu'ici une si écla- 
tante protection. » 

Il paraît que la confiance d'Aurélien en ses dieux s'af- 
faiblit rapidement, car, bien peu de jours après cette 
lettre, il écrivit lui-même à Zénobie pour lui assurer son 
pardon si elle consentait à se rendre. La réponse de la 
reine mérite d'être citée tout entière. 

« Zénobie, reine de l'Orient, à Aurélien Auguste. — 
Nul avant toi n'a osé me faire des propositions pareilles 
à celles de tes lettres. Le vrai courage consiste à faire 
tout ce qui est possible dans les choses de la guerre. 
Tu me parles de reddition, comme si tu ignorais que la 
reine Cléopâtre aima mieux mourir que de vivre privée 
de sa couronne. Nous attendons le secours des Perses, 
ils ne nous feront pas défaut. Les Sarrasins nous sou- 
tiendront. Déjà quelques brigands syriens * ont presque 
vaincu ton armée, Aurélien ; que sera-ce donc quand ar- 
riveront de toutes parts les renforts (pie nous attendons? 
Laisse donc là l'arrogance avec laquelle tu nous parles 
de soumission, comme si déjà tu étais notre vainqueur.» 

Aurélien, irrité par cette fière réponse, pressa plus 
vivement le siège. Les secours espérés n'arrivaient pas ; 
tous les convois étaient interceptés par la vigilance des 



1 Latrones Syrii, dit la reine avec une allusion assez insolente 
aux échecs qu'ils avaient causés aux Romains. 



— 30 — 

Romains. Zénobie voulut presser elle-même ces renforts 
si ardemment désirés. Elle partit sur un dromadaire 
renommé pour sa vitesse. Déjà elle atteignait l'Euphrate ; 
sur l'autre rive elle était en sûreté, lorsque les sol- 
dats qu'Aurélien, averti par ses espions, avait envoyés 
à sa poursuite, l'atteignirent et la ramenèrent prison- 
nière. 

A sa vue, le camp romain retentit de cris de haine et 
de mort. Les soldats lui imputaient leurs longues souf- 
frances, et réclamaient son supplice immédiat. En cet 
instant terrible, la femme se retrouva ; Zénobie s'abaissa 
devant le vainqueur, et consentit à racheter une vie dés- 
honorée en abandonnant tous ses amis, et en dénonçant 
Longin comme l'auteur de la lettre qui avait excité la 
colère de l'empereur 1 . 

En apprenant la captivité de leur reine, les Palmy- 
rénéens s'étaient soumis. Aurélien les traita avec indul- 
gence. Il se contenta d'exiger les armes, les chevaux, 
les chameaux, l'or, l'argent, les vêtements de soie, les 
pierres précieuses, toutes les richesses accumulées à 
Palmyre par des années de commerce florissant. Telle 
était l'indulgence romaine ! Puis l'empereur reprit le 
chemin de sa capitale, laissant GOO archers seulement 
pour maintenir sa conquête. 

A peine était-il éloigné que les Palmyrenéens se sou- 
levèrent, massacrèrent la faible garnison romaine, et, par 
un juste sentiment de gratitude, appelèrent à leur tête 
un parent de Zénobie ; mais ils avaient compté sans 
l'énergie et la fermeté a" Aurélien. Dès qu'il eut appris 
cette nouvelle, il n'hésita pas un instant ; il revint sur ses 
pas avec son armée, non moins exaspérée que lui. Cette 
ibis, la vengeance fut terrible. Palmyre fut détruite de 
fond en comble. Les femmes, les vieillards, les enfants 
périrent dans un horrible massacre. « Il est inutile, 
écrivait Aurélien lui-même plus tard à Ceionius Bassus, 
en lui recommandant de relever le temple du Soleil, il 

1 Zozime. — Yopiscus et T. Pollio, convient-il d'ajouter, ne 
donnent pas ces mêmes détails. 



— 31 — 

est inutile d'exciter davantage les soldats. Assez de Pal- 
myrenéens ont péri ; nous n'avons pas épargné les fem- 
mes, nous avons égorgé les enfants; les vieillards ont 
été étouffés, les campagnards eux-mêmes ont été mas- 
sacrés. A qui laisserons-nous donc la ville? Aquilaisse- 
rons-notis donc le pays, si nous n'épargnons ceux qui ont 
survécu 1 . » 

Quand Aurélien écrivait cette lettre, il se dirigeait vers 
Dôme, tout occupé des splendeurs de son triomphe. Ce 
triomphe fut en effet un des plus magnifiques qui ait ho- 
noré les murs de la ville impériale. Des Goths, des Van- 
dales, des Sarmates, des Alains, des Germains, des Gau- 
lois, des Syriens, des Egyptiens, des Perses venaient at- 
tester le nombre et Téclat des victoires de l'empereur. 
Zénobie, remarquable entre tous, précédait le char 
comme écrasée sous le poids des chaînes, que le vain- 
queur, par une amère dérision, avait voulu être d'or. 
Aurélien lui abandonna ensuite assez dédaigneusement 
une villa à Tivoli. La reine de l'Orient devint une ma- 
trone romaine 2 ; des enfants perpétuèrent sa race, et, 
au temps de saint Ambroise, Zenobius, évêque de Flo- 
rence, se vantait de descendre de celle qui avait été 
la glorieuse Zénobie. 

Nous nous sommes étendu plus longtemps que nous 
ne le voulions sur Zénobie. Son histoire résume en effet 
la grandeur et la décadence de Palmyre. A partir delà 
destruction de la ville par Aurélien, nous savons seule- 
ment par une inscription 3 que Dioclétien répara un de 
ses temples, puis parProcope 4 que Justinien fit fortifier 
Palmyre comme station militaire. A cette époque, le chris- 
tianisme y avait fait de grands progrès; des évêques 
de Palmyre, dépendant du métropolitain de Damas, 



1 Yopiscus, Vit. Aurel. , ut supra. 

2 Treb. Pollio, id. 

3 "Voy. Wood et aussi Philos. Transactions, vol. XIX. 

4 De .Edif., Just., lib.II,c.2. 



— 3-2 — 

assistèrent aux conciles de Nicée et de Ghalcédoine, et 
Baronius nous a conservé les noms honorés de martyrs 
Palmyrenéens. 

Puis un voile épais s'étend sur les destinées de tout ce 
pays. C'est la lamentable histoire de l'Orient; partout la 
barbarie remplace la civilisation. Benjamin de Tudèle, 
juif espagnol, qui naquit vers 1170 et qui parcourut 
une grande partie de la Syrie et de la Palestine, prétend 
avoir trouvé à Palmyre', lors de sa visite, 2,000 Juifs; 
mais son récit ne mérite qu'une très-mince confiance 2 . 
Deux siècles après, Abulfeda 3 parle de Tedmor, de ses 
palmiers, de ses mille colonnes, de son château. 11 
ajoute que la ville était entourée d'Arabes pillards et no- 
mades. Nous les retrouvons aujourd'hui, comme Auré- 
lien, lui aussi, les avait rencontrés à la tête de ses légions. 

Il est un point que les historiens n'ont peut-être pas 
fait assez ressortir, et qui m'a singulièrement frappé dans 
le cours de mon voyage, c'est combien peu l'islamisme 
au fond a modifié les mœurs des Arabes 4 . Les empires 
se sont écroulés, les peuples ont disparu, la face du 
monde s'est renouvelée maintes fois: on retrouve au 
XIX e siècle les Arabes tels qu'ils étaient alors qu'ils at- 
taquaient les convois romains. Pour eux seuls le temps 
n'a pas marché ! 

Ce furent les récits fantastiques de ces Arabes qui dé- 
cidèrent deux marchands anglais de la factorerie d'Alep 
à pénétrer jusqu'à Palmyre. Après une première tenta- 
live inutile en 1678, ils réussirent eu 1091, et leur récit 5 
excita une vive sensation dans leur patrie. MM. Wood, 
Dawkins et Bouverie arrivèrent à leur tour à Tedmor en 



1 Itinér.,p.57, 58. 

2 Nous trouvons l'inscription suivante citée par Wood : « Sta- 
tua Julii Aurelii Schaïmalath lilii Malœ Hebrœi ducis societatis 
perigrinatorum. » Elle est antérieure à Aurélien. 

3 Emir de Harnais et célèbre historien. Il vivait vers 1320. 

4 Yoy. Caussin de Perceval. Hist. des Arabes avant l'islamisme. 

3 Phi). Transactions, vol XIX, oct. 1695. Voy. aussi Seller An- 
tiquitas of Palmyra. London. 1696. 



— 33 — 

I7.M. Ils purent y rester assez longtemps pour dessiner 
les mines et pour y relever de nombreuses et impor- 
tantes inscriptions. Leur voyage, publié peu de temps 
après leur retour, est aujourd'hui encore notre seul 
guide. 

Depuis le siècle dernier, le nombre des voyageurs a 
toujours été très-restreint, et, parmi les innombrables 
pèlerins de l'Orient, bien peu ont pu contempler les 
grandes ruines de Tedmor. La célèbre Lady Ilestor Stan- 
liope y parvint en 1813 en donnant 30,000 francs aux 
Arabes. Les capitaines lrby et Mangles, M. Poujoulat en 
1837, suivirent la route d'ÏIoms 1 . M. de Vogue en 1 853, 
et, je crois, M. le comte de Paris en 1860, suivirent la 
même route que notre propre caravane. Dernièrement 
enfin, M. Vigne, un des compagnons de voyage du duc 
de Luynes, a pu relever astronomiquement la position de 
Palmyre et reproduire photographiquement les princi- 
paux monuments 2 . 

Tels sont les seuls renseignements connus sur la ville 
de Zénobie. Les voyageurs répètent tour à tour les mai- 
gres récits que nous venons de donner. Est-ce donc à 
dire que ceux qui viendront après nous ne seront pas 
plus heureux? Je crois pouvoir affirmer, au contraire, 
qu'il sera facile de reconstituer une grande partie de 
l'histoire de Palmyre, quand on connaîtra les inscriptions 
qui existent en nombre considérable sur tous les points 
des ruines. Beaucoup de ces inscriptions, notamment 
celles de la grande colonnade, sont bilingues, en grec et 
en palmyrenéen. Le palmyrenéen est une langue sémi- 
tique^, qui se rapproche beaucoup de l'hébreu, et plus 

1 Ancienne Emise. 

2 Aujourd'hui, pour parvenir à Palmyre, il faut payer environ 
500 fr. par voyageur au sheik des Anazes pour obtenir sa per- 
mission de traverser le désert; par une bizarrerie assez singu- 
lière, ce sheik a épousé Lady Ellenborough, épouse divorcée de 
l'ancien gouverneur général des Indes. 

r> L'araméen est, on le sait, la langue-mère de toutes lis lau- 
gues sémitiques, le chaldéen. le syriaque, l'hébreu, etc. 

:j v. 



— 34 — 

encore, an point même de se confondre avec lui, du 
dialecte syriaque ou syro-chaldéen, qui était le langage 
usuel de toute la Palestine lors de la venue du Sauveur, 
et celui, selon toutes les apparences, qu'il parlait lui- 
même. Pour n'en donner qu'un exemple, les mots Eli 
Eli lamma sabachtani, que l'Evangile nous a conservés, 
appartiennent à la langue palmyrenéenne comme à la 
langue syriaque. Malheureusement pour l'archéologue, 
les" nomades sont et seront longtemps encore, je le 
crains, un obstacle à tout séjour prolongé à Palmyre. 
De là une difficulté sérieuse, mais non, je l'espère, insur- 
montable; le temps et l'argent sont de grands maîtres, ne 
l'oublions pas, même au désert. Il faudrait bien choisir 
les inscriptions, les étudier, les comparer, puis enfin les 
relever avec soin, et je souhaite de tout mon cœur au 
patient antiquaire plus de bonheur qu'à M. de Vogue, qui, 
ayant déchiffré quelques-unes de ces inscriptions avec 
beaucoup de soin et beaucoup de peine, eut le regret, 
à son retour en France, de les trouver imprimées dans 
le grand ouvrage de Wood 1 , que son poids ne permet 
guère de placer dans le mince bagage du voyageur. 

Palmyre avait dû sa prospérité 2 au commerce des In- 
des, qui enrichit successivement toutes les nations assez 
heureuses pour en obtenir le monopole. Aussi le com- 
merce était-il en grand honneur dans la ville, tout au 
moins durant les trois premiers siècles de l'ère chré- 
tienne, et bon nombre d'inscriptions, principalement 
celles sous les statues de la colonnade dont nous allons 
parler tout à l'heure, sont à la louange des chefs qui 
avaient protégé la marche des caravanes. Ces caravanes 
se rendaient à Vologesias 3 sur l'Euphrate, à Carax, capi- 

1 Aucune inscription reproduite par Wood n'est antérieure à 
l'ère chrétienne, aucune, sauf celle déjà mentionnée de Diocté- 
tien, postérieure à Aurélien. 

2 On peut consulter sur Palmyre une lettre de Longin à Por- 
phyre. 

3 Fondée par Yologesias, roi des Parthes, contemporain de 
Néron (Pline, Hist. nat., L. VI.). Ptolémée(L. V, c. 15) nous a 
conservé les stations entre Yologesias et Palmyre. 



35 



taie <le laCaracène, par où elles arrivaient au golfe Per- 
sique, ou bien encore à IVtra, d'où elles pouvaient ga- 
gner à volonté la nier Ronge ou la Méditerranée. Ces 
caravanes allaient aussi de Palmyre à Damas ; mais alors 
c'étaient les habitants de Damas qui les escortaient, et 
on comptait de quatre à cinq jours de marche 1 . 

Le commerce, au temps des empereurs, était surtout 
destiné à satisfaire au luxe effréné de la capitale du 
monde; aussi les caravanes ne portaient-elles guère à 
Home que des produits précieux, la myrrhe et l'encens 
de l'Arabie, les aromates, les perles, les pierres pré- 
cieuses, les vestes de soie de l'Inde. Les profits de ce 
commerce étaient immenses; ils firent la richesse de 
Palmyre 2 . Leur cessation amena, plus encore que la dé- 
faite, sa ruine. 

Rien ne saurait rendre l'aspect de Palmyre. Pour tout 
horizon un océan de sables, où s'élèvent comme des 
mâts de vaisseau sur la mer, d'innombrables colonnes, 
muets témoins du passé. Nos soirées entières, il nous en 
souvient, s'écoulaient à les contempler dans un silen- 
cieux étonnement. Peut-être, nous disions-nous, un jour 
viendra où notre civilisation si vantée périra à son tour, 
où nos villes si magnifiques serviront, elles aussi, d'en- 
seignement aux générations futures, où des voyageurs 
venus de l'extrémité de l'univers méditeront sur les 
grandeurs passées de Paris ou de Londres, et recherche- 
ront curieusement leur histoire, comme nous l'avons 
fait nous-mêmes, assis sur les ruines de Babylone et de 
Tyr, de Thèbes aux cent portes et de Palmyre ! Les peu- 
pics ont-ils donc leur vie comme les individus? Généreux, 
imprévoyants même dans leur enfance, grands à l'époque 
virile, sont-ils, eux aussi, condamnés à arriver par des 



1 Heeren. Gommercia urbis Palmyrœ, (iottingue, 1831. Yoy. 
encore Volney, Voyages en Syrie, II, et Burkhart, Travels in Syria. 

- Flav. Vopiscus cite comme exemple de cette richesse que tou- 
te-; les maisons avaient des carreaux «le verre. 



— 36 — 

changements imperceptibles à l'incapable vieillesse, puis 
à mourir enfin quand la mission qui leur a été donnée 
se trouve accomplie ? En pensant à ces grands peuples 
qui ne sont plus, faut-il dire, avec le barde écossais : 
« Ils n'ont fait que disparaître avant nous, car nous aussi 
il nous faut disparaître M »? 

Le plus remarquable des monuments de Palmyre est 
le temple du Soleil, où nous avions établi notre de- 
meure. 11 avait été converti par les Sarrasins en cita- 
delle, et leurs constructions étaient venues comme écra- 
ser l'antique édifice et contribuer à coup sûr à sa ruine. 
Il était, lors de notre visite, encombré d'une quantité de 
masures abandonnées par leurs propriétaires depuis six 
mois environ 2 , pour échapper aux intolérables avanies 
des nomades qui, chaque semaine, pour ainsi dire, 
venaient leur imposer clés tributs nouveaux. Quelques 
jardins, derniers vestiges de l'homme, subsistaient en- 
core ; chacun était entouré d'une muraille élevée, et la 
porte était si basse, qu'il fallait presque ramper jus- 
qu'à terre pour y pénétrer. Rien, à coup sûr, ne pou- 
vait mieux indiquer les dangers et les craintes des Pal- 
myrenéens modernes. 

Le temple comprenait une enceinte extérieure avec 
62 pilastres corinthiens sur chacune de ses faces; des 
pavillons aux quatre angles venaient en rompre la mo- 
notonie. Cette enceinte, par un hasard qui a déjà été 
signalé bien des fois, offre une certaine ressemblance 
avec notre colonnade du Louvre. Assez bien conservée 
du côté nord, elle a beaucoup souffert sur les trois autres 
faces. Un portique couvert, soutenu par un double rang 
de colonnes cannelées d'ordre corinthien, d'une belle 
élévation, faisait tout le tour de la cour, et permettait de 
braver au besoin les ardeurs du dieu. On y pénétrait 
par une porte malheureusement bien dégradée. Les 
montants en marbre blanc, couverts de riches sculptures 

1 Tliey hâve but fallen before us, for one day wc must fall ! (Os- 
sian.) 

a M. de Vogue me raconte qu'il trouva le temple habité de nou- 
veau et qu'il put s'y procurer quelques vivres frais. 



— 37 — 

de branches de palmier et de grappes de raisin, subsis- 
tent seuls aujourd'hui. Cette porte était placée au nord, 
fait assez rare, car l'usage presque constant des adora- 
teurs du Soleil était de placer l'entrée de ses temples à 
l'est, pour que les premiers rayons de l'astre vinssent 
frapper sa demeure. La longueur de cette enceinte, en 
ramenant les mesures anglaises à notre système métri- 
que, était, selon Wood, de 197 mètres. 

La cella formait un carré long au milieu de cette 
cour. L'extérieur était orné par un rang de colonnes 
cannelées, toujours d'ordre corinthien. Les ornements 
des chapiteaux étaient en bronze, et n'ont pu échapper 
à la cupidité soit des Romains, soit des Arabes. Onze 
seulement sont restées debout. On pénétrait vraisembla- 
blement dans le temple par un perron qui conduisait au 
péristyle. Il n'en reste aucune trace. La porte placée par 
une exception assez curieuse sur la face latérale, était 
couverte de riches sculptures à peu près pareilles, mais 
mieux conservées que celles de la porte extérieure. Le 
sofite est tombé. Il représentait, comme à Balbeck, un 
aigle aux ailes éployées sur un fond semé d'étoiles. Cette 
porte a été masquée par de grossières constructions, et 
on n'arrive aujourd'hui dans l'intérieur qu'en se glissant 
péniblement par une étroite ouverture située au fond 
d'une demeure arabe. Il faut encore citer à chaque ex- 
trémité du temple une petite chambre ; celle de l'ouest 
offre sculptés sur le plafond les signes du zodiaque grec. 
Les Sarrasins avaient converti le temple du Soleil en 
mosquée, et une niche d'un bon travail rappelle l'isla- 
misme triomphant au milieu des ruines du paganisme. 

En sortant du temple et en se dirigeant vers le nord, 
on se trouve en face d'un arc de triomphe en marbre 
blanc à trois portes. Celle du milieu servait sans doute 
de passage aux chars et aux chameaux ; celles latérales 
ouvraient sur des portiques soutenus par des colonnes, 
et joints, selon toute apparence, de l'autre côté aux de- 
meures des Palmyrenéens, aujourd'hui complètement 
disparues. Ces portiques permettaient de se promener 
durant la chaleur du jour, cl étaient d'un usaee fré- 



— 38 — 

(jucnt dans les villes syriaques. Ainsi on en trouve de 
semblables à Damas, à Djerash et à Sebasle, l'ancienne 
Samarie. Toutes datent des trois premiers siècles de l'ère 
chrétienne ; mais celles de Palmyre sont de beaucoup les 
plus remarquables, car aujourd'hui encore elles mesu- 
rent 880 mètres, dans leur plus grande longueur, jus- 
qu'au temple qui devait vraisemblablement leur servir 
de limite 1 . 104 de ces colonnes sont restées debout. 
Elles ont 2 m , 95 de circonférence et environ 18 nl de hau- 
teur, autant qu'on en peut juger toutefois, car les sables 
amoncelés ne permettent pas de découvrir complète- 
ment leur base. A G" 1 environ du chapiteau, elles pré- 
sentent un piédestal, sous lequel on peut encore lire ces 
inscriptions bilingues dont nous avons déjà parlé, célé- 
brant les citoyens à qui avaient été décernés les hon- 
neurs d'une statue. Par une exception unique, au-des- 
sous d'un de ces piédestaux, l'inscription est remplacée 
par une couronne de lauriers. Mon imagination y plaçait 
volontiers la statue de Zénobie, dont le glorieux sou- 
venir plane sur ces ruines. Toutes les statues ont dis- 
paru ; il en reste à peine un vestige. Les tremblements 
de terre, si fréquents en Syrie, le temps et la ferveur mu- 
sulmane sont d'accord pour leur destruction. 

Cette colonnade est coupé»; par quatre gros piédes- 
taux destinés également à des statues ; puis de distance 
en distance par des portiques donnant sans doute accès 
à des colonnades latérales dont le parcours semble encore 
indiqué par quelques colonnes éparses au milieu des 
sables. Une de ces portes est en granit assez semblable 
par son grain à celui des monuments égyptiens. Les 
marchands anglais qui les premiers visitèrent Palmyre 
disent aussi avoir trouvé un obélisque monolithe de 50 
pieds d'élévation 2 sur 14 pieds et demi à sa base. Ces 
faits confirment ce que l'histoire nous apprend des re- 



1 M. de Vogue a trouvé 325'» jusqu'aux quatre piédestaux et 
555m ensuite. Nos mesures moins précises se sont trouvées à peu 
près d'accord avec les siennes. 

2 Mesures anglaises. 



— 39 — 

talions qui existent entre les habitants de Palmyre cl les 
Egyptiens. 

La colonnade formait une magnifique avenue triom- 
phale qui conduisait du temple du Soleil à un autre tem- 
ple, que j'ai vu appeler le temple de Neptune. Il est 
carré et compte 25 mètres environ sur chacune de ses 
faces. En avant, un élégant péristyle supporté par six co- 
lonnes encore debout. Quelques portions de l'architrave 
sont tombées, et rappellent par la richesse des sculptures 
ce que nous avons trouvé de plus beau à Balbeck. Ce 
temple était construit sur un soubassement voûté; la 
partie souterraine est malheureusement comblée. Nous 
avons trouvé des colonnes d'ordre ionique, fait presque 
unique à Palmyre. 

En continuant vers l'ouest, on rencontre un autre 
temple du même caractère, mais plus petit que le pré- 
cédent 1 . La porte était ornée de deux statues; l'une re- 
présentait une femme couchée et appuyée sur une boule, 
l'autre est méconnaissable. Puis une masse de ruines, 
dont la destination échappe au voyageur ; il faut y noter, 
car ils sont rares, deux bas-reliefs de médiocre exécu- 
tion et une inscription presque fruste, où nous n'avons 
pu déchiffrer que les mots « agatïia prottova. » 

Au nord-ouest de ces temples sont les restes de la 
muraille de Justinien, qui formait l'enceinte de Palmyre 
alors qu'elle ne comptait dans l'histoire que comme 
station de la légion illyrienne. L'aspect des ruines 
montre clairement que la ville de Zénobie comprenait 
une enceinte bien autrement considérable. 

Les tombeaux, où notre promenade nous amène, mé- 
ritent une description toute particulière. Quelques-uns 
sont taillés dans le roc vif; c'est une disposition qu'on 
retrouve dans toute la Syrie et la Palestine. Les plus soi- 
gnés ont des niches destinées à recevoir les sarcophages. 
Un d'entre eux, dont nous avons visité l'intérieur, est 
même orné de riches sculptures, représentant vrais 'in- 

1 Deux colonnes seulement marquent te péristyle. 



— 40 — 

blablement la mort de celui qui devait y trouver sa der- 
nière demeure. D'autres sont des tours souvent très- 
élevées et divisées en plusieurs étages. Le* plus remar- 
quable de ces sépulcres est connu sous le nom à'Elabe- 
los, le dieu Bel ou Baal 1 . Etait-ce le nom du mort ou le 
nom de la divinité à laquelle il avait dédié sa dernière 
demeure? Probablement les deux à la fois. L'intérieur 
présente une salle en plan incliné de '12 m environ de long- 
sur 5 à 6 de large. Le plafond, soutenu par des pilas- 
tres corinthiens, est orné de sculptures, malheureuse- 
ment mutilées, placées dans des cartouches de couleurs 
différentes. Ces peintures ont conservé une fraîcheur et 
une vivacité de coloris inconcevables. Tout autour de 
cette salle, des niches préparées pour recevoir les corps 2 ; 
au-dessus, des tablettes de marbre avec des inscriptions. 
Leur étude a permis à M. de Yoguë de relever sept géné- 
rations avec leurs alliances et leurs portraits; malheu- 
reusement les sculptures sont toutes mutilées, Dans le 
coin un escalier conduisait au premier étage. Les niches, 
pareilles à celles du rez-de-chaussée, étaient formées par 
des arcades soutenues par les éternels pilastres corin- 
thiens. Toutes ces niches sont aujourd'hui vides. Au 
deuxième étage, une chambre complètement nue, peut- 
être celle du gardien de ce tombeau. Les niches se re- 
trouvent dans les deux étages supérieurs ; mais ces étages 
sont tellement encombrés de ruines qu'il est presque 
impossible d'y pénétrer. La tour enfin est surmontée 
d'une terrasse d'où l'œil s'étend sur toute la plaine de 
Tedmor. 

Ce dernier monument est situé à l'entrée de la petite 
vallée par où nous étions arrivés à Palmyre. Les Arabes 
l'appellent Wady cl Kebour, la vallée des Tombeaux, et 
ce nom est assurément convenable, car on en aperçoit 
de tous les côtés. J'en ai compté autour de moi 32 dans 

' Il remonte à 103 ans ap. J.-G. 

2 Wootl affirme avoir trouvé dans un de ces tombeaux une mo- 
mie pareille aux momies égyptiennes. La question de savoir si les 
Palmyrenéens embaumaient leurs morts n'est pas encore résolue. 



un état à peu près complet de conservation ; le nombre 
de ceux en ruine est bien autrement considérable. Un 
des plus remarquables par ses sculptures a été mesuré 
par nos compagnons de voyage. Il devait avoir 23 à 2."> ni 
de hauteur 1 . Ce tombeau est sans doute celui auquel Wood 
a donné comme date 3 ans après J.-C, et comme pro- 
priétaire JamblichuSj fds de Mocimus. 

D'autres tombeaux sont plus anciens encore ; il est fa- 
cile de le reconnaître à leur construction grossière et à 
leurs pierres à peine éq îarries. Ces derniers sont tous 
d'accès diiïicile, et c'est avec grand'peine que nous avons 
pu pénétrer dans quelques-uns d'entre eux. 

Continuons notre description, que nous voudrions en 
vain moins aride, en descendant cette fois vers le temple 
du Soleil, que nous avions pris pour point de repère. 
Nous avons noté successivement un temple qui offre un 
péristyle semi-circulaire et une cella ornée de niches du 
plus riche travail. Ce temple, où une inscription à demi 
brisée vient rappeler le nom de Dioclétien, était entouré 
d'une cour extérieure et d'une colonnade dont il ne reste 
plus debout qu'une seule colonne. La porte qui y don- 
nait accès est assez bien conservée. Tout cet ensemble 
formait-il le temple de Vénus, que nous savons avoir 
été particulièrement honorée à Palmyre ? C'est une sim- 
ple conjecture que je me hasarde à émettre. Tout au- 
près une porte précédée d'un rang de colonnes corin- 
thiennes, seuls restes d'un édifice que nul n'a rappelé 
et dont la destination est inconnue; puis un autre tem- 
ple avec neuf colonnes presque entièrement enterrées 
dans les sables. Un des embranchements de la colon- 
nade principale y venait vraisemblablement aboutir. 

En marchant toujours vers le sud, on rencontre une 
masse de ruines assez imposantes, que les uns ont voulu 
être le Gymnase, d'autres le lieu de réunion des commer- 
çants. Tout l'édifice comprenait un carré d'environ 30 



m 



1 II comprend cinq étages, lies niches étaient disposées pour 147 
cadavres. 



— H — 

de long; en avant, une anti-salle, où nous pouvons en- 
core distinguer huit fenêtres, une porte principale et 
deux portes latérales. Le tout serait d'un bel effet si on 
pouvait le dégager des sables qui l'encombrent. C'est 
auprès que M. de Vogue place, si je ne me trompe, le 
palais de Zénobie, se fondant sur ce fait très-plausible, 
(pie tout autour on retrouve des inscriptions, brisées 
pour la plupart, en l'honneur de la reine, d'Odenath 
et de leur famille. Citons encore rapidement une pe- 
tite mosquée due aux Sarrasins, un temple qui a con- 
servé le nom de l'empereur Adrien, une colonne iso- 
lée enfin, la plus haute de toutes celles qui existent à 
Palmyre. Une inscription bilingue nous apprend qu'elle 
avait été élevée 1 par le concours du Sénat et du peuple, 
en l'honneur d'Alelamos. L'illustre Alelamos, par un de 
ces retours qui montrent bien tout le néant des splen- 
deurs et des gloires humaines, est aujourd'hui complète- 
ment inconnu, et les savants se disputent sur la manière 
même dont il faut lire son nom. 

Au nord de la ville, sur le plus haut sommet de 
la chaîne qui entoure de ce côté Palmyre, on aper- 
çoit un château dont l'arrivée est très-escarpée. Tout 
autour un fossé profond, taillé dans le roc même, 
que nous n'avons pu franchir qu'avec difficulté. L'ar- 
chitecture de ce château est très -mauvaise, et non- 
seulement indigne de Justinien, à qui on a voulu l'attri- 
buer, mais des Sarrasins eux-mêmes. Les Anglais qui ont 
découvert les ruines de Tedmor ont rapporté, sur l'auto- 
rité fort suspecte de leurs guides arabes, qu'il avait été 
bâti par Man-Ogle, prince des Druses, sous le règne de 
Sultan-Murad 2 . Du haut de cette forteresse, on jouit 
d'une imposante vue du désert. Le capitaine Mangles 
affirme même avoir pu découvrir les hautes cimes de 



» 138 ansap. .1.-0. 

2 II régna de 1574 à 1595. Le château aurait été bâti en 1585. 11 
e.ai plus probable que sa construction est dur aux sultans ayou- 
bites. 



43 



l'Anti-Liban. Les lianes de la montagne, en calcaire ju- 
rassique et recouverts de sable, sont percés d'hypogées 
qui se présentent à chaque pas : une, (relies est d'un 
assez bon style. L'intérieur est orné de trois statues de 
femme remarquables par leur exécution; malheureuse- 
ment elles ont été décapitées parles fanatiques musul- 
mans. 

Les soins pieux des Palmyrenéens pour la sépulture 
de leurs morts nous permettent de, suivre facilement les 
progrès de l'art chez eux. D'abord des grottes creusées 
dans les rochers, puis des tours en pierres à peine dé- 
grossies. L'architecture grecque traverse le désort, les 
tours s'élèvent, les pierres sont régulièrement taillées, les 
fenêtres sont sculptées: puis les tours elles-mêmes ne 
suffisent plus au luxe des habitants, de véritables tem- 
ples se dressent, les statues, les peintures viennent dé- 
corer l'asile de la mort. Mais les efforts de l'homme sont 
bien vains et son orgueil bien impuissant ; les grottes et 
les tours, les temples et les grands monuments, les sé- 
pultures des grands et les sépultures des petits ont été 
également profanés, et tous aujourd'hui sont vicies de 
ceux à qui ils étaient consacrés. 

Tels sont les détails qu'une visite, malheureusement 
bien courte, nous a permis de recueillir. Il nous faut re- 
noncer à décrire tous les débris amoncelés, les colonnes 
éparses, les pierres immenses brisées comme des jouets 
d'enfant, les sculptures profanées, les inscriptions à de- 
mi enfouies dans le sable. Il faudrait d'activés recherches 
et une science sérieuse pour pouvoir établir, même pro- 
blématiquement, à quels édifices ils appartenaient. Ce que 
nous voulons seulement redire encore, c'est l'impression 
profondt! qu'on éprouve en voyant cette immensité de 
ruines au milieu du désert, cette ville tout entière qui se 
dresse devant Je voyageur, sans habitants, sans rien qui 
rappelle l'homme, au milieu des œuvres de sa main. 

Les détails malheureusement ne répondent pas à l'iub 
pression première. Aucun des monuments de Palmyre 
n'est comparable au temple de Balbeck, bien autrement 
imposant, encore moins aux monuments de Thèbes, 



_. u — 

les plus étonnants sans doute que l'homme ait jamais 
construits, ou aux admirables temples d'Athènes, les 
chefs-d'œuvre de l'art classique. Notre description en a 
fait suffisamment ressortir l'extrême monotonie ; ces 
temples, ces monuments présentent tous les mêmes ca- 
ractères, la même disposition, et malheureusement ils re- 
montent tous à une époque où l'art était en pleine dé- 
cadence, et cette décadence de la Rome des Césars s'éten- 
dait jusqu'aux confins de l'Orient. 

Nos coureurs arrivaient à chaque instant avec de sinis- 
tres rapports. Les Anézés \ furieux de notre course à 
Tedmor, où nous les avions bravés en refusant le tribut 
qu'ils prétendent exiger de chaque voyageur traversant 
leur territoire, rappelaient en toute hâte leurs cavaliers, 
qui escortaient ou pillaient à tour de rôle la caravane de 
la Mecque. De plus, nous avions compté trouver quel- 
ques habitants, par suite des provisions, et il nous 
devenait impossible de nous procurer des vivres pour 
notre escorte et pour nos chameaux. Il était donc de 
toute nécessité de quitter Palmyre plus tôt que nous ne 
le pensions. 

Le 25 novembre, à 10 heures du matin, nous sommes 
à cheval, et notre colonne s'ébranle au signal de sheik 
Phares. Nous jetons un long regard sur ces ruines qu'il 
ne sera jamais donné de revoir, puis nous défilons en 
silence par la vallée des Tombeaux. 

Le 26 novembre, après une marche toute semblable 
à celle que nous avons racontée, nous sommes à Karia- 
tein, établis dans nos anciens quartiers. Pendant notre ab- 
sence, la ville avait été soumise à une rude épreuve. Le 
jour même où nous l'avions quittée, elle avait été atta- 
quée par ces mêmes Arabes dont nous avions vu les 
feux, et, après un engagement où quelques hommes 



* Selon Burkhardt, ils peuvent mettre 30,000 cavaliers sous les 

armes. Une autre tribu, les Alkel Chômai, est presque ;tussi puis- 
sante. 



— 45 — 

avaient été tués de part et d'autre, lesheik de Kariatein 

avait été forcé de payer une contribution de 200 ghayis *. 
C'était pour les nomades une faible réparation de l'impu- 
nité avec laquelle ils avaient été forcés de nous permettre 
de traverser leur territoire. 

Avant d'arriver à Djeroud, les cavaliers de notre es- 
corte nous donnent le spectacle dun combat des plus 
brillants, je dirai même des plus émouvants, par la rapi- 
dité avec laquelle ces hommes chargent et s'arrêtent au 
moment même où leurs camarades seraient inévitable- 
ment culbutés. Puis nous -prenons un affectueux congé 
de sheik Phares, un des seuls Arabes dont le souvenir 
me soit resté cher. 

Le 28 novembre, à 5 heures du soir, nous rentrons 
à Damas, et nous retournons au couvent de Terra-Santa, 
où les bons Pères nous ont reçus comme de vieilles 
connaissances, avec une joie qui m'a touché. Ces ami- 
tiés de passage, si vite nouées, si vite terminées, res- 
tent bien des années après un des bons souvenirs du 
voyageur 2 . 

1 Environ 2,200 fr. de notre monnaie. 

2 Nous joignons le détail de ce que nous a coûté notre voyage 
pour ceux que cela peut intéresser. 

PIASTRES. 

355 mesures d'orge pour les chevaux 
de notre escorte ; le gouverneur 
paie 2 piastres, supplément de 3 
piastres 1365 

145 mesures pour nos propres che- 
vaux, à 5 piastres 725 

31 chameaux à 50 piastres. . . . 1550 

60 mesures de farine pour les hom- 
mes, à 13 piastres, sur lesquels 
le gouvernement paie 8. . . . 780 

Un exprès envoyé à Djeroud ... 60 

Un maschallah blanc pour sheik 
Phares 150 

Deux maschallahs noirs pour ses 

deux lieutenants 140 

Deux Kefiés 77 20 

Cadeaux divers 10J J^J 

.1 rrpnrlrr. . . lOiX :M» 



46 

Beport 
Cartouches et poudre . 
^Montre et lunette d'approchi 

slieik Phares . , . . 
Gratification pour l'escorte 

Total 



2 pOUI 



4948 30 
123 20 

320 
1200 

0591 30 



Nous étions 11 pour payer cotte somme, qui pouvait se mon- 
ter à 1,201) francs environ de notre monnaie. 



TEXTE k TRADUCTION 

DE L'UNE DES CHARTES OFFERTES PAR M. BESNIER 



Uniuersis présentes lifteras inspccturis, Johannes 
Cornes vindocinensisSalutem. Notum facio tam presenti- 
bus quam faturisquod cum petrus de turne miles deo 
et ecclesie Sancte Trinitatis de uindocino dedisset k in 
perpetuam elemosinam concessisset : de consensn Ma- 
rie vxoris sue k etiam nepotum suorum Johannis et pé- 
tri & Gaufridi cruce signati, cum tune temporis alioshe- 
redes non haberet quorum requirendus esset assensus 
quicquid habebat tam in feodo quam in dominio aput 
coriletum et quicquid ad totum illud feodum pertinebat. 
Ego uero ad peticionem eiusdem pétri de turne militis 
et prefate Marie vxoris neenon k nepotum suorum su- 
pradictorum Johannis et pétri k Gaufridi donationem 
supradictam manucepi tenendam et modis omnibus con- 
seraandam. Ne autem super hoc posset inposterum ab 
aliquibus suboriri calumpnia presentem paginam sigilli 
mei testimonio confirmaui; Datum anno gratie. M CG° 
Septimo decimo. 

Original sur parchemin, en travers, de m ,22sur0 m , 095. Belle 
écriture du temps. Restes d'un sceau pendant où Ton ne dis- 
tingue presque plus rien. 

Voici la traduction de cette pièce par M. Bouchét. 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jean, 
Comte de Vendôme 1 , saint: Je fais à savoir à tous pré- 
sents et à venir que Pierre de Turne, chevalier, ayant 
donné à Dieu et à l'église de la Sainte Trinité de Vendôme 
et concédé en aumône perpétuelle du consentement de 
Marie son épouse et aussi de ses neveux Jean et Pierre el 
Geoffroy le croisé 2 , — attendu qu'alors il n'avait pas 

1 Jean III (1207-1218). 

- Sans doute dans la croisade des Albigeois. 



— 48 — 

d'autres héritiers dont l'assentiment dût être requis, — 
tout ce qu'il avait tant en fief qu'en domaine à Corilet ' 
et tout ce qui appartenait à tout ce fief, Moi, à la de- 
mande du même Pierre de Turne chevalier et de ladite 
Marie son épouse, ainsi que de ses susdits neveux Jean, 
Pierre et Geoffroi, j'ai garanti la donation susdite à avoir 
et à conserver de toutes les manières. Et pour qu'à l'ave- 
nir il ne pût s'élever à ce sujet aucune contestation j'ai 
confirmé la présente charte du témoignage de mon sceau. 
Donné Pan de grâce M. CG. dix-sept. 

Cette charte, comme nous Pavons dit, est accompa- 
gnée d'une autre de Jean de Montoire ( de Montorio ), 
confirmant la même donation, dans les mêmes termes 
et à la même date. Les deux pièces sont évidemment 
de la même main. C'est ce Jean de Montoire qui suc- 
céda à Jean III comme comte de Vendôme, et fut le 
premier de la branche de son nom (1218-1240). 

1 Une note inscrite au dos de la charte et d'une écriture du 
XVIIIe siècle appelle ce fief Corilet ou le Chevalet, paroisse ih 
Houssay. 



ESSAI 

SUB 

L'ARMORIAL DU VENDOMOIS 

Par M. A. de Maude, 

Auteur de l'Armoriai du diocèse du Mans. 



« Pius patria? facta referre labor. » 

Ovide. 

11 n'existe pas d'Armorial dressé pour le pays ven- 
dômois. Nous avons entrepris sur ce sujet un travail au- 
quel nous donnons pour titre Essai sur l'Armoriai du 
Vendômois, et que nous compléterons un jour, si Mes- 
sieurs les Membres de la Société Archéologique de Ven- 
dôme veulent bien nous y aider \ « Nous avons pensé 
« qu'à une époque où chacun peut se fabriquer des ar- 
« moiries, sans encourir d'autres reproches qu'un sot 
« orgueil, d'autre peine que celle du ridicule, il y avait 
• quelque intérêt pour nos anciennes familles à posséder 
« un recueil-armorial, qui serait pour elles d'abord un 
« miroir d'honneur et ensuite une garantie contre une 
« usurpation possible de la part des parvenus d'hier et 
« des enrichis de demain. » 

Notre travail comprend le plus possible d'armoiries 
appartenant à des familles originaires du Vendômois, ou 
qui y ont possédé des seigneuries, des terres, des char- 
ges, des offices ou des emplois, ou bien qui ont fixé ré- 
cemment leur domicile dans le pays. 

Nous avons relevé un certain nombre de blasons 
dans VArmorial manuscrit des Généralités. Ce recueil 



1 Préface de l'Armoriai de l'ancien diocèse du Mans, par l'au- 
teur. 

v. 



- 50 — 

est Le seul officiel. Toutefois, nous faisons remarquer 
que plusieurs des personnes qui y sont indiquées n'é- 
taient pas nobles d'origine, mais qu'elles furent simple- 
ment autorisées à prendre des armoiries, soit à cause de 
leurs charges, soit à d'autres titres. 

Quant aux armoiries des villes, des familles éteintes 
ou des anciennes communautés, il nous a paru tout à la 
fois intéressant et digne de la science archéologique de 
pouvoir lire les signes héraldiques gravés sur les tombes 
ou sur les monuments élevés par la piété de nos pères. 

Enfin, nous avons pris soin d'indiquer, après chaque 
article, les sources où nous avons puisé, afin de donner 
plus d'authenticité à nos recherches toutes désintéres- 
sées, et nous pouvons dire, en terminant, avec le poëte 
auquel nous avons emprunté notre épigraphe: Veritas 
opus movet hoc. 

Paris, 1er septembre 1865. 



EXPLICATION DES ABREVIATIONS. 

Ar. ms. — Armoriai manuscrit des Généralités, dressé en 1698, 
par ordre du roi. 

Ar. d. M. — Armoriai du diocèse du Mans, par A. deMaude, 1863. 

Dub. — Dubuisson, Armoriai des principales familles du royaume. 

La Ch. — La Gbenaye-des-Bois, Dictionnaire généalogique. 

S. Sgrie. — Sieur, seigneur et seigneurie. 

Pr. de M. — Preuves de Maltbe. Manuscrit précieux de la Bi- 
bliothèque de l'Arsenal. 



— 51 — 

M. t. — Maintenue dans sa noblesse en l'année. 

M. d. II. — Généalogie des Maîtres des Réquêtes. 

Nob. d. N. — Nobiliaire de Normandie. 

Ms. — Différents manuscrits de la Bibliothèque impériale. 

A. de RoGhambeau, Gh. Bouchet, A. deTrémault. V. les Bulletins 

de la Société Archéologique du Vendômois, de 1863 et 1864. 
Ec. — Ecuyer. 

Lambron. — Armoiries deTouraine. 
Gamin. — Armoriai du Maine, 1840. 



ALENÇON d'. V. BOURBON. 

ALLERAY d', V. ANGRAN. Cette sgrie fut pendant plusieurs 
siècles la résidence de la famille de Vandômois. 

ALLUYE, marquis d', V. ESGOUBLEAU. 

AMBLOY lesSgrsd', de la maison de Verthamon. 

AMBOISE d', Ingerger, époux de Marie de Flandre, dame de 
Mondoubleau,XIVc siècle : pallé d'or et de gueules de 6 pièces. 

AMILLY d', S. d'Alleray, XVIIo siècle. Sgrie qui appartint aux 
de Trémault. 

AMIOT des, Louis, éc, S. des HomessesdesPrépatours : tiercé 
en bande, d'or, d'azur, et de vair. (Ar. ms.) Ces armes ont été 
données d'office par d'Hozier, et doivent être fausses. 

ANGRAN d'ALLERAY, Denis-François, conseiller au Parle- 
ment de Paris, S. d'Alleray et de Saint- Agil, fin du XVIIc siècle : 
d'azur, à 3 chevrons d'or, accompagnés de 3 étoiles du même. 

ARGY d', noblesse originaire du Berri. N... d'Argy était capi- 
taine des chasses du duc de Vendômois, en 1G35. Une brandie de 
cette famille, titrée comte, habite le Mans: d'or à 5 trangles (bu- 
rèles impaires) d'azur. 

ARRONDEAU, md bourgeois de Vendôme, XVIc siècle. Fa- 
mille originaire du Mans, où l'on trouve des Arrondeau, S. de 
Vaux, alliés avec les lePaige. Arondeau, à Paris : d'azur au che- 
vron d'or, surmonté à dextre d'une étoile d'or, et, à senestre, 
d'un croissant de même, avec un oiseau d'argent, en pointe. 



— 52 — 

ASON d', Louis-Paul, éc, S. de Haiechamp, 1008 : d'azur à une 
lace d'or accompagnée de 3 étoiles d'argent, 1, 2. (Ar. ms.) 

ARSEGNY, le comte d', propriétaire de Glatigny, en Souday, 
XIXc siècle. 

Commanderie d'ARTINS (ordre de Saint-Jean de Jérusalem), 
située dans le Bas-Vendômois, sur le Loir, était composée de 7 
membres, y compris le chef-lieu: 

1<> Artins, paroisse du même nom; 

2° Saint-Jean des Aizes, autrefois le Temple desAizes, paroisse 
de Villavard ; 

3° Saint-Jean du Boulay, paroisse du Boulay, près deChàteau- 
Regnaull ; 

4° Saint-Jean de Château du Loir, autrefois le Temple-lès- 
Chàteau-du-Loir, paroisse de Saint-Martin delà même ville, an- 
térieurement paroisse de "Vouvray ; 

5° Saint-Jean de Congners, paroisse de Congners; 

6° Saint-Jean de Rortre, paroisse de Beaumont-la-Chartre ; 

7° Saint- Jean-des-Ruisseaux, paroisse deMarçon. 

En 1744, le revenu de la Commanderie s'élevait à 3,110 francs. 
Le chel-lieu était affermé 1 ,040 f. ; Chàteau-du-Loir, 450 f. ; Torte 
et les Ruisseaux, 870 f. ; Congners, 200 f. ; le Temple, 350f.; le 
Boulais, 200 f. 

La déclaration de 1640 porte tout le revenu d'alors à la somme 
de 2,000 fr., sur laquelle il fallait payer 300 f. pour la desserte des 
6 chapelles faisant partie des membres de la Commanderie, 150 f. 
pour décimes, GOOf. pour responsions. 



Commandeurs d' Artins dont on a recueilli les noms. 

Nota. —Les doubles dates qui suivent une grande partie des 
noms marquent l'époque de la réception des chevaliers dans l'or- 
dre de Malte et celle de leur mort 

DBEUX, Thobaldus de Drocis, prœceptor de Artinis, 131 G : échi- 
queté d'or et d'azur. 

GIROUST, Hamelin, 1352-1383. 

BONIN, Guillaume, 1388, du Poitou : de sable à la croix d'ar- 
gent. 

LECONTE, Nicolas, 1446. 

LECONTE, Jean, 1443-1454, sans doute de la maison Leconte 



— 53 — 

de Nonant en Normandie, qui porte: d'azur au chevron d'argent, 
accompagné en pointe de 3besansd'or, 2, 1. (Pr. cl. M.) 

CIIATEAU-CIIALON Jacques de, 1407, deTouraine: d'argent 
à une bande d'azur, chargée de 3 tours crénelées et donjonnées 
de 3 donjons d'or; avec un lambel de gueules sur le tout. 

APPELVOISIN, Guillaume d', 1474 : de gueules à la herse 
d'or. (Pr.d.M.) 

BOUCHERIE, Mathurin delà, 1509, 24 ou 20 : d'azur au cerf 
passant d'or. 

LYNAME, Bauld de, 1529. 

AUDEBERÏ, Jean, 1547, sieur de Laubage, du diocèse de Poi- 
tiers : d'or au sautoir d'azur. 

NUCHEZE Louis de, du diocèse de Poitiers : de gueules à 9 
molettes d'éperon d'argent, 3, 3, 3. 

PERCIL Claude de, 1578-1009, du diocèse de Tours: d'her- 
mines à 3 tourteaux d'azur. 

CAMBOUT de Valleron, Jean, 1010, du diocèse de Saint-Brieuc: 
de gueules à 3 faces échiquetées d'argent et d'azur. 

BONNIN de la Reigneuse, Jacques, 1032, du Poitou : de sable à 
la croix d'argent. 

PERIERZ DU BOUCHET, Ambroise, 1030, d'Anjou: d'azur 
semé de larmes d'or, au lion de même, armé, lampassé et cou- 
ronné de gueules. 

BREUIL DE C1IASSERION, du, Jacques, 1040, du diocèse de 
Maillezays : d'argent à la croix ancrée de gueules, 

LAVAL, François de, 1059, alias Robert de Laval-la-Faigne : 
d'or, à la croix de gueules chargée de 5 coquilles d'argent, accom- 
pagnée de 10 alerions d'azur. 

BRUNETIÈRE DU PLESSIS DE GESTE, Guy de, 1072, d'An- 
jou : de sable à 3 lions d'argent, armés, lampassés, couronnés 
d'or. 

BARRE HAUTEPIEtlRE, de la, 1080, d'Anjou: d'or à trois 
fusées d'azur, mises en face, écartelé d'or fascé d'azur. 

BREUIL-IIELION-DE COMBES du, Benjamin, 1088, du Poi- 
tou: d'argent au lion de sable, couronné, armé et lampassé d'or. 

NEUCHÈZE, Jean de, 1097-1728. 

PERSY, Pierre-Jean-Baptistc de, 1732: d'argent à 3 besans 
de sable, 2, 1, accompagnés de 9 mouchetures d'hermines, aussi 
de sable, 3 en chef, 3 en face et 3 en pointe. 

YILLEDo.N de SANSEY, Alexis-François, I7'i7. devait être 



— 54 — 

des ^Silledon de Perreffons, du diucèsc de Saintes, qui portent : 
d'argent, à 3 fasces ondées de gueules. 

LINGIER DE SAINT-SULPICE, Léon-Hyacinthe, 1778, du 
Poitou : d'argent à une fasce fuselée de gueules de 5 pièces, ac- 
compagnée de 8 mouchetures d'hermines de sahle, 4 en chef et 
4 en pointe. 



APOTHICAIRES de la ville de Vendôme, la communauté des : 
tiercé en bande d'or, de sinople et de gueules. (Ar. ms.) 

APREMONT d',ou d'Aspremont. V. du PORTAIL. 

AUBYd',S.de la vicomte d'Argerie, Boiry, et Quercy, XYIRu 
siècle, époux N. de Lannoy. Des Lanoy d'Anjou ou du Hainaut ? 

AUGRY, René, conseiller du roi, lieutenant en l'élection de 
Vendôme, 1698: parti au 1, d'azur à une gerbe d'or surmontée 
d'un oiseau d'argent ; et, au 2, de gueules à une main d'or tenant 
une plume et une épée d'argent accompagnée en chef de 2 étoi- 
les d'or. (Ar.ms.) 

AUGUSTINS, à Montoire, couvent fondé en 1427 : tiercé en 
bande d'azur, d'hermines et de vair. (Ar. ms.) 

AUTROCHE d, V. de LOYNES. 

BABOU de la Bourdaisière, s. de Mondoubleau, XVI e siècle. 
Illustre famille du Berri, éteinte, portait : écartelé aux 14, d'ar- 
gent, au bras de gueules, sortant d'une vache d'azur, tenant une 
poignée de vesce, en rameau de 3 pièces de sinople ; aux 2 et 3, 
de sinople, au pal d'argent, parti de gueules au pal d'argent. 
(La Ch.) 

BAGLAN, Jean, chanoine de l'église de Vendôme, 1698 : d'or 
à un heaume d'azur, percé d'une épée de gueules, mise en face, 
coupée d'azur, à 2 croissants d'or rangés en fasce (Ar. ms.) 

BAILLOU de, Marie, épouse, en 1300, de N. de Goutance, s. de 
la Fredonnière. De Baillnu, s. du lieu, au Maine, dont était le mé- 
decin de Louis XIII : d'or à 3 hures de sanglier de gueules. (Hist. 
de Baglion.) Ces 2 familles étaient-elles distinctes ? 

BAPAUME, comtes de, du nom de de Goigne, S. de Poncé, 
1682-1761. j 

BARENTIN, Joseph, Chev., S. de la Salle, 1698 : d'or à 3 fas- 
ces ondées d'azur et un chef de même chargé de 3 étoiles d'or. 
(Ar. ms.) ; d'or à 3 fasces, lai™ d'or et droite, les 2 autres d'ar- 
gent et ondées, surmontées de 3 étoiles d'or. (Dub.) 



— 55 — 

BARON, officier du roi, à Saint-Cyr de Sargé, 1074. Baron, S. 
de Chavigny : d'azur à la bande d'or, accostée de 2 besans de 
même. (Cauvin.) 

BARRE la, en Vendômois: d'argent à 3 lions de sable parés 
d'or. La Brosse porte de même. (Ar. cl. M.) La Barre, en Vendô- 
mois : d'or à la bande de gueules accostée de 2 croissants de 
même. (De Trémault.) 

BARRILLER le. V. LEBARILLET. 

BAUDRYde, S. de Villejussin,1789. Baudry, procureur du roi, 
1098, à Blois : de gueules, au casque d'argent, écartelé aussi de 
gueules, au panache ou aigrette d'argent. (Ar. ms.) 

BEAUGORPS de, avec titre de comte : d'azur, à 2 fasces d'or. 

BEAUFORT, duc de, fils de César, duc de Vendôme, portait 
comme son père, un lambel de 3 pendants de gueules. (La Ch.) 

BEAUFORT, comte de, V. MONTBOISSIER. 

BEAUGENGY de, Srs de La Flèche, en Anjou. L'ancienne mai- 
son de ce nom s'armait, d'après Ménage: de gueules à 2 tours 
d'argent et d'une flèche de même au milieu de ces tours, à la 
bande d'azur, parsemée de fleurs de lys d'or. D'après la Chenaye, 
elle portait : échiqueté d'or et d'azur, à la fasce de gueules bro- 
chante sur le tout. Godefroi II de Beaugency fut abbé de Ven- 
dôme, en 1222. 

BEAUJEU, la dame de, 1789, qui fit partie de l'assemblée de 
la noblesse du Vendômois, de Mondoubleau et Saint-Calais; était 
de la maison Ghatillon-du-Plessis, du Maine. 

BAUME, marquis de la, V. TALLART. 

BEAUMONT, famille ancienne originaire de Vendôme, répandue 
en Provence, Artois et Normandie : d'or à la bande d'azur, accom- 
pagnée de 3 étoiles de gueules, 2 à senestre, en chef, et 1 à dex- 
tre, en pointe. (La Chen.) 

BEAUMONT de, V. BONNINIÈRE et VASSEUR. 

BEAUMONT-LA-GHARTRE, prieuré de, dépendant de l'ab- 
baye de Saint-Julien de Tours : de sinople, à la montagne d'or. 
(Ar. ms.) 

BEAU VAIS DE SAINT-PAUL de, ancienne noblesse du Gas- 
tinais ou de Normandie, passée au Maine. Alexandre-Désiré do 
Saint-Paul, né à Mondoubleau, a écrit l'histoire de cette ville. 
Son fils, M. le vicomte de Saint-Paul, existe à Saint-Michel de 
Ghavaigoe (Sarthe) : d'azur à 3 fasces d'or. (Ar. du Maine.) 

BEAUXONCLES de, S. de Saint-Calais, 1593-1001, et d'Ouc 
ques, XYll 1 ' siècle: de gueule- à '■'< coquilles d'or, -. I. Famille 



— 56 — 

originaire du Dunois, où on la trouve en 1400. Elle avait titre de 
marquis et de comte dès avant 1789; éteinte au X1X« siècle. 

BELABRE, marquis de, en Berri, et s. d'Oucques, 1789. V. le 
COIGNEUX. 

BELIN, Noel-Benjamin, dernier doyen du chapitre de Trôo, 
1760-1789, était d'une famille originaire de la Suze au Maine, 
où elle était connue en 1550. Notre Belin était sorti de la bran- 
che du Gaceau, devenue celle de Ghantemèle : d'azur à un bélier 
passant d'or, accompagné de 3 étoiles à 5 rais d'argent, 2 en chef 
et 1 en pointe. (Ar. d. M.) 

BELLAY du, René, S. de la Flotte, XVIe siècle, un des prin- 
cipaux ligueurs du Vendômois. Maison illustre, avec titre de mar- 
quis de Thouarcé, en Anjou, et de prince d'Yvetot : d'argent à la 
bande fuzelée de gueules, accompagnée de 6 fleurs de lys d'azur, 
mises en orle, 3 e'n chef, et 3 en pointe. (La Ch.) 
BELLEFOND de, du nom de le Jai et Jabre. 
BELOT, Guillaume. S. du Clos, Moulins, Laleu, la Mothe. Fa- 
mille du Blaisois. Cette branche : d'azur au las d'amour d'or, sur- 
monté en chef de 2 étoiles de même. (La Ch.) 

BELLIGNY de, en Saint-Avit. Un de ses ancêtres avait com- 
mandé l'artillerie sous Henri IV. 

BENEDICTINS de la Très-Sainte-Trinité de Vendôme, 1698 : 
d'or à un agneau pascal de sable couronné d'argent, et portant 
dans sa patte dextre une croix de sable, à laquelle pend une ban- 
derolle d'argent chargé d'une larme de gueules. (Ar. ms.) 
BENEHART de, V. MAILLÉ. 

BERNARD de la Crossonnière, de, aux Rouaudières, en Gor- 
menon, XIXc siècle. Plusieurs familles du nom de Bernard. 

BERNARDON de, S. d'un fief à Saint-Firmin, assista à l'as- 
semblée de la Noblesse du Vendômois, 1789: d'argent à 3 têtes 
de chardon renversées de gueules, fleurées d'argent, 2, 1. (Pein- 
ture.) 

BERRUIER, Maurice, officier vétéran du roi, 1698: d'or à un 
arbre arraché de gueules, accompagné de 3 croissants, de même, 
2, 1, et une barre d'azur brochant sur le tout. (Ar. ms.) 

BRUYERRE, laBerruère, la Bruyère, depuis les Radrets, en 
Sargé ; ancien fief possédé autrefois par une famille d'IIoudaus- 
set, laquelle avait pris le nom de la Berruyère (en 1456). On dit 
(pie Jean delà Bruyère était sorti d'une famille du pays de Mon- 
doubleau. Les la Bruyère d'Houdausset ont peut-être donné lieu 
à cette opinion. 



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BEZAY de, V. GALLOIS. 

BIRÉ de, propriétaire en 1842, de la terre du Grand-Bouchet, 
en Ghoue, était-elle des Fontaine deBiré,dela Flèche, qui por- 
tent : d'azur à un chevron d'or accompagné en chef de 2 trèfles 
et en pointe d'une gerbe de même (Ar. ms.)l II y a, en Bretagne, 
une autre famille de. Biré, qui n'est point du nom de Fontaine. 

BODIN de, S. du Ghastellier, originaire de Flandre : d'azur au 
chevron d'or, accompagné de 3 roses de même, 2, \, au chef d'ar- 
gent chargé de 3 molettes d'azur. 

BODINEAU Pierre, éc, S. de Meslé : de sable à un aigle éployé 
d'argent, lampassé et armé de gueules. Bodineau de Meslay, s. 
du Plessis, fut appelé à l'assemblée de la Noblesse de Vendôme, 
en 1789. (Ar. ms.) 

BOIL du,,V. POULARD. 

BOI1YERS, baron de Saint-Cyergue, S. de Barthélémy et de 
Longue-Touche, en Vendômois, du chef de sa femme, Catherine 
Briçonnet, Général de France : d'or au lion d'azur, au chef de 
gueules. (M. des R.) 

BONNINIÈRE de la, marquis de Beaumont-la-Ronce et de la 
Ghartre-sur-Loir, 1789: d'argent à la fleur de lys de gueules. 
(Sceau.) Le comtedelaBonninière était pair de France, de 1814. 

BONVOUST de. Deux gentilshommes de ce nom assistèrent à 
l'assemblée des bailliages du Vendômois, Mondoubleau et Saint- 
Calais, 1789. Les Bonvoust, s. delà Miottière, au Bas-Maine: 
d'argent à 2 faces d'azur accompagnées de G merlettes de sable, 
3,2,1. (Ar.d.M.) 

[La suite au prochain Bulletin.] 



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Id. de moins d'un millimètre. 

Id. id. centimètre. 

Jd. de plus d'un centimètre. 



Jours 


de neige . . . 


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Jours 


sereins . . 


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de brouillard . 


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1/4 couverts 


Id. 


de gelée blanche 


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Id. 


1/2 couverts 


Id. 


de gelée . 


48 


Id. 


3/4 couverts 


Jours 


de tonnerre. . 


15 


Id. 


couverts . 



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47 
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20 

71 
45 

82 

60 

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GEOFFROY \ BÉRENGÈRE. 



LÉGENDE DU XII' SIÈCLE 1 . 



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Dans les forêts de la Bretagne 
Le comte Geoffroy de Rudel, 
Comme un aigle sur la montagne, 
Habitait seul en son chastel. 
Avec les preux, le noble comte 
Guerroyait, chassait tour à tour, 
Et s'ennuyait ; car on raconte 
Qu'il n'avait point aimé d'amour. 

Voilà qu'un soir, un coup de cloche 
Annonce un pauvre pèlerin -, 
Il revenait à pied d'Antioche, 
Ayant froid et las du chemin ; 
Il en secoua la poussière, 
Réchauffa ses membres au feu, 
Puis à la table hospitalière 
11 prit place en bénissant Dieu. 

Après les Grâces, le trouvère 
Lentement ayant bu les vins 
Qu'un page versait dans son verre, 
Prit sa lyre aux accords divins : 



1 Geoffroy, ou Godefroy, ou Gauffre Rudel, prince de Blàye, 
fut un troubadour du XII^ siècle, dont il reste quelques pièces 
de vers, dans les manuscrits renfermant les monuments de la lit- 
térature provençale. La légende qu'on va lire est historique ; 
elle est racontée dans la biographie de Rudel (Biographie Mi- 
chaud], et dans Y Histoire littéraire des Troubadours, par l'abbé 
Millet. Pétrarque a fait mention de Rudel, et César de Nostra- 
damus, parlant de la comtesse de Tripoli, a dit qu'elle entra au 
couvent per la dolor qu'elle ae de lui e de la soit mort. 



— 61 — 

Il dit la Croisade nouvelle 

Où s'enrôlaient peuples et rois, 

Et, sur le rivage infidèle, 

Le Croissant vaincu parla Croix. 

11 dit les combats, les victoires 
Que célébraient les troubadours, 
Et les merveilleuses histoires 
Des chevaliers dans leurs amours. 
.Mais le chevalier le plus brave 
Ni le page le plus joli 
Ne put charmer, fidèle esclave, 
La comtesse de Tripoli. 

A ce nom, d'un pieux délire 
Le pèlerin est transporté; 
De Bérengère sur sa lyre 
Il chante l'esprit, la beauté. 
« Dame de haute courtoisie, 
Non, jamais empereur ou roi, 
Eût-il les trésors de l'Asie, 
Ne sera digne de ta foi ! » 

Le comte et ses nobles convives, 
Quand le vieillard de son luth d'or 
Détendit les cordes captives, 
En silence écoulaient encor. 
Trois fois le nom de l'étrangère 
Sur les lèvres du comte erra, 
Et de Madame Bérengère, 
Sans la voir, il s'énamoura. 

Alors, ne dormant plus, pour elle 
Geoffroy composa maints beaux vers, 
Bondeau, chanson et vilancllc 
Qu'il chantait sur de nouveaux airs; 



— 62 - 

El dans leurs notes cadencées, 
Le soir, les échos du vallon 
De la dame de ses pensées 
Apprenaient à dire le nom. 

gentille dame inconnue, 
C'était vous qu'il chantait le jour, 
Vous qu'il chantait, la nuit venue, 
Pour vous qu'il languissait d'amour ! 
Enfin, armant vassaux et pages, 
11 prit la croix, et du manoir 
Partit en nombreux équipages 
Par le seul désir de vous voir. 

Pour cette amoureuse croisade 
Tandis que sur l'onde i! courait, 
Soudain Geoffroy tomba malade, 
Et l'on crut qu'il trépasserait. 
Mais, grâce à la Vierge Marie, 
De Tripoli gagnant le port, 
Ses gens dans une hôtellerie 
Le déposèrent comme mort. 

Un chapelain, blanchi par l'âge, 
Recevait son acte de foi, 
Quand Raymond, son fidèle page, 
Qui savait l'amour de Geoffroy, 
Part, et, d'une course légère. 
Arrive au palais souverain 
Où la comtesse Rérengère 
Offrait un gîte au pèlerin. 

Or une foule curieuse 

Chez la comtesse entre avec lui, 

Et de sa beauté radieuse 

Le jeune page est ébloui. 



— 63 — 

« Madame, le comte, mon maître, 
Oit-il en baisant ses genoux, 
De vos charmes, sans les connaître, 
Est amoureux, et meurt pour vous. 

« Hélas ! répondit Bérengère, 
Troublée au milieu de sa Cour, 
Une beauté si passagère 
Doit-elle inspirer tant d'amour? 
Je croyais, dans ma foi profonde, 
Qu'un héros savait en guérir, 
Et que Dieu seul, sauvant le monde, 
Pouvait aimer jusqu'à mourir. » 

Ayant dit ces mots, la comtesse 
Sentit, avec un doux effroi, 
Qu'elle était prise de tristesse 
Et du désir de voir Geoffroy. 
Elle approcha donc de sa couche, 
Et, soulevant le moribond, 
Pleura chastement, et sa bouche 
Effleura d'un baiser son front. 

Et quand de sa maîtresse émue 
11 reçut ce baiser pieux, 
Le comte recouvra la vue, 
Et sur elle levant les yeux, 
Il loua Dieu, du fond de l'âme, 
Pour avoir permis qu'il vécut 
Assez longtemps pour voir sa dame. 
Alors rendant grâce, il mourut. 

« Comte, murmura Bérengère, 
comte de Budcl, adieu ! 
Vous fûtes mon amant sur terre, 
Soyez mon époux devant Dieu! » 



64 

Et, par ses soins, les fiançailles 
L)u plus noble des chevaliers 
Furent d'illustres funérailles 
En la maison des Templiers. 

Loin de ses femmes isolée, 
La comtesse, en ce déconfort, 
Ne voulut être consolée, 
Parce que le comte était mort, 
Et pour lui demeurer fidèle 
Prit le voile le second jour. 
Las ! à tant d'amour, pouvait-elle 
Ne pas répondre par l'amour ! 



Cil. C-II.VUTARD. 



Vendôme. Typ. & Lith. Léniercier 



SOCIETE 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU VENDOMOIS 



5 e Année. — 2 e Trimestre. 



AVRIL 18G<; 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le jeudi 12 avril 18GG, au lieu ordinaire de 
ses séances. 

Etaient présents au bureau : 

MM. Ch. de Lavau, président; G. Boutrais, vice- 
président, Y. Dessaignes, trésorier; Nouel, conserva- 
teur; Ch. Bouchet, bibliothécaire-archiviste; Ch. Chau- 
tard, secrétaire; Filly, secrétaire-adjoint; Hinglais, Lau- 
nay et de La Vallièrc ; 

Et MM. d'Anouilh de Salies, Ilipp. de Brunier, de 
Déservillcrs, Fontémoing, d'IIarcourt, de La Ilautière, 
A. de Lavau, Lemaître, l'abbé Loiseau, L. Martellière, 
Ph. Martellière, l'abbé Monsabré, de Monlerno, Neilz, 
Picard, A. de Rochambeau, A. Rolland, Tremblay, de 
Vacquant, l'abbé Van-Wanghen. 



— CG — 

M. le Président déclare la séance ouverte. 

Le Secrétaire fait connaître les noms des membres 
reçus par le Bureau depuis la séance générale du 11 jan- 
vier 1860 ; ce sont : 

MM. d'Anouilh de Salies, à Tours; l'abbé de Préville, 
curé de Saint-Ouen ; Ch. Maître, pharmacien à Auteuil- 
Paris; Lemaître, professeur au lycée, à Vendôme; de 
Villebrème, propriétaire, château' de Rocheux, com- 
mune de Fréterai ; Proust, propriétaire, à Vendôme ; et 
Moreau, instituteur à Lavardin. 

Il dit que c'est avec un vif regret qu'il annonce que 
la Société a perdu un de ses membres, l'honorable M. 
Aug. de Trémault, ancien maire de Vendôme, décédé le 
1 er avril dernier. 

Il dit que plusieurs membres de la Société Archéolo- 
gique, délégués i)0iii' la représenter à la réunion géné- 
rale des Sociétés savantes à la Sorbonne, ont assisté à 
ces réunions ; ce sont : M. l'abbé Bourgeois, qui y a lu 
son mémoire sur le Diluvium Vendômois, et MM. Hin- 
glais, Launay, de Nadaillac, Nouel et Em. Renou. 

Il ajoute (pie M. Dupré, bibliothécaire à Blois, mem- 
bre de la Société Archéologique du Vendômois, a été, 
sur la proposition des deux sections d'histoire et d'ar- 
chéologie du Comité impérial des Travaux historiques et 
des Sociétés savantes, nommé officier d'Académie. 

M. le Président dit qu'il a reçu le programme du 
Congrès archéologique international, organisé par l'Aca- 
démie d'Archéologie de Belgique de concert avec la So- 
ciété française d'Archéologie ; que ce congrès s'ouvrira 
à Anvers le 12 août prochain; que le programme con- 
tient une série de questions importantes, relatives à 
l'archéologie et à l'histoire; qu'il restera déposé aux 
archives de la Société, où chaque membre en pourra 
prendre connaissance ; et enfin que la Commission d'or- 
ganisation du Congrès invite la Société Archéologique 
du Vendômois à s'y faire représenter. 



— G7 — 

M. lePrésidenl annonce que les travaux de construc- 
tion de la Bibliothèque communale et du Musée archéo- 
logique de Vendôme ont été adjugés le (S avril dernier, 
cl devront être achevés en septembre 18117. 



M. le Président donne la parole à M. le conservateur- 
archiviste. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

des Objets offerts à la Société 

ou acquis par elle 

depuis la séance du 11 janvier 18GG*. 

Nous AVONS REÇU : 

I. — OBJETS D'ART k D'ANTIQUITÉ. 

De M. d'Anouilh de Salies, auteur de la Notice sur le chà- 
teau de Lavardin : 

Une PHOTOGRAPHIE encadrée de ce château, par M. Gabr. 
Biaise, à Tours. Dimensions : 0' n ,48 sur 0,38. 

De M. MoRiNjCuré de Suèvres (Loir-et-Cher): 
Un beau FRAGMENT DE MOSAÏQUE gallo-romaine, d'envi- 
ron 0'»i,60 sur 0,50, composé de briques sur champ, alternative- 
ment blanches, rouges et noires, disposées en arêtes de poisson. 
— Trouvé auprès de Suèvres. 

1 Les trois premiers chapitres sont de M. Bouchet. 



— 08 — 

De M. de Nadaïllac: 

La collection en fac-similé de tous les sceaux relatifs au Ven- 
dùmois qui se trouvent aux archives de l'Empire; ensemble 21 
pièces, dont nous donnons plus loin le détail. 

Collection précieuse pour notre Musée et qui mérite un remer- 
ciement spécial. 

II. — NUMISMATIQUE. 

De M. Haugou, vicaire à Onzain, 10 pièces, savoir: 
5 royales françaises, dont 4 en argent; parmi ces dernières, 

un 8e d'écu de Henri IV. Toulouse, 1G02. 
-1 seigneuriale. 
4 étrangères, dont 3 en argent, parmi lesquelles une jolie pièce 

de Charles VI, Empereur d'Allemagne. 1713. 

De M. Arthur Divinis, agent du chemin de fer à Nantes, par 
l'entremise de M. de La Yallière, 19 jetons en cuivre, générale- 
ment bien conservés, parmi lesquels : 

1 de Marie de Médicis. Maria, dei. gra. franc, et nava reg. 
Ecu parti de France et de Médicis. — Revers : Solem sola se- 
qvor. Héliotrope se tournant vers le soleil. A l'ex., 1001. — On 
voit que l'emblème du roi-Soleil et de l'héliotrope avaient été 
jmaginés avant Louis XIV. 

1 de ce prince enfant (1651). Charmant buste. 

1 de la Chambre des Comptes royaux. 1574. 

1 Povr la maison commune de Blois, de 1595. H majuscule, 
traversé d'une épée en pal, entourée de lauriers, ainsi que d'un 
sceptre et d'une main de justice en sautoir. Légende : Dvo pro- 

TEGÏt VNVS. 

2 au nom et aux armes de Daniel Fillau, secrétaire du prince 
de Condé. Au revers, 2 flambeaux d'hymen en sautoir liés par 
des lacs d'amour, avec cette légende grecque: anierôs (sans être 
consacré). Allusion sans doute à quelque lien illégitime. 1614. 

De M. Lemaitre, professeur au Lycée : 
1 P. B. de Constantin 1er. Au revers : Sarmatia devicta. Vie- 



— 69 — 

taire tenant une palme et un trophée. A ses pieds, un captif en- 
chaîné. — La victoire sur les Sarmates étant de l'an 323, la date 
de cette médaille se trouve ainsi fixée. 

De M. Goussery, ouvrier : 
2 royales françaises, dont un douhle tournois de Charles VI. 

III. — IMPRIMÉS ^ MANUSCRITS. 

De M. et M«'c Dourday, de Pezou : 

MÉMOIRES DE COMMINES. (Paris. Oudin-Petit, 1519 «.) 
1 vol. in -8". 

ANDR/E/E DE CLERCQ, Congregat. Orat. Jesu, SYLVARUM 

lihri II ad excellentissimum principem Caesarem ducem 

de Yendosnie. (Yindocini. Ex typogr. Sebastiani Hyp, Régis, 
Dvcis, Vrbisque typographus. M DG XXXVII.) 1 vol. in-16. 

Le P. André de Glercq fut le premier professeur de rhétorique 
du nouveau collège créé à Vendôme par César. Toutes les Muses 
du nouvel établissement rivalisèrent de zèle pour célébrer le fon- 
dateur (V. l'abbé Simon, T. III, p. 214). Les Sylves 2 d'André de 
Clercq, en vers latins, à l'instar de celles de Stace, renferment 
principalement l'éloge des hauts faits de César et de ses enfants, 
les ducs de Mercœur et de Reaufort, diverses pièces adressées à 
des personnages ou relatives à des événements de l'époque; une 
sur la statue de Henri IV qui venait d'être érigée sur le Pont- 
Neuf, une sur la restauration du château de Vendôme, dédiée à 
César; une à Caston, frère du roi, arrivé subitement dans cette 
ville ; une sur la mort de Henri de la Ghesnaye de Chiclieré, 
adressée à Pierre de la Roulaye, supérieur de l'Oratoire de Ven- 
dôme ; 2 d'un ton plaisant, l'une pour et l'autre contre la calotte ; : 
plusieurs sur saint Charles Rorromée, dont la canonisation était 

1 La première édition de Commines est de 1524. 

2 Ce mot veut dire Recueil, Mélanges, 

5 On sait, que cette mode, introduite en France par le cardinal 
de Richelieu, était alors d'un usage général et n'étail pas res- 
treinte comme aujourd'hui aux membres du clergé. 



— 70 — 

alors assez récente (1(310) et le culte fort répandu, surtout parmi 
les membres de l'Oratoire ; plusieurs en l'honneur du Mans, etc., 
etc. — La latinité du P. deClcrcqest savante, recherchée et par 
cela même quelquefois obscure. Son livre est sans doute un des 
premiers qui aient été imprimés par Sébastien Hyp. La biblio- 
thèque de notre ville en possédait déjà un exemplaire. Le même 
auteur avait aussi composé une tragédie latine intitulée Ballha- 
zar et imprimée également à Vendôme en 1G40. 

De M. Lusine, employé à Paris : 

Un SUÉTONE annoté par Erasme. (Lyon. Séb. Gryphe, 1544.) 
1 vol. in-8o. 

Et les PROVINCIALES. (Cologne. Nicol. Schoute. 1085.) Edi- 
tion clzévirienne. 1 vol. in-24. 

De M. de Nadaillac, qui l'a acheté dans une vente à Paris : 
Un CAHIER MANUSCRIT sans date, mais certainement de 
la première moitié du XVIe siècle, intitulé : Déclaration au vray 
du bastiment et apartenanecs du 'prieure de Morces et enquoij 
coneiste le revenu dudict prieuré. 7 pages in-4°. Mérite d'être 
publié. 

Des Auteurs, MM. 

A- L. de Rochambeau. — MONOGRAPHIE topographique, 
historique et statistique de THORÉ, suivie d'un grand nombro do 
pièces justificatives et de chartes extraites du cartulaire manus- 
crit de Saint-Denys en France. (Pans, Dumoulin; Vendôme, De- 
vaure-Henrion. 1866. Fig. 1 vol. gr. in-8°. — Très-complète et 
consciencieuse histoire d'une des plus intéressantes localités du 
Vendômois. 

Et l'abbé Voisin, du Mans : 

LA FRANCE AVANT CÉSAR, par le Marin de Tyr. Origines 
gauloises. . . . , etc. (Paris. Franck. 1864-65.) 

VIE DE SAINT JULIEN, apôtre du Maine, par Sergius, le 
Romain, avec commentaires d'un ancien Bénédictin. (Le Mans, 
Monnoyer frères. 1863.) 



— 71 — 

NOTRE-DAME DU MANS ou Cathédrale de Saint- Julien. 
(Ibid., 1860.) 
Ensemble 4 brochures gr. in-4f>. 

Par abonnement de la Société : 
L'ART GAULOIS, ou les Gaulois d'après leurs médailles, par 
M. Eug. IIuciier. ... 4e livraison. 10 planches liihog. In-4°. 

Par échange avec les Sociétés ei-après : 
BULLETIN de la Société des Antiquaires de l'Ouest. 1805. 4*» 
trimestre. Broch. gr. in-8°. 

BULLETIN de la Société Archéologique de l'Orléanais. N<>s 
45-50. G broch. gr. in-8. — Le n° 47 renferme 2 mémoires re- 
marquables, l'un de M. de Pibrac, l'autre de M. Loiseleur, sur 
l'inscription trouvée à Orléans et contenant le mot cenae (um). 

BULLETIN de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la 
Sarthe. 3e et 4e trimestres de 1805. 1 vol. gr. in-8°. 

Par envoi du Ministère de l'Instruction publique : 

MÉMOIRES lus à la Sorbonne. . . . dans les séances du 19-21 
avril 1805. — Histoire, philologie et sciences morales. (Impri- 
merie impériale. 1800.) 1 gros vol. in-8°. 

REVUE des Sociétés savantes des départements. N°s d'octobre 
1805 à février 1800 inclusivement. (Imprimerie impériale.) En- 
semble 4 brochures in-8°. 

Le N° d'octobre renferme un récit de la journée des Barricades 
de 1048, par un contemporain nommé Dubois. L'éditeur, M. Alph. 
Feillet, l'attribue à notre Dubois, qui habita Montoire et Couture 
et écrivit des Mémoires dont M. L. Aubineau a publié quelques 
fragments. (V. notre dernier Bulletin, p. 9.) 

Le n° de novembre-décembre annonce que M. Dupré, biblio- 
thécaire à Blois, a envoyé à la section d'histoire plusieurs inven- 
taires inédits de l'artillerie du château de cette ville au XV« siècle, 
plus la copie d'un document relatif au dépôt d'une somme d'or 
fait par la reine Ysabeau de Bavière à l'abbaye de la Trinité de 
Vendôme. (20 mai 1410). « M. Delisle pense que ce document a 



7-) 

- été publié par M. de Pétigny dans la Bibliothèque de l'école des 
« Chartes. Le secrétaire est chargé de faire cette vérification. » 
Sur quoi nous observerons . 1° Que cette pièce se trouve aux 
archives du département, où nous l'avons transcrite en 1854 ; 
2° Qu'elle a en effet été publiée par M. de Pétigny dans le Re- 
cueil en question, N°de mai-juin 1849; 3° Qu'elle porte la signa- 
ture i-VYsubcl, mais qu'il y aurait peut-être lieu de vérifier ; 
4° Enfin que la somme déposée par la reine était de 3,000 IV. 
en écus d'or à la couronne. 

Le même N° de la Revue porte que M. G. Le Roy, archiviste 
à Mclun, a adressé au Ministère une note sur le testament de 
François de Vendôme, vidame de Chartres, mort à la Bastille en 
1561. M. de la Villegille fait observer que ce testament a déjà été 
l'objet d'un article de M. de Pétigny, dans le même Recueil que ci- 
dessus (3c série, t. I er , pp. 327-342). Nous avons ditnous-même 
dans le présent Bulletin (1805, p. 220) que la bibliothèque de 
Vendôme possédait une copie de ce document, datée de 1503. 

Enfin, nous trouvons dans le N° de février un rapport de M. 
Bellaguet sur le Bulletin de notre Société depuis son origine, rap- 
port où sont analysés avec beaucoup d'indulgence nos principaux 
articles. M. Bellaguet veut bien rappeler la diversité de nos tra- 
vaux, l'activité que nous avons déployée, et en tirer l'augure le 
plus favorable pour notre avenir. Nous ne pouvons que remer- 
cier l'honorable membre du Comité de tant de bienveillance et 
considérer ses appréciations comme un encouragement. 

IV. — OBJETS D'HISTOIRE NATURELLE. 

De M. A. L. de Rochambeau : 
Un lot de FOSSILES de la craie provenant de Thon'". 

De Mme ClUFFIN : 

Deux magnifiques échantillons de Spondylus truncatus, Goldf. 
COQUILLES fossiles du terrain crétacé, trouvées près de Chà- 
teaurenault, en faisant le déblai du chemin de fer. 



73 



De M. QUANTIN : 
Base et fragment du BOIS D'UN GRAND CERF FOSSILE 
trouvé à Poncé (Sarthe), en creusant une cuve. 
II y a là l'indication d'une brèche osseuse quaternaire, qu'il 

sera intéressant d'étudier sur place. 

Remerciements à toutes les personnes qui ont bien voulu 
nous faire tous ces dons. 



A oici la note qui accompagnait l'envoi des sceaux vendùmois à 
M. de Nadaillac, et qui en contient rémunération : 

« Sur la demande de M. le marquis de Nadaillac, lui oui été 
délivrées les épreuves ci-après désignées, tirées dans les moules 
de la collection des sceaux et portant sur la tranche la marque 
de provenance : 

Nos 98G et bis. Sceau de Jean II, cte de Vendôme, de l'an 1207. 
987. Sceau et contre-sceau de Jean III, de l'an 1210. 

988 et bis. Sceau et contre-sceau de Jean IV, de l'an 1230. 

989 et bis. Sceau et contre-sceau de Pierre de Montoire, 
fils de Jean IV, de l'an 1240. 

990 et bis. Sceau et contre-sceau de Bouchard V, 1207. 

991. Sceau de Jean de Vendôme, de l'an 1343. 

992. Autre, de l'an 1345. 

993. Sceau de Bouchard VII, de l'an 1308. 

994. Sceau de Jeanne de Ponthieu, femme de Jean de Ven- 
dôme, de l'an 1345. 

995. Sceau de Jeanne, comme comtesse, de l'an 1372. 
990. Sceau de Louis de Bourbon, cte de Vendôme, 1425. 
997 et bis. Sceau et contre-sceau de Marie de Luxembourg 

veuve de François de Bourbon, cte de Vendôme, 1522. 

3841. Sceau de Geoffroi de Vendôme, de l'an 1205. 

3842. Sceau de Jean de Vendôme, de l'an 1317. 

3843. Autre de la même année 

3000. Sceau de Jeanne de Vendôme, femme de Henri de 
Sully, de l'an 1313. 



— 74 — 

Nos 8434. Sceau de l'abbaye de la Sainte - Trinité de "Vendôme, 
13G7. 
9022 et bis. Sceau et contre-sceau de Mathieu de Vendôme, 

abbé de Saint-Denis, de l'an 1284. 
6235. Sceau de Louis, cardinal de Vendôme, de l'an 1GG8. 
9170. Sceau d'Antoine de Grevant, abbé de la Sainte-Trinité 
de Vendôme, de l'an 1523. 
10209. Sceau de Robert de Wylugby, etc de Vendôme et de 
Beaumont-sur-Oise, de l'an 1432. 



Fait à Paris, au Palais des Arcbives, le 19 décembre 1805. 

Le Directeur Général des Archives de l'Empire, 
Membre de l'Institut, 

Gtc de Labohde. » 



ESSAI 

SUR 

LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE 

DES PLANTES PHANÉROGAMES 
< laits le département do Loir - & - Cher 1 , 

Par M. A. FRANGHET. 



L'étude de la répartition des plantes sur la surface de 
la terre peut être considérée comme l'une des plus di- 
gnes d'occuper les esprits curieux, soit que l'on s'y 
livre dans le but de se procurer uue jouissance pure- 
ment intellectuelle, soit que l'on se propose un résultat 
pratique en demandant à la nature le secret des lois qui 

1 Ce travail est extrait d'un Catalogue raisonné des plantes 
phanérogames du département de Loir-et-Cher, que des cir- 
constances indépendantes de ma volonté ne m'ont pas permis .jus- 
qu'à ce jour de publier. Dans ce catalogue, je fais suivre chaque 
nom de plante de celui du botaniste qui le premier me l'a signa- 
lée dans le département. Maison comprendra que dans un tra- 
vail du genre de celui que j'ai l'honneur de soumettre à la So- 
ciété, une pareille marche m'ait été impossible. J'adresse donc 
ici d'une façon générale mes remerciements aux botanistes qui 
ont bien voulu me communiquer le résultat de leurs recherches, 
et en première ligne à mon ami M. Em. Martin, qui a généreu- 
sement mis à ma disposition ses plantes et ses notes manuscrites 
sur la végétation de l'arrondissement de Romorantin; àMM.Nouel, 
A. Rolland, E. Peltereau, Bruland, de Vendôme; à MM. Roger, 
d'Avaray, Moreau et Mathonet, de Blois. Feu le Dr Monin m'a 
communiqué tout son herbier et toutes ses notes ; le regrettable 
abbé Rimboux m'a guidé dans les riches localités des environs de 
Pruniers. Enfin, j'ai mis à profit les notes, accompagnées de spé- 
cimens à l'appui, déposées dans l'herbier du Dr Monin, par notre 
compatriote, Em. Desvaux, de Mondoubleau, qu'une mort pré 
maturée est venue enlever à la science et à ses amis. Que tous ici 
reçoivent l'expression de ma sincère gratitude ! 



— 7<; — 

ont présidé à la naissance, à l'accroissement, à la pro- 
pagation des végétaux qui charment les regards de 
l'homme ou servent à ses besoins. 

La science de la distribution des végétaux sur notre 
globe fait de jour en jour des progrès rapides, et grâce 
à ses nombreux adeptes sera bientôt peut-être la bran- 
che de la botanique la mieux connue, et en même 
temps la plus féconde en utiles enseignements. C'est elle 
qui, en nous apprenant à connaître et en nous faisant 
apprécier les milieux dans lesquels les plantes naissent, 
se développent et se propagent naturellement, nous per- 
mettra de poser les principes d'une véritable acclima- 
tation, ce rêve de tant d'esprits sérieux, aujourd'hui sur- 
tout que nous sentons augmenter nos besoins en multi- 
pliant nos jouissances. 

Je n'entreprendrai point ici de vous développer les 
grandes lois qui régissent la répartition des végétaux sur 
les différentes parties du globe; je ne signalerai point 
les applications qu'il nous est dès aujourd'hui loisible 
de faire d'après les connaissances que nous avons ac- 
quises. Mon but est plus modeste ; et en vous entre- 
tenant de la distribution des plantes dans le déparle- 
ment de Loir-et-Cher, j'ai voulu simplement mettre sous 
vos yeux le tableau fidèle de la végétation de notre pays, 
et vous démontrer en même temps que sur un point 
de la France relativement assez restreint, la nature avait 
trouvé le moyen de varier singulièrement ses produc- 
tions. 

J'examinerai donc dans cette étude la végétation des 
trois régions distinctes dont rcnsemble compose en 
grande partie notre département. Je ne me livrerai 
point à cet examen en invoquant seulement l'existence 
des plantes rares qu'on y peut rencontrer. C'est là l'ex- 
ception, et Ton n'en saurait d'ordinaire rien conclure re- 
lativement au fond même de la végétation, soit aux con- 
ditions climatériques, soit à l'opportunité de l'introduc- 
tion de certains végétaux. 

Je comparerai ensuite entre elles la végétation de cha- 
cune des trois régions; je la comparerai aussi avec la 



— 77 



végétation des contrées limitrophes. Je signalerai en 
dernier lieu plusieurs espèces d'introduction ancienne 
Ou récente, et qui peuvent, par leur persistance ou leur 
extinction, nous fournir d'utiles données sur le véritable 
caractère de notre région au double point de vue de son 
état climatérique et de la constitution du sol. 

Comme je l'ai dit précédemment, le département de 
Loir-et-Cher est en grande partie formé de trois régions 
naturelles que la diversité de leur sol et de leurs pro- 
ductions distingue fort nettement. J'ai nommé la Beauce, 
le Perché et la Sologne. Une faible portion située à 
l'ouest doit seule être exclue de ces trois grandes di- 
visions et ne saurait se rattacher à aucune autre, si ce 
n'est peut-être à certaines parties du Berry. La végé- 
tation y est du reste fort peu accentuée, assez pauvre, 
et n'a présenté jusqu'ici aucun type remarquable aux 
recherches des botanistes. 

Trois grands cours d'eau principaux limitent ces ré- 
gions. Le Loir, séparant le Perche d'avec la Beauce, la 
Loire, limitant fort naturellement au sud la Beauce et 
au nord la Sologne ; enfin le Cher bornant au sud cette 
dernière et la séparant du Berry. 

Au point de vue du relief du sol, le Perche est le plus 
accidenté ; la Sologne vient ensuite, mais la Beauce n'est 
guère qu'une vaste plaine où les éminences sont rares 
et peu accentuées, en dehors des coteaux bordant les 
deux Cisscs. 

Quant à la répartition des eaux, la Beauce en est 
presque dépourvue ; le Perche et la Sologne se mon- 
trent à peu près également riches en cours d'eau natu- 
rels; mais la Sologne l'emporte de beaucoup sur le Per- 
che par ses réservoirs d'eau factices, bien que le nom- 
bre tende chaque jour à diminuer. Il en résulte natu- 
rellement que l'état ordinaire de l'atmosphère est fort 
sec dans la Beauce, et plus humide dans la Sologne 
que dans le Perche. Il ne faudrait pas toutefois s'exagé- 
rer cette humidité atmosphérique en Sologne; cet étal 
étant combattu par une température assez élevée, due 
peut-être en [tarde à l'échauffemenl de ses plaines de 



— 78 — 

sables sous l'influence des rayons ardents du soleil d'été. 
Cotte élévation de la température est démontrée parles 
moyennes thermométriques, comme elle peut se dé- 
duire aussi du caractère général de la végétation. 

Le sol de la Beauce appartient exclusivement à un 
calcaire d'origine lacustre datant à peu près du milieu 
de l'époque tertiaire. Ce calcaire lui est presque parti- 
culier; aussi est-il connu des géologues sous le nom de 
calcaire de Beauce. Dans notre département, le calcaire 
de Beauce est strictement borné au nord par le cours 
du Loir, mais il jette quelques ramifications au sud de 
la Loire jusque sur les rives du Cher à Billy. 

La silice est le véritable élément constitutif des terres 
de Sologne. Elle s'y montre soit presque pure à l'état de 
sable très-fin,, soit constituant des argiles par sa réu- 
nion avec l'alumine, soit encore formant, dans les ter- 
rains humides, de vastes tourbières, par suite de son 
mélange intime avec des détritus végétaux. 

Dans le Perche les argiles dominent; toutefois, en 
un certain nombre de points, principalement sur le 
bord des cours d'eau, on voit affleurer un calcaire cré- 
tacé représenté soit par des rochers à peu près nus, 
soit par des marnes argileuses. 

N'ayant ici à m'occuper de la constitution géologique 
du sol qu'au point de vue de ses relations avec les végé- 
taux qu'il produit, je ne m'étendrai pas davantage sur 
ce sujet; mais l'on comprend que ces détails étaient né- 
cessaires, en ce que la nature du sol est intimement 
liée avec la végétation et lui imprime par- dessus tout 
son caractère distinctif. 

Avant d'étudier la distribution des végétaux dans les 
trois régions naturelles du département, je crois devoir 
faire observer que la végétation des vallées et des cours 
d'eau est indépendante de celle des terrains qu'ils sil- 
lonnent, en ce qui constitue du moins le fond de la vé- 
gétation; car chaque rivière, chaque vallée présente 
d'ordinaire une ou plusieurs espèces, plus ou moins 
abondamment répandues, qui ne se retrouvent point 
ailleurs. De plus, les grands cours d'eau tels que la 



— 70 — 

Loire ou le Cher offrent souvent une végétation en par- 
tie adventivc due à différentes causes. J'en signalerai 
trois principales. En traversant les plateaux supérieurs, 
les eaux du Qeuve reçoivent accidentellement les graines 
des végétaux de la contrée, et vont ensuite les répandre 
au loin. D'un autre côté, les bateaux chargés d'objets 
de commerce, de provenance souvent lointaine, dissé- 
minent un bon nombre de plantes nées parfois sous un 
autre hémisphère. C'est ce que chacun pourra constater 
en étudiant la végétation du lit de la Loire et en général 
de tous les grands fleuves, canaux ou rivières naviga- 
bles. Une troisième cause de dissémination, la plus puis- 
sante de toutes peut-être, réside dans les débordements 
des fleuves venant périodiquement recouvrir les jardins 
ou les cultures qui les avoisinent. Pour peu que l'inon- 
dation ait lieu en automne, à l'époque de la maturation 
des graines, on comprend quels éléments nouveaux de 
végétation les eaux dispersent alors durant tout leur par- 
cours. 

Ces considérations m'engagent donc à vous dire en 
son lieu et place quelques mots de la végétation de cha- 
cune de nos rivières et de nos vallées. 

Perche. — Les nombreuses collines qui acciden- 
tent le Perche ont beaucoup contribué à jeter une 
grande variété dans la végétation de cette contrée. Il 
en résulte également qu'on n'y trouve point, comme en 
Beauce et en Sologne, ces vastes agglomérations d'es- 
pèces qui donnent, au premier coup d'œil, à ces contrées 
leur cachet d'originalité, comme par exemple les adonis 
dans les cultures de la Beauce, les cistes et les bruyères 
dans les landes de la Sologne. Dans le Perche, au con- 
traire, on ne saurait citer qu'un très-petit nombre d'es- 
pèces uniformément répandues. Aussi ses caractères de 
végétation ne sont-ils pas faciles à saisir, si tant est qu'il 
y en ait qui lui soient propres. On peut toutefois citer 
comme espèces ne se retrouvant que peu ou point dans 
les autres parties du département, et réellement assez 



— 80 — 

répandues dans le Perche : Campanula rotundifolia l , 
qu'on voit balancer ses jolies clochettes bleues dans les 
gazons des coteaux; Stachys alpina, fréquent dans les 
ravins ombragés, mais ne s'écartant guère des vallées 
du Loir et de la Brave ; Verbaseum nigrum, notre plus 
belle molène, et que je ne connais pas dans Loir-et- 
Cher en dehors du Perche. 

La forêt de la Gaudinière, aussi bien que plusieurs 
autres bois du pays, ont une végétation qui n'est pas 
sans analogie avec celle de la Sologne. Ainsi on y trouve 
en notable quantité : Nardus stricto, Molinià cœrulea, 
Scutellaria minor, Scirpas cœspitosus, Erica tclralix 
et sœparia, et même Lobelia urens; mais de plus, et 
en grande abondance, Convallaria maialis, Gnapha- 
lium sylvaticum. 

L'une des plantes les plus fréqnentes dans les mois- 
sons du Perche, c'est le Chrysanthemum segetum, belle 
radiée aux fleurs d'or qui se voit à peine dans quelques 
moissons de Sologne et s'y montre peu fixe dans ses 
stations. 

Sur tous les coteaux un peu couverts croît V Hyper i- 
cum monlanwm, qui manque à la Beauce et n'a qu'une 
localité fort restreinte au sud de la Loire. Sur les pe- 
louses sèches et bien exposées, on rencontre souvent 
Orobanclœ crucnta, adhérente aux racines de VHippo- 
crepis comosa et autres légumineuses. Cette espèce est 
fort rare en Sologne. 

VUlcx minus forme aussi dans le Perche quelques 
landes d'une médiocre étendue, et dans lesquelles on 
chercherait vainement les nombreuses espèces caracté- 
ristiques de Sologne. C'est toutefois dans une de ces 
landes, à Brulaine, que se rencontre Erica vagans, ainsi 
que Erica seopariu. 

Certaines collines sèches, et relativement assez éle- 
vées sont en possession de quelques bons types. A Sargé, 



1 Pour les noms de plantes citées dans la suite de ce travail, j'ai 
suivi généralement la synonymie adoptée par M. Boreau dans la 
'3*> édition de la Flore du ('«entre. 



— SI — 

c'est le Lycopodium clavatitm, découvert il y a vingt 
ansparle regrettable Em. Des vaux ; Gnaphalinm dioi- 
ciini, qui croît aussi aux environs de Vendôme, mais qui 
malheureusement depuis fort longtemps ne s'est plus 
offert aux recherches des botanistes. C'est encore aux 
environs de Moiidoubleiùl que croissent : Oocalis aceto- 
sclln, A Usina tiàktns, Mârsihd qu ad ri fol ia, et quel- 
ques autres bonnes espèces récemment découvertes par 
M. Léon Légué, telles que : Lyco podium hiundatum, 
Paris quadrïfolîà, Androsaunum officinale , Lysima- 
cki'a nenwruni; cette dernière tout à fait nouvelle pour 
notre département. 

Les mares et les étangs du Perche produisent Pilu- 
loria fjlobulifera , et assez rarement Ranuncutns tripar- 
titus et R. ololencos, çelle : ci seulement dans los parties 
limitrophes de la Sartlie 1 . Les eaux vives, ou tout au 
moins très-piires, offrent les Myriophyllum altérai (lo- 
rtim, Nitella translucens, (jracilis et tenuissimd. 

Mais ce sont les coteaux du Loir et le val qu'il arrose, 
gui s;ins contredit apportent à la flore vendômoise les 
éléments les plus variés, je dirais presque ses types les 
plus inté;essants. C'est là que des conditions tout à fait 
exceptionnelles de sol, de chaleur et d'abri, ont permis 
le développement en notable quantité, siir les rochers et 
les berges des routes, du rare JEyïlops ovata, plante de 
la région méditerranéenne, et qui ne consent à croître 
en dehors que sur des points tout à fait favorisés. C'est 
encore sur ces coteaux, soit au Breuil; aux Roches ou à 
Lavardin, que végètent en abondance Festuca ciliata, 
ÎHyitaïis hitea, Gentiana crucialu, Cr'cpis patchra , Isa- 
tis tine.toria, importé s;ms doute, mais à une époque 
très-éloignée de nous. Dans les parties les plus ombra- 
gées des coteaux du Loir on trouvera encore : Epîlo- 
binm montantirn, Draba ttturtilis,. qui se retrouve aux 



' Les botanistes du Yendùniois devront trouver aussi dans les 
environs de Sargé VEuphorbia hyberna, commune dans la forêt 
de Vibrâye, et qui m'a été vaguement signalée dans les bois de la 
Piloniére. 

v. 6. 



— frl — 

environs de ftomorantin, La-thyms sylveslris, aux belles 
grappes de fleurs rouges. N'oublions pas ['Optmjs ara- 
< Imites, spécial jusqu'ici aux pelouses sèches de Thoré 
et de Rochambeaû, 

Sur la rive gauche de la rivière, dans les bruyères de 
la Ribochère, commune de Couture, on sera tout sur- 
pris de rencontrer une jolie fougère des moyennes mon- 
tagnes, le Botrychium lunaria. 

Les haies et les cultures de la vallée du Loir ont été 
également les seules jusqu'ici à nous offrir le Fumaria 
ftallidiftora, associé d'ordinaire aux Fumaria densiflora 
et bastardi. 

Les prés et les rives du Loir ne sont pas moins ri- 
ches. C'est d'abord Cirsiuin bulbosum et son hybride 
Cirsium spurium, puis de belles cyperacécs : Carex 
fuira, Hornsrlmcltiuna, Cypcrus longus, Scirpus pau- 
ri/lorus; enfin, et eh abondance vers Artins et Cou- 
ture, les Cctrdamme impatiens, Fésttiëd àrundinacea. 
Signalons encore le Car'daminè atnara, emprunté aux 
régions granitiques, et que l'on pourrait croire importé 
par le Loir si cette rivière ne coulait pas exclusivement 
sur un sol calcaire; cette plante se rencontre sur les 
bords du Loir en plusieurs points, depuis Vendôme jus- 
qu'au moulin de Varennes. 

J'accorderai une mention spéciale, en finissant, au 
Sagina nodosa, observe par M. Arrondcau à l'ezou, sur 
les sables de la rivière, et à VHelosciadium repens- dé- 
couvert à Saint-Quentin par M. K. lYltercau. 

Je ne connais dans le Loir, en fait de plantes inté- 
ressantes, que le Naias major, Potamogeton /luilans 
et Rantmculus divaricatus. 

Beauce. — Le sol de la Béauce étant éminemment 
constitué par le calcaire lacustre, et d'un autre côté pres- 
que exclusivement, trop exclusivement peut-être, voué 
à la culture des céréales, il en résulte beaucoup d'unifor- 
mité dans sa végétation naturelle. Les moissons offrent 
presque partout les Adonis œstivalis, autumnalis et 
jlammea, croissant ensemble ou séparément; Neslia 



— 83 — 

paniculata, Bupleurum protractiun et rotundifolkim, 
Myagrmn perfoliatum, A.werula awensis, Specularia 
hybrida, au.vqu Is viennent se joindre <;à et là : Eu- 
phorbia falcala \ } Veronica prcecox, Fa (caria fflvini. On 
ne saurait rien trouver de plus dans les cultures, sauf 
un nombre assez considérable d'espèces triviales qui se 
rencontrent à peu près dans tous les sols calcaires, à 
quelque formation qu'ils appartiennent. 

Sur les points où l'affleurement de la roche ne per- 
met pas à la charrue de tracer son sillon, on rencontre 
d'ordinaire : Ononis columnœ, lirunclla gvaiidiflora, 
Âvena pratemis, Micropns erccUis, Phlcutn bœlnneri, 
Itfedicago ambit/ua; parfois Po/losprnnum laçinlatum, 
Coroniïla minima, Carduna'lltifi juitissimus ; puis quel- 
ques belles orchidées : Aceras hircina, Qrchis simia, 
et purpurea, Orcltis militaris, trouvé seulement à Mar- 
cilly, 

Les bois, trop rares en Beauce, permettent, surtout 
dans leurs clairières, le développement de quelques re- 
marquables espèces.: Linum Leonii, Epi partis pallcns 
et atrorufrens , Ophrys myodes, Tiigonélla monspdiara, 
dont nous n'avons qu'une station près d'Avaray, mais 
qui sera certainement retrouvé ailleurs dans la Beau ce. 

La végétation des bois de cette contrée ne m'est, du 
reste, que fort imparfaitement connue. Des recherches 
suivies dans la forêt de Freschines, et surtout dans la 
forêt de Marchencfir, amèneront sans aucun doute la dé- 
couverte d'espèces intéressantes. 

Les types des marais ne sont point, en Deauce, les 
mêmes qu'en Sologne et dans le Perche, Jeu trouve la 
raison dans la nature du sol* qui, plus, encore peut-être 
que le climat, imprime à la végétation son caractère 
distinctif. C'est seulement dans, les marais de la Beauce 
que croissent : Plnguicula vulgaris, Liparis Lœselii, 
orchidée rare en France ', Sciinum carvifolia, Phy- 



1 Indiquée, je le. sais, en Pologne-, dans l'étang de la Elousse- 
lière, commune de Cheverny, par Lefrou. Mais elle en a disparu 
depuis longtemps, si jamais elle s'y est montrée spontanée. 



— 84 — 

teumq orbiculare, qui affectionne les pâturages secs, Le 
Cïaditim mariscus est commun dans les marais de Pou- 
lines, aussi bien que Blysmus ( scirpus ) compressHs, 
Cir&iiini Imlhosiim et médium, Orrhis paluslns, etc. 

Les marais de Pontijou développent : Ranunculns 
Hngua, Càrcx amptillace,a ,Hclo9ciadium repens. .le si- 
gnalerai aux reeherclies des botanistes de la contrée les 
marais de Ventes, qui réclament une exploration at- 
tentive, aussi bien que les étangs desséchés qui avoisi- 
nent la forêt de Màrchenoir. 

Le val et les coteaux de la Cisse méritent une mention 
particulière. Indépendamment du buis, Buxus semper* 
virens, qui pullule sur ses bords durant une étendue 
de plus de huit lieues, et dont il serait vraiment puéril 
d'attribuer l'importation aux Romains 1 , c'est là surtout 
que croissent en abondance : Onom's columnce, Çora- 
uillti minimu, Avena pratensis, Arabis sagitlata; aux 
environs d'Orchaise, dans les ravins et les parties om- 
bragées des bois, se cache une élégante fougère, Aspi- 
dium aculeatum, et sa variété A. ângiilare. 

Les prés spongieux qui longent la Cisse nourrissent 
en abondance les fougères et les cyperaeées. Je citerai 
seulement parmi ces dernières Carex àmpullacea et Ca- 
rex paradoxa, extrêmement abondant à Saint-Lubin. 
Dans ces mêmes prés, il n'est pas rare de rencontrer 
Tri joli uni /il /'forme et mariti/mitm. Enfin, dans le cours 
de la Cisse, on voit assez fréquemment ['Hippuris vul- 
fjaris, qui n'est point commun dans notre département. 

Val et Coteaux de la Loire. — Le lit de la 

Loire et les berges qui l'enserrent "'offrent une végéta- 
tion ( ( n grande partie adventive. C'est une profusion de 

1 Onu vivement soutenu depuis quelques années devant la So- 
ciété Botanique de Fiance cette thèse, que le buis éteitj d'origine 
étrangère et ne se montrait que sur les' points où les Romains 
avaient établi leurs campements. Je ne sache pas qu'ils aient éta- 
bli un campement de 8 lieues de développement sur les bords de 
la fisse, et quand je dis8 lieues, c'est q,u.c je m'arrête aux limites 
rie notre département. 



— s:> — 

Xuulliiinit macrocavpvm^, jEitothcva bimnis, Oalura 
strninonimn et tatula, s'ils constituent bien réellement 
deux espèces distinctes, Solidaqo glabia et ciniadcmis, 
Aster novi hrhjii ; puis le Lindernia pyxiduria, obser- 
ve récemment par .M. Délâunay à Çliaumont, où sa 
présence n'a rien qui doive nous surprendre, puisque 
cette espèce ét;iit connue depuis longt mps ;'i Orléans. 
C'est encore le Centa'urea macuïosa, emprunté aux ré- 
gions supérieures traversées par le fleuve: les Thalic- 
tnun expansum et nia} us, qui pourraient bien aussi 
nous venir d'Auvergne, car ou ne les retrouve pas en 
dehors du val de la Loire. Le beau Glautium luleum, 
qui paraît, en Franc ", être propre aux vallées de quel- 
ques-uns de nos grands fleuves, est assez commun sur 
les levées de la Loire ou dans les décombres, surtout 
au-dessous de Blois. Notons encore VAndrosace nuuima, 
abondante aux vignes des Grouets, au-dessous de Blois, 
et la tulipe sauvage, qui est commune dans les mêmes 
vignes et au-dessus de lllois. 

Sur les sables et dans les îles du fleuve : Poa p'dosa, 
Cn/psis alopeçurôides, Scirpus michèlianus, Çarèx ligc- 
rina, Etjiiisctum hyemale, ramosum et variegatum. 
Dans les flaques d'eau: MarsHêaqnadrifoliâ, Heloscia- 
dittm inundatum. Sur les berges : Tan&cétum vulgafe, 
Andropogôn isçhœmttm, Arlemma campestris, et rare- 
ment sur \ès racines de cette espèce Phelipœa arcriarià. 
Dans les cultures du val : Vàlerianélla hamatci, Silène 
conica, OrnitKvpuè ebravteatus etcomprcssits. Certaines 
prairies, notamment à Saint-Laurent-des-Eaux, à Chail- 
les, à Candé, sont entaillées de la jolie fritillaire pintade, 
Fritihlaria melemjris; et pour peu que ces prairies of- 
frent quelques bouquets de bois, ou trouvera dessous 
Isopyrum thalictroides , Scilla bifolia, Galanthm ni- 
valis, soit même, connue à Courbouzon, le Clandestine 
rectiflora. Les prés de l'embouchure du Beuvron nous 
offrent le Sium latifolium, si commun dans l'ouest, et 
non loin de là, dans le bois du .Mojrié, le DormÎQHm, 
plantagineum. Les coteaux calcaires, démwiés qui cei- 
gnent la Loire présentent Tluilirlin,^ oxpans'um, déjà 



— 86 — 

cité, Helkmlhemum canum et ftmàna, Buplttirum 
arislatum, et mêmp, au témoignage de M. Bureau, le 
rare Bapïeitrum affine du Sud-Est. 

M. l'abbé Séjourné, do Cellettes, a découvert, au 
mois de septembre 180."), dans les mares des Ponts- 
Chartrains près Blois, le NUella stçlligera Bauer (sub: 
Chara ). La plante, à cette époque avancée de Tannée, 
présentait encore un assez grand nombre d'anthéridies; 
mais je n'ai pu découvrir de nucules sur aucun des 
spécimens q li m'ont été communiqués. On sait, du 
reste, qu'ils n'ont été observés que fort rarement, et 
seulement, paraît-il, sur les échantillons de France. C'est 
une excellente acquisition pour notre flore ; car, bien 
que cette rare cliaracée ait été signalée à Pruniers, dans 
la Sauldre, par M. Boreau, d'après l'abb ; Uimboux, elle 
a jusqu'ici échappé aux recherches minutieuses de M. Ëm. 
Martin. Je dois ajouter que l'échantillon qui m'a jadis 
été donné par M. le docteur Moriin sous le nom de NU. 
Stelligera, récolté dans la Sauldre par l'abbé Rimboux 
et dénommée par lui, appartient sans contredit au Ni- 
tella flexilis A g. 

Deux grandes furets dominent la Loire. La forêt de 
Russy, qui touche la Sologne et renferme des tourbières 
dont la végétation est analogue à celle de cette région. 
On y trouve de plus la dangereuse belladone Atropa Bel- 
ladojui; la prédominance du calcaire lacustre y déter- 
mine la présence des Epipactis etisifolia, Litfwspermum 
])urpitrco-cœrt<l<')tm, Polygakt comosa, Sedum sexan- 
ijukin', C y Usas sapiuns. 

La forêt de Blois touche la Ueauce, mais elle s'en 
éloigne tout à fait par la nature argilo-siliceuse de son 
sol. Sa végétation est des plus remarquable. Extrême- 
ment riche en fougères, puisqu'on y rencontre à la fois 
(hmunda regalis, Cystapteris fragilis, Blechnnm spi- 
cànt, Athyrium filix fœmina, et même le Pôlystichum 
oreopteris des montagnes granitiques, elle possède en- 
core Androswmum officinale, Gnaplialiutn sylvaticam, 
Kjulobitrin spiçuluni, et même, au témoignage de l'abbé 



— 87 — 

Lefron, Erica ciliaris; mais colle belle espèce des lan- 
des de l'Ouest n'y a plus été revue depuis lui. 

Sologne. — Ce nom est involontairement associé 
dans l'esprit de tous à de vastes marais tourbeux, à des 
étangs sans nombre, à des bruyères sans fin, soit en- 
core à des plaines de sables arides, dont la monotonie 
n'est interrompue cà et là que par de cliélil's bois de 
pins ou de chênes rabougris. C'est là en effet, sauf quel- 
ques restrictions, la division naturelle du pays. Ce sera 
aussi celle de mon travail. 

L'association des plantes des marais est à peu près 
identique dans toutes les parties de la Sologne. Là où 
les eaux séjournent, on rencontre à coup sûr les Scir- 
ptis fluitans, Juncus heterophyUus, Ranunculus tripar- 
titus, ou R. ololeùcos, radians, etc., recouvrant les fos- 
sés et les mares d'un tapis dune blancheur éclatante. 
D'autres fois, et principalement à l'entour de certaines 
tourbières circulaires, le botaniste sera charmé de ren- 
contrer une petite plante bien rare en France, Ulricu- 
laria brei/mii, confondue avec une espèce voisine, Utri- 
cularia minor, plus rare en Sologne. 

Sur la tourbe, au milieu des Sphagnum: Carex stel- 
lulala et parfois C, ampullacea, Eriophorum ina/usti- 
folittm, et E. gracile, Comarum palustre, Drosera 
intermedia i Bros, rotuittlifolia, ce dernier s'avançant 
plus à l'ouest dans notre département, puisqu'on le ren- 
contre encore, dans les tourbières des bois de Chevernv 
et même de la forêt de Ilussy, au-dessus de Chailles. 

C'est encore parmi les Sphagnum que croît YEpilo- 
bium palustre, et Ton chercherait presque vainement 
ailleurs le Salix repens et sa variété à feuilles argentées. 
Le Potamogeton oblomjus remplit les eaux de ces tour- 
bières, et s'y montre en masses si touffues, qu'il ne per- 
met à aucune autre espèce de s'y développer. 

Aux alentours des marais, dans les parties herbeuses: 
Rhynchospom alba et H. fusra, le rare Lycopodium 
intitula tum-j qui ne s'écarte point de la Haute-Sologne 
et des environs de lîomoranlin. Quant aux Scirpus 



> 



— m — 

ptiiicifJorus et c'i'spilostts, aux Heleoeharis ovdta, mitl- 
ticaidis, un'njluiais, je n'en parle que pour mémoire, 
car ils abondent partout où le sol est en même temps 
aride et humide. 

L?s étangs sont surtoit riches en characées. Les uns 
à fond sablonneux fournissent les Nitrlla ténuissima 
yvmïbis, capitdtHj /Irxilis, etc., et surtout les rares 
Chartt braunii et frai/ifcra. Les autres doivent à l'élé- 
ment calcaire de leur sol la présence des Nitetla intri- 
rulu, mncfonatà, flahelleëtà, Chara aspera, etc. 

C'est encore dans les étangs de Sologne à fond siliceux 
que le botaniste devra chercher : Pitidariagiobûlifera, 
parfois aussi Marsilea quadrïftilià, le Trapu tattans, 
mais cette dernière seulement dans la Haute-Sologne, 
les Eltitine hexànèra et alsinastrum, Littorella lacus- 
tris. 

Au bord des étangs, sur la vase desséchée : Airopsis 
aijrosh'dca, Aira uliahiosa, puis encore hnardia palus- 
tris, Limosellu aqualica, Carc.c filiformis, connu seu- 
lement aux environs de Ilomorantin, Alisma damaso- 
nium, repens et ranuaculoitlrs. 

Les eaux vives et. certains étangs très-purs récèlent les 
nombreux représentants de la famille des potamées, tels 
q ic : Potamogelon cfeutifolius, ohtusifolius, fubcrrula- 
tus, ficctinalus, helcroplu/llus, etc. 

Indépendamment des marais tourbeux et des vases 
limoneuses du bord des étangs, il existe encore en So- 
logne de vastes prairies marécageuses. C'est là que crois- 
sent pêle-mêle et en énorme quantité les Scirpes et Hé- 
léocharis ; c'est là que le botaniste pourra faire ample 
moisson des Cârex hornschuchiana, fuira, pulicaris, 
hrriuala, ce dernier rare et connu seulement aux envi- 
rons de INerrelite. Le Carrx ruli/aris, souvent confondu 
avec les espèces voisines, s'y développe en assez grande 
quantité, ainsi que VOrchis palïistris, rare dans cette 
région. 

Les landes de Sot'ôgne, au milieu (lesquelles se ca- 
chent ordinairement les marais et les tourbières circu- 
laires dont j'ai signalé plus ha it la végétation, offrent un 



— 89 — 

ensemble également intéressant d'espèces. Dans les par- 
lies humides on trouve en abondance : Pinguicula lusi- 
lanica, Anagallis tenella, Microcala filiformis, Poly- 
gala depressa. Les parties plus sèches sont parsemées 
de Viola canina,k laquelle vient se joindre une espèce 
de l'Ouest, Viola lancifolia, et une rareté de l'Est, Viola 
stagnina, observée réellement jusqu'ici sur un seul 
point du centre de la France, dans les bruyères sablon- 
neuses bordant l'étang desPérets. C'est dans les bruyères 
qu'il faut aussi chercher : Arnica montana, qui semble 
descendue des montagnes pour peup'er nos landes en 
même temps quel'Ajuga pyramidalis , espèce rencontrée 
dans le Berry et dans la Sologne contre toute prévision ; 
ces deux plantes s'avancent jusque dans les bois de Chë- 
verny : Aspliodclus sphœrocarpus , qui domine ses hum- 
bles associées par ses beaux épis de fleurs blanches; 
Arenaria montana, qui ne paraît pas croître en dehors 
de l'arrondissement de Romorantin; puis ce sont les 
Potentilla vaillantii, Hypoclwris macula ta, Lobelia 
urens, Glati lotus illyricus, connu seulement à Cham- 
bord. 

Le fond de la végétation des Landes est formé en 
grande partie par les Erica scoparia, tetralix et cinërea, 
auxquelles vient s'associer, sur plusieurs points des en- 
virons de Romorantin, Erica vagans, soit même dans la 
forêt de Choussy le bel Erica ciliarU, dont on ne connaît 
pas de station plus éloignée du côté de l'Est. Indépen- 
damment des bruyères, les landes offrent en abondance 
Ulex europœus et nantis, sur les racines desquelles croît 
Orobanche ulicis. 

Les prés argilo-siliceux des (invirons de Romorantin 
ont été jusqu'ici seuls en possession des Sanguisorba 
officinalis , Spirœa filipendula, Chlora imperfoliala. 
('/est là aussi que fut découverte, il y a quinze ans, au 
grand étonnement des botanistes, le Carex Buxbaumi, 
plante du nord de l'Europe, connue en France seulement , 
dans l'Alsace, sur les bords du Rhin, et dans les Alpes, 
au mont bavard près de Gap. Celte, curieuse espèce fut 
découverte en Sologne par l'eu l'abbé Rimboux; mais 

v. 7 



— 90 — 

c'est surtout aux recherches de M. Em. Martin qu'on doit 
les données exactes de son extension aux environs de 
Romorautin. 

Les bois de Sologne (je ne parle pas ici des bois de 
pins), surtout ceux dont le sol est éminemment siliceux 
et un peu humide, cachent sous leurs ombrages les Ca- 
rex strigosa et maxima, Simethis bicolor, Endymion 
( scilla ) nutans, parfois aussi, mais rarement et en pe- 
tite quantité, le muguet, Convallaria majalis; puis de 
belles fougères : Athyrium filix fœmina, Polystichnm 
thelypteris. 

Quant aux champs secs et sablonneux, ils sont en 
Sologne la véritable patrie des Cistus umbellatus et 
alyssoides, qui ne dépassent guère Romorantin, de 
YHelianthemum guttatum, des Ornithopus compressas, 
perpusillus, ebracteatus, Lotus hispidkis ; puis, dans les 
parties de ces mêmes champs inondés l'hiver, ce sont : 
Sedum pentandrum, Jnncus capitatus, Spergula subît- 
la ta, Spergularia segetalis. 

Deux cours d'eau principaux absorbent les innombra- 
bles ruisseaux qui naissent des étangs de Sologne ; le 
Beuvron et la Sauldre. Le premier, à fond essentielle- 
ment siliceux, renferme dans son cours Cicuta virosa, 
Potamogeton rufescens, ranunculus lingua, à son em- 
bouchure au port de Candé, Naias major et Caulinia 
fragilis dans les marais tourbeux qui l'avoisinent, on 
rencontre abondamment : Thysselinum (Pencedanum) 
palustre, qui ne semble pas s'en éloigner beaucoup; 
Osmunda regalis, Sparganium minimum; dans les 
prés, Poa serotina, Carex fulva, et Hornschuchiana, 
plus abondants là que partout ailleurs, Carex elongata, 
si commun à Bracieux, Blysmiis ( Scirpus ) compressas, 
etc. Un petit bois qui touche cette rivière, entre Seur 
et Cellettes, offre aux botanistes : Pulmonaria saccha- 
rata, Paris quadrifaliu, Carex depauperata. 

De son côté, la Sauldre recouvre de ses eaux les Cau- 
linia fragilis, Nitella flexilis, et peut-être stelligera. Sur 
ses bords : Myrica gale, Cardamine impatiens et par- 
ri/lora, Ranunculus ophioglossifolius. On peut ajouter 



— 91 — 

à cette énumération les plantes dos prairies de Romo- 
rantin citées plus haut. 

Val et Coteaux du Cher. — Le val du Cher, 
qui borde au sud la Sologne, est assez riche en plantes 
spéciales. Trifolium maritimum et T. michelianum, 
Galium constrictum, /Enmithe pimpinelloides ; près de 
Saint-Aignan, Viola pumila, Sisymbrium asperum, 
Carex paradoxa. Dans la rivière même, à Thésée et à 
Montrichard, le joli Limnanthemum nymphoidès, Naias 
major; sur ses grèves, Scirpus michelianus; sur les 
berges, Diplotaxis murait s. 

On aime à rencontrer sur les coteaux qui bordent le 
Cher, Globularia vulgaris, Podospermum laciniatum, 
Ononis natrix, Laserpitium latifolinm, Phalangium 
ramosum, Hypericum montanum, Digitalis lutea, Li- 
num salsoloides, ces cinq dernières espèces près des 
carrières de Belleroche ; enfin sur les coteaux de Ma- 
reuil et de Pouillé, une magnifique orchidée, Limodô- 
nun abortivum. 

Le calcaire lacustre projette quelques ramifications 
en Sologne. La végétation qui le recouvre est à peu près 
la même que celle de Beauce. On devait du reste s'y 
attendre. Ces îlots de calcaire, perdus au milieu d'une 
mer de sable, forment un étrange contraste. Il est bon 
toutefois de faire observer qu'ils offrent quelques types 
spécifiques qu'on n'a pas encore mentionnés en Beauce, 
tels que Genista germanica, Epipactis microphylla, 
Euphorbia Gerardiana. 

Je ne veux pas quitter la Sologne sans dire deux 
mots d'une localité limitrophe, mais qui en fait réelle- 
ment partie. Je veux parler de Soings et des environs 
de Contres. La mer Falunienne a fourni aux terrains de 
cette région des éléments calcaires qui en ont singuliè- 
rement modifié la végétation. Sans parler du lac de 
Soings, qui fournit deux raretés, Ranunculus confusus el 
Scirpus supinus, les collines falunienncs qui le ceignent 
et s'étendent jusqu'à Contres sont couvertes de Silène 
arnica, Valerianella hamata, Linaria supina. L'Arte- 



()-) _ 

misia campes tris, que nous ne possédions qu'aux bords 
de la Loire, a jeté là une nombreuse colonie, où elle a 
été suivie par son parasite Phelipœa arenaria. 

Si maintenant nous comparons l'ensemble de la végé- 
tation des trois régions de notre département, nous 
trouvons que la Sologne et le Perche offrent un certain 
nombre d'espèces qui leur sont communes, et que la 
Beauce paraît jouir dune végétation plus spécialement 
propre. D'un autre côté, il est digne de remarque que, 
parmi les espèces qui croissent en même temps dans le 
Perche et dans la Sologne, celles qui sont le plus abon- 
damment répandues dans cette dernière région sont re- 
lativement rares dans l'autre ; tandis que, par une sorte 
de réciprocité, certains types, fréquents dans le Perche, 
se montrent rares en Sologne. 

Ainsi les Nardus stricta, Erica tetralix, et scoparia, 
Lobelia urens, Gentiana pneumanthe, etc., qui pullu- 
lent dans les bruyères, les Myriophillum alterniflorum, 
Ranunculus ololeucos, Pilularia globutifera, Litto- 
rella lacustris, qui tapissent le fond ou la surface dos 
étangs de Sologne, n'apparaissent que rarement au nord 
du Loir, bien que les landes et les étangs à fond sili- 
ceux n'y manquent point. 

D'un autre côté, les Hypericum montanum, Conval- 
laria maialis, Gnaphalium sylvaticum des forêts du 
Perche, aussi bien que le Chrysanthemum segetum, si 
répandu dans ses moissons, sont à peine représentés 
dans les bois et les cultures au sud de la Loire. 

Il y aussi ce que j'appellerai des espèces de rempla- 
cement. Ainsi ÏOrobanche ulicis remplace dans les 
bruyères de Sologne ÏOrobanche cruenta des landes et 
des pelouses du Perche ; de même que dans les marais 
à fond calcaire de la Beauce, le Pinguicula vulgaris 
vient se substituer au Pinguicula lusitanica des landes 
humides et arénacées de la Sologne 

Si j'osais tenter un rapprochement, au point de vue 
de la végétation, entre les différentes régions de notre 
département et les contrées limitrophes, je dirais : 

1" Que la végétation du sol calcaire de la Beauce 



— 93 — 

n'offre rien qui la distingue essentiellement de celle des 
terrains jurassiques ou crétacés de l'Yonne par exemple, 
du Nivernais, et mieux encore du Cher; 

2° Que les espèces qui, dans la Sologne, forment le 
fond de la végétation sont à peu près toutes emprun- 
tées à la flore des terrains analogues de l'ouest ou du 
sud-ouest de la France. A l'appui de cette assertion, je 
rappellerais la grande prédominance des bruyères, parmi 
lesquelles Erica ciliaris et vagans; l'extrême abondance 
de certains cistes, des trois espèces d'ornithopes ; la 
fréquence du Lobelia urens, plante si caractéristique ; 
la présence, enfin, des Viola lancifolia, Pinguicula lu- 
sitanien, etc. ; mais, d'un autre côté, il est juste de faire 
observer qu'à ces nombreux représentants de la flore 
de l'Ouest, est venu se joindre un certain nombre de 
types qui ne se rencontrent habituellement que dans 
l'Est ou même dans le Nord, tels que : Carex buxbau- 
mii et strigosa, Cicitta vivosa, Viola stagnina, Utri- 
cularia Breymii, auxquels il faut ajouter deux plantes 
descendues des basses montagnes : Arnica montana, 
Ajuga pyramidalis. 

Quant au Perche, il est assez difficile de lui trouver un 
point de comparaison, à cause de l'extrême diversité de 
sa végétation. Toutefois, sa végétation n'est pas sans 
analogie avec celle de certaines régions des environs de 
Paris, où l'on retrouve également, plus ou moins asso- 
ciés. Antennaria dioica, Stachys alpina, Androsœmum 
officinale, Lysimachia nemorum, Hypericum montanum, 
Lycopodiam clavatum, etc. 

Au point de vue du climat, qui peut, je crois, se dé- 
duire assez sûrement de l'ensemble de la végétation, on 
peut dire que la Sologne est la portion du département 
où la moyenne de la température se montre plus élevée ; 
la Bcauce vient ensuite, et en dernier lieu le Perche (d'où 
Ton doit naturellement exclure la vallée du Loir). Les 
mouvements de terrain, dans cette région, doivent jouer 
un rôle important dans la moyenne de sa température, 
dont on ne saurait autrement s'expliquer l'infériorité, 



— 94 — 

qui, bien qu'en réalité assez minime, ne laisse pas que 
d'exercer une action très-accusée sur la végétation. 



'cr 



Plantes introduites'. — H importe beaucoup 
de séparer, dans rémunération des plantes d'un pays, 
celles qui s'y montrent réellement indigènes d'avec celles 
qu'on a lieu de croire importées. Ces dernières ne peu- 
vent souvent donner qu'une fausse idée de la végétation, 
et induire en erreur sur les limites vraies de l'extension 
géographique de certains types. 

Parmi les végétaux introduits, les uns, d'origine tout 
à fait lointaine, se reconnaissent facilement à un cachet 
qui leur est propre. Telles sont, par exemple, les espè- 
ces citées plus haut comme végétant plus spécialement 
dans le val, soit même dans le lit de la Loire, et apparte- 
nant aux genres JEnothera, Xanthium, Datura, Nican- 
dra, Aster, Solidago, qui sont presque toutes originaires 
de l'Amérique. Mais il est d'autres plantes dont l'intro- 
duction est plus difficile à démêler; ce sont celles qui, 
nées dans une région assez rapprochée, ont été semées 
fortuitement par suite du mélange de leurs graines avec 
les céréales et les plantes fourragères. C'est ainsi que, 
depuis quelques années, certains champs de luzerne sont 
infestés par une centaurée à fleur jaune, Centaurea sol- 
sticialis, qui nous arrive de la région méditerranéenne. 
C'est ainsi que le Crépis setosa, plante d'Italie, très-rare 



1 Je ne parlerai ici que des espèces introduites depuis le com- 
mencement du siècle, ou peu auparavant. Car plusieurs Aoristes 
pensent que beaucoup de plantes de nos moissons, telles que : le 
coquelicot ÇPapaver Rhœas), nos trois Adonis, le bleuet (Centau- 
rea Cyanus), la nielle des blés {Agrostemma Githago), Orlaya 
grandi/lova, si commune dans certains champs du Vendômois et 
du canton de Contres, nous sont venues, avec les céréales, du 
centre de l'Asie. Je ne répéterai point non plus ce qui est connu 
de tout le inonde: que VErigeron Canadense, si fréquent dans 
nos champs, nous est arrivé d'Amérique. Il faut bien se persua- 
der, du reste, que certaines espèces, aujourd'hui rares encore dans 
nos moissons en raison de leur récente introduction, deviendront 
avant un siècle peut-être aussi communes que le bleuet et le co- 
quelicot. 



— 95 — 

en France au commencemet du siècle selon de Candolle, 
menace de l'envahir tout entière, et s'est montrée de- 
puis quelques années dans notre département, sur plu- 
sieurs points de la Sologne, et à Vendôme dans la tran- 
chée du chemin de fer. 

UAmmi majus, espèce méridionale, est signalée de- 
puis près de quarante ans à Cellettes; on l'y retrouve 
toujours, bien que peu fixe dans ses stations. Cette om- 
bellifère a été également recueillie aux environs de Ven- 
dôme et de Montoire. Le parc de Cheverny offre à lui 
seul quatre espèces récemment introduites : Trifolium 
resupinatum, plante de la région méditerranéenne et du 
Sud-Ouest, d'où elle remonte jusqu'au Havre en suivant 
le littoral de l'Océan; Helminthia echioides, également 
du midi de l'Europe; Luzula maxima et Poa sudetica. 
Ce dernier s'est montré sous des plantations de pin noir 
d'Autriche, trouvant sans doute dans les détritus de ce 
résineux l'élément nécessaire à son développement. 

Les environs de Romorantin offrent comme exemples 
de plantes naturalisées les Xanthium spinosum, Dip- 
sacus fullonum, dont on s'explique facilement l'intro- 
duction par l'emploi qu'on en faisait pour la prépara- 
tion du drap ; Silybum marianum, synanthérée d'Orient, 
dit-on, et qui affronte à la suite de l'homme les neiges 
des Alpes 1 . Les Polycarpon tetraphyllum et Amarau- 
thus deflexus ont fait leur apparition à Romorantin sans 
qu'il soit possible d'expliquer leur origine. Je ferai re- 
marquer, du reste, que ce sont deux espèces apparte- 
nant à la flore de l'Ouest, et que leur indigénat en So- 
logne n'est nullement improbable. Quant au Scolymus 
hispanicus, fréquent sur certains points des environs 
de Romorantin, je ne saurais le considérer que comme 
plante introduite, bien qu'elle s'y montre aujourd'hui 
complètement naturalisée. Dans le Languedoc et dans 
l'Espagne, sa racine est alimentaire et se vend sur les 



1 J'ai recueilli cette plante, en 1861, sur les montagnes qui do- 
minent les bains do St-Gcrvais en Savoie. 



— 96 — 

marchés. Le lion Jardinier (année 1848) signale quel- 
ques tentatives d'améliorations faites sur ce légume. Il 
est donc raisonnable de penser qu'a une époque assez 
éloignée cette plante aura été cultivée dans quelques jar- 
dins des environs de Romorantin, et de là se sera ré- 
pandue et naturalisée dans le voisinage. M. Nouel m'écrit 
à ce sujet: « J'ai vu cette plante cultivée à Vendôme dans 
« quelques jardins maraîchers... L'année suivante, il y 
« en avait plusieurs pieds le long d'une route qui tra- 
« verse ces jardins au nord de Vendôme, ainsi que 
« dans un grand fossé qui longe le même point. Seule- 
« ment la plante en a disparu, fauchée, coupée, etc. » 
Je sais que cette espèce remonte assez haut sur les 
côtes de l'Ouest; mais cela ne serait pas une raison suf- 
lisante pour considérer comme réellement spontanée, 
sans stations intermédiaires, la plante de Romorantin. 
La Sologne possède assez de richesses végétales, sans 
dérober leurs spécialités aux autres contrées. 

Les champs de lin de Pruniers fournissent le para- 
site obligé de cette plante, le discuta densiflora.il n'est 
point rare de rencontrer dans les champs d'avoine de 
notre département Camelina fœlida et C. sativa : maSs 
l'origine étrangère de ces deux crucifères est suffisam- 
ment démontrée par leur peu de fixité dans les sta- 
tions où elles ont été importées. 

Le Rosa pumila est assez répandu dans les haies et 
les bois voisins des habitations, où ses racines rampan- 
tes contribuent à sa rapide multiplication; mais je n'ose 
le considérer comme indigène en Loir-et-Cher, surtout 
en présence de ses fleurs toujours semi-pleines, déno- 
tant à mon avis une origine trop civilisée 

Le Galega officuialis est aujourd'hui fort abondant à 
ÏVml-Levoy. dans les prés du Traîne-Feuille; mais je 
ferai remarquer que son point de départ sur les bords 
de ce ruisseau est un jardin, et que d'un autre côté il 
s'arrête brusquement devant un moulin placé à environ 
3 kilomètres au-dessous, (les circonstances indiquent 
suffisamment, à mon avis, l'origine, dans notre dépar- 
U'iiienl, de celte plante essentiellement méridionale. 



— 97 — 

Le Smyrnium olusatrurft, réellement spontané dans 
les prairies maritimes de l'Ouest, n'existe en Loir-et- 
Cher que dans le voisinage immédiat des habitations: 
à Blois, sur la terrasse de l'Evêché; à Saint-Aignan, dans 
l'enceinte même de la cour du château. 

h'Helleborus viridis se montre çà et là près des vil- 
lages, à Thoré près Vendôme, en Sologne à Oisly; mais 
je n'ai pu jusqu'ici la ranger parmi nos productions na- 
turelles. 

Le Dianthus Caryophyllus n'apparaît chez nous que 
sur les ruines des vieux châteaux du moyen âge, à Mon- 
trichard, à Lavardin, à Mennetou-sur-Cher; mais faut-il 
en faire le compagnon inséparable des chevaliers, comme 
ou l'a voulu dans ces derniers temps? Le fait est qu'il 
affectionne en France les demeures des croisés '. 

C'est également au titre de plante naturalisée que je 
crois devoir compter le Leucoium œstivum, occupant un 
espace fort restreint dans un pré joignant le jardin du 
château du Gué-de-la-Guette. C'est là encore une es- 
pèce appartenant à la flore méditerranéenne, aussi bien 
que la Pœonia corallina, qui du reste est aujourd'hui 
réellement naturalisée dans le parc du château des 
Montils, tout en se montrant rebelle, depuis trente ans, 
à toute autre tentative de naturalisation sur les prolon- 
gements du même coteau crayeux. C'est qu'elle n'y 
trouve pas sans doute les conditions nécessaires à sa 
croissance et à sa rapide multiplication. 

C'est donc à tort que des Aoristes ont indiqué ces 
deux plantes, la première comme très-commune en Loir- 
et-Cher, la seconde comme répandue aux environs de 
lîlois 2 . Elles n'y occupent en réalité qu'un espace fort 
restreint, et ne croissent pas en dehors de l'enclos d'un 
parc ou du voisinage immédiat d'un jardin 3 . 

1 M. E. Nouel me fait observer qu'il l'a récolté près de Poi- 
tiers, sur les rochers qui avoisinenl la Grotte-à-Calvin. 

- ('«renier et Godron, Flore de France, t. 1, p. 52, et t. III. 
p. 251. 

3 Le Pœonia Corallina esl également signalé auBreuil, coin 
mune de Gheverny. Il y lui planté vers 1828, el seulemenl dans 



— 98 — 

Le parc des Montils offre plusieurs autres exemples 
de plantes introduites et aujourd'hui à peu près natura- 
lisées; ce qui semblerait indiquer qu'à une certaine épo- 
que il fut la propriété d'un grand amateur de plantes 
exotiques. On y trouve encore, sur les gazons et dans 
les haies de clôture, le Stachys lanata, d'Autriche, le 
véritable Rosa pomifera Herm., de Suisse et d'xVllema- 
gne, le Rosa pimpinelUfolia, Omphalodes verna, etc. 
Quant à VEpimedium alpinum, signalé par Lefrou dans 
son catalogue, il n'a jamais existé en dehors des bos- 
quets, où encore avait-on grand'peine à le conserver. 

On trouve ça et là, sur les fours et les murs, Iris pu- 
mila et /. germant ca. A Blois, sur les anciens remparts, 
sur les glacis de la levée de la Loire, dans les décom- 
bres, les Rromus madritensis et ambigens apparaissent 
parfois fort abondants; mais doit-on considérer comme 
réellement indigènes deux espèces du midi, et aussi de 
l'Ouest, je le reconnais, tant qu'elles ne seront obser- 
vées que dans de pareilles conditions? 

L'abbé Lefrou et, d'après lui, M. Boreau, citent le 
Potentîlla recta dans le cimetière de Blois. La plante 
s'y retrouve toujours, mais sur un point extrêmement 
restreint. Elle s'y est du reste si peu naturalisée, que, 
tout en se ressemant d'elle-même, elle n'a pas su fran- 
chir deux étroites allées qui ceignent le petit triangle de 



les bosquets, par le jardinier de la maison, qui s'était procu- 
ré des griffes dans le parc des Montils. Elle est encore indiquée 
dans le bois du Poutil près Olivet (Loiret), où du reste on ne la 
retrouve plus. Je dois faire observer que les propriétés des Mon- 
tils et du Poutil appartenaient à deux proebes parents. Or je tiens 
du sieur Riffault, jardinier aux Montils, mort vers 1850 à l'âge de 
75 ans, que l'ancien propriétaire du Poutil avait emporté des grai- 
nes de pivoine des Montils dans le but d'acclimater cbez lui cette 
belle plante. L'acclimatation réussit fort bien, mais depuis cette 
époque l'origine du Pœonia Gorallina dans les bois du Poutil 
aura été oubliée. Il semblerait bizarre du reste qu'une plante dont 
l'existence dans le centre de la France est presque une anomalie, 
ne se lut justement rencontrée que dans les parcs, distants de 
20 lieues à peine, appartenant à deux propriétaires, très-proches 
parents. 



— 00 — 

gazon dans lequel elle si; montre localisée. C'est là une 
plante introduite s'il en fut jamais. 

On a beaucoup prôné dans ces derniers temps, au- 
près des agriculteurs, le trèfle hybride, Trifolium hy- 
bridum. Plusieurs l'ont essayé, et depuis cette espèce 
s'est reproduite spontanément dans le voisinage de quel- 
ques prairies artificielles; mais on ne doit pas oublier 
que c'est une plante du centre, ou mieux encore du 
nord de l'Europe, et dont l'indigénat en France est loin 
d'être démontré 

Enfin, parmi les arbres introduits dans les forêts, 
abstraction faite de ceux qui sont complètement étran- 
gers à notre hémisphère et qu'on reconnaîtra toujours 
facilement, je crois devoir faire observer que les Quer- 
cus tozza et Q. cerris ont été semés depuis longtemps 
dans les bois de Sologne, et qu'il faut bien se garder 
de les considérer comme naturels au pays. Le premier 
ne forme jamais qu'un arbre de médiocre grandeur; le 
second, au contraire, est un arbre d'avenir, pour parler 
le langage des sylviculteurs. Il croît dans les sables les 
plus arides de la Sologne, où il fructifie fort bien, no- 
tamment dans les bois de La Ferté-Beauharnais, où il a 
été semé par M. le comte A. de la Selle. 

Je termine ici cette rapide énumération des plantes in- 
troduites ou en voie de naturalisation. On me trouvera 
peut-être sévère à l'égard de l'indigénat de quelques es- 
pèces; mais j'ai cru devoir ici formuler nettement ma 
pensée relativement à plusieurs plantes que je trouve 
consignées dans toutes les flores comme aborigènes de 
notre département. Le plus grand service que l'on puisse 
rendre à la géographie botanique, c'est de passer au 
creuset d'une saine critique certains indigénats que 
l'on ne peut expliquer sans recourir à des hypothèses 
plus ou moins satisfaisantes, mais qui ne sauraient tenir 
devant le sérieux examen des circonstances dans les- 
quelles on les rencontre. 

Et maintenant, Messieurs, il me reste à réclamer votre 
indulgence pour cette rapide esquisse de la végétation 
de notre pays. Je n'ai pu éviter quelques détails tech- 



— 100 — 

niques, non plus que de nombreuses citations emprun- 
tées à une nomenclature qui doit vous sembler bien 
aride; mais j'ose espérer que vous voudrez bien me par- 
donner quelques moments d'ennui, quand vous songe- 
rez que la géographie botanique est, comme je vous le 
disais en commençant, notre seul guide certain dans la 
voie de l'acclimatation, et que l'acclimatation est ap- 
pelée dans un jour prochain à combler les vides du sol 
de la France. 



RAPPORT SUR LA DÉCOUVERTE 

D'IM CONSTRUCTION GALLO-ROMAINE 

au hameau de la Cunaille, commune de Thoré 
(Loir-&-Cher), 

Par M. A. L. de ROCHAMBEAU. 



A 300 mètres du Loir, à 200 pas du hameau de la 
Cunaille, dans un lieu appelé le Pied-de-Roi, considéré 
au moyen âge comme fief sous le nom de Bazineau, et 
qui limite au nord la plaine de Champrond, le terrain 
forme une pente assez raide du côté de la rivière. C'est 
dans ce terrain, exploité en saisonnière depuis plus d'un 
siècle et portant au cadastre le n° 243, que cette année, 
au commencement de janvier, des ouvriers mirent au 
jour un pan de mur qu'ils renversèrent. Avertis de 
cette découverte, nous nous rendîmes au lieu signalé, 
et, après quelques sondages préliminaires, nous ne tar- 
dâmes pas à nous rendre compte de la forme probable 
de la construction. La fouille complète, exécutée d'après 
ces premières données, fit voir un rectangle ayant 2 m 50 
sur 3 m 45. Les murs élaient bâtis sans fondements de 
moellons. Sur le sable, qui offre du reste la plus grande 
solidité, est posée à plat une suite de pierres faisant 
socle, ayant m 50 de large et m 20 de hauteur. Sur ce 
socle de fortes pierres taillées ou plutôt dégrossies, dont 
plusieurs n'ont pas moins de l m 25 de long sur m 25 
d'épaisseur, sont placés sur champ, laissant au socle de 
chaque côté un relai de m 15. 

Le mur subsistant est formé d'un seul rang de pierres, 
et a, socle compris, 0,95 de haut. La partie supérieure 
est très-plane, et cet arasement semble prouver que le 
mur ne montait pas plus haut, et que la petite pièce 
que nous avons découverte se trouvait sous le plancher 



— 10-2 — 

d'une salle de plus grande dimension. Au fond de ce ré- 
duit, du côté gauche, nous avons trouvé un escalier de 
trois marches soigneusement taillées. Chaque marche 
est formée d'une seule pierre. Cet escalier monte du sol 
de la pièce vers le niveau de la plaine, au midi, et la 
marche la plus haute est à m 30 ou m 40 au plus de la 
surface du sol arable. Elles ont chacune m 20 de hau- 
teur et m 40 de profondeur. De chaque côté, le sable ar- 
rive au niveau de l'arasement des murs; l'intérieur seul 
était plein de terre végétale et rapportée. Cette rai- 
son, jointe à l'existence de l'escalier, prouve d'une ma- 
nière évidente que cette construction a toujours été sou- 
terraine, et raccotemenl des murs contre le sable ex- 
plique leur peu d'épaisseur dans une œuvre romaine. 
En enlevant la terre végétale de l'intérieur, nous avons 
rencontré d'abord une quantité de briques rouges bri- 
sées. Quelques-unes sont cependant assez bien conser- 
vées pour qu'on puisse juger de leur forme et de leur 
dimension. Elles ont m 40 de long, m 30 de large et 
m 02 d'épaisseur. De deux côtés, dans la longueur, elles 
ont un rebord de 0,05 de haut, entaillé au-dessus à l'un 
des bouts et au-dessous à l'autre, de manière à pouvoir 
s'enchâsser régulièrement. Elles sont légèrement con- 
vexes dans leur largeur, et portent à l'une des extré- 
mités deux demi-cercles concentriques gravés en creux 
et correspondant à deux demi-cercles semblables repro- 
duits sur la brique suivante. Elles pèsent chacune 4500 
grammes. Nous avons aussi trouvé nombre de tuiles 
laitières (imbriecs), de forme demi-cylindrique, rouges 
en dehors, blanchies à l'intérieur sans doute par le con- 
tact du mortier. Ces tuiles recouvraient la jonction de 
deux rangs de briques à rebord. Quelques briques droi- 
tes, et ayant servi soit à un pavage grossier, soit à un 
appareil de maçonnerie, étaient aussi mêlées aux décom- 
bres, mais en petite quantité ; un des côtés semble par 
sa couleur avoir subi l'action du feu. 

Arrivés au niveau des socles, nous avons commencé à 
trouver une terre noire où l'on reconnaissait parfaite- 
ment un mélange de cendres, des fragments de charbon 



— 103 — 

de bois bien conservés et quelques pierres calcinées. 
Puis, au milieu do celle terre, une quantité de poteries 
cendrées, grisâtres, noires, rouges ou simplement ro- 
sées et de dimensions les plus variées; quelques frag- 
ments de verre, des ossements d'animaux de boucherie, 
des écailles d'huîtres, des clous, etc. 

Les vases de terre rouge vernissée occupent une 
large place dans cette trouvaille, et nous citerons d'a- 
bord un remarquable fragment de bol orné de jolis 
dessins en relief. Autour de la partie convexe, on voit 
une gracieuse guirlande de feuilles d'acanthe, et au-des- 
sus, une autre série d'ornements. Il avait environ 0,25 
de diamètre et 0,08 à 0,10 de profondeur. Un autre 
tesson de vase d'une forme impossible à déterminer 
présente aussi bcancoup d'intérêt. Sa pâte est plus fine 
encore que celle du bol ; sa surface paraît avoir été di- 
visée en compartiments. C'est une portion d'un de ces 
compartiments qui nous reste. Il est formé par une 
frise où s'alternent des ornements et des têtes fantasti- 
ques. Dans l'intérieur, on voit un guerrier dans l'attitude 
du combat; il est coiffé du casque grec (galea), et son 
bras gauche porte un bouclier allongé chargé de diver- 
ses figures. Ce qui reste de ce joli bas-relief fait vive- 
ment regretter les parties manquantes. Nous avons re- 
trouvé encore un grand nombre de fonds de vases et 
soucoupes dont le diamètre varie entre 3, 4, ou 8 
centimètres ; sur le bord d'une soucoupe serpentent des 
feuilles en relief avec les branches qui les soutiennent. 
Puis ce sont des fragments d'assiettes qui semblent 
avoir eu 0,12 de diamètre, de plateaux à rebords droits 
de 0,07 de hauteur, et dont le diamètre intérieur peut 
être évalué à 0,49 3 , et quelques autres fragments, les 
uns ornés de divers dessins, les autres tout unis. 

Un des fonds de vases porte dans l'intérieur le nom 
du potier Triupus ! trivpi-M | , marqué à l'estampille. 

La terre qui fait ces poteries est appelée terra campana 
ou plus souvent terre samienne, de l'île de Samos qui en 
fournit en abondance. Mais c'est à tort que les premiers 



— 104 — 

explorateurs lui ont donné celle appellation étrangère; 
ce n'était qu'une composition fa i le en Gaule, et princi- 
palement dans les pays volcaniques, tels que l'Auvergne, 
l'Alsace et les provinces rhénanes. 

En 4775, entre la ville de Lezoux et le château de 
Ligones ( Puy-de-Dôme ), le hazard fit découvrir des 
ateliers de poterie d'une grande étendue : soixante-dix 
à quatre-vingts fourneaux un peu plus grands que les 
fourneaux de chimie. Dans les dépendances d'une ferme 
dite La Poterie, près du Grand-Lucé (Sarthe ), des cul- 
tivateurs trouvèrent, il y a une vingtaine d'années, une 
grande exploitation de potiers avec fourneaux, etc. 

Aux environs de Lyon, on a rencontré aussi des four- 
neaux préparés spécialement pour la poterie samienne, 
et la Société des Antiquaires de France a signalé des fabri- 
ques semblables à Saverne et à Labrusche dans le Bas- 
Rhin. Amiens, Paris, la Normandie, le pays de Bray ont 
produit des potiers dont on retrouve, après quinze siè- 
cles, les charmants ouvrages. La terre qui les forme 
était donc bien tirée de la Gaule; elle était fine, légère, 
moulée avec adresse et tournée avec goût; toutes les 
décorations en sont dessinées avec art et intelligence. 
Presque tous les vases sont ornés à l'extérieur d'un 
beau vernis qui leur donne une teinte rouge de Venise, 
brun rouge ou oranger, et de filets gravés en creux. 
L'épaisseur des tessons varie de 0,002 à 0,01. 

La poterie noire est aussi représentée par plusieurs 
échantillons, dont quelques-uns d'une grande finesse et 
vernis. Un fragment qui paraît avoir appartenu à une 
assiette ou un bol très-évasé porte un dessin uniforme 
et présentant une suite d'ondulations régulières, serrées 
et légèrement creuses. Un autre présente dans sa partie 
convexe des bandes horizontales un peu renflées et char- 
gées de traits verticaux faits à la pointe. Nous signalons 
ces détails parce que généralement, dans les vases noirs, 
les dessins sont assez rares. Plusieurs fragments portent 
les traces d'un long usage et sont encore noircis par le 
contact du feu. Nous n'avons rencontré qu'un fond et 
quelques morceaux d'un vase blanc : il est soigneu- 



— 105 — 

sèment tourné, et la couleur, quoique superficielle, es) 
très-adhérente. Puis ce sont de nombreux restes de 
vases en terres grises ou rosées, très-variées de finesse 
et d'épaisseur. Ces tessons paraissent presque tous avoir 
appartenu à des récipients de grande dimension. Nous 
avons remarqué entre autres un fragment de terrine en 
grès gris fort épais et passée au tour. Ses bords évasés 
forment un boudin de A à 5 centimètres d'épaisseur; 
elle est munie d'un large bec ou déversoir pour faciliter 
l'écoulement du liquide. On y voyait aussi le rebord, 
les anses et le fond pointu d'une amphore; enfin, le 
fond d'un dolium en terre très-grossière et très-poreuse. 
Le dolium servait à contenir l'huile où le vin. Son usage 
a duré dans la Gaule jusque vers Tan 2G0 après J. C. 
En somme, nous avons mis au jour les restes de toute 
une vaisselle gallo-romaine ; le service de table, vases, 
assiettes, bols, soucoupes en terre rouge et noire et en 
verre ; les pièces communes, vases en terre grise, am- 
phores, terrines, dolium, etc. Rien n'y manque. Nous 
citerons encore, parmi les objets exhibés, deux frag- 
ments striés d'urne en verre mince, et un morceau pe- 
tit mais épais de verre plat qui doit être un débris de 
vitre. L'existence des carreaux de vitre a déjà été con- 
statée dans les ruines d'habitations romaines; cepen- 
dant ils sont rares, et si minime que soit le fragment, 
il mérite d'être remarqué. 

A cet inventaire nous joindrons une douzaine de clous 
fortement oxydés, dont plusieurs à tête plate et à tige 
carrée, mesurant 11 centimètres de longueur; Taxe 
osseux des deux cornes d'un jeune bœuf ou vache. Elles 
ont été sciées pour débarrasser la tête de ses cornes, 
comme on le fait encore maintenant ; plusieurs dents 
qui paraissent avoir appartenu à la même tête; une por- 
tion de mandibule inférieure gauche et le métacarpien 
d'un mouton adulte; celui d'un chevreau et plusieurs 
autres débris d'animaux de boucherie. 

Maintenant que nous avons énuméré les divers objets 
trouvés à la Gunaille, il nous reste à chercher la desti- 
nation primitive de notre petit édifice. Nous remarque- 

v. S 



— 106 — 

rons d'abord qu'à .">() mètres au nord, du côté de la ri- 
vière, on voit encore une fosse creusée de main d'homme, 
qui a 80 mètres de long sur 5 mètres de large, dette 
fosse a toujours renfermé du poisson, et les plus an- 
ciens habitants du voisinage ne l'ont jamais vue tarir. Evi- 
demment elle n'a pas de tout temps été isolée au milieu 
des terres; elle dépendait de l'habitation dont nous avons 
retrouvé sans doute une bien petite partie. Par qui était 
occupée celte habitation? La réponse n'est pas douteuse, 
les poteries que nous avons décrites nous la donnent : 
elle l'a été par les Romains, vers le III e ou le IV e siècle 
de notre ère. A quel usage était-elle consacrée? Ici la 
solution est plus difficile. Comme nous le disions tout 
à l'heure, il est plus que probable que la construction 
que nous avons rencontrée n'était qu'une faible portion 
de l'édifice primitif. Son insolite exiguïté nous en paraît 
une preuve. Nous avons démontré, au commencement 
de ce mémoire, qu'il avait toujours été souterrain ; l'a- 
rasement des murs, le tassement du sable en dehors et 
au môme niveau semblerait démontrer l'existence de 
solives posées en travers et formant le plancher d'une 
salle construite à la hauteur de la dernière marche de 
l'escalier. 

Alors, le réduit découvert n'aurait eu que 0,95 d'élé- 
vation, hauteur insuffisante pour qu'un homme puisse 
s'y tenir debout. Qu'avons-nous rencontré d'abord? De 
la terre végétale. Au milieu de cette terre, du mortier 
et quelques moellons destinés à corriger les inégalités 
des pierres de taille formant les murs; puis une quan- 
tité de briques à rebord et faitières ; tout cela est tombé 
d'en haut, la disposition est bien celle d'un éboulement. 
Arrivés au niveau du sol, seulement, les poteries, clous, 
etc. De ce que nous n'avons rencontré dans les décom- 
bres aucun fragment de poteries ou autres, nous con- 
cluons que ces objets étaient déjà en place au moment 
de l'éboulement. On jetait donc là les objets cassés et 
hors d'usage, les os et débris de cuisine. C'était peut- 
être une sorte d'égout ou de sous-sol ( relia ) dépen- 
dant de la cuisine. 



- 107 — 

De loul ce qui précède, nous supposons, au III e siè- 
cle, nue villa romaine, abritée des vents du sud-ouest 
par les arbres séculaires de l'antique forêt de Champ- 
rond. A 300 mètres du Loir, elle en a les avantages, 
sans en avoir à craindre les inondations. César nous dit 
que généralement on établissait les habitations de pré- 
férence dans le voisinage des forêts et des rivières, 
dans le but d'éviter les chaleurs de l'été. Telle était 
notre villa ; elle se trouvait sans doute aussi près d'un 
chemin se reliant à une grande route antique. 11 est 
vrai qu'on n'a encore trouvé aucune trace de voie ro- 
maine dans la commune de Thoré; mais il est un fait 
certain, c'est qu'au Gué-du-Loir, qui fait face au ha- 
meau de la Cunaille, convergeaient toutes les voies an- 
tiques situées de l'autre côté de la rivière. Ces voies 
avaient évidemment des issues sur la rive qui nous oc- 
cupe. Nos présomptions nous amèneraient, sinon à re- 
connaître, du moins à supposer, deux voies romaines 
partant du Gué-du-Loir, sur le territoire de Thoré. L'une 
aurait suivi la rivière et se serait dirigée vers la partie 
du bourg appelée les Châteaux; l'autre, longeant notre 
villa, aurait été remplacée et modifiée, au moyen âge, 
par le vieux chemin, connu aujourd'hui sous le nom de 
Chemin de Blois. Elle aurait monté en droite ligne le 
coteau de Rochambeau, gravi les hauteurs de Varennes, 
s'écartant un peu à gauche de la Higaudière pour se rap- 
procher de Villerable, passé près des villages de Pu- 
teaux, Le Plessis de Crucheray, Pinoche, Villeromain, 
etc., etc. 

La famille qui habite notre villa a pour chef quelque 
centurion que le général a récompensé de ses longs 
services en l'enrichissant des dépouilles des vaincus ' . 

1 Alexandre-Sévère décréta que tout officier ou soldat vété- 
ran recevrait en même temps que son congé une portion de terre 
avec les esclaves, les bestiaux, les instruments aratoires néces- 
saires pour la mettre en valeur. Ces bénéfices militaires étaient 
surtout établis le long des fleuves et des rivières, et Alexandre 
espérait ainsi placer dans les provinces aillant de vedettes for- 
mant un système de défense contre les invasions des barbares. 
(Lampridius, Alexandre-Sévère, G. •">;;.) 



— 108 — 

Nouveau jalon de la civilisation romaine, il défriche, 
anime ces campagnes, dont la sombre majesté le tient 
encore en respect. Aussi n'a-t-il pas oublié les ordres 
de son chef : à deux kilomètres de là, au lieu qu'on 
appelle aujourd'hui les Châteaux, est un autre poste 
d'observation. Plusieurs fois le jour, il monte sur la 
terrasse de son habitation pour voir si son compagnon 
de combats ne lui signale pas un danger. Rassuré liai- 
son silence, il revient à ses paisibles travaux. Un jour, 
des nuées d'hommes barbares envahissent la Gaule; 
rien ne leur résiste. Comme tant d'autres, notre villa 
est saccagée et ses colons réduits en esclavage. Le petit 
caveau passe inaperçu, et ses poutres restent cachées 
sous les ruines. Cependant les solives finissent par se 
consommer ; alors le plancher s'effondre, entraînant les 
briques et les terres qui les couvrent. 

Le moyen âge arrive ; le serf cultive la glèbe à la- 
quelle il est attaché ; il veut niveler le sol et le dé- 
barrasser des décombres qu'il éparpille au gré du ha- 
sard, remplit avec de bonnes terres le vide qu'il aperçoit, 
et tout disparaît aux yeux indifférents des secrets de 
l'antiquité. 



ESSAI 

SIT. 

L'ARMORIAL DU VENDOMOIS 

Par M. A. de Maude, 

Auteur de l'Armoriai du diocèse du M. nu. 

(Suite.) 



« Pius patriae facta referre labor. » 

Ovide. 

BORTHON de, S. du fief Gorbin, en 1790 ; son fils tué à la ba- 
taille de Dresde, en 1813. Claude Borthon, procureur au parle- 
ment de Paris, 1G95, portait : d'azur au chevron d'or accompagné 
en chef de 2 bandes de même, et, en pointe, d'une rose quinte- 
feuille d'argent. (Ar. ms.) 

BOUCHAIGEdu, V. CHANDR1ER. 

BOUCHARD de COURTREMBLAY, S. de Connerré, au Maine, 
de la Roche-Turpin et de Poncé, avant le XVc siècle. Gcrvais et 
Guérin, son fils, vivaient en 4145 ; Richard, croisé contre les Infi- 
dèles, en 1372, s'armait : d'or et de vair de G pièces. (Ar. cl. M.) 

BOUCHERS de la ville de Vendôme, la communauté des: 
tiercé en bande, d'argent, d'or et d'azur. (Ar. ms.) 

BOULANGERS de la ville de Vendôme, la communauté des : 
tiercé en bande, d'argent, d'or et de vair. (Ar. ms.) 

BOULT de LANGERON, Claude, éc.,1698, prévost delà Ma- 
réchaussée du duché de Vendôme et du comté de Blois : d'argent 
au chevron de gueules accompagné de 3 roses de même, 2, 1 . 
(Ar. m s.) 

BOUMEUF de, damoiselle, 1698: d'or, à un porc-épic de sable 
et un chef de gueules, chargé de 3 roses d'argent. (Ar. ms.) 

BOURBON-VENDOME, S. de Mondoubleau, KVIe siècle: d'a- 
zur, à 3 (leurs de lys d'or, avec un bâton de gueules chargé de 3 
lionceaux d'argent. Charles III, 1590, écartelait d'Alençon, qui 



— 110 — 

portait une bordure de gueules chargée de 8 besans d'argent. V. 
VENDOME. 

BOURDAISIÈRE de la, V. BABOU. 

BOURDE1LLES de, 44e a bbé de Vendôme, d'une illustre fa- 
mille de Guyenne et Périgord, passée en Touraine ; a donné 
un cardinal ; alliée avec la maison de Vendôme : d'or à 2 pattes de 
griffon de gueules onglées d'azur et posées en contrebande l'une 
sur l'autre. (La Ch.) 

BOUSQUET DE SOURCHES du, illustre noblesse du Maine. 
Jeanne, héritière de la branche aînée, épousa Hugues IV, comte 
de Vendômois et vicomte de Ghàteaudun, vers la fin du Xlle siè- 
cle : d'argent à 2 fasces de sable. Maison éteinte dans celle d'Es- 
cars. (Ar. d. M.) Une branche s'établit en Vendômois, qui eut 
pour auteur Simon du Bouschet, S. de Jarsan, chambellan de 
Charles VII. Lancelot fut gouverneur de Vendôme en 1616. Cette 
branche écartelait de gueules, au chef de même, chargé de 4 be- 
sans d'argent. (La Ch.) 

BOUSSART, natif de Chartres, S. de Chassé, la Loretière, 
Courtemblay en Vendômois? mort en 1214: d'argent, à 2 fasces 
de sable accompagnés de roses de gueules, 3, 2, 1. 

BOUSSINIÈRE de la, V. PRUDHOMME. 

BOUTRAIS, procureur du roi à Vendôme, XVIIIc siècle : de... 
à une fasce chargé d'un chien ailé? passant, avec 3 arbres desi- 
nople en chef, et en pointe une rivière de (M. Bonchet.) 

BOUVARD, Charles, médecin du roi, en 1624, né à Montoire, 
anobli en 1629. Michel, S. de Fourqueux, conseiller au Parle- 
ment, 1645, portait : d'azur à 3 fasces d'or, accompagnés en chef 
d'un croissant, et, en pointe, de 3 étoiles posées en fasce, le tout 
d'or. (Ar. du Maine.) 

BOYNDRE le, Leboyndre, Françoise, femme de Arrondeau, à 
Vendôme, 1557 ; d'une famille, du Mans, connue au Parlement de 
Paris, et dont le chartrier se trouve à la Bibliothèque du Mans : 
de pourpre au chevron d'or, accompagné de 2 roses en chef et 
d'une pomme de pin, en pointe, de mème.(Cauvin.) 

BRAUX de, surnom de la famille de Courtoux. 

BRETON le, éc, S. de la Rigaudière, 1698. Ce gentilhomme 
nous paraît être des le Breton de Vannoise, originaires du pays de 
Falaise, passés au Mans: d'argent à 3 roses de gueules, 2, 1. 
(Ar. ms.) 

BRIE de, Alexandre, S. de la Ferlé, 1098, Directeur des Aides 



- 111 - 

pu l'Election de Vendôme : d'or nu lion de sable larnpassé et orné, 
do gueules. (Ar. ms.) 

BRIENNE de, V. LOMENIE. 

BBOCEY de, V. PETIT. 

BROSSARD, S. de Clairfontaine, à Fontaine-Raoul, 1672. Plu- 
sieurs familles de ce nom, en Normandie. Celle du Maine : d'ar- 
gent, à 3 fleurs de lys mi-parti d'azur et de gueules, 2, 4, et une 
cotice de gueules brochant sur le tout. (Ar. ms.) 

BROSSIER, Jeau, Bailli de Mondoubleau, 1608 : d'azur, à 2 
étoiles d'or en chef, et en pointe un croissant de même. N'était 
pas noble. (Ar.ms.) 

BRUNIER, Abel, éc, S. de Villesablon, 1698: d'orà une noix 
patriarcale de gueules. (Ar. ms.) De Brunier, S. d'un fiefàSaint- 
Firmin, fut membre de la noblesse du Bailliage du Yendômois, 
en 1789. 

BUEIL de, grande maison de Touraine qui remonte au XIIL 
siècle. Elle a possédé la sgrie de la Ghartre au XYIe siècle : d'azur, 
au croissant d'argent, accompagné de 6 croix recroise ttées, au pied 
fiché d'or, 3 en chef, et 3 en pointe. (La Ch.) 

CALAIS Saint, abbaye de Bénédictins, fondée au YI° siècle : 
d'azur, à 2 crosses d'or adossées, posées en pal, accostées de 2 
fleurs de lys de même. On lui donne aussi : d'azur, à 3 fleurs de 
lys d'or posées en pal, accostées de 2 crosses de même. (Cauvin.) 
L'abbé de Saint-Calais était présentateur à plusieurs prieurés et 
cures du Yendômois. (Y. Bulletin de 1865.) JJAr. ms. donne pour 
armes à l'abbaye de Saint-Calais, en 1698 : d'or, à une croix de 
gueules. 

CALYAIRE de Vendôme, le Couvent des Religieuses du, 1698 : 
d'argent à une croix de sable devant laquelle est debout une N.-D. 
de Pitié, d'or. (Ar.ms.) 

CANILLAC, marquis de, V. MONTBOISSIER. 

CAUMARTIN, Lefevre de, S. du Fresne, près Montoire, 1695. 
Famille illustre, originaire du Ponthieu, avec titre de marquis, de 
1661. Un plan peint du château du Fresne représente : d'azur à 
5 faces d'argent. Un autre écusson, peut-être celui de Mme de 
Caumartin, donne: d'argent, au chef de gueules avec un lion grim- 
pant d'ay-ur brochant sur le tout. 

CELLE, prieuré dé, dans le Bas-Vendômois ; dépendait de l'ab- 
baye de Saint-Lomer de Blois et jouissait du titre de baronnie : 
tiercé en bande de sable, devair et d'hermines. (Ar. ms.) 

CHABOT, Guillaume, esl nommé parmi !<>* plus grands sei- 



— 114 — 

gneurs du pays dans l'acte de fondation de l'abbaye de la Trinité 
rie Vendôme, faite l'an 1040 par Geoffroy-Martel, comte d'Anjou. 
La maison de Chabot est originaire du Poitou ; elle compte 3 
ducs et pairs, un grand amiral en 1525, un chevalier du Saint-Es- 
prit, et un de la Jarretière. — On trouve un Chabot, S. du Fresne, 
en Vendômois, XVIc siècle. Il y en a encore de ce nom au XIXe siè- 
cle : d'or à 3 chabots de gueules. De Chabot, S. des Radrets, se 
fit représenter à l'assemblée de la noblesse delà Province, 1789. 
Chabot, S. de Souville, m. t. 1707. {La 67/,) 

CHAILLOU Amclot de, fondateur de l'hospice de Morée, en 
1614: d'azur à 3 cœurs d'or surmontés d'un soleil de même. 
(Cauvin et Bulletin de i865.) Famille de Touraine. 

CIIAMBB.AY de, avec titre de marquis ; anciens seigneurs 
barons de Poncé et de la Roche-Turpin, 1440-1641 ; maison ori- 
ginaire de Normandie, où elle existe encore : d'hermines à 3 tour- 
taux de gueules, 2,1. {Ar. cl. M.) 

CHAMBRE de la, famille de Savoye avec titre de comte. Louis, 
37c abbé de Vendôme, Grand-Aumônier de France : d'azur semé 
de fleurs de lys d'or, à la bande de gueules. {Cauvin.) 

CHAMILLART DE LA SUZE, avec titre de marquis ; maison 
de la Basse-Normandie, établie dans le Maine depuis 1720; elle 
posséda, au XIX e siècle, la terre de Glatigny, en Souday : d'azur, à 
la levrette d'argent colletée de gueules, au chef d'or chargé de :! 
molettes de sable. {Sceau.) 

CHAMPAGNE, baron de, de la maison de Villiers, époux de 
Jeanne de Mar, dame de Bénehart, vers 1450. 

CHAMPCIIEVRIER, Bon de, V. LA RUE DU CAN. 

CIIANDRIER DU BOUCHAIGE, épouse de Louis Ronssard de 
la Poissonnière, premier maître-d'hôtel du roi: d'argent à 3 chau- 
dières avec leurs anses de sable. {Pr. cl. M.) 

GIIAOURSES DE BEAUREGARD, de, S. de Boisfrelon, en 
Vendômois: d'argent à 5 faces de gueules, {cl' Ilozier .) 

CIIAPELIEBS de la ville de Vendôme, la communauté des: 
tiercé en bande, d'argent, d'or et de gueules. {Ar. ms. 

CHAPELLE, le S. de la, officier du roi, 1689, àMondoubleau. 

CHAPELLE-VICOMTESSE, prieuré de la, dans le diocèse de 
Blois et lo ressort de Châteauduloir : d'azur, à une église d'argent. 
{Ar. ms.) 

CHAPITRE de l'Eglise collégiale de Saint-Martin de Trôo : 
d'or, à un saint Martin; à cheval d'azur. {Ar. ms.) 



— II.! — 

CHAPITRE de l'Eglise collégiale de Saint-Georges de Ven- 
dôme : d'azur, semé de fleurs de lys d'or, à un dextrochère de sable 
tenant un guidon d'argent, à une croix de gueules. (Ar. ins.) 

CHAPUISET, originaire du Vendômois, S. de Montreuilel de 
Fontaines: d'azur à l'écusson de sable chargé d'une étoile d'or 
en abîme et accompagné de .'*> quintefeuilles d'argent. 

CHARCUTIERS de la ville de Vendôme, la communauté des : 
tiercé en bande, d'argent, d'hermines et de gueules. (.1/-. ms.) 

CHARLOT, Sébastien, officier du roi, à Savigné-sur-Braye. 
1680. — Le nobiliaire de Normandie donne pour armes aux Char- 
lot de Villeneuve et de Beauchesne : d'argent, à 3 aigles à 2 têtes 
de sable, 2,1; et l'Ar. ms.: d'argent, à la bande d'azur chargée 
de 3 étoiles d'or, 2, 1 . 

CHARPENTIERS de la ville de Vendôme, la communauté des • 
tiercé en bande, d'argent, de sable et de gueules (Ar. ms.) 

CHARRONS de la ville de Vendôme, la communauté des : 
tiercé en bande, d'argent, de gueules et de sable. (Ar. ms.) 

CHARTRE le prieuré lie la, fondé par Hildebert, 1097-1125, 
en faveur de l'abbaye de Vendôme: d'azur, à un navire d'or, ac- 
compagné en chef de 2 crosses ou croissants de même. (Ar. ms.) 

CHATAIGNERAYE, demoiselle de la, dame de fiefs à Danzé, 
1780. Etait-elle de la maison Marin, marquis de la Ghataigne- 
raye, en Poitou ? 

CHASTAIGNERAYE de la, écartelé: aux 1, 4, d'or à 3 faces 
de gueules ; aux 2, 3, d'argent au chef de gueules, et sur le tout un 
lion d'azur, langue, ongle d'or, ayant sur le cou une fleur de lys 
d'or. (Prieur de Mondonville.) — Nous ne savons si cette famille 
est la même que celle de ce nom en Vendômois. 

CHATEAUDUN, Geoffroi IV, vicomte de, S. de Mondoubleau, 
1248, époux de Clémence des Roches: lozangé d'or et de gueu- 
les, au bâton d'argent en bande. (Ms.) 

CHATEAUDUN, abbaye de la Madeleine de : d'or, à un aigle d< 
gueules. Le prieuré de Choue relevait de cette abbaye. 

CHATELLIER du, de la maison Salmon. 

CHATENAV de, de la maison de Verthamon, à Villerable, 1780. 

CHA VIGNY, Leroy de, comte de Clinchamp, gouverneur >\\\ 
Maine et du Bas-Vendômois, 1560-66: écartelé aux 1 , 4, d'argent 
à la bande de gueules, qui est Leroy; aux 2, 3, de Dreux. Chavi- 
gny est une sgrie en Saint-Marceau, au Maine. 

CHENARDIERE de la, membre de l'assemblée delà uoblesse 

\ '.i 



— 114 — 

dos bailliages du Vendômois, Mondoubleau et Saint- Calais. — V. 
GAUDIN. 

GHENEVIÈRE, do, S. de Glatigny, en Souday, 1698. Famille 
de Normandie: d'azur, à l'écusson d'argent chargé d'une mer- 
lette de sable, et accompagnée de 8 étoiles d'argent en orle. 
(Cauvin.) 

GHEYEIGNÉ de, V. RICHE le. 

CHEVERNY de, Jean-Nicolas Dufort de Saint-Leu, comte de 
Cheverny, introducteur des ambassadeurs, lieutenant-général du 
roi pour les provinces de Blaisois, Yendômois et bailliage d'Am- 
bois, S. de Cheverny, 4780. 

CHEVERNY, marquis de, de la maison Ilurault. 

CHIRUGIENS de la ville de Vendôme, la communauté des : 
tiercé en bande d'or, de sable et de gueules. (Ar. ms.) 

CHOLET, S. de Dangeau, de la Chottière; maison alliée à 
celle de Vendôme. Elle était connue en l'an 4297: bandé d'or et 
de sable de G pièces. (La Cii.) 

CIIOUE prieuré de, ressort de Chàteau-du-Loir et diocèse de 
Blois : d'or, à l'aigle de gueules. (Ar. ms.) 

CIERGIERS, CHANDELIEURS & DROGUISTES de la ville 
de Vendôme, la communauté des: tiercé en bande d'or, de gueu- 
les et d'hermines. (Ar. ms.) 

CISSAI de, ou Sise, éc, à Souday, porté au rôle de l'arrière- 
ban du Maine, 4085. 

CLERMONT de, Raoul, S. de Nesle et de Brias, époux d'Alix, 
héritière de Châteaudun, de Mondoubleau, connétable de France, 
XIIc siècle: écartelé aux 4,4, de Clermont-Nesle de gueules semé 
de trèfle d'or à 2 bars adossés aussi d'or brochant sur le tout. 
(De Saint-Paul.) 

CLINCHAMP de, V. CHAVIGNY. — Ne pas confondre avec 
la famille de Clinchamp, au Maine, qui posséda aussi la sgrie de 
Saint-Marceau et l'avait encore en 4789. 

COCHEFILET : d'argent, à 2 léopards de gueules armés, lam- 
passés et couronnés d'or. N., était sgr de la Mairie près Saint- 
Calais, XVIc siècle ; Joseph était sgr de Saint-Martin de Villlen- 
glose en Anjou. Famille du Vendômois, titrée comte de Vauvieux 
et baron de Vaucelas. 

GOETANFAO, les marquis de, sont devenus les aînés de la 
maison de Keroent, l'une des plus anciennes de Bretagne ; écar- 
lelé : auxl et 4, de Kcrgournadeck, qui est échiqueté d'or et de 
gueules; aux 2 et 3, d'azur à la fleur de lys d'or, cottoyée en 



— 115 — 

pointe de 2 mâcles de même, qui est Coetanfao, el sur le tout 
l'écusson de Iteroent. (La Ch.) V. KEROENT. 

COIGNE de, S. de Poncé, 1683-1761. 

COIGNEUX le, baron de la Roche-Turpin et de la Flotte, 
X Ville siècle; famille considérable de Paris, anoblie en 1500. 
Elle a donné 2 présidents au Parlement de Paris ; titrée marquis 
de Délabre : d'azur, à 3 porcs-épics d'or, 2, 1. (il/, d. R.) 

COMMARGON de, ou de Caumargon, en Saint-Avit, XVIIP 
siècle: d'or, à 3 canneltes de sable, 2 eu chef, et une en pointe. 
(Ar. ms.) 

CORDIERS de la ville de Vendôme, la communauté des : 
tiercé en bande d'or, d'bermines et de sinople. (Ar. ras.) 

CORDONNIERS de la ville de Vendôme, la communauté des: 
tiercé en bande d'or, de gueules et de vair. (Ar. ms.) 

CORPS DE MÉTIERS, ou communautés. Voyez aux noms 
des Corps de métiers, ou communautés. 

COSNE de, née de Bailly, était dame de St-Mars-de-Loeque- 
day, au Maine. Elle fut appelée à l'assemblée de la noblesse des 
bailliages du Vendômois, Mondoubloau et Saint-Calais, 1789. Plu- 
sieurs familles du nom de Cosne. 

COURTARVEL de, avec titre de marquis. Très-ancienne no- 
blesse du Maine ; elle a fourni, en 1734, vin chevalier des ordres; 
en 1814, un pair de France ; depuis, un député de Loir-et-Cber. 
L'unique représentant de cette maison demeure aujourd'hui à 
Lierville. Cette famille s'est fixée en Vendômois par allianceavec 
celle de Coutance : d'azur, au sautoir d'or, accompagné de 16 lo- 
zanges de même, posés en face, au cbef et à la pointe ; aux flancs 
rangés en pal, 2, 1. Supports: 2 lions contournés et couehé> 
(Sceau.) 

COURTOUX de, barons, puis marquis de la Gbartre, par érec- 
tion de 1697. Ils possédèrent cette terre de 1639 à 1733, au moins : 
d'argent, à la face dentelée de sable remplie d'or, accompagnée 
de :; roses de gueules, 2 en chef et 1 en pointe. (Ar. ms.) 

COTTEN, Geneviève, veuve de Louis Ronssard de St-Amand, 
1098: d'azur, au chevron d'or accompagné en chef de 2 étoiles de 
même et, en pointe, d'un trèfle d'or. (Ar. ms.) 

COUDUN de, 30' abbé de Vendôme, frère d'Hélie de Coudun, 
maître des requêtes. 

COULANCES de, du nom de CHASTELLIER, qui portait: 
d'azur, à la barre d'or et \ billettes de même ; alias, une bande 
d'orau lieu de banc el 7 billettes. 4,3. (Pr. il. M.) De Coulan- 



— 116 — 

&es, S. du lion, du nom de Daverges,1789, bailliage de Mondou- 
lileau. De Coulanges, du nom de Scot. 

GOURC1LLON de, Jean, de l'illustre famille des marquis de 
Danjeau, S. de Dissay, gouverneur du château de Mondoubleau, 
pendant les guerres des Anglais; maison éteinte: d'argent, à la 
bande fuselée de gueules, au lion d'azur à senestre. (La Ch.) 

COURTREMBLAY de, V. BOUCHARD. 

COURTREMBLAYde, de la maison Salmon, en Yendômois. 

COUT ANGE de, S de Batllou, Vallennes, de Lisle, la Gannerie, 
la Fredonnière, fief-Gorbin, Petit-Hostel ; éteints dans la maison 
de Gourtarvel, en 1759, originaires de Bretagne : d'azur, à 2 fas- 
ces d'argent bordées de sable, accompagnées de 3 besans d'ar- 
gent, alias d'or, 2 en chef et 1 en pointe. Les de Coutances, en 
Normandie, m. t., 4068, avaient d'autres armes. (Cauvin.) 

COUVREURS de la ville de Vendôme, la communauté des: 
tiercé en bande d'or, de sable et de vair. (Ar. ms.) 

CRÉMAINYILLE de, éc, S. des Mussets en Sainte- Anne de 
Baillou, 1717 : d'azur, à un besan d'or et un chef de même, 
chargé de 2 tourteaux d'azur. (d'Hozier.) 

CRÈVENT de, ou de Crevant, 33e abbé de Vendôme, d'une 
illustre maison de Touraine: écartelé d'argent et d'azur. On voit 
ces armes sur un panneau de bois placé autour du chœur de 
l'église abbatiale de Vendôme. Le duc d'Humières, grand-maître 
de l'artillerie, 1685-1694, était de cette maison. 

CROSNEAU DE LA MABILIÈRE, Pierre, Conseiller et Pro- 
cureur du roi en l'Election de Vendôme, 1698: d'azur, à une face 
ondée d'argent, accompagnée en chef d'une couronne de comte, 
d'or. (Ar ms.) 

CURÉE Filhet de la, S. de la Curée et de la Roche-Turpin. 
chevalier des ordres du roi en 1618, mort en 1633, sans enfants : 
de gueules, à 5 fusées d'argent mises en bande. Ce Claude était 
fils de Gilbert, lieutenant au gouvernement du Vendômois et de 
Françoise Errault de Chemans (d'Anjou). Il épousa : 1° Marie Spi- 
fame; 2" Marie Hennequin, veuve Babou de la Bourdaisière. 

DAMAS-THIANGE de, avec titre de comte, ambassadeur à 
Londres, S. de laThierais, du chef de sa femme, née de Lucé : 
d'or, à lacroix de gueules, écartelé de Rochechouart, qui est : fascé, 
enté ou nébulé d'argent et de gueules de 6 pièces. (Dub.) 

DAMMARTIN, comtes de, en Beauvaisis, de la maison de Trie, 
avant 1338. 

DAMMARTIN, comtes de, de la maison Bureau-Larivière, sgrs 



— 117 — 

et barons de Mondoubleau, en 1402, par héritage des précédents. 

DAMPMARTIN de, éc.,S.de Villeprouvaire,1481. 

DANGU, barons de, titre de la maison Snblet. 

DARROT, marquis de la Poplinière (ou Pouplinière) en Poitou, 
S. de Saint-Cyr de Sargé, de 1645 à 1700: de sable, à 2 cygnes 
affrontés ayant la tête contournée et le col entrelacé l'un dans 
l'autre, tenant dans leurs becs un anneau d'or, membres et bec- 
qués de même. Anoblissement de 1460. 

DAURAY, Louis-Charles, commandeur d'Artins, chevalier de 
Sainte-Poix, 1786. Etait-il des Dauray de Bretagne, qui portent : 
lozangé d'or et d'azur? 

DENIAU, Michel, Procureur du roi au grenier à sel de Mon- 
doubleau, 1698: d'azur, à un croissant d'argent, accompagné de 
3 étoiles d'or. (Ar. ms.) Nous pensons que ce Deniau était de la 
famille de celui dont on lit les lettres sur les événements de la 
Ligue, dans le Vendùmois, dans V Histoire de Mondoubleau, par 
M. de Saint-Paul. Une famille du nom de Deniau était une des 
plus considérables de la ville du Mans. 

DESCHELLES, Jean, S. d'Oucquesen Vendômnis, père d'autre 
Jean qui épousa, en 1500, Marie de Beauvilliers, iille de Robert, 
S. du Plessis-Martineau, et de Catherine de Beauxoncles : échi- 
queté d'or et d'azur. (La Ch.) 

DESESSARTS, V. des ESSARTS. 

D1VIDIS, écuyer, originaire du Perche, XIX« siècle, époux 
d'Elisabeth-Marie de Fontenay, à Chapdasne, pss de St-Firmin- 
des-Prés, en Vendùmois : de. ... à 3 fusées de 

DOUHET de, de la plus ancienne noblesse d'Auvergne, al- 
liée aux La Fayette, de Saint-Aulaire, d'Aubusson-la-Fenillade, 
duPrat, deNadaillac, de Sarrazin, de Jumilhac,etc. Voyez les ar- 
mes et l'article DE MAUDE. 

DRAPIERS, Toiliers et Enjoliveurs de la ville de Vendôme, la 
communauté des marchands : tiercé en bande, d'hermines, d'or 
et de sinople. (Ar. ms.) 

DRAPIERS etTissiers de Vendôme, la communauté des : tier- 
cé en bande, d'hermines, d'or et de sable. (Ar. ms.) 

DREUX de, Robert, op. de Clémence, baronne de Mondou- 
bleau, 4253 : échiqueté d'or et d'azur à la bordure de gueules. 

DUFORT, comte de. V. CHEVERNY. 

DUCHA1LLOU, Adam, S. deLormeau, éc, époux de Margue- 
rite de Dampmartin, XVlc siècle. 

DURCET, Sgrs barons de Poncé, 1761-1792. Famille venue île 



— IIS — 

Normandie au pays chartràin, puis établie en Vendômois par la 
succession de Poncé: de sable au lion d'or, au chevron d'argent 
brochant sur le tout. (Mis du Prat.) 

EDME, S. des Rouaudières, en Cormenon, directeur de la 
Compagnie des Indes, XVIIle siècle. Famille originaire de Hol- 
lande : d'argent à une ancre de sable, en pal, la tige dans une 
gerbe de blé d'or, liée de gueules, accompagnée de 2 grenades 
de gueules tigées et feillées de sinople, avec un soleil d'or, en 
chef. (Bon de Vanssay.) 

ELECTION de Vendôme, 1'. Ce tribunal jugeait en matière de 
contributions: tiercé en bande, d'or, de vair et de sinople. (Ar 
ms.) 

ENLART DE CRANDVAL, famille du Conseil Souverain 
d'Artois, originaire du Boulonnais: d'azur, au chevron d'or, sur- 
monté de 3 croissants du même, avec une croix ancrée aussi 
d'or, en pointe. (Sceau.) 

ENTRACUES, les seigneurs d', étaient de la maison d'Illiers 
(en Beauce), issue de Vendôme, éteinte en 4701, et qui s'armait: 
d'or, à G annelets de gueules, 3, 2, 1. (La Ch.) V. ILLIERS. 

EPAU, l'abbé de, était présentateur à la cure de Tourailles, en 
Vendômois. L'abbaye del'Epaû, près Le Mans, était de l'ordre de 
Citeaux, fondée en 1229: d'azur, à une fleur de lys d'or, écartelé 
d'argent à un lion de sable. L'abbaye avait adopté ces armes, qui 
sont celles de Jean Tafforeau, l'un de ses abbés. (Cauvin et Bul- 
letin de 1805.) 

EPICIERE, le sire de 1', V. de VOVE. 

ESCOUBLEAU DE SOURDIS, S. de Mondoubleau : parti 
d'azur et de gueules à la bande d'or brochant sur le tout. Sup- 
ports : 2 levrettes rampantes. Maison noble et ancienne du Poi- 
tou. Cette branche des Sgrs de Mondoubleau, comtes de Moulue, 
de Jouy et marquis d'Alluye, eut pour auteur Etienne Escou- 
bleau, SJc fils de Maurice d'Escoubleau, XVIc siècle. 

ESSARTS des, demoiselle, propriétaire de fiefs à Espércusc, 
1789, n'était-elle point de la maison de la Roche-Bousseau, S. 
des Essarts et de fiefs aux Art ins? ou bien était-elle de la maison 
des Essarts, en Touraine, qui portait : d'argent à la bande de 
gueules chargée de 3 défenses d'éléphant d'argent ? 

ESTAING d', illustre famille de Rouerguc. Le comte d'Estaing, 
S. de fièfs, à Couture, assista à l'assemblée de la noblesse du 
Vendômois, 1789: de France au chef de gueules. (La C,h.) 
Aliàs, chef d'or. 



— 119 — 

ESTOILLE de 1', aux Rouaudières en Cormenon. Illustre fa- 
mille de robe, originaire de l'Orléanais : d'azur à une étoile d'or. 
{La Ch.) 

EVÈCIIÉ. Les armes de l'Evêché étaient et sont encore celles 
de l'Evêque régnant. Le Vendômois était placé autrefois sous la 
juridiction des évèques de Blois, de Chartres et du Mans, et, 
depuis le premier Concordat jusqu'en 1817, il fut compris dans 
la juridiction du diocèse d'Orléans. 

EVRON, abbaye de Bénédictins, fondée dans la ville de ce 
nom, au Maine, vers 630 ou 040 par Tévéque saint Hadoind ; ré- 
tablie vers 797, par Robert, vicomte de Blois ; avait titre de ba- 
ronnie : d'azur à une Vierge issante, tenant à dextre l'enfant Jé- 
sus, à senestre, une phiole, le tout d'argent, coupé de gueules à 
3 pals de vair. (Sceau.) De gueules, à la croix d'argent, chargée 
en cœur d'une perle d'azur et sur les 4 bouts d'une coquille de 
même. L'abbé d'Evron présentait à plusieurs cures et prieurés du 
Vendômois. {V. Bulletin de 18G5.) 

FAUDOAS de, dame de Lierville, veuve du marquis de Cour- 
tarvel, se fit représenter à l'assemblée de la noblesse de la Pro- 
vince, 1789. La maison de Faudoas, passée au Maine, est origi- 
naire du Midi. Jean-François de Faudoas prit les noms et armes 
du comte de Belin à cause de son mariage avec Renée d'Averton, 
comtesse de Belin, en 1582. L'héritière des Faudoas, au Maine, a 
épousé depuis 1861 N. d'Angely, au Mans. Armes de Faudoas : 
d'azur à la croix d'or, écartelé d'Averton qui est de gueules à 3 
jumelles d'argent. (Sceau.) 

FELINS de, S. de Villebrun. Famille du Vendômois : d'or, à 
1 fasce de gueules, accompagné de 7 merlettes de même, 4 en 
chef et 3 en pointe; celles-ci posées 2 et 1. Simon de Félins vivait 
en 1400. (La Ch.) 

FERRAND, François, éc, de la Bretonnière, gendarme du roi, 
à Mondoubleau, 1675 ; et Marie Ferrand, dame d'Àlleray, à 
Choue : de sable à la face ondée d'argent, accompagnée de 3 
traits de flèche, la pointe en bas. (La Ch.) Nous pensons que ce 
pourrait être la même famille que celle de Jean Ferrand, médecin 
de Charles IX et de Henri III, anobli en 1574, avec ces armes, 
d'azur à une fasce d'or, accompagnée de 3 épées d'argent, la 
garde d'or, et la poignée de même; celle de la pointe, la pointe 
en haut. (Anoblissements.) 

FERR1ÈRE la, S. de la Ferrière en 1520 et de la Boulaye . 



— 120 — 

Famille du Vendômois: d'argent à 2 lions léopardés de sable, 
couronnéset armés d'or, et posés l'un sur l'autre. (La C7i.) 

FESQUES, V. La ROCHE- BOUSSEAU. 

FIEF-CORB1N, là demoiselle de, de la maison de Coutance, au 
XVIIf siècle. Celte terre passa à M. de Borthon, puis àM. de Til- 
lière ; elle est aujourd'hui à M">ûDoville. En 1499, Allain le Vas- 
seur, S. de Congnée, rend aveu de cette terre à la comtesse de 
Vendôme, baronne de Mondoubleau. 

FILHET, V. La CURÉE. 

FLANDRE de, S. de Tenremonde et de Richebourg, S. de 
Mondoubleau, du chef de sa femme Alix de Clermont-Nesle, 
XI V<-' siècle : écartelé aux 1, 4 de FLANDRE qui est d'or, au lion 
de sable armé et lampassé de gueules, chargé d'une bande de 
même, brisée aux 2 bouts d'une coquille d'argent; aux 2, et, 3, 
chevronné d'or et de sable de G pièces qui étaient HAINAUT AN- 
CIEN, (de Saint-Paul.) Jean de Flandre brisait d'un bâton péri 
en bande. 

FLOTTE, Sgrs de la. Cette sgrie appartint aux maisons du 
Bellay, de Montignac, le Coigneux, de Fesques, etc. 

FONTAINE, delà, S. de la Grand-Maison, à Chemillé, en 
Vendômois, 1680. Nous le croyons des la Fontaine du Bourgneuf, 
au Maine: d'hermines à la bande de gueules, chargée de 2 an- 
nelets d'or. (Nob. de Norm.) 

FONTENAILLE, la sgrie de, était dans la maison de Vando- 
mois, dès le XVIe siècle. 

FONTENAY de, famille du Perche, d'ancienne noblesse. Plu- 
sieurs branches. De celle de la Guiardière était François-César 
de Fontcnay, époux, de 1750, de Marie-Renée de la l'resnaye- 
Beaurepos, résidante Vendôme, rue Parisienne. Leur lîls aîné a 
fait souche à Nieolaëff, et dans le gouvernement d'Orel : d'argent 
à 2 lions passants de sable l'un sur l'autre, couronnés, langues 
et armés de gueules. 

FORESTIER le, S. duPlessis : écartelé aux 1er et ie : gironné 
d'or et d'azur et un chef de gueules ; aux 2 et 3 : de sable à une 
bande d'argent parsemée de branches de palmes de sinople, liées 
d'un ruban de gueules. (Ar. ms.) 

FORESTO de, Aubert-François, éc, S. de Girardet, 1698 : 
d'or à un aigle éployé de sable. (Ar. ms.) 

FORTIA, S. du Plessis-Fromentières et deClereau, en Vendô- 
mois, branche de la maison Fortia-Chailli, originaire de Catalo- 
gne. Labranche établie à Marseille avait titre de duc : d'azur à la 



- 111 — 

tour crénelée et maçonnée de sable, posée sur un rocher de 7 co- 
peaux de sinople, mouvants de la pointe île l'écu. Devise : Tur- 
ris fortissimo virtus. (Ar. d. M.) 

FRED0NN1ÈRE, les Sgrsdela, de la maison de Coutance, puis 
de celle de Courtarvel. Cette sgrie appartint aux Pellerin de Gau- 
ville, puis aux Tourtier de Bellande, d'où elle vint aux de Sal- 
vert. C'est dans les caves du château de la Fredonnière, dit-on, 
que fut concerté le plan de la conjuration d'Amboise. 

FREDUREAU DE VILLEimOLTN, Philippe, S. de Fleurigny, 
Lapommeraie et Vaubuisson, bailli de Montoire, 1749: tiercé en 
bande de sinople, de gueules et d'or. Nous croyons que ces armes 
turent données d'office par d'Hozier en 1698, et que ce ne sont 
pas les vi aies armes de la famille? 

FREMONT de, Jean-François, éc, S. de Bellassise, 1698 : 
échiqueté d'argent et de sable à une bande d'argent chargée 
d'une tête de lion d'azur. (Ar. ms.) 

FRESNAYE DE BEAUREPOS, de la, Marie-Renée, née à Vi- 
hraye, 1742, décédée à Vendôme, paroisse Saint-Martin, 1789. 
Elle était fille du seigneur de Beaurepos, Tiret, la Bellonnière, 
et de Marie-Françoise le Musnier de Nantouillet; elle avait épousé 
François-César de Fontenay, S. de la Guiardière : de gueules au 
lion d'or, au chef d'argent, chargé de 3 mouchetures d'hermines. 
(Ar. ms.) 

FRETAY de, S. de fiefs à Savigné, 1789. Est-ce. Fretay ou 
Fretté ? 

FRETTÉ de, V. JOUSSELIN. 

FRETEYAL, baron de, du nom de Mauvoisin-Rosny. 

GALEMBERT Bodin de. Famille venue de Flandres, a formé 
3 branches : celle du Ghastellier, éteinte ; celle de Boisrenard, 
fixée dans le Blaisois, et celle de Galembert, dans le Yendômois : 
d'azur, au chevron d'or, accompagné de 3 roses de même, 2 en 
chef et 1 en pointe, au chef d'argent, chargé de 3 merlettes 
d'azur. 

GALLOIS de BEZAY, S. de Bezay et de Bromplessé, en Dé- 
sert, Frileuse, Veuves, en Yendômois, éteints après 1773, en 
celle de Sarrazin : d'or à 2 molettes d'éperon de sable posées en 
face, accompagnées d'un croissant de sable en chef et d'un plant 
de fraisiers portant fleurs et fruits au naturel, en pointe. (Ar. 
du M.) D'or au fraisier de sinople, fruité de gueules, au crois- 
sant de sable, accosté de 2 merlettes de même, en chef. (Lam- 
bron.) 



— 122 — 

GALLOYET de, Anne delà Bourdonnière, et Marguerite, de- 
moiselle du Petit-Bois, au Temple, paroisse du Vendômois, 
1675: 

GANTIER le., éc, S. dudit lieu : tiercé en bande de sable, 
d'azur et d'or. (Ar. ms.) Armes d'office. Ce ne sont probable- 
ment pas celles adoptées par la famille. 

GANTIERS de la ville de Vendôme, la communauté des Maî- 
tres : tiercé en bande d'or, d'hermines et d'azur. (Ar. ms.) 

GARDE dela,V. PELLIOT. 

GAUDIN, S. de la Ghenardière et de la Chapelle Saint-Remy, 
du Maine, famille existante, anoblie en 1676 : d'azur à 2 trèfles 
d'or, coupé d'or, à un trèfle d'azur. (Sceau.) V. GHENARDIÈRE, 

GENNES de, ép. de leRoyer, S. d'Authon : d'hermines aune 
face de gueules. 

GEUEFRON de, Paul, éc, S. de Brezay, XVIc siècle. (M. de 
Trémault.)De Guïffron enTouraine: d'azur, au chevron accom- 
pagné en chef de 2 étoiles, et, en pointe, d'un trèfle, le tout 
d'or. (M. Lambron.) 

GINESTOUS de, S. de fiefs à Chaslay, membre de l'assemblée 
de la noblesse du Vendômois, 1789. Ancienne famille noble du 
diocèse d'Alais, connue en 1181 ; avec titres de comte et de mar- 
quis. Armes : d'or au lion de gueules. Cimier : un demi-sau- 
vage, la massue haute. Devise : Stabit atque florebit. (LaCh.) 

GIRODEAU (Giraudeau?) de Lanoue, 1698: écartelé aux 1, 
et 4, de gueules à 2 lozanges d'argent; au 2, d'azur à 2 lozanges 
d'argent ; et au 3, d'azur au lion d'or (Ar. ms.) Est - ce l'écus- 
son de Girodeau ou celui de sa femme? Un membre de cette 
famille assista à l'assemblée de la noblesse du bailliage secon- 
daire de Mondoubleau en 1789. 

GODINEAU de V1LLECIIENAY, Maire de Vendôme, con- 
seiller d'Etat, avant 1793 : de gueules à une fasce d'or chargée 
de 3 têtes et cols de coqs rangés de fasce, accompagnés en chef 
de 2 coqs d'argent, et, en pointe, d'un lion de même grimpant. 
Ces armes sont gravées sur une pierre tombale dans l'église de 
Vendôme. 

GOISLARI) de VILLEBRESME, S. de Fougères, de More- 
ville, de Siche, à Ghicheray, 1865: d'or au dragon volant de 
gueules. (La Ch.) On trouve, en 1408, l'anoblissement d'un Jean 
de Villebresme, et, en 1 Î65, celui d'un Mathieu de Villebresme. 

GONTAUT de, V. MONTIGNAC. 

GOUAST de, chev., S. du Puy d'Àrtigny, pour sa terre etfief 



— 123 — 

de la Roche- Verman, à Sougé-sur-Loir, taxé au rôle de l'ar- 
rière-ban, 1675. 

GOUPILLÈRE de la, à Saint-Agil, 1089; .l'une ancienne fa- 
mille de Beauce, depuis marquis de Dollon, au Maine: d'argent 
à 3 renards de gueules. (Ar. du Maine.) M. Adinan de Dollon, 
en Australie, unique représentant de cette maison. 

GRANDIN, Jérôme, doyen de la collégiale de Saint-Georges 
de Vendôme et Protonotaire du Siège Apostolique, 4698 : d'azur 
à une fasce d'or accompagnée en chef de 3 étoiles d'argent, et, 
en pointe, d'une rose de même. (Ar. ms.) 

GOURNY, Anne, veuve de René- Claude Vie? éc, S. d'Or- 
sonville : de gueules à une bande d'or, accompagnée de 6 mer- 
lettes de même, mises en orle, et une bordure engrelée d'argent. 
(Ar. ms.) 

GRANDS JOURS DE VENDOME les: tiercé en bande d'or, 
d'hermines et de sable. (Ar. ms.) 

GRANDVAL de, V. ENLART. 

GRENIER A SEL de Vendôme: tiercé en bande, d'argent 
d'hermines et de sable. (Ar. ms.) 



[Lu suite au prochain Bulletin.) 



L'auteur a reconnu jusqu'ici dans son travail quelques er- 
reurs; mais il ne réserve de donner à la (in un errata gé- 
néral. 



POÉSIES 
Par M. de La Hautiérl. 



Platon 



A Madame X..., à propos du 
don d'une pendule ayant 
pour sujet une statuette de 
Platon avec ces mots gra- 
vés : Oui, l'âme est im- 
mortelle. 



De mon Platon vous me donnez l'image : 
Un bronze qui surmonte un beau cadran sculpté; 
Du cadre et du sujet symbolique assemblage! 
L'aiguille, en avançant d'un pas sûr et compté, 
Du temps me dit la fuite et me prescrit l'usage; 

Cependant, vers l'Eternité, 
Mon âme, avec Platon, loin de l'heure présente 
S'élève, en affirmant son immortalité. . . 
Le Temps, l'Eternité! pour la sagesse errante 
Abymes périlleux ! . . . L'un a dit : « Volupté! 
Vivons dans le présent; l'avenir est un songe!. . . 
Dans le plaisir des sens tout son troupeau se plonge; 
Jouir est le seul but, et l'égoïsme affreux 
Rend du bonheur d'un seul mille êtres malheureux. 
L'autre court s'enfermer au désert, et s'écrie: 
« Souffrons, abstenons-nous! Uêve affreux que la vie! 



125 



Après, vienl le néant! » (<e triste nonchaloir 
Livre la terre au mal et l'homme au désespoir. 
De ce monde sans Foi la Vérité bannie, 
Platon, trouve un refuge en Ion ardent génie ; 
Pour être son fanal, ton cœur va s'allumer : 
« Sophistes, diras-tu, l'Ordonnateur suprême 
Nous créa par amour et nous fit pour aimer ; 
Le Méchant seul détruit, et Dieu, c'est le Bien même ; 
La mort serait la nuit; Dieu, c'est l'éternel jour! 
Nous vivons, nous vivrons! . . . tout le reste, Mystère : 
Verrons-nous d'autres cieux? est-il une autre terre? 
Eh! si l'on est en Dieu, qu'importe le séjour! 
Aimons ! c'est le flambeau de l'ignorance humaine ; 
Le présent, l'avenir, tout est faux dans la haine; 
Le temps, l'éternité, tout est vrai dans l'amour ! » 



Ainsi devant cette œuvre exquise et sérieuse 

Que je tiens de votre bonté, 
Mon âme s'élançait, de ce monde oublieuse, 

Vers l'idéale pureté. 
Madame! vos chagrins à la réalité 
Me ramènent ! vos pleurs ont fait couler mes larmes ! 
Eh ! quoi ! toujours aux bons les tourments, les alarmes ! 
Sage de Sunium! quand donc poindra le jour? . . . 
L'Humanité, sortant de la caverne sombre 
Où la retient l'amour de soi, celte ombre, 

Ce faux reflet du véritable amour, 
Ouvrira-t-elle enfin les yeux à la lumière? 
De l'égoïsme étroit renversant la barrière, 
Nous dirons-nous jamais: « Les méchants sont des fous, 
Le bonheur de chacun est dans le, bien île tous; 



— 126 — 

Aimons-nous! » Las! depuis qu'aux jardins d'Acadême, 

Sur tes lèvres de miel la mort brisa la voix, 
Vingt siècles sont passés; le Juste, sur la croix, 
A scellé de son sang la vérité suprême, 
Et nous soutirons toujours, et le mal est le même ! 



La première Aumône 



— Ma mère, une petite fille 

Vers nous s'avance et tend la main : 
Dans ses yeux une larme brille; 
Que fait-elle sur le cliomin? 

— Elle est sans gîte et sans famille, 
Mon fils, et demande son pain. 

Donne, cher ange, donne. 
De l'orpheline allège les douleurs! 
Que ta première aumône 
Sèche ses premiers pleurs! 

— Pas de refuge cl plus de mère, 
A son âge! Que je l'a plains ! 
Pourquoi Dieu met-il sur la terre 
Des pauvres et des orphelins! 

Je veux, en faisant ma prière 
Le demander tous les malins! 



— 127 — 

- Pour nous le mal esl un mystère, 
.Mon fils; mais tout a son emploi, 
El si Dieu permit la misère, 
Il donna, par une autre loi, 
Au pauvre, à l'orphelin, pour frère 
L'enfant du riche, comme toi ! 

Donne, cher ange, donne! 
De l'orpheline allège les douleurs! 
Que ta première aumône 
Sèche ses premiers pleurs ! 



Adieux à Vendôme ' 

RONDEAU 

Vendôme, adieu ! pays doux et cher 
Où jadis brisé, haltu de l'orage, 
J'ai trouvé refuge et repris courage! 
Mon regard charmé n'ira plus chercher 
Tes prés, ta montagne, et ce paysage 
Où le Loir serpente, heureux de toucher 
D'un flot caressant un si beau rivage, 
Ta Trinité sainte et son fier clocher! 
Vendôme, adieu ! 



1 M. de La Hautière, étant sur le point de quitter Vendôme, a 
vomis à la Société Archéologique le rondeau suivant, que nous 
sommes heureux de pouvoir publier dans ce Bulletin. 



128 



Je pars !... mais mon cœur, au penchant de l'âge, 
Ailleurs pourra-t-il encor s'attacher?.... 
Ici mes enfants sont nés; le suffrage 
D'amis sûrs, ici, m'aidait à marcher.... 
L'arbre transplanté sur une autre plage 
Meurt!... Vendôme, adieu ! 



Vendôme, 7 juin 18G0. 



Vendôme. Typ. & Lith. Lemercier. 



t • 



SOCIETE 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU VENDOMOIS 



5 e Année. — 5 e Trimestre. 



JUILLET 1860 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le jeudi 12 juillet 1866, au lieu ordinaire de 
ses séances. 

Etaient présents au Bureau : 

MM. Ch. de Lavau, président; G. Boutrais, vice- 
président; V. Dessaignes, trésorier; Nouel, conserva- 
teur; Ch. Bouchet, bibliothécaire-archiviste: Fillv. se- 
crétaire-adjoint; Hinglais et Launay; 

Et MM. d'Anouilh de Salies, de Bodard, L'abbé Bour- 
gogne, curé d'Azé; l'abbé Bourgogne, curé de Villa- 
vard; H. de Brunier, de Châteaubardon. Dourze, 
Dupuy, Faton, G. de Lavau, P. LemerciiT, de Mar- 
tonne, de Massai, Mareau, de Nadaillac, Neilz, de La 



— 130 — 

Panouze, l'abbé de Préville, l'abbé Renou, A. de Ro- 
ehambeau, de Saint-Venant, G. de Trémault. 

M. le Président déclare la séance ouverte. 

Le Secrétaire-Adjoint annonce qu'un membre nou- 
veau a été admis par le Bureau depuis la séance du 
12 avril dernier, M. Léon Galotti, capitaine d'état-ma- 
jor, professeur-adjoint à l'Ecole d'Application d'Etat- 
Major, à Paris. 

M. d'Anouilh de Salies donne communication d'une 
lettre qui lui a été adressée par M. Viollet-Lednc, en 
réponse à un envoi de sa brochure sur le château de 
Lavardin; M. Viollet-Leduc s'exprime à ce sujet de la 
manière la plus flatteuse pour l'auteur, et énonce le 
désir que des travaux nécessaires pour la conservation 
de ces belles ruines soient entrepris *. Après les obser- 
vations de M. de Salies et sur la proposition de M. le 
Président, l'assemblée émet le vœu qu'une correspon- 
dance soit établie avec M. Viollet-Leduc, dans l'intérêt 
de la conservation du château de Lavardin. 



1 Le château de Lavardin appartient à M. de la Rue du Can-de 
Qucrhoënt, membre de la Société Archéologique. 



— 131 — 
M. le Président donne la parole à M. le conservateur. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

des Objets offerts à la Société 

ou acquis par elle 
depuis la séance du 1*2 avril 18<it>. 

NOUS AVONS REÇU : 

I. — OBJETS D'ART Se D'ANTIQUITÉ. 

De M. Gh. de Lavau, notre honorable président : 

La somme nécessaire pour la confection d'un SCEAU GRAVE, 
à l'usage de la Société. Ce sceau devra porteries armes de Ven- 
dôme ancien et pour légende : s ( igillum) mvsaei vindocinensis, 
en caractères du XIo siècle. 

De M. Guettrot, pharmacien à Paris et l'un de nos socié- 
taires : 

Un beau PORTRAIT DE RONSARD et le FRONTISPICE de 
ses œuvres, pour l'édition de 1609, gravé par Léonard Gautier. 
Le poëte est représenté de profil, déjà vieux, vêtu de la toge, le 
front couronné de lauriers. Autour est cette légende : et lavro 
et myrto. Il est exécuté dans cette manière fine et serrée qui 
caractérise la plupart des maîtres de la fin dû XVIe siècle. Mais 
ici la précision n'engendre pas la sécheresse, et tous les détails, 
quoique très-nettement accusés, se fondent dans un ensemble 
harmonieux. — M. Guettrot veut bien nous offrir cette pièce tout 
encadrée. 

De M. Paul Martellière, juge à Gien: 
Un COFFRE à panneaux sculptés, du XV« siècle, garni de 
sa serrure du temps. Longueur, 1»', 7(1: largeur, m ,68; hau- 
teur, 0m,61. 



— 132 — 

De M. Ch. Benatre, entrepreneur du nouvel Hôtel-de- 
Yille de Vendôme : 

Une belle PLAQUE DE CHEMINÉE armoriée, provenant de 
la maison Soye, actuellement en démolition. Dimensions: lm,12 
sur m 71 . L'écu est parti d'un lion couronné et d'Orléans-Lon- 
gueville coupé de Bourbon-Condé (?). Couronne de comte. Cor- 
dons de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Supports, 2 lions. — 
Ces armes sont celles des Matignon, très-ancienne et illustre fa- 
mille de Bretagne, qui avait eu alliance, en 1596, avec une des- 
cendante de la Maison de Vendôme et d'Orléans-Longueville. — 
La maison Soye a appartenu aux Rochambeau, alliés également 
aux Goyon de Matignon. De là sans doute l'origine de notre 
plaque l . 

De M. Boudevillain t , curé de Ruan : 

Un dessin d'ARMOIRIES découvertes par lui dans cette église 
en 1863: d'azur à un mont (?) accosté de 2 étoiles d'or, au chef 
de même. 

Cartouche ovale ; couronne de marquis ; mître et crosse en de- 
dans. 

De M. Henri Cadeau : 
2 CLEFS anciennes, dont l'une trouvée dans les catacombes 
de Taris, et l'autre, la plus historiée, dans la maison de son père. 

De M. des Bridelières, au château de Beauvoir: 
2 petits SILEX taillés, l'un en forme de pointe triangulaire, 
l'autre en forme de couteau. Trouvés à St-Jean-Froidmentel(?). 

De M. de Chateaueardon : 

7 fragments de POTEBIE rouge gallo-romaine. Sujets de 
chasse; style de décadence. Plus une petite lampe funéraire. — 
Trouvés au Vieil Evreux. 

4 petits ustensiles en bronze ou en fer , avec lesquels 7 pièces 
en cuivre que nous ne croyons pas devoir en séparer. Impériales 

1 Une autre plaque armoriée, trouvée dans la même maison, 
a été malbeureusement détruite. MM. Benàtre et Froger ont bien 
voulu nous en transmettre un dessin de souvenir. 



I ).) 
— \.).t — 

romaines sauf uneseule. Nousy remarquons un G. B. de Vérus 

de son second consulat, mal conservé. — Trouvés dans la même 
localité. 

Enfin un instrument de torture, appelé serre-pouces, prove- 
nant de la Bastille, où il fut recueilli par Bailly lui-même, le cé- 
lèbre maire de Paris. Bailly le céda à M. de Lescaille, beau-père 
du donateur. s- Cet instrument se compose essentiellement de 
2 petites bandes de fer, formant système et se mouvant parallè- 
lement l'une au-dessus de l'autre, au moyen d'une vis et d'un 
écrou. C'est entre ces deux bandes que les pouces du patient 
étaient soumis à une compression qui toutefois ne pouvait dé- 
passer certaines limites, grâce à un arrêt cpii maintenait au 
moins une distance de 8 millimètres entre les deux barres. Cette 
triste invention de la barbarie humaine sera l'une des curiosités 
de notre Musée. 

De M. Paulin Ferrand, au nom de son frère, ancien contrô- 
leur des contributions directes à Vendôme, décédé : 

Plusieurs lambeaux de toile qui enveloppaient la momie d'un 
prêtre d'Ammon, à Thèbes en Egypte, depuis une époque ex- 
trêmement ancienne. L'ouverture de cette momie a été faite au 
Musée royal, le 11 juillet 1827. 

Et une petite soucoupe en plomb dont le dessous est émaillé 
d'un sujet en grisaille. (V. aux Médailles.) 

11. — MEDAILLES. 

De M. Trillaut, de Couture : 
2 pièces, dont une consulaire en argent, trouvée à Sougé (Bas- 
Vendômois) : Tète casquée ailée de Pallas ; devant, X ; derrière, 
corne d'abondance. — R: — L. GVP. Les Dioscures à cheval, la 
lance en arrêt. A l'exergue : ROMA. Famille Cupiennia '. 

1 Selon MM. Rollin et Feuardent, les monnaies de cette famille 
auraient été frappées entre les années 604 et 007 de Rome, pen- 
dant la troisième guerre punique. (V. le remarquable catalogue 
i écemmenl publié par ces Messieurs. ) 



— 13-4 — 

De M. Armand Queyroy: 

Une médaille de dévotion en cuivre, d'un travail assez grossier, 
mais relative sans doute au culte de la Sainte-Larme à Ven- 
dôme. D'un côté est une larme couronnée d'étoiles, dans un en- 
cadrement rayonnant ; de l'autre un Saint-Michel terrassant le 
dragon. La présence de ce dernier emblème pourrait s'expliquer 
ici de deux manières : 1° Il existait dans l'église de la Trinité, non 
loin du monument de la Sainte-Larme, une chapelle consacrée à 
ce saint, où il était représenté dans l'attitude traditionnelle ; 
2° Notre médaille aurait bien pu être frappée sous le gouverne- 
ment de l'abbé Michel Sublet, qui aurait fait graver au revers 
li mage de son patron. 

De M. de la. Bretonnerie, propriétaire de l'ancien prieuré 
de Morée : 

Un très-beau jeton en cuivre de Charles de Bourbon, premier 
duc de Vendôme, trouvé dans le jardin même du prieuré. — Il 
sera donné lecture à la (in de ce compte rendu d'une note sur 
cette pièce. 

De M. de Nadaillac : 
Un demi-teston de Henri II, frappé à Tours, 1554. Remar- 
quable par un triple indice de l'atelier monétaire : le point secret, 
la lettre et une petite tour. Trouvé à St-Jean-Froidmentel. 

De M. Auguste de Trémault : 
Un beau jeton en cuivre rouge de Louis-Joseph, duc de Ven- 
dôme. D'un côté : Louis duc de Vendosme général des ga - 
lères. Armes des derniers Bourbon-Vendôme ; couronne et 
manteau de prince du sang ; cordons de Saint-Michel et du Saint- 
Esprit. Ancres derrière l'écu. — Au revers : des Sirènes se jouant 
dans la mer, au milieu des rochers. Autour: Exitium si quis- 
quam adeat (Malheur à qui les aborde), double allusion aux si- 
rènes et aux vaisseaux que commandait le duc de Vendôme. A 
l'exergue, galères, 1706. 

De M. Léon Fournier : 
Un mereau du XIV 1 - au KVe siècle, trouvée Vendôme ou aux 



— 135 — 

environs. Des deux eûtes on lit, en caractères gothiques : f AYE 
MARIA GRACIA PLE. Au droit est l'écu de France, dans un 
encadrement à 5 lobes ; au revers, une croix fleurdelisée, accom- 
pagnée de 5 fleurs de lis, une dans chaque canton et une en 
cœur. 

De MM. Maximilien et Gaston Gheerbrant : 

61 pièces en cuivre, savoir : 

impériales romaines, parmi lesquelles un Maxime-César. 
R. : — principi ivventvtis M. B. Beau. 

10 françaises, parmi lesquelles un sou de Louis XVI, frappé à 
Paris en 1791. Le nom du graveur, Duvivier,sous le buste du roi. 
Très-beau. 

Et 45 étrangères, parmi lesquelles 2 jolies pièces de Char- 
les XIII, roi de Suède, 1816, dont une aux armes de Norwége. 

Une pièce d'Angleterre pour la Nouvelle Ecosse, 1832. Belle. 

Enfin et surtout une belle médaille en cuivre rouge de la 
reine Victoria, 1853. 

De M. L. de Rochambeau: 

Un jeton en cuivre représentant l'enlèvement d'Europe et les 
trois déesses se disputant le prix de la beauté. 

De M. de Massol : 
Une pièce d'argent de Donatien, de son dix-septième et dernier 
consulat (95 de J.-C), malheureusement endommagée. 

De M. Piédor, par l'entremise de M. Ct Bourgogne, curé 
de Villavard : 

2 pièces en cuivre, savoir: 

Un mereau représentant l'agneau divin portant l'étendard de 
la résurrection, avec cette inscription au revers : ecge agnvs dei 
qvi tollit peccata m (vncli), en 5 lignes. Caractères romains. 
Trouvé à Villavard. — Nous n'aurions pas hésité à reconnaître 
dans cette pièce un mereau de l'abbaye de Vendôme si l'étendard 
eût porté une Sainte-Larme ; mais nous y voyons distinctement 
une petite croix. 

Et unemédaille frappée en 1660, à l'occasion du traité des Py- 



— 136 — 

renées conclu Tannée précédente entre la France et l'Espagne. 
On distingue au revers l'île des Faisans, où eut lieu l'entrevue 
des deux rois. 

De M. Paulin Ferrand & de son frère : 

10 empreintes en soufre de médailles grecques, qui nous ont 
été remises au dernier moment : Cos, Thurium, Syracuse, Mnm 
de Thrace, Tigrane de Syrie, Pyrrhus, Cartilage (tête d'Alexan- 
dre-le-Grand , légende punique), autre d'Alexandre, Ptolé- 
mée III, Ptolémée V. 

Nous avons l'espoir que ces objets ne sont pas les derniers qui 
nous seront offerts par M. P. Ferrand au nom de son frère. 



111. - IMPRIMES k MANUSCRITS. 

De M. Léon Galotti, capitaine d'état-major, professeur ad- 
joint à l'Ecole d'Application de ce corps : 

LETTRE à M. Ph. Tanhzey de Larroque sur remplacement 
d'Uxellodunum. (Agen, 1866. Planche.) Brochure grand in-8o. 

Par abonnement de la Société : 
L'ART GAULOIS ou les Gaulois d'après leurs médailles, par 
M. Eug. Hucher. 5 e livraison. 10 planches lithographiées. ln-4°. 

Par échange avec les Sociétés ci-après : 

MÉMOIRES de la Société Archéologique de l'Orléanais. 
Tome VIII. Entièrement rempli par les documents relatifs à 
l'Histoire de la communauté des Marchands fréquentant la rivière 
de Loire, par M. Mantellier. 

MÉMOIRES de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts 
d'Angers, depuis la fondation (1831) jusqu'à ce jour. — 62 bro- 
chures formant 22 volumes in-8«. 

MÉMOIRES de la Société de Maine-et-Loire, de 1863 à 1865 
inclusivement. 4 vol. in-8°. 

RULLETIN de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la 
Sarthe. 1866, Ici- trimestre. Brochure grand in-8". 



— 137 — 

BULLETIN de la Société des Antiquaires de l'Ouest. 1866. 
1er trimestre. Brochure grand in-8°. 

BULLETIN de la Société Polymathique du Morbihan. 1865,2c 
trimestre. Brochure grand in-8°. 

ANNALES de la Société Historique et Archéologique de Châ- 
teau-Thierry. Année 1865. Brochure in-8°. 

CATALOGUE des LÉPIDOPTÈRES du département de Saône- 
et-Loire, par M. A. Constant. Publication de la Société Eduenne. 
Autan. 1866, In-8<>. 

COMPTE RENDU des Travaux de la commission des Monu- 
ments & Documents historiques de la Gironde pendant les exer- 
cices 1862-64. Paris, Didron. 1865. Brochure grand in-8°. 

BULLETIN de la Société des Sciences historiques et naturelles 
de Semur (Côte-d'Or). Ire année, 1864. Brochure grand in-8°. 

Par envoi du Ministère de l'Instruction publique : 
REVUE des Sociétés savantes. Mars et avril 1866. 2 brochures 
in-8«. Le premier numéro contient l'indication des articles publiés 
par notre Société pendant l'année 1865. 

Et MÉMOIRES lus à la Sorbonne du 19 au 21 avril 1865. Ar- 
chéologie. 1 vol. in-8°. 



IV. - - OBJETS D'HISTOIRE NATURELLE. 

M. le marquis de Naijaillac a obtenu de M. Lartet, le sa- 
vant paléontologiste, pour le Musée de Vendôme, l'envoi d'une 
caisse d'objets provenant des fouilles si intéressantes qu'il a t'ait 
exécuter avec le regrettable M. Christy, en 1863, dans les grottes 
du Périgord, et qui ont amené la découverte de tant d'objets im- 
portants relatifs à l'âge de pierre. 

Cette caisse contenait les pièces suivantes : 

1° Plusieurs fragments de brèche osseuse de la caverne des 
Kijzics (Dordogne), renfermant des ossements de renne et des 
silex taillés en place 
e 



— 138 — 

2° Un lot d'ossements de renne, dents de renne, de cheval, 
etc., provenant de la grotte de la Madeleine (Dordogne); 

3e Un lot de silex taillés (grattoirs, couteaux, etc.), de la grotte 
de la Madeleine. 

M. le capitaine Jules Billot, du 4e Cuirassiers, nous offre 
3 bélemnites du terrain jurassique, trouvées à Thionville. 



SUR LE JETON DE CHARLES, DUC DE VENDOME. 

D'un côté sont les armes de Bourbon-Vendôme, surmontées de 
la couronne de duc et embrassées du cordon de Saint-Michel. 
Autour on lit: Charles. dvc. de. vendosmoys. — Au revers est 
une croix formée de 4 balustres fleuronnés partant d'un petit 
cercle centré et cantonnée de 4 monogrammes composés des let- 
tres FR. La légende continue celle du droit : -{- Per.de. France. 

CONTE. DE. MARLE. ET. S (oisSOtlS). 

Cbarles de Bourbon succéda à son père François en 1495, et 
mourut en 1537 (N. S.). Il fut donc souverain du "Vendômois 
pendant 42 ans. A quelle époque de ce long règne et à quel usage 
a-t-il fait frapper cette médaille ? — On remarque d'abord qu'il 
y prend le titre de duc. Or c'est précisément en sa faveur que le 
Vendômois fut érigé en duché par François I e >", au mois de fé- 
vrier 1515. Notre pièce est donc postérieure à cette date, et 
l'on ne saurait douter que ce ne soit le monogramme du roi que 
le nouveau duc voulut y faire inscrire par reconnaissance. C'était 
d'ailleurs un fréquent usage de faire figurer sur les monu- 
ments de ce genre le nom ou les armes de celui dont on se re- 
connaissait le vassal ou le fidèle serviteur. 

Que si nous désirons maintenant une date plus précise, nous 
allons la trouver dans la considération des armoiries. On sait en 
effel que Charles il»' Bourbon porta d'abord de France à la cotice 



— 139 — 

ou bâton de gueules 1 , chargée de3 lionceaux d'argent, qui étail 
Bourbon-La Marche, dont il était issu ; mais qu'en 1527, après la 
mort du connétable de Bourbon au siège de Rome, l'aînesse élan I 
tombée dans la brandie de Vendôme, elle prit les armes pleines, 
c'est-à-dire qu'elle supprima les 3 lionceaux, qui n'étaient 
qu'une brisure. Dès lors Bourbon-Vendôme porta simplement de 
France à la cotice ou bâton de gueules -. C'est ainsi que ces armes 
se voient dans les vitraux de la Trinité de Vendôme (chapelle de 
l'abside), dans ceux de l'église de Naveil, près la même ville, et 
enfin sur notre jeton. On en peut donc conclure qu'il ne peut, 
être antérieur à cette époque, et comme Charles mourut ainsi 
que nous l'avons dit, en 1537, il en résulte que cette pièce a été 
frappée entre les années 1527 et 1537. 

A quel usage? c'est ce que nous allons maintenant détermi- 
ner. — Nous connaissions déjà 2 jetons du duc Charles. Ils fai- 
saient partie de la collection de M. Cottereau, ancien amateur à 
Vendôme, qui en a donné la description dans l'Annuaire de Loir- 
et-Cher pour 1825, p. 154. Le premier est semblable au nôtre, si 
ce n'est que la croix du revers est formée, dit l'auteur, de 4 
chiffres Fil. — L'autre porte d'un côté : Pour la Chambre des 
C.nnuitcs. Croix fieuronnée avec le chiffre FR entre chaque bras. 
Au revers: De Monseigneur le duc de Vcndosme. Armes de Ven- 
dôme précédées et suivies du susdit chiffre (sic). — Le nom du 
duc, comme l'on voit, n'est pas énoncé sur cette dernière pièce, 
mais l'analogie avec la nôtre est trop frappante pour que l'on mé- 
connaisse ici un jeton de Charles, et puisque ce jeton était à 
l'usage de notre chambre des Comptes, il faut en dire autant de 
celui que nous examinons. 



1 Et non à la bande de gueules, comme le met partout l'abbé 
Simon en parlant des comtes vendômois de cette branche. Voir 
entre autres l'écusson en marbre de François de Bourbon, père 
de Charles, provenant de son tombeau et actuellement au Musée 
de Vendôme. 

- Jusqu'à César, où ces armes subirenl encore nue modifi- 
ation. 



— I il) — 

Nous ne pouvons nous empêcher ici d'en mentionner un d'An- 
toine de Bourbon, fils de Charles, dont le droit est exactement 
semblable à celui de notre pièce, même pour le style, et dont la 
légende du revers est également la même. Le type seul dilfère, 
et représente une sorte de loup fantastique dont la signification 
ne nous apparaît pas bien clairement. — Enfin, nous termine- 
rons en disant qu'il existe également des jetons de Marie de 
Luxembourg, mère de Charles. Ce sont même, à notre connais- 
sance, les plus anciens au nom des comtes de Vendôme. Nous 
n'entreprendrons pas cependant de les décrire, de peur d'allon- 
ger cette note déjà trop étendue. Nous les réserverons pour une 
autre occasion. Notre but était seulement ici de faire connaître la 
pièce offerte par M. de la Bretonnerie, et de le remercier d'une 
façon toute spéciale au nom de la Société. 



Cn. Boughet. 



LE VENDOMOIS 

A LA FIN DU XVII" SIÈCLE, 

Par M. Auguste de Trémault. 



Le Vendômois, qui, jusqu'à la mort du dernier de 
ses ducs, survenue en 17L2, a fait partie de leur do- 
maine, est, par ce motif, resté longtemps sous un ré- 
gime administratif différent de celui des provinces sou- 
mises immédiatement à la Couronne. 11 serait intéres- 
sant de connaître comment il est passé de l'autorité à 
peu près absolue de ses comtes, sous celle des rois, 
de leurs ministres et de leurs juges. Mais si nous igno- 
rons les modifications successives qu'il a subies à cet 
égard, les fragments que nous offrons aujourd'hui nous 
font connaître du moins quelle était la situation admi- 
nistrative de l'Election de Vendôme à la fin du XVII e 
siècle, c'est-à-dire à l'époque où elle se trouva soumise 
au droit commun à toutes les autres provinces du 
royaume. 

Ils sont extraits d'un mémoire sur la Généralité d'Or- 
léans, qui fut dressé en 1698, par M. de Bouville, inten- 
dant de cette province, dans les circonstances suivantes: 

Les traités signés à Riswick venaient de donner à 
l'Europe une paix qu'allait trop tôt troubler la guerre 
de la succession d'Espagne. Louis XIV, parvenu à l'ex- 
trême limite de l'âge mûr, avait amplement joui des 
faveurs que la fortune lui avait départies, mais ne con- 
naissait pas encore toutes les amertumes qui allaient at- 
trister ses vieux jours, aussi bien comme chef de famille 
que comme chef d'Etat. Il avait alors auprès de lui, 
pour appuis de son trône, son fils le dauphin et son pe- 
tit-fils le duc de Bourgogne, auxquels il devait survivre. 



— 142 — 

L'éducation que le dernier de ces princes recevait sous 
les yeux de son aïeul, en transformant son naturel fou- 
gueux jusqu'à faire tiembler *, suivant le témoignage 
du duc de Saint-Simon, avait développé de belles qua- 
lités et de rares dispositions qui charmaient la France et 
lui faisaient concevoir le plus doux espoir. L'élève de 
Fénelon, qui, plus tard, répétait jusque dans les salons 
de Marly, où elle devait retentir comme un blasphème, 
cette maxime, que les rois sont faits pour leurs peuples, 
et non les peuples pour les rois, apportait un zèle ar- 
dent à compléter son éducation de futur souverain, et 
recherchait avidement tous les moyens de s'instruire 
des choses du gouvernement et de l'administration. 

Le comte de Boulainvilliers rapporte dans sa préface 
de l'Etat de la France 2 , que le jeune prince, voulant être 
éclairé sur la situation des provinces, demanda que cha- 
cun des intendants lui fournît un mémoire sur celle con- 
fiée à son administration. Le roi, pour satisfaire ce dé- 
sir, fit remettre à ces magistrats, dans le courant de 
l'année 1697, une instruction leur traçant l'objet et le 
plan des mémoires qui leur furent demandés, et dont la 
collection devait former une enquête générale et com- 
plète sur l'état du royaume. 

Cette instruction, rédigée sous la direction du prince, 
qui indiqua lui-même les matières à traiter et l'ordre 
dans lequel elles devaient être distribuées, porte sur 
tous les points essentiels de l'administration intérieure 
du royaume, et les répartit en quatre chapitres princi- 
paux, traitant de l'état ecclésiastique, du gouvernement 
militaire, de la justice et police, et des finances, qui 
comprennent accessoirement le commerce, les travaux 
publics et la voirie. Le premier soin des intendants de- 
vait être de recueillir les anciennes cartes de leur pro- 
vince qui pouvaient exister, et de parcourir en personne 
leur généralité, pour l'assembler tous les documents re- 

1 Œuvres complètes du duc de Saint-Simon. Strasbourg, 1791. 
T, VI, p. 71. — Id., p. GG. 

- Edition deLondres, 1752. 



— 143 — 

latifs à la géographie, qui devaient être centralisés par 
le sieur Samson, géographe ordinaire du Roi. Il ne leur 
était donné qu'un délai insuffisant de cinq ou six mois 
pour tout ce travail, qui se prolongea pendant les années 
1698, 1699 et 1700. 

C'est en rassemblant tous ces mémoires que le comte 
de Boulainvilliers a composé son Etat de la France * ; 
mais comme ils lui ont semblé, pour la plupart, être- 
restes fort au-dessous du but proposé, il a été conduit, 
ainsi qu'il en prévient, à les refondre pour en extraire 
la substance et les compléter ; et dans la conviction pro- 
fonde où il est de l'utilité indispensable de la noblesse 
dans l'Etat, et de sa supériorité sur les autres classes 
de la société, il ne ménage pas plus l'institution des in- 
tendants que les intendants eux-mêmes, et que leur 
œuvre, dont il attribue la faiblesse à l'inapplication, à 
l'ignorance et aux préventions de ceux qui y ont tra- 
vaillé. 

Quoi qu'il en soit de sa critique amère et souvent vé- 
hémente, à laquelle n'échappe pas le mémoire de l'in- 
tendant d'Orléans, nous ferons notre profit des rensei- 
gnements qu'il nous fournit. Les fragments qui suivent 
ne sont point extraits de l*ouvrage du comte de Boulain- 
villiers, mais bien du mémoire manuscrit 2 , et s'ils n'ont 
pas été limités aux parties exclusivement relatives au 
Vendômois, c'est que quelques autres ont semblé offrir 
de l'intérêt, soit qu'elles se rapportent à des pays limi- 
trophes, comme le Blaisois ou le Dunois, soit qu'elles 
traitent des questions communes à la généralité tout en- 
tière. 

Nous les complétons par un extrait du mémoire de la 
province du Maine pour les parties de ce pays qui étaient 
comprises dans l'Election de Vendôme. 

1 Londres, 1752, 8 vol. in-42. 

2 Ce mémoire, qui comprend 77 feuillets doubles, tait partie de 
la collection citée plus haut, composée de 12 vol. in-folio manu- 
scrits, et qui sont conservés da 1 1 < la bibliothèque du ministère des 

Finances. 



— \u — 

Le mémoire de M. de Bouville fait connaître sommai- 
rement d'abord la situation, l'étendue, les bornes, le 
climat, l'aspect, les productions naturelles du sol de la 
généralité d'Orléans, qui se composait de douze élec- 
tions : Orléans, Gien, Clamecy, Montargis, Pithiviers, 
Dourdan, Chartres, Ghâteaudun, Vendôme, Blois, Ro- 
morantin et Beaugency. 

Puis il traite des rivières, ponts, chaussées, grands 
chemins, péages. 



EXTBA1TS 

D'UN MÉMOIRE SUR LA GÉNÉRALITÉ D'ORLÉANS, 
PAR M. DE BOUVILLE. 

A l'article de La Loire, on lit : 

.... On trouve dans la généralité ( d'Orléans ) cinq 
ponts de pierre qui sont très-beaux, scavoir : à Gien, à 
Jargeau, à Orléans, à Beaugency, à Blois. 11 manque des 
arches entières à ceux de Jargeau et de Beaugency où 
l'on passe dans des bacqs depuis que ces arches sont 
tombées. On passe dans de semblables bacqs à Sully 
et à Meung où il y avait autrefois un pont de pierre qui 
subsistait encore en 1489. — - Il y a aussi des bacqs et 
petits bateaux, et beaucoup sur lesquels on traverse 
cette rivière. Les lieux les plus considérables sont : S l - 
Firmain, village au dessus de Gien, S l -Gourdon au des- 
sus de la même ville, Chateauneufau dessus de Jargeau, 
Muids au dessus de Beaugency, S 1 Dié, Court et S 1 Denis 
au dessus de Blois et plus bas Chouzy et Chaumont. 

Il est dû péage tant dessus que dessous les ponts pour 
toutes les marchandises et denrées que l'on transporte. 
Dessus le pont de Gien il appartient à M. le C te de 
Gien et peut valoir '.... 

1 La somme est restée en blancdans le manuscrit. 



45 



A Beaugency le sieur de Vassay a droit de péage sur 
Je ponl qu'il afferme 150 liv. par an. Le chapitre de S 1 
Martin de Tours le fait dessous et l'afferme 7 à 800 liv. 

À Blois le péage sur le pont est. entièrement deub au 
Roi et est affermé 60 liv. Sous le même pont, le Roi le 
partage avec M. l'Evêque de Blois qui jouit du tiers à 
cause du prieuré de S 1 Jean de la dite ville où y a l'E- 
veché et l'affermi' 1200 liv. Les deux autres tiers deubz 
au Roi sont affermés 3000 liv. 

Il ne faut pas confondre avec le péage les droits que, 
Ton paie pour le passage dans lesbacqs qui appartien- 
nent aux seigneurs et qui les entretiennent. 

M. le Duc de Sully afferme le bac de Sully 8 à 000 liv. 
Celui de Jargeau ne vaut pas moins; celui de Meung 
n'est affermé que environ 400 liv. Ces deux derniers 
appartiennent à M. le Cardinal de Coislin à cause de 
l'éveché d'Orléans. Le bac de Beaugency appartient à 
Monsieur et est affermé environ 1100 liv. Dans les au- 
tres endroits où Ton a dit qu'il y a des bacqs établis 
pour le passage de la Loire, il est deub communément 
quelques péages aux seigneurs auxquels les petits ports 
appartiennent. Le seig 1 ' de S 1 Brisson le levé à S 1 Fir- 
main, le prieur de S 1 Gourdon à Areol ou S 1 Goudon, 
M. le Duc de Sully à Sully, séparément du droit de bac. 
M. de Chateauneuf, secrétaire d'état, à Muids et à Coin t. 
M. le Président de Ménars à S 1 Dié. Le chapitre de S ! 
Sauveur de Blois pour deux tiers et le prieur de S 1 Dit' 1 
pour l'autre tiers : à S 1 Denis, le prieur de S 1 Denis : 
à Souzy (Chouzy) il est deub au Roi et affermé G liv. : 
à Chaumont il est affermé au seigneur de Ghaumont. 
Les péages de Sully et de Chateauneuf peuvent valoir 
autant qu'à Jargeau. Tous les autres sont très-peu de 
choses sans que l'on puisse en dire précisément la valeur 
parceque les seigneurs auxquels ils sont deubs les com- 
prennent dans les baux de leurs domaines sans en faire 
distinction particulière. 

Les marchands habitans des villes situées sur la Loire 
et autres rivières y affluantes, ayant un intérêt sensible à 
eu maintenir la navigation, pour la suivie des bateaux 
\. il 



— 146 — 

ont obtenu des lettres patentes du Roi, concernant leurs 
établissements que quelques-uns attribuent à Philippe 
Auguste, par lesquelles il leur est permis de lever cer- 
tains droits sur les marchandises marquées dans le ta- 
rif fait en conséquence, pour les deniers en provenant 
être employés au balisage fies dites rivières, c'est a 
dire, y maintenir la surete de la navigation. Les mar- 
chands de chacune des dites villes élisent chacun un dé- 
légué en l'hôtel de leur ville pour avoir soin de la navi- 
gation dans leur détroit ( ressort ) et tous les délégués 
se trouvent en la ville d'Orléans, tous les quatre ans 
le dixième de mai, où en présence de l'Intendant ils 
choisissent deux Présidents et un receveur marchand 
de la dite ville, et se fait le bail du balisage et celui 
du droit de Poète et qui monte ordinairement à 1600 1. 

Toutes les contestations qui interviennent pour rai- 
son du balisage, soit avec les propriétaires des péages 
qui sont obligés de tenir les rivières nettes, dans l'éten- 
due pour laquelle ils perçoivent des droits, soit avec 
les villes ou autres, sont portées à la grand'chambre 
du Parlement de Paris. Nos rois ne se sont pas con- 
tentés de pourvoir à la sûreté de la navigation des dites 
rivières par l'établissement des marchands fréquentans, 
mais ils ont aussi pris les précautions nécessaires pour 
empêcher leurs débordements par les levées qu'ils ont 
fait faire, et par les soins qu'on a toujours pris et 
qu'on prend actuellement de les entretenir. Il en est 
fait mention dans les Capitulaires de Charlemagne, et 
Charles IX ordonna en l'année 4560 que les villes d'Or- 
léans, Plois, Tours et Angers commettroient des per- 
sonnes de leur détroit pour veiller à leur conservation. 

On a créé depuis des officiers en titre pour en pren- 
dre soin, avec lesquels MM rs les Intendants des généra- 
lités d'Auvergne, Moulins, Bourges, Orléans et Tours 
chacun dans son département font les adjudications des 
ouvrages qui doivent être faits tous les ans, suivant les 
états arrêtés au conseil pour réparer et maintenir ces 
levées. Le fonds ordinaire -de cette dépense est de 
KHI. OUI» liv. qui soni imposées sur la généralité de 






— 147 — 

Tours el payées aux trésoriers des turcies el levées par 
tous les receveurs des tailles de celle généralité, dont 
il s'emploie ordinairement 60 à 70000 ïiv. dans la gé- 
néralité d'Orléans..., 

Le chemin d'Angers, du Mans et du Vendomois 

traversoit l'Election de Chartres et passoit par les pa- 
roisses de S 1 Luperce et de Nogent, où il y avoit des 
péages sur de petits ponts de pierre. Le droit appar- 
tient au S r d'Estrivaux maître d'hôtel ordinaire du roi.... 

.... Le Loir est presque la seule rivière qui coule vers 
le couchant de la généralité. Elle prend sa source dans 
l'Election de Chartres au-dessus (.le S^Amant, d'où elle 
descend par Illiers recevoir à Sauneray un cours d'eau 
qui vient du côté de la Croix du Perche et qui passe à 
Frasay. La elle entre dans l'élection de Chateaudun et 
coulant par le milieu, elle passe à Alluye, à Bonneval 
où la petite rivière d'Ouzanne la grossit et plus bas celle 
de Conie a Marbée (Marboué ). Son cours se continue 
par Chateaudun, S 1 Denis, Pont et Cloye, où elle reçoit 
le ruisseau qui vient de Bousseleau et celui qui vient de 
Verdes. Elle reçoit encore à Morée celui qui vient de la 
Gahaudière et de Vieuxfruy, et après avoir passé à Fre- 
teval elle tombe dans l'Election de Vendôme qu'elle 
traverse dans sa longueur par Areines, Vendosme, les 
Roches, Lavardin. Montoire, Artins et Ruilly, ou fini! 
cette élection et commence celle de Château du Loir. 

Dès Illiers, on trouve un pont de bois sur cette ri- 
vière, il est en très-mauvais état. Le péage qui se levé à 
Illiers appartient à M. le Duc de Foix. M. le marquis 
d'Alluye a celui de Saumeroy et d'AHuye où le chemin 
de Brou à Yenville traverse le Loir sur une arche de 
pierre. Celui de Chateaudun à Chartres paye à Bonneval 
et à Marboé sur deux ponts de pierre. Le péage de Bon- 
neval est deub à Monsieur. Les ponts de Chateaudun 
sont de pierre, Les péages de cette ville appartiennent 
à. M mr de Nemours 1 . Celui de S 1 Denis à M' deMonbar. 

1 Marie d'Orléans, fille aînée d'Henry, duc de LonguevilIe 5 et 
'I'' Louise <li> Bourbon, et duchesse de Nemours, décédée le 16 juin 
l/''7, recueillit I.' comté de Dunois dans la succession de son 



— 148 — 

Celui de Ponts à M 1 de Lavardin. Il y a à ce passage 
deux ponts de pierre sur le chemin du Mans à Cha- 
teaudun et à Orléans. 

Le pont de Cloye est de pierre et très-beau. Celui de 
Freteval de bois, tous deux sur le grand chemin de Van- 
dosme à Paris par Chateaudun. Madame de Nemours a 
les péages de Cloye et de Freteval. 

On passe le Loir à Vandosme sur deux ponts qui 
sont sur son lit principal, l'un de pierre appelé le pont 
S 1 Georges, et l'autre de bois appelé le pont S 1 Bié. Il 
en est deux autres sur un bras de cette rivière qui 
passe dans le fossé de la ville, l'un de bois appelé le 
pont S 1 Michel, l'autre de pierre appelé le pont Char- 
train. Les ponts des Roches et de Lavardin sont de 
pierre. Celui de Montoire sur le chemin de Vandosme à 
Tours, à (La) Chartre et l'Anjou est de bois. Il n'y a 
plus de pont audessous de Montoire, mais on passe le 
Loir dans des bacs à Trôo et à iVrtins où l'on voit les 
restes d'un pont dont la beauté a fait croire qu'il pou- 
vait être un ouvrage des Romains. C'est un peu au- 
dessous de ce passage que la rivière de Braye, qui passe 
à Savigny, tombe dans le Loir. Il y a encore dans l'Elec- 
tion de Vandosme un troisième bac à Ruilly. Les che- 
vaux et les charrettes passent dans les deux derniers. 
On paie les droits à ceux qui les ont établis et qui les 
entretiennent. 

On levé pareillement quelques péages sur les ponts 
et sur les passages des rivières qui se déchargent dans 
le Loir, On en levé même sur quelques-uns des grands 
chemins qui traversent l'élection de Chateaudun, dans 



frère, Jean-Louis-Charles, abbé d'Orléans, duc de Longuevilleet 
comte deDunois, décédé en 1694. La même année, elle en fit do- 
nation ainsi que des baronnies de Freteval et de Marchenoir, 
avec réserve d'usufruit, au prince de Neufchâtel, fils naturel de 
Louis II de Bourbon, comte de Soissons, son oncle, en faveur de 
son mariage avec Anijélique-Gunégonde de Montmorency-Luxem- 
bourg. Leur fille Louise-Léontine Jacqueline de Bourbon, dame 
de Neufchâtel, les porta on mariage au duc de Luvues, Charles 
Philippe d'Albert. 



- 149 — 

laquelle les péages sont fréquents et de très petite con- 
séquence n'étant que deux deniers par cheval chargé. 11 
y en a peu au contraire dans l'Election de Vendosme où 
ils sont encore plus modiques étant réglés par les coutu- 
mes d'Anjou et du Maine.... 

., . . . Madame de Nemours reçoit le péage à Pathay sur 
le ruisseau qui finit dans le Loir à Gloyes. Le sieur de 
Plevy reçoit le péage à la Ferté et Madame de Nemours 
à Verdre. Dans l'Election de Vandosme, on trouve à Sa- 
vigny, où passe le chemin de Vandosme au Mans, un 
beau pont de pierre sur la rivière de Brave. Le péage 
est deub à M. le Duc de Vandosme, aussi bien qu'à 
lluisseau, à l'Arche Berge et Villfaux (Villiersfaux) , 
seuls péages connus dans cette élection. Pour ne pas ob- 
mettre ceux qu'on levé dans l'élection de Chateaudun sur 
quelques-uns des chemins qui la traversent, il est deub 
péage dans ceux qui conduisent du Mans à Chartres, à 
Montmirail, au Plessis-Dorin, à la Chapelle-Guillaume et 
à la Bazoche-Gouet, à Madame la princesse de Conty, 
aux Autels et à la Chapelle royale à M. le marquis de 
Lavardin, à Boursay au sieur de Boursay, à Harville à 
M r de Saint-Héran, à Arrou et à Courtalin à M. de 
Montmorency. Madame de Nemours le levé encore à 
Oucques et à Marchenoir sur le chemin de Chateaudun à 
Blois, à Prevomeillan et à Dunis sur le chemin de Cha- 
teaudun à Beaugency. Les principaux chemins de ces 
deux Elections viennent de Bretagne, de Poitou, de Tou- 
raine 

Les chemins (de l'Election de Vendôme) sont 

presque tous mauvais et impraticables en hyver. Celui 
de Vandosme à Paris a été réparé et cailloté ces années 
dernières, depuis Vandosme jusqu'à La Ville-aux-Clercs. 
On a aussi travaillé dans les plus mauvais endroits de 
celui de Vandosme à Blois. 

On peut encore mettre au nombre des rivières qui 
ont leur cours à l'occident la Cisse Londaisson et la 
Cisse d'Onzain qui ont leur source dans l'Election de 
Blois. La Cisse Londaisson prend sa source aux landes 
et aux étangs proche Maves. Elle passe à l'étang du Roi, 



— 150 — 

où il y a une chaussée et un pont de trois arches de pierre 
sur lequel passe le grand chemin de Blois à Vandosme. 
Elle descend ensuite à Saint-Bohaire, où l'on trouve une 
chaussée et mauvaise arche de pierre et quelques plan- 
ches en forme de pont. Son cours continue par Saint- 
Lubin en Yergonnais, où est le chemin de Blois à Her- 
bault-en-Beauce et un pont de pierre en très-mauvais 
état. Celui de Molineuf. paroisse de Saint-Secondin, est 
meilleur, et plus bas que cette paroisse ; après avoir 
passé sous les ponts de Biiry et la Guiclie qui sont pres- 
que ruinés, celte rivière vient se perdre dans la Loire 
à Chouzy. 

Et pour finir ce qui concerne les rivières, de 

toutes celles dont on a parlé il n'y a que la Loire et le Cher 
naviguables : que l'Eure, que l'Yonne et le Beuvron. qui 
s'y décharge, qui sont, flottables dans le département 
d'Orléans. Les autres occupent et font travailler un 
grand nombre de moulins à blé, à foulon, à papier. C'est 
presque la seule utilité qu'on en retire. 

On a proposé deux fois de rendre le- Loir naviguable 
jusqu'à Vandosme et à Chateaudun. Cette entreprise se- 
rait utile pour ces deux Elections, dont les grains, vins, 
chanvres et fruits que l'on y recueille, et qui s'y consom- 
ment à bas prix, seraient facilement transportés et sans 
dépense dans les pays qui sont sur la Loire par des ba- 
teaux qui descendraient sur le Loir et qui en seraient 
chargés, et rapporteraient plusieurs marchandises et 
denrées qu'on fait venir de ces Elections, par charrois 
el à grands frais. Mais il serait beaucoup plus avantageux 
de la (le) joindre par un canal à la rivière d'Eure, parce 
(pie le commerce en serait bien plus considérable à 
«•anse de la communication de la Seine près de Rouen et 
la Loire au-dessus et près d'Angers. La proposition en fut 
laite la première fois et leprojel arrêté en l'année 1576. 
Il lut renouvelé en 107 1 . niais ces deux Ibis il a été aban- 
donné; peut-être parce qu'il conterait beaucoup pour 
élever sur les bords de cette rivière les levées qui sciaient 
nécessaires el particulièrement dans l'Election de Cha- 



— 151 — 

teaudun, cl pour dedomager les propriétaires de mou- 
lins qu'il serait nécessaire de ruiner... 

Commerce. — .... Dans les villes de Blois et de Beau- 
gency, presque tout le commerce consiste dans les eaux- 
de-vie et dans les vins. Les deux élections jointes en- 
semble ne produisent pas moins que celle d'Orléans 1 . 
On les enlevé sur la Loire pour Orléans, Paris, Tours, 
Angers, Le Val, la Hollande quelquefois, et par terre pour 
la Normandie. Les marchés de ces villes sont aussi très- 
abondants eu blés, qu'on y amené de la Beauce et du 
Vendomois. 11 y avait autrefois un négoce de tannerie qui 
a fait des gens riches et était en réputation. Mais les 
grands droits que paient les cuirs l'a fait tomber dans 
ces deux endroits. Il se fait encore à Blois quelques ser- 
ges et des étamines qui sont très-bonnes; mais cette 
manufacture n'est pas considérable. 

Celle des serg s et des draps de Romorantin pour l'ha- 
billement des troupes l'est beaucoup plus. Le débit s'en 
l'ait à Orléans et à Paris. Elle contribue à faire vendre 
les laines du Berry et de la Sologne, dans laquelle il y 
a un grand nombre de troupeaux qui aident beaucoup 
à la faire subsister. Les étangs entretiennent aussi un 
petit commerce de poisson. 

Un peu de tannerie, de draperie et de ganterie fait le 
commerce de Vandosme. Ce que la tannerie peut faire 
s'enlève pour Paris. Ce commerce, comme à Blois, a 
beaucoup diminué. La draperie consiste en de grosses 
serges pour les troupes, qu'on envoie à Orléans, des 
droguets, des étamines, dont le débit se fait à Tours. 
La ganterie doit être regardée comme le principal trafic 
de cette élection 2 . Les cuirs que l'on y emploie se tirent 

1 Le commerce des vins n'est pas seulement de ceux que le vi- 
gnoble d'Orléans produit, qui peuvent mouler à 100,000 ton- 
neaux, année commune. 

- La réputation de la ganterie de Vendôme était ancienne. 
Brantôme dit quelque part, en parlant du dur de Guise, qu'il ar- 
riva à Paris, où il s'empara de l'esprit du peuple, qu'il rendit 
souple « comme un ganl chevrotin de Vandosme. 9 



— 152 — 

de Poitou et de Saintonge, et les ouvrages qu'on en fait 
sont envoyés a Paris par les messagers ou par les coches. 
Dans les bonnes années, les vins et les blés que produi- 
sent quelques endroits de cette élection n'y peuvent 
être consommés; les blés qui restent sont conduits par 
terre dans les marchés de Touraine, de Lîlois, d'Houc- 
ques, d'Herbault, et les vins, dans le Maine, le Perche 
el la Normandie. 



Etat des Peuples. — Dans les grandes et les pe- 
tites villes, le commerce étant aussi borné que l'on a 
pu voir, particulièrement dans les endroits qui sont éloi- 
gnés des rivières naviguables, il ne peut occuper qu'un 
petit nombre d'habitants. De là vient que les judicatures 
v sont recherchées, et qu'aucun des emplois qui sert aux. 
affaires du palais n'est négligé, quoique les besoins des 
derniers temps les aient tellement multipliés qu'il se 
trouve dans la généralité 7,747 officiers tant royaux que 
des seigneurs, de robe,, de finance, et des hotels-de- 
ville. compris les avocats, les procureurs, les notaires, 
les huissiers et les praticiens, seulement 0,184 mar- 
chands en gros et en détail de toute sorte de marchan- 
dise. On ne peut douter que ce grand nombre d'officiers 
n'intéresse les autres habitants, pour les exemptions qui 
sont attribuées à la plupart, et celle- que peuvent eux- 
mêmes se procurer ceux qui sont dans les emplois pu- 
blics. Il semble même que c'est par ces considérations 
qu'on les recherche. Mais il est vrai qu'en beaucoup 
d'endroits ce mauvais état du commerce y contribue. 

11 y faut encore attribuer l'oisiveté dont un assez grand 
nombre d'habitants, réduits à subsister d'un revenu mé- 
diocre et très-incertain, que les vignes et les petites fer- 
mes qu'ils ont à la campagne leur procurent, car plu- 
sieurs tombent dans cette inaction parce que l'état du 
pays et celui de leur fortune leur ôte le moyen de s'occu- 
per. Le nombre de ces bourgeois sans profession ap- 
proche de 1,100, d'autant plus à plaindre que beaucoup 
sont dans cette oisiveté malgré eux. En effet, on ne peut 



— 153 — 

dire que les hommes de ces provinces manquenl de cœur 
et d'esprit. Plusieurs réussissent dans tous les états; ce 
qu'on peut le mieux remarquer dans ceux, lesquels en 
étant sortis, remplissent ailleurs divers emplois avec 
beaucoup de succès et de réputation. On y trouve dans 
l'Eglise et dans la robe des hommes savants et de bel- 
les-lettres, dans les marchands des négociants habiles: 
il en sort de braves et vaillants soldats. On leur reproche 
d'être durs et grossiers, principalement sur les bords de 
la Loire. Toutefois ces honnêtes gens ont assez de finesse 
d'esprit, et ne manquent pas de politesse quand ils sont 
bien élevés. 

Dans ceux mêmes qui exercent les arts, il s'en trouve 
d'ingénieux; mais le peu d'utilité les décourage, et t'ait 
que l'on n'exerce que les arts et métiers que les besoins 
de la vie rendent plus utiles ou absolument nécessaires, 
qui ne laissent pas de faire subsister un très grand nom- 
bre d'artisans et de journaliers, car il y a dans les villes 
dont on parle 10,780 artisans, hosteliers, cabaretiers et 
meusniers, 7,397 journaliers, compagnons apprentifs et 
garçons de boutiques, avec lesquels on peut joindre 3, 374 
valets et servantes. 

Dans la campagne, les peuples s'occupent toute l'année 
à travailler à la terre, et sont communément laborieux et 
très-menagers. Quoique la Beauce produise le meilleur 
froment, les laboureurs et les journaliers vivent des 
moindres blés meslés avec des orges, et souvent des 
orges pures. Dans les autres endroits ils se nourrissent 
de seigle et d'orge; souvent même dans la Sologne et le 
Gastinais de blé noir. Ils joignent à cette nourriture des 
pois et des febves, quelques légumes et laitage de leurs 
bestiaux. Les laboureurs les plus aisés font quelques sa- 
laisons après leur moisson, et les plus riches vignerons 
à l'entrée de l'hiver après la vente de leurs vins ; quelques- 
uns, mais fort peu, en mêlent avec l'eau pour leur usage. 
Car ils n'ont que cette ressource pour faire valoir leurs 
vignes, payer la taille et les autres impositions, procurer 
à leur famille les choses absolument nécessaires à la vie. 



54 



en sorte qu'il ne peut arriver de disgrâce aux vignes sans 
que les peuples tombent dans une grande pauvreté et 
souffrent beaucoup. 

Il y a dans toutes les paroisses de la campagne de la 
généralité 23,812 fermiers et laboureurs à demi-charrue, 
une charrue, une charrue et demie, deux, trois et quatre 
charrues; 21,840 vignerons travaillant pour eux et pour 
autrui; 2,121 meusniers, 539 jardiniers, 3,160 bergers, 
38,444 journaliers, plus de 15,000 valets et de 13,696 
servantes. On peut ajouter à ces peuples de la campagne 
12,171 artisans répandus dans les bourgs et dans les 
villages. En gênerai, dans la campagne et dans les villes, 
les peuples sont diminués de la cinquième partie depuis 
dix ans. Quant à ceux de la religion prétendue reformée 
qui étaient à Gien, à Mer, à Marchenoir, àVandosme et 
Orléans, il n'en reste pas le tiers, et le surplus est sorti 
du royaume. 

11 reste à ajouter à Tétat des peuples celui des ecclé- 
siastiques et de la noblesse. Ce dernier, tant dans les 
villes que dans les campagnes, est composé de 1,649 
gentilshommes, compris les veuves, dont 59 ont titre de 
marquis, 34 celui de comte, 23 celui de vicomte ; 372 
sont seigneurs de paroisse, et 737 possèdent fiefs. 

Quant aux ecclésiastiques, comme les diocèses qui sont 
dans la généralité demandent un état particulier, pour 
éviter les répétitions, on remet à cet endroit toutes les 
observations qui les regardent. Elles seront suivies de 
celles que Ton doit faire sur les juridictions établies pour 
la police et le gouvernement des peuples, pour conser- 
ver les domaines du roi, maintenu- ses revenus et le re- 
couvrement des autres impositions. 

Mais pour ce que Monsieur jouit à cause de son apa- 
nage dans la plus grande partie de la généralité, du do- 
maine et des droits qui en dépendent, pourvoit et in- 
stitue la plupart des officiers , confère de plein droit les 
bénéfices dépendant des patronages de ses dnchés et 
seigneuries, et présente aux abbayes et bénéfices con - 



— ].».. 



sistoriaux à la reserve des Eveschés, par une concession 
particulière de S. M., qui est p9rsonneUe pour S. A. R. 
Avant d'entrer dans ce détail, il semble qu'il faut dire de 
quelle manière le duché d'Orléans a été nutrefois com- 
posé pour être l'apanage des seconds fils des rois de 
France, et leur donner un nom convenable à la grandeur 
de leur naissance. 



(La tiiitr au prochain Bulletin. J 



RENSEIGNEMENTS 



SUR 



L'ANClEiNNE PAROISSE SAINT-LUBIN DE VENDOME 

Par M. A. Dupré, 
Bibliothécaire à Blois. 



Cette église est portée sur le pouillé du diocèse de 
Chartres au XIII e siècle, comme appartenant à l'abbaye 
de Saint-Georges-des-Bois ' ; mais on pense qu'antérieu- 
rement elle dépendait de la collégiale de Saint-Georges de 
Vendôme, et qu'à une époque incertaine, les chanoines, 
séculiers du château la cédèrent aux chanoines réguliers 
de Saint-Georges-des-Bois " 2 . La communauté d'origine 
que l'on a prétendu établir entre ces deux institutions 
religieuses 3 viendrait à l'appui d'une hypothèse soute- 
nable, sinon prouvée. 

Jusqu'au commencement du XVII e siècle, l'église 
Saint-Lubin demeura dans la cour même du château, et 
communiqua directement avec la collégiale de Saint- 
Georges 4 : le fait de ce voisinage serait un argument de 
plus en faveur de l'opinion ci-dessus énoncée. 

Sur un autre point plus accessible du coteau s'éle- 
vaient un prieuré et une chapelle de Saint-Léonard 5 , 

1 Prolégomènes du cartulaire de l'abbaye de Saint-Père de 
Chartres, publié par M. Guérard, dans les Documents inédits sur 
l'Histoire de France, p. GCGXX1X. 

2 Argument d'un passage de l'Histoire de Vendôme, par l'abbé 
Simon, t. II, p. 80. 

3 Même volume, pp. 289 et 290. 

4 De Passac. Vendôme et le Vendômois, p. 48. — Voir aussi 
de Pétigny, Histoire Archéologique du Vendômois, pp. 17;> et 210. 

5 C'était probablemeent Saint-Léonard de Dunois, honoré 
dans le diocèse de Chartres, dont Vendôme faisait partie. Ce 



— 157 — 

qui dépendaient de l'abbaye de Notre-Dame de l'Epau 

du Mans (ordre de Citeaux). Dès le XVI e siècle, ce béné- 
fice était uni à la cure de Saint-Lubin. En 1593, le curé, 
en même temps chapelain de Saint-Léonard, consentit 
à l'érection des fonts baptismaux dans cette sorte de 
succursale, « encores que la dicte chapelle ne soit des- 
« tinée et fondée pour y faire les actes d'une paroisse, 
« ains seulement pour une chapelle d'oratoire, fondée 
« par deffunct noble homme Geoffroy Chauvin, sieur de 
« l'Ereau, à la charge de dire et cellebrer en icelle trois 
« messes basses par chacune sepmaine 1 . » 

Cette permission nous est accordée (disaient les ha- 
bitants notables du faubourg) en considération de ce que, 
à cause des guerres et troubles où nous sommes de pré- 
sent, l'église de Saint-Lubin, qui est au chasteau de 
ceste ville, est defféndue 2 aux paroissiens.... 

La translation de l'office public dans la chapelle de 
Saint-Léonard ne devait être que momentanée, « en 
* attendant, ajoutaient les bons paroissiens, qu'il plaise 
« à Dieu nous donner la paix, et que nous puissions re- 
« tourner dans notre église du château.. » Mais le provi- 
soire devint définitif, comme il arrive souvent. César de 
Vendôme rompit bientôt tout espoir de retour, en faisant 
raser l'église de Saint-Lubin pour déblayer la cour de son 
château ; M. de Passac lui attribue même le transport 
de la paroisse au prieuré de Saint-Léonard (p. 48); c'est 
une erreur, puisque le fils de Henri IV et de Gabrielle 
d'Estrées n'était pas né en 1593, date de la convention 
ci-dessus visée, et que déjà, à cette époque, l'office pa- 
roissial se faisait à Saint-Léonard, par force majeure, 



saint local, qu'il ne faut pas confondre avec d'autres du même 
nom, fonda la paroisse de Saint-Léonard auprès de Marchenoir, 
y mourut, et ses restes demeurèrent dans le pays l'objet d'une 
vénération qui dure encore. (Bréviaire de Blois, 10 mai.) 

1 Accord notarié, du 10 avril 1593, passé entre le prieur-curé 
et les paroissiens. (Archives de la Préfecture de Loir-et-Cher, pre- 
mière liasse de la paroisse Saint-Lubin de Vendôme.) 

- Interdite, fermée. 



— 158 — 

comme le reconnaît expressément cet acte synallagma- 
tique. Le jeune prince, devenu ensuite duc de Vendôme, 
trouva donc abandonné le temple qui le gênait inutile- 
ment, et saisit une occasion favorable de dégager les 
abords de son manoir obstrué. 

Quant à la chapelle de Saint-Léonard, elle devint, au 
moyen d'agrandissements successifs, la nouvelle église 
de Saint-Lubin, et les bâtiments du prieuré furent trans- 
formés en presbytère, ainsi qu'il résulte d'autres actes 
des 7 novembre 1622 et 21 avril 1024, passés entre le 
curé et les paroissiens, au sujet de ces appropriations \ 

Le faubourg actuel de Saint-Lubin représente la cir- 
conscription peu étendue de la paroisse, supprimée en 
1791 ~. Par suite de cette suppression, l'église fut démo- 
lie ; son nom seul demeura au quartier adjacent. 

La chapelle de Saint-Léonard (dont quelques vestiges 
subsistent, je crois) joignait le chevet et la sacristie de 
l'église; elle formait un des bas-côtes, ajoute M. de Pas- 
sac. Le clocher paroissial surmontait l'édifice primitif, 
que Ton distinguait aisément des constructions plus ré- 
centes, ajoutées dans le XVII e siècle. 

Le document qui suit est emprunté, comme les actes 
indiqués plus haut, à la liasse première de Saint-Lubin, 
des Archives départementales ; il contient une série de 
questions adressées en 1002 par l'évêque diocésain, avec 
les réponses du curé. Nous donnons le tout in extenso, 
à raison de l'intérêt local que peuvent offrir ces rensei- 
gnements officiels. D'ailleurs, dans le cours de nos lon- 
gues recherches, nous n'avons pas eu la chance de ren- 
contrer une pièce semblable parmi les nombreuses lias- 
ses du même dépôt ; L'église Saint-Lubin de Vendôme 
étant privilégiée sous ce rapport, nous tenions à foire con- 
naître le mémoire instructif qui la concerne spéciale- 
ment. 

1 Archives de la Préfecture (même liasse). 
- De Passac, )>. 48. 



— 1.7.1 — 

Le même questionnaire «lui être, sans doute, envoyé à 
toutes les paroisses de l'ancien diocèse de Chartres, quoi- 
qu'il n'en reste pas d'autres traces, dans nos archives du 
moins. Probablement on s'occupait alors d'une statis- 
tique religieuse de ce vaste territoire, et les curés furent 
consultés sur les points essentiels. Il est à regretter que 
chacune des localités vendômoises et blésoises ne nous 
ait pas légué une pareille pancarte ; ce serait un recueil 
vraiment précieux pour l'histoire eccléiastique du pays. 



MEMOIRE 

ENVOYÉ PAR M'J 1 ' L'EYESQUE DE CHARTRES EN 1692, 
Touchant l'église Saint-Lutin de Vendôme. 



Quel est le patron ou titu- 
laire de la paroisse, et quel 
jour se célèbre la leste ? 



S'il y a des hameaux, leurs 
noms et le nombre des com- 
munians. 

S'il y a des chapelles publi- 
ques dans la paroisse hors l'é- 
glise ; en quel lieu elles sont 
situées ; si l'on y dit la messe, 
si elles sont fondées et si la 
fondation est acquittée ? — S'il 



Saint Léobin ! , au 14« de 
mars ; depuis que l'église n'est 
plus dans le château, on cesse 
d'y célébrer sa feste. 

Le Temple, qui a environ 
200 communians. 



Au Temple se trouve nue 
chapelle qu'on a fermée de 
portes depuis que je suis icy 2 . 
Le service ne s'y fait point : sur 
mes plaintes, l'agent de l'ab- 
baye de l'Epaux proche Le 



1 Evêquede Chartres, mort en 557. 

2 C'était la chapelle du prieuré de Sainte-Croix de la Breton- 
nerie (De Passac, p. 57.). 



100 



y a des chapelles domestiques; 

où elles sont; si on y dit la 
messe, si l'on en a la permis- 
sion par écrit, si elles sont 
placées en lieu décent et bien 
entretenues? 



Quel est le collateur ou pré- 
sentateur de la cure? 



Si la cure est prieuré ou 
non? Si elle est séculière ou 
régulière, et de quel ordre? 



Si l'église est en bon état, 
et s'il n'y manque rien d'essen- 
tiel? 

S'il y a un tabernacle -fer- 
mant à clef ? 

Si on a soin de renouveler 
les bosties tous les 15 jours ? 

S'il y a des vases sacrés d'ar- 
gent, calice, ciboire, soleil ? 
S'ils sont bons et dorez par le 
dedans? 



Mans, d'où cela dépend, m'a 
dit (pie le fermier en étoit char- 
gé; et le fermier m'a répondu 
que, par arrest, l'office étoit dit 
à l'abbaye. — Outre, se trou- 
vent encore les places de deux 
chapelles : une au bout de la 
paroisse, nommée Saint-Sul- 
jiicc ; c'est un chapelain de la 
collégiale qui la possède ; après 
sa mort, elle sera sans proprié- 
taire ; l'autre dans le milieu 
du faubourg, chargée de qua- 
tre messes, à quoy je satisfais, 
en attendant les remontran- 
ces; le titulaire est un curé du 
Bas-Maine, nommé .... 
On dit qu'il faut être de la fa- 
mille des fondateurs pour la 
posséder. 

C'est l'abbé de Saint-Geor- 
ges-des-Bois nommé Le Bossu. 
Je la tiens pourtant de feu Mgr 
l'évesque. 

C'est une prieuré-cure régu- 
lière. Je trouve pourtant qu'elle 
a été possédée de séculiers 
dont quelques-uns se 
ment commendataires. 



nom- 



Pour l'église et son élit, voir 
aux Rêflections l . 



Ouy. 



Ouy. 



Ouv. 



N'imis n'avons pas ces réflexions. 



— 101 — 



S'il \ ;i nu vase pour les sain- 
tes huiles? 

Si elles sont en un lieu dé- 
cent, hors le tabernacle? 



S'il v a dans réélise un ou 
plusieurs confessionnaux; s'ils 
ne sont point en lieu obscur, 
et en quel lieu ils sont placez? 

Quel est le revenu de la fa- 
brique? Si les marguilliers 
rendent, les comptes tous les 
ans? De quelle date sont les 
derniers comptes qui ont été 
rendus. ? 



M, IV. 



On a ménagé dans l'an- 
cienne chapelle ' une place 
pour habiller les prestres; là 
est un cofïre où sont les sain- 
tes huiles. 

Il y en a deux placez dans 
l'ancienne chapelle , tout à 
jour. 



Il se monte à six vingts li- 
vres environ. Les charges sur- 
passent. Les comptes rendus, 
il n'en reste plus qu'un, et le 
dernier est de 1G91. 



TOUCHANT LE CURE ET LE CLERGE. 



Pour le curé, son nom, son 
pays, son dioceze, son âge, où 
il a pris les ordres, ses fonctions 
précédentes? Depuis quand il 
est curé, et. s'il a quelque au- 
tre bénéfice ? 



S'il fait régulièrement l'office 
divin, les prosnes et catéchis- 
mes, les dimanches et (estes? 



J. Fournier, de la Ferté- 
Milon, proche Villiers-Coste- 
rets, dioc. de Soissons, âgé 
d'environ 50 ans. La tonsure 
à Paris dans ses classes ; les 
moindres à Meaux; le soudia- 
conat par Mgr de Bourbon, 
son evesque ; depuis, a été re- 
ligieux ; la Providence l'a con- 
duit à Liège, où il a été diacre 
et prestre. Pour le presby- 
tère, le revenu et les dixmes, 
aux Réflexions. 

Les prosnes, presque , tous 
les dimanches; les catéchis- 
mes, l'Avent et le Garesme, 
quatre fois la semaine, et lors- 
que quelques circonstances 
nous y obligent. 



De Saint-Léonard, 
v. 



12 



— I6 U 2 



S'il a quelque femme logée 
chez lui, soit parente, soit do- 
mestique, el de quel âge ? 

S'il y a un ou plusieurs -vi- 
caires ; leur nom, pays, dioceze, 
âge, rétribution? Depuis quand 
ils sont clans la paroisse ? 



S'il y a d'autres prestres ou 
ecclésiastiques dans la pa - 
roisse ? Le nom, pays, dioceze, 
âge, ordre, employ, etc. ? 



Non. Outre les canons, nos 
décrets nous le défendent. 



Autrefois il y en avait deux, 
outre un chapelain ; aujour- 
d'hui à peine peut-on four- 
nir à un, qui se nomme Mi- 
chel Parrain, depuis peu ap- 
prouvé par M. l'abbé Le Veyez, 
pour la desserte. 

M. Godineau , tonsuré , y 
porte le surplis; il est de la 
paroisse. — Pierre Peyré, du 
diocèse de Troyes, demeurant 
chez son oncle chanoine, étu- 
diant et portant le surplis. 



TOUCHANT LE PEUPLE. 



Quel est le seigneur tem- 
porel de la paroisse ? 

Le nombre précis des coin ■• 
muni ans? 

S'il y en a qui n'ayent point 
fait les pasques ? Leurs noms 
et qualitez? S'il y en a plu- 
sieurs, le curé en envoyera un 
mémoire en particulier. 

S'il y a quelque désordre no- 
table en la paroisse, MM. les 
curez en envoyeront un mé- 
moire en particulier et en se- 
cret, qu'ils signeront. 

Si on a soin de sanctifier les 
dimanches et festes; si on ne 
les profane point par quel- 
que divertissement scandaleux 
comme danse publique, etc. 



C'est le prieur, qui relève 
du prince. 

Environ six cent. 



On fait ce que l'on peut pour 
y obliger les cabarets, maré- 
chaux, barbiers, boulangers, 
surtout pendant l'office. De- 
puis peu, en a esté publiée 
l'ordonnance, à la requeste 
du procureur du Roy. 



— 163 



s'il y a de nouveaux catho- 
liques et combien ? 

S'il y a dos écoles fondées? 

S'il y a une maîtresse d'é- 
cole; son nom et ses qualité/'.' 



S'il y a dans la paroisse beau- 
coup de personnes à confirmer? 



S'il y a, dans l'étendue de la 
paroisse , des bénéfices , ab- 
bayes, prieurez, chapelles, etc? 
S'il y a des monastères d'hom- 
mes ou de filles? 

S'il y a des hôpitaux, le nom, 
le revenu, s'ils sont bien admi- 
nistrez, et par qui; combien il 
y a qu'on a rendu les comptes 
et devant qui ils furent ren- 
dus? 

S'il y a quelque hermitage, 
le nom de l'hermite, son âge, 
son pays, combien il y a qu'il 
y demeure ? 

M. le curé aura soin de mar- 
quer en cet endroit l'adresse 
(le l'hermite, par où l'on peut 
luy faire tenir des lettres pour 
pouvoir luy écrire. 

Et afin que l'on ne puisse 
être trompé par de fausses 
lettres que quelques gens pour- 
roient envoyer sous le nom de 
messieurs les curez, ils signe- 



Non. 



Non. 



J'ai prié une vefve très-sage, 
nommée Tafourneau, de vou- 
loir apprendre à lire aux plus 
petits enfants -qui ne peuvent 
encore aller jusqu'en ville. 

Depuis peu d'années, Mgr 
de Bethléem ' 
Vendôme. 



a confirmé dans 



Dans le château est la collé- 
giale de Saint - George , as- 
surément dans l'enclave et, à 
ce que je crois, de ma pa- 
roisse. "Voir aux reflexions. 



1 Le siège de cetévêché in partibus était un faubourg de Gla- 
©ecy, appelé Bethléem. (Ga\lia christiana, t. XII, col. G08 et suiv.). 



164 



ront de leur propre main et 
de leur propre nom la réponse 
qu'ils feront au présent mé- 
mo ire. 

S'il n'y a point de curé, le 
desservant ou vicaire répon- 
dra aux articles du présent mé- 
moire, marquera le lieu où est 
à présent le sieur curé ; de- 
puis quand il est absent, ou, 
s'il est mort, depuis quand la 
cure est vacante ? 



« Je certifie les responses cy-dessus estre fidelles. 
« Enfoyde quoyj'ai signé ce papier: 

« Fournier, prieur-curé de St-Léobin 
• de Vendôme. » 



DOCUMENT 

sur la Chapelle Saint~Jucqucs-dii-Bourbier/àXem\ùme. 

(Pour faire suite au travail précédent.) 



L'abbé Simon ni M. de Pétigny ne parlent point de 
cette chapelle oubliée, que les guerres de religion avaient 
détruite dès le XVI e siècle ; mais nous la trouvons men- 
tionnée, avec quelques particularités locales, sur un re- 
gistre des déclarations du revenu des bénéfices ecclé- 
siiistiqucs du diocèse de Blois, au commencement du 



— 165 — 

XVIII e siècle 1 . La déclaration fournie, en 1705, par le 

titulaire de cette chapelle ruinée, relate des laits peu 
connus ; elle est curieuse aussi comme rédaction : à ce 
double titre, nous la reproduisons, par manière d'ap- 
pendice aux renseignements que nous avons déjà don- 
nés sur Féidise Saint-Lubin, démolie aussi par les révo- 
lutions. Ce texte inédit pourra servir d'ailleurs à resti- 
tuer un détail perdu dans la statistique obscure des 
sanctuaires anéantis du vieux Vendôme. 

« Je soubsigné, voulant satisfaire à ce que deman- 
« dent de moi M'J 1 ' et Messsieurs de la Chambre ecclé- 
« siastique du diocèse de Blois, déclare à M r Malescot, 
« commis de l'exercice du greffe du domaine des gens 
« de main-morte au mesme diocèse, que la chapelle de 
« Saint -Jacques du Bourbier, size au faubourg de S'- 
« Georges, a pour revenu 2 

« Les charges sont quatre messes par semaine, dont 
« ma chapelle est chargée. Vous voyez, Monsieur, qu'eu 
« égard au revenu, la charge est considérable, outre 
« les décimes. S'il faut un certificat comme quoy je les 
« fais dire, n'estant pas en estât de le faire, celuy qui 
« les dit vous i'envoyera. Je certiffie donc que le revenu 
« de ma chapelle consiste en ce que j'ay marqué, sy 
« vous y adjoutez l'endroict où estoit jadis bastie la 
« chapelle, qui 3 , est un peu en désordre, n'y ayant ny 
« muraille, ny ombre de chapelle 4 . Il y a près de 150 
« ans qu'elle a esté ruisnée par les ennemis. Il peut se 
« faire, comme la fondation est ancienne, qu'il y ait du 
« bien d'aliéné; mais je n'en ay aucune connoissance 
« que ce que j'affirme, aussy bien que ce que je dis 



1 Bibliothèque de la ville de Blois. (Manuscrits.) 

- Je passe ce détail peu intéressant. 

'' L'endroit, l'emplacement. 

4 Par conséquent, les messes de fondation se disaienl dans 
une autre église, à Saint-Georges peut-être , 

« 



— 166 — 

« des quatre messes de S 1 Jacques du Bourbier. Fait ce 
« 19 Mars, à Vendôme, 1705, et signé Claude Joseph 
« Godineau, chapelain ' . » 

1 Folios 150 et 451 du registre ci-dessus mentionné. 



ERRATA. — En parcourant de nouveau le livre de M. de Pé- 
tigny, je trouve (pp. 300 et 301) quelques renseignements sur 
cette chapelle, qui existait dès l'année 1204, où elle tut annexée à 
la maison-Dieu de Saint-Jacques. Elle était située à l'entrée du 
faubourg de Saint-Lubin et fréquentée parles pèlerins de Saint- 
Jacques (de Compostelle). On lui avait donné son nom peu flat- 
teur « à cause de l'humidité fangeuse qu'entretenait en cet endroit 
« le ruisseau qui s'échappe des sources intérieures de la monta- 
« gne du château, et qui coule maintenant sous terre. » 



ESSAI 

SUB 

L'ARMORIAL DU VENDOMOIS 

Par M. A. DE MAUDE, 

Auteur de l'Armoriai du d;ocèsc du Mans. 

(Suite.) 



« Pins patrise facta referre labor. » 

Ovide. 

GUÉR.ITAUDE de la, branche de la maison de Maillé, qui a 
possédé Villeprouvaire. 

GUER.RY, Françoise, veuve de M. de Marescot, bienfaitrice, 
11)17, de la fabrique de Pezou. GUERRI, porte : d'azur, a 2 épées 
d'argent, garnies d'or, passées en sautoir, la pointe en liant, au 
chef d'argent chargé de 3 roses de gueules. (Cauvin.) 

GUILLEBON de, famille noble sortie de Picardie : d'azur à la 
bande d'or accompagnée de 3besans de même. (Cauvin.) 

GUYOT de MANDAT, alias Mandot, S. des Pins, assista à 
l'assemblée de la noblesse du Vendômois, 1789; est-ce Guyot ou 
Guillot? 

HALLEY île, Gervais, S. de Bâillon, de Pessouer, à cause de 
sa femme Marie de Bâillon, rend aveu au S. de Mondoubleau, 
pour raison des terres, fiefs et sgries de Baillou et de la Forli- 
nière, le 29 octobre 1401 : est-ce de Halley ou de Hallot? qui 
portait: d'argent a 2 faces de sable et 3 annclcts de même, 2, 1. 

HALLOT de, V. de HALLEY. 

HAUTEFEU1LLE de, V. TEXIER. 

HOSTUN d', Y. TALLART. 

HAUTEFORT de, Y. MONTIGNAG. 

D'HAUTEVILLE. Un gentilhomme de ce nom assista à l'assem- 
blée de la noblesse du Vendômois, 1789. Il y aau Mans 2 familles 



— 168 — 

du surnom de Hauteville: 1" la maison du Hardas, titrée mai 
quis; 2° celle de Renusson, passée en Touraine depuis quelques 
années. 

IIIBAUDIÈRE, le prieuré de la : tiercé en bande de sable, de 
vair et d'argent. (Ar. vis.) 

H1NGAIN, Elisabeth, veuve de Claude Bri, bailli de l'abbaye de 
Vendôme : d'or à 2 tourterelles affrontées d'azur, posées sur 2 
branches de sycomore de même. {Ar. ms.) 

HOTEL-DE-VILLE de Vendôme, le corps des officiers de V . 
tiercé en bande d'argent, de sinople et de vair {Ar. ms.) 

IIUART, S. de la Potterie, éc, famille du Vendômois : de gueu- 
les à 3 chevrons d'argent. (Ar. ms.) 

IIUILLOME, François-René, S. de la Bergerie, nid bourgeois 
de la ville de Vendôme: d'azur, à une ancre d'argent posée en 
pal, 2 avirons de sable posés en sautoir brochant sur le tout, et 
un chef de gueules chargé de 3 étoiles d'or. {Ar. ms.) 

11UM1ÈRES d',V. CREVANT. 

11URAULT. Illustre maison du Blaisois; m. t., 1482. Elle a 
donné un chancelier de France, marquis de Cheverny. En 1625, 
marquis de Vibraye. Les sgrs de Saint-Denis, en Vendômois, 
1789, étaient de cette maison, qui porte: d'or à la croix d'azur, 
cantonnée de 4 ombres de soleil de gueules. {Ms.) 

ILLIERS de VENDOSME, d', maison sortie de celle de Ven- 
dosme par le mariage de Philippe de Vendôme, lils puîné du 
comte Bouchard, avec Yolande d'Illiers, qui stipula que son 2e 
fils serait tenu de relever la bannière, le nom et les armes d'Il- 
liers, qui étaient : d'or à G annelets de gueules, 2, 3, 1 . (Ms.) 

D'ILLIEBS, 1789, du nom de Mirleau de Neuville des Ra- 
drets de Saint-Hery. 

IRUMBERC, V. SALABEBY. 

JARRE, Conseiller et Procureur du roi en l'Hôtel-de-Ville de 
Vendôme, 1G98: d'argent, au chevron d'azur, sommé d'un crois- 
sant de même et accompagné en chef de 2 étoiles d'azur et, en 
pointe, d'une canette de même sur une oncle aussi d'azur (Ar. 
ms.) .labre Desbilles, sgr de fiefs à Danzé, assista à l'assemblée de 
la noblesse du Vendômois, en 1789. 

JAI DE BELLEFOND le, assista à l'assemblée de la noblesse 
des bailliages du Vendômois, Mondoubleau et Saint-Calais, 1789. 
Les armes primitives de cette famille : d'or à 3 geais de sable, au 
chef d'azur. La branche de la Maisonrouge dont était l'intendant 



— 169 — 

de Tours, 1661, portail : d'azur à l'aigle cantonnée de ï aiglettes, 
regardant un soleil au canton dextre, le tout d'or. (Lu Ch.) 
JOUFFREI de, ou de Jouffray. S. de fiefs à Trôo, 1789. Famille 

de Provence, m. t. à Tours, 1715 : d'azur, au croissant d'argent 
et un chef d'or chargé de 3 étoiles de sable. Supports: 2 lions 
d'or. (Ar. d. M.) 

JOUY, comte de. Y. ESCOUBLEAU. 

JOUSSELIN de, Louis, S. de Fretté, 1698: d'argent, au lion 
d'azur, accompagné en pointe de 2 tleurs de lys de même. (Ar. 
ins.) Joussehn de Fretté assista à l'assemhléc de la noblesse du 
Vendômois, 1789. 

JUGLART, S. de Rortre : d'argent, à la bande crénelée par le 
bas de 6 pièces d'or, accompagnée de 5 étoiles d'or, 3 en chef po- 
sées 2, 1, et une en pointe. Nous croyons cette famille éteinte. 
(Ar. d. M.) 

JUPEAUX, de Taillevysde, lieutenant de vaisseau, major d'in- 
fanterie, assista à l'assemblée générale de la noblesse des bail- 
liages de Vendôme, Mondoubleau'et Saint-Calais, 1789. Y. de 
TAILLEVYS. 

JUPEAUX de, tiercé en bande, d'azur, de vair et d'argent. 
Armes données d'office par d'Hozier, en 1698. 

JUSTON de, S. de Villeprouvaire, d'Asnières et des Tourelles, 

enLunay, XIYc siècle. Ancienne famille du Vendômois: de 

à la bande de...., accompagnée de 3 étoiles de ,2,1. (M. de 

Trémault.) 

KEROENT de, Querhoent, S. de Montoire, Lunay, Montrou- 
veau, Savigny-sur-Braye, Tréhet, Villavard, etc., marquis de 
Coetanfao, famille de Bretagne, que l'on croit descendue des de 
Kirwan, venus d'Irlande, dont ils n'ont pas les armes ; de Keroent : 
lozangé d'argent et de sable. Devise: Sur mon honneur. Les 
de Kirvan : au chevron de sable accompagné de 3 canettes de 
même en champ, d'argent. 

KERVASEGAN, S. de Clieiniron et de la Montilière, terres 
situées en Fortan et Cheminé, psse du Bas-Yendùmois. (Cau- 
vin.) Une croix de...., cantonnée de 

LACROIX, V. V1MEUR. 

LANCE, le prieuré de, tiercé en bande, d'hermines, d'or, 
d'azur. (Ar.ms.) 

LANDES des, V. PETIT. 

LANDES des, Mathieu, président aux Grands-Jours de Ven 



— 170 — 

dôme, L690, ép. de Françoise Martin: d'azur à une lande ou arbre 

sans feuille, d'argent ; écartelé de gueules à une ruche d'or. 
(A>\ ms.) 

LANGEAIS de, du nom de la Brosse, S. de Langeais, en Tou- 
raine. De Langeais, S. de Mondoubleau, au XI° siècle, était-il 
de cette famille? 

LAUGE01S, ép. du maréchal Gotentin de Tourville : d'azur à 
une tour crénelée d'argent et maçonnée de sable, avec un chef 
d'hermines. (Av. ms.) 

LANGAN-DE-BOIS-FÉVRIER, chambellan du duc d'Anjou, 
en 1571, S. de Saint- Agil. Famille éteinte dans celle deTreton 
de Vaujuas, au Bas-Maine; originaire de Bretagne: de sable au 
léopard couronné d'argent , armé et lampassé «le gueules. 
(Sceau.) 
k LANGERON de, V. BOULT. 

LAVARDIN. Bourg près Montoire, a donné son nom à une 
illustre famille dont était Johannes, mentionné avec sa sœur Ri- 
ehilde, comtesse de Vendôme, dans un titre du temps de Jean, 
comte de Vendôme, et de Girard, abbé de Vendôme. Armes : 
de gueules à 3 fleurs de lys d'or. (Lumbron.) 

LAVARDIN, en Vendômois. En 1480, Guy de Beaumanoir 
était S. de Lavardin et de Landemoine ; il avait épousé Jeanne 
d'Estouteville, durant la vie de laquelle il possédait 4 à 5,000 livres 
de rente. La maison de Beaumanoir est originaire de Bretagne, 
où elle était connue dés l'an 1202: elle a donné un maréchal de 
France et plusieurs évoques. Eteinte en 1703. Lorsque les écus- 
sons étaient pointus parle bas, les Beaumanoir portaient lOhil- 
lettes, 4,3, 2,1 /devenus chevaliers bannerets, ils ont porté leur 
écu en bannière, et 11 billettes, 4, 3, 4, ce qu'ils ont continué : 
d'azur à 11 billettes d'argent, 4, 3, 4. (Av. du M.) 

LAVAU de, en Vendômois, XIXc siècle. Delavau, en Tou- 
raine,1789 : d'azur au lion rampant d'argent, accompagné de 3 
gerbes de blé d'or, liées de gueules, posées 2 en chef, et 1 en 
pointe. (Lambron.) 

LEBOYNDIÎK, le Boindre. Françoise, épouse d'André Arron- 
deau, XVIc siècle, à Vendôme. Famille du Maine qui fut anoblie 
par ses charges de magistrature : de pourpre au chevron d'or ac- 
compagné, en chef, de 2 roses, et, en pointe, d'une pomme de 
pin, le tout d'or. (Cauvin.) Les archives de cptte famille exis- 
tenl à la bibliothèque du Mans. Y. ARRONDEAU. 



— 171 — 

LEBARILLET, S. d'Anvine et de Monthoudon, testa le 7 mai 
1614. Le Barriller, en Bretagne: d'argent au chevron d'azur, 
accosté de 3 trèfles de sinople. (La Ch.) 

LEL1ÈYBE, ou le Lieur, François, S. de la Voûte en Trôo, 
prêtre chanoine en église collégiale Saint-Martin deTrôo, 1698: 
de gueules, au cor de chasse lié et virole d'argent, enguiché d'a- 
zur, et un chef d'or chargé de 3 mouchetures d'hermines de sa- 
ble, accoté à senestre d'une étoile à 6 rais d'argent. (Av. ms.) 

LIGNERIS des, en Vendômois, S. d'Azay, de Tachères, Chau- 
vigny, etc. : de gueules fretté d'argent, au franc-quartier d'or 
chargé d'un lion de sable; au lambel de 3 pendants d'azur. Fran- 
çois de Ligneris, chev., vivait en 1389. (La Ch.) 

LISGOUEÏ du, Pierre, S. de Courgardy, à Vallennes, 1G89, 
d'une famille de Bretagne : d'argent au chef de gueules chargé de 
7 billettes d'argent, 4 et 3. (La Ch.) 

LOGES des, anciens Sgrs de la Ghapelle-Oaugain, Jacques, 
ép. de Catherine de Broc, XYe siècle, eut son château confisqué 
par arrêt du parlement, après un long procès criminel, dont il 
n'attendit pas la fin. On a découvert dans une salle du château 
de la chapelle un squelette de femme avec '2 bagues, dont l'une 
avec les initiales G. d. B. Armes: 

On trouve aussi un René des Loges, S. de Villemeslé, à Choue, 
en 1689. 

LOMÉNIE de, comte de Montbron et de Brienne. Famille il- 
lustre qui a donné un cardinal. Antoine, fils de Martial de Lo- 
ménie, était S. de La Ville-aux-Clercs : d'or à un arbre de sino- 
ple, avec un tourteau de sable sous la racine, au chef d'azur 
chargé de 3 lozanges d'argent. (Av. d. M.) Aliàs, sans tourteau 
de sahle. Famille anoblie eu 1637. 

LORME de, V. RENARD. 

LOUVOIS de, avec titre de marquis, S. de laGarlière, en Sa- 
vigné-sur-Braye, 1689, de la maison des le Tellier, marquis de 
Gourtenvaux et deSouvré, au Maine : d'azur à 3 lézards d'argent 
posés en pal, au chef cousu de gueules, chargé de 3 étoiles d'or. 
Devise: melius frangi quam flecti. (Ms.) 

LOYNES D'AUTROCHE de, famille d'Orléans, répandue à 
Paris, Nantes et Ghâteaudun. Cette dernière branche posséda des 
biens dans le Vendômois. Titre de comte : d'azur au chevron 
d'argent et une fasce brochante gironnée d'or et d'azur, contre- 
gironnée d'azur et d'or, et, à la pointe de reçu, 7 besans d'or, 
i. 3, àvecun chei de gueules. (Sceau.) 



— 172 — 

LU ART, le Gras, S. du Luart, au Maine, avec titre de marquis, 
de 1700. Famille du Parlement de Paris. Le marquis du Luard 
assista à l'assemblée de la noblesse du bailliage de Mondoubleau, 
en 1789: d'azur à 3 rencontres de cerf d'or, 2, 1. Supports : 2 
lions contournés. Devise: Ne varietur. (Ar. d. M.) 

LUC du, S. de Villeminçon ou Yillemisson, à Sougé, taxé au 
rôle de Farrière-ban du Maine, 1675. Il y a, en Dauphiné, les 
Laire, barons du Luc : d'argent au lion de gueules, lampassé et 
armé de sable. (Cauvin.) 

LUCÉ, Pineau baron de, au Maine, S. de Viennai, intendant du 
Ilainault, puis de Tours, puis de Strasbourg, conseiller d'Etat, 
mort en 1764 ; S. de la Tbierais, en Saint-Avit ; d'argent à 3 
pommes de pin desinople, 2, 1. Supports: 2 lévriers contournés 
colletés de.... Couronne de marquis. (Sceau.) Famille du Parle- 
ment ; se dit venue de Provence. 

MABILIÈRE de la, V.CROSNEAU. 

MAÇONS et Bouteilleurs de la ville de Vendôme, la commu- 
nauté des maîtres : tiercé en bande d'or, de vair et de sable. 
(Ar. ms.) 

MAGNY de, au cbâteau de la Tbierais de 1804, en Saint-Avit; 
était-il de la famille de Magny, Election de Falaise ? qui porte : 
d'azur au chevron d'argent, accompagné de 2 étoiles de même 
en chef, et d'un croissant d'argent en pointe . 

MAIGRE le, dame de la Tabaise, en Baillera, 1689 : d'azur à 
un porc-épic d'or et un chef de gueules chargé de 3 étoiles aussi 
d'or ; accolé d'argent à une croix de sinople et un lion de sable 
brochant sur le tout. (Ar. ms.) V. de MAUROY. 

MAILLÉ de, illustre maison de Touraine, où était la sgric de 
Maillé, depuis Luynes. Une branche de cette famille prit par al- 
liance, en 1474, les nom et armes des la Tour-Landry, comtes de 
Châteauroux. Elle porte : d'or à une fasce crénelée de gueules. 
Plusieurs autres branches. De celle de Bénehart était issu le gou- 
verneur de Vendôme en 1589. Armes de Maillé : d'or à 3 fasces 
ondées de gueules. Devise : Stetit unda jluens. 

Aujourd'hui la branche aînée de la maison de Maillé a pour 
chef le marquis de la Tour-Landry. La branche ducale (qui n'est 
que la 3c branche) a pour représentant Jacquelin, Armand-Char- 
les, duc de Maillé. (M. de Hochambeau.) 

MALESCOT de, Benoist, chev., S. de Cholé, 1698 : au 1, d'ar- 
gent à une bande d<- gueules, coupé de sable et d'argent de 6 piè- 



I 



/.) 



ces; au 2, d'argent, à une croix patéeel alaisée de gueules. (.1/-. 
ms.) On trouve en 1462 L'anjoblissemenl de Jean Malescot. 

MALHERBE de, S. de Poillé, à Marçon, S. d'Huchigny, près 
Vendôme. Ce gentilhomme était commandant du han de Vendô- 
niois, le 17 novembre 1674. Il y a eu un gouverneur de Vendôme 
de ce nom. Cette maison, titrée comte, est très-ancienne et con- 
nue en Vendômois, où elle a possédé des fiels et servi les comtes 
et ducs de Vendôme. M. de Malherbe nous a communiqué, avec 
beaucoup de complaisance, des documents inédits très-intéres- 
sants pour l'histoire du Yendômois ; nous L'en remercions ici. 
Armes: d'or, à 2 jumelles de gneules surmontées de 2 lions af- 
frontés de même. (Sceau.) 

MANDAT de, ou Mandot, V. Guyot. 

MANG1N, ou Mengin, barons en Lorraine. Mangin, S. de Mont- 
mi rail, et de Ghalopain, fut membre de l'assemblée delà noblesse 
du bailliage de Mondoubleau, 1789: d'azur à lafasce d'or, som- 
mée d'un griffon issant de même. (Ar. d. M.) 

MAR de, Jeanne, dame de Bénehart et de Ruillé-sur-Loir, 
vers 1450, mariée à Guillaume de Villiers, baron de Champagne. 

MARANS, comtes de, XVIJe siècle, delà maison de Bueil. De 
Marans fut aussi un surnom de la famille de Vanssay, au Maine. 

MARÉCHAUSSÉE de Vendôme: tiercé en bande, de sinople, 
d'or et d'azur. (Ar. ms.) 

MARÉCHAUX de la ville de Vendôme, la communauté des : 
tiercé en bande d'argent, de gueules et d'or. (Ar. ms.) 

MARESCOT de, S. de Souday, 1518-1586, etc., nom éteint : 
de gueules, à 3 faces d'argent, à un lion brochant sur le tout, et un 
chef de même chargé d'un aigle couronné de sable, (de Saint- 
Paul). Famille anoblie, en 1430, 1596, 1602. Elle se disait venue 
des Marescoli,de Boulogne, en Italie, dont, en effet, elle fut au- 
torisée à prendre les armes, qui sont celles ci-dessus, sauf le 
chef. 

MARIN de MONTMARIN, à Saint-Martin de Sargé, avec ti- 
tre de marquis de la Châtaigneraie, en Poitou. Cette famille a 
produit des conseillers au Parlement de Paris : d'azur, à la fasce 
d'or, accompagnée, en chef, de 3 croissants d'argent, ef, en 
pointe, d'un coq becqué et membre de gueules. Devise : Aspi- 
ciendo crescit. (Ar. du Manie.) Alliée avec Colbert du Terron, 
au XVIIe siècle. 

MARMOUT1EBS, abbaye royale près de Tours. L'abbé pré- 
sentait à plusieurs cures et prieurés du Vendômois : fascé d'ar- 



— 174 — 

gent et de gueules de 8 pièces. (Ar.d. M. et Bulletin de 1S05.) 

MARTIN de, Alexis- César, chev., S. de Sanière et du Plessis, 
1698: de gueules au lévrier contourné d'argent, marchant sur 2 
gantelets en soie de même et tenant avec les 2 pattes de devant 
un casque d'argent, grillé d'or et doublé d'azur, au-dessous du- 
quel est un pot en tète, d'argent. (Ar. ms.) 

MARTONNE de. Famille originaire de Normandie. Titres: 
comte et marquis. Armes: d'azur à la croix d'or, cantonnée de 4 
étoiles de même. 

MATRAS, éc, S. du Rrossier, conseiller-secrétaire du roi, 
décéda à Vendôme. 

MAUDE de, auteur de cet armoriai, à Paris, 18G5; d'une 
très-ancienne famille patricienne du Hainaut ; ép. de Julie de Dou- 
het de Monderand (d'Auvergne) : d'argent, au sautoir de sinople 
accompagné en pointe d'un croissant de même ; accolé d'un écar- 
telé, aux 1,4, d'une tour d'argent en champ d'azur; aux '2 et 3, 
d'une licorne d'argent en champ de gueules. Couronne de mar- 
quis sur l'écu. Devise: Sempre spero. L'ancienne devise: Muud\ 
qui veut dire : chef, hardi. — Alliances: de Wimpffcn, de Rois- 
sac de Latour (Alsace), de Roisin (en Hainaut), de Bruchard, 
de la Pomélie (Limousin)? (Ar. du Mans.) 

MAUPERTUIS de, surnom du chevalier André de Fonlenay, 
néà Vendôme, le 14 juillet 1774. 

MAUROY, famille de Champagne. Angélique deMauroy, veuve 
de Jean Lemaigre, conseiller du roi, receveur général des finan- 
ces à Bordeaux, dame de la Tabaise en Baillou, 1089: d'azur au 
chevron d'or, accompagné de 3 couronnes ducales de même. 
(La Cit.). V. Le MAIGRE. 

MAUVOISIN-ROSNY de, S. de Mondoubleau, et de la baron- 
nie de Fréteval, XIV" siècle, fut prisonnier des Anglais au château 
de Courville : d'or à 3 bandes d'azur, à la bordure de gueules. 
(Ar. d. Mans.) Alias, d'or à 2 fasces de gueules. Famille de Nor- 
mandie, m. t., 1668. V. FRÉTEVAL. 

MECKENIIEIM de, au château des Diorières. Famille origi- 
naire de l'électorat de Cologne : d'azur à 2 sceptres, fleurdelysés 
en leur pointe, et passifs en sautoir d'or. 

MÉDECINS de la ville de Vendôme, la communauté dos : 
tiercé en bande d'argent, d'hermines et d'azur. (Ar. ms.) 

MENARI), médecin du roi, à Vendôme : tierce en bande d'ar- 
gent, d'azur cl de sinople. (Ar. ms.) 



— 175 — 

MENUISIERS de la ville de Vendôme, la communauté des . 
tiercé en bande d'or, de sinople et d'argent. (Ar. ms.) 

MEGRET de Belligny, et d'Etigny, en Guyenne, Vendômois et 
Normandie: d'azur à 3 besans d'argent, 2, 1, et un chef d'or, 
chargé d'une tête de lion arrachée de gueules. V. de BEL- 
LIGNY. 

MERIE de la, du nom de Voré, 1789. 

MESALANT de, Philippe, épouse de Jean de Vendôme en 
1346 : de...., au lion rampant de.... (Ms.) 

MESLIAN DE MOSLAND, S. delà Cuissardière, à Fontaine- 
Raoul, -1G75. Biaise-Claude Meliand, éc.,S. de Breviande, 1698 : 
d'azur à une croix d'or, cantonnée aux 1 et 4 d'un aigle éployé ; 
aux 2 et 3, d'une ruche, le tout d'or. (Ar. ms, ) 

MEZANGE de, S. de Souday, 1494-1518. De Mésange, en 
Normandie: d'azur à la bande d'argent, Côtoyée de 2 étoiles de 
même. (La Ch.) 

MESLAY de, V. BOD1NEAU. 

MEZIÈRE de la, veuve, dame de fiefs à Montoire et à Lunay, 
1789, nous paraît être de la maison de Taillevys. 

MOINE le, S. de la Chaussée, chef du gobelet de S. A. R. Mon- 
sieur, 1698 : écartelé aux 1, 4, d'or à 3 roses de gueules bouton- 
nées d'or ; aux 2, 3, d'azur à une tête de lévrier d'argent lam- 
passée de gueules. (Ar' ms.) 

MONDOUBLEAU, baronnie royale, acquise en 1406 par L. de 
Bourbon, comte de Vendôme. Henri IV vendit cette terre pour 
cent mille écus, en 159:1, à François Escoubleau de Sourdis ; ad- 
jugée, en 1712, à N..deLa Ferté, conseiller au parlement. En 
1752, propriété de la couronne. Elle devint, l'apanage du comte 
de Provence. Les armes de la Baronnie étaient celles de ses dif- 
férents seigneurs. Y. TRIE, AMBOISE, CHATEAUDUN, La RI- 
VIÈRE, de FLANDRES, CLERMONT, DREUX, ESCOUBLEAU. 
VENDOME. 

MONDOUBLEAU, le Grenier à sel de, 1698: de gueules à 3 
fasces d'or. Les officiers de la maison de ville, d'argent, à une 
fasce de sable, accompagnée de 3 roses de gueules, 2 en chef et 
1 en pointe. Le grenier à sel de Mondoubleau dépendait de la di- 
rection générale de Tours, et comprenait 28 paroisses. Les offi- 
ciers de la maison de ville: d'argent à une face de sable el :'> 
roses de gueules, 2, 1. (Ar. ms.) 

MONDOUBLEAU, prieuré de, fondé en faveur de l'abbaye de 



— 176 — 

Saint-Vincenl du Mans: d'azur, au rais d'escarboucle pommelé 
et fleurdelisé d'or. (Ar. ms.) 

MONDOUBLEAU, les avocats de : d'argent, à un Saint- Yves de 
carnation, vêtu d'une robe de palais de sable. (Ar. ms.) 

MONDOUBLEAU (la ville de) : de gueules à un globe ou 
inonde d'argent. (Ar. ms.) Un sceau de 1326 donne une tour 
sommée d'un dôme surmonté d'une croix. 

MONDRAGON de, dame de Boulvère et Maisoncelle, 1789. 
N'est-ce point Mondagron, des sgrs de Hires, au Maine? qui por- 
tait, d'après La Chenaye : de gueules au lion d'or, écartelé d'or 
au dragon ailé de gueules ; et d'après l'a»', ms. : d'or à 3 annelets 
de sable, 2, 1 

MONTAIGU de, S, de fiefs à Montoire, 4789 ; était-il de la fa- 
mille Hue de Montaigu, de Normandie? 

MONTBERON de, V. LOMENIE. 

MONTBOISSIER de, S. de Bénebart, du chef de sa femme, 
Anne-Marie-Geneviève de Maillé, 1711. Une des plus anciennes 
maisons du royaume ; originaire d'Auvergne ; titrée comtes de 
Beaufort et marquis de Canillac : d'or, semé de croix de sable 
recroisetées, au pied fiché, au lion de sable sur le tout. (La 67/..) 

MONTIGNAC, comte de, S. de Sougé, vers 1G75; était de la 
branche des marquis d'Hautefort, barons de la Flotte, de la mai- 
son de Gontaut, en Agenois : d'or à 3 forces de sable ; l'écu en 
bannière. (La Ch.) 

MONTDOUGET de, ou Mondoucet, gentilhomme verrier, à 
Fontaine-Raoul, 1039 ; était-il de cette ancienne famille de 
Beauce qui portait : d'argent à 3 fasces de gueules, chargées de 3 
croisettes d'argent, et le champ aussi chargé de 4 croisettes de 
gueules placées 2 entre chacune des fasces. 

MONTIGNY de, officier du roi, 1089, à Mondoubleau. De 
Montigny, aux Hayes, près de Montoire; XIXe siècle; avec titre 
de marquis. Cette famille a donné un chevalier de Malte, en 
1G56 : échiqueté d'argent et d'azur, à la bande engreslée de gueu- 
les sur le tout. (Ar.de Malte.) Famille originaire de Champagne. 

MONTLIBERT de, originaires du Dunois. La branche aînée, 
dont il ne reste que des filles, a sa résidence au Gault. La branche 
cadette habite à Lavaré (Sarthe), où elle était représentée par 
Paul-Louis-Anne, ancien garde-du-corps du roi Louis X VIII, 
lequel a laissé 2 fils et 2 filles vivants aujourd'hui : d'argent, à 
une fasce de gueules, accompagnée de ."> ruses de même, 2, 1, 



— I / / — 

l'éeu timbré d'un casque de chevalier orné de ses lambrequins. 
(.!/■. du M.) 

MONTLUC, comte de, V. ESCOUBLEAU. 

MONTOIRE, ancienne maison qui perpétua celle de Vendôme 
parle mariage de Pierre de Montoire avec Agnès de Vendôme, 
héritière de cette maison en 1216. Le sgr de Montoire portait 
bannière sous le règne de Philippe-Auguste. 

MONTOIRE. Capitale du Bas-Vendômois., avee titre de comté, 
depuis marquisat. Cette terre taisait partie du duché de Ven- 
dôme, et revint au roi après le dernier due de ce nom; depuis 
acquise par Desnoyers, homme de fortune, natif de Blois, qui la 
vendit au duc deTallard, duquel elle passa par acquisition à N... 
Tessier, depuis à la maison de Coetonfao, d'où elle tomba dans 
celle deKeroent, qui obtint du Conseil un arrêt par lequel cette 
terre de Montoire devait porter le nom de Keroent. 

MONROGNON de SALVE Rï, à la Fredonnière. Noblesse ve- 
nue d'Auvergne; titre de comte: d'azur à la croix ancrée d'ar- 
gent. (Ar. du M.) 

MONTMARIN de, sgrie en Poitou, dont la famille Marina pris 
le nom, et l'a donné au château deMontraarin enSargé. V. MA- 
RIN. 

MONTMOREAU de, S. d'Alleray, 1691 ? 

MOQUET. V. REMÉON. 

MORILLON, Pierre, conseiller du roi, dans l'élection de Ven- 
dôme, 1698: d'or au casque de sable. (Ar.ms.) 

MORNAY de, abbé de Vendôme. Famille duBerri, avec titre 
«le comte : burelé d'argent et de gueules, au lion de sable couronné 
d'or (Ar. d. M.) 

MOR1N, lieutenant et Maire de Vendôme, 1698: tiercé cm 
bande de gueules, de vair et d'argent. I Ar. ms. | Ai mes d'offu e. 

MOTTE de Bezaydela, de la famille Gallois. 

MOTTE de la, du nom de Fontenay. 

MOULIN du. Y. SAVARRE. 

MUR du, Pierre, conseiller du roi, grènetier au grenier à sel 
de Vendôme: tiercé eu bande, d'azur, d'or el de vair (Ar. ms.) 
Armes données d'office. 

MUSNIER DE NANTOUILLET, le. Jacques-François, chev. , 
s. de la Jousselinière, de la Salle-du- Vieux-Pont, maison située 

rue Poterie, à Vendôme, KVIIe siècle, d'azur au chevron d'or, 
accompagné de:', meusniers d'argent, (.le. il" M.\ Le Musnier, 

v. 13 



— 178 — 

conseiller au Parlement île Paris, de 1645, portait 3 poissons au 
lieu de meuniers (M. cl. r.) 

MUSSET de, S. de laBonnaventure. Famille titrée marquis de 
Cogners, au Maine. En 1800, le marquis de Musset devint pro- 
priétaire de la terre d'Huchigny, du chef de sa femme, Marie de 
Malherbe; il était né à Mazangé, en 1753, mort en 1839. Litté- 
rateur, antiquaire, historien, agronome. Armes: d'azur à l'éper- 
vier d'or, chaperonné, longé et perché de gueules. (Cauvin.) 



(La suite au prochain Bulletin. J 



Avant de donner l<i pièce qu'on va lire, qu'il nous 
soit permis de consacrer ici une note biographique à 
l'auteur : 

M. Louis Boûchet, né à Vendôme en 1815, mort à 
Brest, lieutenant de vaisseau, à l'âge de 32 ans, a laissé 
un recueil de poésies manuscrites et de pièces en prose 
de genres très-variés : épîtres, élégies, orientales, fan- 
taisies amoureuses et cavalières, impressions de voyage; 
pages sombres, gaies, folles, rêveuses; imitations de 
lord Byron ou d'Alfred de Musset ; écho multiple d'une 
âme de poëte, peu susceptible d'ailleurs de discipline. 
De là parfois un sans-façon de style, des allures de ma- 
rin, qui, jointes au caractère le plus souvent personnel 
de ces poésies, rendent bien difficile un choix à l'a- 
dresse du public. Pourtant nous en avons extrait celle- 
ci, l'une des plus châtiées, qui a été composée à l'occasion 
du buste de Ronsard, reproduit par M. Yrvoy, pour la 
grande salle de la mairie. Il nous a paru que cette pièce, 
malgré ses 22 ans de date, ne manquait pas d'à-propos 
au moment où, parmi nous, l'opinion semble réclamer 
un plus haut honneur pour notre poëte vendômois, et 
lorsque l'artiste qui lit le buste nous offre généreusemen i 
d'exécuter la statue. La place de ce monument ne serait- 
elle pus toute marquée au milieu de la roui de nuire 
nouvel hôtel-de-ville " 



C. I!. 



RONSARD A VENDOME 

Par .M. Louis Bouchet. 



l',i lyre qui ravit par <i'- m doux a. cords, 
Te soumet les esprits doul je o'ai que les ço ps 
( Charles IX a Ronsard. ) 



De tous les siècles morts nul ne l'ut plus puissant, 
Plus fort que le seizième; aucun autre en [tassant 

N'étonna tant le monde 
Et si profondément ne le fit tressaillir; 
Nul autre ne jeta pour les temps à venir 

Semence si féconde. 

Hardi rénovateur, dans ses mains de géant, 
11 prit et broya tout, sans ployer un instant 

Sous cette immense charge. 
Poésie et beaux-arts, guerre et religion, 
II enveloppa tout dans son grand tourbillon, 

Et refit tout plus large. 

C'est que ceux qui portaient globe, tiare ou lis, 
C'étaient François premier, Charles-quint, Léon-dix, 

Et puis, noble phalange, 
Venaient Martin Luther, le grand réformateur, 
Montaigne et Rabelais, Cellini le sculpteur, 

Raphaël, Michel-Ange. 



INI 
Et les combats d'alors étaient rudes et beaux 



On appelle ces champs où luttaient des héros, 

Marignan ou Pavie, 
Souvenir à la fois de peine cl de grandeur, 
Pavie où nos guerriers, perdant tout fors l'honneur, 

Vendaient si cher leur vie ! 



Pavie où notre sang coulait abondamment, 
Où chacun se battait avec acharnement, 

Tombait avec vaillance; 
Où, seul des siens debout, un hardi chevalier, 
Un tronçon d'arme au poing, se rendait prisonnier; 

(-'était le roi de France ! 

Veuve de ton monarque et veuve de tes preux, 
Pauvre France, pour loi quel soleil désastreux ! 

Au sein de tes alarmes, 
Console-toi pourtant; ton Dieu dans sa bonté 
Vient de prendre en merci ta triste adversité, 

Et veut, sécher tes larmes. 

Dans ce temps de revers, en un calme château, 
Paisiblement assis entre les bois et l'eau, 

Un enfant vint au monde. 
France, garde-lui ton plus riant accueil, 
Car lu feras un jour ton légitime orgueil 

De celle tète blonde. 



C'est qu'aussi Dieu marqua cet entant de son sceau ; 
Des poêles bientôt il ceindra le bandeau; 



82 



El bientôt son génie, 
D'un art créé par lui déployant l'étendard, 
Partout ira porter le beau nom de Ronsard 

Sur des (lots d'harmonie. 



Par lui la Poésie alors ne sera plus 

Un enfant bégayant un amas tout confus 

De galants badinages ; 
Mais une noble muse à l'esprit cultivé, 
Au maintien élégant, au langage élevé, 

Tout chatoyant d'images. 

Cinq rois honoreront de leur intimité 
Ce protégé des deux qui chanta la beauté 

Et fit la Franciade. 
Les poètes du jour, se rangeant sous ses lois, 
Tout haut proclameront le cygne vendômois 

Pour chef de leur pléiade. 

Mais quel sort, ô Ronsard, attend ton avenir ! 
Quand tes contemporains le voyaient resplendir 

D'une gloire si pure, 
Oui donc eût pu prévoir que deux siècles entiers 
Jetteraient à ton nom, jaloux de ses lauriers, 

L'oubli sinon l'injure? 



Grand faiseur de sonncls, un poëte glacé, 
Puis un froid satirique au jugement faussé, 

Pères d'une autre école, 
Essavèrenl tous deux de le répudier, 



— 183 



Et le peuple niais se prit à l'oublier 
Sur leur simple parole. 

A noire siècle seul appartenait l'honneur 

De restaurer ton nom, de rendre à sa splendeur 

Ton antique couronne. 
N'est-ce pas lui déjà qui, malgré cris et bruit, 
Noblement retira Shakspeare de sa nuit, 

Pour lui donner un trône? 

Par le torrent d'alors dans l'erreur entraîné, 
Ton injuste pays longtemps l'a condamne 

A l'oubli le plus triste; 
Mais des cœurs généreux le vœu fut entendu; 
Tu renais parmi nous ; tu nous reviens, rendu 

Par un tout jeune artiste. 

Ton front tranquille et fier, tes traits nobles et purs 
De notre hôtel-de-ville ornent enfin les murs. 

Après si long déboire, 
Viens, ô Ronsard, trôner, paisible souverain, 
Dans ce vieux monument, jadis contemporain 

Des beaux jours de ta gloire. 

Mais, hélas ! c'est trop peu, pour toi comme pour nous; 
Qu'un large piédestal s'élève aux yeux de tous, 

Sur la place publique ; 
Que le bronze se torde aux flammes des brasiers, 
Et nous rende immortel, le front ceint de lauriers, 

Notre poëtc antique ! 



— 184 — 

Corneille dans Rouen se mire aux flots surpris, 
Montaigne est à Bordeaux et Molière à Paris. 

Oh ! gardons l'espérance 
Que tous ces noms fameux, orgueil de nos cités, 
Un jour se répondront, par nos cris répétés, 

Des deux bouts de la France. 



Vendôme, janvier 1844. 



Vendôme. Typ. & Lith. Lemercier 



SOCIETE 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU VENDOMOIS 



5 e Année. — 4 e Trimcslre. 



OCTOBRE 18GG 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le jeudi 11 octobre 18G0, à 1 heure, au lieu 
ordinaire de ses séances. 

Etaient présents au Bureau : 

MM. Ch. de Lavau, président; G. Boutrais, vice-pré- 
sident; V. Dessaignes, trésorier; Nouel, conservateur; 
Ch. Bouchot, bibliothécaire-archiviste; Filly, secrétaire- 
adjoint; le duc de Doudeauville, Ilinglais, Launay, l'ab- 
bé Houllet, de La Vallière; et A. Queyroy, . conservateur- 
adjoint, membre honoraire. 

Et MM. Billault, l'abbé C. Bourgogne, Em. Chautard, 
J. Chautard, Duriez, Faton, Gadeau, 0. Gendron, de 
Geoffre, d'Harcourt, Ilème, Lemaître, P. Lemercier, 
Mareschal, Ph. Martellière, de Massol, D. Menard, l'ab- 
bé Monsabrè, de Nadaillac, l'abbé de Fréville, l'abbé 
v. 14 



— 18G — 

Renoii, Em. Renou, Ribcmont, A. de Rochambcau, 
l'abbé Roger, Thillicr, G. de Trémàult, A. de Trémault, 
l'abbé Van-\Yanghen, et deWacquant. 

M. le Président déclare la séance ouverte. 

Le procès-verbal de la séance générale du 12 juillet 
1866 est lu et adopté. 

Le secrétaire-adjoint fait connaître les noms des nou- 
veaux membres reçus par le Rureau depuis cette réu- 
nion ; ce sont : 

MM. Arrondeau, notaire au Gault ; — Salmon, pro- 
priétaire à La Flèche ; — Charles de Travanet, à Ven- 
dôme ; — Raoul Peltereau, négociant, à Châteaurcnault; 
— Gabriel Peltereau, officier de marine, à Vendôme ; — 
Michel Jochum, manufacturier, à la Chambre, commune 
de Saint-Avold (Moselle) ; — Rillault, officier au ¥ Cui- 
rassiers, à Vendôme. 

Il est procédé eux élections, indiquées par Tordre 
du jour, pour le renouvellement partiel des membres 
du Rureau; ceux dont les fonctions expireront au 31 
décembre 1866 sont MM. Ch. Rouchet, bibliothécaire- 
archiviste, Filly, secrétaire-adjoint, et Launay. 

Le nombre des votants est de 40. — Le dépouille- 
ment du scrutin donne le résultat suivant : M. de Ro- 
dard, 30 voix; M. H. deRrunier, 23 voix; et M. Faton, 
20 voix. 

M. le Président proclame MM. de Rodard, II. de 
Rrunier et Faton, membres du Rureau à partir du 1 er 
janvier 1867. 

Il est ensuite procédé à la nomination du bibliothé- 
caire-archiviste. Conformément aux décisions du Rureau 
des 2 novembre et 7 décembre 1865, ce fonctionnaire, 
rééligible tous les trois ans, peut être indéfiniment main- 
tenu avec le titre de membre honoraire du Rureau. — 
M. Ch. Rouchet est élu à l'unanimité des voix. 



— 187 — 
M. le Président donne la parole à M. le conservateur. 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

des Objets offerts à la Société 
ou acquis par elle 

depuis la séance du 12 juillet 186G. 

Nous devons mentionner tout d'abord et hors ligne un don 
considérable qui nous est fait par M. P. Fcrrand de Montdou- 
bleau, au nom de son frère, décédé en cette ville le 25 avril 
dernier. Ainsi nous ne nous trompions pas en considérant l'of- 
frande que M. Ferrand a bien voulu nous faire, lors de notre 
dernière séance, comme un simple avant-coureur. Aujourd'hui, 
près de huit cents médailles, une liasse de papiers et parchemins 
et divers autres objets viennent compléter cette marque de gé- 
nérosité, et constituent un lot tel que nous n'en avons peut-être 
pas encore reçu. Il nous est remis, comme nous l'avons dit, par 
le donateur « en mémoire et au nom d'un frère qui, malgré les 
révolutions et l'esprit de parti, est resté dans ses honorables 
fonctions pendant 32 ans, et a emporté avec lui l'estime et la 
considération de tous ses concitoyens. » — Nous sommes con- 
vaincu que la Société Archéologique s'associe à ces sentiments, 
ainsi qu'à la vive reconnaissance que nous exprimons à l'auteur 
de ce présent. 

Nous allons décrire, chacun en son lieu, les objets en ques- 
tion. 

Nous avons reçu : 

I. — OBJETS D'ART k D'ANTIQUITÉ. 

De M. P. Ferra nd : 
Une STATUETTE funéraire, rapportée d'Egypte on 1837. 
Haut.,0m, 81/2. 



— 188 — 

Une FLÈCHE de sauvage, en roseau, mesurant 0'",7:>>. 
Une petite HACHE celtique polie, de 6 cent, de longueur. 

De M. Martellière, juge à Gien : 

Une petite FIGURE DE VENUS gallo-romaine, du I\ r e siè- 
cle; fac-similé en biscuit de faïence de Gien, exécuté parle do- 
nateur lui-même. L'original, en terre blanche, a été trouvé à 
Faverollcs (Loiret). Morceau curieux de 0«n,15 1/2 de hauteur 
sur (V,9 1/2 de largeur. 

De M. Labbé, propriétaire de l'ancien château du Rouillis, 
par l'intermédiaire de M. Hervé, horloger: 

Un EPERON mérovingien (?) trouvé au Rouillis. Fort cu- 
rieux. 

De M. de Relfort, sous-préfet de Ghàteaudun et prési- 
dent de la Société de cette ville : 

L'EMPREINTE en cire rouge d'un sceau en cuivre offert à 
cette Société, et qui pourrait être relatif à la Trinité de Yen- 
dôme (??) 

De M. Chaffin : 
Deux ASSIETTES en faïence de Strasbourg, décorées de per- 
sonnages chinois. 

II. — MÉDAILLES. 

De M. P. Ferband : 
700 pièces, savoir : 
25G romaines ; 
13G royales françaises ; 

56 seigneuriales ; 
158 étrangères ; 
155 jetons français ; 
20 étrangers. 
On comprendra qu'en présence d'une pareille masse, nous 
soyons forcés d'abréger notre compte rendu et de ne nous arrêter 
qu'aux pièces les plus remarquables. 



— 189 — 

Les romaines sont toutes des impériales, depuis Auguste jus- 
qu'aux fds de Constantin, la plupart en grand et moyen bronze. 
Sept sont eu argent. — Nous signalerons : 

Un Hadrien avec l'Eternité, tenant les têtes du Soleil et de la 
Lune. G. B. 

Un Septime-Sévère, à la Victoire britannique ( VICTOWAE 
BRIT. ). Victoire passant, tenant une palme et une couronne. 
AR. 
Une Grispine. — Vénus Victrix. M. B. 
Un Postume, à l'Hercule Dcusoniciisis, dans un temple tétra- 

style. M. B. Bien conservé. 
Un Constantin César. — Génie du peuple romain. M. B. Très- 
beau. 
Enfin plusieurs autres pièces également d'une conservation 
hors ligne: Philippe père, Philippe fds, AR., etc., etc. 

Royales Françaises. — Les plus remarquables sont : 

2 petites gauloises en argent : Tête casquée. — Cheval à tète 
d'oiseau galopant. 

Un fort beau denier de Louis-le-Débonnaire. Au revers : 
META - LLVM en deux lignes. La plus belle pièce peut- 
être de la collection. 

Un gros tournois de saint Louis, avec points secrets (?) 

Un Grossu de Charles VI, très-beau. 

Un Hardy ou liard de Louis XL 

Une très-l>elle pièce du siège de Mayence en 1793, etc., etc. 

Seigneuriales. — 'i deniers du Mans au monogramme de 

Herbert (Xle siècle). 
Une petite monnaie de la cité de Metz (bugne). 
Un Blanc de Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne. 

Etrangères. — Un superbe Baiocco de Clément XIII. 175'.». 
Armes pontificales. 

Un Charles II d'Angleterre. 1073. 

Un half-penny de Chichester. 1 70 i. Buste de la reine Elisa- 
beth de face. 



— 100 — 

Une fort, jolie pièce d'argent de Frédéric-Auguste, électeur de 

Saxe. 1764. 
Une, également d'argent, de Plaisance en Italie. 1790. 

Jetons français. — 2 jetons de Henri II, curieux. 

Un sceau d'un religieux de la Couture.... (de cvllvra n) (?) 
XIIIc siècle. 

Une superbe médaille de Gh. Ant. Barberini, grand-aumônier 
de France. 1G5G. Effigie. 

Une médaille satirique contre la papauté (fm du XVIe ou XVIIc 
siècle). 

Plusieurs jetons bistoriques de Louis XIV. 

Un magnifique delà cbambre aux deniers en 1746. 

Plusieurs des Maires de Tours, Angers, etc. 

Enfin 4 jetons vendômois, savoir: 3 d'Antoine de Bourbon, 
semblables à celui que nous avons décrit dans notre dernier nu- 
méro, mais avec quelques variantes dans la légende du revers. 
Et un de César fort curieux. D'un côté : césar, d. de. vendosme. 
beavfort. et. destamp. Armes de France, brisées d'un bâton 
de bâtardise, entourées de 2 palmes de laurier. Couronne de 
duc. Au revers pour légende, ce vers de Virgile : disce pver 
virtvtem ex me vervmq; laborem 1 . Henri IV debout étend la 
main vers César enfant, et semble lui adresser la parole. A l'exer- 
gue : 1609. — Cette pièce, comme nous l'avons dit, est fort im- 
portante pour les armes de la dernière brandie de Bourbon-Ven- 
dôme. Il en résulte que ces armes auraient été dans le principe 
celles que nous venons de décrire. Nous avions cru d'abord aune 
erreur du graveur, qui aurait représenté une barre au lieu d'une 
bande ; mais la barre se retrouvant, à notre connaissance, sur plu- 
sieurs autres médailles de César, il nous semble qu'il n'y a plus 
lieu de douter. Au reste, on conçoit que nous ne pouvons exposer 
ici nos idées que d'une façon bien sommaire. Qu'il nous suffise de 
faire remarquer que c'est là un fait tout nouveau dans l'histoire 
des armoiries vendômoiscs. 

1 Enéide. XII, 435. 



— 191 — 

Jetons étrangers. — Un do Charles I". 1043. — Une bulle 
en plomb d'Innocent XII (1691-1700). 

De M'ie Chaligné, fille de M. le Maire de Danzé : 
2 pièces, dont un double sol parisisde Charles IX. 1571. Pro- 
vence. 

De M. Ducoin, horloger : 
Un jeton en cuivre du même roi(pietate et justifia). 

De M. P. Martellière : 
Un jeton en cuivre Povr la chambre des chavssées dorleans. 
1586. 

III. — IMPRIMÉS & MANUSCRITS. 

De M. P. Ferrand : 
Un lot de PAPIERS et PARCHEMINS, la plupart relatifs à 
la terre de Saint-Amand (canton de Vendôme). — Nous citerons : 
La traduction d'un acte de l'an 1200, dont l'original est malheu- 
reusement perdu, et qui contient une transaction entre les frères 
de la Maison-Dieu de Vendôme et Guy Corpain, seigneur de St- 
Amand (?) — Cinq contrats de vente ou de donation, qui seront 
utiles pour reconstituer la série des seigneurs de St-Amand, 
Ambloy et Poulines, depuis 1G48 jusqu'en 173G. — Une charte 
d'une dimension extraordinaire, l'«,55 sur 0>»,59, composée de 
3 pièces de parchemin cousues. C'est un règlement de succes- 
sion entre particuliers demeurant au Temple, près Montdou- 
hleau, par devant P. Boullay, notaire au Mans, le 19 février 
1554. — Renseignements curieux sur des noms de famille ou de 
localités. 

De M. LemaItre, professeur de troisième au Lycée de Ven- 
dôme : 

Le DISCOURS prononcé par lui à la dernière distribution 
des prix (Eloge des Lettres). Broch. in-8". 

De M.Félix Blanc, archiviste du département : 
Essai historique sur LE COLONAÏ EN GAULE, depuis les 
premières conquêtes romaines jusqu'à l'établissement du ser- 



— 19-2 — 

vage (283 av. J.-C. — Xe siècle). — Blois. Giraud. 1866. — Vol. 
gr. in- 80 de 107 pages. 

Très-beau travail, où se retrouvent les qualités fortes et sévè- 
res de cette Ecole des Chartes d'où l'auteur est sorti. 

De M. Léon Galotti, capitaine d'Etat-Major, professeur- 
adjoint à cette Ecole. 

ETUDE des travaux de siège d'Alésia; 

Et LE MONT-AUXOIS, Lettre à M. le colonel Sarrette. 

(Besançon. 1866.) — 2 broch. in-8°. Dans la première, l'au- 
teur recherche la nature et l'étendue des ouvrages construits par 
les Romains, pour le blocus d'Alésia, et applique à cette étude 
des considérations aussi neuves qu'ingénieuses. — Dans la se- 
conde brochure, il démontre, contrairement à une opinion pour 
ainsi dire officiellement adoptée, que le Mont-Auxois n'est point 
celui où s'élevait le célèbre oppidum gaulois. 

Par échange avec les Sociétés ci-après, les MÉMOIRES ou 
BULLETINS : 

De la Société académique de Maine-et-Loire, tomes 1I1-IV, VI, 
IX etXI-XII,— 4 vol. in-80. 

De la Société d'Agriculture.... de la Sarthe. 2« trimestre de 
1860. Broch. gr. in-8°. 

De la Société des Antiquaires de l'Ouest, 2c trimestre de 
18GG. — Id. 

De la Société Polymathiqne du Morbihan. 1er semestre de 
1866. — Id. 

De la Société de Semur, 2e année. 1865. — Id. 

Enfin de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir 10 volumes, 
10 brochures et 4 cartes. Nous signalerons: 

Les Mémoires de la Société de 1858 à 1863. 3 vol. in-8°; 

Statistique archéologique d'Eure-et-Loir. Tome 1er, par M. de 
Boisvillette. 1 vol in-8« 

Statistique scientifique. Botanique, par M. Ed. Lefèvre. Les 3 
premières livraisons. 3 broch. in-8°; 

Enfin le magnifique cartulaire de Notre-Dame de Chartres, pu- 
blié, sous les auspices de la Société, par MM. E. de Lépinois 



— 193 — 

et LucienMorlct, et qui ;i remporté le prix au dernier concours 
des Sociétés savantes. Ceci nous dispense de tout éloge. 3 vol. 
in-4". 

Par envoi dn Ministère de l'Instruction publique: 

REVUE des Sociétés savantes. Mai et juin 1856. 2 broch. 
gr. in-8°. 

Et DISTRIBUTION des récompenses accordées aux Sociétés 
savantes, le 7 avril 18GG. 1 broch., id. 

Le numéro de Juin delà Revue contient un Rapport sur les 
travaux archéologiques proprement dits de notre Bulletin de 
seconde année. 

IV. — OBJETS D'HISTOIRE NATURELLE. 

De M. P. Ferra.no: 
Un lot de MINÉRAUX et FOSSILES de provenances di- 
verses. 

De M. A. de Rochamreau: 
Un Fragment de BOIS PÉTRIFIÉ provenant du terrain cré- 
tacé. 



LE VENDOMOIS 

A LA FIN DU XVII e SIÈCLE, 

Par M. Auguste de Tuémault. 

(Suite et fu>.) 



Etat ecclésiastique. — La généralité d'Orléans 
ne renferme pas seulement les Diocèses d'Orléans, de 
Chartres et de Blois. Elle s'étend encore beaucoup dans 
ceux de Sens, d'Auxcrre, de Bourges et du Maque et un 
peu dans celui de Tours qui ont leurs sujets dans les 
provinces voisines.... 

.... LEvcche de Chartres contient six archidiaconés, 
il contenoit 1700 paroisses avant l'érection de l'Eveche 
de Blois... 

L'Eveche de Blois suffragant de l'Archevêché de 

Paris, a été érigé par le Pape Innocent XII en l'année 
1097. M r Bertier dont la vertu et le mérite est très 
connu en est le premier Eveque. Il est situé entre 
l'Eveche d'Orléans du côté du midi et d'orient, celui de 
Chartres du côté du nord, du Mans et de Tours du coté 
d'occident, de manière qu'il renferme dans l'Election 
de Vendosme tout le haut Vendosmois, à la réserve des 
paroisses de Villiersfaux, Prunay et Fortan, qui sont du 
diocèse du Mans, une bonne partie de l'Election de Cha- 
teaudun et toute celle de Blois. Tout ce qui compose le 
nouvel Evechc a été distrait et pris de celui de Char- 
tres dans l'arehidiaconé de Vendosme, de Dunois, et ce- 
lui de Blois. Il consiste en cinq abbayes, quatre d'hom- 
mes et une de filles, plus de soixante prieurés, trois 
églises collégiales, beaucoup de chapitres et près de 
400 paroisses 

..,.. L'abbaye de l' Aumône de Citeaux ordre de S* 



— 193 — 

Bernard est à M' l'Evoque d'Evreux. Le prieuré de 
Morée à M r le Commandeur de Luxembourg. 

......L'abbaye de la Trinité de Vendosme ordre de S 1 

Benoist, congrégation de S 1 Maur est la pins considé- 
rable. M 1 ' le grand prieur la tient en commande. 

Le prieure de Lancé dans le Haut Vendomois. 

S 1 Georges de Vendosme, troisième église collégiale 
de.ee diocèse est composée de six dignités, 12 cha- 
noines, 8 hebdomadaires, 4 vicaires et 10 chapelains. 
Ce chapitre a été fondé par les anciens comtes de Ven- 
dosme vers l'an 1038. Les princes de cette maison en 
confèrent tous les bénéfices, et sur leurs provisions le 
chapitre reçoit ceux qui sont pourvus, sans aucune in- 
stitution ecclésiastique Le chapitre toutefois a la nomi- 
nation des A vicaires et du maitre des enfants de Chœur 
qui est fondé. 

Les chanoines réguliers de S 1 Augustin ont dans 

la même ville, (Blois) le prieure de S 1 Lazare. 

Les corcleliers, les Capucins, les jacobins, les minimes, 
les Carmélites, les filles de la Visitation et les Véroni- 
ques ou chanoinesses régulières de Tordre de S 1 Au- 
gustin ont chacun un couvent. 

Les jésuites y tiennent un collège pour l'instruction 
de la jeunesse. Les Bénédictins en ont un autre à Pont 
le Voy. 

Les pères de l'Oratoire ont un collège à Vendosme où 
il y a aussi un couvent de Capucins, de Corcleliers, des 
Ursulines et des filles du Calvaire de Tordre de S 1 Be- 
noist. On peut ajouter à ces maisons religieuses la com- 
munauté des Sœurs grises de Vendosme et des nou- 
velles catholiques de Blois. 

11 y a peu de choses a remarquer touchant les hôpi- 
taux. 

L'hotel-Dieu de Vendosme est régi pour le temporel 
par un notable Bourgeois pourvu et commis par le Duc 
de Vendosme, à la charge de rendre compte de son 
administration devant le bailly, le procureur fiscal et les 
Echevins de la même ville. On y entretient i<> lits. C'est 
le seul hôpital où l'hospitalité s'exerce dans toute cette 



— 100 — 

élection. Le domaine de la Commanderie de Vendosme 
y a été uni en partie par arrêt du conseil de 1007, qui 
a aussi ordonné que deux fermes qui en dépendent et 
sont proches de Champigny demeureront unies à l'hô- 
pital qui doit y estre incessamment étably. 

Les maladreries qui subsistent et qui n'ont pas été 
reunies sont, la Commanderie de Marchenoir ordre de 
S 1 Lazare. 30 paroisses du Diocèse du Mans, dont 3G 
sont situées dans le bas Vendomois, font encore partie 
de l'Etat ecclésiastique de la Généralité. On y trouve 3 
abbayes, celle de S 1 Georges des bois, ordre des cha- 
noines réguliers de S 1 Augustin tenue en commande par 
M 1 ' l'abbé Le Bossct dans la paroisse de S 1 Pierre de 
Blois ( S 1 Pierre des Bois. ) 

L'Abbaye de l'Estoile ordre de Premontré en com- 
mande de M 1 ' de Bellemare, dans la paroisse d'Auton. 
L'abbaye de la Virginité communauté des filles de l'or- 
dre de S 1 Bernard, dans la paroisse des Roches l'Evesque. 

Il y a aussi neuf prieurés, entre lesquels ceux de 
Lancé, de Villemau, de Goisval ( Croixval ) et de Lavar- 
din ont un plus gros revenu que les autres; plusieurs 
chapelles, une église collégiale et un chapitre dans le 
bourg de Trôo. Un couvent d'Augustins et des filles de 
la Charité à Montoire, un hôpital dans lequel l'hospitalité 
n'est point exercée, non plus que dans celui de la pa- 
roisse des Roches l'Evesque, lesquels néanmoins ne sont 
pas encore unis à d'autres hôpitaux plus considérables, 
pareequ'on ne l'a pas demandé. L'Eveque du Mans en 
demande actuellement la réunion à l'hôpital de Mon- 
toire. H y a aussi une Commanderie de Malthe dans la 
paroisse d'Artins 

Les vicaires généraux de MM ,S les Eveques et 

leurs ofliciaux exercent dans chaque diocèse la juridic- 
tion ecclésiastique. Celles qui règlent les autres états de 
la Généralité regardent le Gouvernement militaire, la 
Justice et les Finances, dont il faut à présent parler. 

Gouvernement militaire. — M r le marquis de 
Sourdis esl gouverneur de la ville d'Orléans et pays Or- 



— 197 — 

léonais, Blaisois, Ghartrain, Danois et Vendosmois, et a 
sous lui plusieurs lieutenants généraux, scavoir : M r de 
Dessous Marquis de la Loude, lieutenant général de 
l'Orléanais, Vendosmois et Montargis, M r le Marquis de 
Foy, ( Thois ) lieutenant général en Dlaisois. Le Dunois 
est en contestation entre M r de la Loude et lui. M r le 
marquis d'Harville lieutenant général du pays Ghartrain, 
auxquels ont été ajoutés trois lieutenants de roi à la 
dernière création. M r d'Arbouville dans l'Orléanais, M 1 ' 
de Dullion fils dans le pays Chartrain, ctM r le Comte de 
Saumery dans le Blaisois. 

Pendant la dernière guerre la Généralité d'Or- 
léans a fourni un régiment de milice composé de 8 com- 
pagnies de 50 hommes chacune. 

MM rs les Maréchaux de France ont des lieutenants à 
Orléans, à Chartres, à Blois, à Montargis, à Yeuville(Jan- 
ville) qui connaissent des différents de la noblesse. Les 
charges sont de nouvelle création. 

Il y a dans les mêmes villes et dans la plupart de celles 
qui sont des sièges d Elections des compagnies de ma- 
réchaussée, des iieuten ls criminels de robe courte, sca- 
voir.... 

La compagnie des maréchaux qui est à Vendosme 

se compose d'un prévôt, un assesseur, un procureur du 
roi, un greffier et six archers. 

A Chateaudun un prévôt, deux lieutenants dont l'un 
réside à Chateaudun l'autre à Donneval, deux assesseurs, 
un procureur du roi, un greffier et dix archers deux des- 
quels n'ont point de gages. 

A Dlois, un prévôt, un lieutenant, un assesseur, un pro- 
cureur du roi, un contrôleur aux montres, un exempt 
un greffier et neuf archers.... 

Justice et Juridictions. —Toute la généralité d'Or- 
léans est du ressort du Parlement de Paris. Elle est 
divisée en quatre grands baillagcs ou sénéchaussées avec 
sièges Présidiaux qui sont, à Orléans, à Chartres, à Dlois 
et à Montargis : les trois premiers de l'ancien établisse- 



— 198 — 

mont des Présidiaux sous Henri II. et le dernier de 
Tannée 1035 sous Louis XIII 

Les bornes du Comté de Biois sont aussi celles 

de son baillage. Il a deux chastellenies royales, l'une à 
Romprantin l'autre à Millancez qui ont sous elles des 
prévôts et des justices subalternes. Les appellations de 
ces Chatellenies sont portées au parlement en toutes na- 
tures, excepté dans les cas des présidiaux à l'égard 
desquels elles sont relevées au présidial de Blois siège 
principal du baillage. Il commence à l'orient vers Les- 
tron village sur la Loire audessous de Beaugency et 
finit à l'occident au bourg de Longy. Du côté du nord, 
il renferme dans la Beauce tout le comté de Dunois, 
c'est-à-dire le baillage de Chateaudun avec les chatelle- 
nies de Marchenoir, Freteval, Morôe, Courtalain, le Pies- 
sis d'Eschelles, Molitard, Patay, Chateauvieux et beau- 
coup d'autres justices qui en dépendent. Du côté du 
midi il s'étend jusqu'à Chateauroux et embrasse dans la 
Sologne plusieurs justices considérables 

Le corps des officiers de chaque baillage et siège 

présidial est composé savoir : à Orléans, de 2 prési- 
dents, 1 lieutenant général qui est commissaire exami- 
nateur, 1 lieutenant criminel, 1 lieutenant particulier à 
l'office duquel celui d'asseycur est uni, 1 chevalier 
d'honneur et 2 conseillers honoraires nouvellement 
crées et 22 autres conseillers, entre lesquels il y en a 
un d'église, 2 avocats et un procureur du roi. Le greffe 
est engagé et s'exerce par des commis. Les offices de 
conseiller rapporteur des défauts et de garde scel sont 
unis au corps. Ceux des Présidiaux de Chartres, de Blois 
et de Montargis sont composés des mêmes officiers, 
mais le nombre des conseillers n'y est pas si grand. Il 
n'y en a que 16 à Chartres de la même création, 14 à 
Blois, et seulement 12 à Montargis. Chaque baillage a 
un commissaire aux saisies réelles et un receveur des 
consignations et beaucoup de bas-officiers particuliers. 
Celui d'Orléans où il y a 84 procureurs, 70 huissier ou 

sergents royaux et 32 notaires 

Le baillasse de Vendosme renferme le haut et le 



— 199 — 

bas Vendosmois et est divisé en quatre chastellenies ou 
sièges particuliers qui sont à Vendosme, à Montoire, à 
Savigny et à S 1 Calais. Celui de Vendosme est le siège 
principal, et il a sons lui tant en première instance 
que par appel, la ville de Vendosme et tout le haut 
Vendosmois, composé de 45 paroisses dans lesquelles 
il y a plusieurs hautes justices comme celles du Plessis- 
fortia, Courcriau ( ? ) et du Bouchet-touteville. Celle de 
la Roche-turpin, quoique située dans le ba$ Vendos- 
mois est aussi de son ressort. Les autres sièges éta- 
blis à Montoire, à Savigny et à S 1 Calais, partagent le 
bas-Vendosmois composé de ces petites villes et de 42 
paroisses. De ces trois sièges celui de Montoire est 
le plus considérable; car toutes les hautes justices du 
bas-Vendosmois y ressortissent excepté celles du Sau- 
trier ( ?) des Hermites et de Villedieu qui vont à Beaugé. 
Celles de Ferriere et d'Epeignes à Tours, colle de la 
Flotte à Savigny; celles de la Mesongue et de la Rive- 
rolles à S 1 Calais. 

Chaque siège a son détroit et ses officiers indépendants 
les uns des autres. Le Bailly de Vendosme, officier de 
robe a sous lui dans le siège principal du baillage, un 
lieutenant particulier avec un avocat et un procureur 
fiscal. Il est communément qualifié de lieutenant général 
et a droit de tenir ses assises à Montoire, à Savigny et à 
S 1 Calais, dont les juges sont nommés lieutenants par- 
ticuliers, et ont avec eux un avocat et un procureur 
fiscal. 

Les appellations de tous sont également relevées au 
siège des grands jours etably dans la ville de Vendosme. 
Il est composé d'un président et de six conseillers avec 
un avocat et un procureur fiscal qui sont ceux qui servent 
dans le siège du baillage. L'établissement de cette juri- 
diction fut accordée à Charles, premier Duc de Vendosme 
l'an 1515 peu de temps après que le roi François I er 
eut érigé le Duché pairie en sa faveur. 

Vendosme, ville sur le Loir, capitale du Vendosmois 
pays situé entre la Touraine, l'Anjou et le Perche et la 
suite de la Beauce était auparavant un ancien comté, 



— 200 — 

vraisemblablement de ceux qui s'établirent lorsque les 
gouverneurs de provinces appelés comtes, firent leur 
propre domaine de leurs gouvernements. Car Bouchard 
I er comte de Vendosme eut beaucoup de part à la faveur 
de Hugues Capet et du roi Robert. Il mourut au com- 
mencement du XI e siècle. Ses enfants et leurs descen- 
dants sous le même nom de Bouchard ont longtemps 
possédé ce comté qui est entré dans la maison de Bour- 
bon par le mariage de Catherine héritière de l'ancienne 
maison de Vendosme avec Jean de Bourbon Comte de 
la Marelle. Louis de Bourbon leur fils qui fut pris à la 
bataille d'Azincourt en a joui après eux. Il fut père de 
Jean de Bourbon aussi comte de Vendosme et après lui 
François de Bourbon son fils, mort à Verceil en Piémont 
après la bataille de Fornouc. Il avait épousé Marie de 
Luxembourg de laquelle il eut plusieurs enfants Charles 
de Bourbon en faveur de qui François I er érigea le 
Comté de Vendosme en Duché pairie. Ce prince fut père 
d'Antoine de Bourbon, roi de Navarre, deuxième Duc 
de Vendosme, qui le fut de Henri le Grand, lequel en 
l'année 1598 donna le Duché à César duc de Vendosme 
son fils naturel et de Gabrielle d'Estrées, en faveur de 
son mariage avec Françoise de Lorraine, fille unique 
héritière de Philippe Emmanuel de Lorraine Duc de Mer- 
cœur, arrêté dès ce tems pour mettre fin à la ligue. 
Louis leur fils, cardinal de Vendôme Fa possédé après 
lui jusqu'en 1669 et depuis, M r le Duc de Vendosme 
auquel il appartient. On voit dans l'église collégiale de 
S 1 Georges de Vendosme les tombeaux de ses anciens 
Comtes, depuis Bouchard I er jusqu'à Bouchard IV et 
ceux des princes de la maison royale de Bourbon. 

Les quatre grands baillages dont on a parlé ont cha- 
cun leur coutume particulière qui règle l'état des per- 
sonnes et des biens qui y sont situés 

Le baillage de Vendosme suit la coutume d'An- 
jou excepté Mazangé, la Ville aux Clercs et Liste, pa- 
roisses du haut Vendosmois qui gardent la coutume de 
Chartres. Une partie des faubourgs de Vendosme et 
quelques paroisses les plus voisines du Blaisois gardent 



— 201 — 

aussi celle de Blois, en conséquence d'une ancienne 
transaction passée entre les Comtes de Blois et les Ducs 
de Vendosme. 

C'est une disposition générale de la coutume d'An- 
jou que les Cadets nobles n'ont que l'usufruit de leur 
portion héréditaire dans les successions de leur père 
et mère nobles, que les père et mère nobles continuent 
le bail de leurs enfants jusqu'à 20 ans, et que le mari 
ou la femme qui survit jouit par usufruit de la moitié des 
conquets de la communauté qui appartient à l'un d'eux. 
Néanmoins quoique tout le Duché et le baillage de Ven- 
dosme soient régis par cette coutume, les cadets nobles 
sont propriétaires des biens qui leur viennent de leurs 
père et mère dans les chastellenies de Vendosme et de 
Montoire; que les Princes de la maison de Vendosme 
sont aussi déchargés du bail que la coutume accorde 
aux père et mère, suivant ce qui est fondé par les lettres 
patentes que le roi Charles VI fit expédier au mois de 
mai 1 i à François de Bourbon C te de Vendosme pour 
lui et ses successeurs, et par une disposition particu- 
lière à la chastellenie de Vendosme, le mari ou la femme 
survivant n'y a pas l'usufruit des acquêts de la com- 
munauté. 

Les maitrises des eaux et forêts et les capitaineries 
des chasses font partie des juridictions ordinaires. 

La foret de Vendosme a trois quarts de lieue 

de traverse en tous sens, et n'est plantée que de taillis 
de chêne, comme tous les bois du Vendosmois. Le dé- 
bit s'y fait sur les lieux. 

Les forêts du comté de Dunois sont à Marchenoir et 
à Fréteval. La première contient 4,500 arpents plantés 
en chêne; plus du quart de ces forêts est en futaies; le 
surplus en taillis qu'on ne coupe qu'après vingt ans de 
recrue. Le débit est dans l'élection de Châteaudun où 
.M" 10 la princesse de Conty a pareillement une forêt de 
800 arpents à Montmirail, dont la moitié est conservée 
en futaie, et le surplus s'exploite en taillis api es l'âge 
de 15 ans. 

v. 15 



— 202 — 

Plusieurs maitrises sont établies pour la conservation 
dos forets, dont l'une à Blois. 

Le corps des officiers de chaque maîtrise particu- 
lière est communément composé d'un maitre, d'un lieu- 
tenant de robe longue, un garde manteau, un procu- 
reur du roi, un greffier, huissiers audienciers et des 
sergents à garde dont le nombre est proportionné à 
l'importance de chaque foret. 

Les juges consuls établis à Chartres et à Orléans par 
édit de l'année 1663 sont encore officiers ordinaires. 
Ils sont élus par le corps des marchands de ces deux 
villes dans le tems réglé et reçus par les lieutenants 
généraux. Il faut dire la même chose de la juridiction 
des maires nouvellement créés dans les grandes et pe- 
tites villes, mais il faut observer que celle d'Orléans 
comme celle de Paris et de Lyon a été exceptée de 
cette création et que les maires pris alternativement 
des corps des officiers et des marchands y sont eleus 
de 2 ans en 2 ans par les marchands habitants, sous le 
bon plaisir de Monsieur. 

Finances. — On a remarqué au commencement de 
ce mémoire que la généralité d'Orléans se compose de 
douze élections qui sont : Orléans, Gien, Clamecy, Mon- 
targis, Pluviers, Dourdan, Chartres, Châteaudun, Yen- 
dosme, Blois, Romorantin et Beaugency. 

L'élection d'Orléans, sans comprendre 
cette ville, renferme 422 villes, bourgs 
et paroisses, qui font 15,674 feux. 

Gien, 66 11,904 

Montargis, 86 (la ville non comprise) 9,776 

Pluviers, 83 7,506 

Dourdan, 65 5,613 

Chartres, 217 (la ville non comprise) 5,495 

Châteaudun, 150 14,638 

Vendosme, 89 8,671 

Blois, 73 (la ville non comprise) 9,718 

Bomorantin, 77 8,675 

Baaugency, 52 6,712 



— 203 — 
En tout, 1,15-4 villes et bourgs et 126,300 feux, 



i 



moins Orléans, Montargis, Chartres et Blois 

Elles ont porté, en l'année 1698, 1,729,604 livres 
3 sous <lc taille, compris les droits des greffiers et des 
commissaires vérificateurs, sçavoir : 

Orléans 239,947 * 15* 

Gicn 139,606 16 

Clamecy 82,845 8 

Montargis 99,426 18 

Pluviers 100,410 19 

Dourdan 82,804 il 

Chartres 337,366 » 

Châfeaudun 119,040 

Vendosme 235,514 17 

Blois 88,073 5 

Romoranlin I r>5,870 15 

Bcaugency 78,000 2 

1,729,004 3 

En l'année 1005, l'imposition était de 1,808,087 li- 
vres, par conséquent plus forte. Toutefois la généralité 
n'a pas moins porté les années suivantes, parce que 
l'on a distrait, dans l'année 1098, 27 villes, bourgs et 
paroisses qui font aujourd'hui partie de l'élection de la 
Charité, généralité de Bourges. D'ailleurs, l'ustencile, 
le supplément de fourrage, l'habillement et l'état major 
du régiment de la milice pour lesquels il avait été imposé 
en l'année 80:3, 704, ont monté en l'année 1090 jusqu'à 
938,573. Outre ces sommes la capitation commencée 
dans la môme année 1695 a produit de net 470,000 li- 
vres portées en la recette générale, et 7,801 de remises 
accordées aux receveurs et contrôleurs chargés du re- 

1 On remarquera que le nombre total des villes et bourgs 
donné par le tableau ci-dessus n'est pas celui annoncé dans le 
mémoire. Il en est de même pour le nombre de feux, mais ici la 
raison de la différence se comprend, puisque le nombre des feux 
d'^s quatre principales villes de la généralité n'est pas compris 
dans ce dernier chiffre. 



— 204 — 

couvrement, de sorte que depuis l'année 1 695 jusqu'en 
Tannée 1098 que Pustencile et la capitation ont cessé 
avec la guerre, la généralité a payé chacune année pour 
la taille, le supplément de fourrages, la dépense de la 
milice et la capitation.. plus de 3,100,000 livres, ce qui 
excède si fort ce qu'elle peut porter actuellement qu'à 
peine elle soutient aujourd'hui l'imposition de la taille 
qu'elle reste seule. 11 est vrai que les accidents que les 
pays de vignobles ont soufferts ces années dernières y 
contribuent. 

L'argent n'y entre que pour la récolte et le débit des 
vins; lorsqu'ils manquent, ces pays qui sont très-grands 
dans la généralité et qui n'ont pas d'autres ressources, 
tombent aussitôt dans la misère, et se trouvent dans une 
extrême pauvreté. 

A quoi il faut ajouter que toute la généralité est su- 
jette aux gabelles, aux aides, dont les droits produisent 
au roi plus de 2,500,000 livres par an. 

La ferme générale des gabelles a 22 greniers ou 
chambres à sel, de vente volontaire, qui sont à Orléans, 
Sully, Boiscommun, Gien, Bonny, Cosne, Clamecy, St- 
Fargeau, Montargis, Pluviers, Yenville, Bonneval, Chà- 
teaudun, Chartres, Brou, Vendosme ', Montoire, Blois, 
Chiverny, Romorantin, Mer et Beaugency, dans lesquels 
il se distribue année commune jusqu'à 900 muids de sel. 
La vente est portée en 4693 jusqu'à 980 muids dont le 
prix passe 2,070,000 livres. Mais les deux années qui 
ont suivi, ceux qui furent chargés de la voiture des sels 
sur la Loire firent la plupart des versements de sel si 
prodigieux que la distribution et vente ordinaire dimi- 

1 Le don gratuit que le roi François II avait reçu à son avene- 
ment à la couronne étant insuffisant pour faire face aux besoins 
de l'état, on voulut faire un emprunt de 456000 Hv., pour lequel 
on offrait de constituer des rentes sur l'hôtel de ville de Paris au- 
quel le roi offrait en garantie un certain nombre de greniers à sel. 
Mais sa garantie oflerte fut sans doute jugée insuffisante par les 
prêteurs, car on y ajouta bientôt les greniers à sel de Vendosme, 
Bloys, Chateaudun, Amboise et La Ferté Bernard. — Lettre du 
roi François II du 16 juin 1500, datée de Chateaudun. — Archi- 
ves curieuses de l'histoire tic France. T. V, p. 411. 



— -20:) — 

rma du tiers dans tous les greniers, et n'a été rétablie 
qu'après beaucoup de poursuites et de procédures extra- 
ordinaires que le roi a faites contre les coupables. Celle 
de l'année dernière ne s'est pas trouvée bien éloignée 
de 900 muids, et a produit 1,906,000 livres. 

A l'égard de la ferme des Aydes, il faut remarquer : 

1° Que le droit qui se lève sur le papier et le parche- 
min timbré y est compris; — 2° Que les anciens droits 
d'Aydes dans les élections d'Orléans, de Montargis, de 
Pluviers, avaient été compris dans l'évaluation des apa- 
nages de M 1 ', et lui appartenaient jusqu'en l'année 1693 : 
— 3° Que en l'année 1693, le Roi a accordé à S. A. R. 
les nouveaux droits d'Aydes de la ville et élection d'Or- 
léans, avec tout ce qui en dépend, excepté le droit sur 
le papier et parchemin timbré, au lieu de 100,000 liv. 
de pension annuelle que S. M. lui avoit accordée sur la 
recepte générale des finances de la généralité d'Or- 
léans, et que par le même traité M r a remis au roi les 
anciens droits d'Aydes de Montargis et de Pluviers, et a 
retenu ceux de la ville et élection d'Orléans. — 4° Que 
les anciens droits à Vendosme et à Beaugency appar- 
tiennent à M 1 ' le Duc de Vendosme, et que les mêmes 
droits sont dus à Romorantin à Mesdames les Duches- 
ses de Verneuil et de Laval qui les afferment séparément. 

Les Aydes en cet état, avec les droits qui y sont 
joints pour les élections de Blois, Chartres, Chateau- 
dun, Pithiviers, Montargis, Dourdan et Estampes qui est 
comprise dans cette ferme, quoiqu'elle soit de la géné- 
ralité de Paris, et ce qui appartient au roi dans l'élec- 
tion de Vendosme, Beaugency et Romorantin sont af- 
fermées 478,000 liv. 

Le roi jouit encore dans toute la généralité des droits 
établis sur le tabac, de ceux des contrôles des exploits 
et des actes des notaires, de ceux du sceau qui sont 
régis séparément et compris dans les fermes particu- 
lières de S. M. dont le produit joint ensemble peut être 
de 50,000 écus. On ne parle pas du droit sur la vaisselle 
d'argent et d'autres semblables qui produisent peu de 
chose et ne méritent pas de considération. 



— 2C6 — 

Quant aux Aydes de la ville et élection d'Orléans S. 
A. l't. a fait bail des autres domaines de la Duché à l'ex- 
ception des bois et du canal d'Orléans pour le terme de 
six années. 

La ferme pour chacune des deux premières années 
est de 190,000 liv., et pour chacune des années suivan- 
tes de 28,000 liv. Les domaines qui en font partie ont 
les péages ou droit de coutume de la ville d'Orléans qui 
peuvent produire séparément environ 20,000 liv. Le sur- 
plus est peu de chose et consiste en quelques maisons 
dans la ville, rentes, droits domaniaux, censuels et féo- 
daux qui peuvent produire par an 8 ou 10,000 liv. 

Il ne faut pas faire plus d'état des domaines particu- 
liers des Duchés de Chartres, de Dourdan, de Yevre le 
Chatel, Monlargis, Beaugency, Romorantin, dont le 
produit joint ensemble ne peut passer 1 1 ou 12,000 écus, 
sans les bois qui ne sont pas compris dans les fermes 
des domaines de S. A. R. 

Les officiers du bureau des finances établi à Orléans, 
ceux des Elections et greniers à sel, ont chacun à leur 
égard la direction des fermes et revenus du roi, et juri- 
diction contentieuse dans les affaires qui en dépendent. 
Voici ce qui s'observe pour la taille. 

Le brevet en est envoyé aux Trésoriers de France qui 
députent aussitôt quelqu'un de leur corps dans chaque 
élection, pour conférer et s'instruire avec les Elus d'elles 
et des paroisses, et sur le rapport de ces députés ils 
dressent leur avis qu'ils envoient au Conseil. 

L'Intendant envoie aussi le sien séparément, et les 
commissions pour l'imposition sont ensuite adressées 
aux Trésoriers de France et aux Elus conjointement, 
mais il n'appelle au département qu'il va faire dans cha- 
que élection que les derniers, car l'usage n'est pas d'y ap- 
peler un officier comme il se pratique en quelques gé- 
néralités. 

Celui d'Orléans ( bureau des finances ) est de fan 
1573. Dès l'année 1558, le roi Henri II l'avait créé, 
mais il l'avait supprimé depuis. Il est composé d'un pre- 
mier président de la dernière création et de 23 tréso- 



— 207 — 

riers généraux des finances créés et multipliés en diffé- 
rents tems, de deux avocats et de deux procureurs du 
roi, Il y a aussi deux greffiers et un payeur des gages. 
Les charges de trésorier se vendent de 9 à 10,000 
écus. 

Ils sont en possession comme tous les autres de véri- 
fier et arrêter les états au vray des receveurs particu- 
liers des tailles, de tout ce qui dépend de la voirie 
sous laquelle ne sont pas comprises les réparations des 
chemins royaux, la construction et l'entretien des ponts 
et chaussées, car ces ouvrages sont de la direction de 
l'Intendant qui les adjuge néanmoins en présence des 
Trésoriers de France commis par arrêt du Conseil. 

Ils n'ont aussi aucune connaissance des domaines, 
quoiqu'elle soit attribuée à tous les bureaux des finan- 
ces par édit de l'année 1627. La raison en est que dans 
toute la généralité, si on en excepte le Comté de Blois, 
le domaine du roi est engagé ou fait partie des apanages 
de M 1 ', qui en donne la direction et juridiction conten- 
tieuse aux lieutenants généraux, aux avocats et procu- 
reurs du roi de ses baillages et aux receveurs et con- 
trôleurs généraux qualifiés officiers de ses domaines. 
Les mêmes officiers reçoivent la foi et hommage, les 
aveux, dénombrements, et règlent les contestations qui 
en dépendent. Toutefois la réception des foy et hom- 
mages n'appartient aux lieutenants généraux qu'en con- 
séquence d'une commission particulière du chancelier 
de M 1 ', qui a droit de les recevoir et qui commet pour 
le faire, qui bon lui semble. 

A l'égard du Comté de Blois, la connaissance et juri- 
diction en appartient aux officiers de la chambre des 
Comptes qui y est établie. Elle est composée d'un Tré- 
sorier gênerai des finances et des domaines, Intendant 
des bâtiments et maisons royales du Comté de Blois, de 
quatre maîtres des comptes, un procureur du roi, un 
greffier. Un arrêt du Conseil rendu depuis 20 ans y 
donne entrée, séance et voix déliberative au lieutenant 
général de ce baillage, qui préside alternativement avec 
le Trésorier gênerai des finances. 



— 208 — 

La création de cette chambre est très ancienne. Elle 
a commencé sons les comtés do lîlois de la maison de 
Champagne, et continué sous ceux des maisons de Clias- 
tillon et d'Orléans. Louis XII qui voulut que ( ses) biens 
propres et particuliers fussent régis séparément du do- 
maine royal, conserva non seulement la juridiction de 
cette chambre lorsqu'il monta sur le trône, mais il lui 
attribua encore la direction de ses domaines de l'asc (?) 
Coufïy (?) et des autres terres de ses acquêts par lettres 
patentes de Tannée 1408, au mois de mars. C'est le 
teins qu'il créa le Trésorier gênerai des finances et do- 
maines du Comté de Blois et de ses autres seigneuries 
dont la charge subsiste encore avec l'ancienne juridic- 
tion de la chambre, à l'instar des autres cours du 
royaume. 

Les officiers des Elections ont avec la direction des 
tailles, en la manière ci dessus expliquée, la juridiction 
contenticuse des procès en radiations des cotes, en abus 
et en surtaxe qui naissent en conséquence de la répar- 
tition des tailles qui est faite par les collecteurs, sur les 
particuliers habitants de chaque paroisse. Ils connois- 
sent aussi en première instance des Aydes et des droits 
qui y sont joints. 

Le roi avoit uni en l'animée 1G85 aux élections les 
charges des officiers des greniers à sel pour n'en faire 
qu'un même corps, mais en l'année 1694, S. M. a trouvé 
bon de les désunir et ces juridictions ont aujourd'hui 
leurs officiers particuliers. 

Les compagnies des Elections sont composées : d'un 
président, d'un lieutenant criminel vérificateur des rôles, 
un lieutenant civil, plusieurs Eleus, un procureur du 
roi, un greffier. Le nombre des Eleus n'est pas égal 
dans toutes les Elections, il est plus ou moins grand par 
rapport à leur étendue. Dans les plus grandes il ne passe 
pas celui de sept. Les appellations de leurs jugements 
sont relevés à la Cour des Aydes de Taris. 

11 y a dans chaque Election deux receveurs particu- 
liers (les tailles en titre, l'ancien et l'alternatif. Il y en 
a même un triennal dans celle de Vendosme. 



— 209 — 

Communément ces charges appartiennent uj sont 
remplies de différents titulaires. Néanmoins à Orléans 
et dans quelques autres élections, il n'y en a qu'un 
pourvu des deux charges. Celle des receveurs généraux 
anoien et alternatif sont exercées par ceux auxquels 
elles appartiennent alternativement chaque année. Le 
bureau de la recette est à Orléans. 

A l'égard des compagnies des officiers des greniers à 
sel, elles doivent être composées en exécution de ledit 
de 1694 qui a ordonné leur établissement, d'un prési- 
dent, d'un grenetier, un receveur, un contrôleur et un 
greffier. 



ESSAI 

sun 
L'ARMORIAL DU VENDOMOIS 
Par M. A. de Maude, 

Auteur de l'Armoriai du diocèse du Mans. 

(Suite et fin.) 



« Pius patrite faeta referre labor. » 

Orldc. 

NADAILLAC, Pouget do, à Rougemont en Yendômois, avec 
titre de marquis; vicomtes de Monteil ; barons de Saint-Pardoux, 
vers 1740, du chef de Françoise de Douhet : d'or au chevron 
d'azur accompagné en pointe d'un mont à G copeaux de sinopîe. 
Famille venue du Quercy en "Vendômois. (LaCh.) 

NAIN le, Etienne, éc, S. delà Yarenne. 1C98 : échiqueté d'or 
et d'azur. (Av. ms.) Famille anoblie, en 1590, par une charge 
de Secrétaire du roi, à Tours. 

NAU, S. de Choue et d'Azeray, conseiller au Parlement, vers 
1GG5. Il y a une famille Nau, S. de Lestang, en Anjou, qui porte: 
de gueules à la gerbe d'or, soutenue de 2 lionceaux affrontés de 
même. Nau, en Bretagne, et Neau, au Bas-Maine, ont d'autres 
armes : NAU, S. de la Boisselière, en Touraine, anoblie en 1G05: 
d'argent, à la rose de gueules. 

NEILZ, André, S. de Bréviande, conseiller du roi, maire per- 
pétuel de la ville de Montoire, Juge ordinaire civil et criminel et 
de Police au Bas-Ycndômois : (l'azur, à une fasce chargée de 3 
têtes d'aigle arrachées de sable, accompagnées, en chef, de 2 
coqs, affrontés d'or et en pointe d'un lion de même. (Ar. ms.) 

NEYEU de, (ou Nepveu) au Maine? assista à l'assemblée de la 
noblesse du Yendômois, en 1789 : d'azur, à Sbesans d'or, chargés 
chacun d'une croix de sable, 2, 1. (Le Paiyc.) 

NONANT, le Conte de, mestre de camp de cavalerie, chevalier 



— 211 — 

de Saint-Louis, mort en 1804, ép. de N... de Durcet, baronne de 
Pouce. Illustre maison de Normandie, avec titre de marquis. 
Elle possède la terre de Poncé depuis 1792: d'azur, au chevron 
d'argent, accompagné en pointe de 3 besans d'or, 1, 2. (Du 
Prat.) 

NOYERS, marquis de, titre de la maison de Sublet. 

ORATOIRE DE JÉSUS, de Vendôme, la congrégation de l', 
1098: d'azur avec ces mots: Jésus Maria, d'or, écrits l'un sur 
l'autre, avec une bordure d'argent , chargée d'une couronne 
d'épines de sinople, et cette inscription autour: Sigillum Oratory, 
Du. N. Jesu. C. Domus vindocinensis. (Ar. ms.) 

PANOUZE de la, à la Ville aux-Glercs, XIXe siècle. De la 
Panouze, noblesse de Rouergue : d'argent à G cotices de gueules. 
Tenants : 2 anges. (Ar. d. M.) 

PASQUIER, barons de Coulans, au Maine, S. de la Thierrais, 
en Saint- Avit, fin du XYIIIe siècle. Famille illustrée par le chan- 
celier, depuis duc Pasquier, qui a substitué ses titre et nom à 
M. d'Audifïret : de gueules, au chevron d'or, accompagné en chef 
de 2 croissants montant d'argent, et, en pointe, une tète de licorne 
aussi d'argent. (Cauvin.) 

PATAY de, S. de fiefs à Lunay, 1787 ; d'une famille noble de 
Beauce, passée en Lorraine : d'hermines à un écu en abîme de 
gueules. (La Ch.) 

PELLERIN de GAUVILLE, le, devint, en 1740, propriétaire 
du marquisat de la Ghartre-sur-Loir, par le don que lui fit de 
cette terre Catherine de Gourtoux, sa tante, veuve de Nicolas 
ROBERT, marquis de La Ghartre. Famille anoblie, à Bayeux, en 
1389. Armes : d'or, au chevron échiqueté de gueules et d'argent 
de 3 traits au chef de sable chargé de 3 coquilles d'or. (Pr. de 
Malte.) 

PELLIOT DE LA GARDE, François, 6c., gentilhomme de 
S. A. R. Monsieur, 1G98 : d'azur, à un bras d'argent tenant un 
lys de même en pal, accompagné en chef de 2 étoiles d'or et 
aux flancs de 2 trèfles de même. (Ar. ms.) 

PERIGNY de, V. du PLESSIS et TAILLEVYS. 

PERRAULT ou Perrot, S. de Glatigny en Souday, 1075. Le 
Président Perrault, baron de Montmirail, 1G58 : d'azur, à la 
croix à double traverse d'or, élevée snr 3 annelets de même, 
parti d'azur à '\ bandes d'or. Cette famille était de Bretagne et 
Maine, où elle portait : de gueules, à 3 têtes de bélier d'or, 2. 1. 



Une hranche, passée en Bourgogne, a formé la branche de Xo- 
temps, qui s'arme comme le S. de Glatigny. 

PETIT DE BROGEY, originaire du Vendômois : d'azur au 
lion d'or. (La Ch.) 

PETIT ou LE PETIT, S. du Petit-Hostel enSt-Cyr de Sargé, 
au XVIII e siècle : d'azur, au chevron d'or, accompagné en chef 
de 2 trèfles d'argent, et en pointe d'une molette de même. (Ar. 
ms.) M. t. 1706. 

PETIT-HOSTEL, le S. du, à St-Cyr de Sargé, 1689, de la mai- 
son de Goutance. 

PETIT des LANDES, S. des Landes, en Lunai ; ancienne no- 
blesse, originaire du Vendômois, attachée au service des comtes 
et du premier duc de Vendôme, et depuis a donné des Correc- 
teurs à la chambre des comptes : d'azur, à 3 coquilles oreillées 
d'or, 2,1. (La Ch.) 

PIIILLEMIN, famille du Vendômois. N... de Phillemin se fit 
représenter à l'assemblée de la noblesse du Maine, 1789. m. t. 
1098. 

PIGIIER de, Louise, veuve de Menou, S. de Turbilly : d'ar- 
gent à 3 pichers ou pintes de sable, 2,1. (Ar. ms.) 

PIERRE de la, V. la VOVE. 

PIERRES des. La veuve Félix des Pierres, éc, S. des Ma- 
tras, à la Chapelle-Vicomtesse, fut taxée au rôle de l'arrière-ban 
du Maine, 1G75. Plusieurs familles de ce nom en Normandie. 

TILLE de, à Mondoubleau, 1G75, officier du gobelet du roi: 
de gueules au chevron d'or accompagné en chef de 2 croissants 
d'argent et en pointe d'un globe cintré d'or. (Ar. ms.) De Pille, 
bienfaiteur de l'hospice de Mondoubleau, en 1749. 

PLACEAU, officier du roi, à St-Cyr de Sargé, taxé au rôle de 
l'arrière-ban du Maine, 1675. 

PLESSIS-L1ANCOURT. Maison éteinte dans celle de la Ro- 
chefoucault ; originaire du Vendômois. Elle a formé les branches 
de la Perrine, de la Savonnière, de Perigny, de Liancourt ducs de 
la Roche-Guyon : écartelé aux 1, 4, d'argent à la croix engreslée 
de gueules; aux 2, 3, de Pons qui est d'argent à la face coticée 
d'or et de gueules. (La Ch.) 

PLESS1S de PERIGNY, du; des du Plessis de lTsle, au Maine: 
d'argent, à une croix engreslée de gueules chargée de 5 coquilles 
d'or. (Ar. ms.) 

POILLÉ de, V. MALHERBE. 

POITRAS. Jacques, Conseiller du roi, Receveur des consigna- 



— 213 — 

lions au Bailliage de Vendôme, 1698: d'argent, au lion d'azur. 
(Ar. ms.) 

PONCÉ, anciens sgrs de Poncé. On trouve des sgrs de Poncé 
(est-ce l'ancienne famille? ) sgrs de Gherippeau, la Beuvrière, la 
ïalonière et de Pommerieux. Perotte de Poncé épousa à Craon, 
en 1500, René de Juigné ; elle portait : d'argent, à 3 mer t 
sable. (Ar. d. M.) 

PONCÉ, sgrie sur le Loir ; autrefois Ire Châtellenie de la Ba- 
ronnie de Lavardin, puis la 4c baronnie du Vendômois. Elle a 
donné son nom à une ancienne famille. Riche] de Lavardin était 
dame de Poncé, en 1165. Depuis, cette sgrie a passé à la maison 
des comtes de Vendôme et en celles de Courtremblay, de Chain- 
bray, 1440-1461 ; de Thiville jusqu'en 1082 ; de Goigne comtes 
de Bapaume, 1701 ; de Durcet jusqu'en 1792; et, depuis, aux de 
Nonant de Raray. Les armes de cette sgrie ont été celles de ses 
différents seigneurs. (Mis du Prai.) 

POPLINIÉRE de la, V. DARROT et LE RICHE. 

POPLINIÈRE, la sgrie de la, en St-Cyr de Sargé, était à la 
maison de Montmarin au XVIIIe siècle. 

PORTAIL, S. d'APREMONT, du, Pierre, 1098 : d'or, à une 
fasce d'azur chargée de 3 tètes de léopard d'argent bordées et 
lampassées de gueules. (Ar. ms.) 

POUGET, V. NADAILLAC. 

POULARD DU BOIL, propriétaire dans la commune du Ples- 
sis-Dorin, XIXe siècle. Cette famille posséda les sgries du Boil, 
de Celle, de Champ en Montmirail etMelleray: de gueules, à l'épi 
d'or, et au chef d'azur, chargé d'un croissant d'argent. (Sceau.) 

PRAT du, avec titre de marquis. Maison d'Auvergne, passée 
au Maine, et depuis en Vendômois, où elle s'est alliée aveclesde 
Nonant. La marquise du Prat a laissé des mémoires intéressants. 
M. le marquis du Prat, chef de nom et armes de la maison, 
écrivain distingué, a une terre près de Poncé: d'or, à la face de 
sable, accompagnée de 3 trèfles de sinople, 2 en chef, et un en 
pointe. (Sceau.) 

PREAUX de, avec titre de marquis. Le château de Préaux, 
qui est le berceau de cette maison, est situé près Ghâtillon-sur- 
Indre. Le marquis de Préaux, Praulx, habite Pouancé en Anjou . 
Le marquis de Préaux fut gouverneur de Vendôme et Vendômois 
le 17 août 1626: de gueules, au lion d'argent couronné d'or, et 
un chef d'argent vivre de sable. (Ar. du Moine.) 



— ±\\ — 

PREUILLY-VENDOME. La baronnie de Preuilly est enTou- 
raine. César de Vendôme la vendit à Louis de Crevant. 

PRÉVOST le, éc, S. de Cocherel: tiercé en bande d'azur, 
d'hermines et de gueules. (Ar.ms.) Armes données d'office. 

PROCUREURS delà ville de Vendôme, la communauté des: 
tiercé en bande d'argent, de sable et d'hermines. [Ar.ms.) 

PRUDHOMME DE LA ROUSSINIÈRE, à Rénehart, XIXe 
siècle. Charles Prudhomme de Meslay, Contrôleur des guerres, 
en Touraine, fut anobli en janvier 1655. Il épousa Geneviève Des- 
portes, d'où il eut Guillaume, mari de Louise de Champagne, 
d'où Guillaume-François Prudhomme de Meslay, S. de Rois-Val- 
lée, vivant enlG98. De cette famille étaient à cette époque : Jean- 
Etienne, à Fyé, François à St-Cyr en Pail ; et l'évoque du Mans 
en 1791. Les armes de Prudhomme-de-Meslay : d'azur, à 2 épées 
en sautoir d'argent, les gardes d'or, au chef d'argent chargé de 
3 merlettes de sable. (Lettres d'anobl.) L'Armoriai général 
donne : les épées d'or, accompagnées de 3 molettes de même, 2 
en flanc et 1 en pointe. Les armoiries peintes des échevins du 
Mans représentent les épées d'argent et 3 merlettes de sable en 
chef, pour Prudhomme de la Roussinière. 

Prudhomme, S. de Paufou, général de Normandie, fut anobli 
en 1526, avec d'autres armes. 

PRUNELÉ de, enVendômois, XIXc siècle. Très-ancienne no- 
blesse de Reauce : de gueules à 6 annelets d'or, 3, 2, 1 ; l'écu en 
bannière. Devise : Frœni nescia virtus. (La Ch.) 

QUELIN, ouQuelain, baillis de Mondoubleau, d'une famille 
originaire de La Ferté-Rernard, et qui a donné des conseillers 
au Parlement : d'azur, au chevron d'or, accompagné en chef de 
2 étoiles de même, et, en pointe, d'une pomme de pin aussi 
d'or. (Ar. ms.) Chevron d'argent. (Epith. de Paris.) 

QUINEMONT de, avec titre de marquis, Sgr de fiefs à Saint- 
Martin-du-Rois, 1789 ; à Vendôme, XIXe siècle. Famille de Tou- 
raine, m. t., 1669, 1715 : d'azur au chevron d'argent accompagné 
de 3 fleurs de lys d'or, les pieds coupés, et posés 2 en chef et 
1 en pointe. (La Ch.) 

RACINE, au bailliage de Mondoubleau, après 1750; de la fa- 
mille du grand Racine. Racine, conseillerai! Parlement de Paris, 
de 1641 : d'azur, au chevron d'or, accompagné en chef de 2 étoi- 
les, et à la pointe d'un lion grimpant d'or. (M. d. r.) 

RADRETS, les sgrs des, en St-Cyr de Sargé, étaient de la mai- 



— -215 — 

son d'Illiers, depuis le XlIIe siècle; et de celle Darrot, 1645-70. 
Les Radrets s'appelaient la Berruère avant 1645, et plus ancien- 
nement Tenay. V. la BERRUÈRE. 

RAMBOURG, demoiselle de, bienfaitrice de l'hospice de Mon- 
doubleau, 1082; de Rambourg, officiel' du roi, 1698: d'argent 
fascé de gueules. (Ar. ms.) 

RARAY, marquis de, de la maison leConte-de-Nonant. 

RASTIGNAG, le Chapt de, 43c a bbé de Vendôme, 1727. Mai- 
son illustre, originaire d'Auvergne : d'azur, au lion couronné d'or; 
et, d'après la Chenaye, au lion d'argent, lampassé et couronné 
d'or. Titre de marquis. 

RAVEYNIER de, Jean, éc, S. des Belles-Euvries, 1557. 
(M. Bouchet.) 

REFUGE, S. de La Ghartre, maison originaire de Bretagne: 
d'argent à 2 fasces de gueules, à 2 serpents d'azur en pal, affrontés 
et lampassés de gueules brochant sur le tout. (La Ch.). 

RÉMEON de MOQUET, en Vendômois et Gondomois; m. t., 
à Orléans, en 1609 : d'or à un chevron de gueules, accompagné 
en chef de 2 étoiles d'azur, et, en pointe, d'un pin de sinople, sur 
une terrasse de même, mouvante de la pointe de l'écu. Claude- 
Michel de Rémeon, II e du nom, chev., S. de Moquet, capitaine 
de cavalerie, chev. de Saint-Louis, ép. 4° de Marie-Anne de 
Rancher ; 2° d'Elisabeth-Marie de Fontenay(du Perche), était né 
à Vendôme le 20 mai 1719, et décédé le 17 mai 1798 sans posté- 
rité. (Géncal. de Fontcnay.) 

RENARD, Laurent, de, chev., 1698, àEspire, S. de Courtam- 
blé : d'azur, à 3 renards passant d'or. (Ar. ms.) 

RENARD de LORME. La veuve Renard de Lorme, vivant, 
pâtissier du Roi, à St-Martin de Sargé, fut taxée au rôle de l'ar- 
rière-ban du Maine, 1675. De Renard, éc, fonda le couvent des 
Gamaldules à Bessé, en 1559. 

RENIER du, ou du Raignier, S. de Boisseleau, originaires du 
Piémont. Une branche s'établit en Vendômois, dont était Alexan- 
dre du Renier, brigadier d'infanterie, en 1691 : d'or, chappé 
d'azur, la chappe cliargée en chef de 2 étoiles d'or. (Ar. cl. M.) 

RICHE DE VANDY, LE, et Le Riche de Cheveigné, dames 
deBénehart, 1789. Le Riche, S. de la Pouplinière et de Cbevci- 
gné, XVIIIc siècle : de gueules, au coq porté sur une chaîne, 
adextré en chef d'une étoile, le tout d'or. (Ar. ms.) 

RIVIÈRE delà, sgrs et barons deMondoubleau, I i02. du chef 



— 216 — 

de sa femme Blanche de Trie, mort en 1442; d'une illustre mai- 
son connue dès le XRc siècle, originaire du Nivernais. D'après 
la Chcnaye: de sable à la bande d'argent. D'après M. de Saint- 
Paul, dans son Histoire de Mondoubleau : d'argent à 3 annelets 
de sable, 2, 1 . Le sceau de son père était chargé d'une bande. 

ROBERT de COURTOUX, V. COURTOUX. 

ROGHAMBEAU de, V. VIMEUR. 

ROCHE-BOUSSEAU, FESQUES de la, S. des Essarts, de 
Sougé-sur-Loir, psse du Bas-Vendômois, de la Flotte et de La- 
venay. Famille éteinte dans la descendance directe : d'or à l'ai- 
gle éployéede gueules au vol abaissé. (Cauvin.) 

ROCHEFORT de, V. ROHAN. 

ROGHEFOUCAULT de la, titré vicomte, à la Gaudinière, XIXe 
siècle. Une des plus illustres maisons de France, originaire de 
l'Angoumois : burelé d'argent et d'azur à 3 chevrons de gueules 
sur le tout. (La Ch.) 

ROCHES des, chàtellenie au nord de Poncé. Des Roches en 
Anjou ou Vendômois : d'argent à la bande fuselée de gueules. 
Aliàs, de 10 pièces. Un Jean des Roches (de cette maison) fut 
témoin de la fondation de l'abbaye de Vendôme en 1040. Guil- 
laume des Roches, sénéchal d'Anjou, s'armait comme ci-des- 
sus. (Mis.) 

ROGHE-TURPIN le, en Vendômois. Cette sgrie a suivi la for- 
tune de la baronnie de la Flotte. 

ROCHEUX, les sgrs de, en Mondoubleau, pendant les guerres 
de la Fronde, étaient de la maison de Villiers. 

ROHAN de, François, 41c abbé de Vendôme, 1059, comte de 
Rochefort : de gueules à 9 macles d'or, 3, 3, 3. (Ar. du Maine.) 
Illustre famille de Bretagne. 

ROMILLY de, nom de Sublet, au XVIIe siècle. 

RONSSART, S. de Glatigny, de la Poissonnière, de la Luno- 
trie, baron de Fleurigny. Ancienne noblesse du Vendômois, dont 
était le poète de ce nom, et qui portait : de sable à 3 poissons 
d'argent mis en fasce l'un sur l'autre. — Louis fut reçu chevalier 
de Malte en 1611. Il était lils de Gilles Ronssard, chevalier de 
l'ordre du roi, et descendait au 7c degré de Guilllaume Ronssard 
de la Poissonnière. Transaction passée le 4 juillet 1317 entre 
Gervais et André deRonssart. Autre transaction passée à Ven- 
dôme, 1534, entre M. Loys de Bonssart et M. Jehan de Ronssart, 
protonotaire du saint Siège. 



— 217 — 

ROQUEFORT DE LA MAISON BLANCHE, dans le pays de 
Mondoubleau. (M. deSt-Paul.) 

ROSNY de, Y. MAUYOISIN. 

ROSTAING de. Le dernier du nom était sgr de Lavardin, en 
1670. D'azur à la rose d'or surmontée d'une fasce ou triangle 
aussi d'or. Maison du Forez éteinte, d'après La Chcnaye des Bois. 
On traite cependant un marquis de Rostaing membre de l'as- 
semblée de la noblesse de l'Orléanais, en 1789. Alliée avec la 
famille de Trémault. 

ROUAUDIBRES des, ou des Rouhaudières, 4 G98, élection de 
Château-du-Loir : losange d'or et d'azur. (Ar. ms.) V. EDME. 

ROUGÉ de, Catherine, fdle du marquis de Plessis-Belliere, 
ép. de Jean-Sébastien de Keroent, marquis de Montoire : d'ar- 
gent à la croix pattée de gueules. (Cauvin.) 

ROUSSEAU, messire, Gabriel, procureur fiscal de la baron - 
nie de Mondoubleau, 4698, S. de la Rallttère : de gueules, à une 
étoile à 8 rais d'argent, au chef de même, chargé d'une aigle de 
sable. (Ar. ms.) 

ROYER LE, Pierre, 49c évêque du Mans, mort en 1295, fds 
de Jean le Royer, garde des sceaux des contrats, à Trôo. 

ROYER le, S. d'Authon : de gueules à l'aigle d'or armé, mem- 
bre et couronné d'argent. 

RUE DU CAN de la, à Saint-Amand, membre du conseil gé- 
néral, 4864. De la Rue du Gan, baron de Ghampchëvrier, com- 
parut à l'assemblée delà noblesse de Touraine, 1789: d'azur, au 
chevron d'or, aceompagné en chef de 2 roses d'argent et d'un 
chevreuil courant de même, en pointe. (Lambron.) 

SAIN du, Dusain, à Beauchêne-les-Matras, St-Agil et Bourse, 
4G89. Plusieurs familles de ce nom. Il y a aussi les de Sain de 
Bois-le-Comte. 

SAINT-AGIL, les sgrs de, étaient de la famille Angran, qui 
préféra à ce nom celui de sa sgrie d'Alleray. 

SA1NT-CALAIS, l'abbaye de, possédait, en 1409, les maison s 
neuves de Baillou, avec leurs appartenances et dépendances. Ses 
armes : d'or, à une croix de gueules. (Ar. ms.) 

SAINÏ-CHAMAND de, sgr de Yilletrun. Famille du Limou- 
sin : de sinople, à 2 faces d'argent, au chef crénelé de même. (La 
Ch.)Aliàs, un comble dentelé de même. Le sgr de Villetrun as- 
sista à l'assemblée de la noblesse de Vendôme, en 4787. Titre île 
comte. 

v. 16 



— 218 — 

SAINT-CIIARTIER, la dame de, clame de Chauvigny, 1689. 

Etait-elle de la maison de Boutciller de Senlis, S. de Saint-Ghar- 
tier? qui s'armait d'un écartelé d'or et de gueules, brisé d'un 
lambel de 3 pendants. 

SAINT-CYEUGUE, baron de, V. BOHYERS. 

SAINÏ-GYR-DE-SARGÉ, prieuré de : de gueules à un crois- 
sant d'argent. (Ar. ms.) Prieuré établi en faveur de l'abbaye 
de Saint-Denys-en-France. 

SAINT-DENIS, comtes et marquis de, sgrs de fiefs à Selom- 
mes, 1787, étaient de la maison Hurault de Vibraye. 

SAINT-GEORGES-DES-BOIS ( communauté des Religieux 
de), ordre de Prémontré : tiercé en bande d'argent, de vair et 
d'or. L'office du prieur de cette abbaye : tiercé en bande de sable, 
de vairet d'argent. — Observ. Ces armoiries sont probablement 
celles données par d'Hozier, en 1698. L'abbaye devait en avoir 
d'autres. (Ar. ms.) 

SAINT-GEORGES, église, V. CHAPITRE. 

SAINT-HILAIRE, les sgrs de, delà maison de Gourtarvel, en 
1651. 

SAINT-MARTIN deLaVerdin, le Prieuré de: tiercé en bande 
de sable, de vair et de gueules. (Ar ms.) 

SAINT-MARTIN de Trôo, le Chapitre de, Y. CHAPITRE. 

SAINT-GEORGES de Vendôme, le Chapitre de, Y. CHA- 
PITRE. 

SAINT-SAUVEUR DE L'ETOILE, le couvent de religieux de, 
1698: d'azur, â 3 fleurs de lys d'or, 2, 1, accompagnées en 
chef d'une étoile de même, et une bande de gueules brochant sur 
le tout, chargée de 3 lionceaux d'or. ( Ar. ms.) 

SAINT-PAUL de, V. BEAUVAIS. 

SAINT-REMI, les marquis de, sgrs de Lierville et de Bour- 
say, de la maison de Courtarvel. 

SAINT-VENANT de, en Vendômois, XIXc siècle, famille ori- 
ginaire du Beauvaisis. (?) 

SALABERY, sgr de Pezay, Fossé, etc. Famille du Parlement 
de Paris, originaire d'Espagne, où elle portait le nom d'Yrum- 
bery. Branche en Vendômois. — Salaberry, Conseiller au Parle- 
ment, 1698 : d'or, au lion de gueules, coupé d'or, à 2 vaches pas- 
santes l'une sur l'autre, parti de gueules, à une croix pometée 
d'argent, et une bordure d'azur chargée de 8 sautoirs d'or. ( Ar. 
ms. ) 



— 249 — 

SALIES, Anouilh de. Famille originaire du Comté de Foix : 
d'argent, à un bœuf de gueules et un chef d'azur. 

SALMON, en Vendômois, S. do Loire, de la Brosse, du Chas- 
tellier et de Courtemblay, du Lehon, de Marçon, des Roches, 
d'Auvines, la Roussardière. N. Salmon de la Brosse était l'un des 
12 gardes-du-corps de la manche des rois Louis XVIII et Char- 
les X, compagnie d'Avray; le comte du Chastellier, évêque 
d'Evreux, était pair de France, 1823: d'azur, au chevron d'or, 
accompagné de 3 tètes de lion de même, arrachées et languées 
de gueules, 2 en chef, et 1 en pointe. (Ar. d. M.) 

SANGUIN, 34e a bbé de Vendôme, cardinal de Meudon. Famille 
de Paris, éteinte en 1590 ; anoblie en 1400 : d'argent à la croix 
endentée de sable, cantonnée de 4 merlettes de même [M. d. R.J; 
allas, de 4 molettes. 

SANLOT de, S. du Grand-Fontenailles, membre de l'assem- 
blée de la noblesse du Yendûmois, 1789. 

SARRAZIN de, ancienne noblesse d'Auvergne, passée en Yen- 
dûmois en 1773, où elle possédait les sgries deBezay et de Brom- 
plessé, par alliance avec la famille le Gallois : d'argent, à une 
bande de gueules chargée de 3 coquilles d'or. Cimier : un Sar- 
rasin vêtu d'une tunique, de gueules à hiéroglyphes de sable. 
Supports : 2 sauvages appuyés sur leurs massues. Cri de guerre: 
La Jugie. Devise : Dco et Sancto Pctro. — Cette famille a titre de 
Comte. Elle a donné un lieutenant des maréchaux de France à 
Vendôme, 1775 , un député de la noblesse du Vendômois aux 
Etats généraux de 1789, un général des armées vendéennes, un 
lieutenant-colonel d'infanterie de. la garde royale, démissionnaire 
en 1830, 2 chevaliers de la Légion d'honneur, et un littérateur. 

SAVARRE DU MOULIN, en Vendômois, originaire de Tou- 
raine, anoblie en 1G10 ; d'azur , au chevron d'argent, accompa- 
gné de 3 trèfles d'or, 2, 1. (Ar. d. M.) 

SAINT-IIERY de, veuve, 1789, du nom de Mirleau. V. IL- 
LIERS. 

SCOT DE COULANGES, d'argent, à une bande de sable, char- 
gée d'une étoile d'argent entre deux croissants de même. [Av. ni.) 

SELLIERS et BOURRELIERS de la ville de Vendôme, la Com- 
munauté des maîtres : tiercé en bande, d'argent, d'or, et de si- 
nople. (Ar. ms.J 

SERGENTS et HUISSIERS de Vendôme, la Communauté des : 
tiercé en bande, d'argent, de vairetde gueules. (Ar. m.) 

SERIGNAC de. : i de fiefs à Savigny, membre de l'assem- 



— 220 — 

blée de la noblesse du Vendômois, 4789. Est-ce deSerillac, delà 
maison de Faudoas, au Maine? 

SERRURIERS et ARQUEBUSIERS de la ville de Vendôme, 
la communauté des : tiercé en bande d'or, de sable et d'azur. 
(Av. ms.) 

SERY1N, S. de Pidoche (?), en Vendômois. Famille de robe 
qui a donné un avocat célèbre au Parlement de Paris ; titrée 
Comte de la Grève, au Perche, près des sources de la Braye : 
d'argent, à l'aigle éployée de sable. (La Ch.) 

SIGNACde, de la maison des mis de Musset. 

SIROTde, éc. à Choue, vers 1G50. Armes... 

SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE du Vendômois. Elle a adopté 
pour symbole les armes des anciens Comtes de Vendôme, qu'elle 
surmonte d'une couronne murale, l'écu posé entre 2 branches de 
chêne croisées et liées par le bas. 

SOUDAY de, Guillaume, Guillelmus DE SOLDAIO, de Sou- 
day, S. de Glatigny, 1269 : De Souday, au Maine : de sinople, au 
sautoir d'or. Depuis, la srie de Souday appartint à la maison de 
Vendosmois. Le Prieuré, fondé en 1070, par Achard, S. de Sou- 
day, avait les mêmes armes. ( Ar. ms. ) 

SOURDIS de, V. d'ESCOUBLEAU. 

SOURCHES de, V. du BOUSCHET. 

SOURS et ARVILLE, le Commandeur de, de l'ordre de Malte? 
était présentateur à la cure du Temple : de gueules, à la croix 
pâtée d'argent. (Ar. d. M.) 

SPIFAME, famille du Parlement de Paris venue d'Italie, dont 
un évêque de Nevers, en 1547: Madeleine a épousé, en deuxiè- 
mes noces, le sgr de la Curée, en Vendômois : de gueules, à 
l'aigle éployée d'argent. (M. d. /?.) 

SUBLET, Michel, S. d'Heudicourt, fut anobli pour services 
militaires, en 1574 ; d'azur, au pal crénelé d'argent, chargé d'une 
vergette d'or. — Jean Sublet, S. de la Guilhonnière, fut anobli, 
en 15 r 8, pour services militaires en Italie: d'azur, au pal cré- 
nelé de 3 pièces d'or, chargé d'une vergette de sable. Cette fa- 
mille, originaire de Blois, a donné le 40 e abbé de Vendôme, issu 
des S. de Romilly sortis d'Heudicourt. (Lettres d'anoblissement.) 
Titres de B°ns de Dangu et de M is de Noyers. 

SUZE, marquis de la, V. CIIAMILLART. 

TAFFU, Gilles, S. de la Vacherie, XVIc siècle: de.... à 1 fasec 
accompagnée de 3 roses. (M. Bouclict.) 



— 221 — 

TAILLANDIERS de la ville de Vendôme, la Communauté des : 
tiercé en bande d'argent, d'azur et de gueules. (Ar. m.) 

TAILLEURS D'HABITS de la ville de Vendôme, la Commu- 
nauté des : tiercé en bande d'or, d'hermines et d'argent. (Ar. m.) 

TAILLEVYS de, Raphaël, S. de la Mezière, médecin du duc 
de Vendômois, fut anobli en 1553, m. t., 1703. Charles-Léon 
de Taillevys, mis de Perigny, colonel d'infanterie, etc., S. de Ju- 
peaux, la Hatris, la Perrine, etc., fut membre de l'assemblée 
de la noblesse de Touraine, en 1789 : d'azur, au lion d'or, te- 
nant une grappe de raisin de même. (Ar. de M.) 

TALLART de, duc d'Hostun, marquis de la Baume, en Dau- 
phiné. Le duc de Tallard devint sgr. de Montoirc, au XVIIIo siè- 
cle, par acquisition de cette terre du seigneur de Lorme. Armes : 
de gueules, à la croix engreslée d'or. (La Ch. ) 

TANNEURS, Coroyeurs et Mégissiers de la ville de Vendôme, 
la Communauté des : tiercé en bande d'or, de sinople et d'azur. 
(Ar. m.) 

TARRAGON de, éc, s. de Tansonville, 1698: m. t. 1760: 
d'azur, au chevron d'argent, surmonté d'une étoile d'or et ac- 
compagné de 3 croissants de même, 2, 1. (Ar. m.) 

LE TEMPLE, Commanderie de Malte, pss. du Temple-de- 
Champinelle, El. de Château-du-Loir, dépendait de celle d'Ar- 
ville. 

TERNAY, de, S. de Polluet. Macé, éc, époux de Jeanne de 
Ronssard, XVIe siècle, dont la fille épousa François de Gaignon 
de Villaines. Françoise de Ternay, ép. de Guillaume du Plessis, 
S. de Liancourt. Armes : d'argent, au lion d'azur, couronné et 
langue de gueules. (Ms.) 

Il y avait à l'assemblée de la noblesse de Touraine, 1789, un 
mis de Terney, du nom d'Arsac ; était-ce un sgr du Vendômois? 
Ses armes : d'or, à l'aigle éployée d'argent, becquée et onglée de 
gueules. (Lambron.) 

TERSIERS en toile de la ville de Vendôme, la Communauté 
des : tiercé en bande, d'argent, de sable et d'azur. (Ar. ms.) 

m 

TEXIER, comtes de Hautefeuille, S. de Saint-Agil, de Glaires 
à Saint-Martin de Sargé, 1675 : de gueules, à la levrette courante 
d'argent, accolée et bouclée d'or, surmontée d'un croissant de 
même. (Ar. du M.) 

TIIABAULT de, éc, S. dos Raderets, 1789. 

THÉLIGNYde, François, S. deLierville, 1516; famille du Per 



999 

che; éteinte au 16c siècle : d'argent, à 5 laces de sable; ou de sa- 
ble à une bande et bordure de gueules. (Prieur de Mondon- 
ville. ) 

TIIEZUT de, S. de Clatigny en Souday, de 1687, par donation 
du Président Perrault ; famille du Charolais : d'or, à une bande 
de gueules, chargée de 3 sautoirs alaises. Supports : 2 lions. 
(Ar. d. M.) 

THIYILLE de, S. de Poncé, 1641-1682; famille originaire de 
Normandie ; alliée avec les de Ghambray, S. de Poncé : de 
gueules, à 3 fusées ou lozanges posés en face d'argent. ( M is du 
Prat. ) 

THOUIGNY de, du nom de Reméon, S. de Thorigny, 1789. 
Charles Savigny, S. de Thorigny, Maire de Mondoubleau, 1692, 
Conseiller du roi. 

THOUARS, mi* de, V. VASSEUR le. 

TIL1ÈRE Taupinard de, à Rahay (Sarthe) et à Versailles. Fa- 
mille de robe. Elle posséda, au XIX e siècle, la terre du fief Corbin 
près Montmarin : écartelé aux 1, 4, de gueules, au chevron d'ar- 
gent, chargé d'un chevron de sable et accompagné de 3 coquilles 
d'argent, qui est Tilière ; aux 2, 3, d'azur, à un demi vol d'or, 
qui est Loys. — Couronne de m is ; supports : 2 lions. ( Sceau.) 

TONNELIER.S de la ville de Vendôme, la Communauté des : 
tiercé en bande d'or, desinople et de sable. (Ar. ms.j 

TOUCHE et TOUSGHE, de la, demoiselle, à Chauvigny, 1675; 
Etait-elle des de la Touche, S. du lieu, à Chaillant, au Maine, 
qui portaient : de gueules, à 3 besans d'or, 2, 1. (Cauvin.) Plu- 
sieurs familles de ce nom. 

TOURTIER, éc, S. de Bellande, 1691 : d'azur, au chevron 
d'argent, chargé de 3 merlettes de sable et accompagné de 3 
besans d'or, 2 en chef, et un en pointe. (Ar. dis.) Le Tourtier 
de Bellande, S. de la Fredonnière, assista à l'assemblée de la 
noblesse du bailliage secondaire de Mondoubleau, 1789. 

TREMAULT de, sgrs du Bouchet-Bouteville, Lunay, Nouais, 
Bellatour, Morisson, Spoir, Amilly, etc. Famille très-ancienne eu 
Vendômois, encore existante: on trouve plusieurs de ses mem- 
bres décorés du titre de Chevalier; m. t. 1712 : de gueules, à 
2 haches d'armes, d'argent, mises en pal, au chef cousu d'azur 
avec 3 étoiles d'or, rangées enfasec. (Ar. ms.) 

TRIE, S. de Mondoubleau, comte de Dammartin, du chef de 



223 

sa femme Jeanne d'Amboisc, XTV siècle; Maison illustre: d'or, 
à la bande d'azur. (La Ch.) 

TRIPIER, S. de Montenard, Lieutenant-Général du Vendu- 
mois, Touraine, Blaisois, Maine, Laval, Perche, Amboise, Lo- 
dunois. D'une famille de Laval. L'Armoriai du Maine indique 
plusieurs familles de renom dans la province. 

TROO, les anciens Sgrs de, alliés avec les de Villiers, sgrs de 
St-Gervais de Vie, en 1487, portaient, d'après une peinture qui 
se voit dans l'église de cette dernière paroisse : d'argent, à 3 
flammes de gueules. 

TROO, Chapitre de, V. CHAPITRE. 

TROUSSERIE de la, 1689, delà maison Marin. 

TUANDIÈRE, le fief de la, s'appelle Montmarin par lettres- 
patentes de IG71 . 

TUCEde, S. de la Fredonnière, 1410, de la plus ancienne no- 
btesse du Maine, représentée aujourd'hui parle colonel de Tucé : 
de sable, à 3 jumelles d'argent. (Cauvin.) 

TUFFIER, Louis, S. de Fontaine-Raoul, de la Chapelle-Vicom- 
tesse, à cause de sa terre de la Chauvolière, après 1650 : d'azur, 
à la fasce d'or, accompagnée de 3 roses tigées et feuillées de si- 
nople. Famille du Parlement de Paris. (Ar. d. M.) 

UBSULINES de Vendôme, le Couvent des, 1698 : d'azur , à un 
lys d'argent, avec cette inscription autour : DeS^ Ursule de Ven- 
dôme. (Ar. ms.) 

VABRES de, ou de Vasbres, Pierre, 1698 : d'argent, à 3 sa- 
pins ou 3 épées de sinople, rangés en fasce, et un chef d'or 
chargé de 3 tourteaux de gueules. (Ar. ms.) Nous croyons cette 
famille originaire du Perche. 

VALENNES, les sgrs de, en Baillou. étaient de la maison de 
Coutances, ou Coutance, connue dès le XIII e siècle. 

VALLIÈRE, de Bois-Guéret de La, à Vendôme, 1866; ori- 
ginaire de l'Orléanais : d'or, à 3 arbres de sinople, sur une ter- 
rasse de même, accostés de 2 croix pâtées de gueules et soute- 
nues d'un croissant d'azur, montant en pointe. Devise : Nemoris 
terraque roborc ascendunt. Christophe-François, S. de La Val- 
lière, comparut en 1789, à l'assemblée de la noblesse de l'Or- 
léanais et à celle du Yendômois. 

VALLIÈRE de la : d'azur, à un chevron d'or, accompagné île 
3 aiglons de sable, 2, 1. [La Ch. ) De cette famille était le S. do 
la Vallière, à Epuisé, 1675. 

VANDYde, V. le RICHE. 



— 224 — 

VANSSAY de, S. des Rouaudières en Cormenon, 1758. Le 
S. de la Barre assista à l'Assemblée de la Noblesse des bailliages 
de Vendômois, Mondoubleau et Saint-Calais, 1789. C'est une des 
plus nobles et des plus anciennes maisons du Maine, où elle existe 
encore. Titres de baron et de marquis : d'azur, à 3 besans d'ar- 
gent, chargés chacun d'une moucheture d'hermines, 2, 1 . Devîse : 
L'âge a dedans nous l'âge de Vancc. Supports : 2 sauvages de 
carnation ornés d'une massue. Timbre : un casque d'or avec les 
lambrequins de sinople et de gueules, surmonté d'un bourrelet 
d'or et d'azur. Couronne de marquis sur le casque. Cimier : un 
chien ailé avec lesarmes sur les ailes. [Sceau.) 

VAQUEREL DE LA BRIGUE, famille dont il est parlé dans 
l'Armoriai de France ; établie dans le Vendômois : de gueules, à 
un chevron d'or, accompagné en chef de 2 étoiles d'argent, et en 
pointe d'un croissant de même, l'écu timbré d'un casque de 
profil. 

VAREILLES de, S. de Rerthaud, fit défaut à sa comparution 
à l'assemblée de la noblesse du Vendômois, 4789 : burelé d'or 
et d'azur de 10 pièces, au lambel de gueules sur le tout. [La Ch.J 

VASCONCELLESde, au Verger, en Saint-Avit, 1842. De Vas- 
concelles, m. t. 1668, Elect. de Mortagne : d'argent, à 2 lions de 
gueules l'un sur l'autre. (Nob. de Nor.) 

VASSEUR le, S. marquis de Cougners, de Beaumont, et 
Thouars-ôous-Ballon. André, ép. de Jeanne Jadin, vivait en 
1390. Pierre est enterré à Vendôme : on lisait cette épitaphe : 

Cy endroist git en sépulture 
Messire Pierre le Vasseur 
Qui a servir Dieu mit sa cure; 
Chevalier fut, de Cogners sieur 
Ce lieu prit par dévotion 
Pries Jtsus qu'il lui fasse pardon. 

Joachim était Gouverneur de Vendôme sous Jeanne d'Albret. 
Le mis de Thouars, huguenot, depuis converti, avait suivi le parti 
du duc de Vendôme et avait été blessé de trois coups de feu à 
l'escarmouche de la Porte-Saint-Antoine. Nom éteint : d'argent, 
au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'azur. 

VAUBUISSON de, surnom de Philippe Fredureau. 

VAUBRUN. mis de, de la maison de Bautru. 

VAUCELAS Bon de, V. COCIIEFILET. 

VAUC1RAULT de, dame de Monlongis, fut appelée à l'assem- 



— 2-25 — 

blée de la noblesse des bailliages du Vendômois, Mondoubleau 
et Saint-Galais, 4789. Noblesse de l'échevinage d'Angers, m. t. 
1GG7 et 1715 : d'argent, à l'aigle éployée à 2 tètes couronnées de 
sable. (Ar. du M.) 

YAUTOURNEULT Bellangers de, Barons de Vautourneult. 
famille du Maine, dont un membre assista à l'assemblée de la 
noblesse du bailliage secondaire de Mondoubleau, 1789 : de sa- 
ble, à 3 lions, d'argent, armés, lampassés, et couronnés d'or. 
(Ar. de M.) 

VAUYIEUX de, titre de Comte, V. GOCIIEFILET. 

"VENDOME. Les anciens Comtes de Vendôme portaient: d'ar- 
gent, au lion d'azur, couronné, et un cbef de gueules. La seconde 
maison des Comtes de Vendôme s'armait : de France, à la bande 
de gueules, chargée de 3 lionceaux d'argent. Les ducs de Yen- 
dôme : de France , avec une bande de gueules, sans les lion- 
ceaux. Des sceaux des Comtes de Vendôme-Bourbon portent : 
écartelé de Bourbon-Vendôme cl de Vendôme ancien. 

VENDOME, ville, avait les armes de ses anciens Comtes : d'ar- 
gent, au lion d'azur couronné et un cbef de gueules. Elle a en- 
core ces mêmes armes. V. HOTEL-DE-VILLE. 

VENDOMOIS de. — Famille connue dès le XlIIe siècle dans 
ce pays , venue, croyons-nous, d'Auvergne. Jeanne, veuve de 
Ronssard de la Poissonnière, épousa, en 1420, à Savigné-sur- 
Braye, Jean de Bourbon-Vendôme. Armes : d'or, semé d'her- 
mines, à 3 fasces de gueules. (Pr. de Malthe.) Au chef d'or, 
chargé de 3 fasces de gueules. (De Saint-Paul.) Louis de Van- 
domois, S. d'Alleray, a son tombeau dans l'église de Choue. 

VERTHAMON de, S. delà Ville-aux-Clercs, conseiller au Par- 
lement, de 1072 : au 1er de gueules, au lion d'or ; aux 2 et 4, échi- 
queté d'or et d'azur; au 3e de gueules plein. En 1789, il y avait 
des gentilshommes de cette maison, sgrs d'Ambloy et d'un fief à 
Villerable. Famille sortie, en 15G0, de la bourgeoisie de Limoges. 

VIBRAYE de, V. IIURAULT. 

VIGNOLLES de, Gouverneur de Vendôme, 159G. Le mis de 
Yignolles, dit LA DIRE, écartelait : aux 1 et 4 d'azur, au paon 
faisant la roue, posé de face; aux 2, 3, de sable, au cep de vigne 
feuille et fruité d'argent, et soutenu par un échalas de même. 
(At')it. de l'Ordre du Saint-Esprit. ) 

VILLAIN, S. de la Tabaise en Baillou ; d'une famille du Par- 



— 226 — 

lement de Paris; N... Villain de laTabaise, âgé de 80 ans, vivait 
en 1792, à Saint-Calais. 

VILLEBRESME de, V. GOISLARD. 

VILLEGHENAY de, V. GODINEAU. 

VILLEDROUIN de, Y. FREDUREAU. 

YILLEGOUBLAIN de, Villegoublin ou Villegomblain, dame 
d'un fief à Epiais, 1789 , était-elle de la famille Racine de Ville- 
goublain? ou des Villégoublaih, de Maine ou Anjou, qui s'ar- 
maient : de gueules, à 3 mains droites d'argent ? 

YILLEMAREST de, S. de Villeporcher, 1789, était- il du nom 
de Moulard de Torcy de Yilmarest, en Picardie, qui porte : d'or, 
au lion de vair, lampassé et armé de gueules? 

YILLEMESLE, le sire de, ép. de la fille du sire de Grand-Bou- 
clict, en Ghoue, 1651 . 

YILLEPROUYAIR.E, anciens sgrs de, éteints dés le XYc siècle. 

YILLERAY de, Jean, 29^ abbé de Vendôme. Nous ne savons 
s'il appartenait aux de Yilleray, du Perclie, qui s'armaient : d'ar- 
gent, à 9 merlettes de sable, 3, 3, 3. (Arm. du Maine.) 

YILL1ERS duGrosbuissonde, Marin, éc, S. de Yilliers, Cor- 
nctte au régiment de Yillequier, 1G98 : de sable, à une tour d'ar- 
gent crénelée, et un cbef de même ebargée d'une merlette de 
sable. (Ar. ms.) Y. G1IAMPAGNÉ. Plusieurs familles du nom de 
Villiers. Les de Yilliers, sgrs de Saint-Cermain de Yic, por- 
taient : d'azur, à la croix d'argent cantonnée de 4 roses d'or. 

YIMEURdeROCHAMBEAU,S. d'Ambloy, Rocbambeau, Vil- 
liers, Tboré. Maison ancienne en Vendômois; titrée marquis. Elle 
a donné un gouverneur et bailli du Vendômois, au XYIlle siècle, 
et elle fut illustrée par le général de ce nom sous la république. 
Les nom et armes de Rochambeau ont été substitués, en 18G3, à 
M. Acbille Lacroix par le dernier représentant de la famille : 
d'azur, au cbevron d'or, accompagné de 3 molettes d'éperon d'ar- 
gent, 2,1. 

YINGENT ( SAINT- ), abbaye de Bénédictins, fondée au Mans 
en 572, par l'évêque St Domitien. Son abbé était présentateur à 
plusieurs cures et prieurés du Vendômois : d'azur, à un gril, le 
manche en liant d'or, un fouet ou discipline de même brochant 
sur le manebe du gril : au chef d'argent, chargé de 2 Heurs de 
lys de gueules. (Cauvin.) 

VORÉ, Jean de, S. .'!<_• \.~. Fo: >eprès Montoirc : d'hermines sans 



— 227 — 

nombre, au chef d'argent avec une faste de gueules vivrée, allas 
ondoyée. (Ar. dis.) 

VOUTE, Jouffraydela, 1789. Y. JOUFFREI. 

YOYE de, S. de Saint-Agil, de l'Epicière et d'Oigny, XVIc et 
XVIIc siècles. Très-ancienne famille au Maine, où est située la 
terre de ce nom ; elle tenait aux principales maisons de France ; 
de sable, à Obesans d'argent, 3, 2, 1. Titre de B<"> de la Pierre, 
au Maine. (Cauvin.) 



ADDITIONS. 

BA1LLOU, S. de Boisdais et de la Chapelle : d'or, à 2 fascesde 
gueules. ( Pr. d. M. ) 

BAUTRU, comtes de Nogent-sur-Loir, de Serrant en Anjou, 
mis de Yaubrun. Illustre famille que Ton dit être originaire de 
Vendôme : d'azur, au chevron d'argent, accompagné de 2 étoi- 
les, en chef, (aliàs de 2 roses d'argent en chef) et d'une tête de 
lion, arrachée de même, en pointe. 

BENARD1ÈRE, le S. de, à Cormenon, 1G67. 

BULLIOUD de, lieutenant des maréchaux de France, à Ven- 
dôme, 1789. 

CHEVALIER, S. de Rodon, de Tounan, éc, maréchal de 
camp, ancien Gouverneur de Ghandernagor, comparut à l'Assem- 
blée de la Noblesse du Bailliage du Yendômois, 1789, Chevalier 
d'Almont : écarlelé : aux 1 et 4, d'argent à une fasce d'azur, au 
bâton de sable, brochant sur le tout ; aux 2, et 3, de gueules à 
3 roses d'argent. 

DIY1DIS de SAINT-GOME, à Saint-Firmin-des-Prés. Origi- 
naire du Perche : d'azur, à 3 fuseaux d'or, surmontés d'un lion 
léopardé d'or, en chef. Devise : Dividende crescunt. 

DUFORT, Conseiller de la Cour des Comptes de Paris, IG93: 
d'azur, à 3 épis de blé d'or, tiges et feuilles de même, celui du 
milieu mouvant d'une monticule aussi d'or, au chef de même, 
chargé de 3 étoiles d'azur. Y. de CIIEYEBNY. 

FRESLON, Geoffroy, natif des Roches, 4Ge évêque du Mans, 
mort en 1274 : d'argent, au chevron d'azur, accompagné de 3 
freslons volants de sable. Ces armes se voient dans la cathédrale 
du Mans. 

GRAFFARD de, à Choue, s. de Tourninvillc, 1067 ; de Nor- 



228 

maneie : d'argent, à 3 pieds de grillon; alias de lion, de sable, 
2,4. 

LOGES des, Jacques, S. de la Chapelle-Gaugin, XYIIe siècle: 
d'azur, à 5 ileurs de lys d'or, en sautoir. (Cauvin.) 

MASSOL de, de gueules, au bras dextre tenant un marteau, 
le tout mouvant d'argent à senestre,au chef d'or, à l'aigle éployée 
de sable. {La G lien.) 



ERRATA. 



Page 49, ligne 8, lisez : d'autres reproches que celui d'un sot 
orgueil. 

Article d'azon ; lisez : 3 étoiles d'argent 1, et 2. , au lieu de: 
1, 2. 

Article bodin ; lisez : 3 merlettes, au lieu de : 3 molettes. 

Article brunier ; lisez.: une croix, au lieu de : une noix. 

Article de douhet, lisez : laFeuillade, au lieu de la Fenilladc. 
— Même article, lisez : à l'article de Mande, au lieu de : et l'ar- 
ticle de Mande. 

Article de M AUDE, lisez : de Foissac, au lieu de : de Boissac . 

Article de Megret, ajoutez : aliàs: deMegret d'Etigny, Inten- 
dant d'Auch, vers 1787 : d'argent, à une barre d'azur, char- 
gée de 3 étoiles d'argent. (Tombe.) 



SÉPULTURES GALLO-ROMAINES 

DE LA CORRÈZE 

Par M. Pli il ibort Lalande. 



Nous devons à l'étude dos tombeaux qui ont reçu 
les restes mortels des populations gallo-romaines, de 
grandes lumières sur leurs coutumes et sur leurs mœurs : 
c'est la mort qui nous a révélé une partie des secrets 
de la vie de nos pères, à plus de quinze siècles d'inter- 
valle. Mais si ces sépultures ont été l'objet de savantes 
recherches dans beaucoup de nos départements, il n'en 
a pas été de même dans celui de la Corrèzc, où leur 
découverte a presque toujours été due au hasard. 

En publiant ce mémoire, nous n'avons pas la préten- 
tion d'enrichir de faits nouveaux la science archéolo- 
gique; nous nous proposons seulement de sauver de 
l'oubli le nom des différentes localités où l'on a trouvé 
d«s sépultures caractéristiques de l'époque où la Gaule 
obéissait aux Césars; nous décrirons celles de ces tom- 
bes qu'il nous a été permis d'étudier f . 

Malheureusement, les objets que recelaient les cime- 
tières gallo-romains de la Corrèze ont été, le plus sou- 
vent victimes de l'ignorance et du vandalisme : mais 
quelques reliques de ce passé, plein d'intéressants sou- 
venirs, ont pu cependant être recueillies, ou étudiées 
avant leur destruction. 

Nous savons que l'incinération des cadavres était d'un 

1 Nous ne pouvons mentionner que des sépultures non appa- 
rentes ; des cippes funéraires ne désignaient pas, que nous sa- 
chions, celles qu'on a découvertes. Ce sont principalement les 
figures en bas-relief et les inscriptions observées sur les cippes 
qui jettent les plus grandes lumières sur les usages des popula- 
tions de la Gaule romaine. 



— 230 — 

usage général pourtant les deux premiers siècles de no- 
tre ère ; puis ou employa ce mode de sépulture de con- 
currence avec l'ensevelissement, qui finit par préva- 
loir, surtout quand le Christianisme se fut solidement 
établi en Gaule. 

Les tombeaux gallo-romains de la Corrèze, dont nous 
allons faire mention, appartiennent à la première épo- 
que et présentent tous un môme type. Ces sépultures 
consistent en des urnes en terre cuite, quelquefois en 
verre, contenant des cendres et des ossements bridés. 
Quelques-unes ont été trouvées dans des blocs mono- 
lithes, creusés intérieurement et recouverts d'un oper- 
cule ou d'une simple pierre plate ; quelquefois les res- 
tes humains sont déposés dans ces coffres funèbres 
que nous désignerons alors, pour établir une distinc- 
tion, sous le nom à' urnes lapidaires. 

Les arrondissements de Tulle et d'Ussel sont ceux 
qui ont fourni le plus grand nombre de sépultures gallo- 
romaines. Tout en faisant la part du hasard, ce fait s'ex- 
plique parfaitement. Des camps romains ont été assis 
dans la seconde de ces régions, limitrophe de l'Auver- 
gne; outre les nombreuses antiquités romaines, dont 
la plus remarquable est un aigle colossal en granit, re- 
cueillies aux environs d'Ussel, nous avons l'autorité des 
Commentaires, et il nous semble qu'on peut faire à 
celte contrée de l'ancien pays des Lemovices, l'applica- 
tion de ce passage du livre vin, où il est question des 
légions que César cantonna sur plusieurs points de la 
Gaule, après sa dernière campagne: « duas reli- 
ft quas in Lemovicum fines, non longé ab Arvernis '. » 

Nous allons indiquer les différentes localités de l'ar- 
rondissement d'Ussel où l'on a trouvé des urnes ciné- 
raires; nous ne pouvons décrire d'une manière détaillée 
ces divers cimetières, car nous n'étions pas présent lors 
de leur découverte, et presque toutes les urnes ont été 
perdues ou employées à de vils usages ; mais nous en 
parlerons d'après des renseignements minutieux que la 

1 Cœs. de Belf. Gall. Lib. VIII. 



— 231 — 

Non loin des frontières du Puy-de-Dôme, près de la 
petite ville d'Eygurande que traverse la route de Péri- 
gueux à Clermont, on a déterré, il y a quelques années, 
une urne en verre, contenant des cendres et une pièce 
de monnaie qui aurait pu nous révéler la date précise de 
cette sépulture, mais elle a été perdue : cette urne était 
renfermée dans un coffre de pierre, et le tout enfoui 
dans un champ nommé le RANDEIX. 

On sait que les urnes en verre étaient généralement 
destinées à recevoir les cendres des morts d'un rang 
élevé : il est bon de faire connaître que l'urne du Ran- 
deix a été découverte dans le voisinage de substructions 
romaines, vestiges probables dune villa. Dès lors tout 
porte à croire que la sépulture en question est celle d'un 
de ses anciens propriétaires. Ces vestiges de construc- 
tions, situés près du pont Charroux, sur les bords 
d'un ruisseau, existaient sur une étendue de 45" 1 de 
longueuç et de S0 m de largeur. Tout cet espace est par- 
semé de débris de tuiles à rebords, et le propriétaire 
actuel de ces ruines * a recueilli quelques briques or- 
nées de dessins en creux formant des courbes et des 
zig-zags parallèles, et quelques tessons de cette belle 
poterie rouge, avec dessins en relief, qui servait princi- 
palement pour la table. Nous avons vu quelques-unes 
des pierres dont l'édilice était construit; elles appar- 
tiennent au moyen appareil, et plusieurs portent des 
traces d'incendie. Aux environs, on reconnaît facilement 
quelques tronçons d'une voie romaine. 

A trois ou quatre kilomètres d'Eygurande, mais dans 
le département du Puy-de-Dôme, on a trouvé de nom- 
breuses urnes en terre cuite, dans la commune de Mesey; 
nous ne les décrirons pas, pour ne point sortir des li- 
mites que nous impose le titre de ce mémoire ; nous n'en 
faisons mention que parce qu'elles étaient voisines de la 
sépulture de Randeix. 

La route d'Ussel à Limoges travers: 1 la petite ville de 
Meymac; aux environs de cette localité, deux cimetières 



'M. Ratelade, d'Eygurande. 



— ï?sl — 

gallo-romains ont été découverts, l'un auMonteit, sur la 
propriété dû Jassoneix, commune de Meymac, le second 
dans le champ du Chambon, commune d'Embrugeat. 

Le premier de ces cimetières était situé sur un ma- 
melon : on y a trouvé deux urnes lapidaires ( en granit 
du pays ) et plusieurs autres en terre cuite, contenant 
toutes des cendres et des ossements calcinés. Autour 
de ces urnes, on avait recueilli des fers de lances, des 
tronçons d'épées, une meule en granit, une monnaie en 
bronze. Mais, à part la meule, rien n'a été conservé '. 

Un champ voisin est parsemé de tessons de briques, 
de tuiles à rebords, et nous y avons reconnu un silo. 
Le nom de ce champ et son exposition ne sont pas sans 
importance, et l'on peut en tirer des déductions très- 
vraisemblables que nous n'avançons pourtant qu'avec la 
plus grande réserve. 

Ce champ s'appelle aujourd'hui le Viallan. Or, dans 
notre patois limousin, la syllabe ial est presque toujours 
une euphonie de la syllabe française il : par exemple, 
du fil se dit del fiai; il s'ensuivrait que le nom de vial- 
lan se traduirait par villa n, qui serait lui-même une 
corruption de villa. Ces suppositions fondées sur les 
étymologies nous paraissent d'autant plus rationnelles, 
que l'idiome limousin est directement dérivé de la langue 
romane; nous aurons encore occasion de les invoquer. 

Le nom de Viallan, conservé par le champ en ques- 
tion, pourrait donc être un vestige traditionnel d'une 
villa romaine dont il ne reste que quelques tuiles. Elle 
était admirablement située ! Assise sur le penchant d'un 
coteau élevé qui la préservait des froides atteintes du 
vent du nord, elle dominait les belles prairies qui s'é- 
tendaient, alors sans doute comme aujourd'hui, dans 
les vallées environnantes. Nous savons avec quel soin 



1 D'après des renseignements qui nous sont parvenus depuis 
peu de temps, des sépultures paraissant gallo-romaines ont été 
fouillées près du château de Saint-Priest, dans la commune du 
même nom. Nous n'avons pas eu île détails circonstanciés. 



les Humains recherchaient pour leurs villas les exposi- 
tions les plus favorables. 

Le cimetière du Chambon n'est pas très-éloigné de ce- 
lui du Monteil : on y a exhumé sept urnes lapidaires, ren- 
fermant des cendres, et un plus grand nombre d'urnes 
en terre cuite : ces dernières ont été brisées et disper- 
sées. Nous avons vu quelques-unes des urnes en pierre 
chez M. le curé d'Embrugeat; elles consistent en blocs 
de granit, dégrossis à l'extérieur et creusés en forme 
de mortier. Elles devaient être couvertes d'une pierre 
plate ou d'une brique. Peut-être ces urnes lapidaires 
ont-elles plus spécialement reçu les cendres des morts 
d'origine gauloise, et sont-elles les sépultures des po- 
pulations que surveillaient les postes romains. 

Les débris de tuiles à rebords abondent aux alen- 
tours du presbytère d'Embrugeat. 

La petite ville de Meymac doit son origine histori- 
que à une abbaye de Bénédictins ; mais les cimetières 
dont nous venons de faire mention prouvent suffisam- 
ment qu'un établissement d'une certaine importance exis- 
tait dans la contrée à l'époque gallo-romaine; ce que 
viennent confirmer quelques vestiges d'une voie ro- 
maine près d'Embrugeat. 

M. le curé de cette paroisse avait aussi recueilli une 
tête de femme, en granit, de 10 c. de longueur, et qu'il 
nous a généreusement cédée. Cette tête, qui nous pa- 
rait appartenir à la statuaire romaine, pourrait bien 
avoir été détachée d'un cippe funéraire, par suite d'une 
ancienne mutilation. 

D'autres sépultures ont été découvertes dans les com- 
munes de Darnctz et de Toy-viam: ce sont des urnes 
en granit, dans la première de ces localités, en terre 
cuite dans la seconde ; les urnes lapidaires ont servi de 
matériaux de construction ! 

Non loin de Darnetz, on a trouvé encore des urnes 
funéraires, dans la commune de S l -Yrieix-le-Déjalat, 
qui fait partie de l'arrondissement de Tulle. 

Les cimetières gallo-romains sont assez nombreux 

v. 17 



dans cette partie de la Corrèze. Aux environs de Tulle, 
ils appartiennent évidemment à l'ancienne ville de Tin- 
tignac, dont les arènes sont le monument romain le plus 
connu du Bas-Limousin. Il n'en reste plus aujourd'hui 
que de faibles vestiges ; il serait impossible d'y recon- 
naître les ruines d'un amphithéâtre, si l'historien Ba- 
luze n'avait laissé un plan de ce qu'elles étaient en 
1697. Des fouilles ont t'ait découvrir, entre autres ob- 
jets remarquables, des urnes cinéraires en verre, en 
terre cuite, et même en briques 1 . 

Il existe aussi des vestiges de l'époque gallo-romaine 
aux environs de Seilhac, à six kilomètres au nord de 
Tintignac. Un aqueduc dont on a retrouvé quelques fai- 
bles traces en ouvrant un chemin, amenait à cette ville 
les eaux de sources abondantes situées près de Seilhac. 
Sur le territoire de cette commune, on peut observer 
de nombreuses places où les briques et les tuiles à re- 
bords se montrent à la surface du sol ou enfouies à une 
faible profondeur; des fondations évidemment gallo- 
romaines existent dans un champ appelé la Terre du 
Palais, et se prolongent notamment dans un étang ar- 
tificiel, de création bien postérieure; il paraît qu'on 
peut facilement les reconnaître lorsque l'étang est mis 
à sec. 

Près de cet étang, on a déterré des urnes en terre 
cuite, et le champ où elles ont été trouvées est désigné 
sous le nom de les Terres Grasses. On y découvrit en 
outre de beaux tessons de poterie rouge, avec des des- 
sins en relief représentant des chiens courant dans des 
rinceaux de feuillage. Les premières urnes qu'on ren- 
contra étaient brisées; mais, grâce aux recommanda- 
tions faites par M. le marquis de Seilhac, on parvint à 
recueillir intacte une grande urne en poterie rougeâtre, 
contenait des ossements calcinés. Elle a été déposée à 



* L'ancien plan des arènes, les dessins des nrnes et de mé- 
daillons en marbre, sont figurés dans YHistoriquc monumental 
de l'ancienne province du Limousin, par J. B. Tripon. ( Publié 
en 1834. ) 



— 235 — 

la mairie de Seilhac, où nous l'avons vue, ainsi que les 
débris trouvés précédemment. 

Cette urne a m ,30 de hauteur, environ m ,23 de dia- 
mètre à sa partie la plus renflée, et m ,l 5 à l'ouverture, 
dont les bords arrondis sont légèrement recourbés en 
dehors. Le col est formé par une gorge peu développée, 
et le corps du vase, presque cylindrique sauf un léger 
renflement, est orné de deux moulures parallèles, à une 
certaine distance l'une de l'autre. A partir de la se- 
conde des deux moulures, l'urne se rétrécit progressi- 
vement jusqu'à sa base, d'un diamètre un peu moins 
considérable que celui de l'orifice. (Voy. fig. n° 1. ) 

Cette urne était enfouie à 25 centimètres environ de 
profondeur, et recouverte d'une pierre plate. Outre les 
cendres, elle contenait une monnaie en bronze trop 
fruste pour qu'il soit possible de la déterminer. 

On a trouvé aussi des boucles de ceinturons et des 
agrafes en bronze, aux environs de Seilhac, surtout dans 
un champ désigné sous le nom patois de la Brczade, ce 
qui signifie champ de la bataille acharnée; ce nom, ainsi 
que celui d'une hauteur et d'un vallon voisins, le pic 
de Lagarde et le val du Malpas, sont peut-être dus 
à une tradition indiquant que ces lieux ont été le théâtre 
de luttes sanglantes, et l'on attribue en effet la destruc- 
tion de Tintignac aux hordes barbares qui ravagèrent la 
Gaule pendant le IV e et le V e siècle. 

Des cimetières gallo-romains ont été découverts sur 
d'autres points de l'arrondissement de Tulle : Servières, 
Saint-Julien-le-Pèlerin, Argentat, localités peu éloignées 
les unes des autres 1 . Ce sont toujours des urnes en terre 
cuite, enfouies à une faible profondeur. Celles de Ser- 
vières, au nombre de trois, furent trouvées dans les 
caveaux du petit séminaire, nous a-t-on assuré, en 
creusant des fondations. Mais nous n'avons de données 

1 Par suite d'une transposition typographique, la note à lire au 
bas de cette page a été placée p. '232, où devrait se trouver la 
note qui va suivre : 

« ' Ces renseignements nous ont été fournis par le propriétaire, 
M. Lafeuillade du Jassoneïx.» 



— 236 — 

certaines à présenter que sur la sépulture des environs 
d'Argent;! t. 

En 1827, des ouvriers, travaillant à défoncer un 
champ situé à Crois;/, à deux kilomètres en amont d'Ar- 
gentat, sur la rive gauche de la Dordognc, rencontrèrent 
une construction en briques, qu'ils se hâtèrent d'ouvrir. 
C'était un abri ou cercueil renfermant deux urnes en 
poterie grisâtre 1 . Dans l'empressement que l'on mit à 
les examiner, l'une d'elles fut brisée ; elle était remplie 
d'un résidu pulvérulent qui pouvait bien représenter des 
os calcinés. Dans l'autre urne, on trouva un anneau en 
cuivre ou bronze, une bague à chaton, de même métal, 
trois médailles en bronze, plus un poignard à lame 
courbe, dont le dessin (fig. 2) reproduit exactement la 
forme. 

La lame (b), longue de m ,21, et large en moyenne 
de m ,04, est en fer fortement oxydé; elle s'enchâsse 
dans une pièce de bronze (a). Le corps de la poignée, 
qui devait être en bois, traversé sans doute par une 
mince soie en fer, est détruit par le temps. La base de 
cette poignée s'introduisait évidemment dans une seconde 
pièce de bronze, qui servait à la consolider en Punissant 
à l'armature de la lame. Cette seconde pièce de bronze, 
que la fig. 2 représente à la place qu'elle devait occuper, 
a été recueillie détachée. Une troisième pièce, du même 
métal, se trouvait aussi dans l'urne ; comme le démon- 
trent sa forme et la place que nous lui faisons occuper 
( en a' ), elle devait servir de garniture à l'extrémité 
d'un fourreau de cuir dont il ne reste pas d'autres ves- 
tiges. 

Celte arme curieuse, que nous avons pu étudier chez 
M. le D 1 ' Moulins, ne se trouve pas dans la collection des 
armes d'Alise 2 ; mais elle figure dans un trophée d'ar- 

1 Les détails concernant cette sépulture nous ont été fournis 
par M. Moulins, docteur médecin à Argentat, et propriétaire du 
domaine de Croisy. 

2 Yerchère de Reffie. — Les Armes d'Alise. Revue Archéo- 
logique. (Novembre 1864. ) 



— 237 — 

mes gallo-romaines faisant partie- dos bas-reliefs de l'arc 
de triomphe de Carpentras, dont on s'accorde à rap- 
porter la date an II e siècle de notre ère. Le poignarda 
lame courbe, qui nous sert de terme de comparaison, 
est dans un large fourreau terminé par un bout de mé- 
tal semblable à la garniture de bronze (a' ). Sa poignée 
est recourbée et ornée à son extrémité d'une tète d'oi- 
seau de proie ; la base s'introduit dans une pièce qui 
fait saillie hors du fourreau, et qui offre beaucoup d'ana- 
logie avec celle qui sert d'armature ou de garde à la 
lame du poignard découvert à Croisy. 

Les monnaies trouvées avec cette arme auraient per- 
mis d'assigner une date positive à cette sépulture ; mais 
la découverte en ayant été faite en l'absence de M. Mou- 
lins, les monnaies furent mêlées à d'autres qu'il possé- 
dait, de sorte qu'il ne put les distinguer des premières 
avec certitude. 

Les environs d'Argentat portent des traces positives 
de l'occupation romaine. On y a découvert des fonda- 
tions qui ne peuvent être que celles d'une villa. Ces res- 
tes de constructions se trouvent entre la petite ville 
d'Argentat et le village de Longour, au lieu appelé le 
Peuch, sur un accident de terrain au bas duquel cou- 
lent les eaux limpides de la Dordogne. Quelques fouil- 
les ont donné de beaux échantillons de poterie rouge 
avec dessins, de la poterie noire vernissée, plus rare 
que la première, des fragments d'urnes cinéraires, des 
briques avec moulures en creux. Le sol est parsemé de 
morceaux de tuiles à rebords. 

Les principaux objets recueillis ont été déposés à la 
bibliothèque communale d'Argentat, où nous avons pu 
les examiner. 

De même que les sépultures du Randeix, du Mon- 
teil, de la Terre du Palais, paraissent être celles des 
anciens propriétaires de villas voisines, la sépulture de 
Croisy doit être celle d'un des anciens habitants de la 
villa du Peuch. 

Jusqu'ici nous ne connaissons, dans l'arrondissemenl 
de Drive, qu'un seul lieu de sépulture de l'époque gallo- 



— 2r}8 — 

romaine; il fut découvert en 1864, dans le champ des 
Pallènes, commune de Brive. 

Ce fut par hasard qu'en labourant un paysan déterra 
un coffre de grès rougeâtre \ renfermant une urne en 
terre cuite; elle contient des ossements calcinés, par- 
mi lesquels nous avons facilement reconnu des portions 
de crâne et des fragments des os longs. Au milieu de 
ces débris humains se trouvait un anneau en fer, très- 
fortement oxydé; le dessus de cet anneau, qui affecte 
la forme d'une chevalière, est muni de deux sortes de 
chatons disposés comme des oreillettes à droite el à 
gauche. Mais la couche d'oxyde est trop épaisse pour 
qu'il soit possible de saisir nettement tous les détails de 
cette bague 2 . 

Le coffre lapidaire était à m ,50 de profondeur. Cet 
objet forme un bloc presque carré à l'extérieur, com- 
posé de deux parties, d'une hauteur totale de m ,58 et 
ayant une largeur moyenne de m ,42. Dans la partie in- 
férieure, représentée fig. n° 3 , est creusée une cavité 
affectant la forme de la base de l'urne ; cette cavité est 
profonde de m ,15, et son diamètre à l'ouverture est de 
m ,21 . Un rebord, ayant 2 centimètres environ de saillie, 
a été habilement ménagé pour maintenir solidement le 
couvercle, dont la hauteur est de nl ,30. Une cavité, 
profonde de m ,08 sur m ,30 de diamètre, y est prati- 
quée pour recouvrir la partie supérieure de l'urne. 

Le col de ce vase fut maladroitement brisé au mo- 
ment delà découverte. La figure n° 4 représente l'urne 
restaurée. 

La hauteur en est de m ,21, le diamètre médian de 
m ,18; on voit qu'elle entrait presque exactement dans 
son récipient. La base et l'orifice ont la même dimen- 
sion, 8 centimètres de diamètre. 

1 Ce n'est pas du grès dévonien, mais bien une variété rouge 
des grès bigarrés, commune aux environs de Brive. 

2 Cette urne, avec son contenu, est actuellement à Brive, cbez 
M. E. Massénat. En nettoyant la bague, M. Massénat s'est aperçu 
qu'une pierre précieuse, de couleur jaunâtre, s'y trouve enchâs- 
sée ; il ne nous a pas été possible d'en reconnaître la nature. 



— 239 - 

Celte urne est en terre grisâtre et très-homogène; 
son épaisseur est peu considérable. Nous voyons (fig. 4) 
que sa partie renflée est ornée de trois moulures paral- 
lèles très-régulières. Les bords de l'orifice sont recour- 
bés en dehors. 

De la terre glaise, placée au-dessus et au-dessous de 
l'urne, servait à la consolider dans son récipient. Une 
partie des charbons du bûcher funèbre avait été dis- 
posée autour de l'enveloppe de pierre jusqu'aux deux 
tiers de sa hauteur, sans doute pour la préserver de 
l'humidité de la terre. Ces charbons se présentent en 
petites masses informes, onctueuses au toucher; on 
croirait volontiers qu'ils sont encore imprégnés d'une 
substance organique. 

Aucune médaille ne vient nous aider à préciser une 
date. 

Le champ des Pallènes était évidemment le cimetière 
d'une station gallo-romaine située dans le voisinage, et 
son nom est peut-être un témoignage de sa destination 
primitive (campus 'palleiis').). Des fouilles bien dirigées 
feraient sans doute découvrir de nouvelles sépultures; 
et, du reste, celle que nous venons de décrire n'est pas 
la première qu'on y ait trouvée. Il y a plusieurs années, 
le propriétaire de ce champ en a retiré un dépôt funè- 
bre consistant en un coffre de pierre, renfermant des 
ossements brûlés ; c'était donc une urne lapidaire, maïs 
sa découverte demeura d'abord inconnue, et le cultiva- 
teur qui l'avait déterrée, ne pouvant en apprécier la va- 
leur, s'en servit pour faire des moellons. 

Il ne reste aujourd'hui aucun vestige de l'établisse- 
ment gallo-romain qui devait exister dans les environs, 
si ce n'est des fragments de tuiles à rebords ; mais la 
tradition locale a conservé le souvenir d'une ancienne 
ville, et cette tradition paraît confirmée par le nom d'un 
hameau voisin du champ des Pallènes. Ce hameau, com- 
posé aujourd'hui de quelques misérables cabanes, porte 
encore le nom de Ciiàstelou, nom qui signifie en pa- 
tois petit château, et qui est évidemment une corruption 
de caslellum. 



— MO — 

La topographie des lieux vient encore à l'appui de 
cette hypothèse; le hameau de Chastelou, exposé au 
midi et au couchant, est bâti sur une colline située au 
point de jonction de la vallée de la Corrèze et de celle 
du Maumont, et se prolonge dans cette dernière vallée. 
Nous avons eu déjà occasion de le dire : les Romains 
choisissaient de préférence de semblables positions pour 
établir, soit leurs postes militaires, soit leurs luxueuses 
villas. Ce nom de Chastelou (castellum) nous fait pen- 
ser qu'il s'agit plutôt ici d'une de ces positions straté- 
giques, multipliées autour de Brive, bourgade gauloise 
à laquelle son pont sur la Corrèze ( Briva Cur relia ) 
donnait une certaine importance. Le champ des Pallè- 
nes est dans la riante vallée du Maumont, ruisseau dont 
les eaux limpides vont, non loin de là, se réunir à celles 
de la Corrèze, à six kilomètres environ en aval de 
Brive. 

Mais à part les déductions qu'on peut tirer du nom 
des lieux, de leur position et de quelques débris des 
anciennes toitures, rien ne peut aujourd'hui guider l'ar- 
chéologue. Les terribles révolutions qui ont fait crouler 
l'empire romain ont sans doute détruit le castellum de 
la vallée du Maumont, et la faux du temps a complété 
l'œuvre commencée par l'homme. De l'ancien établis- 
sement gallo-romain il ne reste qu'une vague tradition 
et des sépultures à jamais muettes. 



Brive, 1800. 



241 



Après ces lectures, M. le Président adonné la parole 
à M. J. Chautard, professeur de physique à la Faculté 
de Nancy. 

M. J. Chautard a exposé, avec une remarquable 
clarté, les principes sur lesquels repose la construction 
de la machine de Ruhmkorlï, et a répété la plupart 
des brillantes expériences d'électricité auxquelles cette 
machine d'induction a donné naissance. Nous ne pou- 
vons que rappeler ici ces explicaiions si intéressantes 
et ces curieuses expériences, et remercier notre savant 
collègue de nous avoir rendus témoins de phénomènes 
dont la connaissance, jusqu'à présent, est réservée aux 
auditeurs des Facultés. 



ERRATA 



Page 6, ligne 17, au lieu de M. de Bellcnouc, lisez M. Fr. 
Bcllcnoue. 

Page 12, ligne 18, au lieu de ses prétentions, lisez ses inten- 
tions. 

Page 66, ligne 19, après ces mots : mémoire sur le diluvium 
vendômois, ajoutez : M. A de Rochambeau, qui a présenté son 
second Mémoire sur les sépultures en forme de puits, lequel sera 
inséré dans le volume des Mémoires lus à la Sorbonne aux séan- 
ces des 4, 5 et 6 avril 1866 

Page 179, dernière ligue, au lieu de la cour de noire nouvel 
Hôtel- de- Ville, lisez la cour de notre nouvelle Bibliothèque. 




...-(/». FctiitiAs: 



T A 1! L E 



Séance du 11 janvier 1866. 



Liste des membres présents Page 1 

Liste des membres admis depuis la séance du 12 oc- 
tobre 1865 2 

Installation du Président et des membres du Bureau 
élus le 12 octobre 1865 2 

Allocution du Président 2 

Communications du Président, relatives : 1° au Dic- 
tionnaire géographique de l'Arrondissement ; 2° 
au Glossaire des vieux Mots vendômois ; 3° aux 
travaux destinés aux séances générales 3 

Description sommaire des Orjets offerts a la So- 
ciété, depuis la séance du 12 octobre 1865. , . . i 

Compte rendu de l'état financier de la Société, et 
Budget de 1866. 13 

Une Excursion a Palmyre, par M. de Nadaillac. . . 17 

Texte d'une Charte de M. CC. XVII, et traduction 

par M. Ch. Boucliet 47 

Essai sur l'Armorial du Vendômois, par M. de 

Mande 19 



— 244 — 

RÉSUMÉ DE L'ANNÉE MÉTÉOROLOGIQUE 1 8G >, p:il* M. G. 

Boulrais , , , . 08 

Poésie. — Geoffroy et Bérengère, légende du XII e 
siècle, par M. Cl). Chautard 60 



Séance du 12 avril 1863. 

Liste des membres préseuls 65 

Liste des membres admis depuis la séance du 1 1 
janvier 1806 66 

Communications du Président, relatives : 1° à la 
présence des délégués de la Société aux réunions 
des Sociétés savantes à la Sorbunne; 2° à l'invi- 
tation adressée à la Société de se faire représenter 
au Congrès archéologique international d'Anvers: 
3° à l'adjudication des travaux de construction de 
la Bibliothèque communale et du Musée archéolo- 
gique à Vendôme 66 

Description sommaire des Objets offerts a la So- 
ciété ou acquis par elle, depuis la séance du 1 1 
janvier 1866 67 

Essai sur la Distribution géographique des Plantes 
phanérogames dans le département de Loir-et- 
Cher, par M. A. Franchet 75 

Rapport sur la découverte d'une construction 
gallo-romaine, dans la commune de Thoré (Loir- 
et-Cher), par M. A. de Rochambeau 101 

Essai sur l'Armorial du Vendômois , par M. de 

Maude. — Suite . . . • 109 

Poésies. — Platon. — La première Aumône. — 
Adieux a Vendôme; par M. de La Hautière. . . . 124 



G. 



245 



Séance du 12 juillet 1866. 

Liste des membres présents 159 

Liste des membres admis depuis la séance du 12 avril 

1866 130 

Communication, par M. d'Anouilh de Salies, d'une 
lettre de M. Viollel-Leduc, relative au Château de 
Lavardin 130 

Description sommaire des Objets offerts a la So- 
ciété ou acquis par elle, depuis la séance du 12 
avril 1866 L3I 

Note sur un jeton de Charles, duc de Vendôme, 

par M. Ch. Bouchct 138 

Le Yendômois a la fin du xvn e siècle, par M. Aug. 

de Trémault 141 

Renseignements sur l'ancienne paroisse S 1 -Lubin, 

a Vendôme, par M. A. Dupré 156 

Documents sur la chapelle Saint- Jacques- du- 

Bourbier, à Vendôme, par le même 164 

Essai sur l'Armorial du Vendômois, par M. de 

Maude. — Suite 167 

Poésie. — Ronsard a Vendôme, par M. Louis 

Bouchet 180 

Séance du 11 octobre 1866. 

Liste des membres présents 185 

Liste des membres admis depuis la séance du 12 
juillet 1866 186 

Election de trois membres du Bureau et du biblio- 
thécaire-archiviste 186 

Description sommaire des Objets offerts a la So- 
ciété, ou acquis par elle, depuis la séance du 
12 juillet 1866 187 

Le Vendômois a la fin du xvn e siècle, par M. Aug. 
de Trémault. (Fin.) 194 



— 246 — 

Essai sur l'Armorial du Vendômois, par M. de 
Maude. — Fin 210 

SÉPULTURES GALLO-ROMAINES DE LA CORRÈZE, par M. 

Pli. Lalande. — Planche 229 

Note sur une communication de M. J. Chautard, 
relative à la machine de Ruhmkorff 241 



FIN. 



Vendôme. Typ. & Lith. Lemercicr 






BULLETIN 



DE LA 



f r 



SOCIETE ARCHÉOLOGIQUE 

SCIENTIFIQUE k LITTÉRAIRE 



DU 

VENDOMOIS 



VENDOME 
TYPOGRAPHIE ET LITHOGRAPHIE LEMERCIER 



BULLETIN 



DE LA 



r r 



SOCIETE ARCHEOLOGIQUE 

SCIENTIFIQUE ft LITTÉRAIRE 



DU 



TENDOMOIS 



VI e ANNÉE 
1867 




AR. 




VENDOME 

LTPRAIRIE DEVAURE-TIENHION 



SOCIETE 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU VENDOMOIS 



e Année. — 1 er Trimestre. 



JANVIER 18G7 



La Société Archéologique s'est réunie en assemblée 
générale le jeudi 10 janvier 1807, à 1 heure, au lieu 
ordinaire de ses séances, 

Etaient présents au Bureau : 

MM. V. Dessaignes, trésorier; Nouel, conservateur; 
Ch. Bouchet, bibliothécaire-archiviste ; Ch. Chautard, 
secrétaire; Hinglais, secrétaire-adjoint; Launay et de 
La Vallière. 

Et MM. Baillet, Billot, de Bodard, l'abbé C. Bourgo- 
gne, l'abbé L. Bourgogne, Brizard, II.de Brunier, 
M. Chautard, de Déservillers, Dourze, Faton, d'Harcourt, 
Hème, P. Lemercier, Ph. Martelliére, de Martoune, 
D. Menard, l'abbé Monsabré, Neilz, A. de Rochambeau, 
G. Roger, Rolland, J. de Saint-Venant, Ch. de TraYanet, 
G. de Trémaiilt. Tremblay, de Wacquant, et l'abbé Van- 
Wanghen. 

VI. 1 



-) 

M. Dessaignes, président d'âge, déclare la séance 

i Mi verte. 

Le secrétaire fait connaître les noms des membres 
reçus par le Bureau depuis la séance générale du 11 oc- 
tobre 1866; ce sont : 

MM. Brizard, substitut du procureur impérial, à Ven- 
dôme ; — Ernest Peltereau, clerc de notaire, à Vendôme ; 
— Th. Arrondeau, inspecteur d'académie, à Vannes; — 
Landron, architecte à Saint-Calais; — Beaussier, substi- 
tut du procureur impérial, à Pithiviers : — Paulin Fer- 
rant, ancien juge de paix à Mondoubleau. 

Le seorétaire ajoute que la Société a perdu trois de 
ses membres: MM. Picard, avoué à Vendôme: Loiseau, 
aumônier de l'Hôpital, à Vendôme : et Léon Noël, pro- 
priétaire au château de Saint-Bohaire. — C*est à la 
générosité de M. Noël que la Société Archéologique 
doit d'être propriétaire du dolmen de la Chapelle-Vendô- 
moise, menacé de destruction. 

M. le Président dit que les fonctions conférées à MM. 
Ch. Bouchet. bibliothécaire-archiviste, Filly. secrétaire- 
adjoint, et Launay, membres du Bureau, sont terminées 1 . 
11 invite les membres élus dans la séance du 11 octobre 
1866 avenir prendre place au Bureau. 

Prennent place au Bureau MM. II. de Brunier. de Bo- 
dard et Fa ton. 

Piestent membres du Bureau pour 4 867: MM. Ch. de 
Lavau, président; G. Boutrais, vice-président ; V. Des- 
saignes, trésorier; Xouel, conservateur; Ch. Chautard. 
secrétaire ; Ilinglais, secrétaire-adjoint: de la Rochefou- 
cauld, duc de Doudeauville, l'abbé Roullet et de La 
Vallière. 

1 M. Cli. Bouchet, réélu bibliothécaire-archiviste, reste mem- 
bre honoraire du Bureau pendant toute la durée de ces fonc- 
tions. 



o 



M. le Président invite M. le Trésorier a présenter les 

comptes de la Société. 

COMPTES DE L'ANNÉE 1860. 



RECETTES ORDINAIRES. 

Avoir en caisse au 1 er janvier 1800. . 

Produit des cotisations 

Produit des diplômes 

Vente du Bulletin 

Total des recettes ordinaires. 



RECETTES EXTRAORDINAIRES. 

Allocation municipale 

Subvention du Ministre 

Recettes accidentelles 

Total des recettes extraordinaires. 



Piécettes ordinaires . . . 
Recettes extraordinaires . . 

Total des Recettes. 



DEPENSES ORDINAIRES. 

Frais d administration 

Loyer 

Entretien des collections 

Fouilles et recherches .....* 

Frais du Bulletin 

Dépenses imprévues 



Total des dépenses ordinaires. 



27 ï 


25 


945 


» 


c> 




O 


» 


3G 


50 


1011 


75 


3S. 

» 


» 


300 


» 


25 


» 


325 


» 


1011 


75 


325 


» 


1330 


75 


203 


05 


180 


» 


178 


05 


14 


» 


740 


30 


» 


» 


1310 


» 



A — 



DEPENSES EXTRAORDINAIRES. 



Troisième à-comptc sur le prix de la 
collection Pesson à reporter sur 1807 
(200 f.) 



» f » 



Dépenses ordinaires. . . 1331 70 
Dépenses extraordinaires . » » 



Total des Dépenses. 1330 75 



RÉCAPITULATION. 

Total dos Receltes .... 1330 75 
Total des Dépenses .... 1310 » 



Excédant des Recettes au 31 décembre 
1800 20 75 



BUDGET DE 1807. 



l rc Section. 

REPORT DES RECETTES ET DES DÉPENSES NON EFFECTUÉES 

EN 1866. 

Recettes à recouvrer sur 4867. 

1° Excédant en caisse au 1 er janvier 

1807 20 75 

2° Cotisations arriérées 500 » 



Total des Recettes à recouvrer . 520 75 



Dépenses à payer sur 4866. 
1° Frais du Bulletin 180 » 



;> 



Report. ISO » 

2° Troisième à-compte sur le prix de 
la collection Pesson 200 » 



Total des dépenses à payer. 380 » 



Recettes à recouvrer. 520 75 
Dépenses à payer. . 380 » 



Excédant des Recettes à reporter 
à la 2 e section. ...... 140 75 



2 e Section. 

Recettes ordinaires. 

1° Excédant des Recettes de la l re sect. 140 75 

2° Produit des cotisations .... 1100 » 

3° Produit des diplômes 20 » 

4° Vente du Bulletin 30 » 



Total des Recettes ordinaires. 1290 75 



Dépenses ordinaires. 

1° Frais d'administration 220 » 

2° Loyer 180 » 

3° Entretien des collections .... 180 » 

4° Fouilles et recherches 50 » 

5° Frais du Bulletin 820 » 

6° Dépenses imprévues . , . . . 40 » 



Total des dépenses ordinaires . 1490 » 
Report des Recettes ordinaires. 1290 75 



Excédant des Dépenses à reporter à 

la 3 e section 199 25 



— — 

3 e Section. 
Recettes e a Ira ordinaires . 
Subvention du Ministre 300 f » 

Dépenses extraordinaires. 

Report de l'excédant des Dépenses. . 199 25 
Solde du prix de la collection Pesson . 100 » 



Total des Dépenses extraordinaires. 299 25 



Recettes extraordinaires. . 300 » 
Dépenses extraordinaires . 299 25 



Excédant des Recettes du budget de 



s v 



1866 » 75 



Les comptes de M. le Trésorier sont approuvés^ et le 
budget de 1807 est voté à l'unanimité. 



M. le Président fait observer qu'il résulte du compte 
qu'il vient de présenter, comme trésorier, que la somme 
portée au chapitre des fouilles est fort insuffisante; 
qu'en ce moment même, les fouilles exécutées à Arcincs 
le sont aux frais de M. le Président de Lavau; que le 
budget de 1807 n'est en équilibre que par suite de l'allo- 
cation que M. le Ministre de l'Instruction publique a 
bien voulu accorder à la Société; que, dans ces circon- 
stances, le Bureau examinant la question de savoir s'il y 
avait lieu d'augmenter la cotisation, considérant qu'il 
importe au succès du Musée d'appeler le plus grand 
nombie de membres à y prendre part; qu'une augnieu- 



_ 7 — 

tation, même légère, dans la cotisation annuelle pour- 
rait en éloigner quelques-uns; d'un autre côté, considé- 
rant que le budget sera bientôt déchargé du loyer du 
Musée, qui sera placé dans les nouvelles constructions 
municipales ; a été d'avis de ne point augmenter le 
chiffre de la cotisation, mais de faire, cette année, un 
appel à la générosité des membres de la Société qui dé- 
sireront contribuer aux dépenses nécessitées par les 
fouilles d'Areines. Il annonce en conséquence qu'une 
souscription est ouverte, et que le produit sera principa- 
lement destiné à poursuivre les fouilles en cours d'exé- 
cution dans la plaine d'Areines. 

L'assemblée approuve la décision du Bureau. 

M. le Président accorde la parole à M. Launay. « On 
peut déjà espérer, dit ce membre, par les travaux com- 
mencés à Areines, que des fouilles plus importantes 
amèneront des découvertes intéressantes, et feront con- 
naître quelle était l'étendue des constructions gallo-ro- 
maines qui avoisinaient le théâtre dont les fondations ont 
été précédemment retrouvées.» — Il fait passer sous les 
yeux de l'assemblée un plan «les murailles mises à dé- 
couvert jusqu'à ce jour. 

M. le Président annonce que le Bureau a décidé qu'à 
l'avenir il ne sera publié dans le Bulletin que les travaux 
archéologiques spéciaux au Vendùmois, ou présentant 
un intérêt général ; qu'il n'en sera plus admis dont l'ob- 
jet n'aurait qu'un intérêt local pour des contrées étran- 
gères au Ycndêmiois. 



— 8 — 

DESCRIPTION SOMMAIRE 

des Objets offerts à la Société 
ou acquis par elle 
depuis la séance du 11 octobre 1866 '. 

Nous avons reçu : 
I. — OBJETS D'ART k D'ANTIQUITÉ. 

De M. de la Saussaye, membre de l'Institut, recteur de 
l'académie de Lyon : 

Un BUSTE en plâtre de RONSA11D, de grandeur naturelle. 
Morceau fort précieux. — Voici ce que le donateur écrivait à 
notre bonorable secrétaire à ce sujet : 
« Monsieur et cber collègue, 

« Je suis très-heureux d'apprendre que l'envoi de mon buste 
de Ronsard a été agréable à notre Société Archéologique. Je vou- 
drais y joindre quelques renseignements sur l'origine de ce buste : 
mais vous êtes mieux placé que moi pour les trouver. Tout ce 
que je puis vous dire, c'est que je l'ai acheté à Tours, il y a plus de 
trente ans, et j'ai supposé que c'était le résultat d'un moulage 
fait jadis sur le buste de marbre ou de bronze qui décorait le 
tombeau élevé par Joachim de la Chctardie, prieur commenda- 
tairede Saint-Gôme, à son illustre prédécesseur, dans l'église du 
monastère où Ronsard avait été enterré. Un autre exemplaire de 
ce moulage avait été transporté aux Archives de la Préfecture 
de Loir-et-Cher, ainsi qu'un fragment de l'épitaphe sur une pla- 
que de marbre noir ; le buste fut déposé à la bibliothèque commu - 
nale.... &c. » 

De M. Vallet (de Viriville), auteur de l' Histoire de Char- 
les VII: 
Une fort belle et fort curieuse MINIATURE, fac-similé cm- 



1 Ce compte rendu, ainsi que ceux de l'année précédente, est 
de M. Lîouchet. 



— 9 — 

prunté d'un manuscrit de la bibliothèque de Munich 1 , et repré- 
sentant une séance du Lit de justice tenu au château de Ven- 
dôme pour le procès du duc d'Alençon (1458). L'original a été 
exécuté par Jean Foucquet, l'un des plus éminents artistes con- 
temporains, qui, paraît-il, se rendit tout exprès à Vendôme pour 
saisir l'aspect de cette grande scène ; aussi est : elle rendue avec 
une extrême fidélité, non-seulement dans la disposition générale, 
mais encore dans les traits particuliers des personnages dont la 
plupart sont de véritables portraits. Or, on en compte plus de 
200, dans un encadrement de 0«>,23 sur 0"yl9, y compris les huis- 
siers et le public, car, chose remarquable, le public était admis. 
M. Vallet de Viriville a pu déterminer presque tous les person- 
nages, et dans une copie au trait qui accompagne la vignette co- 
loriée, une légende avec chiffres de renvoi indique leurs noms ; 
c'est ainsi que l'on reconnaît en particulier le comte Jean de Ven- 
dôme 2 . M. Curmer, le célèbre éditeur, ayant entrepris, avec le 
concours de plusieurs hommes de talent, de faire revivre l'œuvre 
de Jean Foucquet, fit reproduire entre autres, d'abord par la pho- 
tographie, puis par les procédés chromolithographiques, la minia- 
ture en question. Elle est réussie avec un rare bonheur, et l'on 
peut y apprécier, ce nous semble, comme sur l'original, le génie 
de l'artiste. C'est une composition parfaitement ordonnée, d'une 
couleur à la fois riche et douce, variée sans être confuse, mal- 
gré Fétroitesse du cadre, et cela grâce à une extrême précision. 
Un texte richement encadré l'accompagne, provenant, partie d'une 
source contemporaine, partie d'un travail de M. Vallet. Le tout 
forme les 45c et 4G« livraisons de la publication de M. Curmer, 
dont le titre n'est autre que le nom de Jehan Foucquet. On com- 
prend de quel intérêt est pour nous en particulier cette belle 



1 Ce manuscrit est un ouvrage du célèbre Boccace, intitulé: 
De casibus illustrium virorum et mulierum, ou, comme l'on tra- 
duisait au XVc siècle : Les cas des nobles malheureux. — V. Revue 
archéologique, 1855, et le texte qui accompagne notre miniature. 

- Et non Louis, comme le dit par erreur la légende. Louis 
était mort en I Ï46. 



— 10 — 

page de peinture qui pourrait bien être jusqu'ici la plus belle il- 
lustration tic notre histoire vendùmoise. Encadrée, elle produira 
dans notre collection le meilleur effet. 



Nota. Dans notre dernier Bulletin, nous avons mentionné, 
en le faisant suivre d'un signe de doute, un EPERON mérovin- 
gien. Depuis, cet objet a été soumis à Paris aux hommes les plus 
compétents, qui ont déclaré que ce n'était point un éperon, sans 
pouvoir dire néanmoins ce que c'était. Ils n'avaient jamais rien 
vu de semblable. L'objet demeure donc quant à présent indéter- 
miné. 

II. — MÉDAILLES. 

De M. P. FEURAND,de Mondoubleau, par surcroît à son der- 
nier don: 

Un SALUT D'OR de Henri VI d'Angleterre, t) sous la croix 
du revers. 

Par acquisition : 
Une Pièce GAULOISE EN OR, trouvée à Ruisseau dans le 
cours de l'année 18G5. C'est celle dont nous avions annoncé la 
découverte et donné la description dans notre numéro de janvier 
186G. Voir ce Bulletin, p. 6. — M. de Bodard a eu la générosité 
de contribuer à cette acquisition. 

Plus 14 PIÈCES CARLOVINGIENNES trouvées aux environs 
de la même localité, et sur lesquelles une Notice est insérée au 
présent Bulletin. 

III. IMPRIMÉS k MANUSCRITS. 

De M. de La Saussayf, : 
Son HISTOIRE DU CHATEAU DE BLOIS. Ouvrage n-u- 
mnè parl'Institut en 1810. 6 e édition, revue et augmentée, or- 



née de 7 planches lithographiécs. Paris, Aubry, 1866. 1 vol.gr. 
in-18, avec dédicace manuscrite de l'auteur à la Société Archéo- 
logique. — Chef-d'œuvre typographique, imprimé en caractères 
anciens. 

De M. de Linas, membre du comité des Travaux histori- 
ques : 

2 brochures in-8», dont il est l'auteur, savoir: 

L'abbé SEIWOLD. Arras, 1866. (?) 

Et NOTICE SUR CINQ ANCIENNES ETOFFES delà collec- 
tion de M. Liénard, à Verdun, avec trois planches remarquable- 
ment dessinées par l'auteur. Ce dernier opuscule faisait partie des 
Mémoires lus à la Sorbonne en 1865. On y retrouve cette science 
rare qui distingue l'Orfèvrerie mérovingienne, par le même. 

De M. Alexandre Bertrand, Directeur de la Revue Ar- 
chéologique: 

5 brochures gr. in-8<> extraites de cette Revue, savoir : 
Les. VOIES ROMAINES EN GAULE. Voies des Itinéraires. 
Résumé du travail de la commission de la topographie des Gau- 
les, par M. A. Bertrand. — Paris, 1864. 

Aperçu général sur la NUMISMATIQUE GAULOISE (par M. 
de Saulcy). Extrait de l'Introduction du Dictionnaire Archéolod- 
que publié par les soins de la même commission. Paris, 18G6. 

DICTIONNAIRE ARCHÉOLOGIQUE DE LA GAULE. Pre- 
miers articles de la lettre A. Extrait du même dictionnaire. Paris, 
1866. 

Projet de CLASSIFICATION DES HACHES en bronze. Pa- 
ris, 1866. 

Projet de CLASSIFICATION DES POIGNARDS ET ÉPÉES 
en bronze. Paris, 1866. 

De M. Gabriel de Mortilleï, Directeur des Matériaux 
j>our servir à l'Histoire de l'Homme : 

Les TERRAMARES DU REGGIANAIS, passage des époques 



— 12 — 

anté-historiques aux temps historiques, par le donateur. Extrait 
de la Revue Archéologique, avril et août 1865. Brochure grand 
in-8°, avec dédicace manuscrite de l'auteur. 

De M. l'abbé Ct Bourgogne, notre collègue, curé de Villa- 
vard : 

Sa NOTICE sur M. Antoine Moreau, curé de la paroisse de 
Saint-Laurent de Montoire. Dédiée à la Société. Vendôme, Le- 
mercier, 18G7. Broch. in-8°. 2 exemplaires. — Un compte rendu 
de ce travail est inséré dans ce Bulletin. 

De M. E. T. Arrondeau, notre compatriote, Inspecteur d'aca- 
démie à Vannes : 

5 brochures in 8° dont il est l'auteur, et dont 4 sont extraites 
du Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, savoir : 

STATISTIQUE VÉGÉTALE du département du Morbihan. 
Vannes, 1861. 

NOTES ET OBSERVATIONS sur quelques plantes critiques 
rares ou nouvelles pour la Flore du Morbihan. — Etude mono- 
graphique sur les espèces du genre Ihibus. — Ibid. 1863. 

NOUVELLES ADDITIONS à la Flore du Morbihan. — Ibid. 
1863. 
BOTANIQUE. Herborisations de 1863. — Ibid. 1864. 

ESSAI sur les conferves des environs de Toulouse. Planches. 
Bordeaux. 1861. Extrait des Actes de la Société Linnéenne de 
cette ville, t. '24. 

De M. de La Vallière, Contrôleur des contributions di- 
rectes à Vendôme : 

CATALOGUE de la bibliothèque de feu M. le marquis Le Ver. 
(bibliothèque de Cossette.) Paris, Bachelin-Deflorenne, 1866. 
1 vol. gr. in-8°. 

De la Société française de Xumisinatinuc et d'Archéologie : 
L'Annuaire de cette Société. Partie officielle et tables. Extrait 



— 13 — 

de l'Annuaire do 18G6. Excellente publication. Paris, Siège de la 
Société, rue de Lille, 30. Brocl1.i4r.in-8 . 

De M. Emile Belot, notre compatriote, ancien professeur 
d'histoire au Lycée de Vendôme, actuellement à celui de Ver- 
sailles : 

Un ouvrage important qu'il vient de publier: HISTOIRE DES 
CHEVALIERS ROMAINS, considérée dans ses rapports avec 
les différentes constitutions de Rome, depuis le temps des rois 
jusqu'au temps des Gracques. — Paris, Durand, 1866. 1 voL gr. 
in-80. Avec dédicace manuscrite à la Société. — L'ayant reçu au 
dernier moment, nous nous dispenserons d'en faire l'éloge avant 
d'en avoir pris connaissance ; mais tous ceux qui connaissent l'au- 
teur ne douteront pas qu'il ne s'agisse d'un ouvrage aussi con- 
sciencieux que savant. 

De M. A. Dupré, bibliothécaire à Blois: 
Sa NOTICE sur la paroisse de La Chaussée Saint-Victor-lès- 
Blois, composée sur des pièces la plupart inédites. Blois, Lecesne, 
1866. Broch. in-8°. 

Par souscription de notre Société: 
L'ART GAULOIS ou les Gaulois d'après leurs médailles, par 
M. Eug. Hucher. 60 et 7c livraisons. 20 planches. Paris et Le 
Mans. 1865. In-4°. 

Par acquisition : 

RECUEIL de Poésies françoises des XVc et XVI« siècles 

réunies et annotées par M. Anat.de Montaiglon. T. 1er. Paris. 
Jannet. 1865. In-12. — Fait partie de la Bibliothèque elzévirienne. 
— Ce volume contient, pages 43-54 : « S'ensuit le Mistère de la 
saincte Lerme comment elle fut apportée de Constantinoble à 
Vendosme. ». En vers de huit syllabes, avec une note intéres- 
sante au commencement et des prières latines à la fin. Destiné 
sans doute à être vendu sur le lieu même aux pèlerins et fidèles 
qui venaient honorer la Sainte-Larme. — On peut voir aussi le 
Manuel du libraire de Brunet, V" Mistère. 



— u — 

LETTRE PASTORALE de l'Évoque de Blois. Madrid, Impri- 
merie royale, 1793. Broch. petit in-18. 

Par échange avec les Sociétés ci-après : 
Les MÉMOIRES ou BULLETINS: 

De la Société des Antiquaires de l'Ouest. 1866, 3c trimestre. 
Broch. gr. in-8°; 

De la Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers, nou- 
velle période, t. IX, Ire partie. Angers, 186G. 1 vol. in-8°; 

De la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe. 1866, 
3c trimestre. Broch. gr. in 8»; 

De la Société d'Archéologie, Sciences, Arts et Belles-Lettres de- 
là Mayenne, l'année 18G5. — Mayenne, 18G5. 1 vol. gr. in-4°. 
Nombreuses planches. — Contient entre autres un Mémoire sur 
les remarquables découvertes faites en 18G4 dans le lit de la 
Mayenne ; 

De l'Académie du Gard. Novembre 1863 - août 1864. Un vol. 
in-8° ; 

De la Société Historique et Archéologique de Château-Thierry 
(Aisne), 1866, 1er semestre. Broch. in-8°; 

De la Société Dunoise, le N° 2 (février 18GG). Broch. gr. in-8o. — 
Contient la Charte de commune de Châteaudun (1107), texte et 
traduction, par M. Poullain de Bossay ; plus une Note sur les 
antiquités découvertes à Marboué, par M. A. de Belfort, Sous- 
préfet et Président de la Société. 

Par envoi du Ministère de l'Instruction publique ; 

La REVUE dos Sociétés savantes, n°« de juillet, août, septem- 
bre et octobre 1866. 4 broch. in-8". — Dans le dernier numéro, 
article de M. Quicherat sur les puits funéraires, où il est question 
de ceux de Thoré ; plus une Note relative à une communication 
de M. de Rochambeau. 



— 15 — . 

De M. Gindre de Mancy, notre collègue ; 

Plusieurs pièces manuscrites de POESIE dont il est l'auteur, 
mais qui malheureusement ne sont pas de celles qui peuvent 
trouver place dans notre Bulletin; seulement, M. Gindre de Man- 
cy a bien voulu permettre qu'elles fussent déposées dans nos ar- 
chives. 



La Société remercie sincèrement toutes les personnes qui ont 
bien voulu lui offrir ces dons. 



VIE D'HILDEBERT 



M. DE Désebvillers. 



CHAPITRE III 

Manière dont Hildebert comprend, après sa promotion, les de- 
voirs épiscopaux. — Habitudes de sa vie. — Son goût pour la 
contemplation. — Son administration, son enseignement, ses 
discours synodaux, ses lettres. — Hildebert engage saint An- 
selme à consigner dans un traité dogmatique le discours qu'il 
prononça au concile de Bari. — Lettre d'Hildebert à saint An- 
selme. — Il obtient de Guillaume de Champeaux de continuer 
l'enseignement public. — Sa lettre à Guillaume de Cbampcaux. 
— Philosophie morale d'Hildebert. — Sa lettre à. Foulques-le- 
Jeune, comte d'Anjou. — Sa lettre à Malbilde, reine d'Angle- 
terre. 

Avant d'entrer clans le récit des guerres et des mal- 
heurs qu'occasionnèrent les rivalités de Guillaume-le- 
Roux, roi d'Angleterre, et du comte Ilélie du Maine, et 
qui furent pour Hildebert une source de ruine, de tour- 
ments et de persécution, il est nécessaire d'examiner la 
manière dont l'Evëque du Mans comprit, après sa pro- 
motion, ses devoirs épiscopaux. 

Deux voies étaient ouvertes, à la fin du XI e siècle, de- 
vant tout évèque qui montait sur un siège épiscopal : 
l'une, facile et trop généralement suivie, conduisait aux 
honneurs et à la puissance ; l'autre, difficile, ardue, sur 
laquelle se rencontraient de nombreux obstacles, des ré- 
sistances obstinées et presque toujours la persécution, 
était suivie seulement par quelques grands caractères, 
qui, comme saint Yves de Chartres, saint Anselme de 



— 17 — 

Cantorbéry, saint Godefroi d'Amiens, saint lingues de 
Grenoble, résistaient à la corruption du temps, et main- 
tenaient la pureté des mœurs ecclésiastiques et l'autorité 
spirituelle de l'église. Hildebert, tout de suite, apporta 
à cette sainte cohorte l'appui de ses grands talents, de 
ses vertus éminentes et de sa douce fermeté. 

Dans le continuel conflit du bien et du mal, il est des 
moments où le mal semble occuper toutes les positions, 
et s'être empare de toutes les âmes; pendant qu'il s'af- 
firme par une dépravation presque générale et par de 
grands crimes, le bien proteste par de sublimes vertus 
et d'héroïques exemples, dont l'influence est d'abord 
naperçue 1 . Mais ces précieux germes finissent par fructi- 
fier et par sauver les sociétés. 

Le contraste de ces extrêmes ne fut jamais plus saisis- 
sant qu'au temps d'Ilildebert. Le clergé et l'épiscopat 
surtout se trouvent alors divisés en deux camps : celui, 
rès-nombreux, des hommes qui ne voient dans le mi- 
nistère sacerdotal qu'une fonction de la terre; celui de 
ces glorieuses exceptions qui y voient une mission du 
ciel : les évêques et les prêtres qui croient être unique- 
ment des seigneurs temporels 2 ; ceux qui se considèrent 
comme étant les serviteurs des serviteurs de Dieu : ceux 
qui croient que tout leur est permis parce que beaucoup 
de choses leur sont possibles ; et ces saints évêques qui 
affirment vaillamment la sainteté du ministère, et pro- 
testent par une vie austère contre les abus qui les en- 
tourent. 

Aussitôt qu'IIildebert fut évêque, il consacra son savoir, 



1 Quia totus mundus promis in malum. — Petrus ort. Annales 
ecclesiastici, p. 239, § X. 

2 Non ergo constat episcopatus in turritis gebalinorum trans- 
marinarùmve ferrarum pileis, non in flamniantibus martorum 
submentalibus rosis, non in bractearum circumflentiurn pbaleris, 
non denique in glomeratis constipantium militum cuneis, nec in 
frementibus ac spirantia frœna manilentibus equis ; sed in bones- 
tate moi'um, et sanctarum exercitationevirtutum. — Annales ec- 
clesiastici. T. XI, p. 241, § XXII, an. 1057. 

vi. 2 



— 18 — 

son habitude de l'étude, l'activité de son esprit aux de- 
voirs de sa charge. Edifier d'abord, administrer et en- 
seigner ensuite, voilà quelles furent les principales pré- 
occupations du saint évêque. Les circonstances vinrent 
y joindre la nécessité de lutter, et de défendre en sa 
personne les droits et l'indépendance de l'Eglise, et il ne 
recula pas plus en face des fatigues, des voyages, des 
persécutions, des menaces et de la détention, qu'en pré- 
sence du travail. 

Pendant la première partie de sa vie, il avait étudié à 
fond les lettres profanes, et peut-être aucun auteur ne 
connut aussi complètement la littérature ancienne : de- 
venu évoque, il s'adonna à une étude si approfondie de 
l'Ecriture sainte, qu'il finit par se l'assimiler au point que 
son style en est pénétre et prend quelque chose d'in- 
spiré. 

Le jour et la nuit, selon le précepte du prophète, di- 
sent les Actes des évêques du Mans 1 , il méditait la loi 
du Seigneur, il lisait les livres saints ou se les faisait lire, 
et, semblable à l'abeille, il amassait des trésors qu'il ré- 
pandait ensuite dans ses écrits et dans ses discours. Sa 
vie, au lieu d'être livrée aux plaisirs mondains, fut mise 
sous le joug de l'autorité chrétienne. Craignant que la 
chair n'opposât un obstacle à ses saintes occupations, il 
résolut de la dompter et de lui imposer le rôle inférieur 
qu'il lui assignait; les jeûnes, les veilles, la prière, le ci- 
lice sont les moyens qu'il employa 2 . Sa table était tou- 
jours ouverte aux pauvres et aux voyageurs ; tous les 
samedis, à l'exemple de Notre Seigneur Jésus-Christ, 
il lavait, pendant les vêpres, les pieds des pauvres, et 
il s'efforçait, autant qu'il le pouvait, de répandre l'exem- 
ple de la charité. Il était essentiellement doux et paci- 
fique (vir utique moribus placidus) ; il avait, comme tous 
les hommes de haute intelligence, la faculté, il éprou- 

1 Vetera analecta Jobannis Mabillon, tome III, cap. XXXV, 
p. 303. 

2 Vetera analecta Johannis Mabillon. Tome III, cap. XXXV, 
p. 304. 



— 19 — 

vait même la nécessité de s'isoler du monde et de s'aban- 
donner au cours de ses pensées. Au milieu des traver- 
ses et des agitations de sa vie, il avait constitué en soi- 
même un sanctuaire inaccessible aux passions et aux 
orages du monde, dans lequel il se retirait quand les 
devoirs de sa charge étaient remplis. C'est là qu'il médi- 
tait et qu'il priait ; c'est là que son âme s'élevait à des 
hauteurs où ne parviennent plus les bruits du monde, 
et quand elle était rappelée vers la terre par le devoir 
ou par la persécution, elle y revenait toute pénétrée de 
force et de lumière, et il y rapportait ce saint dédain 
des choses d'ici-bas, qui permet de beaucoup endurer 
et de beaucoup souffrir. 

Ce goût pour la vie contemplative se trouve très-fré- 
quemment exprimé dans ses œuvres, avec un enthou- 
siasme que son style imagé rend de la manière la plus 
poétique : « Le Christ, dit-il dans un de ses sermons, a 
« deux fils, un fils cadet et un fds aîné. Le cadet est in- 
« quiet, agité, divisé entre les choses de Dieu et les 
« choses du monde. 11 est occupé, ou de ses enfants, 
« ou de son frère, ou de sa femme. Voilà ce qui le par- 
« tage. Mais l'autre est stationnaire; il n'est adonné qu'à 
« la contemplation ; c'est là qu'il a fixé son pied, c'est 
« de là qu'il ne bouge. Le cadet est Marthe troublée et 
« s'occupant de beaucoup de choses ; l'aîné est Marie, 
« qui, assise aux pieds du Seigneur, se repaît de la 
« présence divine, et se repose dans la suprême con- 
« tcmplation. Au cadet il est dit: Tu es heureux, et il 
« t'arrivera bonheur, parce que tu t'es nourri du tra- 
« vail de tes mains. Mais l'aîné ose dire: Qui me don- 
« nera des ailes comme la colombe, et je m'envolerai, et 
« j'irai me reposer. Le premier dit: Seigneur, vous are: 
« pris ma main, et vous m'avez conduit selon votre vo- 
« Ion té. L'aîné dit: Vous m'avez donné les pieds du cerf , 
« et vous m'avez élevé sur les hauteurs 1 . » 

Cette ardeur d'Hildebert pour les divines contempla- 
tions ne lui fit pas négliger les devoirs de sa charge, et 

1 DomBeaugendre, Serai. 04, p. 550. 



ces poétiques accents sont les aspirations d'une âme 
trop souvent exilée des sphères supérieures. Plusieurs 
passages de ses lettres et de ses sermons témoignent 
qu'il regarde l'activité comme étant réellement le prin- 
cipal devoir d'un évoque, à qui incombent la sollicitude 
et la responsabilité du troupeau qui lui est confié, et qui 
ne doit regarder, à travers la porte, ce qui se passe dans 
la cité de Dieu et sur la sainte montcujne l , qu'après 
avoir rempli ses obligations pastorales. 

« Le Christ, écrit-il à un de ses amis 2 , enseigna dans 
« la plaine, et pria sur la montagne, nous montrant par 
« ses travaux l'art d'unir ces deux choses, de façon à 
« ce que la contemplation ne nuise pas à l'action et l'ac- 
« tion à la contemplation. Ainsi, Moïse, dans le taber- 
« nacle, était avec le peuple, et pour le peuple allait in- 
« voquer le Seigneur sur la montagne. Ainsi Pierre, après 
« avoir rempli ses fonctions pastorales, s'élevait au som- 
« met de la contemplation, et s'entendait dire : Macta 
« et manduca. Et Paul, au milieu des sollicitudes de 
« toutes les Eglises, ravi dans le Paradis par une vision 
« intérieure, entendit de mystérieuses paroles, qu'il n'est 
« donné à aucune bouche humaine de prononcer. » 

Si Hildebert, selon ces grands exemples, s'élevait sur 
les hauteurs, il avait la force et le mérite de les quitter 
pour s'occuper avec ardeur et constance des détails les 
plus minutieux de l'administration épiscopale 3 . Il répara 
les édifices que ses prédécesseurs avaient laissés tomber, 
et édifia ceux qui étaient nécessaires et qu'on avait né- 
gligé de construire. C'est ainsi, entre autres, qu'il bâtit 

1 DomBeaugendre, Epist. 22, p. 70. 

2 Dom Beaugendre, Epist. 22, ad Guillelmura Abbatem Sancti 
Yincentii, p. 06. 

3 Et quamvis cum Maria ad pedes Domini sedens, contempla- 
tionis ejus dulcedini, si fieri posset, vacare jugïter elegisset, ta- 
men cum ad Marthse sollicitudinem pastoralis officii cogeretur 
necessitate transire, dicinon potest quam studiose, rpiam strenue 
exteriorum ministrationibus insistebat 

Excerptum e Gcstis Episcoporum CV j nomanensium, t. III, cap. 
XXXV, p. 304. 



— 21 — 

la maison du chapitre et qu'il l'orna de beaux vitraux. 
Il surveillait lui-même la construction et la réparation des 
églises, et nous aurons plus tard à nous occuper de L'in- 
fluence qu'il exerça sur l'architecture de son temps. 

Il s'appliqua à réformer son clergé, tombé dans un 
grand relâchement parla licence des guerres et des trou- 
bles qui n'avaient cessé, dep lis de longues années, 
d'agiter le Maine. Il répondit enfin, et c'est tout dire, aux 
espérances que le temps passé dans les fonctions d'ar- 
chidiacre avait fait concevoir de son administration épis- 
copale, et, au milieu des luttes auxquelles il fut mêlé, 
et des persécutions qu'il eut à endurer, non-seulement il 
édifia et il administra, mais il trouva le temps et la tran- 
quillité d'âme nécessaires pour accomplir avec éclat le 
grand devoir d'enseigner. 

Au commencement du XII e siècle, dans ce temps de 
crise où le débordement des passions ne rencontrait pour 
obstacles que la solidité de doctrine de quelques évo- 
ques et la sainteté de la vie monastique, l'enseignement 
pastoral ne devait pas se renfermer dans les étroites li- 
mites d'un diocèse ; c'était partout où la foi et la disci- 
pline étaient menacées qu'intervenaient ces puissantes 
intelligences qui avaient entrepris la grande tâche de 
sauver la société et l'Eglise, et de suppléer à l'ignorance, 
à la négligence, à la corruption d'une grande partie du 
clergé. C'est ainsi que s'explique l'immense correspon- 
dance des grands évêques de ce temps-là. Ils étaient 
comme des phares qui projetaient la lumière sur la chré- 
tienté tout entière. C'est de partout qu'IItldebert était 
consulté sur des questions de discipline par des évê- 
ques 1 , des abbés, chefs de monastères, des ecclésias- 
tiques et des laïcs. 

Sa correspondance allait porter sur le trône la vérité 
aux souverains 2 , consoler les papes 3 , soutenir les lé- 

1 Dom Beaugendre. Epist. XIV, iib. II. Epist. XIX, Iib. Il, 
p. 103. Epist. XXVI, p. 122. Epist. I, Iib. Il, p. 78. 

- Dom Beaugendre. Epist. XV, Iib. II, p. 96.. Id., Epist. XLIX, 
p. 157. Epist. L, p. 158. 

5 Dom Beaugendre. Epist. XXII, Iib. Il, p. 109. 



— ±2 — 

gats 1 , encourager les moines dans la (Une pénitence 
des cloîtres 2 , atteindre l'injustice, la simonie et l'intri- 
gue 3 , fortifier les vocations 4 , féliciter et approuver ceux 
qui, comme lui, combattaient le bon combat. 

Dans les synodes, ses sermons étaient tellement es- 
timés et appréciés qu'ils étaient demandés avec instance 
par les évoques qui n'avaient pu les entendre ; c'est pour- 
quoi quelques-uns de ses discours synodaux figurent dans 
les manuscrits parmi ses lettres. Cependant ils s'élèvent 
avec une véhémente éloquence contre les vices du temps, 
et font entendre de sévères vérités au clergé. 

« Jésus-Christ, dit-il dans un de ses discours ad pas- 
« tores, a montré aux pasteurs avec quelle humilité, 
« avec quelle vigilance ils doivent veiller sur leur trou- 
« peau. 11 condamne les mercenaires qui se servent des 
« fonctions pastorales pour poursuivre les avantages ter- 
« restres ; qui feignent d'être pasteurs, mais qui se dé- 
« masquent quand les brebis ont besoin d'eux. Ils en- 
« trent dans l'Eglise comme pour garder les brebis du 
« Seigneur, mais, aussitôt qu'ils voient arriver le loup 
« ravisseur, ils abandonnent le troupeau, et s'enfuient 
« parce que le salut des brebis leur importe peu; ils ché- 
« rissent leur intérêt et non celui de Jésus-Christ. Ils 
« veulent commander, non pour être utiles, mais afin 
« d'obtenir la gloire et le lucre du siècle 

« Ils craignent les menaces du prince ; ils craignent l'ini- 
« mitié des tyrans ; ils craignent de perdre les avantages 
« temporels; les reproches les effraient, ils évitent tout 
« dommage; l'humiliation leur fait horreur; ne sachant 
« rien souffrir pour la justice, ils ne suivent pas les tra- 
« ces du Christ, qui souffrit pour ses brebis, laissant 



1 Dom Beaugcndre, Epist. XVI, p. 99. 

2 Dom Beaugendre. Epist. VI, p. 11, Epist. XX, p. 60. Epist. 



XXII, p. 66, lib. I. 

3 Dom Beaugendre. Epist. IV, lib. II, p. 82. Epist. V, lib. II, 
p. 83. Epist. VI. lib. II, p. 86. 

4 Dom Beangendre. Epist. X, p. 26. Epist. XXI, lib. I, p. 62. 



— 23 — 

« ainsi aux pasteurs l'exemple do ce qu'ils doivent endti- 
« rer 

Dans le même discours, il retrace ainsi aux pasteurs 
leurs devoirs, et leur indique la manière d'imposer le 
respect du saint ministère. 

« Ne soyez, dit-il, ni timides ni nonchalants dans 
« l'exercice de la justice et des devoirs ecclésiastiques, 
« afin d'arracher vos brebis aux morsures des loups 
« invisibles. Insistez par la prédication, l'exhortation et 
« la correction. Faites violence aux coupables, afin qu'ils 
« abandonnent le mal ; encouragez ceux qui font le 
« bien, pour qu'ils persévèrent et qu'ils progressent 
« dans la vertu. Réglez vos mœurs de façon à ce que 
« tous ceux qui vous voient et vous entendent reçoivent 
« de vous l'exemple de la sainteté et le modèle des fruc- 
« tueux entretiens. Prouvez par vos œuvres ce que vous 
« enseignez dans vos discours ; c'est ainsi que vous ren- 
« drez vos exhortations utiles, douces et agréables à 
« tous.... » 

Ce que le saint évoque du Mans recommande si cha- 
leureusement à ses frères dans l'épiscopat fut la règle de 
sa vie, et le secret de son autorité et de son influence. 
C'est parce qu'il donna l'exemple de toutes les vertus, 
qu'il lui était permis de donner à son langage cette éner- 
gie, témoignage tout à la fois de la pureté de ses mœurs 
et des trop réels abus de son époque. 

Tel fut toujours l'ascendant de la vertu unie au talent, 
que la parole qu'il prodiguait au peuple, au clergé et aux 
princes de la terre ' était goûtée, admirée et respectée 

1 II envoya à la reine Mathilde d'Angleterre cette gracieuse 

pièce de vers, qui prouve et la réputation dont il jouissait comme 
orateur, et la variété de ses auditoires. 

Qui solet ante homines Cicérone disertior esse, 
Facundus minus est, cumvenit anteDeos. 
Si ego cum medke plebi loquar ore diserto 
In vultu potuidicere plura tuo; 
Majestate tua stupui, totamque vaganti 
Percurrens oculo, etc., etc 



2{. 

de tous, mais plus particulièrement du clergé, qui pou- 
vait mieux en apprécier l'élégance et la profondeur ' . 

C'est partout et toujours, et sous toutes les formes 
qu'Hildebert enseignait ; et si ses sermons divulguaient 
avec éclat la saine doctrine, ses lettres, qui furent pen- 
dant longtemps placées comme des modèles littéraires 
entre les mains des jeunes gens 2 , obtinrent de son vi- 
vant un succès encore plus positif et plus réel, en réfor- 
mant bien des abus, faisant reculer bien des intentions 
perverses, inspirant, encourageant bien des résolutions. 
On y voit l'ascendant qu'Hildebert exerçait et sur les 
puissants de la terre et sur les esprits les plus distin- 
gués. 

C'est à sa sollicitation que Ton doit le traité de saint 
Anselme De processione Sancti Spiritus contra Grœcos. 

Saint Anselme, exilé de son siège de Cantorbéry, s'é- 
tait rendu au concile de Bari, convoqué par le pape Ur- 
bain II pour terminer les controverses qui divisaient les 
Grecs et les Latins. Les évoques, dit Guillaume de Mal- 
mesbury, s'étaient rangés selon l'usage ancien. Anselme, 
avec son humilité ordinaire, s'était placé au hasard. Le 
pape Urbain pose la question de la procession du Saint- 
Esprit. Les évêques grecs protestent, repoussent la doc- 
trine du pape, qui, au milieu du tumulte, n'apercevant 
pas Anselme, s'écrie : Pater et Magister Anselme, An- 
glorumarchiepisœpe, ubi es ? Anselme se lève, et le pape 
ajoute: Nunc, Magister, opus est scientia, opus eloquen- 
tice tuœ opéra; vent, ascende hue, et défende matrem 
tuam Ecclesiam , quant Grœci labe facture conantur. 
Saint Anselme traita alors à fond la question théologi- 
que de la procession du Saint-Esprit, à l'entière satis- 
faction des pères latins, et au grand embarras des 

1 Cum vero in ecclesia loqueretur, populus quidam verba ejus 
devotissime audiebat; sed studiosius audiebatur a clericis, quo- 
niam latina lingua expeditius quodani modo vivacius loquebatur. 
— Gesta Episcoporum Cenomanensium. Mabillonis analectorum. 
T. III, p,303. 

8 retins Blescnsis, Epist. 101. 



-) 



-Z.) 



Grecs. Les actes du concile, de Bai i furent perdus, et 
c'est à l'intervention d'Hildebert que l'on doit de connaî- 
tre le traité de saint Anselme sur la procession du Saint- 
Esprit. 11 lui écrivit pour l'engager à faire un traité dog- 
matique du discours prononcé au concile de Bari. 

« J'ai appris, lui dit-il, que vous avez prononcé un dis- 
« cours au concile de Bari sur le Saint-Esprit, que les 
« Grecs prétendent ne pas procéder du fils. Je vous con- 
« jure de consigner, dans un traité succinct, ce que vous 
« avez dit dans le concile pour combattre leur démence. 
« Et, puisqu'ils n'acceptent pas le témoignage des pères 
« latins, vous ne manquerez pas d'autorités que l'as- 
« tuce des Grecs est obligée de reconnaître comme nous. 
« Je vous demande beaucoup, ô mon père ! mais celui 
« qui donne obtient autant d'avantages que ceux qui re- 
« çoivent. C'est une noble propriété que la science, qui 
« s'agrandit en s'étendant, mais qui s'enfuit si elle n'a 
« pas de publicité. Que le Seigneur conserve votre sain- 
« teté, et qu'il soit donné à mes yeux de vous voir avant 
« que de mourir 1 ! Le respectueux conseil d'Hildebert 
fut écouté par saint Anselme ; c'est ainsi que l'influence 
d'un grand esprit agit non-seulement par. ce qu'il pro- 
duit lui-même, mais aussi par ce qu'il fait faire. 

Ilildebert avait l'œil ouvert sur la chrétienté tout en- 
tière pour stimuler tout ce qui était favorable au bien et 
à l'expansion de la vérité. C'est lui encore qui engagea 
l'illustre Guillaume de Champeaux à reprendre l'ensei- 
gnement public. 

Guillaume était un des hommes les plus ôrudits de 
son temps. Il enseigna avec éclat la philosophie à Paris; 
ses cours avaient acquis une telle réputation, que les 
étrangers venaient de loin pour y assister 2 . Le trop fa- 
meux Abélard vint aussi à son école ; mais il ne tarda 



1 Dom Beaugendre. Epist. IX, lib.II, p. 89. 

2 Landulphe, prêtre de l'Eglise de Milan, auteur d'une histoire 
de Milan, vint à la suite d'Anselme Pastella et d'Olric, vidamede 
Milan, qui furent successivement archevêques de cette ville, pour 
entendre Guillaume. Hist.litter.,T. X, p. 307. 



— 26 — 

pas à attaquer la doctrine du maître 1 . Guillaume, dé- 
goûté par ces contradictions, désabusé de la vaine gloire 
du monde, quitta la ville pour se retirer Tan 1108 dans 
un faubourg où était une chapelle dédiée à saint Victor, 
et, prenant l'habit de chanoine régulier, il jeta les fonde- 
ments de la célèbre abbaye de Saint-Victor, fondée l'an 
11 13 par lettres patentes de Louis VI, et confirmée l'an- 
née suivante par le pape Pascal II 2 . Ce fut à l'occasion de 
cette retraite qu'IIildebert écrivit à Guillaume de Cham- 
peaux, qui, plongé dans les austérités, ne songeait plus 
qu'à la mortification et à la pénitence, et avait complè- 
tement renoncé à l'enseignement. « Laissez couler, lui 
dit-il avec Salomon, les ruisseaux de votre doctrine, et 
répandez vos eaux dans les rues 3 . » Guillaume se rendit 
à cet avis, et ouvrit à Saint-Victor des écoles publiques 
où il enseigna la rhétorique, la philosophie et la théo- 
logie 4 . 

La lettre d'IIildebert à Guillaume de Champeaux est 
la première dans l'édition de Dom Beaugendre ; elle 
semble ainsi placée à l'entrée des œuvres d'IIildebert 
comme pour illuminer tout son enseignement, et pour 
donner la raison philosophique de ses exhortations à la 
pénitence et à l'abandon des choses de la terre. 

« Mon âme, lui écrit-il, est comblée de joie de votre 

1 Guillaume de Champeaux était le chef de Y école réaliste, 
Roscelin, le chef des Nominalistcs. Sous cette distinction, qui 
semhle ne reposer que sur les mots, existe le sérieux conflit de 
l'origine des idées. Les Réalistes, avec Guillaume de Champeaux, 
prétendaient que les idées générales, les universaux, renfermaient 
une réalité ; les Nominalistcs prétendaient au contraire que les 
individus seuls avaient une réalité et que les universaux étaient 
une ahstraction de l'esprit. Abélard employa les ressources pro- 
digieuses de son esprit à sophistiquer entre les deux camps, in- 
clinant cependant du côté des nominalistes, jusqu'au jour où saint 
Bernard l'enlaça dans sa logique, le broya sous son éloquence, et 
vengea ainsi son premier maître. 

• Ilist. litter. — Guillaume de Champeaux, t. X, pp. 307 et 
suiv. 

3 Dom Beaugendre. Ilildeberti Opéra. Epist. I, lib. 1. 

1 Ilist. litter. Guillaume de Champeaux, 1. X,p. 308. 



27 



« conversion, et elle rond mille actions de grâce à celui 
« qui a voulu ([lie maintenant vous philosophiez vérita- 
« blement. Vous n'aviez pas encore le parfum du vrai 
« philosophe, quand, possédant la science, vous n'aviez 
« pas abandonné les errements des anciens philo - 
« sophes » 

Ces paroles renferment dans leur originalité et dans 
leur brièveté tout un monde philosophique. 

Partout et toujours les esprits sérieux ont recherché 
le but de la vie de l'homme ; tous ont été amenés par 
des voies différentes à reconnaître que ce but est le bon- 
heur. Il n'est aucune raison de philosopher, dit saint 
Augustin, que la fin du bien, et c'est à atteindre le sou- 
verain bien en cette vie, à éviter le souverain mal, que 
se sont consumés ceux qui, dans la vanité de ce siècle, 
professent V élude de la sagesse '. 

Mais placer le but de la vie humaine dans le bonheur 
de ce monde, c'est être démenti sans cesse par le fait 
inévitable de la douleur. Aussi les sages de l'antiquité 
ont-ils été réduits à l'alternative, ou de subir ce qu'ils ne 
pouvaient empêcher, et de reconnaître, par l'acte d'une 
résignation forcée, l'impossibilité de trouver le bonheur 
dans ce monde ; ou de se roidir contre la douleur, en lui 
disant: Tu n'es qu'un mot /.... Cet effort suprême de 
l'âme humaine laisse dans leur terrible réalité les pei- 
nes, les inquiétudes, les doutes, les souffrances, les in- 
firmités qui régnent sur le monde, 

Quelques modernes ont assigné pour but à la vie de 
l'homme le concours qu'il apporte au développement et 
au progrès matériel de la société ; enivrés des résultats 
obtenus par la science, ils veulent que l'homme n'ait pas 
d'autre mission que d'apporter une pierre a la tour de 
Babel. Certes, les conquêtes de l'homme sur la matière, 
la découverte et l'expansion progressive des forces dépo- 
sées par Dieu dans le sein de la nature ; le travail succes- 
sif de chaque génération, recevant de celle qui l'a précé- 



1 De Civitate Uei, lib. XIX, p. 540, édition <l(>s Bénédictins. 



— 18 — 

dée une partie des secrets divins, et les transmettant, 
agrandis et développés, à celle qui la suit; tout cela peut 
être l'objet d'un légitime orgueil. Mais si, ébloui par 
cette puissance de l'intelligence, on va jusqu'à préten- 
dre que le but de la vie ne doit être autre que cette par- 
ticipation à l'œuvre des générations, on restreint d'une 
manière désespérante ses destinées, et, en présence de 
l'infini qu'on lui enlève, les résultats de la science et de 
la patience humaine perdent toute grandeur. Faible 
goutte d'eau, perdue dans ce fleuve que l'on nomme l'hu- 
manité, il ne revient rien à l'individu de ses sacrifices 
et de ses larmes ; ses travaux se trouvent être sans ré- 
compense, ses souffrances sans compensation, et sa mort 
sans espérance vient donner un démenti formel à ce 
barbare système. 

La philosophie d'ilildebert, qui n'est autre que la phi- 
losophie chrétienne, reconnaît aussi que le bonheur est 
le but de la vie de l'homme ; mais, tenant compte du 
fait de la douleur, qui ne peut être nié et ne doit pas 
être oublié, elle place la félicité dans un monde meil- 
leur, où les luttes, les souffrances et les sacrifices de 
celui-ci trouveront leur compensation. 

La vie de l'homme n'est qu'une ombre, mais une 
ombre derrière laquelle se trouvent les splendeurs d'une 
éternelle récompense. 

C'est en vue de ces horizons infinis qu'IIildebert écrit 
à Guillaume de Ghampeaux, abandonnant le inonde, mé- 
prisant la gloire, et se plongeant dans la pénitence : Voilà 
qui est véritablement philosopJier ; voilà qui est vérita- 
blement se mettre en communication avec le monde su- 
périeur 1 . Ou, en d'autres termes, la logique de la foi 
rend raisonnable le dédain de ce qui passe, et l'attache- 
ment à ce qui demeure. Telle est la pensée fondamen- 
tale de l'enseignement d'ilildebert, la pierre angulaire 
de sa philosophie morale. 



1 Hoc verc philosophait est; sic vivere, magnum jam cum su- 
peris est inire consortium. Epist. I,Iib. I. 



2U 

Dans cette même lettre, bien digne (Vôtre adressée 
par un philosophe à un autre philosophe, Hildebert dit 

encore à Guillaume : Vous êtes concentré tout entier dans 
les frontières de laverlu, et vous nemarchandez pas votre 
vie arec la nature, vous occupant moins de ce que peut la 
chair que de ce que veut l'esprit 1 . 

Tout le moyen âge se trouve dans cette phrase. Hil- 
debert y révèle la pensée intime des grands dévoue- 
ments et des saintes vies de son époque, et la source des 
inspirations de cet art si spiritualisé, si grandiose, si 
profond dans ses conceptions, si simple dans son ex- 
pression, dont il fut un des premiers et un des princi- 
paux initiateurs. 

Aujourd'hui, avec nos idées positives, nous avons 
peine à comprendre le spiritualisme transcendant du 
moyen âge; quelques esprits même seraient enclins à 
l'envisager avec une sorte de pitié. Cette impression ne 
peut être que superficielle et passagère; il suffit pour 
l'effacer d'un coup d'œil attentif sur ces monuments qui 
dépassent toutes les règles de l'art, de la lecture d'une 
page de l'Imitation, de ce livre si suave et si profond 
qu'il semble être une parole venue du ciel, et qui n'est 
cependant que l'écho de ces monastères où, selon Hil- 
debert, on s'occupait moins de ce que peut la chair que 
de ce que veut l'esprit. Si le saint évêque du Mans se 
plaît à parcourir avec Guillaume de Champeaux, avec 
l'abbé de Saint-Vincent, avec les saints penseurs de la 
retraite et de la solitude, les sphères supérieures, s'il 
encourage les âmes méditatives du cloître à se détacher 
de plus en plus des intérêts de la terre 2 , il n'ignore pas 
qu'un évêque est, avant tout, le directeur, le conseil et 
la lnmière de ceux qui sont restés au milieu du tumulte 
du monde, et il n'hésite pas à placer les devoirs de cha- 

1 Hinc denique est quod intra fines virtutis totum le collais, 
quod devita tua cum natura non délibéras, minus attendons quid 
caro possit, quani quid spiritus volit. Epist. I, lib. I. 

2 Dora Beaugendre. Epist. XXII, lib. I. 



— 30 — 

que état avanttoute autre inspiration de la piété. Sa lettre 
à Foulques-le-Jeune, comte d'Anjou, est un modèle de 
raison et une magnifique leçon de ce que nous appelons 
aujourd'hui la religion bien entendue. Elle étonne, même 
quand on songe qu'elle a été écrite à l'époque de la fièvre 
et de l'exaltation des croisades, et qu'elle est adressée 
à un prince qui était de retour, une première fois, de la 
terre sainte. Les devoirs sont les mêmes dans tous les 
temps, et il s'est toujours trouvé des intelligences fermes 
et éclairées pour en tracer la ligne aux souverains et aux 
peuples, à travers les entraînements de leur époque. 

Foulques avait résolu de faire un pèlerinage à Saint- 
Jacques-de-Compostelle ; Ilildebert cherche à l'en dé- 
tourner. 

« Vous voulez, dit-on, lui écrit-il, très-vaillant et très- 
« illustre Comte, entreprendre un voyage en l'honneur 
« du bienheureux saint Jacques. Ce projet, nous le re- 
« connaissons, est bon en lui-même; mais quiconque est 
« chargé d'un gouvernement est astreint à l'obéissance, 
« et, s'il n'est appelé à des choses plus importantes, il 
« manque s'il l'abandonne. D'où il résulte, très-cher fils, 
« que vous êtes sur le point de commettre une faute in- 
« excusable si vous sacrifiez les choses nécessairesà 
« celles qui ne le sont pas, l'administration au repos, le 
« devoir à ce qui n'est pas dû. Je n'ai vu dans aucun doc- 
« teur ni nulle part figurer, parmi les talents que le père 
k de famille distribue à ses serviteurs, la pérégrination 
« sur la surface de la terre. Selon le témoignage de saint 
« Jérôme, le bienheureux Ililarius, se trouvant près de 
« Jérusalem, ne la visita qu'une fois, dans la crainte 
« d'avoir l'air de dédaigner les lieux saints. Vous êtes 
« aveugle si vous ne voyez pas les dangers du voyage.. » 

Ilildebert engage Foulques à ne pas s'exposer à la 
vengeance du duc d'Aquitaine, dont il doit traverser les 
Etats, et à écouter les sages conseils du roi d'Angle- 
terre et de son oncle, puis il ajoute : 

« Peut-être allez-vous me dire : J'ai fait un vœu au Sei- 
" gneur, et je crains d'être accusé d'infidélité si je n'ac- 
" complis pas mon vœu. Sachez donc, ô prince, que si 



— .11 — 

vous êtes lié par un vœu, Dieu vous a lié par votre 
charge. Si vous vous êtes engagé au voyage, Dieu vous 
astreint à l'obéissance. Le pèlerinage vous rappellera 
la mémoire des saints ; l'obéissance vous fera parta- 
ger leurs vertus 

« Soyez dans votre palais la consolation des affligés, 
de façon que tous vivent par vous et que vous viviez 
pour tous. Vivez uniquement pour la chose publique, 
lui consacrant vos jours et vos nuits. Que l'équité dicte 
tous vos jugements sans acception de personnes. Ré- 
gnez sur vos sujets par l'amour, sur vous-même par 
les lois. Ne souffrez pas que les innocents soient im- 
punément persécutés, et vous impunément offensé. 
Ne répandez le sang ni sans cause ni volontiers Gé- 
missez chaque fois que la loi vous oblige à le faire cou- 
ler. Exercez toujours la puissance avec dignité. Attri- 
buez à Dieu la gloire de ce que vous ferez de glo- 
rieux 

« Profitez du conseil de vos amis; profitez du mien en 
restant chez vous, en assistant les pauvres, en ne dé- 
sirant pas de voir les lieux des saints, mais en vous 
efforçant de les protéger; en n'étant pas préoccupé 
par le souvenir d'un tombeau, mais occupé de la mé- 
moire des vertus qu'il rappelle 1 . » 
Dans toute la correspondance d'IIildebert, on retrouve 
cet esprit de mesure et de tact parfait des situations, qui 
est le caractère saillant de son enseignement. Quelque- 



1 Dom Beaugendre. Epist. XV, p. 48. — Dom Beaugendre dit 
que cette lettre, écrite environ en 1123, est adressée à Foulques- 
le-Recliin, comte d'Anjou. Cela n'est pas possible. Foulques-le- 
Rechin mourut le 11 avril 1109, à l'âge de soixante-six ans; c'est 
donc à son successeur Foulques V, dit le Jeune, qu'elle est écrite. 
Le ton paternel et ferme de cette lettre en est du reste une preuve 
aussi réelle que les dates. Jamais Hildebert n'aurait écrit de ce 
style-là à ce vieux libertin grognon et dur de Foulques-le-Re- 
chin, tandis qu'il est probable qu'une grande intimité existait 
entre lui et Foulques V, dit le Jeune, qui avait épousé en 1110 
Erembruge, Ementrude ou Guiburge, la fille et l'héritière de son 
excellent ami le comte fïélie du Maine. 



— 32 — 



fois sous la forme de compliments se trouvent cachées les 
leçons les plus profondes. 

« Les biens temporels et passagers, écrit-il à la reine 
« Mathilde d'Angleterre 1 , sont aussi des dons du Sei- 
« gneur votre Dieu. Rien ne vous a fait mériter d'être 
« noble, et vous êtes issue de sang royal ; vous n'avez 
« pas travaillé et vous êtes riche ; jamais vous ne vous 
« êtes occupée de la puissance, et voilà que vous avez 
« été placée au-dessus de la tête des enfants des hom- 
« mes; vous n'avez pas demandé la beauté, et vous êtes 
« belle au point de faire les délices d'un grand roi. C'est 
« le Seigneur Dieu qui a fait tout cela. Dieu est bon, et 
« ses œuvres sont bonnes ; c'est parce qu'il est essen- 
« tiellement bon que ses œuvres sont essentiellement 
« bonnes. Ce n'est pas par ces biens que les hommes 
« sont bons, mais par l'usage qu'ils en font. Afin donc 
« que vous soyez trouvée bonne devant le Seigneur 
« votre Dieu, servez-vous bien de ses dons ; si vous vous 
« en servez bien, vous y trouverez tout à la fois le bien- 
« fait et le bonheur ; si vous vous en servez mal, ce 
« sera toujours un don et un bienfait, mais, en faisant 
« un mauvais usage des dons de Dieu, vous ferez votre 
« maheur, car aucun bien n'est à Thomme, s'il n'est bon 
« lui-même 2 . » 

Cette élévation de pensées, cette douce piété, cette 
sagesse aimable qui se rencontrent partout dans la cor- 
respondance d'ilildebert, émanent d'une âme tranquille 
et toujours maîtresse d'elle-même. C'est là ce qui carac- 
térise la vertu du saint évêque du Mans. Il y a entre ses 
écrits et l'agitation de sa vie un contraste saisissant. C'est 
pourquoi nous avons voulu le citer avant d'entrer dans le 
récit, que nous allons avoir à faire, des tristes événe- 
ments auxquels il fut mêlé, et des persécutions qu'il eut 
à endurer. Ayant donné quelque connaissance des habi- 



1 Mathilde était fille de Walcolmc, roi d'Ecosse. Henri l'avait 
épousée le 11 novembre de l'an 1100. 

2 Don» Beaugendre. Epist. VII, p. 10. 



— 33 — 

tiules de sa vie, de ses goûts, de son enseignement, de 
ses relations, ses actions seront mieux jugées, et son 
mérite mieux apprécié. 

Dans le chapitre précédent, nous avons présenté l'en- 
semble des goûts, des habitudes, et de la politique de 
Guillaume-le-Roux, roi d'Angleterre, et nous avons essayé 
d'esquisser le caractère du comte Hélie du Maine. Main- 
tenant que les principaux personnages qui vont agir sont 
connus, les événements qui vont être racontés prendront 
plus d'intérêt, parce qu'ils seront rendus, pour ainsi dire, 
plus vivants. 



\r. 



RAPPORT 



SUR 

DEUX DÉCOUVERTES DE BOIS DE CERFS FOSSILES 

Faites aux environs de Vendôme, 

Par M. E. Notjel. 



A notre séance générale du 12 avril 186G, je signalais 
aux dons offerts des fragments de bois d'un grand cerf 
fossile, trouvés, en creusant une cave, à Poncé, sur la 
limite du département de Loir-et-Cher, et rapportés par 
le jeune Raoul Quantin ; j'ajoutais : « Il y a là l'indication 
d'une brèche osseuse quaternaire qu'il sera intéressant 
d'étudier sur place. » 

Dès le 24 avril suivant, un des membres de notre So- 
ciété, M. A. Rolland, ayant eu occasion de passer par là, 
visita la cave en question, vit les beaux fragments de 
bois de cerfs qui y avaient été trouvés, et me proposa de 
me conduire à la localité. 

M. Launay ayant bien voulu se joindre à nous, nous 
nous rendîmes tous les trois aux Ponts-de-Braye le 3 
mai suivant. Voici le compte rendu sommaire de notre 
visite. 

Le lieu de la découverte se trouve à quelques centai- 
nes de mètres au delà des Ponts-de-Braye, au lieu nommé 
les Ecluses, un peu au delà du château de la Flotte. Au 
pied du coteau qui descend jusqu'au Loir, et près de 
la route de Montoirc à Château-du-Loir, on trouve une 
maison, et en arrière le coteau a été entamé pour prati- 
quer une ruelle. Cette coupe laisse voir au-dessous d'une 
couche de terre végétale formée d'une argile rougeâtre 
compacte empâtant des morceaux de craie, une craie 
blanche marneuse avec silex intercalés. C'est dans cette 
section du coteau que le propriétaire de la maison a com- 



— 35 — 

mencé à creuser une cave. L'ouverture, de l m ,50 de hau- 
teur et l m ,30 de largeur, entame un peu la terre végé- 
tale en haut ; mais, le sol de la cave allant en descendant, 
la cavité se trouve bientôt au-dessous de la terre végé- 
tale dans la couche de craie même. Au moment où nous 
la visitâmes, la cavité ne s'avançait encore que de 3 m 
dans le coteau. A l'intérieur, on voyait des lits de terre 
intercalés avec de la marne et des veines d'argile plus ou 
moins verticales formant des poches mêlées avec de la 
craie marneuse. 

Les bois de cerf ont été trouvés dans la craie même, 
et non dans les lits de terre. Nous avons pu en voir un 
beau fragment en place dans le haut de la cavité et au 
fond. Vu la direction inclinée de la cave, ce point se trou- 
vait au niveau du sol de l'entrée et par conséquent à une 
assez grande distance verticale de la surface du coteau. 
J'ai noté cependant que les racines des plantes (vignes 
ou autres) pénétraient jusque-là, et se voyaient autour du 
fragment. 

Nous avons ensuite examiné en détail un plein panier 
de débris de bois de cerfs trouvés dans cet espace res- 
treint. M. Launay a dessiné sur son album les principa- 
les pièces en y joignant les dimensions. Un des fragments 
mesurait m , 41 depuis la meule jusqu'à la cassure, et se 
terminait un peu au-dessus du troisième andouiller,ce 
qui correspond à environ la moitié du bois total, qui pou- 
vait avoir par suite m ,80 de longueur. Les autres frag- 
ments annonçaient les mêmes dimensions. 

Il est à remarquer que parmi ces bois, les uns sont 
tombés naturellement, c'est-à-dire se sont détachés du 
crâne â l'endroit de la meule, tandis que d'autres portent 
au-dessous de la même meule un pédicule osseux de 
à 7centim., qui sépare le bois proprement dit du frontal, 
ce qui suppose que le bois s'est séparé du crâne après 
la mort de l'animal. 

Un point remarquable à noter, c'est qu'on n'a trouvé 
absolument que des bois de cerfs, sans aucune (rare d'os- 
sements du squelette ni de dents. J'ai cherché attenti- 
vement sur ces débris s'il y avait des traces de la main 



— 30 — 

de l'homme; mais toutes les cassures m'ont paru acci- 
dentelles, sauf une cependant dont un côté présente un 
bord droit et net qui pourrait faire croire que l'os a été 
scié partiellement en ce point. 

Tels sont les faits qu'il nous a été donné d'observer. 

Maintenant plusieurs qne